Guide de CHICAGO : Population et langues

Origine de la population

L'origine de la population des Grands Lacs est, à l'image de l'origine de la population des Etats-Unis dans sa globalité, multiple.

Les Français qui découvrirent la région furent les premiers à s'y implanter, alors que des amérindiens, essentiellement les tribus des Chippewas, des Menominees, des Illinois et des Hurons, y étaient déjà implantés. Les pionniers, principalement des hommes, se marièrent avec des femmes indiennes, et engendrèrent ainsi une population métissée que l'on retrouve aujourd'hui davantage au Canada qu'aux Etats-Unis, en raison des mouvements de la population qui eurent lieu à la suite de l'éviction des Français hors du nouveau territoire américain.

Par la suite, les Européens vinrent peupler la région, fuyant les oppressions politiques et religieuses et motivés par la quête d'une vie meilleure et d'une terre promise, où une nouvelle vie serait enfin possible. Le travail ne manquait pas : avec l'arrivée du train à Chicago en 1850, des dizaines de milliers de travailleurs, la plupart irlandais, déferlèrent dans la ville pour développer ce secteur économique en pleine croissance.

A la fin de la guerre civile, en 1865, une grande quantité de Noirs américains, désormais libres, fuirent les champs de coton des Etats du Sud pour commencer une nouvelle vie dans les quartiers sud de Chicago. Principalement venus d'Alabama et du Mississippi, ils suivirent logiquement la ligne ferroviaire qui remontait vers le nord et le Midwest.

Parallèlement, le Wisconsin accueillit des vagues d'immigrés allemands pendant la deuxième partie du XIXe siècle, et le Minnesota des vagues d'immigrés scandinaves (l'accent des habitants du Minnesota est d'ailleurs facilement reconnaissable à sa mélodie chantante et à ses accents toniques fortement appuyés). Les Italiens et les Slaves immigrèrent eux aussi en grand nombre dans les villes. Après les réformes sur l'immigration des années 1960, les villes ont vu grandir les populations d'origines asiatique et latine, qui se sont organisées en des communautés très structurées.

L'immigration joue toujours un rôle important dans l'accroissement démographique des villes, notamment à Chicago puisque 20,6 % de la population de la ville est immigrée. Sachez que l'Illinois est le septième Etat à accueillir le plus d'immigrés, après la Californie, New York, la Floride, le Texas et le New Jersey.

Répartition géographique

La population des Grands Lacs n'a cessé de s'accroître depuis la colonisation de la région par les Européens au XVIIIe siècle. Les chiffres actuels pour la région entière, couvrant les Etats du Michigan, Minnesota, Wisconsin, Illinois, Ohio, Indiana et Pennsylvanie, tournent autour des soixante millions d'habitants, soit un cinquième de la population totale des Etats-Unis. La majeure partie de cette population est concentrée dans des grands centres urbains comme Chicago (2,7 millions), Detroit (700 000 - 1 million d'habitants avant la crise financière de 2008) ou Minneapolis/Saint-Paul (700 000).

Le nord de la région est bien moins peuplé, et ce pour des raisons climatiques et physiques. D'une part, les températures sont beaucoup plus froides quand on monte vers le nord, et, d'autre part, la terre y est beaucoup moins exploitable. Dans les campagnes du Wisconsin, les propriétés agricoles sont très vastes mais très peu peuplées.

Une caractéristique de la région des Grands Lacs sont les mouvements de population vers le nord et les régions moins peuplées pendant les vacances ou les week-ends.

De nombreuses personnes habitant les grandes villes possèdent des maisons secondaires dans les zones du Nord comme le Nord-Wisconsin ou le nord du Minnesota.

Au cours de ces dix dernières années, le phénomène de désertion des centres-villes par les populations aisées qui allaient vivre dans les beaux quartiers périphériques s'est inversé. Désormais, les centres-villes sont remis en valeur, des parcs sont créés et des réseaux de transports en commun plus denses sont lentement mis en place. Avec l'augmentation de la population, la durée des trajets en voiture s'est considérablement rallongée, et il est désormais difficile de vivre à plus de 10 km du centre-ville si l'on y travaille. Dans le centre de Chicago, ce mouvement de réappropriation du centre-ville par les populations aisées est facile à constater, surtout dans les quartiers du West Loop, du South Loop, de River East, et même du Loop où des grands calicots annoncent la réfection et la vente d'anciens bâtiments laissés à l'abandon. Les opérations immobilières ont le vent en poupe, et les " condominiums ", appartements en vente, se comptent par dizaines.

La pyramide des âges américaine est très amincie à la base et plutôt large en son sommet, ce qui signifie que la population est vieillissante. La population des plus de 50 ans augmente tandis que les naissances stagnent. Si l'accroissement de la population est pourtant constant, il faut en rechercher les causes dans le phénomène d'immigration.

Au niveau des Etats-Unis en général, l'espérance de vie des hommes est de 75,6 ans, celui des femmes est de 80,8 ans, le taux de croissance de la population est de 0,89 %, le taux de natalité de 14,2 ‰, et le taux de mortalité de 8,34 ‰. Dans les Grands Lacs, la population a tendance à diminuer, avec les délocalisations des entreprises vers le sud et la fuite des marchés vers les pays du tiers-monde dans les années 1980. Cependant la population urbaine reste très élevée, et ce sont surtout les campagnes qui se vident.

Les minorités de Chicago

En 2016, on estime la population de Chicago à 2 705 000 habitants - à noter qu'elle est la seule grande ville des Etats-Unis dont la population a diminué ces derniers années, la récession économique ayant frappé durement la région. Les chiffres officiels comptent alors 31,7 % de Blancs, 32,9 % de Noirs, 28,9 % d'Hispaniques et 5,5 % d'Asiatiques. Ce sont les populations d'origine hispanique et asiatique qui ont le plus augmenté au cours des vingt dernières années.

Le grand problème de Chicago reste le sort des populations noires des quartiers sud. Jusque dans les années 1980, la communauté noire était une communauté très structurée, où l'emploi était assuré pour tout le monde. Aujourd'hui, les quartiers sud font partie des quartiers les plus pauvres des Etats-Unis, la violence et les trafics en tout genre ont fait leur apparition, le taux d'alphabétisation est au plus bas, le nombre d'enfants scolarisés reste en dessous des 50 %. Même si des emplois tentent d'être créés, la ville de Chicago ne s'implique pas assez aux yeux des habitants, comme elle devrait le faire pour venir en aide à une population et un quartier qui ont été les moteurs économiques de la ville.

Langue

La langue officielle est l'anglais, ou l'anglais américain, qui se différencie de l'anglais britannique par l'orthographe de certains mots, par un vocabulaire parfois différent, mais surtout par un accent bien plus nasillard qu'outre-Manche.

Le dernier recensement en 2006 montre que 73 % de la population de Chicago parle uniquement l'anglais, 15 % parle l'espagnol, 7,5 % parle d'autres langues indo-européennes (français, allemand, hindi, perse...), et 3 % parlent une langue asiatique.

Chicago diffère des grandes villes comme New York City ou Los Angeles, dont la population ne parlant pas anglais est bien plus importante.

Detroit, Prairie du Chien, Fond du Lac, La Crosse, Grand Portage, Grand Marais, Eau Claire... Si le français n'est guère parlé dans la région, il est amusant de traverser des villes au nom familier, baptisées au temps des explorateurs français venus de Nouvelle-France, l'actuel Canada.

Quelques chiffres sur l'immigration aux Etats-Unis

13,2 % de la population américaine est immigrée, soit 43,3 millions sur une population totale de 326 millions. Sur ces 43,3 millions, 20,7 millions sont naturalisés citoyens américains.

Entre 1990 et 2015, l'immigration aux Etats-Unis a plus que doublé, de 19,8 millions à 41,5 millions, soit de 7,9 % à 13 %. Environ 1,9 millions d'immigrants arrivent aux Etats-Unis chaque année. Pourtant, si ces chiffres paraissent élevés, ils sont bien plus bas que lors des pics historiques d'immigration. Entre 1860 et 1920, l'immigration excédait continuellement plus de 13 %.

L'immigration illégale des Mexicains aux Etats-Unis, sujet de prédilection de Trump pendant sa campagne présidentielle, diminue chaque année. Entre 2009 et 2014, on estime qu'un million d'immigrants illégaux sont retournés au Mexique, contre 870 000 qui sont arrivés aux Etats-Unis. Leur population en 2016 avoisinerait les 5,6 millions, contre 7 millions en 2007 (année record). Au total, on compterait environ 11 millions d'immigrants illégaux, toute nationalité confondue, aux Etats-Unis.

Adresses Futées de CHICAGO

Où ?
Quoi ?
Avis