Guide de LONDRES : Arts et culture

Architecture

L'architecture anglaise est bien moins connue que l'architecture française ou italienne et pourtant elle renferme des trésors dont Londres possède quelques témoignages allant de la période romaine jusqu'aux fleurons de l'architecture du XXIe siècle. Petit tour d'horizon...

Londres romaine et romane. Du Londres romain, il ne reste plus grand-chose, seulement quelques vestiges désormais exposés dans les musées et, tout de même, les ruines d'un amphithéâtre trouvé en 1988 durant des travaux sur le site du Guildhall Art Gallery. A Tower Hill, il est également possible de voir les restes d'une enceinte fortifiée. Autre époque, autre architecture, l'église All Hallows by the Tower, située près de la Tour de Londres, est un bel exemple de l'architecture saxonne. L'architecture anglo-saxonne a d'ailleurs été influencée par l'architecture normande dans la mesure où Edouard le Confesseur, élevé en Normandie, avait fait venir des maçons pour travailler à l'abbaye de Westminster, premier édifice de style roman en Angleterre. Cette influence donne ainsi naissance au style anglo-normand, qui est caractérisé par des voûtes en berceau, des piliers robustes et des extérieurs massifs et dépouillés, comme en témoignent les donjons et la chapelle St John de la Tour Blanche qui se situe dans l'enceinte de la Tour de Londres.

La période gothique. Imposée vers 1191 par la cathédrale de Wells ou la cathédrale de Lincoln, l'architecture gothique va se répandre sur l'ensemble de l'Europe. A Londres, l'église située dans la cour du Temple (Inns of Court), construite à la fin du XIIe siècle, montre la transition entre le style normand à arc rond et le style gothique à arc en ogive. Il reste néanmoins peu d'églises de la période médiévale à Londres à cause du Grand Incendie de 1666 qui a détruit quantité de bâtiments. Ceux qui ont échappé aux flammes ont dû tout de même être restaurés ou agrandis au cours des siècles et, alors, les parties gothiques sont souvent transformées ou détruites pour accueillir les nouvelles modifications, réunissant ainsi plusieurs styles gothiques sur un même site. C'est le cas pour l'abbaye de Westminster où l'on distingue clairement les trois périodes du gothique anglais : le gothique primitif (fin du XIIe siècle-début du XIVe siècle), le gothique flamboyant (fin du XIIIe siècle-fin du XIVe siècle) et le gothique perpendiculaire (fin du XIVe siècle-début du XVIe siècle). Le gothique flamboyant est surtout présent dans les fenêtres à nervures, qui ont été ajoutées pour mieux laisser passer la lumière, et la multiplication des ornements. Enfin, le gothique perpendiculaire se caractérise par une redéfinition des volumes intérieurs et des masses extérieures et par l'apparition de voûtes en éventail qui cassent la verticalité des lignes architecturales, comme on peut le remarquer dans la chapelle Henri VII.

Styles Tudor et Stuart. Le style Tudor apparaît sous le règne de la dynastie du même nom (1485-1603). Le meilleur exemple en est le palais de Hampton Court (1514) et celui de St James (1532). A cette époque, l'architecture est plus tournée vers des constructions laïques qu'ecclésiastiques et, depuis la dissolution des monastères par Henri VIII, de nombreux terrains vacants permettent aux riches familles de bâtir d'importantes demeures. Le matériau le plus utilisé est la brique rouge. On apporte un grand soin aux ornements et aux détails, les portes et les fenêtres sont plus petites mais aussi mieux travaillées et décorées. C'est également à cette période que les feux ouverts et les cheminées se répandent. Celles-ci sont torsadées et décorées à l'aide de briques de différentes couleurs. Avec l'âge d'or de la période élisabéthaine et une forte croissance économique, un boom des constructions se produit. L'architecture est marquée par la Renaissance italienne et par les influences provenant du Nouveau Monde alors en pleine colonisation. Une pièce prend son acception moderne : le hall qui dessert, tout comme aujourd'hui, plusieurs pièces à la fois. Autre époque, autre style, le style Stuart est surtout marqué par deux grands architectes : Inigo Jones (1573-1652) et Christopher Wren (1632-1723). Le premier, architecte à la cour et ordonnateur des divertissements, ayant vécu en Italie, introduit en Angleterre le style classique palladien : lignes horizontales ornées de colonnes doriques ou corinthiennes, décorations avec des guirlandes, importance accordée aux statues, présence de balustres sur les toits...

Les plus beaux exemples de ce type sont, sans conteste, Queen's House à Greenwich et Banqueting House à Whitehall. Le second a encore plus fortement marqué Londres. Christopher Wren est en effet certainement le plus grand architecte dans l'histoire de la ville. Son style est caractérisé par un mélange d'influences classiques et baroques européennes. Lorsque, en septembre 1666, le Grand Incendie détruit presque complètement la ville, c'est à lui qu'est confiée la reconstruction de la plupart des bâtiments. En deux semaines, il met sur pied un remarquable plan d'urbanisme, avec des places et de larges ensembles architecturaux, où convergent des rues en lignes droites bordées d'arbres. Ce projet pourtant échoue en partie, car les habitants veulent reconstruire au plus vite. Que fait Wren alors ? C'est lui qui élabore les plans de plusieurs églises dont la plus célèbre de toutes est sans aucun doute la cathédrale Saint-Paul qui reste l'oeuvre de sa vie. A sa mort, ce sont ses disciples, Nicholas Hawksmoor et James Gibbs, qui poursuivent son oeuvre. On leur doit notamment Christ Church à Spitalfields (Hawksmoor, 1729) et l'église St Martin in the Fields (Gibbs, 1726).

Style georgien et renouveau classique. Avec l'arrivée du XVIIIsiècle, un style nouveau apparaît, le style georgien et, avec lui, le retour au classicisme, influencé par les styles grec et romain. On orne les bâtiments de pilastres corinthiens ou ioniques, on installe des bas-reliefs au-dessous des fenêtres, les intérieurs se couvrent de couleurs pastel, les plafonds sont décorés de légers motifs antiques, le mobilier également se fait plus élégant. Dans la ville, de nouvelles rues sont tracées, rectilignes, bordées de maisons individuelles toutes sur le même modèle. Elles sont rectangulaires et symétriques avec un toit à quatre pans, une corniche, des fenêtres à guillotine et un porche soutenu par des colonnes. L'essor démographique entraîne l'éclosion de nouveaux quartiers : Bloomsbury, Mayfair... Parmi les architectes de cette période, on peut citer notamment William Kent (1675-1748), qui réalise Kensington Palace et Chiswick House, et Robert Adam (1728-1792), qui signe le renouveau classique en insistant sur le respect des proportions. L'actuel Institut Courtauld en est le parfait exemple. Un autre architecte clé de Londres est John Nash (1752-1835) qui travaille durant le règne du prince régent George IV et dont le style est, de ce fait, qualifié de Regency. Il contribue à transformer une partie du paysage londonien, notamment l'aménagement de Regent's Park qu'il entoure de bâtiments cossus disposés en croissant. Les bâtiments possèdent tous des terrasses et des squares ; construits en brique, ils sont recouverts de stuc et peints en blanc pour en mettre plein la vue et donner une impression encore plus majestueuse à l'ensemble. C'est également à John Nash que l'on doit la création de Trafalgar Square et surtout le palais de Buckingham.

Néogothique. C'est durant l'ère victorienne, entre 1837 et 1901, que le néoclassicisme s'éclipse pour céder la place au néogothique. Le Gothic Revival, moins inspiré des architectes, vient plus des philosophes et des sociologues qui sont à la recherche d'un éveil religieux et d'un regain de morale. Le style gothique représente alors une parfaite alliance entre les valeurs artistiques et religieuses, pures, honnêtes et chrétiennes. Un retour aux matériaux utilisés durant le Moyen Age est également effectué et l'on utilise à nouveau la brique rouge notamment. Avec ce nouveau style architectural, on attaque la réalisation de grands projets d'urbanisation, à Chelsea, Paddington et Kensington. Le néogothique s'impose pour tout bâtiment public ou religieux. Les styles précédents sont rejetés au point de détruire de nombreux bâtiments georgiens et de nombreuses églises bâties sur les plans de Christopher Wren. Les deux plus beaux exemples de cette période sont sans conteste la reconstruction des Houses of Parliament en 1836, qui donne à Charles Barry et August Pugin l'occasion de réaliser une oeuvre d'envergure, ainsi que la station de St Pancras, dessinée par George Gilbert Scott.

Architecture moderne. Si avec l'arrivée de la révolution industrielle Londres voit éclore gares, usines, ponts, et immeubles, il faut attendre l'issue de la Seconde Guerre mondiale que le renouveau architectural s'effectue. Le centre-ville, fortement endommagé par les bombardements de l'hiver 1940, est reconstruit et des immeubles modernes poussent un peu partout, souvent peu esthétiques, car il faut reconstruire vite et pas cher. Dans le quartier de Barbican, par exemple, un ensemble résidentiel de béton est bâti sur un site complètement détruit par les bombardements. En 1951, l'Exposition universelle est l'occasion de créer un nouveau bâtiment, le Royal Festival Hall, qui marque le début de South Bank Arts Centre, réalisé sur une zone anciennement occupée par des usines et des entrepôts désaffectés. Les années 1950 et 1960 développent le brutalisme, mouvement hérité d'architectes comme Le Corbusier ou Mies Van Der Rohe. Les années hippies sont de leur côté les témoins d'oeuvres spectaculaires à l'esthétisme discutable comme la British Telecom Tower en verre et acier (1966) ou le Centre Point (1967) tandis que les années 1980 voient apparaître les gratte-ciel de la National Westminster (1981), la Lloyd's (1986) et ses tuyaux apparents ainsi que le plan de reconstruction des Docks. Pour cet ambitieux projet d'une nouvelle architecture, une réhabilitation totale des lieux est entreprise. C'est aussi durant les années 1980 que Londres et son plan urbanistique vont être en perpétuelle évolution : réaménagement des quartiers de South Bank confié à Richard Rogers (qui a participé à la construction de Beaubourg), extension de la National Gallery à Trafalgar Square réalisée par l'architecte néoclassique Venturi et de nouveaux projets entamés par le maître incontesté de cette nouvelle architecture londonienne, Norman Foster (City Hall, Gherkin, etc.).

Architecture d'aujourd'hui. Le passage dans le XXIe siècle fut l'occasion de lancer plusieurs projets de grande envergure. Ces derniers contribuent à donner à Londres un visage résolument moderne : la Tate Modern, le Millennium Bridge, le Millennium Dome ou encore London Eye. L'organisation des Jeux olympiques de 2012 à Londres a notamment lancé une nouvelle vague de constructions dans l'est de la ville où de vastes quartiers d'entrepôts sont réhabilités. En symbole, ArcelorMittal Orbit, la majestueuse sculpture d'Anish Kapoor, qui culmine à 115 mètres. Le Parc olympique a bien sûr influé sur tout l'urbanisme de l'East End, où des logements, des rues, des commerces sont en construction actuellement. Au sud, parmi les nouvelles constructions symboliques, Heron Tower a été complétée en 2011, et du haut de ses 230 mètres, elle est devenue la plus haute tour de Londres - bien vite détrônée par The Shard dessinée par l'architecte italien Renzo Piano, un building tout de verre dont les 319 m en font le quatrième plus haut gratte-ciel d'Europe. Inauguré en juin 2012, " L'éclat de verre ", tour au design moderne, comme une pyramide allongée, compte 66 étages. L'Aquatics Centre, conçu par l'architecte Zaha Hadid et inauguré en 2011, est un centre aquatique situé dans le Parc olympique de Stratford dans l'est de Londres. Il a été construit pour les Jeux olympiques d'été de Londres en 2012. Parmi les dernières oeuvres architecturales, le Leadenhall Building (225 m), connu sous le nom de cheese grater (la râpe à fromage), est ouvert au public depuis 2014. Vous ne pouvez pas le rater, le bâtiment se distingue par sa forme inclinée à 10° pour ne pas gêner la vue notamment sur la cathédrale Saint-Paul depuis le palais de Westminster ! En juin 2016, Londres a ouvert les portes du plus important édifice culturel construit depuis vingt ans et baptisé la Switch House. L'extension de la Tate Modern est le troisième bâtiment de l'un des musées les plus prestigieux du pays en termes d'art contemporain. S'élevant sur 10 étages le bâtiment offre une vue panoramique exceptionnelle sur la Tamise. Les architectes Herzog & de Meuron ont opté pour une construction futuriste prenant la forme d'un polygone habillé de brique et qui s'accorde parfaitement avec l'édifice central qui était autrefois une usine électrique. La Switch House augmente de 60 % la surface du musée de la Tate Modern, autant d'espace qui permet de diversifier les propositions artistiques allant de la photographie aux installations et performances d'artiste. Pour ceux qui vont visiter Londres, les différents grands chantiers un peu partout indiquent clairement que le développement architectural continue et que d'autres projets devraient encore venir modifier le paysage londonien.

Quelques bâtisseurs de Londres

Inigo Jones (1573-1652). Cet architecte anglais est également paysagiste et décorateur de théâtre. Il effectue un séjour en Italie qui lui permet de revenir en Angleterre avec des idées inspirées de la Renaissance italienne et plus particulièrement du style palladien. Inigo Jones se fait connaître grâce à la Queen's House de Greenwich dont le style est, à l'époque, révolutionnaire. Son autre ouvrage marquant se trouve en plein coeur de Londres, à Whitehall. Il s'agit de la Banqueting House qu'il est chargé de réaliser en 1619. C'est également lui qui, en dessinant le plan de la place de Covent Garden, introduit la notion d'urbanisme puisqu'il s'agit à l'époque de la première place de la capitale. Depuis, le square de Covent Garden a été modifié de nombreuses fois. Inigo Jones travaille également à la rénovation de l'ancienne cathédrale Saint-Paul (qui sera détruite par les flammes peu après) lui donnant un style plus classique.

Christopher Wren (1632-1723). Né en 1632, Christopher Wren semble avoir eu plusieurs vies en une seule. Intéressé par l'astronomie grâce à son précepteur, il va, avant son entrée à l'université, passer trois ans à assister le docteur Scarborough, futur médecin royal, dans différentes études anatomiques. A l'université, il étudie l'astronomie tout en continuant ses expérimentations en anatomie (il réalise une transfusion sanguine entre deux chiens). Il produit également de nombreux travaux mathématiques et est reconnu comme une figure centrale de l'époque dans ce domaine. Il est difficile de savoir à quand remonte son intérêt pour l'architecture mais il ressort que, en 1661, on lui propose de travailler sur les fortifications du port de Tanger, poste qu'il refuse. En 1663, il part pour Rome où il va faire une étude complète du théâtre de Marcellus, qui va vivement influencer sa vision de l'architecture. Et, en 1665, lors d'un voyage à Paris, il rencontre de grands artistes français et italiens comme Bernin et il sera profondément marqué par les bâtiments que sont les Invalides et la Sorbonne. L'occasion de faire ses preuves en tant qu'architecte arrive fortuitement avec la reconstruction de Londres, nécessaire après le Grand Incendie de 1666. Nommé architecte en chef de la Commission de reconstruction, il se consacre désormais entièrement à cette nouvelle vocation. Il réalise les plans de 53 églises, mais son oeuvre majeure reste la reconstruction de la cathédrale Saint-Paul, entièrement détruite. Sur son tombeau, on peut lire : " Lecteur, si tu cherches un monument, regarde autour de toi ".

Norman Foster (1935). Foster est sûrement la figure emblématique de l'architecture du XXe siècle britannique. Après des études à l'université de Manchester et un master obtenu à Yale aux Etats-Unis, Norman Foster fonde, en 1963, Team 4, avec Richard Rogers. Les projets qu'ils réalisent forment les bases de l'architecture dite " high-tech ", qui devient par la suite la marque de fabrique des deux hommes. En 1969, il crée Foster Associates, aujourd'hui rebaptisé Foster and Partners et travaille avec Renzo Piano. Auteur de nombreux projets d'architecture à travers le monde, ses oeuvres portent la marque de la recherche esthétique, de la révolution technologique et du respect de l'environnement. La construction du siège de la Hong Kong and Shanghai Bank (HSBC) à Hong Kong est certainement l'oeuvre qui achève de lui donner une réputation internationale. Ses ouvrages contribuent considérablement à l'actuelle transformation du paysage londonien. On lui doit, entre autres, la grande cour du British Museum, le Millennium Bridge, le City Hall et le Gherkin.

Cinéma

Si tout le monde en France connaît les frères Lumière ou Thomas Edison pour leurs découvertes déterminantes dans le milieu cinématographique, peu savent qu'un Anglais, Robert William Paul, développe les mêmes techniques à la même période, met au point des brevets et entre en concurrence avec les Français et les Américains. C'est lui qui produit une machine similaire au kinétoscope pour visionner des films en 35 mm, s'associant à un certain Birt Acres pour créer une caméra. Le cinéma britannique fait ses débuts en 1895, quelques jours après le cinéma français. Les deux hommes réalisent quelques films courts comme La Course de bateau d'Oxford et Cambridge, Pierrot et Pierrette. A cette période, d'autres réalisateurs apparaissent, comme ceux de l'école de Brighton : James Williamson, George Albert Smith... Dès les années 1930, le cinéma britannique veut endiguer la profusion de films américains et veut développer sa propre industrie du film. Des réalisateurs comme Alfred Hitchcock vont contribuer à sa renommée internationale. L'entre-deux-guerres est marqué par deux figures importantes : la première est Alexander Korda, réalisateur et producteur, qui fonde la société de production London Films en 1931. Il a également fait un travail remarquable sur l'usage de la couleur dans les films. On lui doit notamment La Vie privée d'Henry VIII et Rembrandt avec Charles Laughton ; la seconde est John Grierson, père du documentaire. La London Films va, au fil des années, se spécialiser dans les reconstitutions historiques et les films romantiques : La Vie privée de Don Juan (1934), La Grande Catherine (1934), L'Invincible Armada (1937). Des cinéastes étrangers comme René Clair, Jacques Feyder, Ernst Lubitsch, Julien Duvivier viennent travailler pour la London Films.

La Seconde Guerre mondiale apporte une désorganisation générale de la production cinématographique anglaise. Pourtant, tout est fait pour continuer de produire et de projeter des films, et l'après-guerre assiste à une production de films toujours empreints d'un certain réalisme. Parmi les succès de ce cinéma, Brève Rencontre de David Lean obtient la Palme d'or au Festival de Cannes en 1946. Ce réalisme qui aide dans l'adaptation de grands classiques comme Hamlet ou Richard III est bientôt côtoyé par le film d'humour, où rapidement le burlesque et l'absurde deviennent la marque de fabrique du style anglais. Ce sont les fameuses comédies des studios Ealing, qui connaissent leur période de gloire à la fin des années 1940 et au début des années 1950. Lady Killers, Noblesse oblige ou encore Passeport pour Pimlico, tous ces films sont désormais des classiques du cinéma anglais. C'est l'association British Picture Corporation qui va reprendre le flambeau des productions importantes lorsque la London Films va montrer des signes de faiblesse après la mort d'Alexander Korda. Certaines figures majeures du cinéma anglais sont exilées aux Etats-Unis où elles font la plus grande partie de leur carrière. C'est le cas de Charlie Chaplin. Les années 1960 voient le cinéma britannique se lancer dans des productions de prestige : Docteur Jivago, Laurence d'Arabie, les fameux James Bond, un condensé de ce qu'il existe de plus anglais. Les studios britanniques accueillent également de plus en plus de cinéastes étrangers qui viennent y tourner leurs films (François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jacques Demy, Roman Polanski, Sydney Lumet). Les années 1960 et 1970 voient l'arrivée de réalisateurs issus de la télévision, aux engagements et aux méthodes parfois très éloignés : les Monty Python (Holy Graal, The Life of Brian) et Ken Loach (Poor Cow, 1967, Kes, 1970, Family Life, 1972) mais les années 1980 sont, elles, synonymes de marasme. Une crise économique entraîne une baisse des capitaux tandis que le nombre de foyers qui s'équipent de la télévision augmente. Les films de cette époque sont plutôt contestataires comme les oeuvres de Ken Loach ou Stephen Frears (My Beautiful Launderette, 1985).

Les années 1990 sont, quant à elles, marquées par les films de ces mêmes réalisateurs aux préoccupations avant tout sociales (Secrets and Lies, de Mike Leigh, obtient la Palme d'or à Cannes en 1996), par les films de Kenneth Branagh (Beaucoup de bruit pour rien, 1993) et par la sortie de Trainspotting de Danny Boyle en 1996. Les années 1990 sont également les années de la comédie britannique et des succès mondiaux tels que The Full Monty, Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill, etc. Ces films ont permis au cinéma anglais de se faire connaître, apprécier et de se développer internationalement. Des oeuvres comme Billy Elliott, East Is East ou Bend It like Beckham, mêlent humour et observation de la société anglaise. Les années 2000 ouvrent une ère où le cinéma britannique trouve un public à l'international. Le soutien des studios américains tant au niveau du financement que de la distribution favorise le succès de certaines productions britanniques comme celle de Bridget Jones qui a fait un triomphe à l'international. On ne cite plus Harry Potter, Chicken Run ou encore Wallace & Gomit : le mystère du lapin garou de Nick Park, qui a obtenu l'Oscar du meilleur long-métrage dans la catégorie film d'animation. Des grosses productions financées par des sociétés américaines mais qui laissent la réalisation aux britanniques. Quelques réalisateurs britanniques marquent les années 2000 comme Ridley Scott avec Gladiator ou encore la suite du Silence des agneaux et bien sûr Christopher Nolan qui marque toute une génération avec des films tels que Memento nominé aux oscars et qui lui ouvre en grand les portes des studios américains. S'en suit toute une série de films à succès, Insomia avec Al Pacino et Robin Williams, Batman Begins et son joker ennemi ou encore Inception (2010) un mélange entre thriller et science-fiction... En 2014 après une petite pause il réalise Interstellar avec Matthew McConaughey qui part à la recherche d'une nouvelle planète. Il enchaine avec des superproductions de super-héros avant de livrer au public Dunkerque (2017), un film sur la Seconde Guerre mondiale, un succès planétaire.

La Grande-Bretagne possède de nombreux acteurs et réalisateurs de talent, mais la plupart n'hésitent pas à se tourner vers les productions hollywoodiennes pour plus de gloire et un salaire plus important, ce qui brouille les pistes quant à leur nationalité ! La liste est longue, nous citerons juste parmi eux Jude Law, Hugh Grant, Kristin Scott Thomas, Liam Neeson, Kate Winslet, Keira Knightley, ou encore les réalisateurs Tony Scott (True Romance, Top Gun), Sam Mendes (American Beauty, Revolutionary Road) et Ridley Scott (Alien, Thelma et Louise, Gladiator, American Gangster).

Deux monuments du cinéma britannique

Charlie Chaplin (1889-1977). Charles Spencer (dit Charlie) Chaplin, l'un des personnages les plus emblématiques du XXe siècle, est né à Londres, dans le quartier d'East Lane à Walworth. Très jeune, il monte sur les planches en compagnie de son frère aîné. Son talent pour la pantomime est vite reconnu et il part en tournée en Europe, au Canada et aux Etats-Unis.

En 1913, il signe un contrat avec Hollywood, et c'est là qu'il devient véritablement célèbre, grâce à sa première apparition en tant que Charlot dans le film Kid Auto Races at Venice, de Henry Lehrman. Ce personnage, avec son chapeau melon, sa petite moustache, sa canne et sa démarche de canard lui sera à jamais associé.

Devenu réalisateur, Chaplin se met en scène dans plus de 70 films, dont il compose lui-même la musique. Tous ses films, dont de nombreux courts-métrages, sont autant de chefs-d'oeuvre portant la marque de son sens inimitable du comique, accompagné souvent d'une profonde mélancolie. Parmi les plus connus, citons Le Vagabond (1916), The Kid (1921), La Ruée vers l'or (1925), Les Temps modernes (1936) et Le Dictateur (1940). Dans toute son oeuvre, Chaplin prend la défense de l'individu confronté à l'adversité et à la persécution. Après avoir fui l'Amérique du maccarthysme en 1952, Chaplin part s'installer en Suisse. En 1975, il est anobli par la reine d'Angleterre avant de mourir en Suisse deux ans plus tard, le 25 décembre 1977.

Alfred Hitchcock (1899-1980). Alfred Joseph Hitchcock est né le 13 août 1899 à Leytonstone, dans la banlieue de Londres. Après des études dans une école technique, il fait des petits boulots et suit des cours de dessin à la section des Beaux-Arts de l'université de Londres. Entré dans le milieu du cinéma par la petite porte, il effectue divers petits boulots (coscénariste, décorateur, assistant réalisateur, monteur) avant de réaliser son tout premier film en 1926 et, deux ans plus tard, son premier film vraiment important, The Lodger, avec déjà tous les ingrédients des futurs films à succès. En 1929, Chantage est à la fois son dernier film muet et son premier film parlant puisque deux versions existent. Dès lors, sa carrière est lancée, entamant sa période anglaise jusqu'en 1939 avant d'enchaîner avec sa période américaine à partir de 1940. En tout, ce ne sont pas moins de 54 films qui ont tous un point commun : un style reconnaissable entre mille et des " recettes " : une dose d'humour, des intrigues bien construites, une actrice blonde, de l'angoisse et, bien entendu, du suspense. Autre marque de fabrique, Hitchcock apparaît dans la plupart de ses films. Si au départ cet impératif est guidé par des raisons économiques, pour éviter de payer un figurant, cela devient vite pour lui un jeu puis une obligation, guettée par les fans. Parmi ces films cultes, on peut citer : L'homme qui en savait trop (1934), Fenêtre sur cour (1954), Le crime était presque parfait (1954), Psychose (1960) et Les Oiseaux (1963). Il réalise son dernier film, Complot de famille, en 1975 et meurt le 29 avril 1980 à Los Angeles.

Littérature
<p>La maison natale de William Shakespeare, Stratford Upon Avon.</p>

La maison natale de William Shakespeare, Stratford Upon Avon.

L'Angleterre a donné naissance à des écrivains admirés dans le monde entier. La plupart d'entre eux ont vécu à Londres, et la ville et ses habitants ont inspiré de nombreux romans classiques et contemporains. Chaucer est le premier à évoquer la ville dans ses Contes de Canterbury (1387). Shakespeare monte sur les planches du Globe Theatre, et certaines de ses plus grandes tragédies y sont certainement créées. En 1722, Daniel Defoe, auteur de Robinson Crusoé, relate la Grande Peste qui ravage Londres en 1665, dans son Journal de l'année de la peste. Defoe présente tous ses romans comme des autobiographies qu'il ne signe pas. Ainsi, le Journal de l'année de la peste passe longtemps pour un document authentique. Samuel Pepys, dans son Journal (Pepys' Diary), tenu entre 1659 et 1669, décrit la vie quotidienne à Londres au XVIIe siècle. Le couronnement de Charles II, les ravages de la peste, le Grand Incendie de Londres y sont relatés au jour le jour. Au début du XIXsiècle, Charles Dickens décrit la vie dans les bas-fonds londoniens. Dans un autre style, Arthur Conan Doyle (1858-1930) véhicule l'image de Londres à travers le monde grâce à son célèbre détective fumeur de pipe et consommateur de cocaïne : Sherlock Holmes. Le XIXe siècle est un siècle de talent pour l'Angleterre. Le dandy Oscar Wilde connaît un grand succès notamment avec Le Portrait de Dorian Gray (1891), Lewis Carroll envoie Alice au pays des merveilles en 1865 et Wells écrit L'Homme invisible (1897) et La Guerre des mondes (1898). A la fin du XIXe siècle, Londres a également inspiré de nombreux écrivains américains, parmi lesquels on peut citer Henry James (Daisy Miller, Les Européens), Jack London (Le Peuple d'en-bas) et Mark Twain (Le Voyage des Innocents).

Entre les deux guerres, Bloomsbury devient le quartier des intellectuels londoniens. Le groupe de Bloomsbury englobe de nombreux artistes et écrivains. Parmi eux : T.-S. Eliot (La Terre vaine, 1922), Virginia Woolf (Orlando, 1928), Edward Morgan Forster, Aldous Huxley... A la même époque sortent Grandeur et Décadence (1928) d'Evelyn Waugh, Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell, où l'auteur de 1984 décrit son expérience de la misère dans les deux capitales. En 1934, Graham Greene publie C'est un champ de bataille. P.-G. Wodehouse (1881-1975), quant à lui, avec un humour typiquement britannique, tourne en dérision la bonne société anglaise. Colin MacInnes évoque le Notting Hill bohème et cosmopolite des années 1950 dans Les Blancs-Becs (Absolute Beginners, 1959). Plus proche de nous, Julian Barnes relate dans Metroland (1981) la vie des jeunes de banlieue et Martin Amis, auteur de Money (1984) et London Fields (1989), présente un portrait drôle et acerbe de la Grande-Bretagne. Dans un style plus léger, on notera l'impressionnant succès du Journal de Bridget Jones de Helen Fielding, publié en 1997 et adapté au cinéma. La même année, l'Angleterre découvre le premier des sept volets de la saga des aventures d'Harry Potter, nées de l'imagination de J.K. Rowling, ancienne enseignante bientôt propulsée auteur le plus vendu à travers le monde.

Plusieurs écrivains contemporains se sont également intéressés aux minorités ethniques de la capitale. Dans The Buddha of Suburbia (Bouddha de banlieue), publié en 1990, Hanif Kureshi raconte la vie d'immigrés pakistanais ; White Teeth (Sourires de loup), le premier roman de Zadie Smith et une saga familiale se déroulant dans la communauté d'immigrants bangladais de l'East End, a rencontré un énorme succès public et critique en 2003. Zadie Smith, qui rencontre un succès international, a depuis publié quatre romans dont The Autograph Man (2002) et One Beauty (2005) qui ont confirmé son talent, tout en s'éloignant parfois du sujet londonien. Parmi les auteurs contemporains en vue, on peut également citer Ian McEwan (Amsterdam en 1998, Atonement en 2001) et Nick Hornby (High Fidelity, adapté au cinéma par Stephen Frears en 2000) et encore Monica Ali (Sept mers et treize rivières et Brick Lane, un excellent livre sur la vie de la communauté bengalaise dans le quartier).

Quelques grandes plumes britanniques

Charles Dickens (1812-1870). Ce grand écrivain nous a laissé un tableau précis et souvent pathétique de la vie quotidienne des pauvres de Londres au XIXe siècle. Il s'est inspiré de sa propre enfance, puisqu'il a grandi dans le quartier du port, dans le dénuement, alors que son père était en prison pour dettes. Clerc de notaire, puis chroniqueur au Parlement et journaliste, il écrit en marge de son métier. Son premier roman, Les Aventures de M. Pickwick (1837), bien typique de l'humour anglais mais plein de tendresse, lui apporte le succès. Il est suivi de Oliver Twist et de David Copperfield, deux ouvrages et deux jeunes héros qui ont enchanté le monde. Les récits de Charles Dickens, presque toujours situés à Londres, dénoncent la misère et les injustices sociales.

William Golding (1911-1993). Le roman qui le rend célèbre, Sa Majesté des mouches, publié en 1954, est adapté au cinéma par Peter Brook. Dans ce livre comme dans les suivants, Golding dépeint la cruauté de l'homme envers la nature et ses semblables, et sa destruction. Il a aussi écrit Les Héritiers (1955), Parade sauvage (1979), Cible mouvante (1982). Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1983.

Graham Greene (1904-1991). A la fois journaliste, auteur dramatique et romancier, il débute sa carrière en collaborant au Times, journal pour lequel il devient correspondant de guerre. Ses missions lui inspirent ses premiers romans : C'est un champ de bataille (1934), Tueur à gages (1936), Le Ministère de la peur (1943), Le Troisième Homme (1950). Il publie également des nouvelles. Après sa conversion au catholicisme en 1926, il écrit aussi des textes à thème religieux : La Puissance et la Gloire (1940), Essais catholiques (1953).

Aldous Huxley (1894-1963). Ce célèbre journaliste, poète et romancier, débute sa carrière par de brillantes études à Eton et à Oxford. Très jeune, il commence à écrire des articles et des poèmes, et à être publié. Il trouvera sa principale expression dans le roman. Son oeuvre est caractérisée par une critique du monde, et particulièrement de la société des médias, souvent empreinte d'ironie et d'un certain pessimisme : Jaune de chrome (1921), Antic Hay (1923), Contrepoint (1928). Son livre le plus célèbre est Le Meilleur des mondes (1932), dans lequel il dresse un tableau acerbe et quelque peu prophétique de la société américaine et du totalitarisme qui guette les sociétés modernes.

Phyllis Dorothy James, dite P. D. James (1920-2014). Nouvelle reine du crime, elle a repris la tradition britannique de ces dames parfaitement policées qui concoctent avec délices les crimes les plus abominables devant une tasse de thé. Héritiers directs d'Agatha Christie, P.-D. James et son héros, le policier Adam Dalgliesh, résolvent les mystères les plus impénétrables. Il y a quelques années, à la Chambre des lords, elle a reçu le titre de baronne James of Holland Park. Fille de fonctionnaire, elle a travaillé elle-même pendant quarante ans dans l'administration. Elle a terminé sa carrière au département de police scientifique du ministère de l'Intérieur. En 2006, son roman et best-seller Les Fils de l'homme (sorti en 1993) est adapté au cinéma par le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón. Elle vit aujourd'hui à Londres. Elle a publié en 2011 Death to Pemberley, une suite imaginée au roman de Jane Austen, Orgueil et Préjugés.

Marie Clarissa Miller, dite Agatha Christie (1890-1976). Auteur de près de 70 romans, ses livres sont des modèles du roman policier classique. Parmi son abondante production, on retiendra notamment Le Crime de l'Orient-Express (1934) et Dix Petits Nègres (1939). Ses principaux protagonistes, Hercule Poirot et Miss Marple, connaissent une renommée mondiale.

Harold Pinter (1930-2008). Membre éminent du Tout-Londres littéraire. Ses pièces de théâtre, souvent des huis-clos psychologiques mettant en scène des êtres tourmentés, sont devenues des classiques. Lui-même, personnage un rien froid et distant, représente la gauche caviar londonienne. Supporter du parti travailliste, il vit dans le quartier chic et artiste de Hampstead, dans le nord de Londres. Il débute comme comédien et joue au concierge ou au plongeur dans des restaurants entre deux engagements. Occasionnellement metteur en scène, il fut nommé commandeur de l'ordre de l'Empire britannique et reçut le prix Nobel de littérature en 2005.

William Shakespeare (1564-1616). Il est l'un des plus grands dramaturges de tous les temps. Pourtant, on sait relativement peu de chose de lui, au point que certains ont même suggéré qu'il n'avait jamais existé et n'avait été qu'un prête-nom pour un auteur illustre de l'époque, voire que son oeuvre avait été réalisée par plusieurs personnes. Aujourd'hui cependant, la plupart des historiens reconnaissent l'existence du poète de génie. William Shakespeare est né à Stratford-upon-Avon, fils d'un riche commerçant. A 18 ans, il épouse Anne Hathaway, dont il aura trois enfants. Mais, malheureux dans ce mariage, il quitte rapidement son foyer pour aller s'installer à Londres, où il commence une carrière de comédien et de poète. Il se lie alors d'amitié (ou peut-être plus) au jeune comte de Southampton, Henry Wriothesley, auquel il dédie ses deux premiers ouvrages, Vénus et Adonis (1593) et Le viol de Lucrèce (1594), ainsi que la plus grande partie des Sonnets (écrits peut-être entre 1593 et 1597 et publiés en 1609). Après un bref séjour à Stratford, Shakespeare revient à Londres et commence à être très productif. C'est à ce moment que son succès s'établit véritablement. Il commence sa carrière en reprenant des pièces à sujet historique, sur les rois d'Angleterre d'abord, puis sur l'Antiquité. Il écrira également ses célèbres tragédies Roméo et Juliette (1595), Hamlet (1602), Othello (1604), Macbeth (1606) et des comédies dramatiques. Shakespeare jouera notamment au Globe Theatre à Londres. Il s'enrichit énormément et gagne l'estime de la reine Elisabeth Ire qui apprécie beaucoup son oeuvre. Mais, au plus fort de son succès, Shakespeare s'éloigne de plus en plus de la capitale. Et l'incendie du Globe Theatre en 1613 le décide à retourner définitivement à Stratford où il meurt en 1616. Shakespeare est l'auteur d'une oeuvre immense. On lui attribue 37 pièces dont seulement 16 ont été publiées de son vivant. En 1623, la totalité de son oeuvre est réunie dans un folio par ses amis de la compagnie des King's Men.

Herbert George Wells (1866-1946). L'Homme invisible (1897), c'est lui ! Professeur, journaliste, puis romancier, il est avant tout l'auteur d'une importante oeuvre d'anticipation dont on retiendra particulièrement La Machine à explorer le temps (1895), La Guerre des mondes (1898) et L'Ile du docteur Moreau (1896).

Oscar Wilde (1854-1900). Après des études à Oxford, il devient rapidement l'un des dandys les plus admirés en Angleterre, tant pour sa beauté, son élégance et son raffinement que pour son esprit ironique fertile en bons mots. Il publie Poèmes (1881), Le Prince heureux et autres contes (1888), puis des histoires, des essais, un roman fantastique, Le Portrait de Dorian Gray (1891), que l'on dira un peu autobiographique, et qui sera un grand succès, même si son hédonisme soulève des polémiques. Son théâtre (L'Eventail de Lady Windermere, 1892, De l'importance d'être constant, 1895, etc.) propose une satire, légère et de bon aloi, des moeurs de l'aristocratie britannique. Compromis dans un retentissant scandale relatif à son homosexualité, Wilde est condamné à deux ans de travaux forcés et emprisonné. Sa réputation et son univers s'effondrent. Il quitte ensuite l'Angleterre pour la France où il meurt dans la déchéance.

Virginia Woolf (1882-1941). Romancière et critique littéraire, elle fonde sa propre maison d'édition. Féministe, elle se fait remarquer par de fortes prises de position (Une chambre à soi, 1929). Elle s'illustre en écrivant des romans qui sont également des poèmes : La Chambre de Jacob (1922), La Promenade au phare (1927), Orlando (1928). Elle est aussi l'auteur de plusieurs biographies. Hantée par la crainte de sombrer dans la folie, isolée et angoissée par la guerre, elle se suicide en 1941. Son oeuvre, moderne et complexe, est remarquable de subtilité.

Médias locaux
Presse
Quotidiens

Les journaux anglais disposent d'un marché inégalé, que se partagent 12 quotidiens nationaux et 9 journaux du dimanche. Outre-Manche, deux adultes sur trois lisent un quotidien du matin et trois sur quatre un hebdomadaire dominical. On note deux genres distincts : d'un côté, les tabloïds populaires comme The Sun, friand de scandales et de chair nue, volontiers outranciers et xénophobes ; de l'autre, la presse de qualité qui, du Times à The Independent, entretient la tradition britannique de rigueur journalistique et d'investigation poussée.

Daily Express (www.express.co.uk) : l'un des principaux tabloïds du pays. Journal conservateur et populaire dont la une est ornée de la devise : Forward Britain, " En avant la Grande-Bretagne ".

Daily Mail (www.dailymail.co.uk) : c'est le journal des classes moyennes par excellence. Populaire, influent et conservateur, il refuse d'être classé parmi les tabloïds et se définit comme un compact newspaper.

Daily Mirror (www.mirror.co.uk) : il est, avec The Sun, le journal populaire le plus lu. Alors que les journaux britanniques sont majoritairement conservateurs, le Daily Mirror soutient ouvertement les travaillistes et est le seul à être favorable à l'adoption de l'euro par le Royaume-Uni. C'est l'un des quotidiens les plus vendus de Grande-Bretagne.

Daily Telegraph (www.telegraph.co.uk) : le grand journal de droite (propriété du Canadien Conrad Black) offre à un public vieillissant une information de qualité dans le respect des valeurs morales traditionnelles. Malgré sa réputation de journal un peu démodé, le Daily Telegraph tente de rajeunir son image en multipliant les suppléments, notamment celui consacré à l'actualité multimédia. Un journal complet.

Evening Standard (www.thisislondon.co.uk) : créé en 1860, ce journal du soir fait partie du groupe Associated Newspaper (Daily Mail, Mail on Sunday). Son contenu est composé principalement d'informations sur la capitale ainsi que de quelques informations nationales et internationales. Il est vendu chez les libraires mais aussi dans la rue et à l'entrée du métro, par des vendeurs aux puissantes cordes vocales. L'Evening Standard propose régulièrement des suppléments gratuits (culture, logement).

Financial Times (www.ft.com) : le Financial Times est le journal de référence en matière économique ; la couleur saumon du quotidien londonien a fait le tour de la planète pour devenir la couleur des pages économiques de dizaines de journaux dans le monde. Le FT n'est pas le plus vendu des journaux économiques, mais ses sites d'impression dispersés dans le monde lui permettent d'être lu simultanément à Tokyo et à Paris.

The Guardian (www.guardian.co.uk) : le Manchester Guardian and Evening News, fondé en 1921 par C.-P. Scott, s'est modernisé sans rien céder jusqu'à présent sur son programme d'origine : l'indépendance, la qualité et des idées de gauche. Ayant pris le parti de ne pas publier en ligne la totalité des articles parus dans leurs versions papier, The Guardian et The Observer (journal du dimanche) ont également décidé de ne pas organiser leur contenu comme le font la plupart des journaux sur leurs sites. Les responsables de l'édition électronique ont développé des sites thématiques particulièrement bien construits.

The Independent (www.independent.co.uk) : un journal national d'excellente facture, mais qui peine à trouver sa place entre The Guardian et les grands titres de droite, tiraillé entre deux actionnaires, le Mirror Group et l'Irlandais Tony O'Reilly, aux ambitions contradictoires. Résultat : The Independent a la réputation d'être trop politiquement correct.

The Sun (www.thesun.co.uk) : né en 1911, racheté en 1969 par Rupert Murdoch, The Sun est LE tabloïd britannique : populaire, conservateur, vindicatif, crapoteux, xénophobe, antieuropéen...

The Times (www.timesonline.co.uk) : fondé en 1785, c'est le plus vieux quotidien britannique, et le plus connu. Il a été racheté en 1981 par Rupert Murdoch. Conservateur et influent, il représente plus que jamais la voix de l'establishment. Dotés d'une solide réputation de sérieux et d'une aura dépassant les frontières du royaume, The Times et The Sunday Times ont installé leurs éditions en ligne en janvier 1996. Alors que les versions papier du quotidien et de l'édition dominicale diffèrent largement dans leur fonctionnement, leurs sites sont conçus sur le même modèle, permettant au visiteur de naviguer de l'un à l'autre sans se perdre.

Quotidiens gratuits

Londres a été envahie par les quotidiens gratuits au cours des dernières années. Le premier venu, Metro, a été lancé en 1999 et s'est révélé un véritable succès. Distribué à l'entrée du métro, vous le trouverez uniquement si vous passez suffisamment tôt car ils partent comme des petits pains. Depuis 2004, la formule a été copiée par le London Lite et le London Paper, encore plus portés sur les faits divers et l'actualité people : les moindres mouvements des stars londoniennes ou de passage sont passés en revue ainsi que leurs tenues vestimentaires et les clubs qu'elles fréquentent. En fin de journée, le Tube est parsemé de ces journaux laissés par les Londoniens en transit : une véritable catastrophe écologique !

Hebdomadaires

The Economist (www.economist.com) : économie, société, politique, technologies... L'un des hebdomadaires les plus influents du monde des affaires internationales. Il a beau être britannique, il réalise près de la moitié de ses ventes aux Etats-Unis.

The Spectator (www.spectator.co.uk) : revue de droite qui traite de politique, d'économie et d'art, The Spectator, créée en 1828, appartient depuis 1989 au groupe de presse Telegraph Group.

Journaux du dimanche

Independent on Sunday (www.independent.co.uk) : version dominicale du quotidien The Independent, créée en 1990.

The Observer (observer.guardian.co.uk) : le plus ancien des journaux du dimanche (lancé en 1791) est l'un des fleurons de la presse anglaise, et la propriété du Scott Trust, comme The Guardian.

The Sunday Telegraph (www.telegraph.co.uk) : cette version dominicale du Daily Telegraph, dont il partage la même rédaction, est née en 1961.

The Sunday Times (www.sunday-times.co.uk) : fondé en 1822, il a fusionné avec The Times en 1967. L'enfant chéri de Rupert Murdoch est aujourd'hui l'un des meilleurs journaux britanniques ; publié le dimanche, il est en tout cas le plus lu.

Télévision

BBC 1, BBC 2 sont des télévisions publiques sans publicité, surtout réputées pour leurs téléfilms et leurs documentaires. ITV et Channel 4 sont des chaînes privées. ITV est destinée à un public plutôt familial tandis que Channel 4 cible les jeunes. Channel 5, également une chaîne privée, est plus bas de gamme que ses concurrentes.

Radio

La BBC émet sur les grandes stations nationales suivantes :

1 : musique pop actuelle mélangeant tubes et morceaux plus underground.

2 : musique pop, jazz.

3 : musique classique, culture.

4 : débats, théâtre, jeux, informations.

Capital : variétés du moment.

XFm : musique rock.

Musique

La musique fait partie intégrante de la culture anglaise. Des premières monodies grégoriennes importées par les moines venus évangéliser l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande aux derniers albums pop rock, l'Angleterre a toujours eu un train d'avance sur ses confrères européens.

Les origines

C'est vers 1100 que la création de la Chapelle royale développe le chant à plusieurs voix et la possibilité de superposer un texte à une mélodie existante ce qui est à l'origine de la chanson. Ce sont au départ des chants religieux mais bientôt le profane s'en mêle, l'anglais s'ajoute au latin. Une autre forme musicale fait aussi son apparition, le carol. De type profane, il fait alterner un refrain et des couplets. De cette époque, aucun écrit ne nous est parvenu, mais nous savons que la musique jouait un rôle important dans la vie religieuse et civile. C'est surtout durant l'époque Tudor, qui amène une période de stabilité politique propice au développement des arts, que la musique prend une nouvelle dimension.

La période classique

Deux noms apparaissent : Robert Fayrfax (1464-1521), musicien favori du roi, et William Cornysh. Un événement politico-religieux va révolutionner la pratique musicale anglaise, il s'agit du schisme anglican. Il faut remplacer la musique sacrée catholique par la musique du culte anglican. Et donc pour une nouvelle liturgie, il faut une nouvelle musique. A cette époque, la production musicale sera assurée par trois grands compositeurs connus sous le nom des Trois T. Ce sont John Taverner (1490-1545), Thomas Tallis (1505-1585) et Christopher Tye (1498-1573). Durant le règne d'Elisabeth Ire, si le domaine littéraire est dominé par William Shakespeare, Ben Jonson, Christopher Marlowe ou John Dryden, le domaine musical est lui mené par John Dowland, William Byrd et Orlando Gibbons. Le XVIIe siècle voit triompher Henry Purcell (1659-1695). Mort à l'âge de 36 ans, Henry Purcell, génie musical, a laissé une oeuvre abondante, où se côtoient musiques religieuses et profanes. Son opéra le plus célèbre et le plus abouti est Dido and Aeneas (1689), mais on lui doit également d'autres pièces, davantage marquées par la mode de l'époque, parmi lesquelles King Arthur (1691) et The Tempest (1695). Une fracture se produit à l'époque victorienne, séparant les genres musicaux avec, d'un côté, la musique des salles, des concerts, des salons et de la musique religieuse, de l'autre la musique populaire avec les chansons et la musique de danse. Les Proms tirent leur origine de cette époque et du goût des Londoniens pour la musique que l'on pouvait écouter dans les jardins en prenant une collation. Les grands noms de la musique classique de cette époque sont les compositeurs Edward Elgar (1857-1934) et Benjamin Britten (1913-1976).

Des Swinging Sixties à nos jours

Cette musique classique est bien éloignée de ce que Londres produit actuellement. En effet, le XXe siècle est le siècle d'autres genres musicaux dont l'influence la plus incontestable a été dans le domaine du rock et de la pop. Les Beatles, les Rolling Stones ou les Who révolutionnent la musique et la société dans les années 1960. Ils iront même jusqu'à éclipser les Etats-Unis qui occupent jusque-là le devant de la scène musicale. Après ces Swinging Sixties, nom donné à ces années-là à cause des attitudes plutôt libertines qui ont émergé durant cette période, les années 1970 seront marquées par l'inventivité et l'excentricité de David Bowie et l'apparition de groupes comme Pink Floyd, Led Zeppelin ou encore Queen et son chanteur charismatique Freddie Mercury. A la fin des années 1970, le mouvement punk apparaît en Grande-Bretagne et des groupes comme les Sex Pistols et The Clash se font l'écho d'une génération désabusée. Après cette période rebelle et revendicative, les années 1980 apportent, comme par contraste, une nouvelle vague romantique et soucieuse des apparences. Bananarama, Wham !, George Michael, The Cure marquent toute une génération. C'est également à cette époque qu'apparaît la dance music, les premiers morceaux house et techno, et avec eux se répandent des petites pilules euphorisantes appelées ecstasy. La jeunesse se presse dans les clubs pour se balancer, pupilles dilatées, sur ces nouveaux rythmes.

Les années 1990 sont le témoin du retour d'une certaine brit pop, avec des groupes comme Suede, Pulp, Blur, Oasis. Et dans la tradition des groupes rock-pop anglais, la fin des années 1990 et le début 2000 voient l'arrivée sur la scène musicale d'excellents groupes comme Radiohead, Coldplay ou encore Muse et Placebo. L'Angleterre continue donc à produire d'excellents groupes, bien que ceux-ci soient parfois éclipsés par les hits plus commerciaux des Spice Girls, Robbie Williams et autres pop stars. Ces dernières années, d'autres groupes ont pris le devant de la scène anglaise, ce sont Razorlight, Artic Monkeys, The Kooks, The Fratellis. Côté carrière solo, Mika, comparé à Freddie Mercury, a déclenché l'hystérie dès la sortie de son premier album en février 2007, jouant à guichet fermé, tandis qu'Amy Winehouse a défrayé la chronique avec son timbre très soul, son penchant pour l'alcool, ses nombreux passages en cure de désintoxication et son décès prématuré, qui a choqué l'Angleterre tout entière. La musique anglaise sait également évoluer, elle se nourrit de toutes les influences que connaît le pays. Ainsi Talvin Singh ou Asian Dub Foundation mélangent les rythmes jungle (issus des sound systems d'influence électronique et jamaïcaine) et musique indienne traditionnelle. Depuis quelques années, un autre mouvement musical fait beaucoup parler de lui : le UK garage, du hip-hop avec des influences reggae, drum'n'bass et électro. Si le collectif So Solid Crew s'était déjà fait un nom depuis un certain temps, c'est avec Mike Skinner (alias The Street), un jeune rappeur blanc originaire de Birmingham, que le UK garage semble avoir perdu son éternel statut de musique underground. Avec des artistes tels que Ms Dynamite (Niomi McLean Daley) et Dizzee Rascal, qui ont tous deux remporté le prestigieux Mercury Prize, le UK garage s'est affirmé comme l'une des révélations musicales de ce début de millénaire. Et l'Angleterre s'est finalement découvert sa propre culture hip-hop, définitivement dégagée de l'influence américaine. En 2016 le mouvement Psyché reprend du souffle avec la nouvelle génération qui fait un carton, on citera le groupe Echo & the bunnymen qui depuis les années 1970 séduisent toujours leur public.

Les plus grands chanteurs de pop-rock

Queen. Qui ne connaît pas la chanson We Are the Champions ou encore We Will Rock You ? Ces deux hymnes, récupérés notamment par les supporters de foot du monde entier, font danser les foules. Queen est l'un des groupes les plus connus au monde, au même titre que les Beatles ou les Rolling Stones. Quatuor formé par le chanteur charismatique Freddie Mercury, le guitariste Brian May, le batteur Roger Taylor et le bassiste John Deacon, le groupe a composé une quinzaine d'albums sur près de 20 ans de carrière et s'est arrêté à la suite de la mort de Freddie Mercury. C'est à la fin des années 1960 que le groupe se forme, et prend le nom de Queen, suggéré par Freddie : un nom aux connotations royales, bientôt assorti de l'emblème du groupe, deux lions, un crabe, une fée avec au centre la lettre Q, surmonté d'un phoenix, symbole d'espoir et d'éternité. En avril 1970, Queen est né. Leur album éponyme sort trois ans plus tard et reçoit un accueil plutôt mitigé de la presse qui y voit une copie de Led Zeppelin. Ce premier opus rencontre toutefois un réel succès sur scène où le jeu dynamique et puissant de Freddie fascine. Si les albums s'enchaînent, il faudra attendre leur 4e production pour entrer dans la légende. Le coup de maître arrive en 1974 avec A Night at the Opera et sa chanson phare Bohemian Rhapsody, composée par Freddie Mercury. Ce morceau, que la maison de production veut au départ couper car elle le trouve trop long et impossible à diffuser à la radio, est immédiatement un immense succès. Des années plus tard, il sera d'ailleurs élu meilleur single de tous les temps. Le groupe est en pleine gloire, les concerts s'enchaînent. 1977 sera l'année de l'album News of the World et de ces deux fameux succès mondiaux : le puissant We Will Rock You de Brian May et le sublime We Are the Champions de Freddie Mercury. Les années 1980 sont marquées par la sortie de Works et l'enchaînement des tubes dont Radio Ga Ga ou I Want to Break Free. En 1986, c'est au tour de la sortie de l'album A Kind of Magic dont plusieurs titres composent la bande originale du film Highlander. Le dernier concert du Live Magic a lieu le 6 août 1986 à Knebworth, même si personne ne sait encore que ce sera le dernier... En 1989 sort un nouvel album, The Miracle, plus orienté pop, mais comportant aussi des morceaux très rock. Freddie Mercury est déjà malade, et cette nouvelle a influencé la suite de la carrière du groupe et ses choix musicaux. Freddie continue toutefois d'enregistrer, travaillant sans relâche jusqu'à la fin. En 1991 sort Innuendo, dernier album du vivant du chanteur. L'album contient plusieurs chansons poignantes devenues cultes telles que The Show Must Go on, aux paroles à la fois sombres et pleines d'espoir, et reflétant l'état d'esprit d'un Freddie Mercury à la fois diminué et plein de courage. Il meurt le 24 novembre 1991 des suites d'une pneumonie, totalement affaibli par le virus du sida, 24 heures seulement après l'avoir annoncé publiquement. Le groupe, après cette brutale disparition, va rendre un vibrant hommage à son chanteur en 1992 en organisant le Freddie Mercury Tribute. Il continue également à travailler sur certaines chansons inachevées de Freddie, enregistrées durant les derniers mois de sa vie ou laissées de côté, ce qui donne naissance en 1995 à un dernier album Made in Heaven. Si le groupe ne s'est jamais officiellement séparé, il est remonté sur scène le temps d'une tournée en 2005 sous le nom de Queen+Paul Rodgers, et un nouvel album a vu le jour : Cosmos Rock. Il a été salué par les fans même si la critique n'a pas été tendre avec cette reformation qui laisse un goût forcément amer aux inconditionnels de Freddie Mercury.

The Beatles. Les " 4 garçons dans le vent " sont les idoles de plusieurs générations, et leur succès, 40 ans après leur séparation, ne se dément toujours pas. Aujourd'hui encore, le groupe jouit d'une grande popularité, et les Beatles demeurent l'un des groupes ayant vendu le plus d'albums au monde (déjà plus d'un milliard dans les années 1980). La formation est composée de quatre membres, John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr. C'est en 1957, à Liverpool, que se forme le groupe qui commence à jouer dans divers clubs de la ville, dont le Cavern Club demeure le plus célèbre. Deux séjours à Hambourg leur permettent d'acquérir la maturité qui leur manquait. A cette époque, ils rencontrent Ringo Starr qui va remplacer Pete Best à la demande de George Martin, producteur chez Parlophone, qui signe leur premier contrat. En septembre 1962, ils enregistrent leur premier 45-tours, un succès phénoménal : Love Me Do. A partir de ce moment-là, les tubes s'enchaînent : c'est la Beatlesmania. Le Royaume-Uni, l'Europe et les États-Unis succombent aux " Fab'Four " et, même si John Lennon doit s'excuser publiquement, il n'a pas tort lorsqu'il déclare en 1966 que les Beatles sont plus populaires que Jésus. Leurs chansons sont reprises en choeur par le monde entier, et ils sont faits membres d'honneur de l'Empire britannique par la reine Elisabeth II. Le phénomène est tel que l'atmosphère hystérique rend très souvent les concerts inaudibles.

En 1966, une série d'événements désagréables les obligent à mettre un terme aux concerts. Ils entrent dans leur période " années studio ", exploitant toutes les possibilités que leur offrent les studios d'Abbey Road. Au milieu des années 1960, des tensions se font sentir au sein du groupe. L'emprise qu'a Yoko Ono sur John Lennon n'arrange pas les choses et, en 1970, le groupe est dissous, au grand désespoir des fans. Chacun des membres mène alors une carrière solo avec plus ou moins de succès et, si une reformation est souhaitée, elle n'est pas envisagée vu les différends qui opposent notamment Lennon et McCartney. Ce projet est définitivement abandonné en 1980 lors du tragique assassinat de John Lennon. George Harrison décède en 2001 d'un cancer généralisé. Paul McCartney, quant à lui, poursuit avec succès une carrière solo, tandis que Ringo Starr mène lui aussi des projets artistiques dont le dernier en date est la sortie d'un DVD en 2007. Le 9 septembre 2009, l'intégrale remastérisée des Beatles a été commercialisée, alors qu'on l'attendait depuis les années 1980. Un événement planétaire qui a fait beaucoup de bruit. Preuve de son influence en 2012, Paul MCartney a été convié pour chanter au jubilé de la reine, puis à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. Andy White connu pour avoir joué au côté des Beatles lors de l'enregistrement Love me do et PS I love You en 1962 est décédé le 9 novembre 2015.

David Bowie. David Jones voit le jour à Londres, le 8 janvier 1947, et grandit bercé par Little Richard, Jimmy Reed ou Chuck Berry. Il fait ses débuts en 1969 avec Space Oddity qui est l'écho des premiers pas de l'homme sur la Lune. Malgré ce très bon single, l'album est décevant, Bowie peine à trouver son style et à affirmer sa personnalité. Sa rencontre avec Tony Visconti et Mick Ronson jette les bases de son nouveau style qui émerge dans l'album The Man Who Sold the World (1971). Premier coup d'éclat où il apparaît habillé en femme sur la pochette. Il contribue ainsi largement à l'invention du glam rock, multipliant les outrances vestimentaires et jouant de son ambiguïté sexuelle. En 1972, il " devient " Ziggy Stardust, une star androgyne scandaleuse, déchaînant les foules. Ce personnage est pourtant trop encombrant et Bowie s'en débarrasse publiquement le 3 juillet 1973 à l'Hammersmith Odeon. En 1974, c'est l'époque de Diamond Dogs, inspiré du roman 1984 de George Orwell. A cette période, Bowie sombre dans la drogue, c'est un artiste à la dérive, lessivé, incapable de contrôler son image. En 1975, Young Americans est une renaissance artistique et commerciale. S'ensuit The Man Who Fell to Earth (1975) et Station to Station (1976). Provocateur à l'extrême, il choque avec des déclarations ambiguës sur le nazisme, et, dans une interview accordée à Playboy, il compare Hitler " la première rock star " à Mick Jagger pour son art de la mise en scène et le maniement des foules. La rédemption arrive avec la période berlinoise pendant laquelle il enregistre avec Brian Eno trois albums Low (1977), Heroes (1977) et Lodger (1979). Parallèlement, il entame une carrière d'acteur, joue avec Marlène Dietrich (Just a Gigolo), Deneuve et Sarandon, est dirigé par Tony Scott et Nagisa Oshima, s'offrant une place de comédien reconnu et sollicité. Les années 1980 sont les années de la musique commerciale, et, dans les clips, il impose une image d'éphèbe blond décoloré. En 1995, il retravaille avec Brian Eno et sort Outside, album industrial-rock expérimental considéré comme l'album de la renaissance. Remis au goût du jour par la jeune génération grunge (Nirvana et sa reprise de The Man Who Sold the World), il devient le père précurseur de l'alternatif Earthling (1997), Hours (1999). Pour ses 50 ans, il organise un gigantesque concert au Madison Square Garden. Ses deux derniers albums sortent dans les années 2000, Heathen (2002) et Reality (2003) et sont suivis d'une grande tournée mondiale. En 2008, il collabore à l'album de Scarlett Johansson. En 2010, il sort l'album A Reality Tour qui revient sur sa tournée de 2003. Il annonce sa retraite due à des problèmes de santé et revient à la musique en 2013 pour fêter ses 66 ans. C'est à cette occasion qu'il révèle, à la grande surprise de tous, la sortie d'un nouvel album The Next Day. En 2015, il travaille à la composition du générique de la série Panthers diffusé sur Canal +. Auteur de la comédie musicale Lazarus inspirée du film L'homme qui vient d'ailleurs datant des années 70 et dans lequel il avait le rôle principal se joue à Londres à partir d'octobre 2016. C'est le 10 janvier 2016 que David Bowie s'éteint deux jours après la date de son anniversaire. Avant-gardiste de la culture pop-rock contemporaine il reste une icône majeure qui a marqué les esprits et continuera à influencer les générations futures d'artistes et mélomanes en tout genre.

The Clash. C'est l'un des groupes majeurs de l'histoire du rock et du punk rock britannique. Le groupe se forme en pleine effervescence punk à Londres (1976-1977), porte-parole d'une rage sociale et politisée. Ses deux personnalités principales sont Joe Strummer et Mick Jones, tous les deux à la guitare et au chant. Là où les Sex Pistols explorent jusqu'à l'épuiser l'énergie sauvage du punk, The Clash est un groupe de la rue qui enrichit au fur et à mesure sa musique de divers genres musicaux : reggae, hip-hop, funk. Leur premier album éponyme, véritable concentré de dynamite est l'un des meilleurs albums punk existant. Avec London Calling, en 1979, le groupe sort un chef-d'oeuvre de vision, d'intensité et d'équilibre musical. Porté par la voix révoltée et l'écriture acérée de Joe Strummer, le groupe s'envole. Le batteur Topper Headon en est la colonne vertébrale rythmique. Son alliance de brutalité déchaînée et de groove précis et ravageur joue beaucoup dans l'élévation du groupe au-dessus des limites de tel ou tel genre musical. Mick Jones, le guitariste, habille les morceaux d'arrangements et de mélodies ciselées. Quant à Paul Simonon, le bassiste, si son jeu est bon, c'est son attitude classe, sans concession et mesurée qui incarne ce qu'est The Clash. C'est d'ailleurs lui qu'on voit briser sa basse sur la pochette. Punk, rock, reggae, pop, rockabilly s'entremêlent et se croisent pour faire de ce disque un manifeste de la jeunesse contre le contexte social sacrificiel qui règne en ce début d'ère thatchérienne. Comme son nom l'indique, Sandinista (1980) est un disque révolutionnaire dans tous les sens du terme. The Clash sort là un triple album, mais sacrifie ses royalties pour que le disque soit vendu au prix d'un single. C'est l'opus le plus complexe des Clash. Le plus incompris aussi. Mais peut-être le plus beau. Une suite de collages, de rêves, de messages et de voyages sensoriels du blues au hip-hop, en passant par la soul et le rock des débuts. Le groupe pouvait-il aller plus loin ? Combat Rock apportera le succès commercial planétaire avec des hits comme Should I Stay or Should I go ou Rock the Casbah. Très abouti, le disque est un peu moins fou que les précédents. Trop professionnels, les membres du groupe commencent à appréhender la perte de leur élan. Alors qu'ils n'ont jamais vendu autant de disques, la tournée des grands stades américains qu'ils font avec les Who, les décide à se séparer peu après, puis à arrêter The Clash. La vision de ces vieux baroudeurs du rock qui ne se parlent plus et enchaînent machinalement les scènes pour la seule satisfaction de leur compte en banque leur fait peur. Ils décident de s'arrêter à temps. Interrogé à la fin des années 1990 par un journaliste des Inrockuptibles, Joe Strummer avait lâché simplement : " On avait tout dit, on avait craché notre dégoût de ce qui n'allait pas dans notre société, mais on ne pouvait pas aller plus loin, on n'avait pas de solution constructive à proposer. A moins de se répéter éternellement dans le vide, il valait mieux arrêter ". Joe Strummer est décédé d'un arrêt cardiaque le 22 décembre 2002. Lui qui s'était volontairement retiré du circuit musical et médiatique depuis bien longtemps vivait discrètement avec sa femme et ses trois filles. Un révolutionnaire tranquille. Car rarement un groupe aura autant matérialisé la vision musicale et l'intégrité absolue.

Coldplay. Formé en 1996, Coldplay est né de la rencontre de quatre jeunes Londoniens passionnés de musique : Chris Martin (chant, guitare et piano), Johnny Buckland (guitare), Guy Berryman (basse) et Will Champion (batterie). Leur style : du pop et du rock. En 1998, ils font leur première scène dans un café de Manchester et enchaînent avec l'enregistrement d'un album confidentiel intitulé Safety, et d'un single Brothers and Sisters. Le succès n'est malheureusement pas au rendez-vous. Cet échec ne les arrête pas pour autant et le groupe décide de signer un contrat avec le label Parlophone. Cette collaboration permet à ces Londoniens de sortir les albums The Blue Room et Shiver. Puis en 2000, c'est le début de la gloire. Leur album Parachutes les fait connaître dans le monde entier. Trois ans après, ils sortent un opus A Rush of Blood to the Head puis l'album Live 2003. La consécration arrive finalement en 2005 avec Garden States et X & Y. En 2008, le groupe signe un nouvel album Viva la Vida or Death and All His Friends qui rencontre à nouveau le succès auprès de la presse et du public. Le chanteur du groupe, Chris Martin, est également connu pour être l'époux de l'actrice américaine Gwyneth Paltrow. En 2011, Coldplay a sorti Mylo Xyloto, cinquième album du groupe et révèle en 2012 qu'une bande dessinée paraîtra avec comme personnage principal Mylo Xyloto. En 2013, ils annoncent la sortie d'un nouveau titre, " Atlas ", composé pour la bande annonce du film Hunger Games : l'embrassement de Suzanne Collins. Ils sortent deux single en 2014 Midnight et Magic et annoncent la sortie de leur nouvel album Ghost Stories qui a connu un grand succès. En 2015 ils sortent leur dernier album A head full of Dreams qu'ils tourneront l'année suivante.

Pete Doherty. Né le 12 mars 1979 à Hexham, au nord-est de l'Angleterre, il est le leader, avec Carl Barat, du groupe rock britannique, The Libertines. L'aventure du groupe commence à la fin des années 1990, et deux albums voient le jour : Up the Bracket en 2002 et un album éponyme en 2004. Personnage charismatique, excessif et héroïnomane, Pete Doherty est rapidement plus connu pour ses frasques que pour sa musique. Incontrôlable, il est exclu de la tournée européenne des Libertines. Des tensions de plus en plus fortes se créent dans le groupe et finalement c'est son compère Carl Barat qui le vire du groupe. En 2005, Pete apparaît dans un autre groupe, the Babyshambles, et sort un premier album Down in Albion puis un second Shotters Nation, moins brouillon et plus intéressant. Sa liaison tumultueuse avec Kate Moss, ses arrestations, ses cures de désintoxication alimentent régulièrement les tabloïds du monde entier. Il est considéré par certains comme la dernière véritable rockstar, dépassée par son succès et ses divers excès. Après une période d'accalmie relative, en mars 2009, Pete Doherty a sorti un premier album solo qui connaît un succès quasi immédiat. En 2012, Pete Doherty est à l'affiche de Confessions d'un enfant du siècle, dans le premier rôle, aux côtés de Charlotte Gainsbourg. Le roman d'Alfred de Musset est ici adapté au cinéma par Sylvie Verheyde.

Fin juin 2012, Peter Doherty décide de faire une cure de désintoxification et annonce son envie de reformer le groupe les Libertines qui devient effective en 2014. C'est le 11 septembre 2015 que sort l'album tant attendu Anthem for a doomed youth en hommage au poème de Wilfred Owen. Son deuxième album solo, Hamburg demonstrations, sort en 2016.

The Rolling Stones. Les Stones sont les grands rivaux des Beatles. Plus rock, plus provocateurs sur scène et dans les paroles de leurs chansons, ils aiment entretenir une image de mauvais garçons opposée au Peace and Love des hippies. En 1962, Mick Jagger, Keith Richards, Brian Jones, Bill Wyman et Charlie Watts donnent leur premier concert au Marquee à Londres. En 1964, It's All over Now est un énorme succès. Et, un an plus tard, le titre Satisfaction les élève au rang de superstars. Suivront ensuite les albums Aftermath (1966), et Beggar's Banquet (1968). En 1969, Brian Jones quitte le groupe et meurt un mois plus tard. Le groupe engage Mick Taylor et enregistre Let it Bleed (1969), Sticky Fingers (1971) puis Exile on Main Street (1972). Mick Taylor sera ensuite remplacé par Ron Wood et le groupe continue à travailler ensemble bien que, à partir des années 1980, Jagger et Richards s'intéressent de plus en plus à leurs carrières solos. Bill Wyman quitte le groupe en 1991. Mais les Rolling Stones ne sont pas morts. Darryl Jones le remplace et, en 1994, sort Voodoo Lounge puis Bridges to Babylon en 1997. En 2002, pour fêter ses 40 ans, le groupe a sorti la compilation Forty Licks et s'est lancé dans une tournée exceptionnelle. L'album Bigger Bang est un succès phénoménal, sorte d'album résurrection enregistré comme au bon vieux temps, dans le château français de Mick Jagger. En 2012, le groupe fête ses cinquante ans de formation, en sortant un beau livre de photos. En 2016, les Stones sortent un album de reprises de blues, Blue and Lonesome.

The Sex Pistols. Les Sex Pistols furent le groupe le plus provocateur et certainement le plus emblématique du mouvement punk. En 1975, le groupe formé par Steve Jones, Paul Cook, Glen Matlock et Jonh Lydon (alias Johnny Rotten) est repéré par Malcom McLaren, qui tenait un magasin au centre de Londres avec Vivienne Westwood. C'est lui qui proposera le nom de Sex Pistols et deviendra leur manager. En 1976, le groupe signe un contrat avec EMI et enregistre peu de temps après son premier single, Anarchy in the UK. Sur des musiques simples et agressives, Johnny Rotten parle d'anarchie, de violence et de nihilisme. Plus qu'un simple mouvement musical, le punk reflète une génération sans repères et autodestructrice. En 1977, le bassiste Glen Matlock sera viré et remplacé par Sid Vicious, qui ne sait même pas jouer de la basse. En 1978, lors d'une tournée au Etats-Unis, Johnny Rotten prend le public à témoin. " Avez-vous déjà eu l'impression de vous être fait avoir ? ", demande-t-il, avant de quitter le groupe. C'est la fin des Sex Pistols, et l'espoir des fans qui avaient espéré voir le groupe se reformer est définitivement anéanti lorsque, un an plus tard, Sid Vicious meurt d'une overdose, à l'âge de 21 ans.

Peinture et arts graphiques

Contrairement à l'Italie, la France ou les Pays-Bas, l'Angleterre n'a jamais réellement dominé la scène artistique, même si certains artistes anglais ont produit quelques oeuvres remarquables. Les premiers grands peintres qui travaillent en Angleterre sont majoritairement étrangers. Ainsi, l'Allemand Hans Holbein (1497-1543) devient peintre officiel d'Henri VIII. Son tableau Les Ambassadeurs (1533) est le plus célèbre. Au siècle suivant, c'est le Flamand Anthony Van Dyck (1599-1641) qui devient le portraitiste de la cour. Il peint notamment plusieurs portraits de Charles Ier. C'est au XVIIIe siècle que les artistes britanniques commencent à se révéler avec des maîtres tels que William Hogarth, Thomas Gainsborough ou encore l'aquarelliste William Blake. Mais c'est le Londonien Joseph Turner qui deviendra au début du XIXe siècle, et reste encore aujourd'hui, le peintre anglais le plus admiré. Un mouvement va aussi mettre en avant plusieurs artistes anglais, c'est le préraphaélisme dont les figures de proue sont John Everett Millais (1829-1896), Dante Gabriel Rossetti (1828-1882) et Edward Burne-Jones (1833-1898). Tous rejettent une peinture qu'ils jugent trop académique et produisent à l'inverse des oeuvres plus romantiques généralement liées à des thèmes médiévaux ou religieux. Leurs tableaux se marient alors très bien avec l'architecture néogothique de l'époque.

Le XXe siècle voit également de grands artistes britanniques s'imposer dans le paysage artistique, on peut citer, entre autres, les sculpteurs Henry Moore et Barbara Hepworth ainsi que le peintre Francis Bacon, dont les oeuvres sont proches du surréalisme. En 1956, un nouveau mouvement va être lancé depuis l'Angleterre, à partir d'un photomontage réalisé par Richard Hamilton. L'oeuvre intitulée Just What Is It That Makes Today's Home so Different, so Appealing ? ou " Qu'est-ce qui rend les maisons d'aujourd'hui si différentes, si attirantes ? " introduit le mouvement pop art et notamment ses références à la culture populaire, dont David Hockney est aujourd'hui l'un des représentants les plus éminents. Depuis quelques années, la scène artistique connaît une véritable révolution. Londres est à l'origine et au centre de ce nouveau mouvement d'art contemporain souvent appelé Britart. Charles Saatchi, qui expose et finance de jeunes artistes, en est l'une des figures importantes, voire son initiateur alors que Tracey Emin est certainement de son côté l'artiste la plus connue du mouvement, même si celle-ci compte de nombreux autres talents, tous plus provocateurs les uns que les autres. Car c'est bien évidemment l'aspect provocateur que l'on retient de ce mouvement entre Damien Hirst qui expose une vache coupée en deux et conservée dans du formol, la représentation d'une Vierge noire par Chris Ofili ou encore des oeuvres composées à base d'urine, d'excrément ou de sang. Et ce ne sont pas les nombreuses critiques faites au mouvement qui ont changé quoi que ce soit, bien au contraire, elles semblent même avoir aidé à sa notoriété. Pourtant, après avoir atteint son apogée avec certains de ces jeunes artistes qui remportèrent le prix Turner, prestigieux et controversé prix d'art moderne, il semblerait que le mouvement s'essouffle un peu. D'ailleurs Charles Saatchi a aujourd'hui revendu la plupart de ses oeuvres et a offert en juillet 2010 à l'Etat britannique la Saatchi Gallery, sa fondation créée en 1985. Mais la scène artistique londonienne n'a jamais eu autant d'énergie et il ne fait aucun doute qu'elle va occuper le devant de la scène internationale quelque temps encore.

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