Le guide : France à cheval : Hauts-de-France (Nord-Pas-de-Calais - Picardie)

Hauts-de-France (Nord-Pas-de-Calais - Picardie)

Limitrophe de la Belgique, le Nord offre une large diversité d'activités et de paysages. Bordé par la mer du Nord et traversé par plusieurs cours d'eau, vous y trouverez les habituels beffrois, un long cordon dunaire au fil du littoral, des forêts et des moulins. Le département du Pas-de-Calais, entouré au sud par la Somme, au nord par la Manche et à l'est par le département du Nord, est la principale porte d'échange avec la Grande-Bretagne, caractérisée par Calais et son tunnel sous la Manche. Longtemps connu pour ses mines, le bassin houiller a été totalement réhabilité, après une exploitation minière intense, laissant dorénavant place aux espaces verts. Sur ces terres est née une race de chevaux qui a rendu de fiers services aux gens du Nord, avant que la mécanisation ne vienne perturber l'organisation des exploitations céréalières et betteravières : il s'agit du trait du Nord. Relativement récente, cette race a été créée dans le Hainaut, suite à des croisements entre ardennais, boulonnais, trait belge et trait néerlandais. Appelé trait ardennais du Nord de 1961 à 1992, ce cheval est majoritairement bai, mais peut être rouan et aubère. Solidement bâti, sa tête est lourde et son corps musclé. Il fait l'objet aujourd'hui d'une attention particulière : le Pôle du trait du nord, installé au coeur du berceau de la race, à Saint-Amand-les-Eaux, dans le Parc naturel régional Scarpe-Escaut, travaille à la conservation génétique de la race tout en encourageant son utilisation dans le travail et le loisir. A la fois tranquille et dynamique, le trait du Nord est un excellent cheval d'attelage. Citons également une autre race née dans le département du Pas-de-Calais, le boulonnais, que le Conseil inter-regional du Cheval (C.I.C) Nord-Pas-de-Calais-Picardie (www.cheval-picardie-nord-pas-de-calais.com) entend bien valoriser par la création de la Maison du Boulonnais.

Le littoral du Nord-Pas-de-Calais offre une des plus belles côtes de France, avec notamment sa station balnéaire Le Touquet, ses longues plages et ses dunes. Premier moyen de locomotion pour y venir, le cheval tint par la suite une place particulière dans la riche vie de la station. La réalisation en 1925, par Furiet et Pingusson, de tribunes de style anglo-normand aujourd'hui inscrites à l'inventaire du patrimoine, a été complétée au-delà de l'hippodrome par la réalisation d'un centre équestre dans un parc devenu un grand atout de la station. Le parc équestre a connu d'importants travaux d'amélioration puisqu'il a été choisi comme base-arrière des J.O. de Londres 2012. 45 km de pistes cavalières attendent les randonneurs, répartis en 5 parcours balisés par la municipalité. Le gros de la randonnée a lzeu dans la forêt du Touquet, mais à la fin du périple les cavaliers pourront se rendre sur la plage pour savourer le décor de la Côte d'Opale, et s'offrir les joies d'un canter ou d'un gros galop sur le sable. Attention, il est interdit aux cavaliers de se rendre sur les plages devant les cabines entre le 1er juillet et le 31 août.

Les paysages de l'Aisne se découpent distinctement entre le nord et le sud. La partie septentrionale est occupée par des plaines s'élevant jusqu'au niveau de la Thiérache, à l'orée des Ardennes. Au sud, le terrain est plus accidenté avec des plateaux calcaires, parfois abrupts, devenant par endroits de véritables collines. L'Aisne, l'Oise et la Marne, confluents de la Seine, traversent le département riche en cours d'eau. Cette diversité physique se remarque également au niveau des cultures, maraîchères et céréalières principalement, et la vallée de la Marne offre quelques vignes de champagne. Une mosaïque de paysages méconnus qui gagnent à être foulés par le cavalier randonneur bien que le département ne soit pas très dynamique dans le domaine du tourisme équestre.

Longtemps considéré comme le bassin minier de la France, le département du Nord a su se séparer de cette image en mettant en valeur ses divers paysages. Parfois appelée la " Cordillère des Flandres ", ses cinq monts viennent démentir l'idée que le Nord est un département totalement plat. La frontière flamande partage avec la Belgique ces petits monts sableux, tandis que le Hainaut est ponctué de forêts et de plaines vertes. Vers la côte, les plaines marécageuses occupent le territoire. Fortement irrigué par de petits cours d'eau, le département doit son développement à sa richesse agricole.

A cheval, le département du Nord propose de nombreuses randonnées et de nombreux circuits. Vous pourrez ainsi longer certains cours d'eau, parcourir le chemin des moulins, ou celui des dunes avec ses embruns, le large et le vent. Vous pourrez aussi arpenter les chemins de " la cordillère des Flandres ", ainsi que les bassins miniers, ou découvrir des fortifications. Parmi les coins à privilégier : le coeur de la Flandre, pour ses magnifiques paysages comme les monts de Flandre, les forêts de Nieppe, Clairmarais ou la plaine de la Lys, ou le Parc naturel régional de l'Avesnois pour son réseau de sentiers équestres performant, notamment dans le parc du val Joly.

Ce département est essentiellement fait de plaines calcaires entaillé par deux vallées principales  : le Thérain et l'Oise. A l'ouest les falaises de craies sur le pays de Bray s'opposent aux célèbres forêts de Compiègne et de Chantilly à l'est. La partie nord de l'Oise donne naissance aux fameuses plaines picardes qui s'étendent des deux côtés de la région entre la Somme et l'Aisne. Le vert, couleur dominante se décline alors dans toute sa splendeur. La richesse de l'Oise demeure l'agriculture où se mélangent champs d'élevages et de céréales.

L'Oise est un département de tradition hippique  : il est reconnu pour sa longue tradition d'élevage et abrite deux sites prestigieux le haras de Compiègne et le Musée Vivant du cheval à Chantilly. L'action du Comité Départemental de Tourisme Equestre n'est sans doute pas étrangère à cette augmentation notoire  ; il organise en effet chaque année, depuis 2004, une grande randonnée dans le département, nommée Equi'Oise. Le but de faire découvrir des facettes inconnues du territoire en août ou en septembre. Ces randonnées sont ouvertes à tous les cavaliers et meneurs d'attelages licenciés.

Chantilly, la ville du cheval en chiffres

Pour ceux qui doutaient encore que Chantilly était la ville du cheval, la preuve par quatre  :

11 000 habitants. 

2600 pur sang à l'entrainement et près de 4000 chevaux si l'on ajoute les chevaux de sport et de loisirs. 

80 entraineurs. 

160 jockeys. 

2 000 emplois directs et indirects.

23 000 galops chaque année sur les pistes en gazon.

L'Oise étant considérée comme le royaume du cheval, il est normal de retrouver bon nombre d'adresses de centres équestres. Chantilly en particulier mais aussi Compiègne, Senlis, Beauvais... Villes autour desquelles sont implantés des haras bénéficiant d'un cadre particulièrement adapté. Chantilly et le cheval vivent une histoire d'amour depuis le XVIIe siècle, époque à laquelle les Princes de Condé organisaient de grandes chasses à courre dans la forêt de Chantilly attirant les plus augustes cavaliers. Aujourd'hui, Chantilly est le plus grand et le plus fonctionnel centre d'entraînement de chevaux de courses d'Europe, avec quelque 2 600 pur sang et 1900 ha consacrés à l'entrainement et gérés par France Galop. L'AFASEC (Association de Formation et d'Action Sociale des Ecuries de Courses) forme les professionnels des courses à l'Ecole du Moulin à vent. De plus à la ferme d'Apremont, le Polo Club de Chantilly, créé en 1996, s'est imposé en très peu de temps comme le premier centre de polo européen avec 500 matchs par an. Enfin, Chantilly est le gardien de la tradition française du spectacle équestre avec Le Musée Vivant du Cheval.

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180 kilomètres d'itinéraires (300 km de chemins balisés existent aujourd'hui) peuvent être empruntés en toute sécurité par les cavaliers. Il en existe aujourd'hui plusieurs, tous autour ou au départ d'une ville ou d'un village, qui leur vaut leur nom. Ils peuvent tous se faire en une journée. Pour se procurer le tracé, se connecter sur le site du CDTE Oise ou les contacter directement. Ils correspondent au tracé des Equi'Oise, randonnée annuelle organisée par le CDTE pour tous les cavaliers ou meneurs passionnés de tourisme équestre. Voilà certaines boucles :

Boucle n° 1  : Grandvilliers. Distance  : 15 ou 30 km. Au nord-ouest du département, cette première boucle permet de découvrir le secteur de Grandvilliers. Au départ et à l'arrivée de cette commune située à 30 km au nord de Beauvais, cet itinéraire, qui a fait l'objet du premier Equi'Oise en 2004, invite à la découverte d'un paysage de plaines avec quelques passages en forêt. Le coin compte en effet de nombreux bois (bois St-Léon, bois de la Garenne, bois de Lannoy).

Boucle 2  : Coye-la-Forêt. En plein coeur de la forêt de Chantilly dans le parc naturel régional Oise-Pays de France, cette boucle permet de découvrir un autre visage de l'Oise, des paysages boisées bordant la Capitale du cheval. La forêt de Chantilly couvre 6 300 ha. Sur les sentiers balisés, les cavaliers croiseront de nombreuses espèces d'arbres (chênes, châtaigniers, hêtres, pins sylvestres...) et avec un peu de chance un cerf ou un chevreuil. A noter que 47 kilomètres d'allées sableuses de la forêt de Chantilly sont utilisés comme pistes d'entraînement par les chevaux de course du pôle hippique de Chantilly.

Boucle 3  : Pierrefonds. Distance  : 15 ou 20 km. Cet itinéraire emmène le cavalier, au nord-est de l'Oise, dans la forêt de Compiègne et passe par le fabuleux site du château de Pierrefonds. Dominant le village de Pierrefonds, cette forteresse médiévale se distingue d'abord par ses proportions imposantes. Ensuite par ses allures de château de conte de fées. L'édifice représente un très bel exemple d'une architecture militaire du Moyen Age revisitée par l'inspiration romantique du XIXe siècle.

Boucle 4  : Verneuil-en-Halatte. Distance  : 25 km. Dans le parc naturel régional Oise - Pays de France, la forêt d'Halatte se distingue des deux autres forêts du parc régional, la forêt d'Ermenonville et la forêt de Chantilly, par ses futaies " cathédrales " de hêtres majestueux. Elle s'étend sur 6 000 ha.

Boucle 5  : Noyon. Distance 14 ou 24 km. Le Noyonnais se trouve dans la pointe nord-est du département. C'est un pays de sources et vallées, entre forêts et prairies, collines et marais. Une randonnée peut se débuter à la nouvelle Base de randonnées à Elincourt-Sainte-Marguerite. Le territoire se prête spécialement à la randonnée à cheval avec de nombreuses barres d'attache ou points d'eau sans compter les hébergements en gîtes. Le Noyonnais rayonne autour de la ville de Noyon riche de 2000 ans d'histoire  : ses rues médiévales, sa cathédrale ou son marché aux Fruits rouges (chaque 1er dimanche du mois de juillet) méritent le déplacement. Un topo-guide est disponible auprès de l'Office de tourisme du pays noyonnais (Tél.)  03 44 44 21 88.

Boucle 6  : Songeons. Distance  : 15 ou 25 km. Cet itinéraire a été dessiné dans la forêt domaniale de Caumont dans le secteur de Songeons et du ravissant village de Gerberoy qui est un des sites immanquables de l'Oise. Culminant à 188 mètres, la cité représenterait un point stratégique aux confins du domaine des Capétiens et de la Normandie. Une situation qui lui valut d'être pillée, démantelée et reconstruite à cinq reprises entre 1079 et 1437. Ainsi, les maisons du village actuel datent des XVIIe et XVIIIe siècles, les rues sont pavées, les façades sont de briques et de torchis à demi masquées par des rosiers.

Pas-de-CalaisHaut de page

Le Pas-de-Calais est constitué de basses plaines et de collines artésiennes qui descendent vers la Somme. Vers la côte, les plaines marécageuses occupent le territoire tandis que disparaissent les derniers accidents des plaines flamandes. Après avoir été une terre d'exploitation des sous-sols avec les mines, l'agriculture y est aujourd'hui prépondérante. On y cultive les betteraves, les légumes et les céréales, l'élevage occupant plus volontiers la partie occidentale. On dénombre 500 élevages de chevaux dans le département, l'élevage de chevaux de trait représente 22,7 % de l'activité, ce sont les chevaux de selle qui représentent le plus gros du secteur à hauteur de 40,9 %. Le Pas-de-Calais compte environ 10 500 chevaux, soit 7,2 chevaux pour 1000 habitants, ce qui est moins que la moyenne nationale de 14,4. Situé proche de la mer, le climat est principalement océanique et le territoire est bercé par de nombreux cours d'eau. Grâce au dynamisme du CDTE 62, de nombreux itinéraires équestres du nord au sud permettent d'explorer le territoire.

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Le boulonnais, le lauréat

De tous les traits, c'est incontestablement le plus beau ! Son élégance et sa silhouette magnifique lui viennent de ses ancêtres arabes, utilisés à maintes reprises pour embellir la race. Certains affirment même que le premier métissage entre les juments du Nord de la France et des chevaux orientaux remonterait à -55 avant J.-C., lorsque l'armée numide campa dans la région de Boulogne-sur-Mer pour contrer l'invasion de l'Angleterre par Jules César. La race reçoit le nom de Boulonnais au XVIIe siècle et c'est à ce moment-là que se dégagent deux types de chevaux  : le mareyeur, rapide et vif, chargé d'assurer le transport du poisson de la marée entre Boulogne-sur-Mer et Paris (voir la Route du Poisson), et un type plus lourd et plus grand, pour le travail des champs de betteraves. Aujourd'hui, on dénombre seulement 180 naissances par an, soit 2 % des naissances de traits sur tout le territoire, voilà pourquoi la race qui en raison de ses faibles effectifs demeure en conservation génétique. Il n'y a pas d'élevage de boulonnais à l'étranger, les élevages français sont concentrés dans le Nord de la France dans les département du Pas-de-Calais, du Nord, de la Somme et de l'Oise. 193 élevages français ont été recensés. Pour en savoir plus, contacter  :

Avec une faune et une flore si particulière, les paysages de la Somme fascinent. Ses étangs, sa côte picarde, et la baie de Somme par la diversité de sa flore attirent nombre d'animaux différents (même des phoques) et plusieurs sortes de migrateurs. Sa baie, si humide et si vaste, est souvent nappée d'un fin bandeau de brume qui lui donne des couleurs particulières que les peintres apprécient. C'est dans ce paysage unique qu'est née dans les années 1970 une race de cheval d'extérieur, merveilleuse pour la randonnée, le Henson, à découvrir impérativement. Le département est surtout composé de plateaux découpés par les sillons d'anciens cours d'eau. Relativement plat, il faut arriver à la baie de Somme et aux côtes de la Manche pour remarquer de profonds bouleversements, la partie australe se découpant en falaises alors que la côte au nord n'est constituée que de résidus alluvionnaires. Vous vous plairez donc à découvrir ces divers paysages qui composent le département de la Somme.

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Monter un cheval Henson

Le Henson est une race très récente, créée dans les années 1970 par Lionel et Marc Berquin. Originaire de la Baie de Somme, cette race est née du croisement entre des chevaux de sang et de Fjords, les célèbres doubles-poneys norvégiens, identifiables à leur robe isabelle que les représentants hensons ont conservé. C'est dans le but de créer de très bons chevaux d'extérieur que les Berquins ont pensé cette race. Il y a environ 400 Hensons aujourd'hui en France mais la majeure partie du cheptel vit encore dans sa région d'origine  : 200 en effet vivent dans les Espaces Equestres Henson®, l'Espace Equestre Henson-Marquenterre (1000 hectares) situé dans la Baie de Somme et l'Espace Equestre " l'Etrier " Fort-Mahon-Plage dans la Baie d'Authie. Ces deux sites d'élevages encadrent le parc du Marquenterre, une réserve naturelle de 220 hectares abritant plus de deux cent quatre-vingts espèces qui, sur leur passage migratoire, choisissent comme escale ce parc ornithologique. Ces deux spots, à seulement quelques kilomètres l'un de l'autre, accueillent donc les cheptels de Hensons qui vivent en semi-liberté. Ces adorables chevaux mesurent entre 1,50 m et 1,60 m au garrot et ont donc gardé la robe du fjord que l'on dit couleur baie sauvage, et plus simplement beige (ou ses nuances). Les standards de la race prévoient que les crins soient noirs ou bicolores (noirs et beiges), que la raie de mulet est obligatoire alors que les tâches blanches sont proscrites, et quant aux zébrures aux membres, elles sont tolérées.

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