Guide de Patagonie : Arts et culture

L'influence autochtone (mapuche notamment) reste visible dans certains domaines comme la gastronomie, les vêtements, les danses, et en général l'art et l'artisanat.

Architecture

On a souvent tendance à réduire toute l'architecture de la région patagone à celle de l'Argentine. Et cette dernière est très souvent associée à celle de Buenos Aires. Mais il n'en est rien ! En visitant la région, on verra ainsi des styles de bâtisses que la capitale ne possède pas : les maisons colorées en tôle ondulée d'Ushuaia et des estancias patagones, ou bien encore les véritables chalets suisses de la région de Bariloche !

Les palafitos et églises de Chiloé. La toiture en paille des maisons chilotes, excellente isolation thermique et imperméable, est héritée de la construction mapuche. Cette architecture est une caractéristique régionale, on retrouve souvent une certaine tendance à rompre le volume des bâtiments (avec des balcons qui se détachent de la façade par exemple). Mais Chiloé est surtout célèbre pour ses églises en bois, uniques en leur genre et dont seize ont été inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO. Lors de l'arrivée des jésuites au XVIe siècle, le bois était alors abondant et c'est tout naturellement que les premiers habitants ont choisi ce matériau noble pour construire leurs églises. Le bois que l'on retrouve le plus souvent est l'alerce même si d'autres bois plus rares sont aussi utilisés.

Autre icône de l'architecture en bois de l'île : les fameux palafitos ou maisons sur pilotis que l'on retrouve du côté de Castro. Les premiers palafitos étaient des résidences et des magasins construits au cours du boom de l'exportation de bois depuis les ports de Chiloé à la fin du XIXe siècle. Mais suite à un exode rural lié à une épidémie, des paysans se sont approprié ces petits lopins de terre pour continuer à cultiver et à pêcher en toute tranquillité.

L'architecture européenne de San Carlos de Bariloche : surnommée "la Suisse argentine", la ville de San Carlos de Bariloche mérite bien cette comparaison. On y retrouve des paysages semblables de montagnes, forêts verdoyantes, lacs grandioses, mais la ressemblance va jusque dans les constructions citadines. Si la ville ressemble à une station de ski d'Europe centrale ce n'est pas un hasard. Construite officiellement en 1903 par Carlos Wiederhold, un ressortissant suisse, la ville a tout d'abord accueilli des immigrants italiens, autrichiens et allemands. Ces derniers ont donc laissé leurs marques notamment dans les constructions de la ville semblables à des chalets typiques de ceux que l'on voit en Suisse. Parmi les architectes notables, nous retiendrons Alejandro Bustillo. Peintre doué et architecte très sollicité, il est à l'origine de l'Hôtel Llao Llao (devenu un important centre touristique) et dessina les plans de l'église, devenue par la suite la belle cathédrale de Bariloche.

L'architecture patagonne et ses toits en tôle : ce modèle de maison, importé directement par les colons européens en période de révolution industrielle, est typique du sud du Chili et de l'Argentine. Cette architecture s'inspire des maisons des pionniers britanniques des îles Malouines. Il s'agit d'une maison en bois à la toiture en tôle ondulée (chapa). Malgré l'arrivée ultérieure de colons aux origines européennes diverses, ce système s'est vite répandu, au Chili et en Argentine bien sûr, mais aussi aux Etats-Unis et dans d'autres pays d'Amérique du Sud. Il s'agit en effet d'une architecture fonctionnaliste utilisant des matériaux bruts. Ces caractéristiques, faites de bois, de tôle et de couleurs, sont devenues même à la mode à Buenos Aires ces dernières années.

Artisanat
L'artisanat mapuche

L'artisanat patagon tourne autour de la céramique, de la laine (textiles, ponchos, couvertures, châles...), du bois (abondance d'arbres endémiques comme l'alerce, le rauli, le roble...), de la pierre ou du cuir. Plusieurs ferias (marchés) proposent des créations spécifiques, notamment à El Calafate, à Bariloche, El Bolsón ou à Ushuaia en Argentine, à Pucón, Puerto Montt et Puerto Natales au Chili.

Toutefois, l'art indigène se manifeste surtout au Chili, où subsiste la plus grande partie du peuple Mapuche. Cet artisanat concerne les textiles, la céramique, l'orfèvrerie et la vannerie. On peut regretter que la plupart des objets d'art mapuche aient disparu en raison de l'humidité ambiante dans le sud chilien.

Vannerie. Le panier (ou corbeille), appelé llepu ou balai, est l'un des exemples les plus parlants de l'artisanat mapuche. De caractère utilitaire, très résistant et d'un volume considérable, il sert à contenir ou laver du blé ou du maïs (appelé mote sous ces latitudes). Il est intéressant d'observer qu'on ne confectionne par ces paniers avec le même matériau selon la région de production : en quila à Cautin (le quila, Chusquea quila kunth, est une espèce de bambou endémique qui croît près de Valdivia et à Chiloé au Chili, ainsi que dans les provinces de Neuquén ou Río Negro en Argentine), en ñocha (famille des broméliacées) à Arauco, et en boqui pilfuco (grosse liane que l'on découvre dans les profondeurs des forêts natives) à San Juan de la Costa. La technique utilisée est toujours celles de l'aduja (tressage en forme de spirale), qui requiert une grande spécialisation et assure une fermeté à toute épreuve.

La céramique mapuche, hélas, est peu à peu en train de disparaître. Les jarres asymétriques en forme de grenouilles ou de canards, les verres et les plats n'ont pas eu la même répercussion commerciale que la vannerie. A noter que de nombreuses pièces, appelées vasijas efigie (récipient effigie) représentent des êtres humains, notamment une femme enceinte debout, les deux bras croisés sur son ventre : une allusion à la fécondité.

Le travail du bois conserve une importance capitale pour les Mapuche, soit pour les ustensiles de tous les jours (plats, cuillères, plateaux...), soit pour les masques rituels (kollón, adornés de crin de cheval).

L'argenterie mapuche joue un rôle plus spirituel : chaque objet possède une signification idoine, comme la kaskawilla, instrument magique utilisé pour éloigner les esprits malins. On réalisait aussi des boucles d'oreille (chaway), des broches (tupu et katawe), des colliers géants (kilkai)... Une légende mapuche rapporte (en Argentine) que la Lune, après une violente dispute avec le Soleil, laissa couler ses larmes brûlantes, qui se convertirent en argent.

Quant aux textiles mapuche, ils englobent couvertures, tapis, ponchos, sacs... Le fort sentiment religieux de la communauté s'y exprime également. Le vêtement traditionnel de la femme mapuche inclut le chamal ou kepal, une étoffe dont elle s'entoure, laissant l'épaule gauche à découvert ; la jupe ou trarihue qui s'attache à la ceinture, et la ikulla, un châle noir bordé de bleu. L'homme utilise traditionnellement un pantalon noir appelé chiripa ainsi que le makuñ, un poncho à l'ornementation assez simple.

La fondation Chol-Chol, près de Temuco au Chili (www.cholchol.org) propose un vaste éventail d'artisanat mapuche, dont les fameux textiles faits mains selon des techniques ancestrales.

Le folklore des autres peuples

Les autres peuples de Patagonie, qui ont pratiquement tous disparu, n'ont pas laissé le même héritage artistique. Les Selk'nam, peuple de type paléolithique, fabriquaient des outils en pierre, en os ou en bois ; ils ne cultivaient pas la terre et échangeaient des pierres pour allumer leurs feux, ou du bois pour élaborer des arcs, des flèches... Au niveau artistique, ils sont surtout connus pour leur peinture corporelle. Les Selk'nam se peignaient en noir, blanc et rouge, en suivant des motifs relativement simples. Au niveau culturel, évoquons le Klóketen ou Hain, rituel d'initiation des jeunes hommes entre 14 et 16 ans. Charles Wellington grava pour la première fois en 1907-1908 les chants des Selk'nam, si profonds. Martin Gusinde légua de magnifiques photographies, prises dans les années 1920, tandis qu'Anne Chapman réalisa un travail similaire dans les années 1960 ; elle put enregistrer la voix de la dernière chamane de pur sang indigène, Lola Kiepja (on peut découvrir cet enregistrement à la Bibliothèque nationale du Chili à Santiago).

Les Kaweskar n'ont malheureusement pas laissé un héritage considérable. La vannerie, aujourd'hui, se réduit à de petits paniers en jonc vendus aux touristes de passage à Puerto Edén. Sinon subsistent aussi le taillage d'os pour la confection de harpons et l'élaboration d'objets artisanaux divers (touristiques, là encore). La désintégration sociale que subit ce groupe ethnique a entraîné un appauvrissement - sans doute inéluctable - de l'expression musicale traditionnelle kaweskar, autrefois très riche.

Que rapporter de son voyage ?

Les plus beaux souvenirs d'un voyage en Patagonie sont les images gravées dans notre mémoire, et les superbes photos des glaciers, des massifs et de la faune autochtone. Cependant, on peut aussi rapporter de l'artisanat dans ses valises !

Bijoux en argent ou en Rhodochrosite, une pierre semi-précieuse rose, aussi appelée "rose de l'Inca", qui fait la fierté de l'Argentine.

Objets en os de mammifères marins sur la côte Atlantique.

Instruments de musique (petites guitares ou charangos).

Calebasse à mate bien sûr !

Du mate, du dulce de leche, une bouteille de pisco ou de liqueur de calafate.

Poncho, facón (couteau), boleadora (fronde), boina (bérêt)... Bref, tout l'attirail du parfait gaucho !

Pulls en laine à Chiloé, Bariloche ou Ushuaia (laine de mouton ou de guanaco).

Céramiques ou chocolats à Bariloche.

Sculptures en bois de lenga à Ushuaïa ou objets en bois dans le centre-sud du Chili.

Objets décoratifs en bronze et en cuivre en Araucanie.

Textiles et orfèvrerie mapuche.

Cinéma

En Argentine. Citons d'abord Patagonie rebelle d'Hector Oliveira (1974), chronique d'une des plus célèbres révoltes des ouvriers agricoles en Patagonie.

Carlos Sorín a dirigé plusieurs films tendres et touchants, ayant pour cadre la Patagonie, ses gens ordinaires, ses steppes fouettées par le vent, ses routes désertes, son temps comme suspendu. Après Historias mínimas (2002), Bombon el perro (2005) ou La Fenêtre (2008), Jours de pêche en Patagonie (2012) est son dernier opus. Il relate les carnets de route de Marco, quittant Buenos Aires pour venir prendre quelques jours de congés à Puerto Deseado. Une histoire simple, drôle et émouvante à la fois, qui emporte le spectateur dans les confins de l'Argentine. À noter que son premier film, La película del rey (1986), parlait d'Orélie-Antoine de Tounens, ce juriste et aventurier français du XIXe siècle, autoproclamé roi de Patagonie.

Cerro Torre, le cri de la roche (1991), de Werner Herzog, sur l'ascension du terrible Cerro Torre, dans le parc national Los Glaciares, comblera les passionnés d'escalade.

Nacido y criado de Pablo Trapero (2006) est un film âpre (une constante chez ce réalisateur qui excelle dans l'art dramatique) qui évoque la douleur de Santiago, perdu au milieu de la Patagonie blanche et glacée, après un drame familial qui a bouleversé sa vie. Salamandra, enfant de Patagonie de Pablo Agüero (2007) raconte les aventures d'Alba et de son fils Inti (à travers le regard de celui-ci) dans l'Argentine post-dictatoriale des années 1980, au sein de la vallée " hippie " d'El Bolsón. Sorti en 2010, le film Patagonia, au titre plus qu'évident, est réalisé par Marc Evans, réalisateur gallois. Il raconte l'histoire d"Y Wladfa", la colonie galloise établie en Patagonie. Un excellent film aux airs de roadmovie qui souligne à merveille la quête identitaire des jeunes colons fraîchement débarqués en terre inconnue.

Dernièrement, deux films notables ont pris place dans les décors majestueux de la Patagonie argentine. Le Médecin de famille de Lucía Puenzo (2013), adapté de son roman Wakolda, se déroule à Bariloche en 1960 et suit les pas d'une famille persuadée d'avoir affaire à Josef Mengele, ancien médecin nazi réfugié en Argentine. Jauja (2014), de Lisandro Alonso avec Viggo Mortensen, est un " western patagon " ayant pour cadre la conquête du désert (1879-1881).

Côté documentaire, Patagonie, les couleurs de la discorde (2010) de José Maldavsky décrit la confrontation entre une famille mapuche et Benetton : les premiers veulent récupérer leurs terres ancestrales, tandis que la marque aux couleurs entend bien faire prospérer celles-ci dans une pure vision capitaliste. Patagonia, terre du sud et ses six volets sont une excellente entrée en matière pour connaître les différents visages de la Patagonie argentine : mammifères marins, oiseaux du littoral, grottes préhistoriques, glaciers, volcans...

Enfin, les plus jeunes pourront se familiariser avec la faune patagonne (guanacos, manchots, etc.) devant les courts dessins animés Caminandes, de Pablo Vazquez (www.caminandes.com). 

Au Chili. Mi mejor enemigo d'Alex Bowen (2005) plante le décor pendant la guerre froide entre le Chili et l'Argentine dans les années 1970 (en 1978 exactement, à propos d'îles perdues au milieu du canal de Beagle). Le film, assez drôle par moments, tourne autour d'un fait divers : une patrouille chilienne et une patrouille argentine s'égarent près des frontières de leur pays respectif et doivent s'entraider pour survivre.

Dawson : Isla 10 de Miguel Littín (2009) évoque les huit mois d'emprisonnement de plusieurs dirigeants de l'Unité populaire, le parti de l'ancien président Allende, dans la prison de Isla Dawson, située à 100 km au sud de Punta Arenas. En 2000, le même Miguel Littín réalisait Tierra del Fuego, épopée historique d'après une nouvelle de Francisco Coloane sur la ruée vers l'or en Terre de Feu et la figure controversée de Julius Popper.

Autre fresque historique, Patagonia de los Sueños, de Jorge López Sotomayor (2014), se base sur le journal de Chantal Rouquaud pour dépeindre les rêves et tragédies des premiers colons de la Patagonie chilienne dans la seconde moitié du XIXe siècle. Fin 2017 sortait Rey, l'histoire du français qui voulait devenir roi de Patagonie qui retrace l'histoire vraie d'Antoine de Tounens, avocat français qui rêvait de devenir roi de Patagonie au milieu du XIXe siècle. Ce deuxième long-métrage du réalisateur Niles Attalah (à la double nationalité américaine et chilienne) reçoit le Prix du Jury 2017 au festival de Rotterdam.

On appréciera aussi le documentaire Chiloé, terre de légendes du français Jérôme Biarrat (2006), entre légendes et réalités, ou encore L'expédition Ultima Patagonia, du spéléologue Luc-Henri Fage (2001), qui nous fait découvrir l'Isla Madre de Dios, dans la région de Magallanes et de l'Antarctique chilien, l'une des dernières terrae incognitae du monde.

Des Oscars pour le cinéma argentin

Vingt-quatre ans après son compatriote Luis Puenzo, qui avait raflé la statuette en 1986 avec son film L'Histoire officielle, le cinéaste Juan José Campanella réédite l'exploit en remportant l'oscar 2010 du meilleur film étranger. Son long métrage El Secreto de sus ojos (Dans ses yeux) aborde lui aussi la période de la dictature militaire, plus indirectement, en dénonçant le déni de justice et l'impunité totale dont jouissait n'importe quel petit indic du régime. En signant ce thriller politico-sentimental efficace, le réalisateur fait montre de toute la technique qu'il met en oeuvre depuis quelques années à la télévision américaine, où il a réalisé plusieurs épisodes de séries à succès comme Dr House.

Le cinéaste n'en est pas à son premier essai, puisque ses précédents longs-métrages, El Mismo Amor, la Misma Lluvia (1999), Le Fils de la mariée (2001) ou Luna de Avellaneda (2004), furent également de grands succès. Deux de ses acteurs fétiches, Ricardo Darín et Soledad Villamil, tiennent les premiers rôles de Dans ses yeux. En 2010, à l'occasion du bicentenaire de l'Argentine, Campanella réalise le film Belgrano, un biopic sur l'un des grands acteurs de l'indépendance du pays. En 2012, le cinéaste s'attaque au cinéma d'animation avec son film Metegol.

Littérature

Les premiers récits évoquant la Patagonie sont bien sûr le fait des grands navigateurs. Antonio Pigafetta, l'un des dix-huit rescapés du premier tour du monde entrepris par Magellan, publie une oeuvre majeure avec son carnet de voyages en 1524, donnant naissance à la légende des Patagons. Il rédige aussi un Vocable des géants de Patagonie, en fait le premier dictionnaire des Tehuelche. John Byron publie son superbe Naufrage en Patagonie après ses terribles mésaventures aux confins du monde dans les années 1740. Charles Darwin rapporte son séjour en Terre de Feu, à Magellan et à Chiloé entre 1831 et 1836 dans son Voyage d'un naturaliste autour du monde, dans lequel il décrit les plantes, les animaux, les fossiles... tout en se permettant quelques facilités un peu regrettables sur les habitants de ces régions lointaines.

Puis vient le temps des romanciers. Jules Verne publie trois romans qui s'inspirent des découvertes de la fin du XIXe siècle : Le Phare du bout du monde, En Magellanie et Les Naufragés du Jonathan. Antoine de Saint-Exupéry publie Vol de nuit en 1929, suite à son voyage en Patagonie pour ouvrir la route de l'Aéropostale en Amérique du Sud. En 1977, Bruce Chatwin publie En Patagonie, un livre-culte pour tous les amoureux de cette contrée lointaine. Il est suivi par Paul Edward Theroux, qui publie Patagonie Express en 1979, récit de son voyage en train des Etats-Unis jusqu'en Patagonie.

Le grand écrivain chilien Francisco Coloane évoque de manière magistrale la vie de ces hommes du bout du monde dans la plupart de ses ouvrages (à découvrir absolument !). Dans un registre proche, Luis Sepúlveda dans son roman Le monde du bout du monde nous emmène à la poursuite des baleines dans le détroit de Magellan. Lire aussi son Patagonia Express et ses Dernières nouvelles du Sud.

Jean Raspail romance la vie du roi auto-proclamé d'Araucanie dans son génial Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie, en 1981, puis des Alakalufs dans son Qui se souvient des hommes... en 1986.

Patricio Manns, avec son Cavalier seul (1999) nous livre un très beau roman picaresque sur le chercheur d'or Julio Popper qui, à la fin du XIXe siècle, établit une véritable dictature en Terre de Feu et massacra les indiens Onas. Récemment, le best-seller Mapuche (2012) de Caryl Férey nous propose un roman dont l'héroïne mapuche évolue dans les zones sombres de l'Argentine.

La Patagonie au travers de quelques auteurs

Bruce Chatwin. Cet écrivain britannique (1940-1989) a publié un récit de voyage majeur sur la Patagonie : En Patagonie. Atteint du sida, il n'aura hélas pas eu le temps de nous en raconter davantage sur cette région du monde qui l'attirait tant.

Francisco Coloane. Ce grand écrivain chilien, né à Quemchi à Chiloé en 1910 et mort à Santiago en 2002, a chanté la beauté simple et brute de la Patagonie comme nul autre. Jeune homme, lors de son séjour à Magallanes et en Terre de Feu, il réalisa divers métiers : gardien de mouton, chercheur de pétrole, marin et dresseur de chevaux sauvages... Ces expériences marquèrent ses écrits à jamais. En 1964, il obtint le Prix national de littérature et il fut nommé chevalier des Arts et des Lettres en France (où les critiques le comparent à Jules Verne, Melville ou Conrad).

Jean Raspail. La Patagonie a profondément marqué l'écrivain et explorateur français. Avec son Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie (1981), grand prix du roman de l'Académie française, il a retracé avec brio cette histoire vraie rocambolesque et s'est proclamé non sans-humour consul général de Patagonie. En 1986, La Patagonie sera encore à l'honneur dans Qui se souvient des hommes... En 2001, il écrit Adiós, Tierra del Fuego, où il livre des souvenirs émouvants et érudits sur les temps anciens des découvertes et la réalité d'aujourd'hui, la fuite du temps et la disparition de peuples millénaires...

Luis Sepúlveda. Luis Sepulveda est un écrivain chilien né à Ovalle en 1949. Proche d'Allende dans sa jeunesse, il milite très jeune dans les Jeunesses communistes. Mais à l'âge de 25 ans, il sera condamné à 28 ans de prison par le régime militaire de Pinochet. Il fut accusé notamment de trahison de la patrie, de conspiration subversive et d'appartenance aux groupes armés. Il sera libéré deux ans et demi plus tard par Amnesty International. Son amour du voyage, ses engagements révolutionnaires et ses convictions tant politiques qu'environnementales le poursuivent jusqu'au Pérou et en Colombie où il s'engage auprès de mouvements protestataires. L'année qui suit sa libération, il part chez les indiens Shuars dans le cadre d'un programme pour l'UNESCO. Lorsqu'il revient de cette année d'immersion en Amazonie, il écrit son premier roman Le Vieux qui lisait des romans d'amour. C'est un succès international, traduit en 35 langues. S'ensuit alors une dizaine de romans parmi lesquelles Les Roses d'Atacama, Journal d'un tueur sentimental ou encore Un nom de torero. Allemand puis espagnol d'adoption, il vécut en Europe, notamment à Hamburg puis à Paris, il s'est finalement installé à Gijon en Espagne il y a un peu plus de vingt ans. La Fin de l'Histoire, son dernier romain, est un polar contant l'histoire noire et les heures sombres de la dictature chilienne. Il y révèle certaines facettes de cette époque et plonge le lecteur dans un récit remplit de suspense et d'action.

Tous ces livres sont marqués par son engagement politique et environnemental. A travers ses écrits, il évoque beaucoup la Patagonie, notamment dans son ouvrage Dernières nouvelles du Sud, qui évoque son voyage en 1996 avec le photographe Daniel Mordzinski. On y découvre les réalités historiques et quotidiennes de cette région ainsi qu'anecdotes et légendes qui persistent encore aujourd'hui. Dans son roman de 1994, Patagonia Express, il rend hommage à Francisco Coloane qui lui a transmis l'amour de la Patagonie. On y rencontre une foule de personnages uniques et attendrissants aux vies plus ou moins folles. Le livre se termine d'ailleurs par les mots suivants : "Je ne serai plus jamais seul. Coloane m'avait donné ses fantômes, ses personnages, les indiens et les émigrants de toutes les latitudes qui vivent en Patagonie et en Terre de Feu, ses marins et leurs marins errants. Ils m'accompagnent tous et me permettent de dire à voix haute que vivre est un merveilleux exercice". Enfin, bien que le pays soit son pays natal, il n'a recouvert la nationalité chilienne qu'en mai 2017.

Paul Edward Théroux. Cet écrivain américain né en 1941 est surtout connu pour ses récits de voyage, dont Railway Bazar (un périple en train de Grande-Bretagne au Japon) et Patagonie Express (même aventure des Etats-Unis en Patagonie). D'humeur caustique, il a laissé des impressions aiguisées sur les paysages traversés et les gens rencontrés.

La littérature mapuche

Comme pour presque tous les peuples " originels ", elle se manifeste avant tout par une tradition orale. Chez les Mapuche, le Nütram est la conversation où s'entremêlent rites, recettes médicinales et histoires de disparus ou de parents.

Aujourd'hui, on peut évoquer une certaine poésie mapuche, au travers de personnalités comme Leonel Lienlaf, Elicura Chihuailaf, Jaime Huenún, Graciela Huineo ou Bernardo Colipán.

Médias locaux
Musique

En Patagonie argentine, on essaie de conserver tant bien que mal un patrimoine indigène que les autorités gouvernementales du pays ont tout fait pour supprimer : loncomeo, cordillerana, chorrillero, kaani comptent parmi les chants et danses autochtones. L'un des instruments locaux est le kultrún (percussion), une caisse en forme de cône que l'on percute avec une baguette. Rubén Patagonia, natif de Comodoro Rivadavia, est le chantre d'une musique folklorique (folklore) patagone.

Musique et danse mapuche. La musique et la danse sont des composantes primordiales de la vie quotidienne chez les Mapuche. Elles leur permettent d'exprimer une peur, une allégresse ou des remerciements à leur divinité ; ou alors de manifester un désir érotique, une promesse de guerre, de célébrer une naissance, une mort, une bonne récolte. Les Mapuche ont des mélodies idoines pour travailler, dormir, enterrer leurs morts ou jouer ensemble. Certaines ne sont jouées qu'en dansant lors de cérémonies particulières (Machitún, Lepún et Nguillatún, par exemple). La musique mapuche est le plus souvent religieuse : on chante et on danse pour honorer Ngenechén, la divinité absolue.

On utilise des instruments assez élémentaires : le chant, la percussion (kultrún) et la trutruca, sorte de trompette en canne de coligüe (ou kuliw, une espèce de bambou autochtone) se terminant par une corne, au son grave et strident. La musique mapuche se caractérise notamment par l'utilisation du kultrún, un tambour cérémoniel ; il représente la cosmovision de la communauté, les éléments matériels et immatériels, la structure symbolique, les quatre divisions de la plateforme terrestre orientée selon les quatre points cardinaux (Meli Witran Mapu). La croyance mapuche dit que la " sorcière " (machi) transmet sa voix et son énergie au kultrún, avec lequel elle s'identifie.

D'autres instruments de musique traditionnels sont le pifilka, un sifflet d'un seul orifice, au son très aigu (il représente le ñandu appelant sa progéniture), la kaskawilla, un instrument en bronze, et le piloilo (en pierre ou en os), qui possède plusieurs trous à la différence du pifilka.

A Chiloé, le folklore espagnol a été bien préservé : pericona, pasacalles, valse chilote, trastasera...

La Patogallina

Cette compagnie, née en 1996, propose de beaux spectacles mêlant théâtre, vidéo et musique. Elle joue souvent dans les rues et leur spectacle " El Húsar de la Muerte ", en 2000, connut un certain succès à l'étranger, notamment en Argentine, au Brésil, en Espagne et en France. Leur spectacle " 1907, El Año de la flor negra " fut présenté au Festival de Bayonne et Biarritz. Leur dernier (et septième) spectacle, " Extranjero, el último Hain ", inauguré en 2011, évoque les péripéties des 11 Selk'nam arrachés à la Patagonie lors du centenaire de la Révolution francaise, et emmenés en France à l'occasion de l'Exposition universelle de 1889 (puis à Bruxelles et à Londres), dans le cadre de ce qu'il convient d'appeler un véritable zoo humain.

En 2016, la compagnie fêtait ses 20 ans de vie et présentait son nouveau travail en collaboration avec le Musée de la Mémoire et des Droits de l'Homme pour la commémoration du centenaire de Violeta Parra. Les artistes du collectif rendent hommage à travers un spectacle de rue à cette célèbre artiste chilienne qui a tant mis à l'honneur la musique populaire et traditionnelle du pays. A travers un spectacle instructif et émouvant, ils reviennent sur les différents âges de la compositrice et les éléments marquants de sa vie. Ils étaient en représentation dans tout le Chili fin 2017. On peut en savoir plus en consultant www.lapatogallina.cl (le site n'est pas forcément mis à jour).

Peinture et arts graphiques

La période précolombienne. Les principales cultures précolombiennes de Patagonie n'ont pas atteint un haut stade de développement, tant social, économique que culturel comparativement aux indigènes du nord-ouest de l'Argentine (dont les techniques de la céramique, des métaux et des textiles étaient beaucoup plus avancées). Cependant certaines cultures primitives laissèrent leur témoignage dans des grottes, notamment le long de la cordillère des Andes, comme la Cueva de las Manos au sud de la ville de Perito Moreno sur la route d'El Chaltén par exemple. Il s'agit d'un lieu où règne une atmosphère absolument unique : la grotte est recouverte de mains négatives (les indigènes avaient alors appliqué un pigment sur leurs mains qu'ils posaient ensuite sur la paroi rocheuse). Les plus vieux témoignages de peinture rupestre remontent à environ 13 000 ans et représentent notamment des scènes de chasse.

Période coloniale. Comme en Europe, la période coloniale se caractérise par une prédominance de l'art religieux. La plupart des artistes qui travaillaient alors en Argentine et au Chili étaient originaires d'Italie ou d'Espagne ; les oeuvres étaient soit directement importées d'Europe pour orner une église ou un monument religieux, soit réalisées sur place. La Compagnie de Jésus, jusqu'à son expulsion à la fin du XVIIIe siècle, participa en premier lieu à la diffusion de l'art chrétien en Amérique latine, autant pour les édifices religieux que civils. L'un des maîtres les plus fameux était Andrés Bianchi (1677-1740), mais on ne saurait oublier Florián Paucke (1719-1789), dont les mémoires sous forme d'aquarelles sont conservées en Autriche : celles-ci se révèlent l'un des témoignages les plus émouvants sur l'Argentine coloniale, ses habits, ses soldats, ses coutumes, ses indigènes, son quotidien, ses labeurs, sa flore, sa faune... Une somme de croquis très intéressants. Au Chili, l'art colonial se nourrissait également de la religion et avait pour but, comme le théâtre, d'évangéliser.

De l'indépendance au début du XXe siècle. Il est évident que l'effervescence politique et sociale qui caractérise la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle va profondément influencer l'art chilien et argentin. Le religieux fait moins recette, mais les portraits et les paysages du terroir prennent une ampleur sans précédent. A cette époque, de nombreux artistes étrangers viennent visiter l'Argentine, et beaucoup d'entre eux ont laissé des représentations exemplaires de la vie d'alors. Citons Emeric Essex Vidal (1791-1861), dont les aquarelles comptent parmi les plus enthousiasmantes du continent. Ou alors Carlos Enrique Pellegrini (1800-1875), qui laissa des toiles profondes sur Buenos Aires et des scènes coutumières de rue. Au Chili, après l'indépendance, un art "républicain" exempt d'inspiration voit le jour. Les peintres nationaux travaillent sur commande pour orner des musées et sont payés pour exécuter des portraits de familles aristocratiques. Mais il existe des artistes qui échappent à ce courant de médiocrité et qui redonnent un souffle nouveau à la peinture chilienne. C'est le cas de la génération dite de 1913, dans laquelle on retrouve des peintres tels que Pedro Luna, Agustin Abarca, Beatrix, etc. Leurs peintures représentent une forme avancée et tardive de l'impressionnisme français, avec des nuances et des particularités spécifiquement chiliennes.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
  • Réservez un ferry
  • Location de moto
  • Taxi et VTC
hebergement
  • Tourisme responsable
  • Réservez un hôtel
  • Location de vacances
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyagez sur mesure
Sur place
  • Assurance voyage
  • Activités Funbooker
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité

Adresses Futées de Patagonie

Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un week-end de ski dans les 3 Vallées pour 2 personnes !

Un séjour d'hiver dans le Domaine des 3 Vallées avec l'Office du Tourisme de Brides-les-Bains