Guide de MONTRÉAL : Politique et économie

Politique
Structure étatique
Une démocratie parlementaire et fédérale

Le système politique du Canada est très proche du modèle britannique. Cependant, deux points majeurs les différencient : le Canada dispose d'une Constitution écrite et son organisation est fédérale. La reine d'Angleterre est reine du Canada.

L'État fédéral

Membre du Commonwealth, le Canada est un État confédéral de régime parlementaire, composé de dix provinces et de trois territoires. Le système politique de la province du Québec s'inscrit dans le cadre de la Constitution de 1982 qui répartit les compétences législatives entre le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral.

Le pouvoir législatif

Les lois s'appliquant au Québec sont votées par le Parlement provincial ou le Parlement fédéral, en fonction du sujet (provincial ou fédéral). En ce qui concerne le Québec, le Parlement est constitué de l'Assemblée nationale et du lieutenant-gouverneur. Les 125 députés de l'Assemblée nationale sont élus au suffrage universel pour cinq ans maximum. Le lieutenant-gouverneur, nommé par le gouverneur général (qui sanctionne les lois) constitue, avec l'Assemblée nationale, le Parlement.
Le Parlement fédéral est constitué d'une Chambre des communes et d'un Sénat. Les Canadiens élisent des représentants à la Chambre des communes d'Ottawa (338 députés élus au suffrage universel pour quatre ans maximum). Ils sont également représentés au Sénat (105 sénateurs nommés par le gouverneur général sur recommandation du Premier ministre). À noter que le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, propose des modifications en profondeur du Sénat et du processus électoral fédéral, sans toutefois recourir à des amendements constitutionnels. Par exemple, il s'engage notamment à " mettre en place un processus public, ouvert et transparent pour nommer et confirmer les sénateurs [et à] nommer seulement des sénateurs indépendants ". Le sénat doit en effet être indépendant des partis politiques pour jouer son rôle.

Le gouvernement

Chaque province possède son propre gouvernement qui dispose de compétences complémentaires à celles de l'État fédéral. Les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral sont formés de façon identique : à chaque élection parlementaire, le chef de la majorité devient Premier ministre et forme son Conseil des ministres parmi les députés élus.
Le suffrage est universel pour les citoyens, à partir de 18 ans. Le scrutin est uninominal et majoritaire à un tour, fondé sur le concept de la représentation territoriale. Chacun des 125 députés du Québec représente la population d'un comté. Le Québec est divisé en 17 régions administratives.

Le pouvoir judiciaire

Il comprend deux cours : la Cour du Québec, dont les juges sont nommés par le gouvernement du Québec, traite des affaires civiles, criminelles et pénales, tandis que la Cour supérieure a compétence en toute matière. La Cour d'appel est le tribunal général pour toute la province, tandis que la Cour suprême (9 juges nommés par le gouverneur général) est le plus haut tribunal du Canada. Elle constitue l'ultime recours juridique pour toutes les décisions judiciaires en matière civile, criminelle ou administrative.

Relations internationales et francophonie

Selon la Constitution, seul le gouvernement fédéral a compétence en la matière. Toutefois, afin de mieux assumer ses responsabilités en matière d'immigration, d'emprunts financiers internationaux, d'environnement mais surtout de culture, le Québec s'est doté d'un ministère des Relations internationales et de la Francophonie qui a permis la création de délégations (dont celle de Paris) et de bureaux à l'étranger. Le Québec joue un rôle de plus en plus actif au sein de la francophonie. Depuis 1988, la province participe à TV5, la télévision internationale de langue française. La ville de Québec a accueilli, à deux reprises, le Sommet de la Francophonie, en 1987 et en 2008.

Partis
<p>Hôtel de ville de Montréal.</p>

Hôtel de ville de Montréal.

La vie politique québécoise est rythmée par le bipartisme dans la mesure où seuls deux partis sont, en général, en mesure d'obtenir suffisamment de voix pour constituer un gouvernement : le Parti libéral du Québec (PLQ, parti de centre-droite) et le Parti québécois (PQ, parti de centre gauche). Ce dernier ayant été créé à la fin des années 1960, le Parti conservateur puis l'Union nationale constituaient les autres grands partis auparavant.
Suite aux élections générales de 2014, les autres partis ayant des sièges à l'Assemblée nationale sont la Coalition Avenir Québec (CAQ), parti de centre-droite, formé en 2012 avec d'anciens députés du Parti québécois et des députés du défunt parti Action démocratique du Québec (ADQ) ; et Québec solidaire (parti de gauche), créé en 2006 suite à la fusion de l'Union des forces progressistes et d'Option citoyenne.
Suite aux élections générales du 7 avril 2014, le Parti libéral du Québec a pris le pouvoir avec 71 sièges, suivi du Parti québécois avec 30 sièges, 21 pour la Coalition Avenir Québec et 3 pour Québec solidaire. À noter que depuis les élections, la répartition des sièges a légèrement changé (3 en moins pour le Parti libéral, 2 en moins pour le Parti québécois, 1 en moins pour la Coalition Avenir Québec et cinq députés siègent en tant qu'indépendants).
Depuis la Confédération canadienne de 1867, le Québec s'est retrouvé seulement trois fois avec un gouvernement minoritaire au pouvoir : en 1878, en 2007 (déconfiture du PLQ et du PQ, montée fulgurante de l'ADQ) et, plus récemment, en 2012, alors que le PQ n'a pas obtenu la majorité escomptée.

Au niveau municipal, le Conseil municipal de Montréal est le corps dirigeant de la ville. Il vise à assurer la cohérence des activités municipales : les finances, le plan stratégique et les grandes orientations en matière d'aménagement, de culture, de loisirs et de développement économique et communautaire. Le conseil est composé de 65 représentants, soit le maire de Montréal, les 18 maires d'arrondissement et 46 conseillers de ville. Contrairement à la plupart des autres grandes villes canadiennes, Montréal a des partis politiques. Suite à la commission d'enquête qui a éclaboussé le maire et son parti à l'automne 2012, ce dernier s'est vu contraint de démissionner et Michael Applebaum l'a remplacé par intérim. Par contre, ce dernier a été arrêté en juin 2013 par l'Unité permanente anticorruption et a également démissionné. C'est donc Laurent Blanchard qui a assuré l'intérim jusqu'aux prochaines élections municipales, soit en novembre 2013. Suite à ces dernières, les Montréalais ont élu Denis Coderre, ancien député libéral fédéral. Son parti, Équipe Denis Coderre pour Montréal, se retrouve toutefois minoritaire avec seulement 32 % des voix aux élections. Malgré un bon bilan pendant ses quatre années passées à la mairie de Montréal, les citoyens lui ont préféré Valérie Plante, chef du parti Projet Montréal, aux élections municipales de novembre 2017 (51,42 % des voix). Elle devint ainsi la première femme à occuper ce poste dans l'histoire de la métropole.

Enjeux actuels

Après un printemps 2012 agité, alimenté par le mouvement étudiant contre la hausse des frais de scolarité et la crise sociale qui s'en est suivie, des élections générales ont été déclenchées le 1er août 2012. Suite aux résultats de l'élection du 4 septembre, le Parti libéral du Québec a perdu son pouvoir majoritaire au profit du Parti québécois, toutefois minoritaire, ce qui veut dire qu'il se retrouve pieds et poings liés sur certains sujets. Il a quand même tenu à remplir plusieurs de ses promesses dès les premiers jours de son mandat : remplacement de la hausse drastique des frais de scolarité par une indexation au coût de la vie, annonce de la fermeture définitive de la centrale nucléaire Gentilly, abrogation en majeure partie de la fameuse loi 12 jugée répressive (obligation de dispenser l'enseignement et interdiction de l'entraver, encadrement stricte du droit de manifester, amendes, etc.), etc. Les députés libéraux et caquistes (parti Coalition Avenir Québec) se sont alors associés pour faire tomber le nouveau gouvernement, notamment suite au projet de loi sur la Charte des valeurs québécoises déposé au Parlement le 7 novembre 2013. Cette charte affirme les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l'État ainsi que l'égalité entre les femmes et les hommes, sans oublier l'encadrement des demandes d'accommodements raisonnables (expression qui désigne la tentative des sociétés modernes de s'accommoder des exigences des différentes minorités au sein de la société civile). Un projet décrié de part et d'autre, divisant le peuple sur la question de la religion au Québec. Il ne sera finalement pas adopté et des élections générales sont déclenchées pour un scrutin le 7 avril 2014. Le Parti québécois perd la moitié de ses sièges, dont celui de la chef du parti, portant ainsi les Libéraux de Philippe Couillard au pouvoir.
Depuis, l'incompétence et la corruption de certains ministres libéraux font "jaser". Il y a aussi les mesures d'austérité adoptées par ce gouvernement qui ont affecté les plus vulnérables de la société tout en semant encore et toujours la grogne parmi la population et les diverses associations québécoises (à savoir que le Québec a fait un surplus budgétaire record de 4,5 milliards de dollars pour l'exercice qui s'est terminé le 31 mars 2017). De plus, l'appui au développement gazier et pétrolier au Québec, avec des projets de règlements permettant les forages en milieux hydrique et terrestre à proximité de secteurs habités, d'écoles, d'aires protégées et de parcs nationaux, n'a certainement pas contribué à la popularité du gouvernement libéral de Philippe Couillard. Et en effet, le résultat des dernières élections d'octobre 2018 a sonné le changement de cap. Les Québécois ont porté au pouvoir le parti de la Coalition Avenir Québec (CAQ) de François Legault (fondé en 2011). Québec Solidaire (QS), autre parti récent, fondé en 2006, a également fait une belle percée en passant de 3 à 10 députés à l'Assemblée nationale.

Au niveau municipal, Denis Coderre a eu tout un défi à relever suite aux élections du 3 novembre 2013. L'administration montréalaise, entachée de corruption, devait regagner la confiance de la population. Les infrastructures désuètes de la ville furent également au programme. Et le nouveau parti étant minoritaire, il n'a pas eu d'autres choix que de travailler en coalition avec les autres partis représentés à la mairie. On peut dresser un bon bilan de ses quatre années passées en tant que maire, mais cela n'aura pas suffit lors des élections municipales du 5 novembre 2017. Valérie Plante et son parti Projet Montréal ont séduit l'électorat qui désirait un vent de changement sur plusieurs thèmes : infrastructures performantes, vitalité culturelle exemplaire, espaces de sports et loisirs de qualité, habitations abordables et de qualité pour tous, ville mobile et dynamique, développement économique prospère, ville inclusive, vie démocratique et saine gestion municipale, etc. En 2018, l'une de ses idées phares : la construction d'une 5e ligne de métro à Montréal, la ligne rose, s'est heurtée à la réticence du nouveau gouvernement caquiste. Depuis l'élection de François Legault, aux positions idéologiques divergentes (surtout en matière de transport collectif), la métropole et le gouvernement doivent trouver un nouveau mode de fonctionnement.

Économie

Seconde plus grande ville du Canada, Montréal rivalise avec la capitale de la province d'Ontario, Toronto, en termes de dynamisme économique. Comme elle, elle base son activité sur une grande diversité de secteurs. Mais ce qui fait sa particularité et sa force est l'importance de son port, actuellement le second du pays après celui de Vancouver. Il lui permet d'être l'un des centres d'échanges les plus importants de la planète, et la place à un rang élevé dans les transbordements de produits pétroliers, de céréales, de machines et de produits manufacturés. Son positionnement sur l'axe de chemin de fer qui traverse le pays fluidifie en outre les échanges avec l'intérieur des terres. Par ailleurs, la ville a prévu de se doter de nouvelles infrastructures majeures. Les travaux de réfection du stade Olympique sont à peine terminés que le nouveau pont Samuel-De-Champlain devrait ouvrir à la circulation dans le courant de l'année 2019. Le parc Jean-Drapeau, quant à lui, est en cours de réaménagement et accueillera un nouvel amphithéâtre extérieur de 65 000 places. De plus, d'ici 2024, grâce à un emprunt de 1,3 milliard de dollars canadiens, près de 900 autobus hybrides devraient circuler dans les rues de la métropole.

Principales ressources

La région de Montréal possède l'économie la plus diversifiée du Canada. Elle appuie son développement sur des industries aussi variées que l'aéronautique, les hautes technologies et les télécommunications, les jeux vidéo, l'électronique, le textile et la mode, le tabac, l'imprimerie, et l'industrie pharmaceutique.

L'un des axes les plus développés au cours des dernières décennies est celui des médias numériques interactifs (la firme montréalaise Moment Factory en est l'emblème au Québec), incluant particulièrement les jeux vidéo, secteur qui emploie plus de 5 000 personnes dans la métropole. Ubisoft, Gameloft, THQ, Electronic Arts et Eidos sont des acteurs majeurs de cette industrie en plein essor.

Montréal est également un centre financier important, et sa bourse est un lieu d'échange actif, à l'initiative notamment de la création d'un marché de produits environnementaux, le Marché Climatique de Montréal, en partenariat avec le Chicago Climate Exchange.

Le commerce avec les autres provinces du Canada et les pays extérieurs est également une des principales sources de revenu de la ville. Son port est le second en importance du Canada toutes catégories d'échanges confondues, mais aussi le premier en termes de trafic de conteneurs.

Parmi les entreprises les plus actives implantées dans la région montréalaise, on compte notamment Air Canada, Air Transat, Bombardier, Hydro-Québec, la Banque nationale du Canada, Quebecor, Rio Tinto Alcan et Saputo.

Place du tourisme

Figurant parmi les tops destinations touristiques au Canada, Montréal est un point de passage quasi obligé pour les visiteurs de la province de Québec. Son offre touristique est complète et sans cesse en évolution, avec des centaines d'établissements hôteliers sur la seule île de Montréal qui, d'après l'Association des hôtels du Grand Montréal, ont enregistré près de 73 % de taux d'occupation en 2018. Cette même année, selon Tourisme Montréal, la métropole a accueilli 11 millions de touristes, toutes provenances confondues, ce qui correspond à une augmentation de 1,9 % par rapport à 2017 (année du 375e anniversaire de la ville). Du côté de la France, qui représente le premier marché touristique d'outremer, 330 000 touristes français ont visité Montréal, soit une croissance de 1 % par rapport à l'année précédente.

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