Guide d'Ecosse : Arts et culture

Architecture
<p>La vieille ville d'Edimbourg.</p>

La vieille ville d'Edimbourg.

Pour les amateurs d'architecture, l'Ecosse a beaucoup à offrir. Les églises, abbayes et cathédrales ne manqueront pas d'attirer votre attention de leurs splendeurs. La cathédrale Saint Magnus de Kirkwall est un bel exemple de style roman (XIIe siècle), avec ses arcs en plein ceintre et sa sobriété toute spirituelle. Le gothique (XIIe au XVIe siècle), quant à lui, s'exprime magnifiquement à travers l'abbaye d'Holyrood à Edimbourg, ou l'abbaye de Melrose.

Pour ce qui est des châteaux, il ne reste rien des mottes, construites en bois. Les forts classiques, du Moyen Age, sont eux bien présents, certes en ruines, mais caractérisés par leur donjon central et leur mur d'enceinte massif. Aux alentours du XVIe siècle, apparaissent les maisons fortes de style seigneurial écossais (Scottish baronial style) avec leurs tourelles de contes de fées. L'Ecosse, ainsi que tout le reste de la Grande-Bretagne, est également caractérisée par l'éclosion, au XVIIIe siècle, du style georgien et son retour aux formes classiques grecques et romaines. C'est dans le centre d'Edimbourg que vous pourrez le mieux en admirer les merveilles. L'architecte écossais qui a introduit ce style et lui a donné ses lettres de noblesse est sans conteste William Adam (1684-1748). Dans les quartiers huppés de Glasgow, c'est en revanche le style victorien, apparu au XIXe siècle, que vous découvrirez.

Pour le XXe siècle, on retiendra surtout la formidable influence de Charles Rennie Mackintosh, qui a créé l'Ecole de Glasgow en Art nouveau. Enfin, le Scottish Parliament (2004) à Edimbourg et le Clyde Arc (2006) à Glasgow comptent parmis les chefs-d'oeuvre contemporains.

Cinéma

Parmi les films les plus connus dont l'action se déroule en Ecosse, on peut citer les classiques  : Les 39 Marches de Hitchcock (1935), The Prime of Miss Jean Brodie (1969), Kidnapped (1971) ; Sacré graal (1975) des Monthy Python ; Local Hero (1983) de Bill Forsyth, qui réalisa également Gregory's Girl, film sur les exploits romantiques d'un adolescent (1980). En 1986, Highlander, avec Sean Connery et Christophe Lambert, est devenu un film célèbre, dont l'action se déroule à Eilean Donan Castle. Ce lieu féerique près de Kyle of Lochalsh servit également de toile de fond aux aventures de James Bond dans The World is not enough (1999) tandis que Duart Castle, sur l'île de Mull, fut utilisé pour certaines scènes de Haute Voltige avec Sean Connery et Catherine Zeta Jones. En 2012, Ken Loach raconte dans La part des anges, l'histoire d'un petit truand se découvrant un talent de dégustateur de whiskies.

Tourné dans les vallées des Highlands de Glen Nevis et Glen Coe, Braveheart (1995) raconte l'histoire du personnage historique William Wallace, interprété par Mel Gibson (qui reçut un oscar), et qui déclencha une arrivée massive de touristes sur les lieux. Ce succès alla de pair avec celui de Rob Roy la même année (1995), sur le fameux combattant des Trossachs interprété par Liam Neeson. Les tournages des épisodes de Harry Potter se sont aussi enchaînés depuis 2001, empruntant chacun plusieurs décors écossais pour servir la magie du film. L'une des premières scènes de Prometheus de Ridley Scott commence par des images de l'Old man of Stor sur l'ile de Skye. Enfin Rebelle, l'un des derniers films d'animations des studios Pixar, sorti en 2012, raconte les tribulations d'une jeune princesse écossaise dans les terres sauvages et mystérieuses des Highlands.

Le début du XXIe siècle marque aussi un renouveau du cinéma écossais. En 2001, la réalisatrice Lynn Ramsay est primée aux oscars pour son film Morven Caller ; en 2003, c'est Paul Laverty qui, avec Sweet Sixteen, de Ken Loach, a obtenu le prix du meilleur scénario au festival de Cannes. En 2004, Ken Loach sort Just a Kiss, dont l'action se passe à Glasgow et s'articule autour de l'histoire d'amour entre un fils d'émigrés pakistanais et une jeune enseignante de religion catholique. En 2006, le Da Vinci Code met en avant la Rosslyn Chapel, près d'Edimbourg, tandis qu'en 2007 Le Dernier Roi d'Ecosse de Kevin MacDonald raconte l'histoire d'un jeune médecin écossais parti en Ouganda, qui devient un proche du roi Idi Amin Dada. Ce film, inspiré d'une histoire vraie, a permis à Forest Whitaker de remporter l'oscar du meilleur acteur et le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique.

Dans un registre pas très bon enfant, il faut aussi mentionner Trainspotting (1996 et 2017) qui raconte les ravages de la drogue à Edimbourg, et Ordure ! (2013) sur les déboires d'un policier dépressif dans la capitale.

Les acteurs écossais les plus célèbres sont Sean Connery, connu (entre autres) pour son interprétation de l'agent secret anglais James Bond  ; Robert Carlyle, couronné par le succès de The Full Monty en 1997 ; Ewan MacGregor, qui joua dans Trainspotting (1996) et dans 3 épisodes de Star Wars. Citons également John Hannah (Quatre mariages et un enterrement), Billy Boyd (Le Seigneur des Anneaux), Robbie Coltrane (Harry Potter), James McAvoy (Wanted et X-Men), Kevin McKidd (La série Rome), Peter Capaldi (In the Loop, Doctor Who) ou encore Billy Connolly (La Dame de Windsor, Le Dernier Samouraï, Le Hobbit)...

Littérature
La poésie bardique au coeur de l'identité écossaise

La poésie bardique des makaris (poètes gaéliques) a subsisté jusqu'au XVIIIe siècle. L'inspiration héroïque et la complexité des rythmes apparaissent notamment dans Le Livre du doyen de Lismore (1512-1526). Cette tradition sera ranimée dans les Highlands, placées sous la dépendance culturelle de l'Irlande, par l'inspiration courtoise tandis que les poètes de clans deviendront des poètes nationaux grâce aux recueils par écrit de la poésie orale au moment de l'effritement de la culture celte, après MacPherson. L'exil, l'urbanisation, l'adoption d'un bardisme souvent frelaté par le romantisme européen réduiront à néant au XIXe siècle la littérature des Highlands. La renaissance poétique ne s'effectuera qu'après 1918, avec des auteurs comme McLean, Hay, Crichton, Smith, MacDiarmid, qui s'ouvrent aux problèmes internationaux et aux techniques modernes et s'enracinent dans l'universel.

La littérature écossaise, entre assimilation et affirmation

La littérature des Lowlands s'inscrit très tôt dans l'histoire de la littérature anglaise. Jacques VI d'Ecosse, lui-même écrivain, devenant Jacques Ier d'Angleterre en 1603, met paradoxalement fin au particularisme écossais.

Les pièces religieuses du Moyen Age, la floraison du XVe siècle (Barbour, Henryson, Dunbar, Douglas, Lyndsay) débouchent, sous l'influence de Chaucer, sur un ton particulier mêlé de virulence, de passion et de nostalgie pastorale, que l'on retrouvera chez Robert Burns et Byron. L'originalité de l'enracinement écossais se traduit en matière intellectuelle. Ainsi Edimbourg est pour la philosophie du XVIIIe siècle le lieu d'un humanisme rigoureux qui refuse de se séparer d'une vision sceptique teintée d'espoir. Tandis que l'Ecosse devient le décor de la passion sauvage (Emily Brontë) et du roman historique (Walter Scott), sa littérature se lance dans la découverte de la diversité du monde avec le roman d'aventures (Robert Louis Stevenson). L'image d'une civilisation cohérente (ordre, travail, hiérarchie) fondée sur l'alliance "  spontanée  " de la paysannerie et d'une aristocratie qui aurait retrouvé le sens de sa mission, trouve son expression chez Carlyle. Cependant, la réalité écossaise en est absente  : l'Ecosse, menacée d'assimilation, offre son passé idéalisé comme utopie à l'Angleterre ou au monde, mais ne se représente pas.
Le style prôné par Hugh MacDiarmid rapprochera les écrivains écossais des exilés qui célébreront le droit à la différence après la guerre de 1914. Entre nostalgie, révolte et insertion culturelle (Ronald Laing), la littérature écossaise hésite  : Robert Burns et Walter Scott auront créé l'image type de l'homme écossais que les écrivains d'aujourd'hui ne peuvent ni assumer ni vraiment changer, faute d'avoir su, comme l'Irlande, ouvrir ses bras à ses propres hérétiques et exilés.

Quelques grands noms de la littérature écossaise

Sir James Barrie (1860-1937). Né à Kirriemuir, il est le célèbre créateur de Peter Pan, dans la pièce de théâtre L'Enfant qui ne voulait pas grandir.

Robert Burns (1759-1796). Originaire d'Alloway, au sud d'Ayr, il marqua ses contemporains pour son écriture populaire. On en parlait comme du " poète paysan " et un musée lui est dédié dans sa ville d'enfance.

Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930). Né à Edimbourg, où il étudia la médecine, il est célèbre pour avoir écrit les aventures du détective Sherlock Holmes.

Sir Walter Scott (1771-1932). Avocat de formation, c'est le plus illustre des écrivains écossais. Il a écrit des mastodontes littéraires comme Waverley ou Ivanohé. Un monument est dressé à sa gloire à Edimbourg et sa demeure d'Abbotsford accueille un musée.

Robert Louis Balfour Stevenson (1850-1894). Après avoir suivi des cours d'ingénieur et de droit, il passa sa vie à voyager et écrivit Docteur Jekyll et Mister Hyde, ou encore L'Ile au trésor et Dans les mers du Sud.

Ian Rankin (1960-). Diplômé en littérature américaine de l'Université d'Edimbourg en 1982, il est le père de l'inspecteur John Rebus, dont la saga connut un franc succès. Malcolm Fox, son nouveau héros a pris le relais en 2010.

Médias locaux
Presse écrite

En plus de la presse britannique, on trouve une presse écossaise nationale.

Scotsman. Le quotidien national d'Edimbourg le plus complet, il donne des informations nationales et internationales, et traite aussi bien de l'art que des finances.

Le Daily Record. Quotidien tabloïd le plus vendu en Ecosse.

The Herald. Le second grand quotidien national avec le Scotsman, basé à Glasgow.

The National. Quotidien indépendantiste.

Le Dundee Courier est le journal de Dundee. On y publie aussi le Sunday Post, journal du dimanche.

The Press and Journal. Journal local d'Aberdeen.

Des quotidiens sont publiés le soir dans les quatre principales villes d'Ecosse. Ils rapportent les nouvelles sportives et locales.

Beaucoup d'hebdomadaires traitent des régions en particulier, cependant on trouve peu de magazines, sauf par exemple les mensuels  : The Scottish Field et The Scots Magazine. The Edimburgh Review est un grand magazine littéraire, tandis que The List annonce tous les événements culturels d'Edimbourg et de Glasgow.

Radio et télévision

En Ecosse, on peut écouter BBC Radio Scotland, Radio 4 (informations et divertissements), Radio 2 (divertissements et sports) et, pour la musique classique, Radio 3. BBC Radio 1 et les stations locales dirigées par la BBC et des compagnies commerciales diffusent de la musique pop et des flashs d'informations.
Les stations locales diffusent surtout des variétés et des informations utiles, notamment sur le trafic routier. La BBC et plusieurs chaînes commerciales se partagent le petit écran. BBC 1 offre surtout des informations et des programmes grand public, tandis que BBC 2 a une vocation plus culturelle. ITV (Independant Television) est le concurrent de BBC, elle vit de la publicité qu'elle diffuse. Channel 4 est aussi une chaîne commerciale, qui propose des programmes de qualité.

Musique
<p>Joueur de cornemuse.</p>

Joueur de cornemuse.

Traditionnellement le ceidlidh (prononcez " keïli ") est une réunion d'amis populaires, dont les ingrédients sont la musique folklorique, les chansons, les danses et les conteurs.

Dans les années 1950 et 1960, cette musique est représentée par Kenneth McKellar et Andy Stewart, qui chantent des ballades sentimentales accompagnés par des accordéons et des cornemuses.

Dans les années 1970, beaucoup de groupes écossais de pop connaissent le succès, comme les Bay City Rollers. A cette époque, la tradition folk est portée par Robin Hall et Jimmy MacGregor, The Corries et Ewan MacColl, qui se produisent dans les pubs. The Boys of the Lough est l'un des premiers groupes écossais et irlandais qui mélangent le folk traditionnel et le rock. Le Battelfield Band, Runrig, Alba, Capercaillie les suivront.

Les années 1980 ont davantage fait connaître l'Ecosse sur la scène internationale, on peut ainsi citer : Iain Anderson, leader de Jethro Tull, Annie Lennox d'Eurythmics, William Derek Dick leader du groupe Marillon, The Jesus and Mary Chain, The Waterboys, Tears for Fears, Cocteau Twins, Wet Wet Wet, Mark Knopfler guitariste génial et fondateur du groupe Dire Straits, Simple Minds, Jimmy Somerville, Eric Woolfson leader du groupe The Alan Parsons Project et le groupe Texas.

Les années 1990 ont été marquées par Teenage Fanclub et KLF ainsi que par Travis qui réussit un énorme succès commercial avec son album The Man Who. En 1995 Edwyn Collins sort un tube mondialement connu, A girl like you.

Depuis 2000, la production musicale est particulièrement riche (indie, funk, rock...) et active ; en témoignent les groupes Belle and Sebastian, Franz Ferdinand, Travis, Mogwai, The Fratellis qui sont mondialement connus, ou la chanteuse Amy McDonald qui a cartonné avec son tube This Is the Life. Calvin Harris est affublé du titre de roi de l'électropop, avec un premier album sorti en 2007, disque d'or au Royaume-Uni.

Peinture et arts graphiques

Peu de peintres écossais sont connus internationalement, malgré les riches collections de la National Gallery d'Edimbourg, les galeries de Glasgow, Aberdeen et Dundee.

Les artistes reconnus, comme George Jameson et John Wright, émergent surtout au XVIIe siècle et réalisent des portraits. Leur succès atteint son apogée à la fin du XVIIIe siècle, avec des figures comme Alan Ramsay et Henry Raeburn.

Dans la même période, Alexander Nasmyth apparaît comme un important peintre de paysages, qui aura une grande influence au XIXe siècle. Peintre de la vie rurale, David Wilkie marque le même siècle.

Dès la fin du XIXe siècle, Glasgow domine la scène artistique, grâce à la Glasgow School of Arts, dont les plus célèbres élèves sont sans doute Charles Rennie Mackintosh, créateur de l'Art nouveau, et Mary Armour, qui y étudia dans les années 1920.

Dans les années 1890, les Glasgow Boys, dont font partie James Guthrie et E. A. Walton, sont influencés par les impressionnistes français et sont secondés ensuite par les coloristes écossais, dont les oeuvres fortes s'inspirent du post-impressionnisme et du fauvisme français.

Dans la même période, les Glasgow Girls (Jessie Newbery, Anne Macbeth, les soeurs Margaret et Frances MacDonald) exposent des objets d'art décoratif, du design dans un style au croisement de l'Art nouveau et des influences celtes.

L'école d'Edimbourg des années 1930 (William Gillies, William MacTaggart, Anne Redpath) travaille de façon moderne sur le paysage écossais. D'autres artistes suivent, comme Alan Davie ou Edouardo Paolozzi, qui, hors de la tendance " écossaise ", ont une production artistique abstraite influencée par l'expressionnisme ou le pop art. Un engagement social caractérise les peintres actuels, parmi lesquels une nouvelle génération de Glasgow Boys.

Charles Rennie Mackintosh (1868-1928) et l’Art nouveau écossais

Né à Glasgow, Mackintosh est le plus célèbre architecte d'Ecosse et son influence est largement reconnue dans l'histoire du design européen. Son style, empreint à la fois de tradition et de modernité, en fait l'un des meilleurs représentants de l'Art nouveau. Il conçoit House for an Art Lover à Glasgow, mais c'est la Glasgow School of Art qui est considérée comme son chef-d'oeuvre.

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