Guide du Pérou : Politique et économie

Politique
Structure étatique

Le Pérou est une république démocratique, dont la nouvelle Constitution date de 1993. La présidence dure cinq ans, et une seule réélection est possible. Comment, dans ces conditions, Alberto Fujimori a-t-il pu se présenter à l'élection à la présidence, une troisième fois, en avril 2000 ? Vous le verrez, au Pérou, beaucoup de choses sont possibles, même si cela ne suit pas toujours à la lettre la loi ou la Constitution. Quoi qu'il en soit, Fujimori s'est servi de son coup d'Etat civil de 1993 et de la nouvelle Constitution afin d'effacer des tablettes sa première élection de 1990. Comme la Cour constitutionnelle n'a pas pris de position franche, il a participé à cette élection où s'affrontaient pas moins de 15 partis politiques et donc 15 candidats, pour 25 circonscriptions électorales.

Le premier tour permet aussi d'élire les membres du Congrès, une Chambre au Pérou avec 120 membres (pouvoir législatif), ce qui ne rend pas le vote simple. Celui-ci est obligatoire pour toute personne âgée de 17 à 70 ans et facultatif pour les citoyens plus âgés. Ceux qui ne votent pas doivent payer une forte amende et leurs papiers sont bloqués, aucune démarche administrative n'étant alors possible, jusqu'au paiement de l'amende. Le bulletin de vote comprend le nom, la photo du candidat et le logo de son parti, puis une seconde colonne pour élire les représentants au Congrès dont on doit noter le numéro. Il faut vraiment avoir un doctorat en politique pour comprendre comment voter !

Avant les élections, tous les partis installent des bureaux où l'on distribue des copies des bulletins, avec des croix aux endroits stratégiques. Les électeurs n'ont plus qu'à recopier sur leur bulletin de vote original. La culture politique des Péruviens est vraiment très basique. Le plus habile et le plus démagogique des concurrents est celui qui gagne. Au moment des élections, tous les moyens de transport sont bondés : on vote dans son district de résidence mais les bureaux sont parfois très distants. Ce système oblige des gens déjà pauvres à dépenser des sommes importantes pour aller voter.

Pouvoir législatif. Le Congrès de la République péruvienne compte 120 membres, élus pour cinq ans en même temps que le président de la République. Il faut obtenir plus de 4 % des votes pour siéger. Le Congrès se compose comme suit à ce jour : 73 députés pour Fuerza Popular (Keiko Fujimori), 20 pour Frente Amplio (parti de gauche mené par Véronica Mendoza), 18 pour PPK (Peruanos por el Kambio, le parti présidentiel), 9 pour Alianza por el Progreso, 5 pour Accion Popular et 5 pour Alianza Popular (APRA, parti historique incarné par l'ancien président Alan Garcia). La prochaine élection sera en avril 2021 comme la présidentielle.

Le pouvoir judiciaire est affirmé par une Cour suprême qui gère l'ensemble des tribunaux locaux. Le Tribunal constitutionnel, chargé de vérifier la compatibilité des mesures économiques énoncées avec la Constitution, a pris une importance croissante ces dernières années.

Découpage administratif. Le pays est divisé en 24 départements, politiquement indépendants. La centralisation est cependant énorme au Pérou, et quasiment toutes les décisions importantes sont prises à Lima. En 1993, on a voulu changer la division politique et il a été question d'avoir onze régions, deux départements et une province constitutionnelle, Callao. Ce système ayant été jugé trop compliqué, l'ancien système est resté en place. Les départements sont divisés en 155 provinces et celles-ci en 1 586 districts. La décentralisation est un thème récurrent de la politique péruvienne.

Partis

Les partis politiques importants du Pérou sont les suivants :

Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA). Fondé par Victor Raul Haya de la Torre en 1930. Social-démocrate, affilié à l'Internationale socialiste, mais défend aussi des principes d'économie de marché. Avec ce parti, Allan García Pérez a été élu deux fois président. D'abord en 1985 où il devint, à 36 ans, le plus jeune président jamais élu au Pérou, qui était alors marqué par la pire crise économique de l'histoire républicaine. Son deuxième mandat, qui débuta en 2006, s'achève en 2011 en laissant le pays dans une bonne situation de stabilité économique et politique. Allan García Pérez a en effet profité de sa présidence pour suivre et améliorer les politiques mises en place par ses prédécesseurs. Candidat en 2016, il a essuyé une cuisante défaite avec seulement 5 % des suffrages. Seulement 5 députés actuellement au Congrès sous cette étiquette.

Parti nationaliste péruvien (PNP). Parti fondé en 2005 par le président Ollanta Humala. Tendance nationaliste. En 2011, Humala s'est présenté sous l'étiquette de " Gana Peru ", une coalition de gauche, et a remporté la présidence de la République. En 2016, il n'a obtenu aucun siège à l'élection. Nadine Heredia (épouse de Ollanta Huamala) en était la présidente mais elle est aujourd'hui en prison préventive tout comme son époux le temps que se déroule l'enquête sur le blanchiment d'argent qui aurait servi à financer la campagne 2011. Autant dire que le parti périclite.

Solidarité nationale. Jusqu'en 2008, il composait un seul et même groupe avec le parti populaire chrétien. Il a été créé par l'actuel maire de Lima Luis Castañeda Lossio.

Union pour le Pérou (UPP). C'est Javier Perez de Cuéllar, ancien secrétaire général de l'ONU, qui le fonda en 1995. Plutôt de centre-gauche, mais avec une certaine tendance nationaliste. Il ne possède pas une très grande influence.

Peruanos por el Kambio (PPK). Le parti a été créé pour soutenir la candidature de Pedro Pablo Kuczynski, économiste peruano-américain en 2011. Cet ancien ministre sous Belaúnde Terry et Alejandro Toledo, est arrivé 3e aux élections 2011 puis a remporté celles de 2016 in extremis. Présenté comme un candidat raisonnable, on le dit proche des lobbys miniers américains. 18 députés actuellement au Congrès sous cette étiquette.

Peru Posible (PP). Parti fondé par l'ancien président Alejandro Toledo en 1994. Pas de tendance politique claire (les membres sont aussi bien conservateurs que catholiques de gauche). Vision économique assez néolibérale au demeurant. Ce parti a redonné l'image d'un Pérou stable pour les investissements étranger durant la période ou Toledo était au pouvoir (2001-2006). Aujourd'hui Toledo est en fuite. Il a contre lui un ordre de capture pour une affaire de blanchiment d'argent et trafic d'influences dans le cas appelé Ecoteva pour lequel il devrait être en prison préventive. Aucun représentant au Parlement. Toledo s'est présenté en 2016, avant que la sentence contre lui ne tombe, mais n'a réuni que 2 % des votes.

Somos Perú (SP). Fondé en 1997 par Alberto Carmona (aujourd'hui décédé). Tendance de centre-droit.

Fuerza Popular. Parti fondé à l'origine pour l'élection présidentielle de 2011 par Keiko Fujimori (et qui se nommait alors Fuerza 2011). Son changement de nom a été pensé dans le but de consolider le Fujimorisme en un parti politique unique, à vision plus large. Gros succès aux urnes. Si Keiko n'est pas arrivé en tête à la présidence, elle obtient une majorité absolue au Congrès avec 73 députés. Fuerza Popular est donc un parti important, influent et dominant dans le paysage politique.

Enjeux actuels

Résumé la politique péruvienne est une tâche difficile tant il est aberrant de revoir les mêmes candidats et présidents décriés se représenter et parfois être réélu. Le paysage actuel donne une idée assez nette du problème de fond : une corruption systématique des gouvernants et une déception systématique des électeurs.

Septembre 2017, voilà un panorama qui devrait vous permettre de vous faire une idée de l'ampleur du désastre. Alberto Fujimori, président de 1990 à 2000, est en prison, condamné à 25 ans pour homicide prémédité dans les massacres de Barrios Altos, la Cantuta, délit de détournements de fonds publics et délits de corruption et d'usurpation de fonctions. Malgré ce palmarès impressionnant, sa fille Keiko Fujimori est arrivée largement en tête du 1er tour de la présidentielle 2016 puis a obtenu 48,88 % au 2e tour perdant la présidentielle pour une poignée de voix. Son parti Fuerza Popular est majoritaire au Congrès et son frère, Kenji Fujimori, le député qui a recueilli le plus de voix lors de cette élection. Alejandro Toledo, président de 2001 à 2006, a aujourd'hui un ordre de capture contre lui. Il a quitté le pays avant que ne tombe la sentence de prison préventive pour blanchiment d'argent et trafic d'influence.

Ollanta Humala, président et 2001 à 2016, et son épouse Nadine Heredia, présidente du parti national, sont tous les deux en prison préventive (pour 18 mois depuis juillet 2016) pour blanchiment d'argent le temps de l'enquête sur le financement de la campagne présidentielle.

Alan Garcia, deux fois présidente en 1985 puis 2006, a réussi jusqu'à présent à passer entre les gouttes mais est suspecté de corruption suite au scandale Odebrecht, entreprise de construction brésilienne, qui a secoué toute l'Amérique Latine.

Les choses ne sont donc pas reluisantes. Humala, après avoir soulevé les espoirs populaires, a laissé pas mal de déceptions et de conflits notamment sur l'utilisation des ressources naturelles des communautés. Pedro Pablo Kuczinski, élu en avril 2016 avec 50,12 % des voix, est le président en exercice. Réputé pragmatique et proche des lobbys, il peine à imprimer sa marque avec un Congrès contre lui. Les importantes inondations de février-mars 2017 ont freiné les décisions économiques importantes. Une forte mobilisation des professeurs a secoué de nouveau son gouvernement. Il semble accuser les coups mais les directions claires manquent. Après une année au pouvoir, difficile de faire un bilan. Il n'est plus soutenu que par 34 % de la population selon les sondages. Les cas de corruption n'ont pas épargné son gouvernement et le doute s'est installé.

Économie

Indiscutablement, le Pérou fait partie des nouveaux pays émergents. Son économie est reconnue comme l'une des plus dynamiques d'Amérique latine en 2013, ce qui vaut au pays le surnom flatteur de " Tigre des Andes ". Durant cette dernière décennies, le taux de croissance moyen a été de 5,9% et ce dans un contexte d'inflation faible (2,9%). En 2016 le Pérou a affiché un taux de 3,9%, des résultats sensiblement similaires sont attendus pour 2017.

La pauvreté modérée est tombée de 45,5% de la population en 2005 à 19,3% en 2015. Ce qui équivaut à dire que 6,5 millions de personne sont sorties de la pauvreté durant cette période. La pauvreté extrême est passée de 27,6% à 9% sur cette même période.

Le pays doit notamment sa prospérité à son ouverture économique, puisqu'il dispose d'une législation très favorable aux investissements étrangers (récemment, le pays a même conclu plusieurs traités de libre-échange dont l'importance est capitale pour son développement, avec la Chine, les USA, l'UE, etc.). Le Pérou peut aussi largement compter sur son patrimoine minier. En effet, il dispose de nombreuses ressources minières (or, argent, cuivre, zinc, étain, plomb, etc.) ainsi que d'hydrocarbures.

Enfin, le secteur agro-alimentaire et le tourisme offrent également de nombreuses perspectives de développement puisqu'ils constituent une source importante de revenus.


Principales ressources
Agriculture
<p>Travail agricole.</p>

Travail agricole.

Le peuple péruvien, très bien organisé au niveau agraire, a toujours utilisé des techniques en avance sur son époque et a su profiter de la grande biodiversité que lui offrait son sol. Les produits agraires forment une part prédominante du régime alimentaire péruvien (les farineux, les céréales et les légumes étant la réalité quotidienne de tout estomac local). De nombreuses cultures et techniques ont été exportées durant des siècles dans bien d'autres pays. De nos jours, l'agriculture andine continue de fonctionner sous un régime de coopératives de développement, mais est devenue extrêmement précaire car dépendante de facteurs extérieurs comme les conditions météorologiques (durée et intensité de la saison des pluies), l'absence de nouvelles technologies, les problèmes d'approvisionnement des marchés urbains, mais surtout la surexploitation et donc l'appauvrissement des sols.

De nombreux agriculteurs se sont aussi tournés vers de nouvelles activités comme l'élevage, et cela au détriment de l'agriculture. Ce phénomène touche les régions andines. La région côtière connaît le phénomène inverse. Basée jusqu'à il y a trente ans sur la culture de la canne à sucre et du coton (produits en grande partie exportés), l'agriculture (les asperges, les fruits tropicaux, etc.) a connu, grâce à de gros investissements et à la réforme agraire de 1969, un essor très considérable. Situation qui est due également à la rapide modification de la structure de la société. Au cours de ces dernières années, en effet, de nombreux Péruviens sont venus s'installer dans les villes côtières, ce qui a créé des besoins auxquels une agriculture revigorée a su répondre. La région amazonienne de la jungle haute et montagneuse a aussi connu un développement agricole.

De nombreux paysans andins y ont été attirés par des promesses alléchantes d'accession à la propriété. Ils se consacrent aux arbres fruitiers, au café, au cacao, à l'élevage, non sans conséquence sur la déforestation. Ces activités sont majoritairement aux mains des migrants. Les indigènes locaux se contentant souvent d'une petit agriculture de survie à base de yuca et bananes.

L'Amazonie de la jungle basse, avec ses 70 millions d'hectares, représente le futur de l'agriculture péruvienne. Localement, on voit par exemple apparaître, sur les bords des fleuves, des rizières cultivées uniquement au moment des crues qui font partie d'une petite agriculture familiale. Malheureusement la destruction de la forêt amazonienne a déjà commencé notamment via les plantations de palmiers à huile aux mains de gros consortiums. "

Le fléau de la drogue

Les trois plus grands producteurs de cocaïne dans le monde sont toujours trois pays andins : le Pérou, la Colombie et la Bolivie. Selon le rapport 2015 de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, après des années de hausse, le Pérou a su réduire sa production de feuille de coca avec 40 300 hectares cultivés, soit 35.5% de moins depuis 2011. La principale région productrice est le VRAEM (rio Apurimac, Ene et Mantaro). Malgré tout le Pérou produit en moyenne 310 tonnes de cocaïne par an qui sortent du pays via 115 pistes d'atterrissage clandestine et 60 points le long de la côte. Le commerce de la cocaïne représente environ 8.500 millions de dollars chaque année. On dénombre 1 820 détenus d'origine étrangère dans les prisons péruviennes dont une grande majorité sont des " mules " (ces étrangers passeurs de cocaïne) dont il tombe en moyenne 250 par an. En 2015 la Police Nationale n'a réussi à saisir que 8 446 kgs de cocaïne soit une baisse de 54% par rapport aux 18 000 kgs de l'année précédente.

Le combat contre le narcotrafic a été lancé activement pendant les années 1990 mais a toujours subi un effet de compression ; si une partie de l'industrie se réduit grâce à des contrôles et des actions restrictives, une autre s'étend en conséquence. Aujourd'hui, il est difficile d'identifier précisément les acteurs de ce marché illégal, mais il n'y a pas de doute sur le fait que le trafic infiltre depuis plusieurs années différents secteurs de la société péruvienne. Il existe une relation entre le narcotrafic et le grand capital ainsi qu'avec le secteur des forces armées et de la police nationale, voir le milieu politique. Ainsi, le trafic illicite de drogues est étroitement lié à la corruption.

La plupart de la drogue péruvienne est exportée illégalement au Brésil (où elle est coupée avec des substances addictives et rendue meilleur marché) ainsi qu'en Europe. En effet, contrairement à la tendance aux Etats-Unis, l'appétit des Européens est grandissant. En Angleterre par exemple, la consommation aurait doublé au cours des années 2000.

Pêche

Ce secteur est très florissant, car un phénomène naturel rend l'océan qui longe le Pérou particulièrement prolifique. Il s'agit en fait du courant marin froid de Humboldt, cause de la richesse piscicole du pays. Cette importante source du PIB n'a été exploitée correctement que depuis la fin des années 1950. A cette époque-là, l'industrie de l'anchois a connu un essor exceptionnel, mettant de nombreux navires à flot.

Ce développement a aussi d'importantes conséquences démographiques, attirant un grand nombre de travailleurs et paysans sur la côte. Chimbote, port péruvien important de la côte Nord, est passé de 4 000 habitants en 1940 à 66 000 en 1961, 232 000 en 1981 et 371 000 en 2015. Cet important développement est apparu dans bien d'autres endroits du pays, et les fermes piscicoles ont poussé comme des champignons. La pêche fluviale a connu un essor tout aussi considérable.

Cependant, une surexploitation des fleuves a entraîné une diminution importante des ressources au début des années 1970. Une grave crise a alors touché ce secteur, crise qui a duré près de dix ans. Les années 90 ont été très prospères, puis un coup dur a été porté en 1999 à l'économie péruvienne de la pêche par la mise en place de quotas sur l'anchois.

De nos jours, une pêche plus contrôlée quant au tonnage permet à cette activité de reprendre une place importante dans l'économie du pays, représentant près de 7% de ses exportations mais des volumes financiers plus importants, près de 3 000 millions de US$ par an depuis 2011. Aujourd'hui, ce secteur bénéficie de conditions favorables et connaît peu à peu un nouvel essor. Le Niño Costero qui a frappé les côtes de toute la partie nord du pays a condamné l'année 2017 à une pêche très diminuée mais le phénomène hors-norme devrait être temporaire.

Minerai

De tout temps, le Pérou a été considéré comme un pays minier. C'est d'ailleurs de cette richesse en minerai que vient l'expression " C'est le Pérou ! ". Actuellement, grâce à une politique stable et à de forts investissements étrangers, l'industrie minière est redevenue le fer de lance de l'économie péruvienne. Près de Huaraz, les Cordillères noire et blanche renferment des quantités colossales de minerais, ce qui a créé une relance de l'emploi et de l'économie locale dans la région. Les minerais les plus courants au Pérou sont le cuivre, le zinc, le plomb, l'argent et l'or, ce dernier connaissant de nos jours une relance très importante de son exploitation, notamment à Cajamarca. Avec la hausse du prix de l'or depuis quelques années, la prospection s'intensifie massivement. Elle est entrée désormais, et principalement aux mains de petits mineurs informels, dans la région de Madre de Dios polluants les rivières aux mercures et entraînant une déforestation incontrôlée (60 000 ha juste pour cette région jusqu'en 2015).

Industrie manufacturière

Le Pérou n'a initié son processus d'industrialisation que tardivement. La première loi, encourageant véritablement la création d'industries, ne date que de 1959. Avant cela, le Pérou avait de la peine à subvenir aux besoins intérieurs de la population en tabac, boissons, aliments et confection. La seule industrie qui tirait son épingle du jeu était celle de la métallurgie. Depuis lors, le secteur industriel se développe et se caractérise surtout par une concentration de ses activités dans la région de Lima (70 % des produits industriels sont fabriqués dans et autour de la capitale).

Ces dernières années, touché par la crise mondiale, le secteur a connu un ralentissement certain. Ce phénomène a été amplifié par d'autres mesures, comme l'ouverture des frontières aux importations et la suppression de nombreux subsides. Entre 1988 et 1990, l'industrie chutait de 38 %. De nos jours, plusieurs secteurs ont retrouvé leur rythme d'antan, alors que d'autres ont de la peine à maintenir leur niveau de crise. Parallèlement à ce phénomène, le Pérou tente de plus en plus de se vendre à l'étranger, grâce à ses secteurs porteurs comme les conserveries de poisson, la confection et l'agro-industrie.

Services

Le secteur tertiaire a une place très importante dans l'économie péruvienne. Les statistiques montrent que en 2015, 65% de la population active travaille dans ce domaine. Cependant, contrairement à ce qui se passe dans de nombreux pays développés, le secteur tertiaire génère un nombre incalculable d'emplois informels et précaires. C'est toujours le défi du Pérou pour ces années à venir.

On trouve des entreprises très productives dans les différents secteurs économiques péruviens : SIDERPERU (exploitant en acier et en fer depuis 1956, à Chimbote), Empresa Agroindustrial Pomalca (compagnie " agribusiness ", producteur majeur de sucre), La Ibérica (industrie du chocolat fondée en 1909, à Arequipa), Backus and Johnston (plus grande brasserie au Pérou, membre du Grupo Empresarial Bavaria, à Lima), Walon Sport (ou simplement Walon, business multinational de textiles fondé en 1989), National Television of Peru ou National Television of Peru Corporation (TV Perú, réseau de télévision sans but lucratif), Bembos (fast-food péruvien), ou encore Wong (plus grande chaîne de supermarchés du Pérou, créée en 1942 par des Péruviens d'origine chinoise, à Lima).

Place du tourisme

Le potentiel touristique péruvien est impressionnant. Sa diversité géographique (costa, sierra, selva) et sa richesse culturelle (cultures pré-incas et incas) en font un pays très intéressant. Le Machu Picchu (plus d'1,419 million de visiteurs en 2016, la limite a été fixée à 2 500 visiteurs par jour en même temps sur le site et les règles ont changé pour tenter de fluidifier les visites), ainsi que le lac Titicaca sont les sites les plus fréquentés, mais le futur du tourisme péruvien se trouve peut-être dans les régions du Nord : Huaraz, pour ses treks parmi les plus beaux du monde, l'Amazonie (le classement de l'Amazonie en 2011 parmi les sept merveilles naturelles du monde devrait permettre d'augmenter le potentiel touristique autour d'Iquitos), mais aussi et surtout, les départements de La Libertad (Chan Chán), Lambayeque (El Señor de Sipán, Túcume, Sipán), Cajamarca et Amazonas (Kuélap), pour leurs somptueux sites archéologiques pré-incas, où de nombreuses fouilles sont toujours en cours.

L'insécurité liée au terrorisme du Sentier lumineux a longtemps fortement joué en la défaveur du tourisme local. La situation s'étant nettement améliorée depuis l'an 2000, l'industrie du tourisme connaît aujourd'hui une croissance exponentielle. En 2016, 3,7 millions de touristes ont visité le Pérou, ce qui représente environ 4 milliards de dollars de devises (le tourisme contribue à hauteur de 4 % au PIB). L'objectif pour 2021 a été fixé à 7 millions mais les infrastructures manquent encore. En 2016, La France occupe la 2e place en Europe de pays émetteurs après l'Espagne avec 92,316 visiteurs, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2015.

Les régions à sports extrêmes (Huaraz pour l'ascension de ses glaciers, Ica pour le surf dans ses dunes) sont très fréquentées par les jeunes, beaucoup d'Israéliens, et les sites culturels voient défiler de nombreux Européens. 55 % des touristes étrangers proviennent d'Amérique latine.

Enjeux actuels

L'économie péruvienne reste l'une des plus fortes du continent. Le Produit Intérieur Brut par habitant a augmenté de 40 % dans la dernière décennie. Ces dernières années marquent un léger ralentissement. En 2016, la croissance du PIB est de +3,9 %. Les dépenses des ménages péruviens et une hausse de l'offre de crédit ont tiré vers le haut l'activité du pays, malgré le ralentissement observé en Europe et ailleurs dans le monde. Pour 2017, l'hypothèse de croissance est d'environ 3 %.

Les exportations sont de nouveau à la hausse, 7 % en 2016 grâce à une très bonne année minière. Le Pérou se positionne bien également sur les produits agricoles traditionnels et non traditionnels : raisins, avocats, quinoa, cacao. Les partenaires principaux restent les Etats-Unis et la Chine. La France joue un rôle de troisième plan.

Le chômage affiche un taux de 5,2 % en 2016. Cependant, l'économie informelle est encore très étendue, tout comme le sous-emploi ! Même si le Pérou est en pleine expansion, cette richesse n'est pas forcément répartie entre tous, loin de là.

Le réseau des transports reste assez limité : la seule route asphaltée de bout en bout est la Panamericana, qui traverse le pays du nord au sud en longeant la côte. Les routes annexes sont souvent étroites, sinueuses et en terre ; il n'est donc pas rare de devoir prévoir 15 heures pour parcourir 300 km en bus... Malgré les défis majeurs de la géologie péruvienne, les choses se sont améliorées avec notamment la construction achevée de l'Interoceanica par exemple qui relie le Pacifique à l'Atlantique et la côte péruvienne à Cusco puis Puerto Maldonado, ou via Arequipa et Juliaca et enfin Moquegua et Puno. Le nord et le centre ont moins bénéficié de ce bond en avant. Les récents scandales de corruption liés à l'entreprise de construction brésilienne Odebrecht, leader sur le marché local, ont malheureusement freiné de nombreux projets.

De grands projets dans les tuyaux

Le défi interocéanique : un train Pérou-Brésil

Depuis des années on discute d'une ligne ferroviaire qui relierait Pérou et Brésil mais le budget colossal nécessaire fait que les deux pays se renvoient la balle sans réelle avancée. Cette ligne de chemin de fer de 5 300 km de long relierait la côte pacifique du Pérou à la côte atlantique du Brésil. Le projet devrait traverser la forêt amazonienne. Un accord a été signé en mai 2015 entre Ollanta Humala et Li Keqiang, Premier ministre chinois. Aux dernières nouvelles, le coût total du projet est estimé à US$ 16,000 millions mais la voie n'est pas encore définie. Le problème de l'altitude au Pérou entraînerait des surcoûts et l'on tente de définir une route qui ne passerait pas par des points trop élevés pour respecter le budget provisionnel. Le changement de président au Pérou depuis la signature et les cas récents de corruption au Brésil avec l'entreprise de construction Odebrecht ne sont pas pour pousser au développement de cet éléphant blanc. Sauf un sérieux coup de pression de la Chine pourrait faire avancer le projet.

La Hidrovía Amazónica

Un projet plus crédible et dont on parle davantage est celui de la Hidrovia Amazonica qui relierait les ports et communautés de l'immense région Loreto (au nord du pays au bord du fleuve Amazone et autres) au grand port de Manaus au Brésil. Cette zone est l'une des plus pauvres du Pérou avec 17 % de pauvreté dans les zones urbaines et 36 % dans les zones rurales. Le projet vise à ce que les déplacements entre Pérou et Brésil puissent être plus constants. C'est le cas quand les eaux sont hautes et facilement praticables mais plus quand les eaux baisses et des embarcations plus volumineuses ne peuvent plus passer. Il s'agit de draguer et ouvrir les fleuves. Le but établir une espèce d'autoroute fluviale de 2.500 km entre los ríos Marañón, Huallaga, Ucayali et Amazonas, accessible 365 jours par an. Le coût du projet est estimé à US$ 95 millions. Le projet est désormais aux mains de Consorcio Hidrovías II qui regroupe la chinoise Sinohydro y péruvienne Construcción et Administración S.A. qui ont reçu une concession pour 20 ans en juillet 2017.

Adresses Futées du Pérou

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