Guide de CANCÚN : Politique et économie

Même si on utilise usuellement le mot México lorsqu'on parle du Mexique en espagnol, le nom officiel du Mexique est " Estados unidos mexicanos ". Ce mot fait allusion à la structure étatique du pays. En effet, le Mexique est une république fédérale constituée de 32 États fédérés et souverains ; le dernier État à avoir été créé est celui de la ville de Mexico, en 2016, qui conserve néanmoins son statut de capitale de la république fédérale.

Politique
Structure étatique

Le Mexique possède un régime politique présidentiel, parfois même qualifié d'hyperprésidentialiste car même si la Constitution établit une séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire, le président de la République, qui est élu tous les six ans au suffrage universel direct, a de nombreuses prérogatives. Il est non seulement le chef de l'État, mais aussi le chef du gouvernement et a le pouvoir de nommer et de révoquer les ministres. De par cette situation, et bien que le budget soit voté par le pouvoir législatif, il exerce un contrôle sur une grande partie des ressources économiques du pays. En outre, le président mexicain a la faculté de proposer des lois et n'est pas responsable devant le pouvoir législatif. Il est également le chef suprême des forces armées.

Le pouvoir législatif est exercé par le Congrès, qui est composé de deux chambres. La chambre basse est la Cámara de los diputados, qui comprend 500 députés. Une législature dure trois ans : 300 sont élus tous les trois ans par majorité relative dans chacun des 300 districts électoraux et les 200 autres par représentation proportionnelle (dans la pratique, ces derniers sont nommés directement par les partis politiques, on les connaît comme plurinominales). La chambre haute porte le nom de Senado. Elle est composée de 128 membres, élus tous les six ans : chaque État fédéré en élit 2 et les sénateurs restants sont élus selon le principe de représentation proportionnelle.

Le partage des pouvoirs à l'intérieur des États fédérés est plus ou moins similaire. Dans chaque État, il y a un gouverneur ou jefe de gobierno qui définit la couleur politique de la région, une assemblée locale avec des représentants et des tribunaux locaux qui exercent le pouvoir judiciaire.

Le Mexique étant une république fédérale, il existe des lois fédérales, qui ont une application sur tout le territoire mexicain, et des lois locales, qui s'appliquent uniquement sur le territoire d'un État fédéré. La question des droits sexuels et reproductifs par exemple fait partie de la compétence des États fédérés. Les États fédérés ont donc des législations différentes sur l'avortement et le mariage gay. Alors qu'à Mexico, l'avortement est autorisé jusqu'à la dixième semaine de grossesse, dans certains États comme le Guanajuato, l'avortement est interdit et est même sanctionné par des peines de prison !

Une caractéristique importante du régime politique mexicain est la non-réélection, figée dans la Constitution en 1933. Ni le président de la République, ni les députés tant au niveau fédéral que local ne peuvent renouveler leur mandat. Cette règle a été instaurée à l'issue de la Révolution mexicaine pour éviter qu'un homme accapare le pouvoir durant plusieurs décennies, comme l'avait fait Porfirio Díaz. Le revers de la médaille étant qu'ils aient tendance à fonctionner comme les gouverneurs des provinces de la Rome Antique : accaparer un maximum de profit personnel en un minimum de temps. Petit bémol : la réforme de 2014 instaure la possibilité pour les députés fédéraux et sénateurs de se représenter à partir de la prochaine élection (2021). Selon les états, députés régionaux et maires sont également autorisés à se représenter.

Partis

Le Mexique est doté d'un système politique dit représentatif puisque tous les 3 et 6 ans, les citoyens sont appelés à voter pour choisir le parti politique auquel ils délègueront leur souveraineté. Dans les faits, l'instauration du pluralisme au Mexique est récente. Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui a été créé en 1929 pour unifier les différentes forces politiques issues de la Révolution mexicaine, a maintenu un contrôle absolu sur la politique du pays durant 60 ans. Il a fallu attendre 1989 pour qu'un parti d'opposition remporte une élection au poste de gouverneur dans un des Etats fédérés ; 1997 pour que le PRI perde la majorité absolue à la Chambre des députés ; et 2000 pour qu'un parti d'opposition gagne pour la première fois l'élection présidentielle.

 

Actuellement, les partis politiques les plus importants au Mexique sont :

Le Movimiento Regeneración Nacional (Morena), parti créé en 2014 par Andrés Manuel López Obrador (AMLO), ancien candidat présidentiel, qui a quitté le PRD et souhaite promouvoir une nouvelle morale en politique en luttant contre la corruption endémique et la pauvreté. C'est le seul parti politique qui n'est pas pêle-mêle, mêlé à des scandales de corruption, de lien avec le narco trafic ou de répression violente. Mais les alliances électorales qu'il a entretenues depuis le processus électoral de 2018 (au cours duquel des membres à la moralité douteuse provenant des autres partis politiques l'ont rejoint) pourraient lui coûter cher dans les années à venir. Sa victoire écrasante à l'élection présidentielle et législative lui donne pourtant une manoeuvre confortable pour mener à bien ses réformes en profondeur.

Le Parti Action Nationale (PAN), de tendance néolibérale et conservatrice, qui correspond à la droite mexicaine (voire l'extrême droite, avec une frange ouvertement raciste envers les racines indigènes du pays). Fondé en 1939, c'est le parti des présidents de la République Vincente Fox (2000-2006) et Felipe Calderón (2006-2012). Ricardo Anaya était leur chef de file aux élections présidentielles de 2018, mais il s'est embourbé dans des scandales de financement de sa campagne, en même temps que passé son temps à attaquer son adversaire plutôt que de défendre un programme inexistant.

Le Parti révolutionnaire démocratique (PRD) est censé correspondre à la gauche mexicaine. Il a été fondé en 1989 par Cuauhtémoc Cárdenas, fils de l'ancien président de la République, Lázaro Cárdenas, qui nationalisa le pétrole en 1936. C'est ce parti qui a gouverné pendant près de 15 ans dans la ville de Mexico, avant de perdre la ville au profit de Morena en 2018. Dans la capitale, il a mis en place de nombreuses réformes, comme par exemple l'autorisation du mariage civil entre deux personnes du même sexe et le droit à l'avortement avant la douzième semaine de grossesse. Au cours du dernier sexennat, il a souffert de ses alliances avec le PRI et le PAN dans le cadre du Pacto por México, en même temps qu'il s'est distingué par des scandales de corruption et d'alliance de certains de ses élus avec les groupes criminels.

Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), parti hégémonique durant près de 70 ans, est le dinosaure de la scène politique nationale. Le parti est membre de l'Internationale socialiste mais promeut dans le même temps une politique néolibérale et est devenu symbole de corruption, de violence et de répression aussi bien que de dévastation environnementale. C'est le parti du désastreux président sortant Enrique Peña Nieto (2012-2018), laminé aux élections présidentielles de 2018.


D'autres partis moins importants se font entendre ici ou là, comme le Partido Verde (satellite du PRI), le Movimiento Ciudadano, le PSE (Partido Encuentro Social) ou le PT (Parti des travailleurs), ces deux derniers étant alliés à Morena lors de la dernière élection présidentielle. A noter également l'apparition de candidats indépendants, dont le plus connu est Pedro Kumamoto, député du parlement de l'Etat de Jalisco, qui a réussi à faire passer un texte pour que les partis politiques de l'Etat ne soient financés qu'à hauteur de leurs résultats électoraux.

Enjeux actuels

L'année 2000 avait marqué le début d'une période de transition démocratique, avec la défaite du PRI aux élections présidentielles, après plus de 70 ans d'un pouvoir sans partage. Malheureusement pour les Mexicains, les deux présidents du PAN (Vicente Fox puis Felipe Calderón) se sont essentiellement distingués par leur capacité à poursuivre les mêmes pratiques prédatrices et autoritaires que leurs prédécesseurs. Car la classe politique mexicaine ne semble vraiment pas disposée à l'exercice de la démocratie et de la transparence. De nombreuses pratiques autoritaires - achats de votes, fraudes électorales en tous genres, conflits d'intérêt, malversation de fonds et surtout l'impunité généralisée - sont toujours en vigueur aux niveaux local, régional et national. Une fois élus, les hommes politiques ne sont pas incités à rendre compte de leurs actions à l'électorat, même si une belle part des fonds publics sert à payer de coûteuses campagnes médiatiques destinées à vanter les mérites de leur administration. En raison du principe d'impunité dont ils jouissent, ils préfèrent souvent en profiter pour se mettre à l'abri du besoin.

2012-2018 : la présidence d'Enrique Peña Nieto marque le grand retour du PRI sur la scène politique nationale. Retour effectivement fracassant car il est lui-même impliqué directement dans une vaste affaire de corruption et de conflit d'intérêt (scandale de la Casa Blanca, maison d'une valeur de 7 millions de dollars offerte au président par un groupe du bâtiment en échange de contrats publics) ; la seule personne qui fera les frais de cette farce digne de Kafka sera Carmen Aristegui, la très respectée journaliste qui a démontré les faits, finalement soumise au silence par la suppression de son programme radiophonique quotidien. Le cas de Javier Duarte, actuellement emprisonné au Mexique après une escale luxueuse au Guatémala, est emblématique du statut d'intouchable dont bénéficie l'ensemble des fonctionnaires et élus : grand ami d'Enrique Peña Nieto, il devient gouverneur de l'Etat de Veracruz en 2010 et organise dès lors le pillage de l'Etat en créant des entreprises fantômes destinées à capter les fonds publics, aussi bien en faveur du parti au pouvoir qu'à son profit et celui de ses proches. Pendant son mandat, la situation sécuritaire s'est détériorée dans l'Etat de Veracruz, devenu une véritable antichambre de l'enfer pour les journalistes ; en août 2017, la Cour pénale internationale de La Haye a reçu une plainte pour crime contre l'humanité contre Javier Duarte, son administration ayant remplacé les médicaments destinés aux enfants de Veracruz atteints de cancer par de l'eau distillée. Il n'est que la partie visible de l'iceberg : en septembre 2017, le gouvernement fédéral lui-même est accusé par le collectif de journalistes Animal Politico et le collectif citoyen Mexicanos contra la corrupción y la impunidad d'avoir fait disparaître quelques centaines de millions d'euros d'argent public via un mécanisme impliquant des appels d'offre frauduleux gagnés par des universités publiques du pays. Au niveau municipal, régional et national, la liste des hommes politiques, fonctionnaires et dirigeants syndicalistes accusés de détournement de sommes indécentes est sans fin ; désormais, la nouvelle mode consiste à endetter les collectivités pour détourner l'argent : on ne vole plus l'argent existant, on vole même celui qui n'existe pas... Les tentatives de moralisation de la vie politique, censées être favorables à la société civile, sont systématiquement jetées aux oubliettes. L'échec du PRI est aussi celui du PAN et du PRD, qui s'étaient associés au parti au pouvoir dans le cadre du Pacto por México.

La société civile. Vue de l'extérieur, la société civile semble avoir du mal à faire front : elle est profondément divisée, aussi bien au niveau socio-économique que géographique et ethnique. Le fatalisme hérité de l'histoire même du pays n'y est pas étranger : ici, on s'est habitué à vivre avec le pire depuis bien longtemps. Les ravages provoqués par la guerre contre les cartels de la drogue et l'explosion de la criminalité l'ont frappée de plein fouet. Et elle se sait surtout profondément abandonnée à son sort : sa confiance envers l'autorité en général est au degré zéro (dans l'imaginaire populaire, policiers et criminels sont une seule et même chose). En 2012, la perspective d'un retour du PRI a pourtant sonné la révolte, notamment chez les jeunes et les étudiants, tous milieux sociaux confondus : leurs nombreuses et virulentes manifestations durant la campagne électorale n'auront pas empêché la victoire d'Enrique Peña Nieto. Par la suite, des mobilisations massives pour exiger la vérité sur le sort des 43 étudiants disparus d'Ayotzinapa ont eu lieu, mais ont vite été réprimées. Et même si le pays dans son ensemble ne se mobilise toujours pas en masse, des centaines de groupes de citoyens s'organisent courageusement au niveau local : ils sont nombreux à risquer leur vie pour défendre les migrants centraméricains, les droits de l'Homme en général et les droits des femmes en particulier, les terres indigènes contre l'invasion des compagnies minières, la protection des réserves naturelles face aux grands projets d'infrastructure, etc ; la dénonciation de la corruption du système judiciaire et de l'illégalité des pratiques politiques et économiques est une constante de leurs revendications. Derrière les statistiques des assassinats liés à la criminalité se cachent aussi des centaines de peines de prison distribuées aléatoirement à quiconque se met en travers des gouvernements locaux et fédéraux, quand ce ne sont pas des assassinats ou des disparitions non élucidés (en 2018, 30 000 personnes étaient portées disparues dans le pays). La communauté journalistique est plus que jamais victime de la violence : de 2000 à juin 2018, 136 journalistes ont été assassinés dans le pays en raison de leur travail. La nouvelle loi sur les télécommunications votée en juillet 2014 préoccupe les défenseurs des libertés individuelles et collectives : renforcement des monopoles audiovisuels étroitement liés aux partis politiques et contrôle accru de la surveillance de l'Internet. La fin du sexennat d'Enrique Peña Nieto s'annonce comme un véritable chemin de croix pour la population, alors que les crimes d'Etat s'accumulent (Ayotzinapa, Tlaltaya, Nochixtlan).

Crise économique et sociale. Le pays, malgré un vernis de modernité, reste en proie à la violence et à la faim. La situation politique est d'autant plus sensible que le Mexique fait face à de graves difficultés économiques depuis 2008, année qui a été marquée par la crise financière internationale et l'épidémie de grippe porcine. Alors que les chiffres sont positifs au niveau macroéconomique, le bilan est inquiétant au niveau social : en 2018, près de 60 millions de Mexicains n'ont pas assez d'argent pour satisfaire leurs besoins de santé, d'éducation, d'alimentation, de logement, de vêtements et de transport, soit 47 % de la population ; 19,5 millions de Mexicains se trouvent en situation de pauvreté alimentaire, c'est-à-dire qu'ils n'ont même pas assez d'argent pour acheter les aliments de première nécessité. Au niveau fédéral, les réformes structurelles, énergétiques et fiscales vantées par le gouvernement épargnent une fois de plus l'oligarchie pluriséculaire et étranglent le reste de la société. L'augmentation constante du prix de l'essence depuis la fameuse reforma energetica fait flamber le prix du transport quotidien et des denrées de première nécessité (le prix de l'essence a été multiplié par deux entre 2012 et 2018).

2018 : la revanche de la majorité silencieuse. Les principaux médias du pays s'assurent habituellement de porter leurs candidats (PAN ou PRI) au sommet. Pourtant, les élections de 2018 marquent une rupture nette dans le système politique mexicain : Andrès Manuel Lopez Obrador (AMLO) a fini par être élu Président de juillet 2018, après deux tentatives avortées en 2006 et 2012. Les élections de 2018 ont encore une fois été marquées par des fraudes électorales massives mais cette fois le ras-le-bol généralisé de la population a eu raison du système politique actuel. La coalition de gauche menée par AMLO (Morena, Partido Encuentro Social et Partido del Trabajo) est arrivée en tête devant les autres candidats dans tous les Etats de la République, sauf dans celui de Guanajuato : une sorte de rébellion des masses par la voie institutionnelle. La coalition remporte 53,2 % des suffrages de ce scrutin en un tour, alors que le PAN (22,2 %) et surtout le PRI (16,4 %) sont littéralement écrasés malgré le soutien de tous les grands médias de communication. Même les Etats de la Péninsule du Yucatán, chasse-gardée du PRI, ont voté pour lui : c'est également un véritable raz-de-marée au niveau du Congrès, puisque la coalition de gauche remporte aussi la majorité absolue à la Chambre des députés et au Sénat. Au niveau régional, Morena remporte même cinq des neufs Etats qui devaient élire leur gouverneur. Dans l'Etat du Yucatán, le PAN tire son épingle du jeu puisque son candidat est élu gouverneur. Face à cet engouement national, seul le sous-commandant Marcos et l'E.Z.L.N. ont tempéré l'enthousiasme de la population : AMLO ne changera pas la donne, lui qu'ils considèrent comme un candidat du système, représentant non pas une idéologie de gauche, mais une idéologie de droite modérée ennemie des intérêts indigènes. Le nouveau Président, qui prend ses fonctions le 1er décembre 2018, pourra-t-il réellement appliquer son programme dont les principaux axes sont la lutte contre la pauvreté et la corruption ?

Les défis du nouveau président (2018-2024). Le 1er décembre 2018, AMLO prend en main les rênes d'un pays dévasté et mis à sac par la voracité des élites politiques et économiques : concentration des richesses et des privilèges, corruption profonde et viscérale du système politique, crise environnementale et sociale, violences policières et exactions militaires contre la population, collusion des élus de tous bords avec les cartels de drogue et le crime organisé, etc. L'enthousiasme que suscite son élection parmi la population tient d'ailleurs autant à la défaite des partis traditionnels qu'à son propre crédit. Réputé honnête et cohérent, sa tâche est énorme : les observateurs le savent, toutes les promesses ne pourront être concrétisées lors des six ans à venir. Mais ce qui compte ici, c'est la tentative et l'élan d'espoir qu'a fait renaître son élection au sein de la population : le candidat AMLO, au cours de ses nombreux voyages aux quatre coins du pays, a su capter la sensibilité à fleur de peau de la population, entre colère sourde et frustration.

Les questions en suspend demeurent nombreuses : avec qui va-t-il devoir s'allier ? À quels membres de la " mafia du pouvoir " va-t-il pardonner ? Comment va-t-il faire face aux scandales de corruption qui ne manqueront pas d'entacher les élus de son propre camp ? Quel type de modèle économique va-t-il impulser ? Comment ses réformes attendues vont-elles être accueillies par les élites économiques, habituées à dicter les règles du jeu à coups de pots-de-vin ? Comment va-t-il aborder l'enracinement profond du crime organisé dans la territoire mexicain ?

Les analystes espèrent l'éveil d'une société civile attentive, vigilante et exigeante pour que cette opportunité historique se concrétise, loin des vices traditionnels du pays. Car les maux du Mexique ne sont pas seulement institutionnels et le fait des élites politiques. L'ennemi à vaincre est aussi la culture du clientélisme héritée de la Colonie : une partie de la société, toutes classes sociales confondues, est intensément habituée aux petits arrangements et pratiques illégitimes ou illégales. Le néolibéralisme en vogue dans le pays a également exacerbé cette culture individualiste où l'on considère plus rationnel de chercher un bénéfice individuel qu'une solution bénéfique au collectif : afin d'accompagner la volonté de réforme portée par le nouveau président, la société civile devra devenir responsable collectivement. Car le nouveau président devra faire face à une force d'inertie pluriséculaire. Les plus optimistes espèrent qu'il ne s'agira pas uniquement d'un changement de figure présidentielle ou de parti, mais que le nouveau président saura impulser un véritable changement de régime, en rénovant et en consolidant des institutions aujourd'hui totalement délabrées et discréditées : système électoral corrompu jusqu'à la moelle, système judiciaire à la solde des puissants, pacte d'impunité entre les partis.

Un pays sous le contrôle des cartels de la drogue

Le territoire mexicain se trouve depuis longtemps déjà sous le contrôle des cartels de la drogue, eux-mêmes étroitement liés aux acteurs institutionnels (gouverneurs, maires, corps policiers et armée, etc.). Les cartels de la drogue mexicains contrôlent à la fois d'importantes zones de culture de stupéfiants (principalement opium et marijuana), notamment dans l'État de Guerrero et la zone connue comme le Triangulo de Oro (à la frontière des Etats du Chihuahua, Durango, Sinaloa), mais aussi depuis les années 1980, les routes par lesquelles est acheminée la drogue en provenance d'Amérique du Sud vers les Etats-Unis, via des accords avec les cartels de la drogue colombiens.

Années 90. La violence ouverte entre cartels de la drogue commence à se manifester dans les années 1990, après l'arrestation et le décès de ceux qui étaient les principaux chefs de la drogue dans les années 1980, Miguel Angel Felix Gallardo, " El jefe de los jefes ", et Amado Carrillo Fuentes " El Señor de Los Cielos ". Cette situation provoque la division du cartel de Guadalajara, qui se scinde en deux organisations : le cartel de Tijuana contrôlé par les frères Arrellano Felix, et le cartel de Sinaloa (également appelé cartel de Pacifico), contrôlé par les anciens lieutenants de Felix Gallardo, Hector Luis Palma Salazar (El Guero Palma) et Joaquin Guzmán Loera (El Chapo). Voulant tirer parti du changement de rapport de forces, les différents cartels (cartel del Golfo, Tijuana, Sinaloa) se mirent à lutter entre eux pour le contrôle des routes de trafic de la drogue, sous le regard bienveillant des autorités qui avaient toujours su trouver des petits arrangements avec eux.

La guerra contra el narco. En 2000, l'arrivée au pouvoir du PAN précipite le pays dans le chaos, du fait de la fin de l'exercice du contrôle territorial par le PRI, parti hégémonique durant 70 ans. Par la suite, la décision du président Felipe Calderón de déclarer la guerre aux cartels de la drogue en 2006 met finalement le feu aux poudres, alors même que tous les corps de sécurité (aux niveaux local, régional et national) sont impliqués à des degrés divers dans le trafic : les cartels profitent des arrestations de leurs rivaux pour s'emparer des territoires contrôlés par d'autres groupes. L'arrestation ou la mort des leaders des cartels provoquent constamment des scissions et règlements de compte à l'intérieur des groupes criminels et l'apparition de nouveaux cartels, comme le cartel des Zetas, bras armé du cartel del Golfo qui s'affranchit pour devenir un des principaux acteurs de cette guerre meurtrière, ou le clan des frères Beltrán Leyva qui se sépare du cartel de Sinaloa. Partout, les cartels éclatent et se multiplient, intensifiant les accrochages et les mises en scène macabres destinées à terroriser les populations et à asseoir leur réputation : on pend des cadavres aux lampadaires ou sous les ponts autoroutiers, on les démembre pour les jeter sur les places publiques... Le bilan de cette guerre est d'autant plus désastreux que la violence entre cartels rivaux ne concerne plus uniquement les membres des organisations criminelles, mais touche aussi la société civile. Car les bandes criminelles ont élargi leurs activités à la traite de personnes et à d'autres crimes, comme les enlèvements et les extorsions aux commerçants, pour compenser les revenus perdus suite à la confiscation des chargements de drogue ; d'autre part, le crime organisé constitue une source d'emplois non négligeable qui puise dans le vivier d'une population jeune et en proie à la misère : ils ont besoin de nouvelles recrues pour différentes tâches opérationnelles (transporter la drogue, construire des tunnels, faire fonctionner les laboratoires). Culturellement et dans l'imaginaire populaire, l'aura du narco a de beaux jours devant elle : les narcos corridos chantés à leur gloire résonnent aux quatre coins du pays malgré leur interdiction.

Le retour du PRI au pouvoir en 2012 laissait espérer à la population une baisse de la violence comme conséquence de la tradition d' " arrangements " que ce parti avait développé avec la criminalité organisée. Malgré des arrestations très médiatisées, comme celle d'El Chapo Guzmán (qui s'est fait la belle en juillet 2015 pour être finalement recapturé en janvier 2016, puis extradé vers les Etats-Unis en 2017), les affrontements continuent mais sont désormais moins médiatisés. Beaucoup des groupes criminels s'épuisent eux-aussi dans cette guerre sans fin, disparaissent puis se recomposent, encore et encore ; depuis l'extradition du Chapo Guzmán, la lutte fait rage dans le nord du pays pour s'emparer de son héritage. En 2017, les experts considèrent que 9 cartels principaux sont présents sur le territoire, tous associés à des groupes de moindre importance et engagés dans un jeu d'alliances au gré des intérêts du moment ; dans le nord, ils contrôlent les routes de passage vers les Etats-Unis (cartel del Golfo au Quintana Roo et dans le Tamaulipas, où ils s'affrontent sauvagement avec les Zetas ; Los Arrellano Felix en Basse-Californie ; cartel de Júarez dans le Chihuahua ; les Beltrán Leyva dans le Sonora et en Basse-Californie ; le cartel de Sinaloa, un des plus puissants, sur toute la frange nord du pays) ; sur la côte Pacifique, la Familia Michoacana, après avoir survécu à la concurrence des Caballeros Templarios, a beaucoup souffert de la montée en puissance du cartel Jalisco Nueva Generación, considéré aujourd'hui comme le plus puissant d'entre tous (côte Pacifique de Nayarit jusqu'au Guerrero, Etat de Veracruz). Ces cartels sont organisés comme de vastes multinationales, qui investissent leur argent aussi bien dans des milliers d'entreprises légales au Mexique comme aux Etats-Unis, notamment dans de juteux projets immobiliers en Floride ou au Texas.

Économie

Quatorzième puissance économique du monde en 2016 (données FMI), le Mexique est aujourd'hui un grand acteur des échanges internationaux : premier exportateur du sous-continent, il est lié par des accords de libre-échange avec une quarantaine de pays, dont les Etats-Unis et le Canada (ALENA), ainsi qu'avec l'Union européenne. Il est aussi l'un des premiers récepteurs d'investissements directs étrangers avec le Brésil (onzième pays récepteur au niveau mondial), qui le devance néanmoins au classement des puissances économiques.

Principales ressources

Les principales ressources économiques du Mexique sont en ordre d'importance le pétrole, les remesas (les devises américaines injectées au pays par les travailleurs immigrés aux Etats-Unis) et le tourisme.

Le Mexique est le 10e producteur et le 11e exportateur de pétrole brut et le 18e pays du monde en terme de réserves prouvées de pétrole (0,6 %). L'économie mexicaine est fortement dépendante des revenus pétroliers, qui représentent près de 3 % du PIB et surtout une part importante des recettes de l'Etat. Jusqu'à présent, les ressources pétrolières du pays sont exploitées et administrées par une entreprise publique, Pemex. Mais depuis des décennies la compagnie fait face à de graves problèmes de gestion et de corruption. Etant donné que la plupart des bénéfices engrangés par Pemex sont ponctionnés par l'Etat, la compagnie n'a pas les moyens d'investir dans l'exploration de nouveaux gisements... Une réforme votée en 2014 prévoit d'ouvrir le pétrole aux investissements étrangers, mais ceux-ci tardent à se concrétiser tant le Mexique est directement affecté par la baisse des cours et de la production de pétrole. Cette dernière a chuté de 35 % depuis 2004 et le prix du mélange mexicain à l'export a perdu plus de la moitié de sa valeur entre janvier 2015 et janvier 2016. Des coupes budgétaires ont donc été annoncées pour préparer le pays à un prix bas du baril, y compris en 2015 et 2016. Plusieurs grands projets qui devaient marquer le sexennat du président Peña Nieto ont par ailleurs été suspendus, à l'instar du projet de train à grande vitesse devant relier Mexico à Querétaro, ou annulés. Pendant ce temps, le prix de l'essence à la pompe ne cesse d'augmenter : il a quasiment doublé entre début 2010 et mi-2018, affectant davantage les classes populaires et moyennes.

Les migrants mexicains contribuent également à la bonne santé de l'économie mexicaine, en envoyant de l'argent à leur famille restée au pays (les fameuses remesas). En 2015, 55 millions de personnes se réclamaient d'une origine hispanique aux Etats-Unis, les Mexicains représentant 63 % du total (soit 35 millions de personnes). Près de 7 millions d'entre eux sont considérés comme " illégaux ". Le montant des remesas (l'argent de la diaspora mexicaine) s'est élevé à 25 milliards de dollars en 2015, soit 5 % de plus par rapport à l'année précédente. Pour la première fois depuis que des statistiques sont disponibles (en 1980), les entrées de devise en 2015 liées aux transferts des migrants auraient été supérieures à celles liées au pétrole, cela s'expliquant en partie par la forte dévaluation dont le peso mexicain a souffert par rapport au dollar (le dollar valait 13 pesos en janvier 2014, atteignant 20 pesos en 2018).

Le tourisme est la troisième source de devises du Mexique. Malgré le contexte d'insécurité généré par la guerre contre le narcotrafic, le nombre de visiteurs ne cesse de croître, atteignant 39 millions de touristes étrangers dans le pays en 2017, générant plus de 21 milliards de dollars de recettes. En 2017, c'est le septième pays le plus visité au monde.

Principales ressources de la péninsule du Yucatán

Le Campeche est au septième rang des états qui contribuent le plus à la richesse du pays, puisqu'il apporte 3,5 % du PIB national en 2016. Cette situation est due au fait que le Campeche est la première région de production de pétrole et de gaz naturel du pays. De nombreuses plateformes pétrolières sont installées face aux côtes du Campeche. Mais comme partout ailleurs, les réserves s'amenuisent et l'extraction a grandement baissé au cours des dernières années (en 2009, l'état contribuait à plus de 5% du PIB national, et se trouvait alors au cinquième rang).

Les États du Yucatán et du Quintana Roo apportent chacun 1,5 % du PIB national. Les revenus du Yucatán proviennent principalement du tourisme (20 % du PIB de l'État) et des industries de manufacture (15%). Dans l'État du Quintana Roo, les principaux secteurs d'activités sont le tourisme (35 % du PIB) et l'activité de construction (13 %) qui y est liée. En 2016, le taux de croissance économique du Quintana Roo était supérieur à celui de la Chine : +7,6 %.

À l'image de l'économie nationale, la péninsule du Yucatán tire donc l'essentiel de ses revenus du tourisme et du pétrole. Par contre, les remesas ne constituent pas une source de revenus considérable. À titre d'exemple pour le dernier trimestre 2013, les familles de la péninsule n'ont reçu que 60 millions de dollars, alors que le total de remesas envoyé au Mexique s'élevait à 5 347 millions de dollars ! Cette situation est due au fait que les États du Yucatán, du Campeche et de Quintana Roo font partie des États du Mexique qui envoient le moins de migrants aux États-Unis. Seulement 11 000 habitants de la péninsule y sont partis tenter leur chance en 2010, alors qu'ils étaient plus de 100 000 dans l'État du Guanajuato !

La péninsule du Yucatán constitue aussi une importante zone de pêche. 94 % du total de poulpes, 88 % du total de mérous et 80 % du total de grondins pêchés au Mexique sont capturés dans les eaux maritimes de la région. Mais là aussi, les ressources s'amenuisent du fait de la surexploitation des milieux marins.

Place du tourisme
La plage de Cancun.
La plage de Cancun.

Le tourisme est l'un des premiers revenus du Mexique en devises étrangères. Les 39 millions de touristes étrangers qui ont visité le pays en 2017 ont généré près de 21 milliards de dollars de recettes, ce qui représente pas loin de 10 % du PIB national. Bien que la vague de violence déclenchée par la guerre contre le narcotrafic ait été très médiatisée à l'étranger, elle n'a pas entraîné une chute remarquable du tourisme, bien au contraire !

Il faut dire que le Mexique possède une très bonne politique de promotion soutenue par le Conseil de promotion touristique du Mexique (CPTM). Ses plus hauts membres dépendent du gouvernement et l'importance des budgets alloués à la promotion touristique permet d'organiser des campagnes de publicité à travers le monde, ainsi des séminaires de communication et de formation pour les professionnels du tourisme au niveau local.

La Riviera maya reste la destination préférée des touristes étrangers, puisqu'en 2017 près de 50 % de ceux qui ont visité le pays ont passé au moins une nuit dans les stations balnéaires de la côte. Cancún reste bien sûr la destination phare de la région. C'est la deuxième ville la plus visitée du pays, après Mexico.

Qui dit tourisme, dit croissance économique. L'afflux de touristes en provenance du monde entier dans la Riviera Maya a fait détoner le boom économique de la région, et les opportunités de faire des affaires. Les établissements hôteliers requièrent toute une gamme de produits, ce qui justifie la création de boutiques de meubles, de compagnies de transport et de taxis, et d'entreprises qui se consacrent à l'installation de système de climatisation ou au commerce de produits frais. Dans un pays où les salaires sont très bas, l'offre d'emplois relativement bien rémunérés s'avère très attractif, et des Mexicains de tout le pays viennent s'installer dans la Riviera Maya, et travailler comme maçon, serveur, femme de ménage, chauffeur, situation qui alimente à son tour l'industrie de la construction, car la classe travailleuse a besoin de logements où dormir.

Le tourisme a des retombées positives d'un point de vue économique, mais les résultats sont désastreux sur le plan environnemental. La construction d'hôtels en bordure des côtes et l'explosion démographique suscitée par l'afflux de touristes, conduisent inévitablement à la déforestation et la destruction des mangroves, mais aussi à la pollution des eaux souterraines et des fonds sous-marins, en raison du déficit d'infrastructures pour traiter les eaux usées. Le tourisme de masse augmente considérablement la production des déchets, mais a aussi l'effet de repousser plus loin les zones de peuplement, car pour se différencier de leurs concurrents, les établissements hôteliers offrent des options d'hébergement dans des zones chaque fois plus éloignées et sauvages. Néanmoins, il ne faut pas oublier que la responsabilité de la pollution n'incombe pas uniquement aux entreprises hôtelières, mais aussi aux voyageurs, qui ont la possibilité de refuser de se loger dans des hôtels ou de pratiquer des activités qui sont manifestement néfastes pour la planète (excursion en 4x4 dans la jungle par exemple).

Enjeux actuels

Le Mexique est un pays dépendant du commerce extérieur : sa part dans le PIB était d'environ 65 % sur la période 2012-2014. Le pays a signé 12 traités de libre-échange couvrant une quarantaine de pays dans le monde.

Exportateur de voitures (1er producteur du sous-continent depuis 2014, 8e producteur et 4e exportateur mondial en 2012), d'appareils électroniques (téléphone portable, télévision à écran plat et réfrigérateur) et de fruits et légumes (tomate, avocat, citron, sucre, café), le Mexique est aujourd'hui une puissance incontournable de la scène économique mondiale. Suite à l'instauration de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en 1994, le pays est devenu le deuxième partenaire commercial des Etats-Unis et le troisième du Canada. Mais le Mexique est un colosse aux pieds d'argile, qui a fortement souffert de la crise économique mondiale de 2008, et plus récemment des menaces de Donald Trump de sortir des accords de l'ALENA si le Mexique n'augmentait pas les salaires des employés. De nombreux facteurs de vulnérabilité subsistent. En premier lieu, des facteurs structurels, tels que les tensions inflationnistes (estimation de 3 % en 2016, 6% en 2017, 5% en 2018), une grande dépendance à l'égard des recettes pétrolières et de la croissance américaine (les Etats-Unis absorbent plus de 80 % des exportations mexicaines), une collecte fiscale très faible (entre 10 et 12 % du PIB), une dette extérieure encore élevée, un fort besoin de financement extérieur. Deuxièmement, des facteurs historiques, comme les très grandes inégalités sociales (40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, 16 % sous celui de l'extrême pauvreté), une situation de l'emploi préoccupante avec une croissance créant peu d'emplois (malgré un chiffre officiel de 5 % de chômage, un sous-emploi qui atteint 20 % de la population). A cela s'ajoute la montée de la concurrence asiatique.

Les investissements directs étrangers (IDE). Le Mexique est l'un des pays émergents les plus ouverts aux flux entrants, à la 15e place pour l'année 2017. Si en 2013 ces flux avaient atteint un niveau record, ils avaient fortement reculé en 2014, ces évolutions correspondant aux arrivées et départs de grands groupes internationaux. Au cours des dernières années, la reprise des investissements concerne essentiellement l'aérospatiale (très implantée dans l'Etat de Quetaro, notamment via des entreprises françaises). Les zones qui concentrent le plus d'investissements étrangers sont les villes frontalières des États-Unis (où se situent les usines de montage), ainsi que la capitale ; la péninsule du Yucatán continue à recevoir des investissements étrangers grâce à son attrait touristique. Les investissements proviennent surtout des États-Unis et d'Espagne (principalement du secteur bancaire) et les secteurs qui reçoivent d'importants investissements étrangers sont les services financiers, l'automobile, l'électronique et l'énergie. Au cours des dernières années, la compétitivité du Mexique a subi le développement du crime organisé et le manque d'impact à court terme des réformes dans les domaines énergétiques, professionnels et fiscaux ; la corruption et l'inefficacité de sa bureaucratie constituent également des faiblesses. Les effets de la réforme énergétique qui tendait à attirer les investissements étrangers sur ce secteur se font encore attendre : l'exploitation des réserves d'hydrocarbures nécessitera pourtant 40 milliards de dollars d'investissements annuels de 2014 à 2018.

De grandes inégalités. Avec un IDH de 0,762 pour l'année 2015, le Mexique fait partie des pays du monde qui présentent un niveau de développement humain moyen (83e place). Mais cette réalité nationale relativement satisfaisante cache de grandes disparités régionales. Alors que la délégation Benito Juárez à Mexico et la municipalité de San Pedro Garza García dans l'Etat de Nuevo León ont un IDH égal à celui de pays développés comme l'Espagne ou l'Italie, 48 communes au Mexique ont un IDH compris qui présentent un niveau de développement équivalent à de nombreux pays de l'Afrique subsaharienne, comme la République du Rwanda ou la Zambie. Parmi elles, on peut citer la commune de Coicoyán de Las Flores à Oaxaca, la commune de Mezquitic à Jalisco ou encore la commune Del Nayar à Nayarit.

L'économie informelle. Plus de 22 % de la population active occupée, soit environ 15 millions de personnes, gagnent deux fois moins que le salaire minimal journalier ; sachant qu'au Mexique, il tourne autour de 55 $, on peut se demander comment elles arrivent à survivre... Le miracle réside dans l'apparition d'une économie informelle qui se développe parallèlement à l'économie traditionnelle. En 2015, on estime que l'économie informelle occupait 57,8 % de la population, générant 23,7 % du PIB. D'où ces millions d'enfants (de 6 à 14 ans) qui travaillent dans des conditions très difficiles, pour des revenus de misère, au sein de fabriques clandestines, ou comme vendeurs à la sauvette dans les rues. On distingue statistiquement d'une part le secteur informel traditionnel, c'est-à-dire les petits commerces qui ne disposent pas des autorisations et registres pour opérer (11 % du PIB, 24,7 % de l'emploi), et d'autre part les autres modalités (12,7 % du PIB, 30,4 % de l'emploi), c'est-à-dire l'agriculture de subsistance, le service domestique ainsi que tous types de travaux effectués dans le cadre de l'économie formelle, mais qui ne bénéficient pas de l'encadrement par la loi (sécurité sociale et prestations). Globalement, la plus grande part correspond aux activités de commerce, puis des services, et enfin des activités manufacturières. Au niveau des perspectives, il est à noter que la création d'emplois est insuffisante par rapport à la croissance démographique et l'on estime que les années 2020 risquent d'être critiques dans l'absorption par le marché du travail formel d'une génération en plein boom. La réforme fiscale de 2014 tend à inciter à faire entrer dans le cadre légal des millions de Mexicains : pour les micro-entreprises de commerce, en leur offrant des accès facilités au crédit et aux prestations sociales en échange d'un enregistrement en bonne et due forme ; pour les employés domestiques, en permettant à l'employeur de proposer un contrat simplifié incluant l'assurance-maladie.

La péninsule du Yucatán présente sur le plan économique les mêmes faiblesses que le reste du pays. Bien que la région soit la première destination touristique du Mexique, elle ne fait pas partie des entités les plus riches du pays. En réalité, la région présente des indicateurs de pauvreté et d'emploi qui sont proches de la moyenne nationale. Le taux de participation de la population au marché du travail est de 63,8 %, le taux d'occupation dans le secteur informel de 27,3 %. La région n'échappe pas non plus à la misère, puisque au moins 500 000 personnes vivent en situation d'extrême pauvreté dans la péninsule et au moins 2 millions en situation de pauvreté.

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