Guide de Californie : Arts et culture

Fer de lance de l'expansion culturelle des Etats-Unis à travers le monde, la Californie diffuse ses créations bien au-delà de ses frontières. 60 % des films projetés dans les cinémas en France proviennent de Californie. De même, une bonne partie de la musique et de la littérature contemporaines - les médias faisant la part belle à la culture californienne - rayonne dans le monde.

D'où vient cette incroyable créativité de la Californie ? Tout simplement du reste du monde ! L'Etat doré a, depuis sa création, attiré artistes, penseurs et techniciens, et le mouvement a naturellement continué grâce à un effet boule de neige. La deuxième raison est le caractère culturellement vierge de la Californie. Lors de son entrée dans l'Union au milieu du XIXe siècle, la Californie n'avait ni histoire, ni traditions, ni population liée à sa terre - les pionniers ayant fait table rase des valeurs indiennes. Un territoire totalement neuf et libre, où un système de valeurs entièrement nouveau a pu se développer sans s'encombrer du poids de modèles établis.

La troisième raison enfin, c'est que, vivant avec le danger permanent d'un séisme capable d'anéantir leur civilisation, les Californiens ont développé un mode de vie fondé sur la jouissance de l'instant, de peur que tout s'écroule le lendemain. Profiter de la vie au jour le jour, vivre sa jeunesse tant qu'elle existe encore, produire les rêves les plus démesurés, quitte à ce qu'ils soient futiles... Sous son influence démultipliée par la mondialisation en cours, ces principes ne seraient-ils pas en train de devenir universels ? Enfin, la richesse économique de la Californie a permis au pays de toujours hisser la réalité à la hauteur de ses ambitions. Réunissant les cultures et les valeurs du monde entier dans un contexte radicalement nouveau, la culture californienne est en passe de devenir une culture dominante...

Architecture
Pershing Square.
Pershing Square.

Point de rencontre de plusieurs civilisations, l'Ouest américain rassemble toutes les influences avec en plus un côté exubérant et fantaisiste lié à l'atmosphère ambiante de liberté. Dans l'Ouest, c'est d'abord le style espagnol qui a prévalu dans les missions et les édifices militaires. L'influence du style indien se retrouve dans les toits plats et les poutres aux saillies apparentes. Les Anglais ont imposé ensuite le style géorgien puis victorien. Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que se développe une architecture indépendante avec des gratte-ciel et les innovations de l'habitat individuel. Après-guerre, l'avant-garde des architectes américains se distingue avec le modernisme, des tycoons d'Hollywood au desert modernism de Palm Springs. L'absence de normes contraignantes, l'immensité de l'espace et la diversité des climats ont donc donné naissance à une kyrielle de styles aux charmes souvent pittoresques.

La Californie a aussi accueilli de nombreux architectes de renommée mondiale. Le plus célèbre est sans aucun doute Frank Gehry. Né en 1929 au Canada, il a vécu la plus grande partie de sa vie à Los Angeles, il a d'ailleurs été naturalisé américain depuis. Parmi ses créations connues mondialement, on peut citer le Musée Guggenheim de Bilbao (1997), le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles (2003), et plus récemment la Fondation Louis Vuitton à Paris (2014). En 2010, le magazine Vanity Fair le consacre " plus grand architecte de notre temps ".

A voir à San Francisco : les Fine Arts Museums (composés du De Young Museum et du Palace of the Legion of Honor) aux Golden Gate et Lincoln Parks, qui regroupent différents bâtiments de styles variés ; la Coit Tower et son style Art déco des années 1930 à Telegraph Hill ; la Mission Dolores de style colonial espagnol construite en 1776 ; la Transamerica Pyramid dans le Financial District, haute de 260 mètres, qui a été pendant plus de 40 ans l'un des emblèmes de la ville (malgré de virulentes critiques lors de son inauguration) s'est vue, depuis début 2018, supplantée en taille par les 326 mètres de la Tour Salesforce, principal bâtiment du projet Transbay dans SOMA) ; les "Painted Ladies", maisons victoriennes d'Alamo Square construites entre 1849 et 1915. Le bâtiment du SFMOMA (musée d'art moderne de San Francisco) est aussi un incontournable, il a rouvert ses portes en mai 2016 après de longs travaux lui ayant permis de doubler sa superficie d'exposition.

A Los Angeles : le Getty Center à Brentwood, un chef-d'oeuvre d'art moderne de l'architecte star Richard Meier, que l'on visite aussi pour son magnifique jardin ; le Walt Disney Concert Hall à Downtown, géant d'acier aux lignes courbes, hôte de l'Orchestre philharmonique de Los Angeles ; le Los Angeles County Museum of Art (LACMA) à Miracle Mile, modifié à maintes reprises par différents architectes au cours des 50 dernières années et dont on apprécie la grande cour intérieure ; et le Griffith Observatory à Los Feliz, un bijou d'architecture Art déco perché tout en haut de Hollywood Hills.

A Las Vegas : l'extravagance architecturale des plus beaux casinos du monde, comme le Caesar's Palace et son décor hérité de l'empire romain, le Bellagio qui célèbre l'Italie avec une reconstitution des canaux de Venise, ou encore le Mandalay Bay et son atmosphère des mers du Sud-Est asiatique.

A Phoenix : la principale attraction architecturale est le moderne Palo Verde Library and Maryvale Community Center, construit en 2006 et honoré de nombreux prix dans les années qui suivirent. Ses formes rectangulaires épurées, ses transparences et ses espaces verts en font un lieu privilégié de détente à Phoenix.

A Scottsdale : autre site d'importance en Arizona, Taliesin West est un incontournable pour les amateurs. Frank Lloyd Wright en a fait sa résidence d'hiver et c'est aujourd'hui le siège de sa fondation.

A Salt Lake City : on ira voir Abravanel Hall, le bâtiment qui abrite l'orchestre symphonique d'Utah. Conçu en 1979, il impose l'admiration par sa forme triangulaire, évoquant une proue de bateau, et ses larges baies vitrées qui permettent d'observer l'activité permanente qui se déroule à l'intérieur.

Que rapporter de son voyage ?

Vous trouverez en Californie de nombreuses boutiques de souvenirs :

Chapeaux, bottes, boucle de ceinturon et cravates ficelles à Reno, Virginia City et La Vegas, y pour des souvenirs très " cow-boy ".

A Yosemite, c'est sans conteste la littérature sur la faune et la flore qui intéressera les passionnés.

Sur la mythique route One qui rejoint San Francisco à Los Angeles, il vous faudra vous arrêter à la Henry Miller Memorial Library. Ceux qui maîtrisent parfaitement la langue de Shakespeare pourront faire le plein de livres des auteurs de la génération de Kerouac.

A San Francisco, vous trouverez, dans le quartier de Haight Hasbury, de jolies échoppes où faire le plein de bijoux ethniques, d'encens et de grigris tibétains. Pour trouver des vêtements et des éléments de décoration d'intérieur vraiment hors du commun, direction Mission. Le quartier regorge de petites boutiques, toujours à la pointe de la création et de la nouveauté. Enfin, les disquaires et les galeries d'art du quartier de North Beach sont un passage obligé pour les amateurs d'expression artistique.

Sur la route, en direction des parcs, faites une halte dans un outlet, vous y trouverez toutes les grandes marques américaines à prix dégriffés (Abercrombie & Fitch, Ralph Lauren, American Eagle...).

Enfin, si vous faites un tour par le Wine Country (le pays du vin), comment résister à la tentation de rapporter quelques bouteilles dans sa valise ? Attention, les prix restent élevés, en comparaison de ceux que vous pourrez trouver en Europe. Si vous ne devez choisir qu'une bouteille, optez pour le zinfandel, un cépage peu connu en France et à la saveur mémorable.

Cinéma
Signatures et empreintes de mains et de pieds sur Hollywood Boulevard.
Signatures et empreintes de mains et de pieds sur Hollywood Boulevard.

C'est l'une des principales raisons d'être de Los Angeles. La ville rayonne dans le monde entier à travers son cinéma. Les tournages sont si nombreux et fréquents qu'il est rare de ne pas croiser un visage reconnaissable lors d'un séjour. Les studios de production sont restés longtemps concentrés sur la côte Est, mais en 1915, les premiers réalisateurs indépendants quittent New York pour la petite ville d'Hollywood, qui n'est alors qu'un paisible village vivant de l'élevage. Les atouts d'Hollywood sont importants à l'époque, à commencer par le climat. Soleil et absence de pluie permettent de tourner toute l'année en extérieur, ce qui évite de recourir à un éclairage artificiel encore peu au point. La variété des paysages et les grands espaces ont aussi pesé dans la balance, mais plus tardivement. De plus, le cinéma est déjà gangrené par la pègre new-yorkaise.

Dès les années 1920, les premiers films muets californiens se classent en tête du box-office, tout juste inventé à cette occasion, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe. C'est la grande époque de Charlie Chaplin (Les Temps modernes) et de Buster Keaton (Le Mécano de la General), et aussi les débuts du jeune Walt Disney. Le cinéma, après en avoir inventé la dénomination, commence à fabriquer ses premières stars qui deviennent connues dans le monde entier.

La consécration d'Hollywood comme capitale mondiale du cinéma a lieu dans les années 1930. On considère habituellement que l'âge d'or du cinéma américain s'étend de 1930 à 1950 : c'est l'époque des premiers gros budgets et des gros succès commerciaux. En 1927, The Jazz Singer est le premier film parlant. En 1937, le premier long métrage d'animation - Blanche Neige et les Sept Nains, de Walt Disney - sort sur les écrans et devient le film le plus vu au monde. Il est vite détrôné, en 1939, par la première vraie superproduction hollywoodienne, Autant en emporte le vent. Ce dernier record tiendra jusqu'en 1999, année de la sortie de Titanic. Pendant cet âge d'or se mettent en place les structures modernes du cinéma, qui sont encore d'actualité : c'est la naissance des studios de productions qui deviennent par la suite de véritables empires : les " majors " (les cinq principales sont Universal, 20th Century Fox, Warner Bros., MGM et Disney). Les premiers Oscars sont distribués, les studios s'organisent en véritables usines à rêves, et fabriquent des stars qui seront vénérées comme des dieux : Marlon Brando, Marilyn Monroe, Alfred Hitchcock, Orson Welles...

Dans les années 1960 à 1970, la révolution des moeurs, sur fond de guerre du Vietnam et de libération sexuelle, fait entrer le cinéma dans une époque plus moderne, où l'on s'attache à reproduire moins pudiquement la réalité et l'évolution des mentalités, c'est le " New Hollywood ", dont le film Easy Rider est l'emblème. Les réalisateurs dépeignent injustice sociale et inégalités, crimes et histoires d'amour, sous la forme de genres cinématographiques encore peu exploités, comme le thriller et le fantastique. Les grands metteurs en scène se nomment alors Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, Martin Scorcese...

En 1976, George Lucas innove brillamment avec Star Wars, qui propulse définitivement Hollywood dans une nouvelle ère : celle des effets spéciaux. Elément essentiel de toute nouvelle production, les trucages et effets visuels distinguent définitivement le cinéma californien : seuls compteront dorénavant les millions de dollars investis dans la création d'univers tout droit sortis de l'imagination des scénaristes.

À côté des superproductions avec explosions de budget démentielles et acteurs payés plus cher que leur poids en or, subsiste fort heureusement un cinéma d'auteur. Woody Allen, Martin Scorsese, Quentin Tarantino, John Cassavetes, Joel et Ethan Coen, David Lynch, Wes Anderson ou les nouveaux venus J. C. Chandor ou Paul Thomas Anderson en sont quelques représentants.

Aujourd'hui encore, ce sont les productions à gros budget qui continuent à tenir le haut du classement, aussi bien aux Etats-Unis que dans le reste du monde. Ainsi, Avatar, de James Cameron, est le plus gros succès de tous les temps, y compris en France, et de loin. Il a rapporté 2,7 milliards de dollars à travers le monde, encore plus que le dernier film du même réalisateur, Titanic... 
A l'heure du home cinema et d'Internet, l'accent est mis plus que jamais sur le grand spectacle pour faire venir les spectateurs en salle. La projection en 3D sur écran gigantesque et l'IMAX, techniques pourtant déjà mises au point dans les années 1950, sont aujourd'hui les formules magiques dont chaque studio s'empare pour faire exploser son chiffre d'affaires.

De nombreux acteurs passent de plus en plus derrière la caméra : Brad Pitt, Ben Affleck, Ryan Gosling, Angelina Jolie, Georges Clooney, etc.

En octobre 2017, le tout Hollywood est ébranlé par les révélations de la presse qui accusent le producteur multi-oscarisé Harvey Weinstein de harcèlement sexuel. Les langues se délient et plusieurs actrices célèbres affirment avoir été harcelées - certaines violées - par ce "roi déchu d'Hollywood". Le mouvement #MeToo, qui dénonce le harcèlement des femmes au travail, s'étend dans le monde entier.

L'avènement des séries télévisées

La fascination cinématographique pour la région se dévoile également sur le petit écran. Si bien que les images d'une Californie fantasmée nous parviennent jusque sur les chaînes françaises par les biais des inénarrables Alerte à Malibu et autres Beverly Hills et Melrose Place. Ces soap-operas nourrissent l'imaginaire des téléspectateurs du monde entier depuis des décennies.

Toutefois, on observe un certain renouveau national depuis les années 2000 et l'apparition de séries sophistiquées telles que Mad Men ou The Wire. L'industrie télé développe de plus en plus ces formats courts, qui permettent une immense liberté d'expression et de réalisation. Moins coûteuse que la production cinéma, la réalisation de séries attire ainsi de plus en plus d'auteurs de talent, soutenus par des maisons de production audacieuses, telles que HBO (filiale de Time Warner, basée à New York) et Netflix (basée près de San Francisco, à Los Gatos).

Toujours en quête de réinvention, l'industrie ciné et télé américaine crée la surprise sur petit écran après avoir été menacée d'essoufflement dans les salles obscures. Les conventions sont bousculées et les studios s'arrachent désormais ces productions moins contraignantes. De nombreuses séries sont tournées dans les studios hollywoodiens et plusieurs d'entre elles situent leur histoire dans l'ouest américain, avec une surreprésentation de la Californie. Parmi les plus récentes, The L Word (West Hollywood), The Big Bang Theory (Pasadena), Sons of Anarchy (Charming, ville fictive de Californie près de San Luis Obispo), Weeds (ville fictive d'Agrestic, en Californie), Californication (Los Angeles), The Mentalist (Sacramento), Entourage (Hollywood), Grace and Frankie (Los Angeles), Sense8 (San Francisco). En Utah, on peut citer Big Love (situé à Sandy), dans le Nevada, c'est Las Vegas qui est représentée avec CSI et Las Vegas, alors que Tucson en Arizona est au centre de la série The Last Man on Earth en 2015.

Deux figures mythiques d’Hollywood

Le royaume du cinéma produit beaucoup d'acteurs talentueux mais seuls James Dean et Marilyn Monroe ont accédé au rang de stars intemporelles.

James Dean. Belle gueule, esprit rebelle et talent incontestable permettront " au petit gars de la campagne " de conquérir Hollywood en un clin d'oeil. Né à Marion, dans l'Indiana, le 8 février 1931, James Byron Dean se passionne très jeune pour le théâtre et invente souvent des pièces avec sa mère. Cette dernière meurt alors qu'il n'est âgé que de 9 ans : est-ce la raison qui le poussera à devenir ce rebelle incontrôlable, cet amoureux fou de la vie ?

Après avoir joué dans des pièces au lycée, James Dean débute sa carrière à New York avec des petits rôles dans des séries télévisées. Après un bref passage en droit à l'université de Californie de Los Angeles, il suit la formation de Lee Strasberg à l'Actor's Studio. Elia Kazan qui l'a remarqué à Broadway le fait jouer dans le film A l'Est d'Eden, une adaptation du roman de Steinbeck. On lui dit souvent que son jeu avait la force de celui de Marlon Brando.

Avec le film La Fureur de Vivre, dans lequel il incarne parfaitement la jeunesse désenchantée des années 1950, commence une véritable fascination pour le personnage. Passionné par les voitures, il achète une Porsche Spyder à bord de laquelle il se tuera à l'âge de 24 ans, le 30 septembre 1955 à Salinas, près de Los Angeles, avant même la sortie en salle de La Fureur de Vivre et de Géant. Il fait partie des cinq acteurs nominés pour l'Oscar du meilleur acteur dès leur premier grand rôle et il est le seul nominé deux fois après sa mort. Sa carrière fugace et sa mort violente en feront un objet de culte intemporel, adulé par toutes les générations.

Marilyn Monroe. Née le 1er juin 1926 à Los Angeles, de père inconnu et d'une mère psychologiquement fragile, Norma Jeane Mortensen aura une enfance plus que mouvementée. Elle passe de familles d'accueil en orphelinats avant d'aller vivre chez une tante. Mariée à 16 ans avec un militaire, elle trouve un petit boulot dans une usine de parachutes, où elle sera repérée par un photographe. Après la couverture du magazine Fank, en 1945, sa carrière est lancée. Bien que petite, ses cheveux blond platine et son sex-appeal seront des atouts amplement suffisants. Elle divorce, prend un nouveau nom, et commence à signer des contrats avec la Fox et Columbia. Ses clichés nus pour un calendrier font scandale, mais font finalement parler d'elle. Alors qu'elle suit les cours de Lee Strasberg à l'Actor's Studio, elle rencontre le joueur de base-ball Joe Di Maggio qu'elle épouse et dont elle se sépare presque aussitôt, la photo de Madame, en robe blanche affriolante sur la bouche de métro, n'ayant pas vraiment plu à Monsieur...

Elle épouse ensuite l'auteur dramatique Arthur Miller, mais sombre dans la dépression, faute de pouvoir avoir d'enfants. Entre soirées alcoolisées, caprices sur les plateaux et abus de médicaments, Marilyn redevient parfois la blonde sexy, celle qui susurre un Happy Birthday des plus sensuels au président Kennedy en 1962.

Le 5 octobre 1962, elle est retrouvée morte dans sa chambre, son téléphone à la main. L'enquête conclura à une overdose, mais on ne peut écarter la thèse de l'assassinat.

Malgré sa vie mouvementée et ses déprimes chroniques, Marilyn est à jamais une icône sensuelle et glamour.

Quelques grands réalisateurs d'Hollywood

Cecil Blount DeMille (1881-1959). Originaire du Massachusetts, il commence sa carrière comme acteur et auteur dramatique avant de se tourner vers le cinéma naissant. En 1912, il fonde avec Jesse Lasky et Samuel Goldwyn une société de production qui deviendra la Paramount et qui est à l'origine d'Hollywood. Il ne cessera dès lors de réaliser des films (plus de 150 au total) jusqu'à sa mort. On lui doit de nombreux films ambitieux et populaires : Les Conquérants du Nouveau Monde (1947), Sous le plus grand chapiteau du monde (1952), dont beaucoup ont un thème biblique, tels que les Dix commandements (1923 et 1948), Samson et Dalila (1949), Le Roi des rois (1927). Dans l'histoire du cinéma, il est devenu l'emblème de la superproduction de l'âge d'or hollywoodien. Il est mort, comme il se doit, à Hollywood.

Francis Ford Coppola. Réalisateur légendaire, père de la trilogie Le Parrain et du film culte Apocalypse Now, Francis Ford Coppola n'est pas un natif de la côte Ouest. Pourtant, il a toute sa place parmi les enfants du pays. D'abord, parce qu'il a écrit le scénario du Parrain attablé dans un coin au Caffè Trieste de North Beach, à San Francisco. Ensuite, parce qu'il y a établi sa maison de production, American Zoetrope, dans la Columbus Tower. Enfin, parce qu'il a acheté des vignes dans la Napa Valley. Son domaine, Inglenook, à Rutherford, est très réputé dans la région et se vend en Californie et au-delà. En 2009, il sort Tetro avec Vincent Gallo, une oeuvre sur un homme en mal de création. Son dernier film, Twixt, est sorti en France en 2012. Sa fille, Sofia Coppola s'est également fait un prénom à Hollywood, avec plusieurs films à succès à son actif.

Walt Disney (1901-1966). Walter Elias Disney est né à Chicago (Illinois). Passionné par le dessin dès son plus jeune âge, il commence en 1920 une carrière de graphiste en réalisant des cartoons publicitaires. Il arrive à Hollywood en août 1923 et, avec son frère Roy, fait construire un studio dans le garage de son oncle. La société, qui s'appelait à l'origine la Disney Brothers Cartoon Studio, devint bientôt la Walt Disney Company, pour s'installer ensuite à Hyperion Avenue, à l'est de Hollywood. Là, Disney met au point quantité de cartoons aux personnages divers (Mickey et Minnie, Donald, Pluto), dont il révolutionne la technique, notamment en leur appliquant la musique, la couleur puis le son. Le succès ne se fait pas attendre, et les produits dérivés, inspirés des personnages des dessins animés, apparaissent dès les années trente. En 1937, Blanche Neige et les Sept Nains, premier long-métrage animé sonorisé et en couleurs de l'histoire du cinéma, rencontre un succès sans précédent. D'autres longs-métrages suivront, à un rythme régulier : Pinocchio, Fantasia (1940), Dumbo (1941), Bambi (1942). De nos jours, les studios Disney continuent de sortir un long-métrage chaque année, qui compte systématiquement parmi les plus gros succès de la saison. Le parc d'attractions Disneyland voit le jour en 1955 à Anaheim, et a reçu, depuis, des centaines de millions de touristes du monde entier. D'autres parcs seront créés aux Etats-Unis (Disneyworld en Floride) et dans le reste du monde (Japon, France, Hong Kong). Disney fait également construire l'Institut californien des arts à Valencia en 1961. Sa société est devenue un véritable empire dont les activités ont depuis longtemps débordé le seul secteur du dessin animé pour toucher la télévision, la presse, l'édition et l'industrie des loisirs dans son ensemble.

Clint Eastwood. Born and raised in San Francisco, Eastwood se fait d'abord un nom d'acteur en tournant dans de mythiques westerns tel que Le Bon, la Brute et le Truand, avant de connaître la consécration en tant que réalisateur, notamment pour ses films Million Dollar Baby (avec Hilary Swank et Morgan Freeman) et plus encore avec son J. Edgar, dans lequel Di Caprio campe le premier directeur du FBI. Succédant au film musical Jersey Boys, en 2015 sort American Sniper dont la glorification d'un tireur d'élite en Irak fait une vague polémique. Fin 2016 sort Sully, dans lequel Tom Hanks incarne le pilote qui avait réussi à poser miraculeusement son avion de ligne sur la rivière Hudson en 2009. En 2017, Eastwood continue sa série sur des héros américains en en tournant un film sur les soldats américains qui ont empêché l'attentat du Thalys en 2015.

Outre ses multiples Oscars, Golden Globes et autres Palmes d'Or, l'homme est aussi connu pour son rôle politique dans la région de Carmel où il a même été maire entre 1986 et 1988. Il y conserve de nombreuses propriétés, clubs de golf et hôtels.

George Lucas. Monstre sacré du cinéma américain originaire de Californie du Nord, George Lucas, en créant en 1971 sa propre société de production LucasFilm, cherchera tout au long de sa carrière à rester à l'écart du mainstream hollywoodien. Créateur mythique de La Guerre des Etoiles et co-auteur de la saga des Indiana Jones, George Lucas est un géant du cinéma américain. Il installe ses studios dans Marin County, au nord de San Francisco et crée une société d'effets spéciaux, Pixar, plus tard revendue à Steve Jobs, cofondateur d'Apple. En juillet 2005, son centre d'effets spéciaux est délocalisé sur les terres de l'ancien fort militaire de San Francisco, Le Presidio, dans le Letterman Digital Arts Center. Enfant du pays, George Lucas a toujours lutté pour conserver l'indépendance financière et artistique que lui confère LucasFilm, au détriment des grands de Californie du Sud, regroupés à Hollywood. Pourtant, en 2012, Walt Disney rachète LucasFilm pour 4 milliards de dollars. La compagnie devient donc propriétaire de l'épisode 7 de Star Wars en 2015, ainsi que des suivants (prévus tous les deux ou trois ans). Un nouvel épisode d'Indiana Jones serait lui aussi en préparation.

Steven Spielberg. Né dans l'Ohio, il a déménagé en Californie pour y faire des études de cinéma. Il gagne son premier prix avec son court-métrage Amblin'. Sa voie est alors toute tracée : celle du plus grand réalisateur de succès commerciaux de tous les temps. Son premier long-métrage, Duel (1971), bouleverse l'Amérique avec deux caméras, un acteur, un camion, une voiture et quelques figurants. Spielberg la terrifie ensuite avec Les Dents de la mer. Il va réussir dans tous les genres, notamment aux côtés de George Lucas pour La Guerre des Etoiles. Il travaille aussi avec lui sur Les Aventuriers de l'arche perdue. Le fantastique à gros budget reste son domaine de prédilection ; citons notamment E.T., l'un des plus grands succès de tous les temps, ou encore Hook, Jurassic Park et Minority Report. Spielberg a collectionné les récompenses, mais s'est aussi attelé à des films témoignant de la barbarie de certaines pages sombres de l'histoire de l'humanité : le nazisme dans La Liste de Schindler, la Seconde Guerre mondiale dans Il faut sauver le soldat Ryan, et l'esclavagisme dans Amistad. Ce monstre sacré du Septième Art a décidé de s'attaquer à un autre grand personnage, en portant à l'écran les aventures de Tintin, dont le premier épisode de la trilogie a tenu le haut de l'affiche fin 2011. 2012 fut l'année de la réalisation d'un biopic sur le président Lincoln, qui lui valut deux Oscars dont celui du meilleur acteur pour Daniel Day-Lewis. En mai 2013, le monde du cinéma rendit un bel hommage à ce grand homme en le nommant président du Jury à l'occasion de la 66e édition du festival de Cannes (le même âge que Spielberg lui-même !). En 2015 sort Le Pont des espions avec Tom Hanks, puis, en 2016, l'adaptation du roman de Roald Dahl, Le Bon Gros Géant avec Mark Rylance dans le rôle-titre. Spielberg revient à la science-fiction en 2018 avec Ready Player One, histoire d'un monde régi par un système de réalité virtuelle.

Littérature
Premiers écrivains

Dès l'époque de la ruée vers l'or en 1850, des écrivains trouvent en Californie un terrain de prédilection pour leurs écrits. Cette période laborieuse est celle où les mineurs suent et se battent pour la fortune, dans l'atmosphère encore anarchique d'une terre nouvellement conquise. Mark Twain est l'un de ces premiers écrivains de l'Ouest américain, dont la prose s'émancipe de celle du nord-est, encore très proche de ses racines européennes et anglo-saxonnes. Il conte ces temps difficiles et héroïques dans A la dure. Les premiers auteurs sont lancés par des journaux, qui publient les talentueux écrivains en herbe. Robert Louis Stevenson, avant ses périples autour de contrées autrement plus sauvages, raconte aussi la ruée vers l'or dans La Route de Silverado, tout comme Louis Laurent Simonin, dans La Route de l'Or, Un Français au Far West, 1859-1868.

Jack London, un des auteurs californiens les plus prolifiques, naît en 1876 à Oakland, dans la baie de San Francisco. Il décrit les conditions rurales et ouvrières du début du XXe siècle dans plusieurs ouvrages comme Le Talon de Fer ou Martin Eden. Il est présent au cours du tremblement de terre de 1906 à San Francisco qu'il décrit dans plusieurs journaux nationaux. Après plusieurs années de vagabondage, il revient dans la région de San Francisco et s'installe à Glen Ellen dans la vallée de Sonoma. C'est véritablement un écrivain emblématique de San Francisco et de sa région. Plus tard, ce sont les romans noirs de Dashiell Hammett qui dépeignent San Francisco, dont le plus connu, Le Faucon Maltais, est adapté au cinéma.

Entre conservatisme et contre-culture

Le naturalisme et le réalisme social prédominent dans les années 1930 avec John Steinbeck, qui témoigne de son époque dans Les Raisins de la colère (1939) : les Okies, ces nouveaux pauvres de l'Oklahoma, migrent par centaines vers les champs agricoles de Californie, pressés par la misère de la Grande Dépression et de la sécheresse du Dust Bowl. John Steinbeck dénonce les conditions de travail et de vie d'une famille venue chercher un monde plus doux sous le ciel de Californie.

Les années 1950 sont marquées par Jack Kerouac et Allen Ginsberg, qui illustrent le malaise de leur génération et le transcendent en créant l'esprit Beat. Sur la route, de Kerouac, a été le livre culte de toute une génération, tout comme le poème Howl de Ginsberg. La recherche d'une nouvelle expression littéraire est l'une des préoccupations principales des Beats. En développant de nouvelles formes d'expression, ils remettent en question les générations passées et c'est la censure qui frappe. Le Howl Trial symbolise le succès de la liberté d'expression, liberté qui sera exploitée sous toutes ses formes par les poètes et écrivains de la nouvelle génération.

La liste des écrivains contestataires ne serait pas complète sans mentionner Henry Miller qui s'installe en 1940 à Big Sur pour fuir une société qu'il rejette. Il y séjourne 17 ans, vivant quasiment en ermite, sans eau courante ni électricité. Il y rédige Le Cauchemar climatisé qui dit son mépris d'un monde " fait pour des monomaniaques obsédés par l'idée de progrès (...), mais d'un faux progrès qui pue ". Longtemps censurées, car considérées comme obscènes, les oeuvres de Miller sont enfin publiées dans les années 1960, bénéficiant de la révolution littéraire engendrée par les Beats qui permet une plus grande liberté d'expression.

Du côté de l'Arizona, on peut citer Le gang de la clé à molette d'Edward Abbey, road-trip écolo publié en 1975. Hunter S. Thompson immortalise le Nevada avec Las Vegas Parano, paru en 1972 et adapté au cinéma par Terry Gilliam en 1998, avec Johnny Depp dans le rôle-titre. En l'Utah reste marqué par Le chant du bourreau de Norman Mailer, paru en 1979 et couronné du Prix Pulitzer, qui raconte le parcours judiciaire d'un mormon, Gary Gilmore, condamné à mort.

Littérature contemporaine

Aujourd'hui la région continue d'inspirer bon nombre de romanciers. Lieu de retraite paisible des auteurs, ils y imaginent néanmoins des dénouements plus au moins tragiques. Le fantastique fait recette, avec des auteurs tels que Michael Crichton.

Les sept tomes des Chroniques de San Francisco, d'Armistead Maupin, décrivent la vie de plusieurs personnages qui s'entrecroisent à San Francisco. A l'origine, c'est une colonne quotidienne dans le journal local San Francisco Chronicle que l'auteur publie et ce dès 1976. Puis, suite au succès phénoménal qu'il remporte, Maupin se lance dans une série de romans.

James Ellroy est un natif de Los Angeles. Avec sa série sur la Cité des Anges (Le Dahlia noir, L.A. Confidential, American Tabloïd, ou plus récemment Perfidia), le célèbre écrivain dépeint une société américaine sans concession dans une série de romans noirs.

Le plus célèbre romancier de la région est sans conteste à l'heure actuelle Bret Easton Ellis. C'est à Los Angeles que l'auteur d'American Psycho est né. Néanmoins, il s'installe très vite sur la côte Est et c'est à New York qu'il écrira la plupart de ses romans.

Dans un genre différent, l'écrivain Tracy K. Smith, élevée à Fairfield (entre San Francisco et Sacramento), a remporté en 2012 le prix Pulitzer de poésie pour son recueil Life on Mars.

Enfin, il semble qu'un nouveau et jeune talent ait éclos en 2017 : il s'agit de Gabriel Tallent dont le roman My Absolute Darling, encensé par les plus durs critiques littéraires outre-Atlantique, a recueilli les plus hautes louanges dans toute la presse américaine. L'action se passe dans la région de Mendocino, sur la côte du nord de la Californie. On en trouvera la traduction française chez Gallmeister.

Grands écrivains de l’Ouest

Charles Bukowski (1920-1994). Né en Allemagne, Charles Bukowski arrive aux Etats-Unis à l'âge de trois ans et grandit à Los Angeles au temps de la Grande Dépression, une expérience qui inspirera plus tard son oeuvre littéraire. Travaillant dans l'ombre sur plusieurs décennies, Bukowski est un écrivain extrêmement prolifique, dont la poésie et la fiction dressent la chronique de la face cachée et des laissés-pour-compte de Los Angeles. Célébré en tant que poète tantôt de l'Absolu, tantôt du Dissolu (Bukowski était un buveur invétéré), cet écrivain transcende avec brio les petits riens du quotidien dans chacune de ses oeuvres.

Lawrence Ferlinghetti (1919). Ce poète originaire de New York est l'un des pères de la Beat Generation. Arrivé à San Francisco en 1951, il ouvre deux ans plus tard une librairie, The City Lights Bookstore, où se rencontrent les poètes de la Beat Generation et de la San Francisco Renaissance : Allen Ginsberg, Jack Kerouac, William Burroughs, Gregory Corso, Denise Levertov... Il est le premier à éditer leurs oeuvres. Poète, romancier et essayiste, il est l'auteur de Pictures of a Gone World, de oeil Ouvert, Coeur Couvert et de Tyrannus Nix.

Allen Ginsberg (1926-1997). Né d'un père professeur et poète et d'une mère communiste et paranoïaque, Allen Ginsberg vit une enfance difficile. Renvoyé de l'université de Columbia, il fréquente les drogués des bas-quartiers. En 1948, à la lecture de William Blake, il a la vision du poète venant à lui et raconte avoir trouvé Dieu. Sa liberté de ton et son style décousu le démarquent des autres auteurs. Il aborde sans complexe la sexualité et les désillusions des jeunes des années 1950-1960. Quand Howl est publié et condamné pour obscénité, Ginsberg devient le symbole de la libération sexuelle et il s'illustre comme un des fondateurs de la Beat Generation avec Jack Kerouac. Guidé par sa foi bouddhiste autant que par les amphétamines, il publie d'autres recueils de poèmes dont Cosmopolitan Greetings : Poems, de 1986 à 1992, qui lui vaudront une place de finaliste au prix Pulitzer. Permettant le passage de la Beat Generation au mouvement hippie, on lui attribue le slogan " Flower Power ". Ginsberg exprime ses idées contestataires en public et manifeste contre la guerre du Viêtnam, participe à l'Acid Test Festival de Ken Kesey à San Francisco, rencontre un gourou tibétain et crée en 1970 The Kerouac School of Disembodied Poetics (" l'école Jack Kerouac de poétique désincarnée ") dans le Colorado. Il meurt le 5 avril 1997 mais continue à influencer les jeunes poètes d'aujourd'hui.

Jack Kerouac (1922-1969) : L'emblème des poètes beats, son roman Sur la route (1957) est la référence littéraire de toute une génération avide de liberté et d'expériences nouvelles dans l'Amérique puritaine de l'après-guerre. En 1958, il s'initie au bouddhisme et s'essaie à de nouvelles formes d'écriture. Mais l'écrivain torturé sombre dans l'alcool et la dépression. En se coupant du monde, il passe de l'écrivain adulé au marginal incompris des médias, dont le travail n'est plus reconnu. il reste insensible au mouvement hippie qui, selon lui, dénature la créativité beat. il meurt seul à 47 ans. A noter qu'en 2012 est sortie une adaptation de son roman culte Sur la route au cinéma, réalisée par Walter Salles.

Jack London (1876-1916). Oakland, sur la baie de San Francisco, est la ville de Jack London, et elle en honore la mémoire : il y a une rue ainsi qu'une place Jack London, mais aussi une université et plusieurs clubs qui lui sont dédiés. Pourtant, Jack London est né à San Francisco (sa maison natale, située au 615 Third Street, a brûlé lors du tremblement de terre de 1906), mais il a vite déménagé à la campagne. A 14 ans, il travaille déjà 16 heures par jour dans des usines ; après avoir été voleur d'huîtres et garçon de cabine sur un voilier, il réussit à faire des études à l'université de Berkeley. Les nouvelles qu'il publie par dizaines sur les conditions de vie de son époque le rendent célèbre dans toute l'Amérique dès l'âge de 25 ans. Il prend alors plaisir à écrire des nouvelles de 1 000 mots, et s'arrête parfois au beau milieu... Sa notoriété devient mondiale après la publication de L'Appel de la Forêt et de Croc-Blanc. Succombant au charme de la Sonoma Valley, il part s'isoler de la ville et des gens dans un ranch de Glen Allen. Il meurt à l'âge de 40 ans, sans avoir jamais rien perdu de son enthousiasme.

John Steinbeck (1902-1968). Ecrivain resté célèbre pour sa peinture de la Grande Dépression de 1930, prix Nobel de littérature en 1962, Steinbeck est une des grandes figures littéraires de Californie (Salinas est sa ville d'origine) et des Etats-Unis. Il rencontre son premier succès en 1935 avec Tortilla Flat qui conte les mésaventures d'Américains originaires du Mexique. Ce roman, ainsi que les suivants - En un combat douteux (1936), Des souris et des hommes (1937), Les Raisins de la colère (1939) pour lequel il reçoit le prix Pulitzer en 1940 - dépeignent avec naturalisme et humanisme une Amérique prolétarienne survivant avec peine à la logique capitaliste et à la crise économique. A partir des années 1950, la qualité de son oeuvre décline. A l'est d'Eden (1950) et Viva Zapata ! (1952) sont parmi les réussites de cette époque. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma.

Mark Twain (1835-1910). Un des auteurs les plus admirés et les plus aimés des Américains. Il a beaucoup bourlingué dans l'Ouest américain, et avant même qu'il se rende en Californie, on lui doit déjà les célèbres Aventures de Tom Sawyer. De son vrai nom Sam Clemens, il a publié son premier ouvrage en 1867, non sans avoir exercé auparavant de nombreux métiers : conducteur de bateaux à vapeur sur le Mississippi, prospecteur d'or, puis journaliste dans le Nevada et à San Francisco. Orateur et conteur né, le journaliste assure, à cette époque, la couverture de la Ruée vers l'or, qu'il raconte dans le roman A la dure. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, dont Les Aventures de Huckleberry Finn, Le Prince et le Pauvre, ou encore Un Yankee à la cour du Roi Arthur.

Médias locaux

La Californie est l'un des endroits qui compte le plus grand nombre de médias au monde. Presse, télévision, Internet, cinéma et radio déversent en permanence des flots d'informations sur un public d'accros à l'image et au rêve, si bien que la différence entre la fiction et la réalité ne semble pas toujours évidente, phénomène encore renforcé par le recours presque systématisé aux "faits alternatifs".

Presse. A San Francisco, les deux quotidiens favoris des citadins sont le San Francisco Bay Guardian et le San Francisco Examiner. Tous deux proposent une liste des sorties et des manifestations qui ont lieu chaque semaine dans la ville. A Los Angeles, le favori est le Los Angeles Times. De nombreux journaux gratuits sont également vendus dans les cafés, boutiques et supermarchés. C'est le cas du L.A. Weekly et du S.F. Weekly, toujours une bonne pioche, car ils recensent les concerts et autres événements culturels de la semaine.

Télévision. Difficile de comptabiliser le nombre de chaînes de télévision américaines tant elles sont nombreuses. Quatre principaux réseaux généralistes sont accessibles sur tous les téléviseurs du pays : NBC, CBS, ABC et la Fox. Ils diffusent des programmes grand public.

Internet et les applications mobiles. Depuis quelques années, Internet et les applications mobiles sont devenus des médias à part entière, connectant les jeunes générations à leur smartphone 24h/24. Les réseaux sociaux créés dans la Silicon Valley ont aussi révolutionné les modes de vie du monde entier, à commencer par la Californie. Des centaines de milliers d'applications mobiles ont vu le jour, offrant des services les plus diversifiés. Les applications les plus utiles lors de votre voyage seront certainement Yelp et Zagat.

Radio. Parmi les incontournables, vous pourrez écouter California 101, une station de radio musicale dédiée à la côte Ouest. En Californie du Sud, écoutez donc KCRW 89.9 FM, une radio communautaire créée par le Santa Monica College proposant une riche programmation musicale et culturelle.

Musique

La musique californienne est aussi répandue à travers le monde que son cinéma, et elle couvre autant de styles de musiques que de styles de vies : classique, country, rock and roll, techno, jazz, rap, blues, punk, metal, trash... une concentration d'artistes incroyables et une industrie au chiffre d'affaires typiquement californien. Tout ce qui passe sur les ondes de Los Angeles se retrouve aux quatre coins du monde les mois qui suivent. Les ambiances sonnent agréablement à l'oreille, et c'est bien réjouissant d'écouter un bon rap en descendant le Sunset Boulevard, d'entendre repasser Hotel California sur la plage de Santa Monica, ou d'écouter un peu de vieille country en roulant à travers champs.

Classique

L'orchestre symphonique de San Francisco est fondé en 1911. De renommée mondiale, sa réputation n'est plus à faire. Dirigé par Michael Tilson Thomas depuis 1995, l'orchestre symphonique s'est orienté vers des compositeurs américains modernes et a revisité l'oeuvre de Gustav Mahler avec succès. Il dispose d'un studio d'enregistrement et de son propre label musical. Fondé en 1923, l'Opéra de San Francisco est la deuxième troupe lyrique d'Amérique du Nord. Sa saison se déroule de septembre à juin.

L'Orchestre philharmonique de Los Angeles, qui se produit au Walt Disney Concert Hall d'octobre à juin, et au Hollywood Bowl durant l'été, est quant à lui dirigé par le jeune et charismatique chef vénézuélien Gustavo Dudamel.

Jazz

La scène musicale du jazz est peut-être plus typique à la Nouvelle-Orléans, mais la côte Ouest n'est pourtant pas en reste. Ainsi, le festival de jazz le plus ancien et le plus réputé des Etats-Unis a lieu tous les ans depuis 1958 à Monterey, au sud de San Francisco.

L'emblème du jazz de la région, c'est Dave Brubeck (décédé en décembre 2012) et son quartet qui fait fureur à San Francisco et dans la baie dans les années 1950. Au club de jazz Black Hawk, le pianiste et ses musiciens enflamment les esprits. Jack Kerouac le raconte très bien dans son roman Sur la route. C'est l'époque du bebop et des tempos rapides, ce que reprendront les auteurs beats dans leur écriture au rythme saccadé et vif.

Rock

The Beach Boys, The Doors, Eagles, Janis Joplin, Big Brother and the Holding Company, Jimi Hendrix, The Grateful Dead ou encore Jefferson Airplane sont évidemment les noms les plus connus de la scène rock de la côte Ouest. Dans le quartier de Haight-Ashbury, à San Francisco, vous pourrez visiter la maison des Grateful Dead ou encore celle de Janis Joplin. La scène musicale est en pleine euphorie dans les années 1960, et atteint son paroxysme en 1967 avec le Monterey Pop Festival, prélude au "Summer of Love" et consécration du "San Francisco Sound", un rock psychédélique teinté de folk.

On se demande aujourd'hui comment certains musiciens de cette période ont survécu. Car beaucoup de ces jeunes idoles ont disparu, la plupart du temps emportées par des overdoses. C'est le cas de Janis Joplin, alcoolique accro à l'héroïne qui séjourne à San Francisco durant quasiment toute sa courte carrière. Elle est retrouvée morte dans sa chambre d'hôtel en 1970. Elle avait 27 ans.

La relève fut ensuite assurée par des groupes aux styles aussi variés que Guns'n Roses, Rage Against the Machine, Franck Zappa, Tom Waits, Green Day, Blink 182, The Offspring, Red Hot Chilli Peppers, Foo Fighters, Two Gallants, Death Cab for Cutie, No Doubt, etc. La liste ne saurait être exhaustive !

Depuis 2010, le rock affiche une nouvelle tendance plus underground qui surfe sur la vague indie, avec des groupes comme No Age, Wavves, Dum Dum Girls ou Best Coast. D'autres comme The Killers ou Imagine Dragons prennent part au mouvement rock alternatif.

Musique pop

Née dans les années 1960, la musique pop, ou popular music, est vite considérée comme un sous-genre du rock, plus doux et moins politisé. Elle est d'abord incarnée par les Beatles en Angleterre, puis Michael Jackson et Madonna reprennent le flambeau, tous deux consacrés comme King et Queen of the Pop. Dans les années 2000, Beyoncé, Britney Spears, ou plus récemment Lady Gaga avec Poker Face, Katy Perry et son single I kissed a girl, Kesha avec Tik-Tok ou Miley Cyrus avec Wrecking Ball assurent la relève.

Rap West Coast

Egalement surnommé hip-hop californien. Cette version 80's du rap est née dans la communauté noire de Californie. Il est question à l'époque de rivaliser avec le gangsta rap de la côte Est, Public Enemy en tête. C'est à Los Angeles qu'il est le plus répandu, mais San Francisco, Sacramento, San Diego, Portland ou Seattle ont aussi leurs référents. Très sulfureux, parfois violent, c'est un rap très engagé dont les ambassadeurs sont NWA, Ice-T et G-Funk dans les années 1990, suivi de près par Dr. Dre et son album The Chronic en 1992. Snoop Dogg (lui aussi originaire de Californie) est le protégé de Dr. Dre. Il incarne, comme ses prédécesseurs, le hip-hop de la côte Ouest. Fondé à Los Angeles, le groupe latino-américain Cypress Hill affiche des sonorités sombres. Après ses débuts dans Niggaz Wit Attitudes, le mythique Ice-Cube rejoint le groupe Westside Connection avant d'entamer une carrière solo. Dans la baie de San Francisco, E-40 prend part au mouvement.

Depuis 2014, les rappeurs de la côte Ouest connaissent un regain de notoriété, entre autres sous le drapeau du producteur californien DJ Mustard (accro à la moutarde de Dijon). La région jouit alors d'une influence nouvelle dans le milieu hip-hop avec des artistes comme Kid Ink, YG, Ty Dolla $ign, ScHoolboy Q, Cutthroat Boyz, et bien d'autres. En 2015, le rappeur Kendrick Lamar, né à Compton (berceau du rap West Coast), remporte 5 Grammy Awards dont le prix du meilleur album de rap de l'année pour To Pimp a Butterfly.

Quelques légendes

Joan Baez. Née à New York le 9 janvier 1941, elle passe toute son enfance en Californie du Sud. Ses origines mexicaines et irlandaises l'obligent à faire face à la discrimination raciale et elle commence à chanter. Très jeune, elle enregistre ses premiers albums qui deviennent aussitôt des disques d'or. En 1963, elle rencontre Bob Dylan et s'engage encore plus au niveau politique avec des chansons comme We shall overcome. Dans un style folk puis country, elle s'implique dans la lutte contre la ségrégation, les mouvements pacifistes, l'opposition à la guerre du Vietnam et l'apartheid. On la voit à Woodstock, dans des manifestations contre la guerre en Irak... Engagée infatigable, Joan Baez est l'un des symboles musicaux de la révolution américaine des années 1960.

The Beach Boys L'archétype du groupe de rock californien, qui a contribué à en forger les grands mythes (la plage, les filles, le surf), surtout à ses débuts. Groupe formé à l'origine des frères Wilson, Brian, Carl et Dennis (qui ont grandi dans la banlieue de Los Angeles) et d'Al Jardine et Mike Love, tous très jeunes alors, les Beach Boys se font connaître avec des chansons hédonistes à la gloire des voitures de sport, du surf et des amourettes adolescentes, qui remportent un succès phénoménal auprès du jeune public. Elles se distinguent par leurs harmonies vocales et des mélodies raffinées, un peu sucrées, sous l'influence du rock'n'roll de Chuck Berry. La musique du groupe prendra rapidement un tour plus adulte sous l'emprise de son leader Brian Wilson, avec l'album Pet Sounds (1966), puis le projet avorté Smile (qui paraîtra finalement en 2004). Epuisé par des tensions familiales, l'abus de drogues et une rivalité mal vécue avec les Beatles, il finira par " décrocher " et laissera son groupe jouer sans lui sur scène, se contentant de composer et chanter sur les disques. Malgré la mort de deux de ses membres, le groupe existe toujours, et Brian Wilson, sorti de sa léthargie, fait des disques et des concerts. Il figure parmi les quelques génies, parfois maudits, que le rock a donnés.

Jello Biafra. Californien d'adoption, il est né à Boulder dans le Colorado en 1958. Il est le leader des Dead Kennedys (1979-1986), le groupe de punk le plus important de la côte Ouest. Ce groupe et son mentor défraient la chronique avec leurs chansons et leur activisme politique. En 1979, Jello Biafra se présente sans succès à la mairie de San Francisco contre le gouverneur de l'époque et est poursuivi par l'Etat de Californie en 1985 suite à la parution d'une pochette de disque jugée obscène. Ses chansons sont de violents pamphlets anarchistes et sarcastiques contre la religion, les conservateurs - Reagan est l'une de ses cibles privilégiées -, le racisme, les bienséances ou les tyrans du tiers monde. Après la fin de son groupe, Biafra continue à oeuvrer dans l'activisme et produit des disques de rock intransigeant sur son label Alternative Tentacles.

The Doors. Jim Morrison débarque de sa Floride natale pour Los Angeles en 1963, afin de suivre des cours de cinéma à UCLA. Il découvre Venice, à Santa Monica, et y rencontre Ray Manzarek, avec qui il se lie. En compagnie de deux autres musiciens californiens, ils créent les Doors en 1965. Après des débuts chaotiques, Morrison, drogué sur scène, entre dans des transes indescriptibles, le groupe sort son premier disque en 1967. La chanson Light My Fire qui en est extraite fait un véritable tabac. Suivent Strange Days, LA Woman, Soft Parade puis Morrison Hotel. Le public est impressionné tant par la personnalité excessive et les textes poétiques étranges de Morrison que par les concerts flamboyants du groupe. Rapidement, les Doors accèdent à une dimension mythique. Morrison ne cesse de faire parler de lui, et il multiplie les expériences toxicologiques. Voulant se consacrer pleinement à l'écriture poétique, il menace sans cesse de quitter le groupe et la scène. Lors d'un voyage en Europe en 1971, il meurt d'une overdose à Paris. Le groupe lui survivra bon an mal an, en sortant quelques disques. Les Doors font définitivement partie de la mythologie du rock psychédélique californien. Oliver Stone a retracé la vie du groupe dans le film The Doors en 1991. Ray Manzarek s'est éteint le 20 mai 2013.

Grateful Dead. Formé en 1965 à Palo Alto en Californie, le groupe The Grateful Dead aura joué son rock psychédélique typiquement californien jusqu'à la mort de son leader Jerry Garcia, en 1995. Connu pour ses prestations scéniques aussi longues qu'innombrables (environ vingt mille concerts), ce groupe, qui mélangeait toutes sortes d'influences musicales, reste très lié à la culture hippie de San Francisco.

Michael Jackson. Les hits du Roi de la pop sont encore dans toutes les têtes et le moonwalk est toujours pratiqué dans les clubs de L.A. Michael Jackson a gagné ses lettres de noblesse comme l'un des plus grands entertainers du XXe siècle. Il a laissé son empreinte sur L.A., c'est là qu'il est décédé en 2009 et les Angelenos célèbrent aujourd'hui encore sa mémoire.

Peinture et arts graphiques

Si le cinéma demeure le grand moyen d'expression artistique en Californie, les autres arts visuels, peinture et photographie, ne sont pas en reste.

Les deux grands musées de la création artistique sont le SFMOMA à San Francisco et le MOCA à Los Angeles. Tous deux s'emploient à promouvoir les artistes actuels du monde entier, mais aussi et surtout les artistes locaux. Parmi les artistes célèbres, on peut citer John Baldessari, un artiste californien qui a fait de sa spécialité la collection d'images et le photomontage et qui en 2009 a reçu un Lion d'or en récompense de l'ensemble de son oeuvre à Venise. Mike Kelley, disparu en 2012 à Los Angeles, reste une figure emblématique de l'Art en Californie. Toute sa vie durant, il a mêlé dessin, peinture, sculpture, écriture et performance.

Le travail de Chris Burden témoigne également de l'esprit progressiste qui règne en Californie. Son oeuvre, basé sur l'exploration du corps, mettant en scène la scarification a marqué la scène créative californienne.

A Los Angeles, les universités (UCLA, USC, Pasadena Art Center) possèdent un important département d'arts plastiques et accueillent, chaque année, de nombreux étudiants. La ville concentre d'ailleurs de plus en plus les attentions des professionnels comme des amateurs en matière d'art contemporain.

La photographie est l'un des arts où, une fois encore, la Californie a excellé. On mentionnera particulièrement deux artistes très liés à la Californie du Nord et natifs de San Francisco. Il s'agit de Dorothea Lange et Ansel Adams. Dorothea Lange est une photojournaliste de San Francisco surtout connue pour ses clichés sur la Grande Dépression qui suivit le krach de 1929. Ansel Adams s'est, lui, consacré à la défense de la nature de sa région natale tout au long de sa carrière. Son outil de persuasion : la photographie. Il met ainsi en scène la beauté majestueuse de Yosemite Park notamment, mais encore de la côte Pacifique et de Big Sur. En 1945, il fonde le département de photographie du San Francisco Art Institute, premier programme de la région dédié à l'art photographique.

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