Guide de CHICAGO : Politique et économie

Politique
Structure étatique

Le système des Etats-Unis est une République fédérale de régime présidentiel réunissant cinquante Etats. Une Constitution (la première date de 1787 ; celle actuelle fut adoptée en 1894) régit les institutions américaines. Il y a séparation des pouvoirs entre exécutif (le président), législatif (United States Congress) et judiciaire (Supreme Court).

Le pouvoir exécutif

Le pouvoir exécutif revient au président des Etats-Unis. Il est élu au suffrage universel indirect pour quatre ans. Depuis 1960, son mandat ne peut se renouveler qu'une seule fois. Le président actuel est Donald Trump, élu en novembre 2016.

Les pouvoirs du président : il propose les lois, dispose du droit de grâce (Power to Grant Pardons) pour les condamnés à la peine de mort, toujours en vigueur dans certains Etats, il est le chef des armées et de la diplomatie, il choisit les ministres de son cabinet, qui ne sont responsables que devant lui, il a droit de veto face aux mesures adoptées par le Congrès (lequel à son tour a droit de vote sur ce veto présidentiel).

Le cabinet présidentiel (White House Office) est directement rattaché à la Maison-Blanche. Il se compose principalement d'un chef d'état-major, de la Central Intelligence Agency (CIA) pour les affaires d'espionnage, du National Security Council pour la défense nationale et la politique étrangère, du Council of Economic Advisers pour la politique économique du pays, et de l'Office of Management and Budget pour les affaires budgétaires.

Le pouvoir législatif

Le pouvoir législatif (Congress) vote les lois initiées par le président. Il est divisé en deux chambres :

The Senate, ou Sénat, dont les membres sont élus pour six ans au suffrage universel ; il y a deux sénateurs par Etat, ils sont donc 100 au total.

The House of Representatives, ou Chambre des représentants, dont les membres (ils sont 435 députés) sont élus pour deux ans.

Il y a au moins un membre de la Chambre par Etat (leur nombre varie en proportion de la population).

Le Congrès vote les lois et le budget, propose des amendements à la Constitution, contrôle l'exécutif et l'administration.

Le pouvoir judiciaire

C'est la Supreme Court qui détient le pouvoir judiciaire, ayant pour mission de faire appliquer la loi.

La Cour suprême comporte neuf juges nommés à vie par le président. Les pouvoirs de la Cour suprême :

Elle arbitre les litiges entre les Etats, les citoyens et l'Etat fédéral, etc.

Elle veille à la conformité à la Constitution des lois votées par le Congrès et des décisions prises par le président.

Etat fédéral - Etat fédéré

Aux Etats-Unis, chaque Etat détient des pouvoirs propres qui sont indépendants du pouvoir fédéral.

Pouvoirs du gouvernement fédéral : émission de la monnaie, établissement et perception des impôts et taxes, qui assurent " défense et bien-être à la nation ", réglementation du commerce entre les Etats et avec l'étranger, réglementation des problèmes de naturalisation, constitution de tribunaux fédéraux subordonnés à la Cour suprême, entretien des troupes et déclaration de guerre.

Pouvoir des Etats : droit civil, droit pénal, droit fiscal, contrôle des armes, drogues, etc., contrôle sur l'administration locale, l'éducation, la santé et l'aide sociale, la réglementation économique, le maintien de l'ordre public, etc.

Partis

Le parti démocrate est traditionnellement assimilé à un parti de gauche, même si dans les faits il serait plus juste de qualifier ses idées de centristes. Il prône la justice sociale, une intervention mesurée de l'Etat, et est tourné majoritairement vers la politique intérieure. Le parti républicain qui lui fait face, dont est issu le président actuel Donald Trump, est situé beaucoup plus à droite sur l'échiquier politique, et est considéré comme conservateur. Il s'est illustré dans les dernières années par une politique extérieure agressive, et croit en une intervention la plus faible possible de l'Etat en matière d'économie. A ces deux mastodontes s'ajoutent quelques petits partis qui ne font que très peu pencher la balance électorale, dont le parti vert ou le parti communiste.

Dans les Grands Lacs, la tendance est variable selon les années. Le Minnesota est actuellement démocrate, représenté par le gouverneur Mark Dayton. Le Wisconsin est républicain, avec Scott Walker tout comme le Michigan, représenté par Rick Snyder. Ces trois Etats ont interverti leurs tendances politiques aux dernières élections de gouverneurs en 2011. L'Illinois est passé du côté des républicains, avec l'élection de Bruce Rauner en 2014.

Enjeux actuels
Les mandats de Barack Obama

Barack Obama, le sénateur métis de l'Illinois presque inconnu trois ans auparavant, a remporté les élections de 2008 et soulevé un immense mouvement d'espoir dans le pays. Son premier mandat est marqué par le vote historique de la réforme du système de santé, le sauvetage de l'industrie automobile américaine, une nouvelle politique étrangère multilatérale et le retrait progressif des troupes d'Irak et d'Afghanistan. Barack Obama est largement réélu le 6 novembre 2012 face à Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts. Ce second mandat d'Obama n'a pas réglé les dysfonctionnements politiques de Washington, D.C. Les experts de la politique parlent de gridlock (impasse) pour qualifier les rapports entre les pouvoirs exécutif et législatif. Obama laisse derrière lui un bilan plutôt positif, approuvé par 50 % des Américains, et des promesses de campagne tenues dans leur ensemble. Le plan d'assurance santé Obamacare a été mis en place, la crise économique semble jugulée et le taux de chômage est en baisse. En revanche, la question sensible du port d'armes à feu n'a pas évolué d'un iota, et la volonté de réforme de l'immigration est restée lettre morte.

La question du racisme

Malgré les deux mandats du premier président noir des Etats-Unis, le racisme est toujours un sujet épineux et les inégalités subsistent, en particulier envers la communauté afro-américaine. En 2014, les policiers américains enchaînent les bavures et certaines affaires entraînent affrontements et émeutes dans les rues, notamment à Ferguson (Missouri) après la mort du jeune Michael Brown, abattu par la police alors qu'il n'était pas armé. Le mouvement militant Black Lives Matter (" les vies des Noirs sont importantes ") prend alors forme. Ses membres se mobilisent contre la violence et le racisme systémique envers les Noirs. D'autres affaires retentissantes éclatent en 2015, comme l'assassinat de Freddie Gray à Baltimore en avril, cette fois filmé et rapidement catégorisé par le juge en charge de l'affaire en tant qu'homicide. Chicago entre elle-même en ébullition fin 2015, lorsque la vidéo du jeune noir Laquan McDonald, assassiné un an plus tôt de 16 balles par un policier blanc, est rendue publique. Le pays tout entier est de nouveau en émoi et le ministère de la justice lance une grande enquête sur les dérives racistes et anticonstitutionnelles de la police de Chicago. De nombreuses personnalités comparent alors la situation raciale aux Etats-Unis à celle des années 1960. En 2016, on estime à plus de 250 le nombre d'Afro-Américains tués par la police aux Etats-Unis.

L'avènement de Donald Trump

Le 8 novembre 2016, une onde choc traverse le pays alors que Donald Trump est élu président des Etats-Unis. Cette élection met des sujets brûlants au coeur de l'actualité. Le cheval de bataille du nouveau président, avec lequel il a séduit une grande partie de son électorat, ce sont ses réformes anti-immigration. Aussi farfelu soit-il, le projet de construire un mur le long de la frontière mexicaine afin de stopper l'immigration illégale est toujours d'actualité : en octobre 2017, Trump annonce que le prototype du mur est prêt. Quelques jours après son investiture, Donald Trump signe un premier décret anti-immigration rapidement surnommé " Muslim Ban " car il vise 6 pays musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen) dont les ressortissants se voient interdire l'accès aux Etats-Unis pour une durée indéterminée. Le décret, censé limiter le risque terroriste sur le territoire américain, est finalement bloqué par un juge fédéral une semaine après sa mise en place, mais Trump revient avec une réforme similaire qui entre en vigueur en octobre 2017, rajoutant la Corée du Nord, le Tchad, et le Venezuela à la liste des pays qui subissent des restrictions pour entrer aux Etats-Unis.

Sur bien des sujets, les prises de position de Donald Trump semblent aux antipodes de celles de son prédécesseur, notamment en matière de santé, Trump étant favorable à l'abrogation de l'Obamacare et à la mise en place d'une nouvelle réforme de santé. Cette dernière a été acceptée par la Chambre des représentants en juin 2017 mais a échoué à convaincre le Congrès. En fervent défenseur de la NRA (National Rifle Association), Trump cherche à étendre les libertés en matière de possession d'armes à feu, bien que le pays ait été marqué par des fusillades de masse de plus en plus fréquentes et meurtrières cette dernière décennie (la tuerie de Virginia Tech en 2007, celle de Newtown en 2012, celle de Charleston en 2015, celle de Roseburg, Oregon, en 2015, celle dans un cinéma en Louisiane en 2015, celle dans une boîte de nuit à Orlando, la tuerie de las Vegas d'octobre 2017 ou celle de Sutherland Springs, Texas en novembre 2017).

La protection de l'environnement

Avec l'élection de Donald Trump, la question de la protection environnementale aux Etats-Unis devient elle aussi épineuse. Le nouveau président nomme Scott Pruitt à la tête de l'Environmental Protection Agency, société indépendante créée en 1970 et rattachée au gouvernement américain, qui vise à protéger l'environnement et la santé des citoyens américains. En faveur de l'industrie pétrolière, pro-charbon et climato-sceptique notoire, Scott Pruitt est un personnage qui inquiète et dont la nomination témoigne du peu d'intérêt porté par Donald Trump sur les questions environnementales. Le nouveau président est déjà revenu sur plusieurs décisions prises par son prédécesseur, en relançant notamment le projet controversé du Keystone XL Pipeline. Le 1er juin 2017, le président américain tient l'une de ses promesses de campagne et annonce le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, au nom de la défense des emplois américains. Une décision historique qui, si elle est saluée par son camp, provoque un tollé international. En décembre 2017, Trump décide de réduire le territoire occupé par deux monuments nationaux, Bear's Ear et Grand Staircase-Escalante, qui avaient été respectivement établis par les présidents Clinton et Obama.

La politique étrangère de Trump

Côté politique internationale, Donald Trump bouleverse là aussi les conventions. L'affaire qui empoisonne son mandat dès ses premiers jours à la Maison Blanche : l'accusation des ingérences russes dans l'élection présidentielle de 2016, visant à favoriser sa victoire. Alors que le FBI lance une investigation afin de prouver l'implication de Poutine et la diplomatie parallèle entretenue par l'équipe de campagne de Trump avec la Russie, le directeur du Federal Bureau of Investigation James Comey est démis de ses fonctions par le nouveau président. Ce renvoi est perçu comme une tentative de déstabiliser l'enquête du FBI et soulève des interrogations jusque dans les rangs républicains. Lors de son témoignage face au Congrès quelques semaines plus tard, James Comey fait état d'éléments accablants contre Donald Trump. Plus récemment encore, Donald Trump se met la communauté internationale à dos en reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, provoquant une vague de manifestations dans de nombreux pays musulmans. Enfin, si les précédents présidents américains ont joué la carte de l'apaisement avec la Corée du Nord, Donald Trump, lui, met les pieds dans le plat depuis son arrivée au pouvoir, provoquant l'escalade des tensions avec son homologue Kim Jong-un et faisant craindre une possible guerre nucléaire.

Les élections des gouverneurs

Au niveau des Etats, les élections des gouverneurs en 2011 ont redistribué les postes politiques pour quatre ans. Le Minnesota est redevenu démocrate avec Mark Dayton, après dix années de politique républicaine. Il est de nouveau élu gouverneur du Minnesota en 2014, avec plus de 50 % des voix. Le Wisconsin et le Michigan ont réalisé l'opération inverse, en élisant les républicains Scott Walker et Rick Snyder, tous deux réélus lors des élections de 2014. Toutefois, la politique d'austérité et de libéralisme imposée par Scott Walker dans le Wisconsin - gel des salaires des fonctionnaires, réductions fiscales pour les entreprises - fait l'objet d'une forte opposition et d'une procédure de " recall ", remise en cause de son gouvernement. Il est pourtant confirmé dans ses fonctions et devient le premier gouverneur des Etats-Unis à survivre à une telle procédure. Dans l'Illinois, l'élection de Bruce Rauner en 2014, républicain succédant à deux démocrates, a fait beaucoup de bruit.

Économie

Chicago est la ville américaine la plus diversifiée au niveau économique. Ne reposant pas exclusivement sur un seul secteur d'activité, elle est capable de surmonter les crises économiques de l'une de ses composantes.

A cet égard, Chicago fait figure de miroir de l'économie américaine : on y trouve à peu près toutes les industries, tous les secteurs d'activités, représentés à pourcentage égal avec celui des Etats-Unis. Contrairement à la ville voisine de Detroit, reposant essentiellement sur l'industrie automobile, la ville de Chicago a mieux su faire face à la crise financière mondiale de 2008.

Principales ressources

La région binationale (Etats-Unis et Canada) des Grands Lacs est le coeur industriel de l'Amérique du Nord, malgré la baisse d'activité économique des années 1980.

Elle soutient un secteur en voie de développement, celui du tourisme et des activités de plein air, ainsi qu'un système important de navigation par voies fluviale et maritime, et une agriculture diversifiée. Les activités économiques les plus importantes de la région sont aujourd'hui l'agriculture, les manufactures, la production d'acier, le fret par bateau, la pêche récréative et commerciale, et le tourisme.

Transport maritime sur les Grands Lacs

Les Grands Lacs constituent un formidable moyen de transport des marchandises d'un bout à l'autre de la région, mais aussi vers le sud par le Mississippi et vers l'est par le fleuve Saint-Laurent.

Depuis que le canal qui relie le lac Michigan au Mississippi et les écluses de Sault Ste.Marie, dans l'Etat du Michigan, ont été ouverts, l'économie des Grands Lacs s'est envolée.

Par ordre décroissant, les marchandises les plus transportées sont le minerai de fer, le charbon, la pierre, les céréales, le sel, le ciment et la potasse. C'est plus de 60 millions de tonnes de matières premières qui sont ainsi transportées chaque année.

Le minerai de fer et la plupart des pierres sont utilisés dans l'industrie métallurgique, qui s'est considérablement développée sur les rives des Grands Lacs, surtout dans le Sud, comme à Gary dans l'Indiana ou dans l'Etat du Michigan.

Manufacturing Belt et Rust Belt

Les zones économiques du nord de l'Etat de l'Indiana, de la région de Detroit, de l'Ohio et de l'ouest de l'Etat de New York ont été des régions à fort développement industriel, basé surtout sur les industries lourdes de l'acier et de l'automobile.

Cette région était alors appelée la " Manufacturing Belt ", la ceinture des manufactures. Dans les années 1960, les effets du libre-échange économique international se font durement sentir, quand les industries se délocalisent vers les pays du tiers-monde où la main-d'oeuvre est moins onéreuse. Des dizaines de milliers d'emplois dans ce secteur économique sont perdus, pour être remplacés dans le secteur des services.

La population des grandes villes (Detroit, Cleveland, Pittsburgh, Buffalo) décroît alors fortement, et c'est toujours le cas aujourd'hui, malgré des efforts considérables entrepris pour revitaliser les zones de centre-ville et rendre les villes plus attirantes. L'exode a pour destination les Etats du Sud, plus chauds et plus diversifiés économiquement. La zone délaissée prend alors le nom de " Rust Belt ", la ceinture de la rouille, en référence aux industries métallurgiques laissées à l'abandon.

La région de l'ouest des Grands Lacs n'est, elle, quasiment pas touchée par les effets dévastateurs de la dépression économique. Chicago a su se diversifier économiquement en développant les secteurs des services et de la médecine, et les Etats du Wisconsin et du Minnesota ont des économies basées en grande partie sur l'agriculture.

En revanche, à quelques dizaines de kilomètres au sud-est de Chicago, la petite ville de Gary, dans l'Indiana, est très fortement touchée par la récession économique et possède un taux de criminalité très élevé. Un pourcentage important de la population est au chômage, et les effets sur l'environnement et la qualité de vie sont évidents lorsqu'on traverse cette zone en voiture.

L'industrie du bois et de l'eau

La région nord des Grands Lacs (Michigan, Wisconsin et Minnesota) possède la plus grande surface de forêts aux Etats-Unis, soit 41 % de la surface totale, ou vingt millions d'hectares de terre forestière.

Environ dix-huit millions d'hectares sont des forêts potentiellement commercialisables, mais la moitié appartient au secteur privé qui n'en fait aucun usage et garde la forêt intacte.

Dans le nord des Grands Lacs, on trouve des grandes forêts boréales de types bouleaux et sapins, tandis que les forêts du sud sont composées de chênes et d'arbres qui poussent dans des conditions atmosphériques plus chaudes. Cent quatre-vingt-dix mille personnes sont employées dans le secteur de la sylviculture, qui représente vingt-quatre milliards de dollars de produits dérivés par an. La région des Grands Lacs possède en outre 16 % des ressources en eau douce de la planète. Cette ressource, combinée avec l'industrie du bois, fait vivre les industries du commerce et du tourisme, qui bénéficient de retombées économiques importantes puisque trente milliards de dollars sont dégagés chaque année de cette seule industrie.

L'agriculture diversifiée des Grands Lacs

Les Etats-Unis, premier pays producteur et exportateur agricole mondial, jouissent d'un immense territoire et d'une importante puissance mécanique et technologique. La région des Grands Lacs bénéficie de terres riches et fertiles qu'ont su exploiter les descendants des colons. Au début du XIXe siècle, ils se sont essentiellement tournés vers les cultures de blé et de maïs, profitant d'un environnement favorable. Les productions de produits laitiers et de viande, puis plus tard de fruits et légumes ont permis de diversifier les productions.

Chaque Etat des Grands Lacs est spécialisé dans un secteur bien déterminé. Ainsi, la production de l'Illinois est destinée à l'élevage, produisant en grande quantité de l'orge et du soja. Les rives des Grands Lacs sont surnommées la " Fruit Belt " en raison de leur climat et de leur environnement qui leur permettent de cultiver fruits et légumes. Le Minnesota, terre aux dix mille lacs, est essentiellement agricole grâce à ses terres prolifiques, de même que l'économie du Wisconsin qui repose sur une agriculture céréalière et d'élevage. Son industrie est également tournée vers l'agroalimentaire.

L'agriculture aux Etats-Unis plus qu'ailleurs prend des allures de business. Elle appartient au complexe agro-industriel qui organise toute la chaîne industrielle depuis la récolte, en passant par la distribution, jusqu'au consommateur. C'est à Chicago que se trouve la Bourse des produits agricoles et que la loi de l'offre et de la demande mondiale se négocie. Cependant, cette agriculture de masse où règnent les engrais et les pesticides polluent de façon inquiétante les Grands Lacs. Des mesures doivent être prises, mais les intérêts économiques ont souvent plus de poids que l'écologie.

Le " lake effect ", responsable de l'essor d'une niche économique. Les lacs sont tellement grands qu'ils influent sur le climat de toute la région. Si certains hivers la quantité de neige précipitée au sol peut atteindre des hauteurs gigantesques, les autres saisons, printemps, été et automne, sont elles aussi influencées par l'effet régulateur du lac.

Au printemps, les masses d'air passant au-dessus de la région sont refroidies par les lacs qui ont emmagasiné le froid de l'hiver.

De ce fait, les arbres fruitiers des régions côtières fleurissent moins rapidement que ceux des régions de l'intérieur des terres, et ne sont donc pas touchés par les gelées tardives.

En automne, l'inertie thermique des lacs assure des températures douces qui durent jusqu'au début du mois de novembre.

Ces effets, appelés le " lake effect ", permettent à la région des Grands Lacs de faire pousser des fruits qui sont normalement cultivés bien plus au sud. Les régions qui sont complètement entourées par les Grands Lacs, comme la péninsule de Door County dans le Wisconsin, ou Bayfield sur les rives du lac Supérieur, sont celles qui produisent le plus de fruits ou des raisins pour la production de vin.

Une économie qui évolue vers les services

A la suite de la récession économique des années 1970-1980, une partie de l'économie s'est tournée vers le secteur des services, de la recherche et de la médecine. La métropole de Chicago est devenue un grand centre de recherche médicale universitaire.

Place du tourisme

La place du tourisme est devenue extrêmement importante ces dernières décennies. On distingue le tourisme national du tourisme international. Au niveau national, les deux secteurs touristiques les plus importants sont la chasse et la pêche. Des centaines de millions de dollars sont dépensés chaque année en équipement (bateaux, fusils, matériel de pêche, 4X4) par les chasseurs et les pêcheurs dans la région.

Ces deux sports sont extrêmement populaires, et se pratiquent dès le plus jeune âge. On voit très régulièrement les grands-pères initier leurs petits-fils à l'art du maniement des armes à feu ou à celui de la pêche à la mouche. Pendant les vacances, il n'est pas rare de voir des familles entières sur des bateaux à fond plat, appelés " patio boat ", certains avec une canne à pêche à la main, d'autres profitant de l'eau pour se baigner.

Les vacances ont quelque chose de sacré (seulement deux semaines par an), et pour rien au monde on ne passerait à côté : c'est ainsi que les Américains dépensent des sommes astronomiques pour leurs activités de vacances, et qu'on trouve des " resorts " avec toboggans, casinos, jeux pour enfants, de véritables centres de divertissements en pleine campagne ou sur les bords du lac.

Le Wisconsin est la région où les habitants des grandes villes prennent leurs vacances. Un nombre impressionnant de foyers de Chicago ou des autres villes de la région possède une résidence secondaire sur les bords du lac ou dans la campagne. La nature et les activités extérieures qui y sont liées attirent les familles, les retraités et les jeunes couples hors du stress des grands centres urbains.

Ce mode de fonctionnement, s'il apporte un soutien économique important, a pourtant un autre effet : hors saison, la moitié des foyers du Nord-Wisconsin sont vides, et la région perd de son dynamisme.

Au niveau international, la saison touristique commence surtout en juillet et se termine en septembre. Dans les villes, les efforts considérables qui ont été mis en oeuvre pour rendre les centres urbains plus agréables pour les résidents attirent également de plus en plus de touristes. Conséquence : les établissements hôteliers prolifèrent.

Chicago est une ville d'envergure internationale, qui attire de plus en plus de touristes étrangers, bien qu'elle soit particulièrement populaire auprès des Américains. En 2016, le nombre de visiteurs a dépassé les 54 millions, un record pour la ville et une augmentation de 2,9 % par rapport à l'année précédente. Parmi ces visiteurs, 52 millions étaient Américains. Le maire actuel de la ville, Rahm Emmanuel, vise les 55 millions de visiteurs annuels d'ici 2020. Depuis l'arrivée du maire, l'industrie du tourisme a permis la création de 20 000 nouveaux emplois, pour un total de 145 000 emplois directement liés à cette industrie. En 2016, le tourisme à Chicago a généré 911 millions de dollars en recettes fiscales.

Enjeux actuels

La crise des subprimes a été le déclencheur d'une crise majeure qui a commencé à toucher les Etats-Unis dès 2007, avec des répercussions dramatiques en octobre 2008, dans le pays puis dans le monde entier. En septembre 2008, à la suite de la disparition de deux grandes banques d'affaires - Merrill Lynch est cédée à la Bank of America et Lehman Brothers fait faillite -, l'Etat fédéral américain annonce un plan de sauvetage financier exceptionnel destiné à racheter les créances douteuses à hauteur de plusieurs centaines de milliards de dollars. Elles constituent un " risque systémique " pour la stabilité financière du pays.

Barack Obama s'était fixé en 2008 pour objectif la création ou le maintien de plusieurs millions d'emplois au cours de son mandat. 7 ans plus tard, fin 2014, la croissance passe à 2,4 % et, le taux de chômage début 2015 est de 5,1 %, ce qui représente 8 millions d'Américains en recherche de travail. Wall Street a réalisé 16 milliards de bénéfices en 2014. Et les banques continuent de contourner les lois, malgré la réforme entamée par Obama pour les empêcher de prendre des risques sur les marchés financiers. En juillet 2013, les grandes banques annoncent des résultats résolument bons et des bénéfices en hausse. Mais les PME rechignent toujours à contracter des prêts, ce qui limite l'investissement.

La baisse continue du chômage entraîne un accroissement de la consommation des ménages. Les Américains retrouvent le moral et se désendettent peu à peu. Pourtant, si l'économie américaine est bel et bien sortie de la récession, son taux de croissance de 1,6 % en 2016 reste bas par rapport à ses standards habituels. En octobre 2016, les Etats-Unis perdent leur statut de première économie mondiale face à la Chine. Les défis restent de taille lorsque Trump arrive au pouvoir, avec un déficit budgétaire important et une dette publique qui ne cesse de croître. Pourtant, au lendemain de son investiture, le nouveau président annonce viser un taux de croissance de 3 % à la fin de l'année 2017, défi qui sera relevé puisque le taux de croissance atteint déjà les 3,3 % en septembre 2017.

En juillet 2013, un coup dur frappe les Grands Lacs. La ville de Detroit, dans le Michigan, se déclare en faillite. La chute de Détroit est liée à celle des " Big Three " " - Ford, Chrysler et General Motors, piliers de l'industrie automobile du pays. La population de Detroit a diminué de plus de la moitié en soixante ans et la criminalité n'a jamais été aussi haute. Rick Snyder, gouverneur de l'Etat du Michigan, déclare : " La mise en faillite est l'unique solution qui permettra à Detroit de redevenir stable et viable ". Avec 18,5 milliards de dette, " Motor City " est la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite. Rock Snyder nomme alors un administrateur d'urgence chargé de mettre à plat les dettes de la ville, et de négocier avec ses créanciers. Il obtient notamment la diminution des pensions des retraités de la ville de 4,5 %. Autre effort côté administration culturelle cette fois, Le Detroit Institue of Arts, alors propriété de la ville, et qui avait une collection estimée à près de 5 milliards de dollars, passe sous le contrôle d'une fondation indépendante. En échange, cette fondation aide à payer les pensions des employés de la ville de Detroit. Grâce à ces efforts, la ville de Detroit est sortie du dépôt de bilan en décembre 2014, et de l'argent a pu être réinjecté dans les infrastructures de la ville. De nombreux travaux sont en cours et d'autres ont été réalisés, principalement dans le centre-ville et sa périphérie, et devraient s'étendre dans l'ensemble des quartiers de la ville au cours des prochaines années.

Adresses Futées de CHICAGO

Où ?
Quoi ?
Avis