Guide des Alpes italiennes et Dolomites : Population et langues

Population. Jusqu'au milieu des années 1970, l'Italie " exportait " ses travailleurs. Ce phénomène était bien une conséquence du sous-emploi, mais également d'un taux de natalité très élevé. Depuis, les mentalités ont changé : la tendance de la population italienne est actuellement à la stagnation. En 1981, l'Italie comptait 56,1 millions d'habitants, 57,3 millions en 1992 et seulement 57,650 millions en 2003 et 60 millions en 2012.

Le pays connaît un taux de natalité de 9,06 % pour un taux de mortalité supérieur (9,93 %). Le taux de fécondité est descendu à seulement 1,37 enfant par femme. Il est donc insuffisant au renouvellement des générations, d'où le risque d'un vieillissement de la population. Ces chiffres traduisent un véritable phénomène de société, un changement de mentalités dû à l'urbanisation, à l'enrichissement, et aussi à la baisse d'influence de l'Eglise, notamment parmi les jeunes. La distribution sexuelle reste assez homogène : 49 % d'hommes pour 51 % de femmes. L'espérance de vie est de 79,3 ans pour les hommes, et de 84,7 ans pour les femmes. Il y a cependant de fortes disparités entre régions, et principalement entre un " grand Nord ", déficitaire quant à sa natalité, et un Mezzogiorno (le Sud) dont le solde naturel est resté excédentaire.

L'Italie reste un pays à forte densité de population (près de 202 hab./km²), mais il existe des contrastes considérables entre régions rurales et régions à forte concentration urbaine.

Le pays présente une grande hétérogénéité dans de nombreux aspects socioculturels, et notamment par les langues pratiquées. La Lombardie, avec une population de presque 10 millions d'habitants, a une forte densité de 410 hab./km², tandis que le val d'Aoste accueille 39 hab./km². La population totale du Trentin-Haut-Adige est d'environ 1 037 000 habitants. Les villes de Bolzano et de Trente regroupent plus de 250 000 habitants. Toutefois, la population est disséminée sur l'ensemble du territoire, surtout dans les vallées. La répartition par groupes linguistiques est de plus de 60 % pour les italophones, et de 35 % pour les germanophones. Une petite minorité parle le ladin.

Enfin, il faut préciser que 70 % de la population italienne est urbaine (75 % pour la France) et que le réseau urbain italien se compose d'un très grand nombre de petites villes. Deux villes seulement dépassent le million d'habitants : par ordre décroissant, Rome (4e ville d'Europe, 2,87 millions d'habitants), Milan (1,37 million), Naples (moins d'1 million) et Turin (890 000). Une cinquantaine dépasse les 100 000 habitants, dont 11 comptent entre 200 000 et 500 000 habitants, comme Venise (270 000 habitants)

Langues. La langue italienne garde des traces incontestables du continuel métissage auquel le peuple italien a été exposé pendant des siècles. Ainsi, ragazzo et magazzino (garçon et entrepôt) sont des mots d'origine arabe (les Arabes furent longtemps présents en Sicile), tandis que albergo, banca, guardia ou sapone (hôtel, banque, garde, savon) sont d'origine germanique.

Charles Quint plaisantait en disant qu'on parle à Dieu en espagnol, aux hommes en français et aux femmes... en italien ! L'italien est, en effet, une des langues latines les plus mélodieuses. Formée très tardivement, elle n'apparaît en tant qu'idiome littéraire qu'au XIIe siècle, l'aristocratie et les écrivains italiens ayant longtemps préféré parler le latin, le provençal ou le français. Cette évolution a été progressive puisque, à la fin du XIIIe siècle, Marco Polo écrivit son très célèbre Il Milione en franco-vénitien. Peu à peu, une langue s'est constituée et formalisée, grâce à des auteurs tels que Dante, Boccace ou Pétrarque. Ceux-ci utilisaient le dialecte toscan, qui est à l'origine de l'italien tel que nous le connaissons aujourd'hui. A partir du XVIsiècle, la Renaissance exercera une fascination sur l'Europe et les emprunts aux langues italiennes se multiplieront, notamment dans les ouvrages des grands écrivains français de l'époque.

Toutefois, les différents dialectes régionaux restent très vivaces. L'unité italienne ne s'étant faite qu'en 1861, il existe en effet une grande variété de dialectes (plus de 1 500 d'après certaines études). Certaines régions, en raison de leur position géographique, sont même bilingues. Ainsi la population du val d'Aoste parle couramment le français et, dans le Trentin-Haut-Adige, l'allemand est la deuxième langue locale. En outre, de nombreux Italiens sont polyglottes, et le français et l'anglais sont enseignés à l'école.

La francophonie dans le val d'Aoste. Région historiquement franco-provençale, au sein des Etats de Savoie, puis du royaume de Piémont-Sardaigne, le val d'Aoste ne suivit pas le sort de la Savoie et de Nice, qui furent soumises à plébiscite et rattachées à la France en 1860, et resta au sein du nouvel Etat unitaire italien. Dès lors, la région n'a cessé de lutter contre les attaques faites à sa culture.

La période fasciste fut particulièrement violente avec une politique d'italianisation systématique. L'interdiction de la langue française contribua à bouleverser durablement cette société montagnarde isolée. Tous les toponymes furent italianisés (Aoste en Aosta, Saint-Pierre en San Pietro, Morgex en Valdigna d'Aosta, Chamois en Camosio, Champorcher en Campo Laris, etc.). Le français étant banni, la population se limita à pratique orale du franco-provençal, toléré par les autorités.

En réaction à ces mesures autoritaires, on vit se constituer un courant de résistance culturel animé par un jeune juriste, Emile Chanoux. Ce dernier, à la tête de la " Ligue valdotaine pour la protection de la langue française dans la vallée d'Aoste ", va mener une action systématique en faveur de la défense du français. Ses revendications linguistiques vont bientôt aller de pair avec des revendications fédéralistes. Réfugié en France, Chanoux retourne dans le val d'Aoste en 1943. Là, il est arrêté, le 18 mai 1944, par les autorités fascistes et meurt dans la nuit.

Sensible à la question linguistique, De Gaulle avait envisagé un moment l'annexion du val d'Aoste à la France, encouragé en ceci par un courant rattachiste important parmi les Valdotains. Cependant l'opposition farouche des Américains, doublée par les difficultés saisonnières de passage entre la France et la vallée (les tunnels n'existant pas), conduisirent à l'abandon de ce projet.

De Gaulle va toutefois obtenir l'assurance d'un régime d'autonomie pour la vallée.

L'après-guerre a permis un retour officiel du français, avec le statut d'autonomie. Les années 1960 et 1970, avec le développement industriel et touristique, ont accéléré la modernisation de la région. Aujourd'hui il n'est pas rare d'entendre parler français dans la vallée, également parlé dans les hautes vallées du Piémont.

L'allemand et le Trentin Haut-Adige. La province autonome de Bolzano compte environ 470 000 habitants. Ceux-ci sont répartis entre 116 communes dont les principales sont Bolzano (chef-lieu), Merano, Bressanone, Brunico, Laives et Vipiteno

Le Haut-Adige, comme la vallée d'Aoste, est une région officiellement multilingue. En fait, les deux tiers (70 %) de ses habitants sont de langue maternelle allemande et moins de 5 % de langue maternelle ladine des Dolomites. Les italophones (25 %) sont concentrés surtout dans le chef-lieu, Bolzano (Bolzen en allemand) et dans les localités de Merano (Meran en allemand), Bressanone (Brixen en allemand), Laives (Leifers en allemand) et Bronzolo (en allemand Branzoll). Les ladinophones (5 %), surtout dans le val Gardena (Gherdëina) et dans le val Badia.

Dans la province autonome de Bolzano, la signalisation est entièrement bilingue, en italien et en allemand. Vous y entendrez plutôt " Grüssgot " (bonjour en bavarois) que " Bongiuourno ". Dans les municipalités de langue ladine de la province, la signalisation est majoritairement trilingue (ladin, allemand et italien).

L'émigration

Les années 1960 furent pour l'Italie une période de miracle économique. Le chômage dans le Nord est alors pratiquement inexistant. Toutefois, la situation reste grave dans le Sud, et l'écart entre les deux zones du pays se creuse de plus en plus. Les habitants du sud de l'Italie, qui s'étaient tournés jusque-là vers le Nouveau Monde ou le nord de l'Europe, décident de s'embarquer sur le " treno del sole " (le train du soleil) et de s'installer au nord, dans le " triangle industriel " formé par Turin, Gênes et Milan. A partir des années de l'après-guerre, Calabrais, Siciliens et Napolitains débarquent donc à Bologne et à Florence et, surtout, dans les deux grandes villes industrialisées du Nord, Turin et Milan.

Le nombre d'immigrants italiens venant tenter leur chance dans le Nord entre 1951 et 1961 a été évalué à 2 millions, dont près de 600 000 à Milan. L'intégration n'est évidemment pas facile, surtout en raison du racisme dont font preuve les habitants du Nord envers les immigrants. Ainsi toute la vie sociale des immigrants méridionaux est touchée par ce fléau. Très souvent, ils n'ont même pas la possibilité de se loger et de se divertir, car les petites annonces de location portent la mention " Méridionaux s'abstenir " et, dans les bars milanais, un panneau proclame : " On ne sert pas les Terroni ", soit les boueux du Sud. Au cours des années 1970, l'immigration interne se stabilise et, avec elle, les problèmes d'intégration. Cette situation deviendra même tellement stable qu'aujourd'hui 80 % de la population de l'Italie du Nord a des origines méridionales.

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