Guide d'Islande : Mode de vie

Les principales caractéristiques de la population islandaise se retrouvent dans sa jeunesse et son homogénéité. Les 348 450 Islandais (2018) se partagent un vaste territoire, mais les deux tiers (220 000) vivent dans l'agglomération de la capitale Reykjavík. Pour des informations statistiques renouvelées régulièrement, visitez l'excellent site (en anglais) du service des statistiques islandais : www.statice.is.

Mœurs et faits de société
Structure des noms

La plupart des Islandais ont gardé la tradition de dériver leur nom de famille du prénom de leur père. Afin de définir le nom lorsqu'il s'agit d'un homme, le substantif son (" fils ") est ajouté au prénom du père suivi d'un S (pour signifier l'appartenance), tandis que pour les femmes, le procédé reste le même en changeant le substantif, qui devient alors dóttir (" fille "). Ainsi, le fils d'un homme dont le prénom est Jón prendra pour nom Jónsson. La fille de ce même homme prendra pour nom Jónsdóttir. En supposant que le fils précédemment cité porte le prénom Halldór, son fils prendra pour nom Halldórsson et sa fille Halldórsdóttir. Sachant que ces noms sont en fait des patronymes, on tend à appeler chaque Islandais par son nom complet, voire son prénom, et non pas par son patronyme, qui peut correspondre à celui de multiples individus. Il reste à noter que lorsque deux Islandais se marient, la mariée ne prend pas le nom de son mari mais garde le sien.

Éducation

Le taux de la population de plus de 15 ans pouvant lire et écrire est de 99 %, soit l'un des plus élevés au monde. Jusqu'à l'âge de 6 ans, les enfants commencent leur parcours dans des Pre-Schools, l'équivalent des maternelles en France. Celles-ci donnent alors accès au système d'éducation primaire et secondaire, dans ce qu'il convient d'appeler en anglais les Compulsory Schools. Il faut compter environ dix ans, et ainsi atteindre l'âge de 16 ans, pour que les élèves passent à d'autres types d'écoles, nommées communément Specialised Vocationnal Schools, Industrial-Vocationnal Schools, Comprehensive Schools ou Grammar Schools, en fonction de l'orientation de chacun. Le stade des études supérieures (Higher Education) n'est atteint qu'à l'âge de 20 ans, après avoir réalisé près de quatorze ans d'apprentissage. De manière générale, la plupart des Islandais peuvent entrer dans la vie active dès 23 ans. Même si la population se montre relativement favorable à une séparation de l'Eglise et de l'Etat, la religion reste étroitement imbriquée dans l'éducation inculquée.

Moeurs

L'Islande se caractérise parfois par des moeurs assez anciennes, que ce soit dans ses idéaux, son goût des arts, sa littérature, et aussi sa langue. En matière de sexualité, quelques lieux coquins ont cependant fait leur apparition en plein coeur de la capitale, laissant dévoiler un changement de mentalité progressif au niveau des habitants de la ville. Les associations de planification familiale font de larges efforts dans ce sens, notamment par un décret qui reconnaît la vie sexuelle des jeunes et fournit des services aux adolescents. Grâce à ces efforts, l'Islande a réussi à obtenir un taux de grossesse parmi les plus bas au monde chez les adolescentes, un taux peu élevé de contamination au VIH, ainsi qu'une forte baisse des avortements. Il faut toutefois relever le taux relativement important de maladies sexuellement transmissibles (chlamydia, gonorrhée, etc.), les préservatifs étant souvent peu appréciés par les Islandais... Faites attention, car les effusions nocturnes et les jeux de séduction peuvent parfois amener à certains écarts de conduite ! En marge du mariage en Islande, le Parlement a adopté une loi le 4 juin 1996, entrée en vigueur le 27 juin suivant, qui permet à deux personnes de même sexe de faire enregistrer leur union. Pour le reste, notamment en matière d'union de couple hétérosexuel hors mariage, la loi se calque en grande partie sur la loi danoise. Deux personnes de sexe différent qui font enregistrer leur union par ce biais peuvent dès lors partager l'autorité parentale.

Caractère et identité

Le caractère national islandais s'est imposé tout au long de l'histoire du pays, notamment avant l'indépendance proclamée en 1944. Les Islandais voulaient en effet se détacher de la couronne du Danemark pour créer une nation indépendante. Cet esprit d'indépendance, de liberté s'est également retrouvé aux XIIIe et XIVe siècles alors que l'Islande était devenue norvégienne. Alors que l'agriculture concerne moins de 10 % de la population, il semblerait que certaines idées préconçues sur l'Islande restent fausses, notamment celle qui voit en eux des personnages complètement dépassés du point de vue de la technologie. C'est tout le contraire ! Tous les habitants sont très au fait des nouvelles technologies, que la jeune population locale s'approprie immédiatement et qui permet aux personnes vivant dans les zones les plus reculées de rester connecter avec le monde. Fait paradoxal, les Islandais restent très ancrés dans leurs traditions, leur histoire. Le caractère et l'identité du pays se résument donc en une simple expression : un mélange de modernisme et de traditions.

Structure sociale

Beaucoup de choses étaient vraies avant la crise et ne le sont plus depuis. Par exemple si l'Islande connaissait un quasi plein emploi et un niveau de vie élevé, elle a aussi découvert le chômage avec un taux atteignant 8,9 % en 2010. Ce dernier a cependant chuté ces dix dernières années pour tourner autour de 3 %. Même s'il n'y a pas encore de réelle pauvreté, la population se fracture toutefois en deux parties distinctes. D'un côté, les citadins de la capitale, de plus en plus nombreux. De l'autre, les fermiers qui vivent dans les campagnes. Les mentalités aussi divergent bien sûr. L'exode rural s'avère en outre massif et les campagnes sont désertées par les jeunes. Mais ces habitants des villes n'oublient pas pour autant leurs sources. Il existe en effet un lien fort qui relie tous les Islandais, notamment par des origines communes, mais aussi par des traditions que chacun partage.

 

Protection sociale

Le régime islandais de protection sociale ressemble de près au système français. Il comporte les assurances vieillesse, survivant et invalidité, la couverture en cas de maladie et de maternité, d'accident du travail et de maladie professionnelle, sans oublier l'assurance chômage et les prestations familiales. Tous les travailleurs, salariés ou indépendants, sont couverts par le régime général universel de protection sociale qui concerne l'ensemble de la population. L'âge normal de la retraite est de 67 ans (60 ans pour les gens de mer), et quarante années de résidence sont nécessaires pour percevoir ce droit de retraite à taux plein. Le régime de sécurité sociale garantit une pension minimum à chacun, même lorsque les cotisations à la caisse de retraite ont été minimes, voire nulles. En 2010, les retraites pesaient à hauteur de 2% du PIB en Islande contre 12,4% en France. Il faut cependant noter que la crise a grandement fait diminuer les pensions.

Place de la femme

Que ce soit au niveau de la société, dans les domaines du travail ou personnel, la femme a toujours été considérée à l'égal de l'homme en Islande. Le pays n'a pas réellement connu de discrimination à ce niveau, et un symbole courant de l'intégration de la femme dans le pays reste l'ancienne présidente de la République, Vigdís Finnbogadóttir, qui a accompli pas moins de quatre mandats à ce poste. Le droit de vote a été accordé à la gent féminine dès la fin du XIXe siècle (seulement en 1944 en France !). Les femmes se sont en outre intégrées aux parlementaires, gagnant progressivement des sièges dans l'édifice prestigieux que constitue le Parlement. Les Islandaises se distinguent également des Européennes en ce qui concerne les naissances. Nombreuses sont celles qui conçoivent volontairement un enfant très tôt (21-22 ans) et l'élève bien qu'étant encore étudiantes et bien souvent célibataires. Des aides d'Etat existent en effet pour concilier vie familiale et étudiante ou vie familiale et professionnelle. Les naissances hors mariage ou de père inconnu, ainsi que les familles recomposées, sont extrêmement courantes en Islande.

Famille et habitat

Il n'est pas rare de voir certaines familles prendre en charge une personne âgée, ou proche, qui se retrouve seule. Les Islandais restent en outre très attachés à leurs ancêtres, raison pour laquelle ils s'impliquent de plus en plus dans des travaux de généalogie. Certains d'entre eux peuvent ainsi facilement retracer la lignée de leurs ancêtres et diverses affiliations sur pas moins de sept générations.

L'architecture des habitations dans lesquelles vivent ces familles a évolué au fil des années. Dans la vieille ville de Reykjavík, il est ainsi possible d'observer d'anciennes maisons nordiques typiques en bois peint avec des toits en tôle ondulée. Celles-ci contrastent avec les bâtiments à l'architecture moderne qui s'érigent désormais au beau milieu de la capitale. En parcourant le pays vous pourrez également découvrir les multiples fermes abandonnées qui s'étendent, parfois dans des lieux fortement éloignés de toute vie. De multiples fermes furent ainsi fabriquées à partir de tourbe et recouvertes d'herbages, se dotant ainsi d'un charme caractéristique.

Religion
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Kollafjordür, paysage islandais.

Eglise luthérienne d'Islande : 67,22 %, église catholique : 3,85 %, autres chrétiens : 7,69 %.

 

Entre religions...

Les Islandais sont très croyants, aussi bien adeptes d'un dieu que de multiples traditions païennes qui donnent leur appellation à bon nombre de lieux. La religion luthérienne a réellement pris son ampleur en 1551 alors que le roi du Danemark, Christian III, l'imposa à tout le peuple islandais, converti au christianisme depuis la session de l'an mil de l'Alþing.

Mais cette décision ne fit qu'accroître les combats entre clans rivaux qui prenaient place à l'époque. En effet, le catholicisme avait alors pris une grande importance au sein du pays. Les Islandais s'y étaient convertis sans aucune réelle difficulté. L'exécution, en 1550, du dernier évêque catholique, Jon Arason, mena cette religion vers une fin abrupte. Peu après l'officialisation du luthéranisme, les Danois se sont assurés de la longévité de leur religion en menaçant de déporter toute personne qui aurait voulu revenir au catholicisme. De nos jours, une autre religion reprend vie au coeur de l'Islande, Ásatrú, ancienne religion norroise. Il s'agit d'une secte reconnue officiellement et qui a gagné de l'importance grâce aux efforts d'un fermier islandais en 1970. La religion reste toutefois étroitement liée à l'Etat. Aujourd'hui encore, les écoles élémentaires sont obligées d'enseigner les bases éthiques du christianisme. Il existe toutefois des exceptions pour les écoliers non chrétiens, pouvant alors se voir dispensés de ces cours par respect pour leurs convictions. La population s'affiche à 60 % en faveur d'une séparation des deux entités que forment l'Etat et l'Eglise.

L'Islande comptait en 2015 environ 875 musulmans, soit environ 0,27 % de la population.

... et croyances

Même si les Islandais n'aiment pas être réduits par les étrangers à des amoureux des elfes, restent ces nombreuses croyances prises très au sérieux par la population locale et qui viennent donner une histoire au moindre lieu, à la moindre pierre. Les mythes des elfes, des trolls, gnomes et sorcières s'immiscent ainsi dans l'aspect culturel islandais. C'est la raison pour laquelle de nombreuses boutiques proposent encore la vente de figurines représentant des trolls. L'île fut découverte par les Vikings, colonisée par une société païenne dont les divinités n'étaient autres que les dieux de la Guerre, de la Terre, du Tonnerre et de la Foudre. Dans la mythologie islandaise, Odin représentait le roi des dieux. Il dirigeait ainsi, entre autres divinités, les dieux de la Magie, de la Poésie, de la Guerre, ainsi que ceux de l'Inspiration et des Morts. Sa femme, la reine du Ciel, se surnommait Freyja. Þór représentait, quant à lui, le dieu de la Force et de la Fertilité, mais aussi du Ciel et du Tonnerre, tandis qu'aegir n'était autre que le dieu de la Mer et Loki " le Trickster ", le compagnon des dieux. Il existe de nombreuses histoires concernant ces personnages, notamment celle du loup Fenrir et de Tyr. Les Islandais croient également en l'existence de treize pères Noël qui débarquent du haut de la montagne pour atteindre les contrées habitées de l'Islande. Ces derniers ne disposent pas spécialement de la meilleure réputation qui soit. Leurs noms suffisent à le prouver... Faldafeykir signifie en effet " souffleur de jupes ", Gluggagaegir " voyeur d'intimité ", et Pottasleikir " lécheur de casseroles ". Les parents de ces pères Noël, des trolls, n'ont rien pour séduire puisque Grýla, leur mère, cuisine à la casserole les enfants particulièrement turbulents, tandis que leur père, Leppalúdi, se montre incapable de beaucoup de choses. Au sein de ce foyer vit également un chat noir, surnommé Jólakötturinn, qui dévore les enfants ne recevant rien à Noël, car mal aimé.

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