Le guide touristique JURA du Petit Futé : Patrimoine et traditions

Patrimoine et traditions

Patrimoine culturelHaut de page
Quelques savants et éruditsHaut de page

Gilbert Cousin (1506-1572). Né en 1506 à Nozeroy, l'érudit Gilbert Cousin devient le secrétaire du théologien néerlandais Erasme, prêtre et écrivain humaniste. Gilbert Cousin revient ensuite à Nozeroy où il est chanoine. En ce début de XVIe siècle, Nozeroy et son château sont aux mains des comtes de Chalon. C'est une période faste pour le bourg, que Gilbert Cousin évoque dans son ouvrage Description de la Haute-Bourgogne, connue sous le nom de Comté.

Xavier Bichat (1771-1802). Marie-François-Xavier Bichat est né à Thoirette, dans le sud du Jura, en 1771. Sur les traces de son père qui fut l'un des premiers titulaires du double doctorat de médecine et de chirurgie, il étudie la médecine à Lyon et exerce comme chirurgien militaire à seulement 21 ans ! Élève puis associé du grand chirurgien Pierre-Joseph Desault à l'Hôtel-Dieu à Paris, il y enseigne en 1797 et y est nommé médecin en 1800. Fin observateur et très intuitif, il se passionne pour l'anatomie et publie plusieurs ouvrages : Traité des Membranes, Recherches physiologiques sur la vie et la mort, Anatomie générale. En 1802, un accident met prématurément fin à la vie de ce grand scientifique qui a révolutionné l'approche de la physiologie en distinguant fonctions " organiques " et " animales ". Un hôpital universitaire parisien porte aujourd'hui son nom ; des conférences de formation médicale y ont lieu : les " Entretiens de Bichat ".

Victor-Alexis-Désiré Dalloz (1795-1869). Il naît en 1795 à Septmoncel où son père, négociant lapidaire, était maire. Élève au collège de Saint-Claude, il entre chez un notaire qui lui conseille de " monter à Paris ". Le frère du notaire, Nicolas Bavoux, et deux autres juristes comtois, Jean-Simon Loiseau et Jean-Baptiste-Victor Proudhon l'associent à la rédaction d'ouvrages juridiques. A 21 ans, il est avocat à la cour. Pour publier la jurisprudence des audiences, il fonde une maison d'édition qui porte son nom, désormais inséparable des ouvrages de référence en droit. Dalloz fut aussi, de 1837 à 1848, député de l'arrondissement de Saint-Claude, qui lui doit la mise en service de plusieurs routes. Gravement atteint par une maladie qui le laisse paralysé, il poursuit néanmoins son travail intellectuel jusqu'à sa mort en 1869.

Louis Pasteur (1822-1895). Il est né à Dole. Fils d'un modeste tanneur, il entre à neuf ans au collège d'Arbois, où sa famille s'est installée en 1827. Très attaché à Arbois, il conserve la maison familiale. Il réalise dans ses trois laboratoires arboisiens des expériences sur les maladies du vin, de la bière, les fermentations, la rage... Il remet en cause la théorie de la génération spontanée et met au point les techniques de conservation par " pasteurisation ".

Julien Feuvrier (1851-1936). Né près de Belfort en 1851, Julien Feuvrier est élève au collège de Poligny, puis à celui de Dole où il sera ensuite professeur de mathématiques. Très érudit, passionné par l'archéologie, il est nommé conservateur du musée de Dole en 1898. Il effectue des recherches et des fouilles en plusieurs endroits du Jura : tumulus du pays dolois, mottes féodales de la Loue, nécropole de Chaussin... Son nom est principalement associé au " trou de la Mère Clochette ", grotte située à Rochefort-sur-Nenon, où il découvre des outils de pierre et d'os taillés. Déjà, il situe les hommes qui les ont fabriqués à l'époque néandertalienne. Mais aujourd'hui, forts de méthodes de datation et de connaissances enrichies, les archéologues pensent que cette grotte aurait pu être habitée par des hominidés, il y a plus de 40 000 ans.

Paul-Émile Victor (1907-1995). Dans le Jura, les gens qui l'ont bien connu l'appellent " PEV ". Il est né à Genève en 1907, mais vécut à Saint-Claude, puis à Lons-le-Saunier. C'est certainement dans les montagnes du Jura qu'il a développé son goût pour les grands espaces vierges qui l'a conduit à lancer, en 1947, les expéditions polaires françaises. Le plus bel endroit pour découvrir l'homme est certainement le centre qui porte son nom à Prémanon (Les Rousses). C'est lui-même qui a tenu à ce qu'il soit créé dans les montagnes de son enfance.

René Rémond (1918-2007). Il est une grande figure de la vie politique et intellectuelle française. Né à Lons-le-Saunier, il étudie dans les plus grands lycées parisiens avant d'être mobilisé entre 1939 et 1941. Auteur de nombreux ouvrages d'analyse politique et d'histoire contemporaine, il est président de l'emblématique université de Nanterre de 1971 à 1976. Il préside également l'ORTF, le Conseil supérieur de la Magistrature... Il entre à l'Académie française en 1998.

LittératureHaut de page
Quelques artistes et hommes de lettres jurassiensHaut de page

Rouget de Lisle (1760-1836). Né en 1760 à Lons-le-Saunier, Rouget de Lisle, officier dans l'armée, compose en 1792 le Chant de Guerre pour l'Armée du Rhin, qui deviendra par la suite La Marseillaise. Ce brillant mélodiste écrit plus de 300 romances aujourd'hui conservées à la bibliothèque de Lons-le-Saunier. Certaines montrent son attachement à sa région natale et notamment au village de Montaigu où se trouvait le domaine familial. Si son Chant de Guerre devient hymne national, Rouget de Lisle termine sa vie en 1836 dans l'anonymat et la pauvreté la plus sordide.

Auguste Pointelin (1839-1933). Connu comme " le peintre du Jura ", Auguste-Emmanuel Pointelin naît à Arbois en 1839. D'abord professeur de mathématiques, il est enthousiasmé par le Salon des Artistes français de 1865. Tout en poursuivant sa carrière d'enseignant dans le Nord, Pointelin peint les paysages de Franche Comté, expose régulièrement et obtient des prix. Soutenu par Pasteur, il est nommé en 1878 au lycée Louis-Le-Grand à Paris, et poursuit parallèlement sa carrière de peintre. Ses paysages, figuratifs et réalistes, évoquent la solitude, la méditation et l'intériorité. De retour dans le Jura, à Mont-sur-Vaudrey, en 1893, il n'abandonne pas pour autant la vie culturelle de Paris où il conserve des attaches jusqu'à sa mort en 1933.

Marcel Aymé (1902-1967). D'abord adopté par une tante à Dole après le décès de ses parents, il passe son enfance à Villers-Robert, chez ses grands-parents maternels. Il retourne ensuite à Dole où il est pensionnaire avant de rejoindre Paris où il devient journaliste et écrivain. Son enfance en terres jurassiennes lui a inspiré bon nombre de romans où il observe la société française avec un regard acéré et ironique  : La Jument verte, La Vouivre, Le Passe-Muraille...

Bernard Clavel (1923-2010). Né en 1923 à Lons-le-Saunier, il quitte l'école à 14 ans pour entrer en apprentissage chez un pâtissier à Dole. Il pratique de nombreux métiers et commence alors à peindre et à écrire. Encouragé par des écrivains, dont Marcel Aymé et Hervé Bazin, il continue d'écrire. En 27 années, il publie cinquante livres, distribués dans une vingtaine de pays. Bernard Clavel a reçu plus de vingt prix littéraires dont le Goncourt en 1968 pour Les Fruits de l'hiver, dernier d'une série d'ouvrages dont l'histoire se déroule en grande partie dans le Jura à l'époque de la Seconde Guerre mondiale.

Jean Amadou (1929-2011). Ce grand humoriste (il mesurait 1,96 m !), de la pure tradition des chansonniers parisiens, naît à Lons-le-Saunier en 1929. Son humour, parfois caustique mais jamais destructeur, s'exprime au théâtre, à la radio, à la télévision (en particulier à travers le Bêbèt' Show), et dans des livres dont il est l'auteur. Le dernier, Je vous parle d'un temps... est paru en 2010.

Hubert-Félix Thiéfaine (né en 1948). Après des débuts au Club des Poètes de Jean-Pierre Rosnay, il s'oriente vers le rock dans les années 1980. Une quinzaine d'albums plus tard, Hubert-Félix Thiéfaine est fidèle à lui-même. S'il a rejoint son Jura natal et la région de Dole en particulier, il continue à jouer des " musiques urbaines ", selon ses propres termes. Après plus de 30 ans de carrière, Hubert-Félix Thiéfaine a été consacré par deux Victoires de la Musiques en 2012 : meilleur interprète et meilleur album.

PeintureHaut de page

Beaux-Arts. Du savoir-faire artisanal à l'artisanat d'art, il n'y a qu'un pas. Est-ce la raison de l'intérêt des Jurassiens pour les arts plastiques  ? Celui-ci se traduit à travers de nombreuses expositions d'artisanat d'art, de peintures ou de photos jusque dans les plus petits villages. Ouvrez l'oeil lors de votre séjour  ! Quant aux beaux-arts labellisés, ils sont bien représentés dans les musées jurassiens.

Le musée des Beaux-Arts de Dole possède un fonds d'art ancien, révélateur de sa prospérité au temps des seigneurs comtois. Mais il expose aussi de belles pièces des XIXe et XXe siècles, dont des toiles de Courbet, né dans le Doubs voisin.

On retrouve des toiles de l'artiste franc-comtois au musée des Beaux-Arts de Lons-le-Saunier, dont un étage est consacré à la sculpture et l'autre à la peinture, ainsi qu'à Arbois au musée Sarret de Grozon. Cette " maison d'art " porte le nom de la famille qui légua à la ville d'Arbois, en 1902, son hôtel particulier et ses collections d'objets et d'oeuvres d'art. Une belle illustration de l'intérêt de l'aristocratie jurassienne pour l'art, héritage aujourd'hui public dont il existe autres exemples  : la collection de peinture de François-Honoré Jourdain léguée en 1877 à sa ville natale de Morez et présentée au musée de la Lunette. Et, plus récemment, le legs de la collection de Guy Bardone et René Genis, représentative de la peinture française figurative des années 1890 aux années 1960, au musée de l'Abbaye de Saint-Claude.

L'art contemporain chez tous les Jurassiens. Les musées des Beaux-Art de Dole et de Lons-le-Saunier, le musée de l'Abbaye à Saint-Claude et la Maison Sarret de Grozon à Arbois exposent des oeuvres d'art contemporain dans leurs collections permanentes ou lors d'expositions temporaires.

Mais les Jurassiens qui apprécient l'expression plastique d'aujourd'hui ont une chance supplémentaire : ils peuvent emprunter des estampes reproduites par sérigraphie, gravure ou lithogravure, des dessins, aquarelles, gouaches, collages ou photographies réalisés par des artistes et en profiter quelques jours chez eux, dans leur entreprise, leur école, leur association... Tout cela grâce à l'association Artotec qui vient de fêter ses 20 ans. Artotec gère une artothèque de plus de 400 oeuvres représentatives de l'histoire de l'art au XXe siècle, Le fonds a été constitué au fil du temps grâce à des dons d'artistes et de collectionneurs, à des achats et à des prêts. Artotec organise dans tout le département des expositions sur des thématiques artistiques diverses, avec un objectif pédagogique. L'association propose aussi, principalement aux scolaires, des visites guidées de la collection et des ateliers. Et ça marche ! Qui ose encore imaginer le Jurassien comme un rural hermétique à l'art et à la culture ?

Patrimoine architecturalHaut de page
Villes et villagesHaut de page
Chalet de montagne
Chalet de montagne

Le département raconte à lui seul une très longue histoire et possède des souvenirs de toutes les époques, des temps préhistoriques aux premières industries.

Traces hors d'âge.Haut de page

Des ères anciennes et de leurs bouleversements géologiques, c'est la lecture des paysages, et en particulier des grottes et reculées, qui permettra de tirer quelques notions.

Les vestiges du néolithiques sont, eux, difficiles à percevoir pour des profanes, mais bien représentés dans les musées.

De l'époque gallo-romaine, subsistent ici ou là des restes de voies romaines, comme à Champvans, Ménétru-le-Vignoble ou Moirans-en-Montagne. D'anciens temples au sommet du Mont Rivel à Champagnole peuvent livrer leurs secrets lors d'une visite guidée. Mais c'est surtout à Villards-d'Héria, dans les environs de Moirans-en-Montagne, que l'on peut découvrir un ancien sanctuaire gallo-romain.

Souvenirs de pierre.Haut de page

Vous préférez les " vieilles pierres " de l'art roman  ? De très beaux endroits témoignent de la grande période des monastères au Moyen Age. Citons les abbayes de Baume-les-Messieurs et de Gigny, ainsi que plusieurs églises romanes comme à Arbois, Lons, Poligny, Saint-Hymetière, Saint-Lothain ou Saint-Lupicin, récemment restaurée. Château-Chalon et Nozeroy ont conservé des souvenirs de la période médiévale et particulièrement de la dynastie des seigneurs de Chalon. Dole, capitale de la Comté jusqu'à la fin du XVIIe siècle, située aux portes de la Bourgogne, garde dans ses murs de belles traces de cette longue période prospère.

Le gothique est tardif et sobre, dans le Jura. Notons cependant certains éléments de la cathédrale Saint-Pierre à Saint-Claude, dont les stalles en bois sculpté.

Quant la Renaissance, elle s'est exprimée pleinement avec la collégiale de Dole. A voir aussi  : l'église de Mièges, près de Nozeroy et l'ancien palais abbatial de Saint-Claude, devenu un musée. Des sculptures Renaissance sont visibles, à Dole, à l'église Notre-Dame-de-Poligny, ou encore dans les églises de Bersaillin et Saint-Lothain  : tombeaux et statues de pierre, dont d'albâtre, extraite des carrières de Saint-Lothain. N'oublions pas le retable flamand de Baume-les-Messieurs et le chef-d'oeuvre qu'abrite l'église de Censeau : le tryptique de Jean Poyet.

L'habitat s'adapte.Haut de page

Il y a bien sûr des différences entre la vie à 300 mètres d'altitude dans les vignobles ou les villes de Dole et Lons-le-Saunier, et l'existence dans le Haut-Jura. L'habitat traduit bien les modes vie aux différents étages.

Anciens hôtels particuliers et belles maisons vigneronnes au " rez-de-chaussée " du Jura  ; maisons de pierre en bande, alignées les unes à côté des autres sur le premier plateau, où l'habitat individuel s'est développé dans les années 1950 à 1970, y compris l'habitat de vacances et ses chalets dans le pays des lacs. Individuels ou collectifs, des chalets de vacances se retrouvent sur les hauts plateaux.

Mais l'architecture traditionnelle de l'habitat montagnard comtois y est différente : grands corps de ferme où toute la vie domestique et agricole était regroupée sous le même vaste toit. Car, qu'il s'agisse du labeur de l'éleveur, du vigneron ou de l'artisan, le travail est intimement lié à la vie quotidienne.

ChâteauxHaut de page
Château du Pin
Château du Pin
ChâteauxHaut de page

Les châteaux, bien présents dans le Jura, témoignent de toutes les périodes de l'histoire comtoise.

Forteresses médiévales. Les ruines de nombreux châteaux médiévaux sont encore visibles : ici ou là, un rempart ou un pan de mur rappelle la grande époque des seigneurs et des chevaliers.

Beaucoup de châteaux " modernes ", restructurés voire rebâtis au fil des siècles, ont remplacé les châteaux-forts primitifs détruits durant les périodes troublées de l'histoire comtoise.

Il serait vain de vouloir chercher une unité dans leur aspect ou leur vocation d'aujourd'hui. Érigés, détruits, remaniés à des époques et dans des objectifs divers, ils sont maintenant pour la plupart privés. Certains se visitent, d'autres non. Certains sont devenus des hostelleries de luxe ou accueillent des réceptions. Pas de route des châteaux, donc, mais, où que vous passiez dans le Jura, vous trouverez sans doute l'une de ces belles demeures sur votre chemin.

Trois exemples arboisiens

Le château Bontemps, qui faisait partie du système de fortifications médiévales de la ville, fut détruit par les troupes de Louis XI, reconstruit au début du XVIe siècle, vendu après la Révolution, racheté, revendu plusieurs fois, pour être finalement superbement restauré par les actuels propriétaires. Mais il ne se visite pas.

Le château Pécauld fut racheté en 1826 par la commune d'Arbois. Depuis 1993, on peut le visiter en même temps que le musée de la Vigne et du Vin du Jura qu'il abrite.

Quant au château de Montfort, qui conserve une partie de sa structure d'origine du XIIIe siècle, une tour du XVIe et des adjonctions du XVIIe, il abrite le siège des vins Henri Maire.

Petite Cité Comtoise de CaractèreHaut de page

Ce label est décerné à des cités marquées par des traces historiques, jouissant d'un patrimoine urbain, architectural et paysager de premier ordre. Arbois, Poligny, Salins-les-Bains méritent cette distinction, comme les villages d'Arlay, de Château-Chalon et de Nozeroy, mais aussi les petites villes de Sellières, proche de la Bresse jurassienne, et d'Orgelet, plus au sud.

Traditions et modes de vieHaut de page

Avec la nature. Qu'il soigne la vigne ou qu'il domestique la neige, le Jurassien vit en lien avec la nature dans un paysage préservé. Ici, les saisons sont celles de la nature.

L'hiver, on " pelle " la neige dès le premier plateau. Les petites entreprises locales perpétuent le travail du bois qui occupait autrefois la saison froide des agriculteurs de montagne.

Au printemps, on traque les morilles à tous les étages, on se donne rendez-vous pour déguster les grenouilles, et on se régale avec les truites car il est bien rare de ne pas avoir un pêcheur dans son entourage.

L'été, on fait les foins pour nourrir les vaches montbéliardes lorsque les prairies ne leur donneront plus d'herbe fraîche, et on ne dédaigne pas de jouer les touristes à domicile, en profitant des bords des lacs ou des chemins et sentiers forestiers, à pied, à cheval ou à vélo.

En automne, on cueille les champignons et on se donne rendez-vous pour " faire le bois " de chauffage en prévision de l'hiver.

Croyances, mythes et légendes

L'eau et la forêt omniprésentes dans le Jura sont propices aux légendes. Les histoires ne manquent pas qui mettent en scène des " dames vertes " ou des " dames blanches ", qui, dans les bois ou au bord des lacs, entraînent des habitants dans des aventures parfois bénéfiques, parfois dramatiques.

Vouivre. Le personnage le plus emblématique des légendes jurassiennes est sans doute la Vouivre, présente dans le roman éponyme de Marcel Aymé. Cette créature ailée mi-femme, mi-serpent (cousine de Mélusine ?) porte un diadème de rubis qu'elle dépose au bord de l'eau quand elle se baigne. Ceux qui cherchent à s'emparer du précieux objet sont assaillis par des hordes de serpents et perdent la vie...

Cavaliers, ermites et combattants... D'autres contes rapportent les exploits d'un cavalier blanc volant dans les cieux aux environs du lac de Bonlieu. Plusieurs grottes auraient abrité des hôtes plus ou moins curieux. Le capitaine Lacuzon, par exemple, n'a certainement pas habité partout où les légendes le prétendent. De même, si des ermites ont bien occupé divers lieux isolés à travers le Jura, certaines grottes censées avoir hébergé ces ascètes doivent cette réputation à la tradition plus qu'à la vérité historique...

Le patois jurassien. Trouvant ses origines dans la langue grecque, entre autres, le patois jurassien n'est plus usité. Mais, comme toute langue locale, il a cependant laissé des traces dans le quotidien des Jurassiens, des mots issus de ce vocable ayant traversé le temps et les modes.

Ainsi dans le Jura, on nettoie " le ch'ni " (la poussière), quand on veut quelque chose, on dit : " Donne-moi voire ", on " va après les bêtes " (on les soigne). Quand il fait frais et humide dans une pièce, il fait " cru " ! Quand quelqu'un a l'esprit de contradiction, on dit " Quand on dit "cornu" il dit "fourchu" " ! Bref, c'est un vrai vioule (casse-pieds) !

A noter : l'Association des Amis du Vieux Saint-Claude a édité un glossaire du parler haut-jurassien en 1986 et J. Robez-Ferraris a publié en 1995, Particularités du français parlé dans la région de Morez, Haut-Jura.

ArtisanatHaut de page

Le jouet en bois. Surnommé " le Pays du Jouet ", le Jura honore cet artisanat depuis le XIVe siècle. Initié par les religieux de l'abbaye de Saint-Claude, qui tournaient des objets pour les pèlerins, le relais fut pris au fil du temps par les paysans du Jura. Peu à peu et principalement au XIXe siècle, les tourneries rurales firent leur apparition, professionnalisant cet artisanat : quilles, toupies, objets usuels et outils imitant ceux des adultes, jeux et même instruments de musique comme trompettes, sifflets... Après la Seconde Guerre mondiale, le jouet en bois est de moins en moins fabriqué, les grands fabricants ayant découvert le plastique. Mais, depuis quelques années, on constate un retour aux origines ! Les fabriques Vilac et Jeujura sont les derniers bastions français de cet objet désormais tendance, surtout s'il est estampillé made in Jura, un véritable gage de qualité ! Vous pourrez admirer et découvrir l'histoire de ces petits objets au musée du Jouet à Moirans-en-Montagne.

Renseignements : www.musee-du-jouet.com

La pipe. Qu'aurait été Monsieur Hulot sans sa pipe, petit objet emblématique qui achevait la silhouette du célèbre personnage créé par Jacques Tati ? Et que dire de Sherlock Holmes, du commissaire Maigret ou du capitaine Haddock ? Assimilé à la réflexion, au recueillement, à la solitude, cet objet est le symbole de Saint-Claude, ville qui doit sa renommée à la qualité de ses pipes, fabriquées en bois de bruyère. Un musée est d'ailleurs consacré à la pipe et il est impossible d'échapper à sa version géante, une sculpture plus vraie que nature, édifiée devant l'office de tourisme de la ville. Malgré la tradition des tourneurs sur bois, présente depuis le Moyen Âge, il faut attendre la découverte du bois de bruyère pour que s'implante véritablement cet artisanat. Résistant à la combustion et surtout ne gâtant pas les parfums subtils du tabac, le bois de bruyère est l'essence idéale pour la fabrication de la pipe. Si, de nos jours, la production de pipes a fortement diminué, passant de 40 millions à seulement 450 000 pipes par an, la qualité du produit n'a jamais été démentie. De nouveaux designs sont proposés au public, en complément des modèles classiques. Plus que jamais, la pipe en bois de bruyère fabriquée à Saint-Claude s'ancre dans la tradition et compte bien traverser un nouveau millénaire !

Renseignements : www.musee-pipe-diamant.com

Les vitraux. Tradition artisanale moins connue, les vitraux sont pourtant l'un des pendants importants du savoir-faire jurassien. Ainsi, quelques maîtres-verriers, " passeurs de lumière ", officient dans tout le département, notamment à Longchaumois, Poligny... Ils créent des panneaux de verre coloré et de fer forgé qui embellissent églises, demeures anciennes ou bâtiments contemporains. Parmi les maîtres-verriers les plus connus, citons Jean Vuillemey (1930-2012), dont les nombreuses réalisations ornent les églises du Jura.

Cyril Micol à Longchaumois : www.kitrail.com.

Atelier-galerie Le triangle de verre à Poligny : www.vitrail-creation-restauration-sur-mesure.com

La taille des pierres précieuses. Là encore, le Jura s'illustre dans l'embellissement des matières brutes, celle des diamants et d'autres pierres de valeur depuis le XIXe siècle, notamment à Saint-Claude qui, outre la pipe, s'enorgueillit, à juste titre, d'être spécialisé dans la taille du diamant auquel un musée (combiné avec celui de la pipe) est consacré. A découvrir aussi, la diamanterie de Foncine-le-Bas et d'Adamas.

Musique – DansesHaut de page

Maison du peuple. Née d'une coopérative d'alimentation fondée en 1881 et d'une école coopérative en 1896, la " Maison du Peuple " est aujourd'hui un espace artistique et culturel majeur, lieu de mémoire et de création contemporaine. Centre d'étude du mouvement social, mais aussi imprimerie, lieu de résidence d'artistes, cinéma, salle de concerts de jazz, théâtre, expositions et atelier d'arts plastiques...

Renseignements et programme : www.maisondupeuple.fr

Consultez le programme de votre lieu de séjour : à côté des événements sportifs et des manifestations traditionnelles autour des produits locaux, vous y trouverez expositions d'art, concerts et spectacles en tous genres, souvent de très bonne facture. Citons, en juin, le Festival de musique du Haut-Jura qui exploite les ressources acoustiques de différents sites. Et la programmation de Scènes du Jura à travers villes et villages du département.

Renseignements et programme : www.festivalmusiquehautjura.com et www.scenesdujura.com

Deux salles à la programmation réjouissante : La Commanderie à Dole et le Moulin de Brainans, non loin de Poligny.

Renseignements et programme : www.doledujura.fr/web/guest/la-commanderie et www.moulindebrainans.com

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