Guide d'Afrique du Sud : Mode de vie

Héritées des Anglais et des Hollandais, les habitudes anglo-saxonnes dominent les moeurs du pays, avec par exemple un petit déjeuner consistant avec oeuf et bacon, un lunch léger à midi et un dîner à 18h. Attention si vous voulez sortir au restaurant, ne pensez pas arriver à 22h pour le dernier service, qui s'arrête souvent à 20h. Le rythme de vie est le même qu'en Europe du Nord : ils se lèvent tôt, dînent tôt et se couchent tôt ! Les gros fêtards mettront donc tout le monde au lit, excepté en été où Le Cap ne dort jamais, envahi par les jeunes touristes occidentaux venus faire la fête en masse.
Pour des raisons de sécurité, les habitants ont pris l'habitude de rouler portes et fenêtres closes, de ne pas marcher à pied n'importe où, de se rendre dans des malls sécurisés pour faire du shopping, etc. Leurs habitudes de vie sont donc dictées par des règles contraignantes, du moins chez les Blancs qui sont au " tout en voiture ". Chaque maison est équipée de systèmes de sécurité multiples, des petites forteresses pour vivre tranquillement dans sa prison dorée... En une minute, à la moindre sonnerie ou à un appel de votre part, une compagnie privée de sécurité débarque chez vous et a le droit d'ouvrir le feu sur d'éventuels cambrioleurs ! Les Blancs ne sont pas les seuls à vivre dans la paranoïa, tous ceux qui peuvent se permettre de sécuriser leur maison le font.
Les mentalités ne sont pas toujours aussi ouvertes qu'elles n'y paraissent. Vingt-quatre ans de démocratie n'effaceront pas si vite trois cents ans de ségrégation raciale, notamment pour ceux qui ont grandi sous l'éducation et les lois de l'apartheid. La nouvelle génération est beaucoup plus tolérante envers les autres cultures, mais les différents groupes continuent d'évoluer séparément, fossé culturel oblige. Pour caricaturer, dans le milieu des jeunes, les Blancs écoutent du rock dans des pubs tandis que les Noirs écoutent de la deep house et du kwaito dans les shebeens...
On observe des différences d'état d'esprit entre les régions : Le Cap est connu pour être une ville ouverte et tolérante, cosmopolite, gay friendly et artistique, tandis que la région des vins dans l'arrière-pays du Cap, Pretoria, le Free State et le Karoo sont connus pour être conservateurs et très chrétiens. Jo'burg est un symbole de modernité très mixte, avec l'émergence d'une classe moyenne noire. C'est pour tous la ville de l'emploi, où les jeunes diplômés ont une chance de trouver un poste intéressant. Durban est davantage peuplée par des Indiens et des Zoulou, mais aussi par une frange d'Afrikaners qui ne sort jamais dans le centre - des rues très animées, voire sales, avec des vendeurs à la sauvette sous les arcades de toutes les rues commercantes. Certains diront que la ville est dangereuse... si certaines zones de non-droit existent bel et bien, la plupart des rues ne sont pas dangereuses. C'est davantage le sentiment d'être le seul Blanc qui reste gênant lorsqu'on se balade en journée...

Chez les Afrikaners. Certains Afrikaners sont très riches, en témoigne la surenchère de beaux quartiers résidentiels dans les grandes villes comme Sandton à Johannesburg ou Camps Bay au Cap, et vivent à la californienne : grosses cylindrées, grande villas de luxe avec piscine, lodge dans une réserve privée, bateaux Jet Ski et compagnie. D'autres sont issus des classes moyennes, vivent dans des quartiers calmes, ont leur propre voiture et fréquentent des malls le week-end avec leur famille, une vie là encore très à l'occidentale. Enfin, les ruraux rappellent un peu les cowboys de l'Ouest américain, loin de la métamorphose qui s'opère dans les villes, spécialement dans le Free State ou le Karoo, des bastions afrikaners.

Chez les Bantou. Les Noirs vivent pour la plupart " à l'africaine ", d'abord pour des raisons économiques : la plupart sont pauvres et ne choisissent pas leur mode de vie, ensuite pour des raisons culturelles. On voit dans toutes les villes des marchés populaires grouillant de monde à côté de stations de combis klaxonnant les passants pour compléter le minibus. Des senteurs épicées, des couleurs éclatantes, des conversations joyeuses et sonnantes, on est bien en Afrique !

C'est surtout dans les campagnes, où les gens vivent en mode semi-tribal semi-moderne, que vous allez vous sentir vraiment dépaysé. Les collines verdoyantes du Kwazulu ou de l'Eastern Cape sont couvertes de huttes en toit de chaumes, des kraals traditionnels où le chef du village a le vrai pouvoir et le conseiller municipal un rôle de consultant ! La hiérarchie tribale est très respectée, de même que la médecine traditionnelle et leurs puissants guérisseurs sangomas qui sont considérés comme les " sages " de la communauté.

Dans les townships, la vie est différente. Cette communauté urbaine a développé une identité culturelle très forte entre urbanité et tradition, avec ses avantages et ses revers. De nombreux problèmes ponctuent son quotidien : pauvreté, chômage, Sida, alcoolisme... des conditions de vie infernales, surtout pour ceux qui habitent dans les shaks, ces baraquements de tôle car ils ne sont pas protégés des dangers extérieurs. Les statistiques du pays en matière de criminalité sont effrayantes (meurtres, viols, car-jacking...), plus encore : les victimes sont à 90 % des habitants des townships... Si le Sida touchait auparavant davantage les adultes mariés, le taux de séropositivité chez les jeunes de 15 à 25 ans est en constante augmentation, ce qui préoccupe les autorités du pays. L'apartheid a créé de nombreuses générations sans qualification, et la pauvreté ambiante n'encourage pas les jeunes à étudier, malgré les aides gouvernementales.

Cependant l'esprit de solidarité est très vivace dans les townships qui forment une communauté soudée. La plupart des habitants vivent mieux ces dernières années dans des townships en plein renouveau comme Soweto, grâce à une baisse de la criminalité et à la normalisation de ces cités dortoirs en ville, avec par exemple la construction de malls. Soweto a toujours été la vitrine du progrès social en Afrique du Sud et devrait servir d'exemple dans les années à venir. 
L'école gratuite instaurée pour les enfants les plus défavorisés vient d'être élargie aux adolescents qui vont au lycée. Une mesure importante car la délinquance et la criminalité touchent des jeunes, surtout les garçons, qui décrochent du système éducatif pour entrer dans des gangs, attirés par l'argent facile et découragés par l'école payante et la pauvreté des parents. L'éducation s'améliorant pour les plus démunis, on voit de plus en plus d'étudiants noirs dans les universités du pays. Des jeunes actifs issus des townships sont promus à des postes importants grâce au BEE qui leur donne la priorité à l'emploi, sous-qualifié diront certains, un pas de géant diront les autres.

Religion

Comme en France, la Constitution sud-africaine garantit la liberté de culte et a pour règle la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais au quotidien, la religion et la spiritualité sont présentes à tous les niveaux de la société sud-africaine. Ainsi comme aux Etats-Unis, les hommes politiques et les grandes figures du pays font en permanence référence à Dieu lors de leurs discours ou apparitions à la télé. D'ailleurs, l'hymne sud-africain commence par une prière pour l'Afrique. Ce qui marque profondément en Afrique du Sud, et notamment à Durban, c'est la grande mixité religieuse que l'on peut retrouver dans les rues où mosquées, temples et toutes sortes d'églises différentes se côtoient pacifiquement sans qu'il y ait le moindre problème entre les communautés. L'Afrique du Sud est aussi un exemple de mixité et de tolérance à travers toutes les différentes religions qui la composent. Une partie de la population est athée (14 %), mais elle reste minoritaire dans ce pays très religieux.

Les chrétiens représentent ainsi 80 % de la population sud-africaine. Le christianisme est représenté en Afrique du Sud par la plupart des mouvances classiques : catholiques, anglicans, protestants, méthodistes, congrégationalistes, luthériens, presbytériens, baptistes, etc. On retrouve aussi les adventistes et l'Eglise réformée néerlandaise (Nederlandse Gereformeerde) qui a une place très importante dans la communauté afrikaans. Cette Eglise est tristement célèbre pour avoir été le principal soutien idéologique de l'apartheid et a souvent cité la Bible pour justifier la séparation des races. Les orthodoxes orientaux, comme les orthodoxes grecs, sont également présents en Afrique du Sud et possèdent de superbes édifices religieux. Cependant, la très grande majorité des Sud-Africains appartient avant tout à des Eglises africaines indépendantes qui vont associer croyances ancestrales traditionnelles et christianisme. La plus importante de ces Eglises est la Zion Christian Church qui attire près de 12 % des Sud-Africains. On reconnaît facilement ses fidèles à la tenue très colorée, verte, blanche ou bleue, qu'ils portent le dimanche. Cette Eglise très conservatrice a décidé de quitter le Conseil des Eglises sud-africaines qu'elle considérait beaucoup trop progressiste pour son culte.

Le reste de la population africaine se répartit entre diverses obédiences. On estime qu'environ 15 % des Sud-Africains restent très fidèles aux croyances traditionnelles, ce qui en ferait la deuxième religion du pays juste après le christianisme. Ainsi les cérémonies traditionnelles comme les sacrifices d'animaux chez les Zoulous ou la circoncision des jeunes garçons chez les Xhosa restent très courantes. Les hindouistes représentent environ 80 % de la population d'origine indienne. Surtout présents à Durban, on peut observer et visiter leurs superbes temples dans toutes les grandes villes. Les fêtes de Kavadi donnent lieu à des célébrations publiques vibrantes et très colorées. Les photos sont interdites dans les temples. Au XVIIe siècle, les Hollandais ont déporté de nombreux esclaves originaires de Malaisie et du reste de l'Asie pratiquant l'islam sunnite. Aujourd'hui, leurs descendants représentent 1,7 % de la population sud-africaine. Une deuxième vague de migrants musulmans est arrivée à la fin du XIXe siècle, cette fois-ci originaires d'Inde et du Pakistan. On peut visiter de nombreuses mosquées, dont la magnifique mosquée de Juma à Durban. Les jambes et les épaules doivent être couvertes. Le judaïsme compte une communauté d'environ 120 000 personnes. Principalement originaires de Lituanie, ils sont arrivés en Afrique du Sud vers la fin du XIXe siècle. Ils n'ont jamais connu la moindre persécution jusque dans les années 1930, où la propagande nazie traversa les frontières. Persécutés par les leaders afrikaners nationalistes, de nombreux juifs ont dû fuir le pays qui les avait si bien accueillis un demi-siècle auparavant. Ceux qui sont restés ont alors été très actifs dans l'ANC et le parti communiste pour s'opposer aux discriminations et au régime de l'apartheid.

Que vous soyez religieux ou non, rien ne vous empêche de visiter les magnifiques lieux de culte présents sur tout le territoire sud-africain : la cathédrale Saint-Georges et ses vitraux sublimes à Cap Town, le temple mormon de Parktown à Johannesburg avec ses six flèches qui éclairent le ciel durant la nuit, ou bien encore le plus grand temple bouddhiste d'Afrique, le temple Nan Hua, qui se situe à Bronkhorstspruit dans la région de Pretoria. D'autant plus que nombre de ces édifices ont joué un rôle important durant les événements historiques du pays, comme l'église catholique Regina Mundi de Soweto qui a abrité des activistes anti-apartheid lors de la lutte pour la liberté, ou l'église anglicane du Christ-Roi, à Sophiatown, où l'archevêque Trevor Huddleston s'est dressé contre l'oppression. L'église a aussi servi de tremplin à l'archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la paix 1984, pour dénoncer publiquement l'apartheid, faire connaître son pays au monde entier et prôner le boycott économique de l'Afrique du Sud. Au contraire, il ne faut pas non plus oublier qu'une très grande partie des hommes de religion sont à l'origine et ont mis en place le système de l'apartheid.

Adresses Futées d'Afrique du Sud

Où ?
Quoi ?
Avis