Guide de Tanzanie : Population et langues

<p>Femmes de Zanzibar sur une plage de sable.</p>

Femmes de Zanzibar sur une plage de sable.

Population

La population s'élève à 58 millions d'habitants en 2018 et croit de 3 % par an. La Tanzanie est un pays extrêmement jeune, et pour cause : 63% de la population a moins de 25 ans. L'âge médian de la population est de 18 ans et le taux moyen d'enfants par femme est de 4,7. La densité du pays est très disparate, de 12 habitants par km2 dans la région de Katavi à 3 150 habitants/km2 à Dar es Salaam.

Ethnies et langues

La Tanzanie compte près de 125 ethnies pour près de 100 langues, dont aucune n'est numériquement en mesure d'exercer une domination sur les autres. La plupart ont pour origine le peuplement bantou, venu d'Afrique de l'Ouest entre 1000 av. J.-C. et 1000 apr. J.-C. Ce sont ces millénaires de migrations qui ont permis la formation de ces groupes jusqu'à la période coloniale. Avec un peu d'exercice, il est parfois possible de distinguer d'après leurs traits les membres des principales ethnies. Les ethnies bantoues, qui représentent 95 % de la population, viennent de la région Niger-Congo. Parmi les ethnies bantoues les plus importantes, on peut citer les Sukuma, Nyamwezi, Chagga et Haya qui compte plus d'un million de personnes chacune. On trouve aussi des souches un peu différentes, notamment les Masaaï, d'origine nilotique (de la région du Nil, Soudan, Tchad), très connus et emblématiques du pays. On rencontre aussi des ethnies originelles de la région avant l'invasion bantoue, les Khoisan. Ils ont la peau plus claire, parlent une langue avec des " clics " et vivent dans les maisons troglodytes. On compte deux ethnies, les Sandawe et les Hadzabe, qui vivent encore de la chasse et de la cueillette, non loin des peintures rupestres de Kondoa, entre Arusha et Dodoma. Il est d'ailleurs possible d'aller à leur rencontre.

Enfin, les Irakws d'origine couchitique (qui doivent leur nom à leur région d'origine la Mésopotamie avant leur migration à travers l'Afrique de l'Est jusqu'à la Tanzanie) sont très peu nombreux et ont gardé quelques traditions tout en vivant de façon moderne dans la région du lac Manyara. Il est aussi possible d'aller découvrir leurs villages via des agences de tourisme responsable. 
Seulement 1 % de la population est non Africaine, et elle a chuté de 50 % en 10 ans pour atteindre seulement 50 000 personnes en Tanzanie continentale et 4 000 personnes à Zanzibar. La communauté asiatique principalement indienne est importante à Zanzibar du fait de son histoire, mais aussi de l'implantation récente de businessmen et grosses entreprises indiennes. Elle décroît malgré la présence accrue d'hommes d'affaires indiens et chinois. De même, on compte des Européens installés principalement à Zanzibar et à Arusha, les deux pôles touristiques principaux. On estime qu'environ 90 000 Arabes et Européens résident aussi dans le pays.

Les Bantous

Aujourd'hui, le mode de vie de la plupart des Bantous s'est totalement occidentalisé. A côté de ce qu'en ont recueilli les premiers voyageurs et les ethnologues, il ne reste de ces traditions que quelques souvenirs chez les anciens (qui vont bientôt disparaître), ainsi que quelques résidus de croyances superstitieuses ou encore d'expressions artistiques se manifestant à travers les activités d'associations culturelles spontanées ou de groupes folkloriques...

La musique actuelle est constituée d'apports exogènes : le reggae et la soukous congolaise (ex-zaïroise) rythmée par des instruments électriques. La soukous est la version actuelle de la ngoma (tambour en dialecte congolais) du Brazzaville des années 1950, elle-même rapatriée de la rumba afro-cubaine. Les paroles sont des romances dédiées à certaines jeunes femmes ou des histoires édifiantes de la vie quotidienne des villages... A Zanzibar, on trouve aussi la musique taarab, poèmes chantés et souvent accompagnés d'instruments, formant une synthèse des influences qui ont fait l'île. La danse, phénomène social tant sacré que profane, est extrêmement pratiquée dès l'enfance, souvent quotidiennement, à n'importe quel moment de la journée. Dans ce domaine, l'ethnie Sukuma, à l'est du lac Victoria, et dont le nom signifie d'ailleurs bouger ou secouer, est particulièrement réputée.

La sculpture, quant à elle, est désormais plus tournée vers la relation au touriste que vers la relation au sacré : elle prend surtout pour sujets les pasteurs maasaïs et les animaux sauvages. Bref, ce qu'admire l'amateur de safari...

L'art de la parure, d'une importance autrefois primordiale chez les Couchites, les Bantous et les Maasaïs, a aujourd'hui disparu chez les Bantous qui, rappelons-le, représentent 98 % de la population. Les fouilles de nombreux sites archéologiques de l'âge de pierre et de l'âge du bronze ont permis de mettre au jour des bijoux à base d'ivoire, d'os, de coquillages (notamment les petits blancs cauris qui viennent des lacs), de coquilles d'oeuf d'autruche... Les perles de verre ne seraient apparues qu'il y a quelques siècles, en provenance d'Europe. L'habitat traditionnel ne subsiste que dans les villages reculés, à l'écart des axes routiers principaux. D'une tribu bantoue à l'autre, et selon l'environnement naturel des villages, les modes de construction étaient assez différents : bambous autour des lacs, bananiers sur les pentes des volcans, acacias et torchis dans la savane... Le type d'habitat traditionnel est en fait lié à la fois au climat, aux matériaux que fournit l'environnement, à l'activité du père de famille et à son statut social. Les formes les plus archaïques sont, bien entendu, les grottes, observables chez les Boshimans khoisan (près du lac Eyasi). Les habitations de Mbulu également sont semi-enterrées. Viennent ensuite les cônes chagga (au Kilimandjaro) par exemple, forme très simple n'exigeant une couverture que d'un seul tenant. Puis, les dômes hehe (une tribu du centre), déjà plus élargis à la base, avec des piliers de soutènement à l'intérieur. Enfin, les maisons rectangulaires des Gogos (autre tribu du centre), appelées tembe, souvent disposées en kraal, le parc à bestiaux formant le 4e côté. Cette habitation reste toutefois assez primitive, avec un toit très bas, épais et lourd, formé de rondins couchés en claie sur lesquels reposent de la terre et de l'herbe pour l'étanchéité.

Les adolescents et les jeunes hommes dorment dehors pour protéger les bêtes et les femmes des animaux sauvages. Les matériaux de base pour l'habitat traditionnel sont le bois en claie et le torchis. Toutes ces maisons sont en général très sombres, sans fenêtre ni ventilation, sans doute afin de garder la chaleur pendant la mauvaise saison et la fraîcheur en été, et l'on peut rarement s'y tenir debout. Dans la région des Grands Lacs, on observe parfois une amélioration : un trou dans le plafond surmonté d'un deuxième toit permet d'évacuer la fumée ou d'aérer l'habitation. Sur la côte de l'océan Indien, on trouve chez les Zaramos (population bantoue historique de la côte) la maison dite swahili, la plus élaborée peut-être parce qu'elle bénéficie du climat le plus chaud : un vaste rectangle en perches de bois, avec une porte aux deux extrémités et parfois d'autres ouvertures, ce qui permet une bonne ventilation, avec un toit de chaume assez élevé, sous lequel on peut tenir debout. Le choix du terrain, le début de la construction et l'emménagement sont des actes que l'on accompagne de toutes les précautions : prières, bénédictions et divers rites sont accomplis, avec l'aide d'herbes et de graines, symboles de bénédiction, de paix et de prospérité. Chez les Chaggas du Kilimandjaro, seule une vieille femme doit apporter les pierres du feu, deux enfants doivent allumer le premier feu, et le mari et la femme doivent coucher ensemble la première nuit. En dehors de l'exception d'Engaruka et de quelques autres sites secondaires, l'habitat bantou ne recourait à la pierre en aucune façon. Les Perses, puis les Portugais et les Arabes entreprirent de grandes constructions sur la côte, notamment en corail, mais ces techniques restèrent peu répandues. Aujourd'hui, en revanche, dès qu'il en a les moyens, le Bantou croit passer à un statut social supérieur en se construisant une maison en brique cuite ou en parpaing, de préférence avec un toit de tôle. Le sol reste en général de terre battue. Ce type d'habitation, plus durable et d'un entretien plus facile, ne bénéficie pas de l'isolation qu'offraient les épaisses couvertures de chaume traditionnelles, ce qui pose des problèmes pour les enfants. Mais les bestiaux, qui vivaient jusque-là dans une partie cloisonnée de la case, passent désormais la nuit dans leur propre abri. Les ethnies bantoues étant bien souvent matriarcales, le mari habite le village de sa femme et dépend des décisions de son beau-frère. Tout doit passer par la femme : ainsi, les héritiers d'un homme seront ses neveux utérins (les fils de sa ou ses soeurs).

Les croyances peuplent l'univers des Bantous animistes, puisque les choses sont animées, le monde lui-même, ses objets et ses animaux sont sacrés : partout, les esprits sont présents. Le Bantou ne doit donc en principe pas craindre la mort car tout est esprit et il existe une vie au-delà, mais il doit d'abord craindre toute lésion à la puissance vitale, et rechercher l'équilibre cosmique. Il vit cependant dans un monde d'inquiétude et de peur, celui des ancêtres plus ou moins bienveillants, des génies, des esprits et forces naturelles, qui se manifestent tous dans les rêves, les signes naturels, les symboles que seul le sorcier est censé comprendre. Dans ce système, seule la magie permet de se concilier le monde environnant, et le sorcier peut donner les moyens et les explications pour neutraliser les puissances occultes. Dans un clan, un roi demi-dieu (un peu comme les pharaons égyptiens) a pour fonction, en plus de son rôle temporel, administratif et guerrier, d'être gardien du sacré, faiseur de pluie et gage de fécondité pour le sol et pour le peuple ; il a autorité sur tous, guérisseur ou sorcier compris, mais le clan peut fomenter un régicide en cas de dégénérescence. Chrétiens et musulmans ont souvent dénoncé ce qui leur semble être un asservissement psychologique, personnel lorsque le sorcier ou le chef recherchent d'abord leur intérêt, ou démoniaque si l'animiste a recours à la magie noire pour servir son ambition et ses rancunes. Cependant nous ne pouvons juger tous ces systèmes de croyance, qui appartiennent à des sociétés très anciennes et en décalage complet avec nos propres croyances monothéistes ; la mentalité primitive des ethnies bantoues est en réalité très élaborée. Aujourd'hui, beaucoup de ces sociétés traditionnelles nous apparaissent malheureusement, complètement dégénérées, à cause de l'acculturation à laquelle elles se sont laissé aller, avec nos encouragements il est vrai.

La sexualité répond traditionnellement chez les Bantous d'abord à un souci de fécondité et de transmission de puissance vitale, et ceci bien avant tout sentiment de péché ou toute recherche de jouissance. Elle a un rôle fondamental dans la relation avec le sacré, en ce qu'elle intègre ceux qui y participent à la création ; elle n'est pas une excitation incontrôlée, mais une explosion d'énergie primordiale ; elle est véritablement un acte religieux, qui doit également marquer la vénération pour la femme qui est aussi la mère. A ce titre donc, elle est strictement régulée, et la transgression des coutumes en vue de satisfaire la sensualité est perçue comme une profanation, une atteinte à la divinité qui mérite une grave sanction. Cela ne signifie pas cependant qu'elle se limite strictement aux relations conjugales : certains écarts sont acceptés. Mais la disparition des croyances traditionnelles a bien entendu tout chamboulé. N'ayant pas non plus intégré l'enseignement évangélique, beaucoup de Bantous succombent à une libido au moins aussi libérée qu'en Occident, et avec le sida et la faiblesse moyenne du niveau sanitaire et éducatif, on aboutit à des catastrophes.

Les jeunes Bantous actuels ne semblent avoir d'admiration et d'envie que pour le pouvoir d'achat et le mode de vie occidental qu'ils entrevoient chez les visiteurs de passage ou chez les quelques expatriés. Le vêtement traditionnel des hommes n'est plus du tout porté, sauf sur la côte swahilie où la foi musulmane est profondément ancrée depuis des siècles. Seules les femmes des villages continuent de porter le kanga traditionnel. Mais les cheveux défrisés et le port du pantalon semblent être devenus des signes enviables de modernité.

Les Maasaïs

Les Maasaïs, peuplade pastorale d'origine nilotique, vivent aujourd'hui entre le Kenya et la Tanzanie, le long de la grande déchirure africaine de la vallée du Rift. On les chiffre à environ 300 000, dont moins d'un tiers sont assimilés aux populations bantoues ou couchites environnantes. En dehors des zones où les autorités leur ont assigné des terres, ce sont des semi-nomades, qui, en fonction des points d'eau, déplacent leurs villages à dos d'âne (hérité des troupes coloniales allemandes) ou sur le dos des femmes, pour y rester au moins quelques mois.

Leur habitat est constitué de cases faites d'une armature de bois sur laquelle est plaqué un mélange de purin de vache et de terre, ce qui assure une bonne étanchéité et une meilleure résistance à tous les types d'érosion que le simple torchis. La case, entre 3 m et 8 m de diamètre, est basse et n'a pas d'ouverture autre que la porte : on y étouffe un peu, surtout les enfants s'ils respirent la fumée du feu qui brûle à même le sol, ce qui crée parfois des problèmes pulmonaires, mais au moins, la chaleur est emmagasinée pour la nuit. On entre dans une sorte de tunnel qui sépare différentes parties, un peu comme dans un coquillage. Des couches sont tendues avec des peaux du troupeau, et les animaux domestiques de petite taille, plus vulnérables aux attaques des bêtes sauvages, ont aussi une place derrière une claie. Ces habitations sont construites par les femmes qui les entretiennent régulièrement. Lors des déplacements, l'armature en bois est récupérée. Les cases sont regroupées par la boma, villages de 2 à 5 familles en général, de 4 à 15 cases en moyenne, entourées d'une sorte de fortification de perches et d'épineux, ou kraal, disposées en vue d'empêcher les bêtes sauvages, telles que lions, léopards et hyènes, de venir s'attaquer au troupeau ou aux enfants pendant la nuit. Toute l'organisation du kraal symbolise un monde magique : il est une codification de la place de l'homme dans l'univers. Les Maasaïs, qui vivent par et pour leurs troupeaux de zébus et de chèvres, sont persuadés que Engaï, leur dieu, leur a destiné tous les bestiaux du monde. Ce qui, par conséquent, leur donne le droit d'aller les prendre là où ils sont, et notamment chez les tribus voisines. Cette foi candide fut à l'origine de nombreuses razzias, jusqu'à ce que les autorités tanzaniennes bantoues deviennent plus regardantes que les autorités coloniales allemandes ou britanniques. Les enfants maasaïs sont éduqués très rudement : dès l'âge de 3 ans, ils partent garder les troupeaux, armés de leur seul bâton de berger (rungu). Le taux de mortalité infantile fait peur : il arrive qu'il atteigne près de 50 %. Les causes en sont multiples : les infections pulmonaires, le paludisme, les attaques d'animaux sauvages, les morsures de serpent et de scorpion (les enfants se déplacent la plupart du temps pieds nus ou, au mieux, en sandales), les infections dues à des blessures bénignes mais non soignées... Ceux qui survivent sont forts. Ce peuple de guerriers extrêmement fier (mais ni arrogant, ni batailleur) a su conserver son mode de vie ancestral, là où 98 % des autres ethnies se sont occidentalisées, en abandonnant toutes les traditions qui faisaient leur identité. Les Maasaïs vivent heureux tels qu'ils sont, et ne convoitent pas de succès matériels. Ils gardent le souvenir de leur puissance passée, de leur longue domination sur les autres ethnies, de leur victoire sur les Tatogs (Barabaigs ou Wamangatis), autres pasteurs nilotes, leurs ennemis héréditaires.

Les Maasaïs sont originaires de la haute vallée du Nil, la haute Egypte, entre Erythrée et Soudan. On pense qu'ils ont aussi une ascendance hamitique, c'est-à-dire provenant de régions d'Afrique encore plus au nord. Avec les Nilotes, les Maasaïs partagent l'habitude de raser la tête des femmes, de s'arracher les deux dents de la mâchoire inférieure (dents de lait d'abord, vers 4 ou 5 ans, puis lorsque la deuxième rangée a repoussé) afin de pouvoir alimenter les malades, de se tenir au repos souvent sur une seule jambe, et de cracher en signe de bénédiction. Comme c'est le cas dans les ethnies hamitiques, leur vie sociale est organisée en classes d'âge, ils pratiquent les mutilations rituelles (circoncision et excision), ne mangent jamais de poisson et méprisent le travail de la métallurgie. Les ethnologues ont également signalé des similitudes avec les Romains, qui habitèrent aussi un moment l'Afrique du Nord-Est : glaive de faible dimension (mkuki), sandales, toge (nagdo) nouée sur une épaule, coupe de cheveux en forme de casque romain... Les Maasaïs, en particulier les hommes, portent des toges de couleur rouge : c'est la couleur du sang, et c'est donc un signe de courage que de l'arborer. L'habit traditionnel comporte une autre pièce de tissu portée directement sur le corps (nangeretena). Les femmes sont parfois habillées en bleu, et portent encore des peaux de chèvre ou de vache brodées de perles.

Très religieux, les Maasaïs sont monothéistes, mais ne croient pas à une vie post mortem. Leur Dieu est aussi bien celui du bien que celui du mal, celui qui donne la vie mais aussi la mort. Ils le prient sous des figuiers sacrés (Ficus sycomorus ou fig trees), ou autres lieux sacrés, notamment sur la montagne de Dieu, Ol Doinyo Lengaï, un volcan en activité où ils procèdent parfois à des sacrifices d'animaux. Certaines de leurs valeurs se rapprochent étrangement des valeurs chrétiennes : importance du partage avec ceux qui sont dans le besoin, pardon au moment des grandes fêtes (notamment lors de l'Eunoto, le guerrier doit oublier toutes les offenses qui lui ont été faites), franchise, honnêteté... Les laibons, prêtres et sorciers, dirigent la prière du clan, distribuent les amulettes.

Les Maasaïs se nourrissent uniquement de lait (frais, ou caillé en yogourt dans leurs gourdes nettoyées à la fumée), de sang et, en des grandes occasions seulement, de la viande de leurs bestiaux, qu'ils égorgent et mangent sur des lieux appelés Olpul. En période de disette, ils percent la carotide de leurs vaches d'une flèche qui ne blesse pas profondément l'animal. Le sang est alors récupéré dans une gourde en fruit évidé, et ils le boivent chaud ou mélangé à du lait. La blessure de la vache est colmatée avec de la bouse, et la cicatrisation se fait en général sans problème. La vie des Maasaïs est extraordinairement proche de la nature. Ils abandonnent les corps de leurs morts aux bêtes sauvages (sauf ceux des laibons, dont ils pensent qu'ils se réincarnent en serpent) en les déposant à l'écart, enduits de graisse animale. Lorsqu'ils sont obligés de sacrifier une vache ou une chèvre (ils l'étouffent, puis la frappent pour faire cailler le sang dans la chair), ils ne laissent rien perdre de l'animal, à l'exception des sabots et des yeux. Ils se servent d'herbes pour toutes sortes d'usages tels que se laver les dents, préparer une potion antiseptique ou une boisson euphorisante à base d'écorce, ou même, confectionner un déodorant !

N'ayant quasiment aucun artisanat, les Maasaïs pratiquent le troc ou vendent leurs animaux, pour acheter perles de verre, lames de couteau ou de lance (mkuki), toges, couvertures... Contrairement à tous les peuples cultivateurs, ils vivent sans problème dans des zones où la densité d'animaux sauvages est particulièrement élevée. Ils connaissent ces animaux, et ces animaux les connaissent, ou du moins savent que les Maasaïs, s'ils ne sont pas chasseurs, n'hésitent pas à faire usage de leurs armes pour défendre leur bétail. Les Maasaïs posséderaient environ 3 millions de bestiaux à cornes, soit environ 10 têtes par personne, femmes et enfants compris : c'est le chiffre le plus élevé de toutes les tribus africaines. L'homme adulte est fonction de son troupeau. La tête de bétail est l'unité de base de l'indemnité qu'il doit verser à celui envers qui il a commis une faute, l'unité de mesure de la dot que doit apporter le futur marié aux parents de sa future femme, et la valeur de référence qui détermine le statut d'un homme et donc le respect et la puissance qui lui reviennent.

Toute la vie des hommes maasaïs est réglée en fonction des passages d'une classe d'âge à l'autre, selon un usage transmis de génération en génération : ilayok (enfant), l'Alamal lengipaata (la préparation de la circoncision), l'Emorata (la circoncision), Ilmoran (guerrier), l'Eunoto (le rite de passage à l'âge adulte), Ilpayiani (aîné), état confirmé par la cérémonie de l'Olngesherr, où les jeunes gens doivent boire le sang chaud dans le corps d'un taureau. Très jeune, l'enfant est nourri au sein, puis par la bouche de sa mère, qui lui mâche la nourriture avant de la lui injecter par petites quantités. Lorsqu'il commence à avoir des problèmes de conjonctivite en raison du déséquilibre de son alimentation 100 % animale, on lui fait une brûlure circulaire par cautérisation sous chaque oeil (d'où les marques qu'ont la plupart sur les joues). Vers l'âge de 7 ou 8 ans, l'oreille droite des enfants est percée à l'aide d'un éclat de corne effilé et, peu à peu, agrandie avec des bouts de bois de plus en plus gros. L'oreille gauche suit, puis le lobe de l'oreille droite, et le lobe de l'oreille gauche. Dans les zones reculées, les oreilles des hommes pendent à mi-distance de l'épaule. La fonction de cet usage semble d'abord décorative. Mais tous les bijoux que les Maasaïs se fabriquent en enfilant sur des fils de fer ou de cuivre des perles de verre achetées aux tribus voisines, formant par exemple pour les femmes d'immenses colliers (iruvusi) ou bracelets (emeirinai), ont également une fonction sociale et rituelle, en signifiant la classe d'âge, le statut, voire l'humeur de ceux qui les portent. Ainsi les jeunes femmes ne peuvent porter de bijoux en spirale autour des membres et de perles dans les lobes qu'après le mariage.

L'excision, dès que la puberté des jeunes filles (endito) est atteinte. C'est une affaire de famille qui ne concerne pas la communauté.

La circoncision, en revanche est une cérémonie très importante qui se prépare longtemps à l'avance. C'est à cette occasion notamment qu'est bue la bière de miel ; le prêtre la recrache sur les jeunes pour les bénir. Après la circoncision, l'adolescent se peint le visage de blanc : il devient moran. Il va alors se laisser pousser les cheveux et se tresser de longues nattes de laine. Les nattes, lissées avec de l'urine de bétail, seront fixées en prolongement de la chevelure, colorée d'ocre (lokaria), et décorée de bijoux. Pendant au moins 7 ans, le moran va recevoir des anciens une éducation de guerrier. Il va notamment habiter, avec ses congénères, un village à l'écart, appelé manyatta. Le combat contre les bêtes sauvages et, si possible, contre un lion, fait partie de l'éducation du guerrier, à plus forte raison si ce lion s'est attaqué au bétail. Les moran l'attaquent à plusieurs avec leurs lances, et il arrive assez souvent que certains d'entre eux soient blessés, ou même tués. C'est une pratique à peu près tolérée par les autorités, quoique non officiellement.

La fête de l'Eunoto, passage à l'âge adulte, a lieu dans l'o-singira, une manyatta construite à cet effet. Elle dure 4 jours et comporte force danses et chants, accompagnés des youyous des femmes et de la voix aiguë d'un soliste, dont les paroles évoquent des histoires de combats contre les lions, de guerres contre les ennemis, de troupeaux, ou de la vie courante ; Engaï est très fréquemment invoqué. Les points forts de l'Eunoto sont la coupe des cheveux du moran, la cérémonie du lait, après laquelle le moran pourra commencer à boire même seul, et la cérémonie de la viande, où l'homme pourra pour la première fois consommer de la viande devant une femme excisée.

Le mariage. Une fois adulte, le Maasaï peut se marier, avec une femme excisée en général peu de temps avant, et donc beaucoup plus jeune. Le mariage donne lieu à une grande fête. Le nombre de femmes que prendra un Maasaï est déterminé par l'importance de son troupeau. Les femmes connaissent des conditions de vie très difficiles : elles soignent les bêtes, portent l'eau, le bois pour le feu... Leur espérance de vie est plus faible que celles des hommes, qui laissent les enfants ou les moran garder les bêtes, et qui, guerriers en temps de paix, semblent passer leur temps à palabrer et à arpenter la brousse. Le bâton que portent les hommes plus vieux, appelé fimbo, est censé signifier la paternité, l'âge et la sagesse.

De l'avis de tous ceux qui les ont côtoyés, les Maasaïs forment un peuple extraordinairement joyeux, simple et accueillant. Leur indépendance vis-à-vis des autorités, des frontières et des règlements de la société moderne est impressionnante. Au fil du temps, leurs terres ont été rognées par des cultivateurs occidentaux puis bantous, ensuite par les parcs nationaux, où le tourisme est d'un meilleur rapport qu'un peuple vivant en quasi-autarcie. Alors qu'ils paient des impôts sur leurs bêtes et font rentrer de l'argent dans le pays en attirant des touristes désireux de les rencontrer, ils ont peu ou pas d'accès aux soins médicaux et vétérinaires, à l'éducation, à l'alimentation en eau. Seules les missions semblent s'être un peu intéressées à leur sort, mais à une faible échelle. La réduction de la surface de leurs terres les a parfois poussés à se sédentariser et à cultiver du maïs. La généralisation de l'éducation semble être indispensable pour leur permettre de défendre leurs droits et de bénéficier des apports positifs du progrès (santé pour les enfants, soins des animaux...), en contrepartie de la gêne que représente la venue massive de touristes.

Langues

Il existe plus de 100 dialectes différents et plus de 120 groupes ethniques en Tanzanie. Seuls le kiswahili et l'anglais sont des langues officielles. Cette dernière est notamment utilisée comme telle dans toute l'administration. Néanmoins, par manque d'apprentissage, nombreux sont ceux qui ne la parlent pas : dans les zones rurales, chez les Maasaï ou sur les bords des Grands Lacs, parmi les régions les plus reculées. Pour les voyageurs qui sortent des sentiers battus, quelques mots de kiswahili s'imposent. Pour les autres, un anglais de base fait l'affaire. Toutefois, il est utile de connaître quelques mots d'anglais relatifs à l'hébergement ou à la restauration.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
hebergement
  • Réservez un hôtel
  • Votre logement AirBnB
  • Location de vacances
Séjours
  • Voyagez sur mesure
  • Réserver une croisière
Sur place
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité

Organiser son voyage en Tanzanie

Transports
  • Vol pas cher
  • Location voiture
Hébergements
  • Trouver un hôtel
  • Location Airbnb
  • Location de vacances
Séjours
  • Voyage sur mesure
  • Réserver une croisière
Services / Sur place
  • Réserver une table
  • Activités & visites

Adresses Futées de Tanzanie

Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un séjour exceptionnel pour 2 personnes en Champagne !

Un séjour exceptionnel pour 2 personnes en Champagne avec l'Office de Tourisme du Grand Reims .