Guide de La Réunion : Population et langues

Population
Démographie et évolution

La population de l'île au 1er janvier 2018 est de 862 300 habitants, selon les dernières estimations de l'INSEE. C'est le plus peuplé des départements d'outre-mer et le 25e de France. Avec une densité de 340 habitants par km², soit 3 fois plus qu'en métropole et autant qu'au Japon, les zones résidentielles de La Réunion sont d'autant plus concentrées que 80 % de la population habite sur le littoral, où la densité atteint 1 000 habitants au km², soit autant que la région parisienne. L'intérieur de l'île est faiblement habité.

De 6 enfants par femme dans les années 1960, on est passé à 2,43 enfants par femme aujourd'hui, c'est-à-dire un taux presque idéal de renouvellement des générations, situant La Réunion en deuxième position des départements français en terme de fécondité, derrière la Guyane (3,5). Toutefois le taux de fécondité chez les mineures reste 6 fois plus important qu'en métropole.

Migrations Réunion - Métropole

78 500 habitants sont nés hors de La Réunion (dont 51 790 en métropole), un effectif qui s'accroît rapidement. A l'inverse, environ 200 000 personnes nées à La Réunion vivraient en métropole, un chiffre qui augmente assez rapidement lui aussi. Les mouvements de population sont nombreux et plutôt stables puisque l'INSEE recense autant de départs en métropole que d'arrivées de métropole entre 2001 et 2007, soit environ 35 000 personnes. Seul bémol, les arrivants dans le département sont en moyenne plus âgés que les sortants. Près d'un tiers (31 %) des sortants ont entre 18 et 24 ans, alors que plus de 60 % des arrivants ont entre 25 et 59 ans.

Problèmes en vue

Le taux de fécondité actuellement de 2,43 enfants par femme assure le renouvellement des générations, mais n'empêche pas la fin de la résorption de la forte natalité des années 1960 sur la pyramide des âges. C'est-à-dire que la population va continuer d'augmenter pendant cette décennie, pour se stabiliser vers 2030 avec un million d'habitants.

Chômage et surpopulation en perspective

Les prévisions démographiques prévoient près d'un million d'habitants en 2030. Il faut donc construire d'ici là, 250 000 logements, créer 300 000 emplois, des kilomètres d'autoroutes et de transports en commun, et s'attendre à payer des retraites énormes, mais moins d'écoles  : en 2030, la population réunionnaise commencera déjà à vieillir...

Et si La Réunion était trop peuplée, et certaines zones de France pas suffisamment ? Certains y ont pensé dans les années 1960. Michel Debré aurait ainsi fait "  déporter  " 1 630 enfants réunionnais entre 1963 et 1982, arrachés à leur famille ou orphelins afin de repeupler la Creuse. Appelés les " enfants de la Creuse ", les victimes de cet exil forcé ont porté plainte contre l'Etat en 2005. En 2014, l'Assemblée nationale reconnaît la responsabilité morale de l'Etat dans cette migration forcée. Une résolution parlementaire à l'initiative de la député réunionnaise Ericka Bareigts.

Répartition

La plus grande ville de La Réunion (et de l'outre-mer) est Saint-Denis, au nord de l'île. Avec près de 146 100 habitants, la préfecture de la Région est un véritable pôle d'attraction de l'océan Indien. Les zones les plus urbanisées de l'île sont situées entre Saint-Denis et Saint-Pierre pour la côte Ouest, et entre Saint-Denis et Saint-Benoît côte Est. Le pourtour de l'île est parcouru par une route nationale le long de laquelle villes et villages se développent. Les communes les plus peuplées après Saint-Denis sont Saint-Paul (106 104 habitants), Saint-Pierre (82 552 habitants), et Le Tampon (77 782 habitants). Mais cette répartition par commune ne reflète pas vraiment la taille des villes, car chaque territoire communal regroupe plusieurs villes et villages. Par exemple, Saint-Paul, une des plus grandes communes de France, englobe Saint-Paul centre, Saint-Gilles (l'Ermitage, les Hauts, les Bas), La Saline (les Hauts, les Bas) et des tas de petits villages plus ou moins enclavés dont il est difficile d'estimer la population. Saint-Pierre est secondée par Le Tampon, qui est presque sa banlieue résidentielle, et cumule en tout près de 150 000 habitants  : on peut donc la considérer comme la deuxième agglomération la plus peuplée de l'île.

La majorité de la population gravite autour des deux grands pôles  : au Nord, on s'entasse sur Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Clotilde, au Sud, sur Saint-Pierre et Le Tampon. L'Ouest, région touristique et ensoleillée, s'organise autour des agglomérations du Port, Saint-Paul, Saint-Gilles, Saint-Leu. L'Est, essentiellement agricole, gravite autour de Saint-André (56 320 habitants) et Saint-Benoît (38 070 habitants).

Tout ce qui n'est pas près du littoral est considéré comme les Hauts. Plus on gagne en altitude, plus la population est rurale. Impossible de donner des chiffres, puisque chaque village des Hauts dépend d'une ville des Bas. Les plus gros villages des Hauts sont presque des villes  : Trois-Bassins, Saint-Gilles-les-Hauts, Les Avirons, Le Tampon disposent de véritables centres-villes urbanisés. Les plus petits villages, des groupes de quelques habitations, sont nommés "  îlets  ". Ils ne se composent parfois que de quelques habitations familliales, perchées au bord d'une falaise, ou nichées au fond d'une vallée, entre rempart et rivière. A l'intérieur de l'île, les trois cirques sont habités. Salazie est le plus peuplé avec ses 8 000 habitants et sa route qui relie le village de Salazie à la quatre-voies en 20 minutes. Ses habitants gravitent autour de trois villages importants, Salazie, Hell-Bourg et Grand-Ilet, et quelques autres îlets. Cilaos, plus isolé, se gagne depuis Saint-Louis en plus d'une heure par une route tortueuse, soit près de 2h30 de route depuis Saint-Denis. La ville de Cilaos est assez importante et regroupe presque toute la population du cirque (estimée à 5 400 habitants). Mafate, enfin, ne possède pas de route carossable  : on ne s'y rend qu'à pied ou en hélicoptère. 800 habitants se répartissent dans plusieurs villages, le principal étant La Nouvelle. Les Hautes Plaines sont peuplées de quelques milliers d'habitants avec les villes de La Plaine-des-Cafres et de La Plaine-des-Palmistes.
On trouve également plusieurs villes d'importance entre Saint-Pierre et Saint-Benoît en faisant le tour du volcan  : Saint-Joseph (37 917 habitants), Saint-Philippe (5 153 habitants). Les zones désertiques de La Réunion sont bien sûr le volcan, la forêt de Bébour-Bélouve et, en gros, toutes les zones situées à plus de 1 500 m d'altitude.

Communauté

D'après la loi française, il est formellement interdit de recenser les ethnies. Cela serait de toute façon impossible à La Réunion, la population étant bien trop métissée pour être " catégorisée ". La diversité est si ancienne que l'on ne s'étonne plus de voir deux parents blancs mettre au monde un enfant noir ou inversement. Pour se donner un ordre d'idée, mais sans aucun préjugé racial, des estimations ont compté environ 45 % de Cafres (les Noirs), 25 % de Malbars (Indiens tamouls), 15 % de Créoles blancs, 10 % de Zoreilles (métropolitains), 3 % de Chinois, 3 % de Zarabes (Indiens musulmans). Quant aux religions, nous n'avons encore que des estimations. Si on leur demande à quelle religion ils adhèrent, les Réunionnais sont, dans l'ordre, essentiellement chrétiens, hindouistes et musulmans. On trouve une petite proportion de juifs, bouddhistes et autres.

La répartition géographique est plus facile à évaluer, mais jamais mono-ethnique. Pas plus de quartiers noirs que de quartiers blancs, mais une prépondérance localisée de certaines ethnies suivant les régions. Les Zoreilles sont très présents dans l'Ouest, les Malbars dans l'Est, les Yabs (Petits Blancs des Hauts) et Cafres dans les Hauts et les cirques. Les Chinois et les Zarabes vivent un peu partout.

Les métissages de La Réunion sont enracinés dans une histoire bigarrée et tumultueuse. Inhabitée jusqu'en 1646, l'île fut d'abord peuplée de colons blancs français et d'une population déportée d'Afrique de l'Est et de Madagascar, esclaves recrutés pour oeuvrer dans les plantations (les " Cafres ").

Cafres, Blancs et Créoles blancs. Les descendants des grands exploitants blancs sont nommés "  Gros Blancs  ", par opposition aux "  Petits Blancs  " ou "  Yabs des Hauts  ", petits propriétaires ruinés par les crises successives du XIXe siècle, partis chercher un meilleur avenir dans les Hauts. L'importation massive d'esclaves de Madagascar et d'Afrique de l'Est se prolonge jusqu'à l'arrivée des Anglais en 1810. Aujourd'hui, les Cafres et les Créoles blancs ou métissés constituent l'essentiel de la population réunionnaise, décrivant toute une gamme de " couleurs ", du noir d'ébène au roux "  gardien volcan  ".

Malbars. Après l'abolition de l'esclavage en 1848, le métissage s'amplifie et se diversifie avec l'arrivée de travailleurs indiens " engagés ", provenant de la côte Malabar (l'actuel Tamil Nadu) et recrutés, moyennant un salaire modique et selon un système proche de l'esclavage, pour travailler sur les plantations : c'est " l'engagisme ". Plus de 100 000 Malbars (terme familier désignant les Indiens hindous) débarquent sur l'île entre 1848 et 1882 (date de l'interdiction du recrutement des engagés), ainsi que des engagés venus de Bombay ou Calcutta.

Leur intégration à la population réunionnaise à la fin du XIXe siècle est une histoire longue et douloureuse, ponctuée de désertions et de révoltes. Nombre d'entre eux furent notamment contraints de se convertir à la religion catholique. Mais ils n'oublièrent pas pour autant leurs coutumes et la plupart sont encore à la fois hindous et chrétiens. Ils sont très implantés dans l'Est, où beaucoup de temples sont bâtis au bord des rivières, l'eau étant un élément sacré. Saint-André est leur fief, il y a même un lieu de culte au milieu de la quatre-voies en guise de bienvenue. Beaucoup de descendants d' " engagés " vivent également à Saint-Louis, ou se trouve un ashram, et Saint-Pierre.

Zarabes. Les musulmans d'Inde ont échoué sur l'île pour se lancer dans le commerce des textiles. Ils sont appelés "  Zarabes  ", bien qu'ils ne soient pas du tout arabes, mais indo-musulmans ; des habitants de la région du Gujarat à l'extrême Ouest de l'Inde, une région côtière proche de l'actuel Pakistan. Ces Indiens musulmans sunnites viennent à la Réunion pour différentes raisons. D'abord pour des motifs économiques : à partir du XIXe siècle, ces agriculteurs d'origine s'installent dans le commerce du tissu. Ils se sont d'abord établis dans l'artère principale de la ville, actuellement la rue Maréchal-Leclerc, puis ils ont ouvert de petits magasins dans tous les quartiers de Saint-Denis. Il s'agit de l'une des communautés les plus riches de l'île, qui domine aujourd'hui des pans entiers des secteurs de la distribution, du textile et du tourisme. Alors qu'ils avaient la réputation de rester repliés sur leur communauté (tout comme les Zoreilles et les Chinois), ils s'ouvrent aujourd'hui de plus en plus au métissage. Ils gardent des contacts étroits avec l'Inde où ils se rendent souvent.

Chinois. Les Asiatiques, surtout des Chinois originaires de Canton, sont arrivés aussi pour le commerce au XIXe siècle. Ils représentent moins de 1 % de la population, nombre d'entre eux se sont également convertis au catholicisme sans pour autant cesser de fêter le Nouvel An chinois. Ils tiennent la traditionnelle boutique du village des Hauts, ou bien d'autres commerces en ville, surtout des restaurants et des épiceries. Quelques grandes familles sont également positionnées dans des secteurs clés de l'économie ou de l'administration. La diaspora chinoise est aussi bien implantée en métropole que dans beaucoup de DOM-TOM.

Zoreilles. Il y a encore quelques années, les zoreilles représentaient l'immigration la plus récente. Attirés par le fonctionnariat " surrémunéré ", le soleil et la perpective d'une autre vie, les métros n'ont cessé d'affluer depuis 1950. L'île compterait 10 à 15 % de zoreilles, certains présents depuis des décennies, d'autres de passage pour quelques années. Ils se concentrent dans la très cossue Région des Plages, surnommée " Zoreil-land ", ainsi qu'à Saint-Denis. Ceux nés à la Réunion, ou bien les Créoles dont un des deux parents est zoreille, sont surnommés " zoréoles ".

Mahorais et Comoriens. L'immigration comorienne a commencé dès l'indépendance des Comores, en 1976, tandis que les Mahorais, restés français, sont arrivés en masse dans les années 1990 et 2000, notamment attirés par les prestations sociales avantageuses et chassés par le fort taux de chômage à Mayotte. Aujourd'hui, Mahorais et Comoriens représenteraient environ 5 % de la population et plus de 50 % des Mahorais de la Réunion seraient des mères célibataires. Encore victime de discriminations et de racisme, cette communauté, souvent appelée " les Komor ", est la plus défavorisée de l'île, et ses membres souvent considérés de la même manière qu'ils soient de nationalité française ou comorienne. Et au sein même de cette communauté, Mahorais et Comoriens sont toujours divisés sur la question politique de Mayotte et ne s'entendent pas plus à la Réunion que dans l'archipel des Comores où ils forment des communautés souvent séparées.

Etrangers. Avec seulement 1,8 % d'étrangers, la Réunion est un des départements de France qui en compte le moins, bien que ce nombre ait doublé en 20 ans. Ils sont aux trois-quarts originaires de l'Océan Indien, principalement Malgaches, suivis des Mauriciens puis des Comoriens. Les autres étrangers sont si peu nombreux qu'ils en sont presque anecdotiques. Ainsi, Algériens, Marocains et Tunisiens ne totalisent que 400 personnes, autant que les Chinois et les Indiens, malgré leurs milliards d'habitants et les liens culturels. Enfin on compte quelques Belges et Suisses, ainsi qu'un contingent de kinésithérapeutes espagnols !

Patronymes

Payet (prononcez "  payette  "), Grondin ou Hoareau... Si vous cherchez quelqu'un portant un de ces trois noms, n'oubliez pas de préciser son prénom et sa commune. Non seulement ces noms de famille remplissent un nombre de pages record dans l'annuaire téléphonique de La Réunion, mais ils sont présents sur les plus grosses branches de l'arbre généalogique réunionnais. D'après le cercle généalogique de Bourbon, une des premières femmes à avoir foulé, vers 1663, le sol réunionnais, une Malgache de Fort-Dauphin du nom de Louise Sariane, serait l'ancêtre d'une bonne partie de la population de l'île.

Hypothèse difficile à avaler pour certains et qui fit quelques vagues... tout le monde n'acceptant pas d'avoir une arrière-arrière-arrière-grand-mère de couleur. Louise Sariane, épouse du premier Grondin, puis du premier Payet, aurait engendré 11 enfants, 117 petits-enfants et 652 arrière-petits-enfants  ! Au début des années 2000, on retrouve les mêmes noms qu'aux débuts de la colonisation : Payet, Grondin, Hoareau, Boyer et Fontaine, ou encore Rivière, Hibon, Bernard, Técher, Maillot, et Dijoux.

Langue

Née à l'époque de la colonisation, comme seul moyen de communiquer entre les esclaves noirs et leurs maîtres blancs mais aussi entre esclaves eux-mêmes car ils venaient de pays différents, la langue créole emprunte l'immense majorité de son vocabulaire au français de l'époque et d'aujourd'hui, mais avec des syntaxes et des constructions verbales radicalement différentes, issues des langues d'Afrique de l'Est. D'autres créoles sont parlés dans le monde, notamment aux Antilles, à Haïti, aux Seychelles et à Maurice. Le créole est avant tout une façon de vivre et de voir les choses. Cette langue, sans cesse en mouvement, s'adapte aux circonstances et invente parfois des images cocasses (Alon bat'caré  : "  viens te promener  ", Cari d'sous d'riz  : "  faire quelque chose en douce  ", Argent-braguette  : "  allocations familiales  "...).
Parlée en privé, en famille ou dans le village, elle s'écarte du français, langue des situations formelles, de l'administration et de l'école. Car c'est avant tout une langue orale, une langue qui varie en intonations au gré des humeurs, de la personnalité et du lieu. On dit que les gens de Cilaos chantent en parlant. Un habitant de Saint-Benoît ne parle pas avec les mêmes expressions que celui de Saint-Pierre ou de Saint-Gilles. Un créole des Bas aura parfois du mal à comprendre les gens des Hauts.
Et les marmailles ou marmayes (jeunes) comprennent de moins en moins bien les gramounes (personnes âgées). Longtemps oubliée dans l'éducation des enfants, au profit du français, langue de l'ascension sociale, elle reprend ses droits petit à petit, avec une renaissance culturelle actuelle et une promotion statutaire. Aujourd'hui, dans les écoles de Mafate, la première mission des professeurs est d'enseigner le français car nombreux sont les marmailles qui ne parlent que créole  ! Quelques romans ont été publiés en créole, Le Petit Prince a même été traduit, mais ces ouvrages ont plutôt rencontré un succès d'estime, les lecteurs n'étant pas habitués à l'orthographe créole. En revanche, Tintin, traduit en 2008, a connu plus de succès. Le Centre dramatique de l'océan Indien (théâtre du Grand Marché à Saint-Denis), sous la direction d'Ahmed Madani, a adapté quelques grands classiques en créole, comme le Médecin malgré lui de Molière, devenu en 2003 Dokter Kontroker  !
On entend le créole en revanche sur toutes les radios, dans quelques émissions de télévison, et partout dans la rue.
Le créole sait aussi prendre une dimension poétique quand il s'allie au rythme du séga ou du maloya ou tout simplement dans les poèmes, qui sont une habitude courante. Langue orale et diverse, elle ne se codifie pas si facilement, mais on a vu apparaître récemment des dictionnaires français-créole. Depuis septembre 2002, une licence de créole menant à un CAPES est enseignée à la faculté, avec des disciplines telles que l'histoire, la lexicologie, l'anthropologie. Au niveau de la syntaxe, le créole utilise des constructions de phrases d'origine africaine essentiellement. Pour ce qui est du vocabulaire, le français, en premier, fournit l'essentiel des mots. Pas seulement une version adaptée d'un français courant, mais beaucoup de mots du vieux français plus utilisés aujourd'hui ou alors dans un autre sens. Par exemple, guetter veut dire "  regarder, observer  ", ou bien rôder signifie "  chercher  ". Une autre source importante est Madagascar  : des mots comme pouaké dans soley y pouak  ! ("  le soleil tape  !   ") ou les bichiques, ces petits alevins de rivière, nous viennent de la Grande Ile, ainsi que de nombreux noms de lieux (Salazie, Mafate, Cilaos...). Enfin, quelques mots espagnols ont été intégrés  : virer pour "  tourner  " ou tirer pour "  prendre  " et quelques-uns d'origine anglaise. Les créoles du monde sont tous différents, mais descendent tous du français, à part le jamaïcain et certains dialectes issus de l'espagnol. Ils sont tous issus de la cohabitation des premiers colons français des XVIIe et XVIIIe siècles, avec les esclaves africains.
La Réunion, seule île des Mascareignes qui soit restée française, a développé un créole qui porte de nos jours beaucoup plus l'accent français que les autres créoles de l'océan Indien. Il est articulé et écrit avec le système phonétique francophone, et est donc beaucoup plus facile à comprendre par les métropolitains.
Pour le voyageur, le fait de parler créole ne manquera pas d'ouvrir bien des portes. Une conversation commence souvent par "  koman i lé  ?   ", la réponse qui suit est simple  : "  lé la  ". On peut épater son interlocuteur par "  lé la mêm  ". Ensuite, il faut se référer au lexique, mais il est bon de commencer ses phrases par un "  oté  !   ". C'est l'interjection la plus courante... On rajoute assez souvent des "  mêm  " en fin de phrase, ainsi "  c'est cela même  " devient "  sa mêm mêm  ".
Mais, même avec un bon vocabulaire, vous n'attraperez pas la langue créole comme ça. C'est une question de rythme, de feeling, de répartie, bref de naturel, que seuls les créoles ont. Autant dire que si vous parlez créole comme un Zoreille, on vous mouquatera comme un gratel.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
  • Réservez un ferry
  • Location de moto
  • Taxi et VTC
hebergement
  • Ecotourisme
  • Réservez un hôtel
  • Location de vacances
  • Votre logement Airbnb
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyagez sur mesure
Sur place
  • Activités Funbooker
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité
  • Activités Airbnb

Adresses Futées de La Réunion

Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un séjour de 2 nuits pour 2 personnes à Nancy !

Profitez d'un week-end de prestige à Nancy !