Guide de Tanzanie : Jeux, loisirs et sports

Les Tanzaniens ont une conception et une pratique du sport bien différentes de celles des Occidentaux. En dehors de la très minoritaire bourgeoisie des villes d'une part, et des mères de famille bantoues au mode de vie très sédentarisé d'autre part, il suffit d'admirer les corps athlétiques des Tanzaniens pour se convaincre que le jogging en k-way et le fitness ne sont pas prêts à déferler sur le pays. Les pêcheurs de la côte et les pasteurs nomades des hauts plateaux, en particulier, mènent une existence physiquement très exigeante qui leur donne une endurance à toute épreuve et une musculature très sèche.

LES DISCIPLINES NATIONALES
Athlétisme

Comme leurs voisins du Kenya et de l'Ethiopie, les Tanzaniens sont bons en course de fond. Toutefois, un peu moins qu'eux, car ici, la culture de la course n'est pas omniprésente, et les effectifs de coureurs sont maigres. Les médailles sont rares : seulement deux en argent dans l'histoire des JO (à Moscou en 1980), et une en argent dans celle des championnats du monde (le marathon hommes en 2005). Dans l'ensemble, on a pu compter quelques professionnels ces dernières années : John Yuda (recordman national des 5 000 et 10 000 m et vice-champion du monde de cross en 2002), Fabiano Joseph (champion du monde 2005 de semi-marathon), Samson Ramadhani (recordman national du marathon en 2 heures et 8 minutes, vainqueur des Jeux du Commonwealth sur cette distance en 2006), et Christopher Isegwe (vice-champion du monde en 2005 sur marathon). Mais l'athlétisme tanzanien fait actuellement grise mine malgré une belle 5e place décrochée au marathon des Jeux olympiques de Rio en 2016 par Alphonce Felix Simbu.

Boxe

La boxe tanzanienne était à son firmament dans les années 1970. Depuis, plus grand-chose... Mais de jeunes pousses ont obtenu de bons résultats ces derniers temps. De quoi redorer le blason d'une discipline qui passionne les foules. Un peu comme le catch à la télévision que les Tanzaniens aiment regarder.

Cricket

Quant au cricket, il est très pratiqué par les communautés d'origine indo-pakistanaise qui organisent d'ailleurs un mini-championnat national et des matches amicaux.

Football

Le football est le sport national, dont tous les Tanzaniens sont friands. Dès la fin de l'école, les jeunes se précipitent sur un ballon qu'ils ont, la plupart du temps, bricolé eux-mêmes avec du papier et du scotch. Si la sélection nationale, les Taifa Stars (les Stars de la Nation), n'est pas très prolifique, échouant systématiquement à se qualifier pour la Coupe du monde, les Tanzaniens ne loupent jamais les matches de la Premier League anglaise qui regorge de stars africaines du ballon rond. Ils regardent les matches depuis des bars qui sont abonnés au satellite. Et la télévision nationale propose souvent un décrochage sur un match phare de la Premier League. La Tanzanie a son propre championnat, la Ligi Kuu Bara, qui qualifie plusieurs équipes à la Ligue des champions continentale. Depuis peu, certains footballeurs tanzaniens partent jouer à l'étranger et la star de la sélection, Mbwana Samatta, évolue en Belgique, au RC Genk.

ACTIVITÉS À FAIRE SUR PLACE
<p>Tour en montgolfière au-dessus du parc national de Serengeti.</p>

Tour en montgolfière au-dessus du parc national de Serengeti.

Plongée sous-marine

La Tanzanie est une destination en vogue pour la plongée, avec une densité et une visibilité sous-marine exceptionnelles. La plongée de nuit est possible. Les eaux des trois grandes îles, Zanzibar, Pemba et Mafia, supportent aisément la comparaison avec celles des Maldives ; quand l'eau est trouble, on y voit à 20 m. C'est justement le moment d'en profiter avant que la foule des autres destinations mondiales n'arrive. Si vous souhaitez aller au-delà de la simple observation avec masque et palmes (snorkeling), que presque tous les hôtels de plage proposent pour quelques milliers de TSH, il est vivement recommandé d'aller voir avec des bouteilles du côté du récif corallien. Vous y trouverez des tombants de plusieurs dizaines de mètres, des incroyables variétés de coraux avec des passes et des canyons, toutes sortes d'anémones et d'éponges (dont certaines, en gobelets, font 1,5 m de haut), des tortues de mer, des centaines d'espèces de poissons en tout genre, et même des espèces pélagiques. Dans l'archipel de Zanzibar, ce récif est souvent très proche du rivage ; sur la côte continentale, il est distant d'un à quelques miles.

Pêche au gros

Avec ses récifs coralliens, ses grands fonds, ses détroits, ses nombreuses îles, ses courants marins et ses estuaires, la côte tanzanienne offre des possibilités exceptionnelles de pêche, encore peu expérimentées. Pour 1 250 € à 2 300 € par semaine sur place, ou à partir de 200 US$ la demi-journée et 300 US$ la journée, on peut profiter des immenses ressources en poissons à rostres, thonidés, requins et autres espèces que nous citons dans la partie " Faune " de Tanzanie.

Safaris de chasse

La chasse est assez pratiquée en Tanzanie, du fait de l'immensité du pays et de la densité et de la variété de la faune. Elle est organisée par un département du ministère tanzanien de l'Environnement, assisté de conseillers occidentaux spécialistes de la conservation. La chasse est ici en quelque sorte un mal nécessaire : là où un braconnage aveugle ne manque pas de sévir, elle permet à la fois une présence dans les coins les plus reculés, où les safaris photo ne vont pas, et une régulation des espèces grâce à l'établissement de quotas annuels d'abattage par les scientifiques de la conservation afin de contrôler l'évolution de l'importance comparée des troupeaux.

Paradoxalement sans doute, c'est en effet pendant les années d'interdiction de la chasse que les rhinocéros, qui étaient encore des dizaines de milliers il y a 30 ans, ont été quasiment exterminés, et les buffles et éléphants décimés. Pour des raisons de coût, de grand éloignement, d'absence d'infrastructure d'accueil et d'inaccessibilité, il semble vraiment que les safaris photo ne peuvent pas suffire à couvrir toutes ces immenses régions. La chasse fonctionne en effet à partir d'un camp de base, autour duquel le chasseur rayonne accompagné par ses deux ou trois pisteurs, maasaï en général, et par son guide (un chasseur professionnel, souvent occidental), en déplaçant un peu partout un camp mobile. Il se déplace en avion, puis en véhicule, enfin à pied, et va dans les endroits les plus inaccessibles. Rappelons que la Tanzanie est deux fois grande comme le Kenya ou la France, et que, par exemple, la réserve de chasse du Selous est, à elle seule, aussi grande que la Suisse. Il faudra encore de très nombreuses années avant que les safaris photo attirent assez de monde pour occuper toutes les régions sauvages du pays. Encore aujourd'hui on constate que dans les pays où la chasse n'est plus possible, quelle qu'en soit la raison (guerre ou interdiction), les animaux sont chassés de manière complètement incontrôlée, et la plupart des troupeaux régressent en nombre. Ce fut le cas des gorilles pendant la guerre civile du Rwanda.

Les espèces en difficulté, ou celles que la disparition des mâles menacerait restent, bien entendu, interdites de chasse ; citons en particulier les rhinocéros, lycaons, guépards et girafes. La chasse n'est, de plus, autorisée que dans les réserves prévues à cet effet (les game reserves), où des zones bien délimitées, appelées concessions de chasse en français (des hunting blocks), sont délimitées. Chaque hunting block est réservé à l'utilisation d'une seule compagnie, moyennant de gros droits. La chasse est de plus très régulée : les compagnies sont contrôlées de près pour obtenir et garder leurs licences, et un game-scout, ou garde-chasse, accompagne obligatoirement chaque véhicule pour vérifier l'application de toutes les règles édictées par le gouvernement, ne serait-ce que l'interdiction de tirer directement à partir du véhicule.

Des taxes d'abattage (hunting fees) très élevées sont imposées pour permettre de financer la gestion et l'entretien des réserves. De quelques centaines de dollars, pour les antilopes, à plusieurs milliers de dollars, pour les éléphants, qui en Tanzanie sont de toute manière en forte surpopulation par rapport à ce que l'écosystème peut leur fournir comme alimentation. Le client doit donc payer les taxes d'abattage, de concession et de son éventuel accompagnateur. La chasse est donc une grande source de financement pour les immenses espaces naturels du pays. Les compagnies de chasse financent enfin l'entretien des routes, fournissent souvent véhicules, carburant et nourriture aux opérations anti-braconnages (en particulier pendant la saison des pluies chaque année, lorsqu'il n'y a plus de visiteurs déclarés dans les parcs), et apportent, pour certaines, une aide aux communautés villageoises environnantes : construction d'écoles, installation de puits ou dons de pompes à eau et de machines agricoles... Il est assez reconnu que les grandes compagnies de chasse jouent, paradoxalement, un rôle plutôt bénéfique pour la protection de la faune et, de manière générale, pour la défense de l'environnement de toutes les réserves.

On assiste cependant également à des excès : comme les chasseurs recherchent les trophées, les animaux les plus forts et les plus beaux sont abattus en priorité. Même si ce sont pour la plupart des mâles (les mâles sont plus gros) - ce qui laisse en vie tous les jeunes et toutes les femelles, les seules génitrices - et même si beaucoup sont âgés et ont déjà procréé, ce n'est pas le cas de tous, et ceci peut mener à terme à un affaiblissement de l'espèce. De plus, les chasseurs recherchent la difficulté et s'attaquent donc en priorité à des animaux rares, tels les hippotragues et les koudous. Certes, ce comportement reste contrôlé et ne menace pas la survie de ces espèces, mais il aboutit tout de même à une certaine raréfaction supplémentaire. Mais malgré cela, la connaissance des réalités locales nous incline à penser que cette chasse est un moindre mal, et qu'il n'existe pas pour le moment de solution de remplacement. De toute façon, ce serait aux Tanzaniens d'en décider. C'est en tout cas un type de tourisme bien à part.

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