Guide de Tanzanie : Arts et culture

Architecture

Les constructions les plus belles datent surtout de l'époque coloniale allemande. Aujourd'hui, dans les constructions actuelles d'immeubles, le style est d'inspiration arabe. Sinon, toutes les maisons riches (des Indiens surtout) se ressemblent. Ceux qui ont de l'argent se font construire de vrais palaces. Pour eux, le terrain n'est pas cher, ainsi que les matériaux. Que dire de la main-d'oeuvre, pas plus mauvaise qu'ailleurs, mais qui ne rechigne pas à travailler, tous les jours, pour un salaire mensuel assez bas. Mais quand on n'a pas le choix, on prend ce qui se présente...

Artisanat
<p>Artisanat</p>

Artisanat

Les Bantous, en particulier les Rangis de Kondoa, sont excellents dans le travail de la vannerie, à base de roseaux papyrus : corbeilles et paniers de toutes tailles, dessous de plats, tapis...

Certains groupes ethniques bantous, notamment les Wagogos près de Dodoma, creusent et décorent des calebasses splendides mais assez fragiles. Les Maasaïs en font de plus solides, qui leur servent de gourdes. On trouve aussi quelques objets confectionnés à partir du bois des noix de coco. La poterie a toujours été une technique bien maîtrisée dans cette région d'Afrique, depuis le Néolithique, au moins 5 000 ans av. J.-C. Les ethnies du Sud-ouest du pays (en particulier les Kisis, dans la région du lac Nyasa) en réalisent de très belles.

Les masques à buts rituels ne sont plus, hélas, fabriqués par aucune tribu. Mais on en trouve encore de très beaux et très expressifs, datant de plus de cinquante ans, en général, et provenant du centre et du sud de la Tanzanie, en particulier des régions d'Iringa et de Tabora. Faits en bois, ils incorporent souvent des coquillages et des os ou des dents d'animaux, et incluent aussi parfois des matériaux facilement dégradables, comme des cheveux en paille tressés. Ces masques étaient pour la plupart des masques de danses. Parmi les authentiques antiquités, on trouve les masques, ou plutôt casques makonde du sud de la Tanzanie, appelés mapiko, devenus extrêmement chers. Sur ces masques, ou plutôt ces heaumes, qu'on ne doit pas voir en dehors des danses des cérémonies, les yeux clos signifient le sommeil ou la mort, et les couleurs servent à souligner les scarifications. Portés par des danseurs, ils font partie du rituel initiatique des adolescents, appelé unyago. Chez les Makonde toujours, on trouve des labrets (ou ndona), les plateaux en bois chez l'homme et en métal ou en ivoire chez la femme, que l'on coince à l'intérieur de la lèvre supérieure incisée puis élargie, et dont le rôle est décoratif.

Certains artisans savent habilement travailler la pierre à savon, ou stéatite, sorte de calcaire aux couleurs pastel, finement ouvragé et poli en petits objets décoratifs ou utilitaires.

Les bijoux en perles de verre multicolores (venues du Moyen-Orient, d'Inde et de Chine dès le Xe siècle), les parures en plumes d'autruche des moran et les armes maasaïs (lance qui se démonte en trois), machette, casse-tête et bouclier en peau de buffle, sont des objets vraiment spécifiques à cette région d'Afrique. Les ethnies Sonjo et Ndorobo fabriquent également de très beaux arcs.

Que rapporter de son voyage ?

Parmi les souvenirs, il y a les petits tabourets ou chaises en bois, qui marquent le statut social de leurs utilisateurs. Ils sont très dépouillés pour les femmes, élaborés pour les chefs. Plus petit, et aussi plus ludique, il y a le bao, un jeu qui est l'équivalent swahili de l'awele d'autres pays africains. Remontant à la nuit des temps et composé d'un plateau de 2 fois 6 cases, souvent repliable en 2, et de 48 graines, le bao consiste à prendre toutes les graines de son adversaire. Le jeu peut parfois durer des heures. Sinon, il y a les bijoux traditionnels que l'on vend dans la rue : bracelets, colliers, boucles d'oreilles. Il y a aussi la traditionnelle skuha maasaï (couverture qu'ils portent tout le temps). Les fameux masques sont trouvables partout. Il y a des tableaux de peinture, et tout un tas d'autres choses. Cela dépend avant tout de vos affinités personnelles.

L'art du marchandage

Tout se négocie. Il ne faut surtout pas acheter au premier prix proposé. Quand les Tanzaniens voient arriver un touriste, ils multiplient bien souvent le prix par deux ou trois. Après négociation, il est possible de descendre le prix de 30 à 50 % selon les cas. Dans les hôtels de moyen standing, le prix des chambres peut se discuter, surtout si l'on reste un certain temps. Dès que vous n'êtes pas dans un magasin où les prix sont écrits, tout se marchande. Mais à trop vouloir descendre, le vendeur ne laissera rien partir. Une stratégie qui marche toujours : après 5 minutes, lui dire que ça ne vous convient pas ou que vous reviendrez, et s'en aller. Généralement, vous obtenez par la suite un bon prix.

Arts nouveaux

On peut noter l'émergence en Tanzanie de designers. Attention, la production reste locale mais ils fabriquent leurs propres robes, tee-shirts ou pantalons. On y voit bien le style africain. Et cette african touch fait plaisir car elle participe à la promotion de la culture swahili. Et franchement, il y a des habits qui trouveraient place dans certaines boutiques en Europe tant ils sont bien réalisés. Les Tanzaniennes aiment la mode, et certaines recherchent l'originalité vestimentaire.

Cinéma

La cinématographie est encore embryonnaire en Tanzanie. La télévision nationale, Tanzania Broadcasting Corporation (TBC), propose quelques téléfilms (de bonne qualité selon les Tanzaniens qui les regardent) qu'elle finance mais si l'on parle de grands écrans, il n'y a rien. Pas de budgets ou de matériels appropriés, et même si des acteurs sortent diplômés chaque année de l'école d'art de Bagamoyo, encore beaucoup reste à faire. Mais ce sera long. Dans les cinémas du pays sont diffusés des films américains et indiens. Encore une fois, à 8 000 TSH la séance, tous les Tanzaniens ne peuvent y aller. Et comme une grande majorité d'entre eux ne comprend pas l'anglais... Ils aiment surtout les films d'action. Ces cinémas sont fréquentés par la population tanzanienne anglophone et les expatriés.

Danse

Le hip-hop est ici roi. Baptisé "bongo flava", le rap envahit les télévisions nationales et les daladalas. Le hip-hop local est réputé en Afrique de l'est et certains tubes swahilis accrochent facilement l'oreille comme ceux de Diamond Platnumz. Les mélodies et les rythmes sont attrayants. On se lance, et il faut admettre que c'est finalement un plaisir que d'écouter. La langue swahilie, proposée en chanson, est plus colorée que lors de discussions traditionnelles et toutes ces voyelles finissent par sonner juste et attirent sur les pistes de danse. Les Tanzaniens sont aussi friands de concours de hip-hop. Les sociétés de production ont fleuri à Dar-es-Salaam, et les concerts sont nombreux à Dar et à Arusha. Il faut aussi voir le succès du festival de musique de Zanzibar. Ce n'est pas anodin. La Tanzanie est un pays de musique et de danse, jusque tard dans la nuit. Et les night-clubs marchent bien. Dans un autre registre, il y a les danses chrétiennes, plus classiques et monocordes, mais qui valent la peine car ici la messe du dimanche matin est en chanson, et les fidèles jouent le jeu, au point d'y passer plus de temps que prévu.

Littérature

Il existe une petite littérature swahilie depuis le XVIIe, écrite pendant longtemps d'abord en caractères arabes, sur des thèmes religieux et guerriers. Mais il est difficile de donner un grand nom d'écrivain swahili. D'ailleurs tous les livres des librairies sont en anglais (on ne trouve qu'en swahili les livres scolaires vendus). Dur de trouver un roman en swahili, sans doute par manque de moyens et de débouchés. Dans la rue, on trouve des brochures religieuses en swahili. Bien maigre pour parler d'une véritable littérature.

Médias

En Tanzanie, la langue des médias est le swahili (ou kiswahili). La télévision et radio nationale (TBC) des stations privées émettent dans cette langue. La presse écrite, qui s'est considérablement développée depuis 1993, utilise massivement le kiswahili. Le nombre de journaux publiés en anglais est minime, comparativement au nombre de journaux paraissant tous les jours en kiswahili. En radio et télévision, tout se fait en kiswahili. En somme, les médias témoignent d'un pays plus swahiliphone qu'anglophone. Parmi les journaux anglophones, on relève : The Arusha Times, The African, Business Times, The Guardian, Daily News, The Citizen.

Musique

Toute la journée, on écoute, on chante, et parfois on danse. La musique est indissociable du quotidien des Tanzaniens. Et il faut dire qu'elle est de qualité. En anglais ou kiswahili, il faut tendre l'oreille. Et vous aussi, vous bougerez avec eux. A noter que les Tanzaniens sont d'excellents danseurs, et qu'ils savent donner le " la " aux touristes de passage.

Le marimba est l'instrument de musique traditionnel des Bantous : il consiste en une petite caisse de résonance en bois, rectangulaire, sur laquelle sont montées des tiges de fer par taille décroissante. On les trouve encore sur la côte, sous une forme plus rudimentaire, faits d'une simple tige de métal montée sur une coquille de noix de coco. Il existe aussi de nombreux types de tam-tams, certains en pointe vers le bas pour pouvoir être fichés en terre, d'autres en diabolos pour pouvoir être tenus entre les genoux. Ceux qui sont en peau de chèvre non retournée et qui gardent encore la couleur de l'animal ne sont évidemment pas anciens. On battait le tam-tam pour annoncer les événements importants de la vie des communautés villageoises : déplacement du chef, intervention du sorcier. Le tam-tam, la musique et la danse réglaient ainsi la vie et la conscience des hommes...

Peinture et arts graphiques

La peinture, présente en Tanzanie depuis la préhistoire sur des rochers, est aujourd'hui représentée par un style particulier de peinture appelé le Tingatinga, du nom d'un artiste aujourd'hui décédé. Caractérisée par des couleurs vives, sa peinture, d'une simplicité qui n'est qu'apparente, a pour sujets des animaux sauvages peints de face, stylisés afin de leur donner une apparence fantastique, ou des scènes de la vie courante des villages, des histoires de sorciers, des fables, sur un fond parcouru de divers motifs végétaux ou animaliers...

Tous les supports sont possibles : toiles, murs, ou toutes sortes d'objets, selon la demande. La production est assez inégale. Certains artistes, qui ont pu se perfectionner auprès des maîtres, parmi la quarantaine de membres de la coopérative Tinga Tinga, réalisent des oeuvres originales remarquables, d'autres se contentent de recopier. Au Kenya par exemple, certains font de la contrebande, et une société a acheté le copyright Tinga Tinga. Les prix pour une toile varient de 5 000 à plus de 100 000 TSH, voire 2 millions de TSH (environ 1 000 €), selon l'originalité, la finition et la dimension.

Sculpture

Les sculptures sur bois, sur ébène notamment, sont très prisées. Mais avant de faire une éventuelle acquisition, vérifiez la densité et la couleur authentique du bois. Ces sculptures représentent soit des animaux, soit des personnages. Les plus fameuses sont, bien sûr, les Makondes. Ces enchevêtrements de figurines forment approximativement un cylindre, et sont sculptés à partir d'un unique rondin d'ébène. Fruit d'un travail long et minutieux, une pièce authentique est absolument unique, et marquée du style particulier d'un artiste. Son prix varie selon la taille. Les plus rares peuvent atteindre de gros montants. Les Makondes ont entre autres particularités, celle d'enterrer leurs morts en position verticale, et c'est encore parfois vrai de nos jours. De même les personnages de leurs statues sont représentés ou bien debout, ou bien en position de mouvement figé. Beaucoup plus simples sont les peignes en bois sculptés, savamment décorés ; on les trouve en grand nombre.

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