Guide de Camargue : Nature

Géographie
<p>La chaîne des Alpilles et ses champs d'oliviers près des Baux-de-Provence.</p>

La chaîne des Alpilles et ses champs d'oliviers près des Baux-de-Provence.

Les Alpilles et la Camargue offrent des paysages exceptionnels où vivent plusieurs milliers d'espèces dont des centaines protégées. Un territoire riche et varié qui s'étire jusqu'à la mer Méditerranée.

Climat

Températures moyennes : le climat est de type méditerranéen, avec des étés secs, des hivers doux et un régime de pluie irrégulier et concentré sur un nombre de jours réduits à l'automne et au printemps. La température moyenne en août est de 24,5°C et de 7°C en janvier.

Ensoleillement : le territoire bénéficie d'un excellent ensoleillement, le meilleur de France, soit entre 2 700 et 2 900 heures par an.

Précipitations : 573 mm d'eau en moyenne par an, une des plus faibles moyennes de France. En revanche, les épisodes pluvieux sont très concentrés et peuvent être violents, donnant lieu à des inondations comme en 2003.

Vent : la zone est sujette au mistral (en raison de sa proximité avec le couloir rhodanien). Ce vent du nord souffle violemment une centaine de jours par an et plus faiblement pendant en moyenne 80 jours (il souffle donc la moitié de l'année !).

Relief
Paysages caractéristiques

Les Alpilles forment le dernier relief avant le grand delta du Rhône. Entre Rhône et Durance, entre les plaines du Comtat venaissin et de la Crau, les Alpilles se dressent à l'horizon. Ce massif composé de crêtes dentelées, de failles et de ravines s'étire sur 25 km et scinde le territoire en deux vallées couvertes de vignes et d'oliviers. Un camaïeu de verts qui fait particulièrement ressortir la couleur diaphane des rochers de calcaire.

La Camargue est un vaste espace de 145 300 hectares situé entre les deux bras principaux du delta du Rhône et la mer Méditerranée. Une zone façonnée au fil des siècles sous l'influence de l'eau douce et de l'eau salée où terres, étangs et marais se confondent et forment un écosystème fragile et précieux. Ici, aucun relief : le point culminant du delta se trouve à 4 mètres au-dessus du niveau de la mer, son point le plus bas à 1,5 m en dessous !

Cours d'eau

En Camargue. Le Rhône crée un delta via une division de son cours près d'Arles avant de se jeter en Méditerranée. Le petit bras est nommé le Petit-Rhône et le plus important le Grand-Rhône. D'une longueur totale de 812 km, le Rhône a un débit moyen annuel de 1 700 m³/s. Lors des dernières crues qui ont inondé la Camargue, en 1993, 1994 et 2003, ce débit était passé à plus de 10 000 m³/s. Port-Saint-Louis-du-Rhône est la dernière ville de France sur le Rhône.

Aujourd'hui, la maîtrise de l'eau en Camargue reste un enjeu important. Actuellement, 153 pompes réparties le long des deux bras du fleuve distribuent l'eau dans plusieurs centaines de kilomètres de canaux pour l'irrigation des terres. Quant au drainage des eaux salines, il est assuré via 6 bassins de collectes des eaux. D'avril à septembre, le delta reçoit 400 millions de m³ d'eau douce pour les besoins de la riziculture et 125 millions de m³ d'eau de mer pour ceux de la saliculture. Il est donc gorgé d'eau au coeur de l'été. Durant l'hiver, rizières et salins sont mis à sec.

Les Alpilles ne possèdent pas de cours d'eau à proprement parler. Le territoire est plutôt parcouru par de nombreux " gaudres ", terme qui désigne un cours d'eau à faible débit et bien souvent à sec en été. On en dénombre une quinzaine. Les gaudres se jettent à leur tour dans des canaux, au nombre de huit dans les Alpilles. Le canal de Craponne, par exemple, qui part de la basse vallée de la Durance, près de La Roque-d'Anthéron, fournit l'eau nécessaire à l'irrigation des sols avant d'atteindre l'étang de Berre. Le canal de la vallée des Baux irrigue lui près de 3 000 hectares au sud du massif.

Plateaux

Quasiment inacessibles, les Plaines sont un immense plateau qui opère la jonction entre la plaine de Roquemartine, au nord d'Eyguières, et la commune d'Orgon. Il est couvert d'une forêt de chênes verts très dense. Quant au plateau des Costières, situé sur la commune de Saint-Martin-de-Crau, il marque la limite sud du massif des Alpilles.

Plaines

De part et d'autre de la chaîne des Alpilles, on trouve plusieurs plaines. La plaine de Fontvieille, une grande zone triangulaire dédiée à la culture de la vigne et de l'olivier, tout comme la plaine des Baux en contrebas du village. La plaine de Saint-Rémy-de-Provence est également très fertile. La plaine de Roquemartine, sur la commune d'Eyguières, sert de pâture aux moutons. Quant à la plaine d'Eygalières (nommée aussi vallon des Prés ou plaine des Calans pour sa partie sud), elle compte de grandes oliveraies même si l'urbanisation a tendance à gagner du terrain.

La Camargue est une vaste plaine de formation alluviale récente. Elle se divise en 3 parties : la haute Camargue, constituée de bourrelets alluviaux enserrant des marais d'eau douce. La moyenne Camargue où la salinité y est très large. Et la basse Camargue, une zone d'étangs salés et de terres amphibies, les sansouires. En son centre se trouve l'étang du Vaccarès. Le nord de la plaine est constitué de terres agricoles et le sud est composé de marais et de plans d'eau salée.

Grottes

Le jeu de l'érosion a, au fil du temps, modelé le massif des Alpilles et formé un certain nombre de cavités et autres grottes. Si elles ont servi dès la Préhistoire de lieux d'habitation ou de sépultures, elles ont aussi été à l'origine de légendes ou sources d'inspiration : Dante et Frédéric Mistral y logèrent sorcières et fées.

Lacs et étangs

La Camargue compte plus d'une vingtaine d'étangs. Deux sont incontournables.

L'étang du Vaccarès. Avec ses 12 kilomètres de long, il constitue l'élément principal du système de contrôle des eaux du delta. C'est également un lieu important de repos et d'alimentation pour les oiseaux migrateurs, et un lieu de vie pour les flamants roses. Encore sauvage et préservé, ce site est réglementé pour les pratiques de la baignade et de la pêche. En revanche, la circulation y est libre sur les routes qui longent l'étang.

L'étang du Fangassier. Cette étendue de 3,3 km² est l'unique site en France où les flamants roses se réunissent en une colonie de 10 000 couples pour élever leurs petits. Des sorties découverte sont organisées au moment de la nidification.

Marais

Le marais des Baux. Jusqu'aux années 1880, la zone située au sud des Collines, entre Arles et Paradou, était totalement inondée et connue sous le nom de " marais des Baux ". Ce grand lac, riche en poissons, s'étendait sur plusieurs hectares et a permis à des générations de Maussanais de vivre de la pêche. Progressivement asséché dès les années 1830, la zone reste toutefois inondable.

Les marais du Vigueirat. Cette réserve naturelle de Camargue, qui s'étend sur 1 200 hectares, est composée de sansouires (steppes à végétation basse), étangs et roselières. Accessibles en partie au public, les marais accueillent chaque année environ 30 000 visiteurs qui peuvent admirer le long du sentier de l'Etourneau ou du sentier de la Palunette, l'appel d'une bouscarle, le chant d'une rainette, le plongeon d'une cistude, l'envol d'un héron, ou l'arrivée de nouveaux migrateurs. On peut en effet y observer plus de 2 000 espèces animales ou végétales.

Littoral
Mer

La mer Méditerranée baigne le littoral de la Camargue. Si elle est plutôt calme à hauteur des Saintes-Maries, les courants peuvent être parfois dangereux à Piemanson.

Plages

La plage de Beauduc. On y accède après une bonne heure de route au milieu du parc naturel de Camargue. Une impression d'aller " au bout du monde ", mais à l'arrivée, le sable à perte de vue et la lumière qui se dégage valent largement le coup. Le paradis se mérite après tout ! Vous pourrez profiter de la mer et de la plage sans craindre d'être collé-serré avec d'autres personnes et, pour les amateurs, sachez aussi que Beauduc est un must pour pratiquer le kitesurf et la planche à voile. Pensez à emmener de quoi boire et manger sur place, le coin est vraiment désertique.

Les plages des Saintes-Maries-de-la-Mer. Ce sont des petites plages de sable fin, familiales, et accessibles à pied depuis le village. Les sorties Est et Ouest du village disposent de " plages privées ", ces espaces mettent à disposition des vacanciers une zone de confort avec matelas, parasols...

La plage de Piemanson. A l'ouest du Grand-Rhône jusqu'au phare de Faraman, accessible par les Salins-de-Giraud. 6 km de très belles plages de sable, la moitié étant réservée aux naturistes. Comme à Beauduc, pas d'infrastructures. Juste une baraque à frites, la camionnette du vendeur de glaçons et le poste des pompiers qui veillent à la sécurité des baigneurs. C'est une plage réputée pour le kayak de mer.

Les plages de Port-Saint-Louis. Au nombre de trois : la plage Napoléon, longue de 10 km, la plage Olga, plus intime, où vous arriverez après avoir traversé un un typique petit hameau de cabanonniers, et la plage de Carteau où l'eau est peu profonde. Elle s'adapte extrêmement bien à la pratique du kitesurf et de la planche à voile ou de la balade à cheval plutôt qu'à la baignade.

Ports

Le port de plaisance des Saintes-Maries-de-la-Mer, Port Gardian, accueille les plaisanciers qui cabotent en Méditerranée. Port-Saint-Louis-du-Rhône possède également une marina, mais c'est son port industriel qui a fait sa réputation. Rattaché au port autonome de Marseille, il reçoit aussi bien les navires de mer que les barges empruntant le Rhône. Grâce à son écluse et au canal grand gabarit Fos-Rhône, il est le point clé des trafics fluvial et fluvio-maritime entre l'Europe et la Méditerranée, accueillant hydrocarbures, produits chimiques liquides, bois et vins.

Faune et flore
Faune

Mammifères

Il existe une quarantaine d'espèces de mammifères en Camargue. Les plus connus (et les plus visibles) sont, bien entendu, les taureaux et les petits chevaux blancs de race Camargue, qui pâturent les pelouses et les sansouires. Ces milieux sont également fréquentés par les renards, sangliers, lapins... et, plus rare, le castor d'Europe qui habite les rives des bras du Rhône. Introduit dans les années 1950 et originaire d'Amérique du Sud, le ragondin a complètement envahi les milieux humides du delta du Rhône au point que, dans les années 1980, on le piégeait par dizaines de milliers pour sa peau. Les grognements sourds dans les marais, c'est lui !

De nombreuses colonies de chiroptères sont présentes dans les Alpilles : l'occasion de croiser des vespetilions à oreilles échancrées, des grands murins, des molosses de Cestoni ou les fameuses pipistrelles de Nathusius... Si vous n'avez rien compris à cette phrase, c'est normal ! Les chiroptères sont tout simplement des chauves-souris, et on recense dans les Alpilles des dizaines de milliers d'individus (un nombre malheureusement en régression), parmi lesquels on trouve 19 espèces sur les 26 européennes recensées. En Camargue également, 12 espèces de chauves-souris sont recensées (Grand Rhinolophe, Minioptère de Schreibers...).

Reptiles

On compte une quinzaine d'espèces de reptiles en Camargue, dont une importante colonie de cistudes d'Europe, des tortues sauvages d'eau douce. Difficiles à observer, on peut surtout les voir en été sécher sur un tronc à proximité d'un marais. Autres reptiles présents : la couleuvre de Montpellier (totalement inoffensive mais impressionnante car elle peut atteindre deux mètres de long !), la couleuvre d'Esculape, plusieurs sortes de lézards...

En parlant de lézards, sachez que les Alpilles abritent le plus gros d'Europe : le lézard ocellé qui dépasse parfois les 50 cm !

Oiseaux

Près de 300 espèces en Camargue et presque 250 dans les Alpilles !

En Camargue, on distingue les oiseaux nicheurs, des hivernants et des migrateurs. Parmi les plus emblématiques : le héron blanc, souvent perché sur la croupe des chevaux, dont plus de 2 000 couples nichent aujourd'hui dans le delta. Mais aussi l'échasse blanche, l'oie cendrée, l'aigrette garzette et entre 10 000 et 35 000 canards (essentiellement sarcelles d'hiver, colverts, pilets et souchets mais aussi milouins et morillons) ! Sans oublier le flamant rose, qui vient se reproduire en Camargue. Sa couleur est due aux pigments de carotène de sa nourriture : petits crustacés planctoniques et algues qui colorent les salines en rose d'avril à août. L'été, on recense jusqu'à 30 000 individus.

Dans les Alpilles, outre le circaète Jean-le-Blanc, les fauvettes et les perdrix, on compte surtout deux rapaces méditerranéens très rares et menacés : l'aigle de Bonelli et le vautour percnoptère. Avec quatre couples nicheurs, c'est la plus forte concentration d'aigles de Bonelli en France (qui en compte moins de 30 couples). Le massif abrite également de façon irrégulière quelques couples de faucons crécerellettes. Quant au hibou grand-duc, le plus gros rapace nocturne du monde, il forme ici sa plus belle population en Europe avec une cinquantaire de paires.

Poissons

La Camargue compte une trentaine d'espèces de poissons (dont l'alose feinte et la bouvière), 6 amphibiens (dont la variété bleue de la rainette méridionale), 45 mollusques (moules d'eau) et 12 crustacés.

Insectes

Plus d'un millier d'insectes présents en Camargue dont la cordulie à corps fin, une libellule également recensée dans les Alpilles, des papillons (Diane, Ecaille chinée...) et, moins agréables : les moustiques ! Ils trouvent ici toutes les conditions nécessaires à leur développement : ils pondent sur les sols humides ou dans l'eau, la chaleur et l'humidité sont nécessaires à l'éclosion qui s'effectue en 5 ou 6 jours... Les précipitations (printemps et automne) et la gestion de l'eau dans le delta (irrigation des rizières au printemps, mise en eau des marais de chasse en été) jouent donc un grand rôle dans le cycle de vie et l'abondance des moustiques. Mais rassurez-vous : sur les 40 espèces vivant en Camargue, seules les femelles issues de 10 espèces piquent l'homme !

Evoquons enfin la cigale, qu'on entend surtout dans les Alpilles. C'est le mâle qui produit ce chant caractéristique appelé la cymbalisation. Dès que la température est suffisamment élevée (environ 25°C), il chante pour attirer la femelle.

Flore

Arbres, buissons et fleurs

Le massif forestier des Alpilles s'étend sur 19 000 hectares. D'importantes populations de résineux sont présentes avec, entre autres, le pin d'Alep, le pin sylvestre, le cèdre, mais également en bas de pentes, des feuillus : chêne vert, chêne pubescent, érable, robinier, peuplier blanc... La garrigue est formée de buissons épineux : chêne kermès, romarin, ciste, genévrier... et de petites plantes courtes : thym, lavande, asphodèles, iris... Plusieurs plantes et fleurs font l'objet d'une protection nationale comme la nivéole d'été (une plante dont les fleurs forment des clochettes blanches) ou l'hélianthème à feuille de Marum (plante rampante à fleurs jaunes). On trouve également l'Ophrys splendida, une variété d'orchidée et de nombreux genêts de Villars dont les fleurs jaunes embaument les chemins au printemps.

Les boisements ne couvrent en revanche que 3% de la superficie du delta de Camargue. Des feuillus se cantonnent le long des bras du Rhône. A proximité du fleuve, le peuplier blanc domine ainsi qu'un sous-bois riche en arbustes. La forêt de petite Camargue est différente : installée sur les sables et les dunes, elle est composée essentiellement de résineux (pin pignon). Plus caractéristique de la zone, les sansouires sont étendues : ces steppes sont peuplées de plantes adaptées aux milieux salés : les salicornes. Les pelouses ont, quant à elles, une richesse floristique importante même si elles sont peu étendues : narcisses, pâquerettes, saladelles avec leurs petites fleurs mauves (elles sont protégées et donc interdites à la cueillette)... Sur le sable, on peut également admirer des lis des sables avec leurs corolles blanches en tube de plus de 10 cm. Et bien entendu, les roseaux font également partie du paysage camarguais. En tout, ce sont ainsi 891 espèces végétales qui sont recensées dont 105 espèces rares et menacées.

Végétation sous-marine

A la surface des marais de Camargue, on trouve de magnifiques spécimens de Nuphar lutea (nénuphar jaune), de Nymphea alba (nénuphar blanc), des oenanthes aquatica (fenouil aquatique)...

Parcs et réserves naturelles

Le Parc naturel régional de Camargue est le premier Parc naturel régional de la région PACA et le troisième sur le territoire national. Il a été créé en 1970 et s'étend sur seulement 3 communes : Arles, Port-Saint-Louis-du-Rhône et les Saintes-Maries-de-la-Mer. Ses missions : la protection et la gestion du patrimoine naturel et culturel, l'aménagement du territoire, le développement économique et social, l'accueil, l'éducation et l'information du public et l'expérimentation et la recherche. Le Parc veille ainsi par exemple à la préservation et la restauration des dunes littorales, lutte contre les espèces invasives (écrevisse de Louisiane, écrevisse de Floride, jussie...), restaure les lieux de vie des chauves-souris...

En février 2007, le Parc naturel régional des Alpilles, dont la vocation est de protéger et de valoriser le patrimoine naturel, culturel et humain du territoire, a été créé. Il s'étend sur 50 000 hectares. Seize communes y sont localisées : Lamanon, Eyguières, Aureille, Saint-Martin-de-Crau, Mouriès, Maussane-les-Alpilles, Le Paradou, Fontvieille, Les Baux-de-Provence, Saint-Etienne-du-Grès, Tarascon, Mas-Blanc-les-Alpilles, Saint-Rémy-de-Provence, Eygalières, Orgon et Sénas. Le territoire englobe la totalité du territoire communal des communes à l'exception de Tarascon et de Saint-Martin-de-Crau, villes portes, qui ne sont couvertes que partiellement.

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