Guide des Alpes italiennes et Dolomites : Arts et culture

Architecture
Bâtiment Art Nouveau, Via Marcello Malpighi.
Bâtiment Art Nouveau, Via Marcello Malpighi.

L'art de la Rome impérialeL'âge d'or de Rome nous a laissé ouvrages manufacturés, oeuvres d'art, mosaïques, fresques, colonnes, bâtiments entiers, rues, aqueducs, thermes, théâtres et villes qui témoignent brillamment de la vie quotidienne d'antan. Les vestiges romains abondent en Italie du Nord, de l'arc d'Auguste à Aoste à l'imposante arène de Vérone.

L'art byzantinAprès la chute de l'Empire romain, la persistance de la religion chrétienne a permis de sauver plusieurs monuments de la fin de l'empire et de l'époque byzantine. Un exemple grandiose d'architecture byzantine finissante nous est donné par la magnifique basilique Saint-Marc à Venise.

L'art roman. Dans les Alpes italiennes, l'apport de l'art lombard est un élément important. En effet, en 493, l'Ostrogoth Théodoric élimine Odoacre en prenant sa capitale, Ravenne. Les Byzantins lui succèdent en 540, puis ce sont les Lombards qui s'emparent de Ravenne (568-571) et qui s'installent durablement dans le nord de la péninsule. L'art lombard n'est que décoratif, mais l'architecture romane en héritera d'un élément universel : la " bande lombarde ", technique des constructeurs lombards. Ensuite, le roman puis le gothique feront leur apparition en Italie du Nord. Caractérisé notamment par des constructions religieuses comme les basiliques à croix latine à 3 ou 5 nefs, il trouve son interprétation la plus exemplaire à Milan, dans la basilique de Saint-Ambroise, construite entre le XIe et le XIIe siècle.

L'art gothique. Ce courant se développe à partir de la moitié du XIVe siècle, et c'est en France (Ile de France, abbaye de Saint-Denis) qu'on en trouve l'un des plus beaux exemples. Caractérisé par une verticalité accentuée et par l'utilisation d'arcs, voûtes et fins vitraux, ce courant n'a pas eu une grande influence sur l'architecture italienne. Cependant, il existe un gothique italien, dit " gothique flamboyant ", s'adaptant aux critères architecturaux latins et dont les caractéristiques principales sont les angles arrondis et une moindre élévation des édifices par rapport aux constructions françaises. Le Duomo de Milan, la cathédrale, en représente le prototype et constitue une exception dans le panorama architectural italien du XIVe siècle. La construction de cet ouvrage a duré plus de 400 ans et a exigé le concours de nombreux architectes allemands et français réunis en une institution, la Fabbrica del Duomo, créée expressément par la ville et les seigneurs de Milan.

La Renaissance. Elle coïncide avec la redécouverte de l'art antique considéré comme la perfection. On s'inspire du Panthéon et de sa coupole, des arcs de triomphe et de l'institution immuable des trois ordres : dorique, ionique, corinthien. Le plan des églises tend au plan central en croix grecque. Bramante, Raphaël, Michel-Ange sont les grands noms de cette époque. En Italie du Nord, les monuments les plus typiques sont Sant'Andrea à Mantoue, Santa Maria delle Grazie à Milan, mais bien sûr la majorité des palais et des églises de Florence et de Toscane, région où l'élan humaniste dans les arts fut particulièrement vivace.

La Contre-Réforme et le Manièrisme. Le style de l'époque du concile de Trente, apparu dès 1550, se prolonge aux XVIIe et XVIIIe siècles dans toute l'Europe catholique. Ce n'est pas une rupture avec la Renaissance, mais plutôt une accentuation qui fige les règles ; il est appelé en France " style jésuite ". Les églises sont construites selon un plan en croix latine. Les nefs latérales tendant à disparaître alors que les coupoles se généralisent. Avec le développement de la musique d'église, les orgues prennent de plus en plus de place. Sur les façades, les colonnes et les pilastres, encastrés à l'époque de la Renaissance, se détachent, créant un effet de contraste lumineux. Soucieuse d'impressionner, la religion et son expression architecturale se dramatisent, prenant des attitudes théâtrales pour impressionner et séduire. Les grands hommes de l'époque sont Sixte IV et les architectes Vignola, Giacomo Della Porta et Maderno. Typiques de ce style : le Gesù et Sant'Andrea della Valle, la façade de Saint-Pierre...

Le baroqueLe baroque est au maniérisme ce que le style de l'école de Nancy est à l'art officiel du Second Empire. C'est une explosion de liberté qui se produit au début du XVIIe siècle. Les ordres classiques sont toujours là, mais vus dans des miroirs déformants.

Le baroque romain est un art très rigoureux et parfois austère, comme chez Borromini. Il est aussi malicieux et fantaisiste, comme chez Bernin. En peinture, on l'associe parfois au Caravage, qui fut aussi un révolutionnaire. Pour l'époque baroque, on vous renvoie notamment à Trente, pour la visite de son église de style baroque bavarois.

Architecture contemporaine et design. Si l'Italie est tellement fascinante et si ses villes sont tant visitées, c'est qu'à toutes les époques de grands artistes les ont façonnées avec beaucoup de génie. Ce sont avant tout les vestiges antiques et les constructions du Moyen Age ou de la Renaissance qui attirent la plupart des voyageurs.

Cependant, à l'instar de leurs prestigieux aînés, les architectes contemporains ont également su imposer au pays un style purement italien. Au début du XXe siècle, à l'avènement de l'architecture moderne, Pier Luigi Nervi, un jeune ingénieur, construisit des édifices prometteurs en y intégrant de nouveaux procédés techniques et en utilisant de manière esthétique le béton armé. Au début des années 1930, ce structuraliste bâtit le majestueux stade de Florence et, entre 1956 et 1960, l'immeuble Pirelli de Milan (réalisé avec un confrère aussi talentueux, Gio Ponti) que tous les étudiants en architecture connaissent. A la même époque, Guiseppe Terragni jetait les bases du rationalisme italien en mêlant astucieusement le régionalisme et le modernisme. Cet architecte audacieux fut aussi un chantre du fascisme ; il dessina notamment pour Mussolini la Casa del Fascio (la Maison du fascisme) à Côme, un ouvrage de référence très contestable. Avec Nervi et Terragni (dont les travaux trouvaient un écho en France avec Le Corbusier, en Allemagne avec Gropius et aux Etats-Unis avec Franck Lloyd Wright), le modernisme était né. Dans les années d'après-guerre, Carlo Scarpa, un Vénitien très influencé par sa ville, trouva un souffle nouveau avec des constructions rappelant celles de Franck Lloyd Wright, empreintes d'Art nouveau, et qui voulaient perpétuer les traditions gothique et byzantine de Venise.

Ses réalisations, comme le cimetière de Brion à Trévise ou la Banque populaire de Vérone, se caractérisent par l'importance accordée aux détails comme les liaisons entre les matériaux. Plus tard, l'incontournable Milanais Aldo Rossi, fondateur du mouvement " Architecture relationnelle et théoricien " (Architectura della Città), fit appel à la tradition classique pour dessiner des bâtiments qu'on pourrait qualifier de néoclassiques.

Parallèlement à l'architecture, le design italien jouit d'une notoriété qui ne se dément pas. Ce sont d'ailleurs certainement les Latins qui ont inventé les arts décoratifs contemporains. Ce sont également des sociétés italiennes (souvent basées à Milan, centre mondial du design avec son inévitable foire internationale annuelle) qui éditent les objets les plus populaires : Alessi, Artemide ou Baleri gardent un quasi-monopole sur ce marché de plus en plus convoité. Trois noms se détachent : d'abord celui d'Ettore Sottsass auquel le centre Georges-Pompidou a rendu hommage en 1993. Sottsass a fait ses débuts dans les années 1950 pour s'affirmer dans les années 1970 avec un travail comparable à celui de Starck en France.

Artisanat

L'Italie du Nord possède un vaste patrimoine artisanal distribué dans les secteurs les plus divers, dont la tradition remonte souvent à d'anciennes expressions artistiques populaires, transmises à travers les siècles. Le savoir-faire des régions du nord de l'Italie excelle des très connus verres soufflés de Murano à Venise, aux objets en bois sculpté des vallées du Val d'Aoste ou du Trentin-Haut-Adige, sans parler de grands et petits couturiers qui rendent le prêt-à-porter milanais toujours stylé. La gastronomie peut être classée tout autant dans le domaine des savoir-faire artisanaux avec un ensemble de recettes traditionnelles comme celles du panettone milanais ou des kanederli tyroliens. Pour rapporter un souvenir de qualité de ces régions, vous n'aurez donc que l'embarras du choix.

Que rapporter de son voyage ?

Des pâtes artisanales, du parmesan, des sauces préparées, de l'huile d'olive, et de la charcuterie.

Une petite cafetière italienne et du bon café torréfié.

Des bouteilles de Grappa, incontournable !

Des marques de mode italiennes (lunettes de soleil, vêtements, chaussures etc).

Du cuir, sacs à main, porte-monnaie, sacoche.

Des objets design à la milanaise.

Cinéma

Pourvu qu'il s'agisse d'art, le génie italien trouve toujours à s'exprimer, et le plus souvent avec une grande finesse et une créativité sans bornes. Le cinéma fait figure d'exemple en la matière. Même s'il est né en France, la première pellicule italienne Umberto et Marguerite de Savoie se promènent dans le parc, de Vittorio Calcina, date de 1896.

Tout d'abord, l'Histoire elle-même, avec l'apparition des péplums, un genre né à Rome qui reconstitue des événements historiques de manière spectaculaire. Les studios Cines de la capitale créés en 1905 sont les premiers à produire des péplums au succès international (La Prise de Rome). Puis le cinéma italien s'inspire de la littérature, et le premier film avec bande sonore La Chanson de l'amour est tiré d'une nouvelle de Pirandello. Impossible de ne pas citer le premier kolossal italien Cabiria de Giovanni Pastrone (1914), succès international, avec la mise en scène de Gabriele D'Annunzio, qui fut présenté en avant-première au président des Etats-Unis.

Il faudra attendre la fin du fascisme de Mussolini, qui édifia les studios Cinecittà dans le but d'utiliser le cinéma comme un instrument de propagande, pour que le cinéma italien tel qu'on le connaît déploie ses ailes. Après la Seconde Guerre mondiale, le néoréalisme apparaît, créé et nourri par une génération de jeunes réalisateurs qui font la renommée du cinéma italien, référence absolue du 7e art à l'échelle mondiale. Luchino Visconti, Roberto Rossellini et Vittorio de Sica, pionniers du genre, ont réussi à créer un style moderne tout en restant dans une structure narrative classique. Leur regard critique ainsi que la nouveauté du langage employé leur permettent en effet de s'adresser à un public élargi, sans sacrifier la beauté de leur art. Les tournages se font de nouveau en extérieur et le plus souvent sans acteurs professionnels, comme au début du siècle. Ossessione de Luchino Visconti, Ladri di biciclette et Miracolo a Milano de Vittorio de Sica sont seulement certains des titres qui recueillirent un succés international.

En parallèle, dès les années 1950, un cinéma expérimental trouve aussi à s'exprimer. Les chefs de file en sont les célébrissimes Michelangelo Antonioni et Federico Fellini. Réfutant les structures classiques de la fiction cinématographique, ils proposent chacun leur propre vision du cinéma. Un cinéma onirique ou poétique pour Fellini ou Pasolini, d'avant-garde pour Mario Bava et Sergio Leone, ou politiquement polémique pour Bellocchio et Ferreri. Avec des titres comme La Dolce Vita et La Strada, Fellini s'impose comme un point de référence incontournable du cinéma italien dans le monde. Dans les années 1970, le cinéma italien traverse une période de crise, notamment à cause du manque de moyens, de la concurrence économique de l'industrie hollywoodienne, et de la Nouvelle Vague française.

Les grands réalisateurs italiens d'après-guerre et qui continuent à officier souffrent du manque de relève. Bertolucci reste cependant sur le devant de la scène et tourne aussi à Hollywood, tout comme Sergio Leone. Incarnant le renouveau, les frères Taviani s'illustrent dans les années 1980, mais ne suffisent pas à la relève du cinéma italien. Aujourd'hui, la nouvelle génération de cinéastes italiens compte des personnalités aussi originales que diverses. Depuis la fin des années 1980, Nanni Moretti jongle entre un regard acide sur la société, des oeuvres autobiographiques, une réflexion sur le processus de création, ou la tragédie réaliste (La Chambre du fils). Roberto Benigni, l'artiste caméléon, reprend le flambeau du traditionnel style comique italien avec son jeu d'acteur à l'humour irrévérencieux, signant au passage des scénarios pour des réalisateurs prestigieux comme Bertolucci. Giuseppe Tornatore le Sicilien a pour sa part ému le public du monde entier avec son Cinema Paradiso à la fin des années 1980. Ces dernières années ont vu fleurir des talents hétéroclites dans le cinéma italien. Plusieurs films, après un gros succès dans la péninsule, ont été distribués en France. C'est le cas de Juste un baiser (2001) et Souviens-toi de moi (2003), qui ont ouvert les portes d'Hollywood à leur réalisateur, Gabriele Muccino.

Respiro (2002) d'Emanuele Crialese ou encore L'Ami de la famille (2006), réalisé par Paolo Sorrentino, puis Il Divo (2008), film retraçant le parcours de Giulio Andreotti, ont eux aussi séduits tant la critique que le public. Chaos Calme, adaptation du roman à succès de Sandro Veronesi, marque en décembre 2008 le retour comme acteur de Nanni Moretti. Aussi, comment ne pas mentionner deux films coups de poing : Romanzo criminale (2006), de Michele Placido, qui traite du terrorisme rouge des années de plomb, et l'adaptation du livre-événement de Roberto Saviano, Gomorra, réalisé par Matteo Garrone, sorti durant l'été 2008. Enfin, n'oublions pas La Grande Bellezza (2013), de Paolo Sorrentino, applaudi par la critique au Festival à Cannes et séléctionné pour les Oscars 2014.

Le cinéma italien, c'est aussi ses figures mythiques (Sophia Loren, Marcello Mastroianni, Anna Magnani...), actrices et acteurs qui ont marqué le paysage cinématographique par leur grâce et leur talent.

Littérature

Originaire de Turin, Primo Levi, martyr juif des camps de concentration, trouve comme thérapie l'écriture pour échapper à l'horreur de sa destinée, un soulagement temporaire puisque l'auteur de Si c'est un homme mettra finalement fin à ses jours en 1987. Des collines piémontaises, on retiendra également l'oeuvre de Cesare Pavese (1908-1950), auteur parmi les plus marquants et les plus discutés de l'après-guerre, qui mettra également fin à ses jours volontairement.

Dino Buzzati (1906-1972) est quant à lui originaire de Belluno dans les Dolomites. Journaliste, peintre et écrivain, il voyait la montagne comme " le symbole parfait de la quiétude suprême ". Il suffit de lire entre les lignes, et les Dolomites de Buzzati finissent toujours par réapparaître, même parmi les immeubles d'une ville, ou derrière les hallucinations du lieutenant Drogo perdu dans la fuite du temps (dans Le Désert des tartares).

Médias locaux

L'Italie a une longue tradition de libre expression de la presse écrite. Certains journaux sont d'ailleurs parmi les plus anciens d'Europe, comme La Gazzetta di Mantova (1735), Il Giornale di Bergamo (1812), La Nazione (1859), La Stampa (1867), ou encore Il Corriere della sera (1876).

C'est pourquoi l'Italie a aujourd'hui encore un nombre important de publications de presse écrite, qu'elle soit quotidienne, hebdomadaire ou périodique. Toutes les tendances, politiques, économiques, sociologiques et culturelles sont ainsi représentées et diffusées.

Qu'elle soit d'ampleur nationale (comme La Repubblica), ou locale (comme Il Piccolo, journal de Trieste), la presse foisonne en Italie, chaque province éditant son propre quotidien. Les journaux les plus importants ne sont pas forcément ceux qui paraissent dans la capitale, comme c'est le cas en France. De nombreux quotidiens, de Turin, Milan ou Florence, ont une diffusion nationale, voire internationale, ceci s'expliquant par l'organisation particulière de l'Italie, et par son passé.

Quotidiens les plus lus. La Repubblica (Rome), Il Corriere della Sera (Milan), La Stampa (Turin), Il Messaggero (Rome), et L'UnitàIl Sole 24 ore (Milan), Milano Finanza et Il Corriere mercantile (Gênes) sont les plus représentatifs de la presse économique et financière.

Quotidiens sportifs. La Gazzetta dello sport (Milan), qui est incontournable en la matière.

Magazines. L'Espresso et Panorama développent les sujets les plus divers et sont très utiles pour qui veut comprendre la société italienne contemporaine.

Journaux étrangersLe Monde, L'International, Herald Tribune... sont parfaitement bien distribués sur tout le territoire.

GDS
Mode

Depuis plusieurs années, les couturiers et créateurs italiens sont revenus sur le devant de la scène. Parmi eux, cinq grands noms se distinguent : Gucci, Prada, Armani, Versace et Dolce & Gabbana. Prada, Armani, Versace... ces prestigieuses marques viennent pour la plupart de Milan.

Armani. Cette griffe n'est pas en reste puisque nombre de ses articles (maillots de bain, ceintures, jeans) sont frappés du sigle E.A., Emporio Armani, qui ne signifie pas " empire " mais " bazar " Armani. Armani, lui, se situe plutôt dans le chic discret ; il habille par exemple Claudia Cardinale ou Isabella Rossellini. Il a lancé des lignes bis un peu moins chères, comme Armani Jeans. L'ouverture de l'Emporio Armani sur le boulevard Saint-Germain à Paris, à la place du drugstore, avait provoqué en son temps des remous dans ce quartier qui se voulaitt littéraire et intellectuel, et est devenu depuis un repaire de créateurs.

Prada. C'est encore une histoire de famille qui a aussi commencé par la maroquinerie. Miuccia Prada, la créatrice et petite-fille du fondateur, a introduit dans les années 1970 une ligne de prêt-à-porter. Elle donne ses lettres de noblesse à la marque dans les années 1990 et crée dans la foulée la marque Miu Miu (1993). C'est aujourd'hui un empire (le groupe a racheté Jil Sander, Church's, Azzedine Alaïa...) et une référence dans le milieu de la mode.

Versace. Même si c'est une histoire de famille comme pour Prada et Gucci, il se démarque radicalement par son style ; à l'opposé du chic de bon ton, du beige, du noir, Gianni Versace est l'emblème du " too much ", du style show-biz à outrance. Il est à la mode ce que le néoclassique et le néo-Empire sont à la décoration. Gianni Versace, en juillet 1997, a tristement fait la une de l'actualité : son assassinat à Miami a endeuillé toute l'Italie. A la place des traditionnels " chiuso per ferie ", les boutiques Versace ont fermé leurs portes l'espace d'un " chiuso per lutto ", " fermé pour deuil ", et c'est désormais Donatella, la soeur de Gianni, qui est à la direction artistique de la marque.

Musique
La mandoline est un instrument incontournable de la musique baroque.
La mandoline est un instrument incontournable de la musique baroque.

Musique classique. La musique commence naturellement par la religion. On chante en latin les chants grégoriens et ces mélodies constituent les premiers tubes de la musique mondiale. Guy D'Arezzo invente les notes et la lecture musicale, les troubadours se produisent hors des frontières pour promouvoir madrigaux et chansons épiques.

La Toscane est le berceau d'une profonde évolution musicale. A la cour florentine de Laurent le Magnifique, les musiciens rivalisent pour mettre en accords les plus belles poésies. A Sienne est fondée la première académie.

Mais le XVIe siècle voit l'avènement d'un pape très mélomane, Léon X, et c'est Rome qui donnera à la Renaissance italienne son plus grand musicien, Palestrina.

A la fin du siècle, c'est encore à Florence que naît un genre qui va révolutionner la composition : l'opéra. Un compositeur natif de Crémone, Monteverdi, lui donnera ses lettres de noblesse avec Orfeo, joué pour la première fois en 1607. Monteverdi est le premier d'une liste prestigieuse.

Parallèlement, la musique instrumentale se développe. Les luthiers lombards mettent au point le violon. C'est notamment le cas, à Crémone, de la dynastie des Amati. Niccolo Amati, sera le maître de deux facteurs de génie, Guarnieri et Stradivarius, dont les instruments vont donner encore davantage de relief aux oeuvres des Scarlatti et bientôt Vivaldi.

Sonates et concertos apparaissent à la fin du XVIIe siècle, ce qui ne ralentit pas la production de musiques religieuses et d'opéras (Albinoni, Pergolèse, Cavalli). Dans le courant du XVIIIe siècle, l'opera buffa donne de la fantaisie à l'opéra en le popularisant. Le grand opéra romantique italien, celui dont la popularité va gagner toutes les scènes du monde, coïncide avec l'esprit de liberté du Risorgimento. Rossini, Bellini, Donizetti, Verdi et, plus tard, Puccini composent le quintet magique du XIXe siècle. Les grandes salles italiennes acquièrent une renommée mondiale (la Scala de Milan, le San Carlo à Naples, la Fenice à Venise). Le XXe siècle est marqué par quelques musiciens importants tels que Respighi et, pour les contemporains, Nono, Berio ou Bussotti.

VariétésMais, comme partout en Europe, les chansons douces et réalistes, les refrains populaires envahissent les premières radios. Come Prima date des années 1950, bientôt repris par Dalida. Un peu plus tard, Domerico Modugno (Volare, repris par les Gipsy Kings), Toto Cutugno (L'italiano) ou le crooner Adriano Celentano (24 000 Baci, également chanté par Dalida). Des années 1970, on retiendra Drupi (Vado via, Ricchi e Poveri avec Sara perché ti amo), Umberto Tozzi avec Tu et le lancinant Ti amo (ah, que de slows nous reviennent en mémoire !). Puis, dans les années 1980-1990, Gianna Nannini (l'amazone à la voie rauque qui chantait I maschi), Marco Masini (Perché lo fai), Giorgia (la Whitney Houston italienne). On trouve aussi Laura Pausini (La Solitudine, gros succès commercial) et le latin lover dans toute sa splendeur, Eros Ramazzotti le bien nommé. Au début des années 1980, le disco marche bien avec Fizzi Contini, on entend et on regarde de près les formes avantageuses de Sabrina, on écoute Pino d'Angelo et Raf (Self Control).

Il faut aussi citer deux chanteurs populaires au succès international, d'un genre très différent : Zucchero, l'énergique bluesman rock, et Andrea Bocelli, le ténor aveugle qui chante aussi bien le classique que la variété ou le folklore napolitain (Con te partirò...). Impossible de laisser de côté Vasco Rossi, sorte de Johnny Hallyday transalpin, qui remplit les stades à chaque tournée. Plus jazzy et mélancoliques, deux auteurs interprètes de talent venus assez tard à la musique et malheureusement plus connus en France que chez eux : Paolo Conte et Gian Maria Testa.

Pour le jazz proprement dit, on citera les trompettistes Enrico Rava, Paolo Fresu et le batteur Aldo Romano. On peut parler encore de la musique populaire engagée et polyphonique de Giovanna Marini, de la musique régionale avec le Milanais Walter Valdi et le Napolitain Edoardo Bennato. Le plus gros tube de la chanson napolitaine a cent ans : O sole mio, que son auteur vendit 25 lires avant de mourir dans la misère.

Pour vous mettre vraiment dans le bain actuel, écoutez Ligabue, Litfiba et Carmen Consoli pour le rock, Pitura Freska et Ska-j pour le reggae, Caparezza, 99 Posse et Anticolo 31 pour le rap et l'inclassable Elio e le Storie Tese, spécialisé dans le pastiche et l'humour subversif au second degré. Enfin, voici quelques autres groupes d'Italie du Nord à découvrir : les Modena City Ramblers (folk festif), Subsonica (électro-rock turinois), Marlene Kuntz (rock de Cuneo), Giardini di Miro (post-rock de Reggio Emilia).

Peinture et arts graphiques
Graffiti sur une porte de Milan.
Graffiti sur une porte de Milan.

L'art italien prend ses racines dans la Grèce antique, avant même l'Empire romain. Du temps des Etrusques, des échanges s'opèrent déjà avec les cités grecques. L'art romain, celui de la Rome antique, est aussi celui du principe (prince) et s'attache tout d'abord à servir la politique et la religion de l'Empire romain. Mais, les fresques murales, les représentations de scènes mythologiques ou de la vie quotidienne en mosaïques (comme dans les églises de Ravenne) restent un héritage direct de l'art byzantin.

La chute de l'Empire romain marque ensuite le progressif abandon des techniques byzantines, pour permettre l'avènement d'un art plus chrétien. En effet, Rome qui avait d'abord condamné le christianisme naissant finit par en faire sa " religion d'Etat " dès la fin du IVe siècle, sous le règne de Théodose. Les églises, lieu crucial du culte, se construisent, et pour les orner la peinture chrétienne se développe.

L'art pictural médiéval met en scène les valeurs religieuses et les croyances à l'aide du symbolisme, sans se soucier de réalisme dans la figuration.

La pré-Renaissance ou le naturalisme. A partir du XIIIe siècle commence le mouvement de " conquête de la réalité " qui va bouleverser l'histoire de la peinture occidentale. Désormais les artistes s'appliquent à restituer les apparences de la réalité sensible et, pour franchir cette étape, des avancées techniques picturales sont nécessaires. Cimabue et son élève Giotto, l'artiste phare du XIVe siècle qui a réalisé le campanile de Florence et les fresques de la basilique supérieure de Saint-François à Assise, sont les premiers à vouloir sortir de la représentation d'icônes à la byzantine. Insérant de la vie, des émotions, des paysages dans la peinture, cet artiste de la pré-Renaissance lance le courant du " nouveau naturalisme ", représentant pour la première fois des personnages divins avec humanité. Pendant ce temps, les artistes de l'Ecole de Sienne, qui restera à l'écart de la Renaissance, ont troqué les traditions byzantines pour un art gothique animé par Simone Martini et les frères Lorenzetti, remarquables pour leur travail sur la précision et le détail.

La première Renaissance. Puis vient le XVe siècle, et ses grandes familles princières des cités italiennes. Le mécénat bat son plein : les Médicis à Florence, les Sforza à Milan... C'est d'ailleurs dans la ville toscane avec l'Ecole florentine que les premiers peintres de la Renaissance s'exprimeront. L'âge de la première Renaissance italienne appelée " Quattrocento " est arrivé. Parmi ses acteurs, Masaccio, l'inventeur du point de fuite unique, axe son travail sur la perspective, les volumes et les proportions, ou encore Brunelleschi, architecte hors pair qui conçoit la première coupole, et peintre de génie cherchant les proportions parfaites que Donatello le sculpteur a trouvées dans ses statues. A cette époque décisive d'ouverture sur le monde et à la connaissance, l'art religieux se trouve bousculé. Reflétant la sécularisation de la société, les arts plastiques s'étendent de plus en plus à des sujets profanes. Dans ce contexte, la représentation vise aussi à une compréhension profonde de la nature.

La haute Renaissance. Jusqu'à présent, la révolution des arts en Italie avait été portée essentiellement par la bourgeoisie, et Florence en était la capitale incontestée. Cependant à partir de 1500, le mouvement se translate vers Rome et Venise. La cité romaine souhaite retrouver sa place de foyer culturel occidental, au travers de la Papauté qui commande aux plus grands artistes la construction des établissements de la chrétienté.

Peinture, sculpture, architecture, mathématiques, les génies de la Renaissance qu'on ne présente plus (Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange...) possèdent tous les savoirs et savoir-faire qu'il s'agisse de sciences, de techniques ou de leur incroyable talent artistique. Léonard de Vinci était même musicien ! L'âge d'or de la Renaissance s'incarne dans l'oeuvre de Raphaël, dont l'aboutissement, au seuil de la perfection, regroupe tous les idéaux d'harmonie de l'époque.

A Venise, Bellini développe une peinture lumineuse et inspirée à partir du naturalisme, avec une touche plus intime qu'à Rome. Ses successeurs seront Titien avec ses portraits célèbres, Véronèse et Le Tintoret.

Le maniérismeAprès l'apogée de la Renaissance, l'Italie connaît une crise brutale qui se répercute dans les arts. Alors que les Espagnols (sac de Rome en 1527) prennent le pas sur le pays, la Réforme qui progresse prodigieusement menace l'intégrité de l'Eglise romaine. Dans ce climat tendu qui contraste avec la sérénité du début du siècle, le maniérisme apparaît. L'âge d'or passé, les héritiers des grands maîtres élaborent une peinture plus abstraite. Leurs oeuvres prennent des accents irréels, les proportions se déforment. Dans l'ombre de leurs grands frères, les peintres du maniérisme tels Jules Romain de Mantoue et le Parmesan à Parme cherchent à exprimer leur originalité à travers des oeuvres qui suscitent le malaise. Instrument de la contre-Réforme catholique, le maniérisme est imprégné de plus de sévérité et moins d'hédonisme que durant la Renaissance.

Le baroque. Une fois la crise politique enrayée et la menace protestante réglée par le concile de Trente dans la deuxième moitié du XVIsiècle, un style très particulier commence à s'implanter à Rome, capitale de la chrétienté : l'art baroque. Les trois grandes figures de ce mouvement inspiré par l'étrange et le non-respect des arts sont l'architecte Borromini, le sculpteur Bernin et le peintre le Caravage. Figurant souvent des scènes dramatiques et inspirant la terreur, les peintures baroques jouent sur des contrastes puissants entre ombre et lumière. Outre exprimer l'originalité de ses artistes, le but de l'art baroque est aussi de réinspirer la foi aux catholiques, au besoin par la peur, et de réaffirmer la puissance de l'Eglise à travers une architecture monumentale. En Italie du Nord, Venise, Turin et Gênes seront très touchés par le style baroque jusqu'au XVIIIe siècle.

Le néoclassicisme. Le rococo, qui concerne les Arts décoratifs, prendra le relais du baroque, tandis que, par réaction à ce courant peu orthodoxe, le néoclassicisme sous l'influence des Lumières et de la redécouverte de l'Antiquité entame une nouvelle recherche de beauté absolue, d'équilibre et de clarté. C'est l'époque de l'Italie napoléonienne. Le peintre Andrea Appiani (Milan, 1754-1717) et le sculpteur Antonio Canova (Possagno 1757-Venise 1822) sont les artistes officiels de l'Empereur, roi d'Italie. En témoigne par exemple la toile d'Appiani, Napoléon, roi d'Italie, portrait de l'Empereur devant un décor à l'Antique. Le néoclassicisme prône le retour aux valeurs de la grande Rome, dans des scènes historiques de l'Antiquité. Aux XVIIIe et XIXe siècles, l'art italien vit cependant une récession, et son influence lumineuse des siècles passés se tarit significativement.

XXe et XXIe siècles. Au XXe siècle, l'art italien reprend une envergure internationale. En 1909, le courant futuriste (1910-1930) prend naissance à Milan, par la publication du Manifeste du futurisme. Pensé par le poète italien Filippo Marinetti (1876-1944), il paraît d'abord dans un quotidien français, Le Figaro. Dès 1910, le courant fait des adeptes, avec le Manifeste des peintres futuristes rédigé par des artistes tels Boccioni ou Severini.

Le futurisme prend ses racines dans le néo-impressionnisme et dans le cubisme français. Ce mouvement artistique, qui ne se limite pas aux seuls arts graphiques, souhaite faire table rase des traditions passées, prônant une esthétique nouvelle fondée sur le progrès, la machine, la vitesse. C'est un art avant tout urbain. Evoqué par la modernisation des villes ou l'invention de nouveaux moyens de transport (avion, voiture...), le futurisme figure des cités imaginaires ou le mouvement stylisé des machines dans des couleurs vives. Dans ses rangs, on compte Sant'Elia, Balla, Cara ou Russolo. Le courant connut ensuite un grand essor en Russie.

En 1915, en réaction contre le futurisme, Giorgio De Chirico, ami de Picasso et d'Apollinaire, fonde la peinture métaphysique (pittura metafisica), avant-garde du surréalisme. Suivant les techniques classiques, ses peintures sont cependant empreintes de mystère et d'illogisme dont l'atmosphère onirique inspirera André Breton et le mouvement surréaliste.

Un parcours à contre-courant pour l'initiateur de cette peinture métaphysique puisqu'il préféra revenir dans les années 1930 vers une peinture académique. Jusqu'à l'époque fasciste, le retour aux critères classiques alliés à ceux de la peinture métaphysique forme en Italie le courant du Novecento. La Seconde Guerre marque une rupture brutale dans l'art. Désormais, les supports vont se diversifier. L'art contemporain s'ouvre sur l'expérimental, la conceptualisation devenant parfois le centre de l'oeuvre. Resté dans un style figuratif, Modigliani est sans conteste l'artiste phare du XXe siècle avec son oeuvre largement consacrée au visage humain.

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