Le guide thématique Petit Futé Guide de la plongée : NOTIONS PHYSIQUES

NOTIONS PHYSIQUES

Grande évidence : la plongée sous-marine consiste en général à se promener sous l'eau ! Mais de cette simple phrase découle un grand nombre de conséquences. Eh oui, au cas où vous l'auriez oublié, nous ne sommes pas des poissons et ce changement d'univers n'est pas sans répercussions sur notre organisme. Nous avons déjà vu dans le chapitre consacré à l'histoire que bon nombre de plongeurs remontaient avec le mal des caissons. Vous avez déjà entendu parler d'accidents de décompression. Voici un rappel rapide de différents éléments qui devraient vous permettre de mieux cerner ces petits problèmes physiques.

La pressionHaut de page

Le plus important pour notre organisme est la pression exercée par l'eau sur notre corps (Archimède). En surface, la pression atmosphérique est en moyenne de 1 bar. Sous l'eau, nous sommes soumis à une pression de 1 kg/cm² tous les 10 m, plus la pression de la surface. Ainsi, à 25 m, la pression est 3,5 fois plus forte qu'en surface ! Ce qui entraîne quelques phénomènes, qu'il vaut mieux connaître...

La deuxième chose à comprendre est que notre corps est composé de liquides, de solides (incompressibles), et de gaz compressibles. Chaque gaz voit son volume varier selon la pression qu'il subit. A température constante, plus la pression est forte, plus son volume diminue et plus la pression est faible, plus son volume augmente. C'est ce qu'on appelle la loi de Boyle-Mariotte. Ce sont ces variations de pression appliquées aux gaz présents dans notre organisme qui occasionnent les accidents de décompression ou barotraumatismes. Ces principes concernent les cavités en contact avec l'air : oreilles, sinus, dents, intestin, mais aussi l'espace situé entre le masque et le visage. Prenons un exemple classique : les oreilles ! Quand vous descendez, l'air contenu dans votre oreille diminue de volume, entraînant une déformation de votre tympan et provoquant une légère douleur. Pour que le volume revienne à la normal, il compensera en équilibrant l'air qui se trouve dans vos sinus. La méthode la plus répandue consiste à se pincer le nez et à souffler légèrement bouche fermée (Manoeuvre de Valsalva). Quand vous remontez, le volume contenu dans votre oreille interne va progressivement se redilater. Il ne faut donc pas réinsuffler de l'air ou remonter trop vite sous peine de surpression, voire de lésions. Le phénomène se produit sur l'ensemble de vos cavités, la plus importante étant les poumons. C'est pourquoi lors de toutes vos formations, on vous demandera de toujours souffler lors de vos remontées et surtout d'en contrôler la vitesse. Un autre effet de l'augmentation de la pression sur le plongeur est la narcose ou ivresse des profondeurs. Elle survient à partir d'une profondeur variable, et est due au fait que les gaz composant l'air que nous respirons ne se compriment pas tous de la même façon. A partir d'une trentaine de mètres de profondeur et afin de détecter l'apparition d'une narcose, il est recommandé d'échanger régulièrement un certain nombre de signes appelant une réponse, avec votre binôme. L'utilisation de mélanges, Nitrox ou Trimix, permet également de diminuer ces effets et de plonger à plus grande profondeur.

Il existe également une intoxication au dioxyde de carbone (CO2) qu'on appelle tout simplement l'essoufflement. Ce cas se présente lors d'un stress, d'un palmage trop intensif ou quand la ventilation n'est pas assez importante. Ce phénomène est aggravé par la profondeur.

Et les bulles dans tout ça ?Haut de page

Vous avez sans doute entendu parler de petites bulles provoquant des accidents. C'est ce que nous avions commencé à aborder un peu plus tôt. Selon la loi de Henry, l'air que nous respirons se dissout progressivement dans notre organisme. Plus nous descendons, plus l'air est comprimé dans nos bouteilles et dans nos poumons et plus nous absorbons une grande quantité de gaz qui se dissolvent dans notre organisme. Si vous diminuez brusquement la pression qui a permis de comprimer ces gaz (en remontant trop vite par exemple), il se passera le même phénomène que lorsque vous ouvrez une bouteille de champagne. Des bulles se forment instantanément et ce qui est joyeux dans vos coupes l'est nettement moins dans vos veines. Il est donc nécessaire de laisser les gaz évacuer lentement notre organisme afin d'éviter la formation de bulles et l'accident de décompression : accidents circulatoires, paralysies, douleurs articulaires, paraplégie, voire dans des cas extrêmes, la mort. Il faut donc respecter un certain nombre de règles qui régissent les variations de pression : respecter des paliers lors de la remontée, éviter de prendre l'avion trop tôt après la dernière plongée, ne pas faire d'apnée après une plongée.

Question de températureHaut de page

Dans l'eau, les échanges thermiques sont beaucoup plus sensibles qu'à l'air libre. Une importante déperdition calorique engendre très vite une fatigue de l'organisme et augmente les risques d'accidents. Il faut donc ne pas sous-estimer la température de l'eau, bien s'équiper et être dans une bonne forme physique.

Certains problèmes de santé peuvent être une contre-indication définitive à la plongée : l'asthme, les insuffisances respiratoires, les insuffisances cardiaques, l'épilepsie, les phlébites et thromboses et les diabètes. Parmi les contre-indications temporaires, on compte : les épisodes d'hypertension, les perforations tympaniques ou otites, les traumatismes thoraciques bénins, la chirurgie oculaire, les traitements par antidépresseurs, la tétanie et la grossesse.

Quoi qu'il en soit, avant de plonger, il vous faudra consulter un médecin spécialisé en médecine sportive pour un examen approfondi et un certificat de non-contre-indication à la plongée sous-marine. Ce certificat sera exigé par le club avec lequel vous allez plonger.

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