Guide de CANCÚN : Arts et culture

Architecture
Les belles maisons aux couleurs pastel de Campeche.
Les belles maisons aux couleurs pastel de Campeche.

La péninsule de Yucatán possède un patrimoine architectural très riche, fruit de la rencontre entre les civilisations précolombiens et espagnoles.

Les Espagnols ayant pour coutume de construire leurs églises et leurs palais à l'emplacement des temples précolombiens, il ne subsiste parfois qu'une partie des anciennes villes préhispaniques. Dans la ville d'Izamal par exemple, qui était l'un des plus importants centres cérémoniaux de la région durant la période classique, beaucoup de constructions préhispaniques se trouvent à l'état de ruines, dans l'arrière-cour des maisons, car les Espagnols les ont démantelées pour construire l'imposant couvent de San Antonio de Padua. Cependant, dans les coins les plus reculés de la péninsule, des cités entières ont survécu au passage du temps, protégées des hommes par l'épais feuillage de la forêt tropicale.

La péninsule du Yucatán est l'une des régions du Mexique où l'on apprécie le mieux la splendeur des anciennes villes péhispaniques, puisqu'elle abrite des centaines de sites archéologiques, dont trois des neuf sites mexicains qui sont catalogués au patrimoine mondial de l'humanité : Chichén Itzá, Uxmal et Calakmul. La civilisation maya s'étant épanouie du IIe av. J.-C. jusqu'au XVe siècle apr. J.-C., ces cités n'ont pas toutes été édifiées à la même période, ni par les mêmes tribus mayas, et possèdent des caractéristiques architecturales différentes. Les cités mayas des collines Puuc au sud de Mérida comme Uxmal et Labná appartiennent au style architectural Puuc. Une des particularités du style Puuc est que les murs extérieurs des édifices sont revêtus de mosaïques en pierre, qui forment des figures géométriques très complexes. La cité de Chichén Itzá plus au sud présente des influences Puuc mais aussi toltèques et possède un style architectural différent, caractérisé par les pyramides de symétrie radiaire et les colonnes serpentines, formées par l'assemblage de différents blocs de pierre.

Les premières constructions que firent édifier les Espagnols furent des palais et des églises. Après avoir terminé la conquête du nord-est de la péninsule, la famille Montejo fit édifier au centre de la ville nouvellement fondée de Mérida une demeure de style Renaissance pour leur servir de résidence, la Casa Montejo, qui existe encore aujourd'hui. L'édification de la cathédrale de Mérida commença dix-neuf ans plus tard, ce qui en fait l'une des plus anciennes constructions religieuses de tout le continent américain. Dans les campagnes, les missionnaires franciscains firent construire d'imposants couvents pour faciliter l'évangélisation des Indiens Mayas. Les hommes d'Église supervisaient la construction tandis que les autochtones s'activaient à l'ouvrage. Mais même formés aux techniques européennes, ils purent laisser s'exprimer leur sensibilité artistique dans des oeuvres bien plus personnelles, comme les sculptures et peintures qui habillent les édifices religieux. Il existe de très beaux couvents à visiter dans la péninsule, comme le couvent de San Miguel Arcangel à Maní, le couvent de San Antonio de Padua à Ticul et le couvent de San Bernardino de Siena à Valladolid.

Le style baroque fit son apparition au Mexique au XVIIe siècle. Dans la région centrale du Mexique, de nombreuses églises furent construites ou réédifiées selon les canons du style baroque, qui donnait la part belle à l'exubérance et l'ornementation à outrance, car c'était une manière pour l'Église catholique de jeter de la poudre aux yeux à ceux qu'il restait à convertir. Néanmoins, dans la péninsule du Yucatán, le style baroque n'eut pas un aussi large écho, parce que la tâche d'évangélisation fut confiée pratiquement exclusivement aux missionnaires franciscains, qui étaient moins enclins à l'exubérance que les dominicains. Mais certains temples abritent des retables de style baroque, comme l'église San Francisco de Asis à Oxkutzcab.

Durant la première moitié du XIXe siècle, les élites du Yucatán s'occupèrent à définir le futur politique de la région, puis à combattre les Indiens Mayas durant la guerre des Castes, ce qui entraîna un déclin de l'architecture. Mais avec le développement de la culture du sisal, la péninsule du Yucatán entra dans une phase de prospérité. Dès la fin du XIXe siècle, les propriétaires terriens, à qui profitait l'exportation de l'henequén, commencèrent à se faire construire de magnifiques résidences à Mérida, sur le paseo de Montejo. Les élites mexicaines voulant rivaliser avec l'Europe, les nouvelles constructions furent édifiées dans le style éclectique qui était en vogue sur le Vieux Continent, en incluant des éléments décoratifs classiques et néoclassiques. Parmi les meilleurs exemples du style éclectique en vogue à cette époque, figurent la Casa Montes Molina et le Palacio Cantón, aujourd'hui siège du musée régional d'Anthropologie.

Le style éclectique continua à s'imposer un temps au début du XXe siècle. Puis, dans le cadre des politiques nationalistes de la postrévolution, le Mexique chercha à développer une architecture qui lui fût propre et rendît hommage à ses origines indiennes. De nombreux monuments de style néomaya ou néoindigéniste - c'est-à-dire inspirées de l'ancien art maya - furent construits à Mérida, comme la fontaine du Parque de las Américas et le monument à la Patrie, sur le paseo de Montejo.

A partir du milieu du XXe siècle, le style architectural contemporain commence à s'imposer. Les nouveaux édifices publics font la part belle aux nouveaux matériaux employés dans l'industrie du bâtiment (le béton notamment), aux grands volumes, aux formes curvilignes. Parmi les édifices les plus emblématiques de ce renouveau architectural, figurent le complexe sportif La Inalámbrica, construit en 1999 pour les Olympiades Infantiles, et qui fait un usage très ample des matériaux contemporains, comme le ciment, le béton, l'aluminium, lesquels sont laissés à dessein à découvert ; et la Capilla Guadalupana, église de forme elliptique, qui joue habilement de la lumière. Le Museo Maya de Mérida, qui s'est construit en 2012, se fait aussi remarquer pour son architecture contemporaine et singulière : un cylindre en fer qui repose sur un tronc, entouré de trois prismes en béton. L'architecture de l'édifice symbolise la Ceiba, l'arbre sacré des Mayas, qui relie le monde terrestre à l'inframonde et le supramonde.

Artisanat

Jusqu'à ce que le Mexique s'ouvre sur le monde extérieur et attire un nombre croissant de visiteurs, l'artisanat revêtait un côté bien plus fonctionnel que décoratif. Il ne s'agit donc pas seulement d'un attrape-touriste, mais aussi d'un art de vie populaire qui possède une fonction dans la vie de tous les jours. C'est pourquoi les autochtones restent fidèles aux tianguis (marchés d'artisanat) et se mêlent aux touristes pour acheter, non pas des souvenirs, mais des objets usuels qui participent à leur quotidien.

L'engouement que suscite l'artisanat mexicain a poussé le gouvernement à le mettre en valeur au travers de musées, d'expositions, de concours. Le premier à avoir ouvert la voie de la reconnaissance aux artisans indigènes fut le président Álvaro Obregón.

Depuis, chaque État tente de se distinguer par sa production artisanale et offre autant de diversité que de couleurs. Si vous n'avez pas le temps d'apprécier les spécialités de chaque région, les grandes villes comme Mexico, Guadalajara, Acapulco ou Oaxaca disposent de la quasi-totalité des produits artisanaux du pays, mais souvent à des prix bien plus élevés que dans les localités d'origine.

La liste est vraiment trop longue pour qu'on puisse tout passer en revue, mais quels que soient vos goûts et vos moyens, vous trouverez sans aucun doute quelque chose correspondant à vos attentes. Surtout, n'oubliez pas de marchander !

Que rapporter de son voyage ?

Les produits artisanaux les plus typiques de la péninsule du Yucatán sont les textiles, les hamacs, les chapeaux en palmes de jipijapa, les colliers en graines de cocoyol et, dans une moindre mesure, la poterie.

L'habit typique des hommes dans le Yucatán est la guayabera. C'est devenu l'un des produits artisanaux les plus prisés de la région. La guayabera remplace avantageusement le complet dans un climat où le thermomètre peut se maintenir à 40 degrés pendant des semaines entières. C'est une chemise mince, conçue pour être portée au-dessus du pantalon. Elle est disponible en plusieurs styles, de la filipino très ornée à la bordada brodée, en passant par la cubana classique. Habituellement, elle est à manches courtes, plissée devant et derrière avec quatre poches - bien que certains modèles plus désinvoltes n'en aient que deux. Dans un climat chaud et humide, le seul fait de prendre de la monnaie ou une carte de visite dans une poche peut être exténuant, sans compter la pression désagréable que ces objets exercent sur le corps. C'est la raison pour laquelle les poches de la guayabera sont si merveilleuses. En ce qui concerne le tissu, il y a matière à discussion. Le coton est préférable, mais il est cher et plus difficile d'entretien. Un mélange 65 % synthétique et 35 % coton est excellent. Certaines chemises moins chères sont à 80 % ou même à 100 % synthétique, mais elles sont aussi moins agréables à porter.

Les femmes quant à elles portent le hipil, une toile de coton de forme rectangulaire qui descend jusqu'aux genoux et est brodée de fleurs ou de motifs colorés en bas et au niveau de l'embrasure du cou. Elle porte en-dessous du hipil un long jupon appelé fustán, qui présente les mêmes motifs de broderie.

Le Yucatán est célèbre pour ses hamacs fabriqués dans les villages d'un bout à l'autre de la péninsule. Il ne s'agit pas d'un gadget pour touriste. Les habitants du Yucatán s'en servent quotidiennement car le hamac permet la circulation de l'air autour du corps et est donc préférable au lit lorsqu'il fait chaud. Tissés à l'origine avec de la fibre de henequén et de la soie, ils sont aujourd'hui composés de coton, de Nylon ou de textiles mélangés. Le village le plus célèbre pour ses hamacs est Tixkokob, où se trouvent plusieurs fabriques. Le seul problème, c'est qu'à l'arrivée à Tixkokob, tout le monde sait ce que le visiteur est venu y faire, ce qui amoindrit consídérablement les possibilités de marchander. C'est pour ça que Mérida reste sans aucun doute l'un des meilleurs endroits de la région pour acheter un hamac. L'offre est très large et la concurrence rend les prix compétitifs. Avant de se décider, il est intéressant de visiter plusieurs boutiques pour comparer les prix. Mais attention, le prix d'un hamac sera différent selon le matériau employé et la qualité du tissage. Il vaut mieux dépenser quelques pesos de plus pour obtenir un hamac de qualité.

Les chapeaux qu'on appelle habituellement des panamas sont tissés avec des fibres extraites de la palme de jipijapa, dans la ville de Becal, sur la route entre Mérida et Campeche. Les ateliers sont souterrains, afin de conserver les conditions d'humidité et de température adéquates. La qualité prédominante d'un panama de Becal tient à ce qu'il peut être écrasé ou plié de n'importe quelle façon : il reprendra toujours sa forme originelle. En règle générale, plus le grain du tissage du chapeau est fin, meilleure est sa qualité. Les chapeaux les plus fins sont assez souples pour que, pliés, ils passent à travers une bague ! Il y a quinze ans, on voyait encore au marché les femmes de Becal étaler leurs marchandises à même le sol. Aujourd'hui, très peu de boutiques vendent de véritables chapeaux de Becal. Ils sont chers, mais ce sont les meilleurs chapeaux de paille au monde.

Les graines du palmier monocaule, dites cocoyol au Yucatán, sont utilisées pour fabriquer des colliers, des bracelets et des boucles d'oreilles.

Dans certains villages du Yucatán, tels que Ticul et Uayma, les habitants continuent à fabriquer de nombreux objets en poterie (verres, jarres).

Cinéma

L'âge d'or du cinéma mexicain fut la période des années 1940 et 1950. Les films de Luis Buñuel, les contes poétiques d'Emilio Fernández, mais aussi les comédies de série Tin Tan et Cantinflas, et les drames quotidiens, avaient une profondeur et une qualité qui n'ont plus leur équivalent aujourd'hui. Ce cinéma a été suivi de films " charro ", ainsi baptisés du nom des pâtisseries insipides, industriellement produites à la manière des saucisses. Depuis, le cinéma mexicain connaît un certain renouveau. Ces dernières années, de très bons films ont été produits : La Ley de Herodes (1999) de Luis Estrada, Amores Perros (2000) d'Alejandro González Iñárritu avec Gael García Bernal, Heli (2013) d'Amat Escalante, qui a remporté le prix de la mise en scène au festival de Cannes. Le Mexique est également le pays natal de toute une génération de réalisateurs très talentueux : Alejandro González Iárritú, Alfonso Cuarón, Guillermo del Toro.

La civilisation maya a attiré l'attention de nombreux cinéastes mexicains et étrangers, qui ont tenté de recréer à l'écran une partie de son histoire, de façon plus ou moins réussie. Un des films précurseurs sur les Mayas est La Noche de los Mayas (La nuit des Mayas), qui a été tourné en 1939 et relate la tragique histoire d'amour entre Lol, la fille d'un chef maya, et un chasseur dénommé Uz. L'histoire elle-même n'a pas grand intérêt, mais Gabriel Figueroa, qui a participé au tournage en tant que directeur de photographie, offre de très belles prises de vue des ruines mayas. La musique qu'a composé Silvestre Revueltas pour le film est considérée comme un chef-d'oeuvre musical à tel point que José Limantour en a fait une symphonie 20 ans plus tard.

D'autres films plus récents tentent également de mettre en scène le mode de vie de la civilisation maya avant l'arrivée des Espagnols.

Apocalypto (2006), dirigé par Mel Gibson. L'histoire prend place au début du XVIe siècle, quelques années avant l'arrivée des Espagnols. Le film retrace la capture d'une tribu par la puissante civilisation maya pour la sacrifier au soleil. Les prisonniers sont sauvés in extremis du sacrifice par une éclipse mais ils doivent continuer à lutter pour leur vie dans la forêt. Une des particularités du film est d'avoir été tourné intégralement en langue maya, ce qui lui a valu d'être nommé au Golden Globe du meilleur film en langue non-anglaise. Ce film a causé une forte polémique car il insiste sur la cruauté de la civilisation maya, alors que les Mayas ont souvent tendance à être considérés comme un peuple pacifique et cultivé.

The Kings of Sun (Les Rois du Soleil), film américain tourné en 1963. Balam est le fils d'un chef maya. Après le décès de son père, il décide d'aller vivre avec sa tribu dans un territoire sur la côte, mais celui-ci est habité par une autre tribu indienne, que dirige un guerrier appelé " Aguila Negra ". S'ensuit une guerre entre les deux tribus, mais celles-ci finiront par apprendre à cohabiter en paix. Là encore, le film insiste sur l'obsession des Mayas pour les sacrifices humains. Dans une des scènes, Balam tente de convaincre Aguila Negra d'être sacrifié aux Dieux, mais celui-ci refuse et le prêtre maya finit par donner sa vie pour que puisse vivre sa tribu.

La civilisation maya a aussi donné lieu à un certain nombre de films de science fiction et d'aventure, où des chasseurs de trésor tentent de découvrir les secrets perdus de la civilisation maya. Ces films sont souvent assez mauvais, mais ils mettent en évidence la fascination qu'a le public pour la civilisation maya et ses secrets.

Le film mexicain Xibalba (2015) met en scène un archéologue américain, Allan Green, qui organise une expédition de plongée dans l'espoir de découvrir la bibliothèque perdue des Mayas. Le film tourne à la science fiction lors de l'exploration des grottes sous-marines.

Selon les informations qui ont été données à la presse, les studios Team Downey préparent la sortie d'un film intitulé Yucatán, qui raconte les aventures d'un homme qui part à la recherche d'un trésor maya. Le film devrait être tourné avec Robert Downey Junior et se base sur un scénario des années 1960 écrit par l'acteur Steve Mc Queen.

A l'opposé des films de science-fiction, qui mythifient complètement le monde maya, on trouve de très bons documentaires, qui donnent un aperçu de la vie actuelle des Mayas et des traditions culturelles de la péninsule du Yucatán. Le documentaire Toro Negro (2005) du directeur mexicain Pedro González Rubio a été récompensé au Festival de San Sebastián et retrace la vie difficile de Fernando Pacheco, un jeune torero du Yucatán, pauvre, alcoolique, violent avec les femmes, mais aussi héros local, pour son habileté avec les taureaux. Los últimos heroes de la peninsula (2008) retrace les trajectoires de cinq Yucatecos, autrefois champions mondiaux de boxe et aujourd'hui tombés dans l'oubli. Exhibé durant la COP 21 à Paris, le documentaire Teene'Maayaen, dirigé par le franco-mexicain Varial-Cedric Houin, montre comment les communautés mayas qui vivent dans la forêt tropicale doivent adapter leurs pratiques agricoles au changement climatique.

Bien qu'il s'agisse d'une fiction, le drame familial que Pedro Gonzalez Rubio met en scène dans son long métrage Alamar (2009), offre une vision intimiste et réelle des effets du tourisme dans les Caraïbes mexicains. Fruit d'un couple multiculturel, Nathan, 5 ans doit abandonner le Mexique où il est né pour rejoindre sa mère dans son pays natal, l'Italie. Le film, qui a pour fond de décor la Mer des Caraïbes, retrace le dernier voyage qu'il effectue avec son père mexicain, avant de partir.

La péninsule du Yucatán abritant une faune et une flore incroyablement riche, elle a évidemment aussi fait l'objet de très nombreux documentaires naturalistes et animaliers. Outre les documentaires sur les cenotes et les flamants roses de Celestún, le commandant Cousteau a réalisé de très beaux films sur les fonds sous-marins de la région, parmi lesquels La marche des langoustes (1976).

Littérature

L'écriture au Mexique n'est pas née avec l'arrivée des Espagnols. Les Mayas utilisaient déjà une forme d'écriture hiéroglyphique, qu'ils conservaient sur des codex, qui ont été pratiquement tous détruits par les Espagnols. Heureusement, au XVIIIe siècle, un missionnaire espagnol a retranscrit les mythes de la création du monde et de l'origine du peuple quiché, à partir d'un manuscrit quichué du XVIe siècle. Le Popol Vuh constitue le plus important témoignage écrit sur la civilisation maya.

Les premières oeuvres littéraires écrites au Mexique sont en réalité des lettres que les conquistadors envoyaient au roi d'Espagne pour relater l'avancée de la conquête. Les missionnaires étaient eux aussi soumis à ce type de correspondance afin que leurs responsables, restés en Europe, aient le maximum d'éléments pour dicter et faire appliquer leurs exigences. Puis la conquête digérée et la colonisation établie, les enfants nés du métissage entre le Vieux Continent et le Nouveau Monde commencèrent à prendre la plume, en mêlant les événements les aux courants venus d'Europe. Du fait de l'isolement de la région, la littérature écrite dans la péninsule du Yucatán est restée longtemps méconnue. Il faut attendre le XIXe et le XXe siècle pour que les auteurs régionaux se fassent connaître à l'échelle nationale. Parmi les écrivains les plus célèbres de la péninsule, figurent :

Eligio Ancona Castillo : né en 1835 à Mérida. Eligio Ancona fut avocat, journaliste, écrivain, mais aussi un homme politique important, puisqu'il fut gouverneur intérimaire de l'État du Yucatán à deux reprises, en 1868, et entre 1875 et 1876. Son oeuvre littéraire se compose principalement de romans historiques. Son roman Los mártires del Anáhuac constitue une narration romancée de la conquête du Mexique.

Emilio Abreu Gomez : né en 1894 à Mérida. L'oeuvre d'Emilio Abreu tire son inspiration de l'histoire régionale. Son roman le plus célèbre est Canek (1940), qui retrace la tragique rébellion de Jacinto Uk contre les Espagnols, laquelle s'est achevée par la mort du rebelle indien. Un monument à Mérida rend hommage à l'écrivain.

Honorato Ignacio Magaloni : né en 1898 à Mérida. Honorato Magaloni fut directeur des journaux El Faro de Progreso et El Diario del Sureste de Mérida, avant de s'établir définitivement dans la capitale du pays à la fin des années 1930. Il a publié plusieurs recueils de poésie : Horas Líricas (1944), Polvo Tropical (1947), Oído en la tierra (1950), et fondé la Revue Poesía de América, en circulation dans les années 1950.

Juan García Ponce : écrivain, essayiste et critique d'art, Juan García Ponce est né en 1932 à Mérida. Il a fait partie de la dénommée " Génération de la Rupture ", aux côté de José Luis Cuevas, Vicente Rojo, Alberto Gironella, Pedro Coronel, Manuel Felguérez. Directeur de la Revue Mexicaine de Littérature, il a publié de nombreuses critiques d'art sur les membres de la " Génération de la Rupture ".

Joaquin Bestard Vasquez : né à Merida en 1935. Écrivain prolifique puisqu'il a publié plus d'une vingtaine de romans durant sa carrière. Deux fois gagnant du Prix du Roman José Rubé Romero en 1980 et 1989 pour La calle que todos olvidan et Trazar un sueño en el espejo.

Hector Aguilar Camin : né à Chetumal en 1946. Gagnant de la Médaille du Mérite de Quintana Roo en 1992, Aguilar Camín a publié de nombreux essais sur la politique mexicaine et plusieurs romans, dont Adiós a los padres (2014), une émouvante narration sur la généalogie familiale. Il est marié avec l'écrivaine Angela Mastretta.

La péninsule du Yucatán a donné naissance à de nombreux écrivains, mais mise à part l'oeuvre d'Emilio Abreu, les romans traitent rarement de la péninsule du Yucatán. Celle-ci a par contre fait l'objet de nombreux récits à l'étranger, en particulier des récits de voyage et d'aventure. Écrits à la première personne, ces récits sont véritablement passionnants et se lisent comme des romans d'aventure. Ils constituent une façon ludique d'en savoir plus sur la région.

Voyage au Mexique 1858-1861 de Désiré Charnay. Cet explorateur français s'est rendu plusieurs fois au Mexique pour explorer les ruines. Dans ce livre, il fait le récit de sa première expédition au Mexique. Plusieurs chapitres sont dédiés à la péninsule du Yucatán et aux ruines d'Uxmal et de Chichén Itzá.

Le Royaume Perdu du Quintana Roo : à la recherche de cités mayas dans la jungle du Yucatán de Michel Peissel (1965). Piessel raconte son aventure en solitaire dans le Quintana Roo dans les années 1950. Le récit de Piessel est intéressant car il nous rappelle qu'il y a encore peu de temps, la région, loin de constituer une destination touristique de renommée mondiale, était pratiquement vierge et tout à fait inhospitalière.

Barbarous Mexico, de John Kenneth Turner (1910). Série de chroniques écrite par un journaliste américain à l'aube de la Révolution mexicaine. Plusieurs chroniques décrivent la situation d'esclavage à laquelle étaient soumis les Indiens dans les haciendas du Yucatán. Les chroniques sont très faciles à lire et donnent un bon aperçu de la situation dans les haciendas d'henequén au début du XXe siècle.

Médias locaux

Télévision. Deux grands entreprises possèdent et gèrent la plupart des chaînes de télévision au Mexique : Televisa et TV Azteca. Plus que partout ailleurs, ce duopole joue le rôle de quatrième pouvoir au Mexique, favorisant ouvertement certains candidats en période électorale. La plupart des chaînes de télé sont dominées par la logique mercantile, leur objectif étant de générer un maximum de bénéfices à travers la publicité. Les émissions sont donc entrecoupées de centaines de publicités et n'ont aucune visée éducative ni informative. La programmation se compose principalement de matchs de football et de boxe, de films et de séries nord-américaines et de telenovelas. Les telenovelas, séries à l'eau de rose typiquement mexicaines, servent l'idéologie du pouvoir dans la mesure où elles diffusent l'idée que les millions de pauvres du pays peuvent vivre un conte de fées et trouver un riche prince charmant qui les sortira de la pauvreté, chose qui n'arrive jamais dans la réalité, car la société mexicaine est très cloisonnée.

La presse écrite mexicaine est intégrée par plus de 300 titres de journaux nationaux et locaux, dont la qualité informative est en règle générale bien meilleure que la télévision. Mais l'audience de la presse écrite n'est que de 10 millions de lecteurs dans l'ensemble du pays. L'essentiel des revenus des journaux provient de la publicité gouvernementale et beaucoup de quotidiens sont donc obligés de s'autocensurer pour obtenir les fonds dont ils ont besoin pour fonctionner. Les trois quotidiens nationaux les plus importants au Mexique sont La Jornada (ligne éditoriale de gauche), El Universal (centriste) et Reforma, à la ligne éditoriale plutôt de droite.

Les chaînes de radio sont aussi très dépendantes de la publicité gouvernementale. Mais la radio est sans aucun doute le support de communication le plus démocratique qui existe au Mexique, car il existe aussi de nombreuses chaînes de radio communautaires et locales, qui diffusent des informations indépendantes. L'une des émissions de radio les plus écoutées au niveau national est celle de Carmen Aristegui, qui diffuse depuis son propre portail web après avoir été licenciée pour avoir dénoncé un scandale de corruption - preuve à l'appui - impliquant le président Enrique Peña Nieto.

Il faut savoir qu'exercer le journalisme au Mexique est dangereux. Depuis 2006, plus de 130 journalistes y ont été tués. Le pays a été classé en zone rouge par l'organisation Reporters sans frontières, au même titre que l'Afghanistan et la Chine populaire.

Musique

La musique est partout omniprésente au Mexique. Dans les grandes villes, les chauffeurs de bus et les vendeurs ambulants n'hésitent pas à écouter leur musique à tue-tête, pour en faire profiter les passants. Pratiquement sur toutes les places publiques du pays, des groupes de musiciens attendent qu'on sollicite leurs services et lorsque le public est prêt à mettre la main à la bourse, la musique résonne jusqu'au petit matin.

La musique mexicaine est très variée. Certaines formes de musique préhispanique ont survécu jusqu'à nos jours et en raison de la diversité culturelle du pays, il existe des dizaines de genres musicaux régionaux. Nous ne citons ici que les principaux.

Musique préhispanique

Les civilisations préhispaniques ne possédaient pas d'instruments à corde et utilisaient seulement des instruments à vent et des percussions. Les formes de musique préhispanique qui ont survécu jusqu'à nos jours servent généralement comme accompagnement de danses rituelles, telles que la danza de los voladores, la danza del venado et la danza de los concheros. La danse qu'on verra le plus facilement au Mexique, bien que ce ne soit pas la plus authentique, est la danza de los concheros, car elle se pratique quotidiennement sur les places du Zócalo et de Coyoacán à Mexico. Au cours de ce rituel, les concheros, qui sont vêtus à la manière aztèque, dansent en formant un cercle pour honorer les dieux de leurs ancêtres, au rythme du tambour et des bracelets de coquillages qui entourent leurs mollets.

La danza de los voladores s'exécute au son d'un petit tambour et d'une flûte joués simultanément par un seul et même musicien dit " caporal ". Ce musicien et quatre danseurs escaladent un mât de 30 à 40 mètres de hauteur, surmonté d'une plate-forme tournante. Les danseurs se ceinturent de cordes enroulées autour du mât, qui se déroulent sous leur poids, tandis que la plate-forme se met à tourner. Par l'effet de la force centrifuge, les danseurs descendent en grands cercles vers la terre, dans un sorte de vol qui évoque celui d'un oiseau.

 

Certains interprètes contemporains ont tenté de marier les instruments précolombiens avec la musique moderne. L'interprète le plus connu de ce style est Jorge Reyes, qui est décédé en 2009.

Genres musicaux régionaux

Chaque région du Mexique possède ses propres genres musicaux. Devenue un symbole culturel du Mexique, la musique mariachi s'écoute aujourd'hui dans tout le pays, mais ce genre musical est originaire de Guadalajara, dans l'État de Jalisco. La péninsule du Yucatán n'échappe pas à la règle et possède des traditions musicales singulières.

La trova yucateca : genre de ballades romantiques typiques de la péninsule du Yucatán. La trova est généralement interprétée par un trio de musiciens, accompagnés par une guitare, un Tololoche (espèce de contrebasse), et un requinto (petite guitare de 6 cordes qui produit un son plus aigu). La trova yucateca se joue souvent en sérénade pour rendre hommage à la femme, à l'amante. Sur la grande place de Mérida, des trios de trova attendent d'être embauchés par les amants qui veulent offrir une sérénade à l'élue de leur coeur. Les interprètes les plus connus de ce genre musical sont Chan Cil, Ricardo Palmerín, et Guty Cárdenas, tous décédés au début du XXe siècle. Le musée de la Canción Yucateca à Mérida leur est dédié et permet d'en savoir plus sur ce genre musical.

La jarana yucateca : la jarana yucateca désigne à la fois une danse, une style musical et une fête populaire. Des danseurs habillés à la façon traditionnelle du Yucatán (hipil, fustán y jubón pour les femmes, guayabera pour les hommes) dansent et claquent du pied - en espagnol, zapatear- au rythme d'un orchestre jaranero constitué de deux trompettes, deux saxophones, deux clarinettes, un trombone, une contrebasse, des timbales et un instrument de percussion appelé güiro. A l'origine, la jarana yucateca s'écoutait lors des fêtes patronales et du marquage des taureaux, mais avec l'essor du tourisme, la jarana yucateca est devenue un symbole culturel du Yucatán, et se joue désormais à toutes les époques de l'année. On peut notamment découvrir ce style musical sur la Place de Santa Lucía, à Mérida.

La jarana yucateca est souvent interrompue par des interpellations en vers, dénommées bomba yucateca, qui sont destinées à raviver l'attention du public. Quelqu'un crie " Bomba ", la musique s'interrompt, et une personne commence à déclamer un quartet de vers de ton romantique ou humoristique. Le public crie " bravo ", et la musique reprend.

Maya pax : la Maya pax se joue principalement dans L'État du Quintana Roo, durant les fêtes patronales. Ce genre musical est issu des traditions musicales mayas. Les pièces musicales ont été transmisrd de génération en génération depuis la Guerre des Castes et ont un caractère rituel et sacré. Les groupes musicaux de Maya Pax sont généralement accompagnés par un ou deux violons, une grosse caisse et une tarole. Certaines pièces musicales sont dansées, et d'autres non.

Peinture et arts graphiques

L'art pictural mexicain peut se diviser en quatre époques. D'abord la peinture précolombienne, élaborée à base de teintures végétales et minérales, ainsi que de sang. Les scènes représentées glorifient les différents dieux et mettent en valeur les sacrifices humains qui leur sont dédiés. Puis la peinture coloniale, qui reprend les traits de l'esthétisme européen, sous la forme d'art religieux. Les églises et monastères regorgent de scènes peintes représentant les différents épisodes de la Bible. La troisième période de l'histoire de la peinture mexicaine, entre l'indépendance et la Révolution mexicaine, est très influencée par l'art européen. Dans la péninsule du Yucatán, l'un des peintres les plus emblématiques de cette période est Joaquín Clausell, né en 1866 à Campeche, dont l'oeuvre fut inspirée par le mouvement impressionniste. Clausell a d'ailleurs passé une période de sa vie en France, où il a fréquenté le peintre impressionniste Camille Pissarro et l'écrivain Émile Zola.

La quatrième période naît après la révolution de 1910, sous la forme de fresques murales. C'est le gouvernement même qui, dans les années 1920, cautionna l'émergence de ce phénomène artistique, en finançant de jeunes artistes pour décorer les murs et façades des édifices publics. L'objectif était d'utiliser la peinture pour éduquer le peuple, c'est pourquoi les fresques insistent sur la grandeur du passé indien. Les figures phare du mouvement furent Diego Rivera, David Alfaro Siqueiros et José Clemente Orozco.
Dans la péninsule du Yucatán, l'un des héritiers du mouvement muraliste est Fernando Castro Pacheco, né en 1918 à Mérida. Il a peint 27 fresques sur les Murs du Palacio de Gobierno de Mérida, qui illustrent plusieurs pans de l'histoire de la région. Cependant, il ne peint pas dans le style héroïque de Diego Rivera et ses émules, mais dans un style contemporain, presque abstrait. Les fresques Las Manos del Cortador de Henequén, Venta de Indios, la Guerra de Castas, et surtout Evolución Social del Hombre en Yucatán sont de véritables chefs-d'oeuvre à découvrir absolument durant votre séjour à Mérida.

Au mouvement muraliste a succédé une nouvelle école de peinture, dite " Génération de la Rupture ". Désireuse de rompre avec les canons du muralisme, cette génération, intégrée par des artistes comme José Luis Cuevas, Lilia Carillo, Manuel Felguerez, Alberto Gironella, a produit des oeuvres abstraites, apolitiques. L'un des représentants les plus emblématiques de ce mouvement dans la péninsule du Yucatán est Fernando García Ponce, né à Mérida en 1933, qui a produit une série de peintures abstraites faite de couleurs et figures géométriques. Son oeuvre est exposée de façon permanente au Musée d'art contemporain de Mérida, le Museo MACAY.

Le Musée d'art contemporain de Mérida expose les oeuvres d'un autre peintre contemporain yucateco remarquable, Gabriel Ramírez Aznar. Les peintures de Ramírez Aznar sont abstraites et sont inspirées par la lumière et les couleurs de la région. Contemporain de la " Génération de la Rupture ", Ramírez Aznar a contribué à transformer la conception de l'art contemporain au Mexique et a été récompensé par différents prix internationaux, dont le Prix International de Dibuix " Joan Miró ", en 1972 et 1975.

Un autre peintre contemporain digne d'intérêt est Alonso Gutiérrez Espinosa, né en 1937, qui a étudié à l'Academia de San Carlos, à Mexico, puis à Paris. On lui doit notamment les portraits des musiciens et compositeurs du Museo de la Canción Yucateca et la fresque en céramique qui décore l'entrée de l'ex-complexe Cordemex

Joaquín Clausell (1866-1935). Journaliste et peintre impressionniste, né en 1866 à San Francisco de Campeche. Clausell passe son enfance dans l'État de Campeche, avant de partir pour la capitale, où il réalise des études de droit et collabore avec plusieurs journaux. Fervent ennemi de Porfirio Díaz, il fonde en 1893 un journal d'opposition appelé El Demócrata. Après avoir effectué plusieurs séjours en prison pour ses prises de position contre le gouvernement, il part s'exiler aux États-Unis puis en Europe, où il fait la connaissance de Claude Monet et du mouvement impressionniste. Cette rencontre le marque profondément et à son retour au Mexique, Clausell ne se consacre plus qu'à la peinture et à explorer l'esthétisme impressionniste. Il meurt en 1935 victime d'un accident.

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