Le guide : FRANCE BIO : Normandie

Normandie

Habitat et jardinHaut de page
Un jardin comme un tableau... écolo

Gérard François est horticulteur. Il y a des années, il a acheté une ancienne ferme typique dans son Perche natal, l'a restaurée et s'est bien sûr intéressé aux espaces en friche qui l'entouraient. Dans une démarche visant à réconcilier agriculture et paysage, ainsi qu'à préserver ce dernier des dérives subies ces trente dernières années, Gérard à réhabilité les lieux selon ses idées. L'aménagement est fait de manière à conserver l'âme percheronne qui sommeille dans ces terres et la transition avec les pâtures reconstituées aux alentours se fait en douceur grâce à des mares cernées de graminées. L'une d'elle est d'origine et servait à recueillir les eaux de drainage des terres, les autres offrent des miroirs d'eau supplémentaires autour desquels viennent nicher les oiseaux sauvages. Une manière de respecter la nature tout en s'en servant, ainsi que l'on fait les paysans pendant des millénaires. Peu à peu, le jardin à pris forme et est maintenant ouvert au publique tous les jours de l'année. Chaque saison possède ici son charme : au printemps, on peut apprécier l'ouverture sur l'extérieur, quand les graminées sont encore rases. Au fil des mois, leur croissance enserre le jardin et ses bâtisses. En été, cet écrin est si haut qu'il forme un brise-vent autant qu'une barrière visuelle séparant les floraisons ornementales de la végétation spontanée des près. Quel que soit le mois de votre venue, vous pourrez apprécier les différentes parties du jardin : la roseraie à l'aspect sauvage, le jardin de fleurs, diverses espèces décorant harmonieusement les berges d'un ruisseau, la collection d'arbustes de terre de bruyère dans les sous-bois ou encore le noble tapis de bruyère, disposé sur les marches d'un amphithéâtre qui accueille des spectacles en été. Les aires du parking sont discrètes, cachées par d'épais feuillage, et un joli chemin forestier mène jusqu'au jardin. Et comme derrière chaque beau jardin se cache une main verte habile, voici les secrets futés de Gérard François pour prendre soin de son petit havre de paix...

Faire appel à différents corps de métier : travailler avec un paysagiste pour mettre en forme le projet, engager des artisans experts dans l'architecture locale, suivre une volonté d'entretenir le rapport avec le terroir, avec les matériaux régionaux, les savoir-faire locaux.

Se servir des techniques anciennes pour entretenir le jardin, sans impact négatifs sur le paysage, ni sur la petite faune sauvage et les oiseaux et sans avoir recours au gros outillage polluant ni aux herbicides. Par exemple, les moutons élevés par la fermière qui vit sur le domaine tondent l'herbe autour des mares. Dans le jardin proche de la maison, les allées sont en stabilisé ou en terre compactée, et les adventices sont enlevées à la main quand elles gênent. Dans les massifs, il y en a peu grâce au paillis et à la densité de la végétation.

Considérer la roseraie comme un " jardin de la biodiversité ", en mélangeant systématiquement des plantes vivaces aux rosiers et tout laisser pousser en liberté. Ainsi, entre plantes rampantes, rosiers grimpants et vivaces conquérantes, la nature crée spontanément un fouillis joyeux et esthétique qui varie de façon surprenante selon les angles de vue. De plus comme la roseraie est située près des mares, les oiseaux qui viennent s'y abreuver s'attaquent également aux parasites.

Renoncer à l'arrosage, ou presque : depuis six ans, Gérard François n'arrose plus son jardin et ne recense pas de pertes notables parmi ses plantes. Le principe est d'arroser abondamment au départ, pour la reprise de la végétation les premières années et puis ensuite s'en passer. Cependant les rhododendrons dont le système racinaire superficiel ne supporte pas une trop grande sècheresse doivent tout de même continuer à s'abreuver. De la même façon, par grande sècheresse, il convient tout de même de donner un coup de pouce à la nature et de sortir les arrosoirs...

Utiliser l'eau comme ressource : mares et ruisseaux sont les alliées principales d'un jardin luxuriant. Celui-ci possède maintenant grâce au talent de Gérard François son propre parcours d'eau. Le drainage naturel désengorge les terres et certains oiseaux sont revenus comme les sarcelles et les bécasses. Fin février, les graminées plantées autour des mares sont coupées au ras du sol, sauf sur une partie où les canards et les poules d'eau ont élu domicile.

Rejoignez la communauté Petit Futé en 1 clic
Suivez-nous sur
Participez
à la communauté
Avis