Le guide : Chasse : Les différents types de chasse en France

Les différents types de chasse en France

Troupeau de gnous.
Troupeau de gnous.
Chasse sous-marine

La pêche sous-marine ou pêche en plongée, aussi appelée chasse sous-marine, est une forme de pêche réalisée en plongée, qui consiste à capturer sous l'eau certains poissons et mollusques ainsi qu'à prélever des algues, oursins, crustacés, éponges et perles.

La pratique fait l'objet, selon les pays, de réglementations plus ou moins strictes pouvant aller jusqu'à l'interdiction. Parfois autorisée en scaphandre, cette pêche est typiquement pratiquée en apnée (en retenant sa respiration), en bord de mer et jusqu'à des profondeurs de 30 mètres, avec une arbalète à élastique et un équipement de plongée (masque, tuba, palmes...).

Une pratique sportive et de loisir. Dans de nombreux pays, la pêche sous-marine est pratiquée comme un loisir ou un sport, à l'identique d'autres formes de pêches sportives ou de plongée loisir. Pour ces pratiquants, la capture des prises ne représente pas une nécessité ou une contrainte permettant d'assurer leur subsistance (nourriture, argent).

Cette pêche est une activité de passe-temps : c'est un sport ou loisir de pleine nature permettant la découverte de la faune et la flore marines, l'amélioration ou le maintien de la forme physique. Elle est aussi une manière complémentaire d'acquérir les produits de la mer, généralement destinés à la consommation familiale pour des préparations culinaires traditionnelles.

Cette activité récréative est souvent rattachée à des organisations de sport ou de pêche loisir, à l'exemple des clubs et fédérations. Des compétitions existent dans plusieurs pays, mais la majorité des pratiquants de pêche sous-marine ne sont pas motivés par cette forme compétitive et n'y participent jamais. De même, la médiatisation de la pratique de loisir auprès du grand public concerne rarement ces compétitions, qui sont souvent perçues négativement par le public.

La pratique en France. La France possède une réglementation assez stricte. La pratique de loisir est autorisée seulement en apnée et durant le jour, avec des armes à chargement manuel pour la capture du poisson et avec un prélèvement à la main des crustacés. Outre des obligations liées à la sécurité des pratiquants (âge minimum, assurances), ou la définition de zones interdites (baignades, ports), la réglementation de la pratique loisir a visé la protection de la faune sous-marine (interdiction mérou, grande cigale...) et la concurrence avec les marins-pêcheurs professionnels (interdiction de vente des captures, interdiction sur thon rouge, ormeau, marquage obligatoire...).

La pratique dans quelques pays du monde. La réglementation australienne n'autorise que la pratique de loisir et en apnée. Le gouvernement impose de nombreuses restrictions et gère des aires de protection marine, des zones interdites, des espèces protégées et des régulations de taille de sac et d'équipement.

La Norvège a l'un des plus grands ratios de longueur de côte par habitant et a une des réglementations les plus libérales au monde. Chasser avec un scaphandre autonome est autorisé. Les seules restrictions sont sur le homard et sur les espèces anadromes telles que le saumon, la truite de mer.

Au Mexique, le permis de pêche autorise la pratique de la chasse sous-marine, mais l'utilisation de fusils à propulsion électro-mécanique et de scaphandres autonomes est interdite.

Tous passionnants, tous différents, et forcément associés à un biotope bien particulier, les modes de chasse sont nombreux dans l'hexagone et certains demandent des techniques et des savoir-faire bien spécifiques comme nous le verrons dans ces quelques pages que nous leur consacrons. Avec ou sans fusil, avec ou sans chien, aux petits ou aux grands gibiers, il existe de multiples façons de combiner plaisir, éthique et convivialité. En France, chevreuil, sanglier et cerf sont les seigneurs de nos forêts quand perdrix, lièvre et faisan comblent les plaines. L'activité cynégétique n'a jamais été aussi dense pour le plus grand bonheur des amoureux de la nature.

Le chien de chasse

Certes on peut chasser sans chien, à l'approche par exemple, mais il reste que le chien est le compagnon et l'assistant fidèle de la plupart des chasseurs. Qu'il soit d'arrêt, pour le gibier à plumes, courant pour le gibier à poils, ou de terrier pour la chasse sous terre, chacun pourra trouver dans les innombrables races de chiens de chasse l'auxiliaire qui convient à sa pratique.

Principales races de chiens de chasse

Les chiens courants. Ce sont des chiens à oreilles tombantes, donnant de la voix sur le passage d'un animal en le poursuivant à l'odeur sans le voir : poitevin, billy, français blanc et noir, grand bleu de Gascogne.

Les chiens d'ordre pour la chasse à courre : poitevin, billy, français blanc et noir, grand bleu de Gascogne.

Le chien d'arrêt : le travail du chien d'arrêt consiste à prospecter le terrain (quêter) devant le chasseur pour y détecter le gibier, puis à le bloquer par son arrêt. Deux catégories parmi les chiens d'arrêt : les continentaux et les britanniques.

Quelques continentaux : drahthaar, munsterlander, braque d'Auvergne, braque du Bourbonnais, braque français, braque Saint-Germain, épagneul breton, épagneul de Pont-Audemer, épagneul picard, épagneul français, griffon Korthals, braque allemand.
Britanniques : setter (anglais, gordon, irlandais), pointer.

Les leveurs de gibier. Ces petits chiens très actifs et très efficaces chassent - en principe mais toute la difficulté du dressage est là - sous le fusil, prennent la piste, et lèvent le gibier. Ils sont particulièrement appréciés au bois, dans les broussailles et taillis, sur le lapin, le faisan, la bécasse. Ils font aussi d'excellents chiens de rapport (" retrievers "), y compris à l'eau : springer Spaniel, cocker Spaniel, Irish water Spaniel.

Les retrievers : labrador, golden retriever. Leur travail consiste à retrouver le gibier mort ou blessé, et à le rapporter au chasseur. Les Anglais sont passés maîtres dans l'art de dresser les retrievers pour les grandes battues aux faisans. Endurants et spécialistes du rapport à l'eau, ils sont surtout en France les compagnons indispensables des chasseurs de gibier d'eau.

Les chiens de terrier : Ils travaillent sous terre pour bloquer dans les terriers renards et blaireaux, et parfois les ragondins. Leur morphologie doit être adaptée à cet exercice, leur permettant le passage dans les galeries étroites : teckels, Jagd terrier, fox terrier, Jack Russel terrier.

Les chiens courants. Difficile de penser " chiens courants " sans y associer " chasse aux chiens courants ", tant ces races canines sont liées à la pratique de la chasse. Depuis des lustres, les chasseurs ont su s'adjoindre les services de chiens propres à poursuivre le gibier, soit pour le prendre, soit pour le pousser vers un piège, et à " donner de la voix ", pour indiquer le déroulement de la traque.

Paradoxalement, le fort développement du sanglier, animal de chasse aux chiens courants par excellence, a apporté quelque ombrage à cette chasse. Les bêtes noires se sont sédentarisées. Leur chasse a perdu en ampleur ce qu'elle a gagné en abondance. D'où l'apparition en force des chiens de terrier anglais et allemands, qui ont souvent détrôné nos courants, notamment en Champagne, en Picardie.

La chasse, avec ces petits chiens qui ne suivent guère le gibier au-delà de quelques centaines de mètres, est plus facile. Elle permet aux fusils postés de mieux juger des animaux qui se présentent sans être poursuivis, et aide à la gestion.

L'alimentation du chien

Le chien de chasse adulte est un " saisonnier " : il n'aura pas besoin de la même alimentation pendant la période de chasse et durant le reste de l'année. Hors période de chasse : la règle d'or est une alimentation équilibrée.

Le chien n'est pas un carnivore strict. Sa ration équilibrée doit contenir non seulement de la viande (qui apporte les protéines), mais aussi des céréales (riz, pâtes qui apportent les glucides) et des légumes cuits (fibres). Les proportions sont d'environ 1/3 de chaque famille MAIS, de façon tout aussi indispensable, la ration alimentaire doit être complémentée en acides gras essentiels (huile végétale), vitamines et sels minéraux (qui apportent notamment calcium et oligo-éléments).

Selon les races, l'âge et le mode de vie plus ou moins sédentaire du chien, ceci nous amène à des proportions de chaque famille de nutriments allant de 30/30/30/10 à 40/30/20/10. Si l'on omet la complémentation en huile, vitamines et minéraux, on expose le chien à divers troubles de carence (mauvaise cicatrisation, fatigabilité, troubles de la peau, des os...). La viande doit être maigre, sinon la proportion de protéines apportée par cette matière première sera insuffisante.
Le riz ou les pâtes doivent être bien cuits, sinon le chien les digère mal.

Alimentation " maison " ou industrielle ? Il faut garder en tête que la ration ménagère n'est pas facile à équilibrer et que l'aliment industriel (croquettes ou pâtée) est une solution permettant d'atteindre facilement l'équilibre nutritionnel et d'éviter les carences. L'alimentation " maison " demande d'établir au préalable la ration en qualité, en proportions de chaque élément et en quantité. Votre vétérinaire peut vous apporter des conseils pour ce calcul de ration. Si vous avez du gibier à donner régulièrement à votre chien, il est indispensable de le complémenter avec des céréales et des légumes et d'apporter le complément en huile, vitamines et minéraux. Pour des raisons sanitaires, il est particulièrement recommandé de donner de la viande de gibier cuite.

Les restes de vos repas sont à proscrire. Il n'y a aucune raison qu'ils soient bien équilibrés pour votre chien. De plus, ils varient constamment et le changement dans la composition de la ration d'un chien est préjudiciable à une bonne digestion et un bon équilibre. Un changement de régime doit toujours se faire progressivement.

Donner les restes de repas à votre chien en plus de son alimentation serait par ailleurs l'exposer à des risques d'obésité à plus ou moins long terme.

Avant l'ouverture. C'est la période de remise en forme et le moment de vérifier le poids de votre chien. S'il a pris beaucoup de poids (augmentation de plus de 20 %), il faut le mettre au régime au moins 3-4 semaines avant l'ouverture de la chasse (en même temps qu'il va reprendre son entraînement). Deux moyens : le rationnement (40 % en moins que la ration indiquée pour le poids cible (" idéal ") de votre chien) ou l'utilisation d'une alimentation hypo-énergétique.

Pendant la chasse : pour votre chien et son alimentation, c'est la haute saison !

Adaptation de la ration.

Si vous chassez beaucoup, votre chien sera actif toute la journée à l'extérieur et ceci de façon régulière et répétée. Son alimentation doit alors s'adapter à un besoin énergétique accru. C'est en effet le besoin en calories qui augmente en période de chasse, tout en sachant que le surplus d'énergie sera plus facilement apporté par les lipides que par les glucides, que le chien digère mal.

Alimentation industrielle : augmenter de 10 % à 20 % la quantité de croquettes ou passer à un aliment plus énergétique (la gamme d'aliments spécifiques permet aujourd'hui de trouver l'aliment adapté).

Alimentation " maison " : une solution simple consiste à remplacer en partie la viande maigre par de la viande plus grasse.

Si l'activité de chasse de votre chien n'est qu'occasionnelle, la distribution d'un aliment plus énergétique ne doit se faire qu'occasionnellement (veille + jour de chasse).

Faut-il nourrir son chien le matin même de la chasse ou la veille au soir ?

La distribution du repas le soir est une bonne habitude. De toute façon, évitez de distribuer un repas important pendant les 2 heures qui précèdent l'effort. Cette recommandation d'ordre général est d'autant plus forte pour les grands chiens qui peuvent être sensibles à la torsion d'estomac. Il est alors préférable de distribuer la ration alimentaire en plusieurs fois (au moins 2).

Le jour même de la chasse, emportez sur vous un complément énergétique en cas de besoin pour votre chien. Attention ! Un complément énergétique n'est pas une friandise classique (à ce sujet, n'oubliez pas que le chocolat est toxique pour le chien) ! Adressez-vous à votre vétérinaire !

L'abreuvement. L'eau est le premier nutriment et aliment indispensable à la vie. Il ne faut pas oublier que le corps est composé à 60 % d'eau ! Un chien doit consommer environ 50 à 75 ml d'eau/kg/jour. Il trouve cette eau dans son alimentation (sauf croquettes) et dans l'abreuvement.

A domicile. Laisser de l'eau fraîche disponible en permanence. En action de chasse, le chien trouvera des occasions de boire, mais l'eau peut ne pas être de bonne qualité. Il vaut mieux éviter les eaux stagnantes (risques sanitaires, notamment leptospirose, et risque d'accumulation de contaminants). Dans la mesure du possible privilégier l'eau des ruisseaux, qui court.
L'essentiel est surtout de s'assurer d'avoir toujours de l'eau à proximité de sa voiture afin de faire boire son chien pendant les pauses et aussitôt la fin de la chasse.

Réglementation sur les chiens de chasse

Le droit de chacun de détenir des animaux est "accord" sous réserve de ne pas exercer sur eux de mauvais traitements. Les chiens doivent être détenus dans le respect des prescriptions de l'arrêté du 25 octobre 1982 relatif à l'élevage, à la garde et à la détention d'animaux. Ils doivent faire l'objet de soins attentifs. Il est en particulier interdit : de priver ses chiens de nourriture ou de l'abreuvement nécessaires à la satisfaction des besoins, de les laisser sans soins en cas de maladie ou de blessures, de les placer et de les maintenir dans un habitat ou un environnement susceptible d'être, en raison de son exiguïté, de sa situation inappropriée aux conditions climatiques ou de l'inadaptation des matériels et installations une cause de souffrance, de blessures ou d'accidents. Vos chiens doivent en particulier avoir accès à une niche ou un abri isolé et protégé efficacement des intempéries et disposer d'une aire d'exercice clôturée lui permettant d'évoluer librement et comportant une zone ombragée, d'utiliser des dispositifs d'attache ou de contention ainsi que des clôtures, des cages, ou plus généralement tout mode de détention inadapté.

Identification

L'identification est obligatoire dans les cas suivants : pour tous les chiens de plus de 4 mois nés après le 6 janvier 1999 préalablement à toute cession par vente ou par don.

L'identification est également obligatoire : pour tout déplacement à l'étranger, pour toute importation d'un chien, pour l'inscription à un livre généalogique (LOF), pour le transit par un établissement de garde ou de vente.

Deux techniques disponibles pour l'identification de votre chien :

Le tatouage. Cette identification (combinaison de lettres et de chiffres) peut être un tatouage, pratiqué à l'intérieur de l'oreille ou de la cuisse, sous anesthésie, par un vétérinaire. Ce numéro d'identification est porté par le vétérinaire sur le passeport du chien. Il le fait également enregistrer dans le fichier national canin, fichier informatique qui permet de retrouver un chien ou son maître en cas de perte. C'est la traçabilité appliquée à nos animaux de compagnie !

La puce électronique. De la taille d'un grain de riz, la puce électronique se place sous la peau de l'animal à l'aide d'une seringue, dans la partie gauche de son cou, par un vétérinaire. L'anesthésie est inutile. La procédure nationale d'enregistrement du numéro d'identification est le même que pour le tatouage. Depuis 2012, seule la puce électronique est admise comme moyen d'identification officiel pour les mouvements d'animaux de compagnie sur le territoire européen. Mais le tatouage restera valable pour les chiens restant en France et ne voyageant pas dans d'autres pays.

En complément de l'identification, les chiens doivent être porteurs d'une médaille indiquant le nom et les coordonnées de leurs propriétaires. Sont exceptés de cette prescription les chiens courants portant la marque de leur maître " (article R211-3 du CRPM).

Divagation

En dehors de l'action de chasse, il est interdit de laisser divaguer les animaux (art. L.211-19-1 du Code rural et de la pêche maritime). Tout chien trouvé en état de divagation peut être conduit en fourrière. Si l'animal est identifié, son propriétaire ou détenteur ne peut le reprendre dans un délai de 8 jours qu'après s'être acquitté du paiement des frais de fourrière. Passé ce délai, l'animal peut être euthanasié ou remis à une association de protection des animaux.

Effectif de 10 à 50 chiens

Eleveur ou non, la détention de plus de 9 chiens âgés de plus de 4 mois est une activité soumise à déclaration en préfecture au titre de la réglementation relative aux installations classées (Code de l'environnement).

Emmener son chien en voyage

Pour les voyages avec son chien à l'intérieur de l'Union européenne : il doit avoir son passeport européen, il doit être identifié et il doit être vacciné contre la rage, avec ses rappels à jour.
Attention ! Certains pays d'Europe, pour une période transitoire, exigent des mesures supplémentaires par rapport à ces 3 points.

Et pour un voyage vers un pays hors de l'UE ?

A l'aller : cela dépend de la réglementation du pays. Appelez l'ambassade.
Au retour : le chien est considéré comme un animal en provenance d'un pays tiers. Il est soumis aux mêmes obligations générales que celles de l'UE si le pays tiers appartient à la liste des Etats où la rage est maîtrisée. Pour les autres pays tiers, il faut y ajouter un titrage sérique d'anticorps antirabiques réalisé au moins 30 jours après la vaccination et 3 mois avant le retour.

Pour en savoir plus :

http://www.mfe.org/index.php/Annuaires/Ambassades-et-consulats-etrangers-en-France/
http://ec.europa.eu./food/animal/liveanimals/pets/approval_en.htm

CHASSES À TIR DU PETIT GIBIERHaut de page
La chasse devant soi ou billebaudeHaut de page

Le principe de ce mode de chasse est élémentaire : chasser avec son fusil et à plomb le petit gibier sur un territoire précis, et devant soi ! Chasse authentique par excellence, c'est celle de Pagnol et de nos grands-pères, qui procure tant d'émotion et de souvenirs. Celle dont on se remémore les prolifiques sorties d'antan où le gibier foisonnait, et où chacun se targuait d'avoir le meilleur chien de la région ou le plus beau coup de fusil, tout ceci pour entretenir le mythe et rendre jaloux les voisins.

Dans le maquis, dans les plaines agricoles, au bord d'un cours d'eau, en lisière d'un bois ou en bordure d'une haie, les terrains de jeu du chasseur qui opte pour la billebaude sont multiples. Si élémentaire qu'elle soit, la chasse devant soi nécessite cependant des qualités indispensables comme la connaissance du terrain, des gibiers que l'on est susceptible de rencontrer, ou encore une bonne condition physique et un équipement adéquat. En effet, lors d'une sortie matinale de trois ou quatre heures, fusil en main et dans l'euphorie de la chasse, les kilomètres sont vite avalés. La population de chasseurs étant ces dernières décennies, quelque peu vieillissante et décroissante, on peut évidemment craindre quant au devenir de ce mode de chasse, d'autant plus quand on constate la raréfaction des petits gibiers de plaine.

La plupart du temps, le chasseur est seul (parfois à deux), accompagné de son chien, et tire le petit gibier qui part devant lui, levé par lui-même ou débusqué par son fidèle compagnon. On retrouve parmi eux, le chien d'arrêt qui possède de grandes qualités de quête lui permettant après un rigoureux dressage d'être le partenaire idéal du chasseur. Le chasseur et son chien, c'est avant tout une équipe complice et entraînée, un véritable couple où chacun a son rôle, le chien canalisant sa fougue pour bloquer et arrêter le gibier qui décollera ou détalera devant son nez, et le chasseur le récompensant de ses efforts en appliquant un beau coup de fusil.

Les chiens d'arrêt les plus fréquemment rencontrés dans l'hexagone sont les pointers, les braques, les setters, les griffons ou encore les épagneuls. Ces chiens chassent par instinct et pour surtout combler leur maître, et à force de patience et d'affection, on arrive souvent à tirer la quintessence de ces différentes races dans l'action de chasse : ces chiens bloquent leur course quand leur odorat détecte les émanations d'un gibier, lentement et prudemment, ils s'immobilisent pour mettre en alerte leur maître en lui indiquant la proximité d'un animal sauvage, à plumes (perdrix, faisan...) ou à poils (lapin, lièvre...). S'il n'y a pas de véritables règles, le choix de son compagnon se fait en fonction de ses aptitudes face au gibier convoité ou abondant dans la région et bien sûr selon le biotope dans lequel le chasseur évolue. Selon les régions et le gibier recherché, certaines races seront plus courantes que d'autres.

Les chiens d'arrêt ne sont pas les seuls à être utilisés lors de la chasse devant soi. On retrouve souvent des chiens dits " leveurs de gibier ", qui ne le bloquent pas mais le font partir sous les yeux de leur maître. Ces chiens appartiennent souvent aux races suivantes : springer ou cocker. Une autre catégorie : les chiens rapporteurs de gibier. Utilisés dans les milieux accidentés, impénétrables ou marécageux, les labradors et autres golden retrievers sont des alliés à prendre en considération et qui ont fait leurs preuves dans le temps pour la recherche de petit gibier blessé ou mortellement atteint.

Certaines chasses se pratiquent volontairement sans chien, on dit que l'on chasse au " cul levé ". Les chasses à la grive, au merle, à l'alouette ou encore au pigeon sont concernées et se pratiquent en bord de haie ou à proximité d'une surface cultivée.

Le lièvre aux chiens courants. Ce mode de chasse s'apparente quelque peu à de la petite vénerie, mais la chasse devant soi aux chiens courants a ses adeptes, notamment pour la chasse du lièvre. Chasse bruyante à un ou souvent plusieurs chiens, elle consiste à faire courir le gibier convoité et à se placer de manière stratégique pour déjouer ses ruses. Les chiens n'arrêtent pas le lièvre mais le chassent à pleine gorge, le lançant et le poursuivant pendant de nombreuses minutes pour le ramener à portée de fusil du chasseur. Outre le plaisir de chasser ce gibier, le chasseur prend plaisir à entendre la belle musique de la menée des chiens. Ces chiens sont généralement vifs et déterminés, et peuvent être des beagles, des bassets griffons Vendéens ou encore des fauves de Bretagne. Difficile, cette chasse est destinée aux bons tireurs.

La grive à la billebaude. Véritable institution dans certaines régions viticoles, la chasse à la grive à la billebaude a de fervents défenseurs. Seul, fusil en main et sans chien, le chasseur doit faire preuve de rapidité et d'adresse au passage de la grive musicienne qui quitte à l'aube ou rejoint au crépuscule les rangs de vigne pour festoyer. Véritable gibier migrateur, la grive se rencontre les premiers jours de l'automne dans la nature, près des arbres à baies ou dans les vignes dont elle se délecte des raisins. Pour cette chasse devant soi, un fusil de petit calibre (16 ou 20) est à privilégier, ainsi que des plombs de petites tailles (9 ou 10) qui n'abimeront pas l'oiseau.

La chasse à la botte. Mode de chasse semblable à la billebaude, elle concerne exclusivement le gibier d'eau dans les marais et sur le domaine public maritime. Bottes au pied, le chasseur arpente les zones les plus humides avec son chien à la recherche de limicoles (courlis, bécassine, huîtrier-pie...) ou d'anatidés. Chasse difficile et physique et nécessitant un matériel adapté aux conditions, il faut également savoir faire la différence entre les nombreuses espèces. Comme pour la passée au canard, un bon retriever serait un allié bien utile pour récupérer le gibier. Concernant les nombreux gibiers que l'on rencontre au bord de l'eau, la bécassine des marais est sans conteste l'un des plus difficiles à chasser. Son vol est imprévisible et sa quête nécessite obligatoirement l'utilisation d'un chien d'arrêt à quête courte, très fin de nez. Difficile à repérer, il lui faudra de la méthode et de l'endurance pour la lever dans un milieu particulièrement difficile.

La bécasse au chien d’arrêt

Elle fascine les solitaires et les chasseurs qui aiment la chasse pour le chien. Sans un chien d'arrêt performant, point de salut à la chasse à la bécasse. Leurs premiers espoirs naissent dans les premières vagues de froid de l'automne, qui déclenchent la migration vers le sud des bécasses des bois. Pour la chasser, il existe deux écoles : les adeptes de chiens d'arrêt à quête courte comme les braques ou les drahthaars, et ceux qui préfèrent les setters et pointers, performants dans des quêtes plus longues. Le travail du chien est primordial puisqu'il évolue en sous-bois, le plus souvent muni d'une clochette à son cou car hors de vue de son maître. Ce n'est qu'à l'arrêt qu'il attendra immobile le chasseur, à distance respectable de la mordorée qu'il bloque pour lui. Cette chasse nécessite d'être un chasseur aguerri, qui préfère la qualité à la quantité, en un mot un véritable passionné de la chasse, du chien et de la nature.

La chasse en battue du gibier à plumeHaut de page

Moins poétique que la chasse devant soi au chien d'arrêt, la chasse en battue du petit gibier est monnaie courante dans les domaines de chasse privés dans lesquels le chasseur se rend ou est invité afin de réaliser des tableaux de chasse conséquents.

Le principe est simple, des rabatteurs à pied (non armés) accompagnés ou non de chien, poussent en direction des tireurs le gibier. Pour ce qui est du gibier à plume, notamment faisans cailles et perdrix, la rabat se fait donc à plusieurs et en ligne, afin de ratisser la zone le plus rigoureusement possible. Situés à plusieurs dizaines de mètres, les tireurs sont placés à des zones stratégiques de passage, le plus souvent aménagées derrière un abri naturel (butte, haie...) ou aménagées pour l'occasion (claie...). La réussite d'une battue au petit gibier dépend de son organisation. Rusées les perdrix grises montrent lors de ces chasses toute l'étendue de leurs talents pour déjouer les chasseurs. Le travail des rabatteurs consiste à diriger leur fuite vers les lignes de tir, ce qui est souvent bien difficile, les trous étant nombreux et les perdrix prenant principalement leur envol face au vent. Extrêmement rapides, ces oiseaux atteignent leur vitesse maximale au moment de franchir la ligne des postés.

Une battue au petit gibier à plume ne s'improvise pas. Comme toute chasse en battue, elle comporte des règles élémentaires de sécurité, liées à l'annonce du début et de fin de chasse (la plupart du temps sonnée), les distances et les zones de tir ainsi que parfois la sélection (poids, taille, sexe) du gibier à tirer. Compte tenu de la rapidité du vol et de la zone aléatoire d'envol, le tir n'est pas toujours aisé et demande un swing sûr et précis.

Il faut encore préciser que la discipline est au centre des débats, le tireur n'a pas le droit pour des raisons encore une fois de sécurité, de quitter son poste de tir pour récupérer le gibier, avant la fin de la chasse.

CHASSES À TIR DU GRAND GIBIERHaut de page
La chasse en battue du grand gibierHaut de page

Que ce soit pour le petit ou le grand gibier, le principe de la battue reste immuable : rabattre un gibier vers une ligne de plusieurs tireurs. Seuls l'équipement, les chiens utilisés et le gibier bien sûr vont changer. D'ailleurs, la battue reste le mode de chasse aux grands gibiers le plus pratiqué et qui procure de bien fortes émotions.

Dans les chasses en battue qui couvrent des territoires de plusieurs hectares, le rôle des rabatteurs et des chiens est prépondérant. La connaissance des déplacements des grands animaux chassés, de leurs ruses, mais aussi la connaissance des comportement et réactions des chiens utilisés vont concourir à la réussite ou non de la levée. Une fois levé, le gibier, que l'on dit alors " sur pied ", devra sortir en direction des chasseurs postés qui attendent patiemment, l'oreille en alerte, que saint Hubert soit avec eux. En apparence infaillible, la chasse en battue est beaucoup plus délicate à aborder qu'il n'y paraît. Tout d'abord à cause de l'incertitude liée à la présence ou non d'animaux dans l'enceinte chassée, mais surtout à l'incertitude du tir. Sur des grands animaux, celui-ci doit obligatoirement se faire à balle (de préférence à la carabine), pour deux raisons majeures : la balle d'un certain calibre permet de stopper net un gibier, ce que quelques plombs de petit diamètre ne pourraient faire. Stopper net un gibier veut dire abréger des souffrances qui pourraient être plus longues s'il était seulement blessé. Seule une balle atteignant une zone vitale de l'animal pourra l'arrêter. Deuxième argument : la sécurité. Ne disposant qu'un seul et puissant projectile, le tir devra obligatoirement se faire fichant, c'est-à-dire en direction du sol. Cependant, dans certaines régions, le tir à gros plombs est autorisé pour la chasse du chevreuil en battue.

Que ce soit dans une chasse communale ou une chasse privée, la responsabilité de l'organisation de la battue est du ressort du directeur de battue. Le matin même de la battue, les coulées et les zones habituelles de passage des animaux chassés vont être inspectées avec précaution par un oeil connaisseur à la recherche d'indices. On appelle cela " faire le pied ", c'est-à-dire trouver des traces. Cette technique est presqu'indispensable pour la chasse au sanglier, on parle alors de " rembucher " les animaux, les cantonner dans l'enceinte. Après le compte-rendu, le directeur décidera du déroulement de la journée et des secteurs de traque, puis alors désignera traqueurs et le placement des tireurs. Munis de leur permis de chasser, les participants à la battue (chasseurs, traqueurs, accompagnateurs) devront tous signaler leur présence sur un carnet de battue. Selon les régions, les rituels et obligations peuvent varier.

Le directeur de chasse prend alors la parole pour rappeler les consignes de sécurité et les codes de sonnerie. Une fois sur leurs gardes, les chasseurs rejoindront la zone de chasse en silence, et occuperont leur place jusqu'à la fin de la traque. Dernier rappel, on ne lance pas une battue sans définir au préalable le grand gibier chassé.

Pour des raisons de sécurité, le placement des chasseurs sur la ligne de tir, se fait en fonction de la zone chassée sur des postes souvent matérialisés et qui peuvent être numérotés. Le plus souvent, ils sont postés ventre au bois, sont visibles des autres tireurs postés en ligne à droite et à gauche. Dans certains départements et équipes de chasse, le port d'un gilet ou casquette fluorescents est devenu obligatoire. Cela permet de faciliter au travers de la végétation, la présence du chasseur par ses partenaires. Aucune incidence pour le gibier, qui a une vision des couleurs très moyenne. Quant au tir en battue, il doit généralement respecter l'angle des 30°. En effet, le tir à l'intérieur de l'enceinte étant proscrit, il s'effectuera dans une zone hors traque à 30° de part et d'autre d'une ligne imaginaire entre le chasseur et le placement de ses partenaires.

A l'intérieur de la zone de chasse, dite " traque ", les hommes dirigent les chiens et donnent de la voix. Pour une meilleure efficacité, les chiens doivent chasser ensemble et pour cela être si possible de la même race, on opte soit pour des chiens de petit pied tels que fox-terriers, jagd-terriers et teckels, soit pour des chiens courants.

Traditionnellement la chasse au grand gibier en battue se termine, lorsque celle-ci a été productive, par le tableau de chasse. Cette coutume permet de rendre les derniers honneurs au gibier tué avant de le dépecer. Il permet de faire un bilan de la chasse écoulée et marque la fin de la journée.

La battue est un mode de chasse efficace, gestionnaire et conviviale. De plus en plus populaire, elle est sans conteste la chasse de demain dans l'hexagone quand on prend en considération la raréfaction du petit gibier et le vieillissement de la population de chasseurs.

Le sanglier aux chiens courants. Véritable et unique mode de chasse dans certaines régions du Sud de la France, la chasse au sanglier en battue ne s'effectue qu'à l'aide de chiens courants ameutés, créancés spécialement pour cette chasse, qui se récrient à la poursuite des animaux qu'ils ont débusqués. Pour faciliter une chasse aux chiens courants, on proscrira les petits territoires ou les territoires entrecoupés de routes nationales ou trop urbanisés.

Dès le début de la traque, les chiens sont mis sur la voie de l'animal, et s'ils la reconnaissent, démarrent à toute vitesse et à pleine gorge ce que l'on nomme " le rapproché ". De nombreuses races sont sélectionnées par leur mordant et leur gorge lors de la chasse au sanglier, on peut noter : l'ariégeois, le porcelaine, le griffon bleu de Gascogne, le griffon nivernais, le gascon saintongeois, le Saint Hubert, le bruno du Jura... On considère une meute de chiens courants à partir de cinq ou six chiens.

Pendant la phase de " rapproché ", le sanglier se lève et se déplace dans un premier temps pour fuir et contourner les chiens. Normalement, il faut plusieurs minutes pour que les chiens parviennent à proximité de l'animal ou des animaux chassés. Lorsque les aboiements sont tout à coup plus forts et sur place, on dit que c'est " le ferme ". Le sanglier est isolé et fait front aux chiens et refusent d'aller plus loin. C'est cette situation qui est la plus dangereuse pour les chiens qui ne se laissent nullement impressionner, il faut une bonne dose de courage et de savoir-faire pour le traqueur pour rejoindre ses chiens et faire fuir l'animal sauvage. Lorsque celui-ci est blessé, c'est à lui d'abréger ses souffrances sans risque pour lui même et ses chiens. Quand il reprend la fuite, la musique repart de plus belle, jusqu'à ce qu'il veuille bien sortir de l'enceinte et croiser la route des chasseurs postés.

Belle, charmante, riche en émotion, la battue aux sangliers avec des chiens courants fait naître de nombreuses vocations chez les plus jeunes, se passionnant à la fois pour la chasse, les chiens et ce mystérieux animal.

La poussée silencieuse. Chasse qui se veut plus sélective que la battue au grand gibier, la poussée silencieuse veut comme son nom l'indique que l'on décantonne en douceur les animaux d'une enceinte en direction de chasseurs postés. A une poignée de rabatteurs, l'enceinte de chasse est passée au peigne fin, souvent avec un chien tenu à la longe. Méthodiquement les remises connues sont inspectées et le gibier est alors levé sans agitation et quitte les lieux à faible allure, empruntant normalement les coulées habituelles. Les tireurs, postés au bout de l'enceinte, n'ont plus qu'à patienter dans le silence et choisir l'animal à prélever quand il se présente. La poussée silencieuse présente l'avantage de réaliser une battue avec peu d'effectif que ce soit sur le plan humain et canin, et de chasser sur des surfaces réduites où l'on sait que le gibier à l'habitude de se réfugier.

Le téléphone à la chasse

L'arrêté du 19 janvier 2010, modifie l'arrêté du 1er août 1986 en ce sens : l'emploi des téléphones portables et autres talkie-walkie est autorisé dès lors qu'il s'agit de chasse collective (battue) au grand gibier exclusivement.

CHASSES SANS FUSILHaut de page
La chasse à courre, à cor et à criHaut de page

La plus traditionnelle par excellence et aujourd'hui la plus controversée par les anti-chasse, la vènerie, encore appelée " chasse à courre, à cor et à cri ", fait la part belle aux chiens, déterminants pour réaliser le prélèvement d'un animal sans l'utilisation d'armes à feu, puisque c'est eux seuls qui déterminent la prise d'un animal. Très ritualisé, ce mode de chasse implique donc l'utilisation de plusieurs dizaines de chiens de même race regroupés en meute et dirigés par un piqueux, qui les met en ordre et sur la voie de l'animal. En vènerie, la manière prime sur le résultat qui veut qu'un seul animal soit chassé en même temps. La défense des animaux chassés réside dans leur fuite et leurs multiples ruses instinctives pour échapper aux chiens lancés derrière eux, à gorge déployée. L'homme, ici nommé " veneur " n'est qu'un spectateur de cette chasse longue, sonore et palpitante.

Très encadré, ce mode de chasse doit répondre à des rituels immuables et à une éthique propre depuis des décennies. On distingue la grande vènerie à cheval pour la chasse des grands animaux et la petite vènerie (à pied) pour la chasse du lièvre et du lapin. Tous les moyens techniques pour le déplacement au cours de la chasse des chiens ou des hommes sont proscrits. De plus, rien ne doit venir entraver la confrontation entre les chiens et l'animal et le veneur se doit d'être un fervent garant de cette loi naturelle. Comme le veut la tradition, le veneur à pied ou à cheval ne peut exercer son rôle auprès des chiens qu'à cor et à cri, c'est-à-dire grâce à sa trompe et à sa voix. Les chiens mis sur la voie sont des chiens courants de races spécialisées, on peut citer les six races pour la grande vènerie que sont le Français tricolore, le Français blanc et noir, l'Anglo-Français tricolore, l'Anglo-Français blanc et noir, le Poitevin et le Fox Hound. La société centrale canine dénombre 38 races standard de chiens courants. Leur nombre minimum requis dépend de l'animal chassé ; on note : 30 chiens pour la chasse du cerf et du sanglier, 20 pour le chevreuil, 10 pour le renard et 6 pour le lièvre et le lapin.

Aristocratique, ce mode de chasse est très structuré et nécessite une mise en scène bien ordonnée et un regroupement entre passionnés en équipage. Chaque équipage possède une identité particulière définie par son appellation et son histoire. Chacune d'elle a une tenue, des couleurs et une fanfare. Ces membres ont des rôles bien définis et peuvent être amenés à intervenir durant le laisser-courre dans le plus strict respect des consignes données par le maître d'équipage qui les encadre. Le maître d'équipage assure la conduite de l'équipage composé de valets, boutons ou autres gilets. Chaque équipage est spécialisé dans la quête d'un seul animal, et le cerf (la biche n'est pas chassée) est le plus traditionnellement chassé. Concernant la chasse à courre du sanglier, l'équipage prend alors le nom de " vautrait ". En France, on dénombre 420 équipages, 20 000 chiens, 10 000 pratiquants et près de 7 000 chevaux.

La chasse à courre est un évènement local auquel peuvent participer les non chasseurs et les curieux de tout bord. On les appelle les suiveurs, ils sont à pied ou à vélo et assistent au déroulement de la chasse dans une grande convivialité où ils peuvent aider et guider l'équipage lors du déroulé de la chasse.

L'hallali intervient lorsque l'animal est sur le point de rendre les armes face aux chiens, et selon la tradition il est servi par le veneur à l'aide d'une arme blanche, une dague ou un épieu. Toujours selon la tradition, un hommage sera rendu à l'animal méritant grâce au concours de trompes qui entonneront une mélodie spécifique selon l'espèce chassée. L'heure de la récompense aura aussi sonnée pour les chiens qui par un rite bien établi auront droit à la curée. Respect et dignité sont les maîtres mots de ce mode de chasse.

La recherche au sangHaut de page

Indissociable de la chasse à tir ou de la chasse à l'arc, la recherche au sang est un mode de chasse en plein développement, qui répond à une certaine sensibilité et une éthique propre : ne pas laisser dans la nature un gibier blessé qui va mourir lentement dans la souffrance ou vivre le restant de ses jours handicapé. Blessé par l'action de chasse ou par un accident de la route, peu importe, il faut tout mettre en oeuvre pour le retrouver le plus rapidement possible. Ceci concerne exclusivement le grand gibier. Comme souvent quand il est question de chasse, il est aussi question de chien puisque c'est à l'aide de ce dernier que la recherche peut se faire. Cette technique venue de l'Allemagne et courante dans l'Est de la France, fait intervenir des conducteurs de chiens de sang, c'est ainsi qu'on les appelle, avec leur compagnon. Ce sont des bénévoles, à qui l'on a dispensé une formation préliminaire sur des connaissances de base en matière de grand gibier, de balistique et d'éducation canine, et qui disposent d'un agrément délivré soit par l'UNUCR (union nationale des utilisateurs de chiens de rouge) ou par l'ARGGB (association pour la recherche du grand gibier blessé). Par ailleurs, leur chien est aussi entrainé sur des pistes artificielles ou naturelles. Ce sont des races de chien bien spécifiques qui sont concernées par la recherche : Rouge de Bavière, Rouge de Hanovre, basset fauve de Bretagne, teckel... L'attente est grande par rapport à ces chiens, on attend d'eux une grande finesse de nez et une grande concentration à cause des risques réels de change (croisement d'une autre voie). Ces chiens travaillent sur des voies chaudes (quelques minutes après le tir) ou sur voies froides (le lendemain), très souvent tenus en longe et individuellement car le conducteur n'est accompagné que d'un seul chien à la fois.

Primordiale, la réussite d'une recherche dépend avant tout du comportement du tireur ou de l'archer qui après avoir défini le type de blessure infligée à l'animal, prendra contact avec le conducteur de chien de sang et balisera la fuite du gibier. De même, il faut impérativement se mettre à la recherche d'indices qui pourront aider à la recherche comme taches de sang, morceaux de chair, poils, débris d'ossements... Dès l'arrivée de l'équipe, l'anschuss (zone de fuite) est immédiatement repérée et le chien est mis sur la voie. Ce travail peut être de longue haleine et n'est pas payant à chaque fois (environ une fois sur deux). Tout le savoir du conducteur consiste alors à interpréter les changements d'attitude de son chien entre accélérations, aboiements, hésitations...

Les conducteurs de sang sont des passionnés de l'ombre à qui tout chasseur peut faire appel gratuitement, leur liste est disponible auprès de chaque fédération départementale.

La chasse au volHaut de page

Cette chasse bien particulière voit le chasseur devenir spectateur. Dans la chasse au vol, on distingue deux classes bien précises : la chasse de haut vol ou fauconnerie, et la chasse de bas vol dite encore autourserie. Dans les deux cas, le salut de la chasse vient de l'utilisation d'un rapace comme arme, qui à une folle vitesse fond sur sa proie et lui brise généralement les cervicales ou la cage thoracique d'un coup de serres.

Les oiseaux de haut vol appartiennent à la famille des faucons : gerfaut, pèlerin, lanier, sacres... et chassent couramment perdrix, faisans et même canards. En action de chasse, le chasseur ganté évolue avec le rapace sur son poignet, un gant de cuir à crispin, tandis que son chien d'arrêt traque devant lui le gibier à plume. Sur son poignet, un chaperon couvre les yeux de l'oiseau alors que ses pattes sont attachées par des liens en cuir, dits jets, ainsi que des grelots. Dès que le chien se met à l'arrêt, le fauconnier libère l'oiseau qui s'envole à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du chien. Quand le faisan ou les perdrix décollent à leur tour au nez du chien, le rapace isole une proie et pique sur elle à près de 200 kilomètres à l'heure, l'entraînant et la fracassant au sol. Rapidement le fauconnier part se saisir de la prise du rapace, qui contrairement au chien ne la ramène pas, et lui offre un leurre (petit bout de viande) en échange. Les femelles, appelées " formes ", plus grosses que les mâles, appelles " tiercelets ", sont utilisées pour les gibiers les plus gros.

La chasse de bas vol utilise comme rapaces, les éperviers, autours, ou buses américaines. Réputés pour être impulsifs, les oiseaux de bas vol n'ont besoin que de quelques mètres pour prendre leur vitesse, ils chassent donc sur de courtes distances. C'est une chasse d'approche qui peut se pratiquer, avec ou sans chien, ou à l'aide de furets. Le rapace contrairement à la chasse de haut vol est maintenu sur le gant sans être chaperonné et lancé en direction du gibier quand celui-ci démarre. Son agilité et sa rapidité le font chasser en plaine, le lièvre et le lapin sans mal. La chasse à l'aigle bien particulière est également une chasse de bas vol.

Dans les deux cas, tout l'art du fauconnier est d'arriver à communiquer avec son oiseau, le diriger vers sa proie et l'habituer à revenir sur son gant. Ceci ne peut être le fruit que d'un entrainement régulier, nommé " affaitage ", où chaque geste devient une routine et où le rapace, naturellement craintif de la présence de l'homme, se laissera apprivoiser. Afin de garantir un certain résultat, le rapace doit par ailleurs suivre un certain régime, on parle alors de famine calculée car l'oiseau n'attaque que lorsqu'il est sûr de faire mouche et qu'il a un réel besoin de se nourrir.

Assez démocratisée en Asie centrale et dans la péninsule arabique, cette chasse connaît certaines passions également en Europe et aux Etats-Unis. En France, l'utilisation de rapaces est soumise à des autorisations particulières et à déclaration où les oiseaux reçoivent un numéro d'identification.

La chasse sous terreHaut de page

Armés de pelles, de pioches et de pinces, ces chasseurs des sous-sols peuvent surprendre, d'autant que leur prise n'a rien de comestible puisque seuls renards et blaireaux sont concernés par le déterrage, appelé aussi vènerie sous terre. Encore une fois le meilleur allié de l'homme trouve sa place dans ce mode chasse très éprouvant physiquement, et risqué pour lui. D'ordinaire sont requis les petits chiens, pleins de mordant de façon à évoluer sans mal dans les galeries et à limiter les mouvements de l'animal pris en étau au fond du trou. Pour cela fox-terriers et teckels se partagent le gâteau de la recherche car ils possèdent ces qualités de mordant en évitant toutefois le contact synonyme de blessure. Le déterrage comme le piégeage participe à la destruction d'animaux nuisibles avec l'action des chiens. Réelle chasse de groupe, les déterreurs sont organisés comme la vènerie traditionnelle en équipage.

Tout débute par la reconnaissance des terriers de renard ou de blaireau que l'on inspecte soigneusement afin de se préparer à introduire les chiens vers l'entrée la plus opportune. Il faut alors laisser faire le chien, qui à son rythme va évoluer dans les galeries et soudain se mettre à donner des coups de gueule. Chaque déterrage est une surprise car on ne connaît pas à l'avance la superficie du terrier et le nombre de ses locataires. La traque peut être longue et ardente. L'oreille collée au sol, les hommes suivent à l'air libre la partie qui se joue sous leurs pieds. Quand les cris se stabilisent à un endroit précis, on parle d'accul. Les déterreurs s'agitent alors en surface pour intervenir au plus près du chien et de l'animal sauvage, et sondent les sols pour localiser approximativement les aboiements. Les pelles sont de sortie, il faut faire preuve à la fois de rapidité car l'accul peut se déplacer et le chien se faire blesser, et à la fois d'une grande prudence en creusant pour ne pas effondrer la galerie sur le chien et prendre le temps d'ôter roches et racines. Très souvent, le trou est fait à l'endroit même où se trouve le chien que l'on sort alors manuellement. Muni d'une pince, le déterreur s'engage dans le trou pour capter l'animal ou les animaux qui s'y trouvent, puis servis.

Devant l'ampleur des dégâts que provoquent ces nuisibles, le déterrage tient son rôle dans la chasse d'aujourd'hui.

CHASSES TRADITIONNELLESHaut de page
La chasse à la palombièreHaut de page

Véritable institution dans le Sud-Ouest, la palombière est bien plus qu'un mode de chasse, c'est un art de vivre. Ne parlez surtout pas de pigeon ramier à un paloumayre, ce chasseur qui n'a d'yeux que pour la palombe. Même si l'oiseau est le même, il n'est appelé que palombe dans cette partie de la France qui chasse cette espèce migratrice dans une grande tradition au filet ou à tir, en planque au beau milieu des forêts de pins. Que ce soit dans les arbres ou au sol, le principe de cette chasse historique reste immuable : il s'agit à l'aide d'appelants vivants d'attirer les vols migratoires de pigeon ramier pour les faire se poser au sol et ainsi les capturer à l'aide de filets lors d'une palombière au sol, ou alors de les tirer à leur descente lors d'une palombière dans les arbres.

Pour la palombière au sol, le défi est grand et les infrastructures pour le relever sont à la hauteur. Il faut savoir qu'il n'y a que dans quatre départements qu'est autorisé l'emploi de filets pour la capture de palombes : le Gers, les Landes, le Lot-et-Garonne et la Gironde. Cachés dans une cabane aménagée et camouflée au beau milieu des pins, les chasseurs manoeuvrent les appelants disposés sur la cime des arbres d'un bout à l'autre de la palombière qui peut s'étendre sur plus d'un hectare. De la cabane centrale, ils empruntent les longs couloirs recouverts de végétaux dans la plus grande discrétion pour se rendre aux postes de guet et agiter les appelants attachés sur leur palette. Au beau milieu, entre les arbres, il y a les sols destinés à la pose des palombes, avec de part et d'autre deux filets se rabattant l'un vers l'autre, destinés à prendre en défaut les oiseaux qui s'y posent. Ces filets dotés de puissants ressorts sont actionnés directement par le paloumayre. Il faut savoir que la palombe ou pigeon ramier est le gibier qui chaque année connaît le plus fort prélèvement : plus de 500 000 !

La chasse du lapin au furetHaut de page

Le furetage est une technique de gestion des plus simples, elle consiste à introduire un furet dans une garenne et d'en faire sortir les lapins qui s'y trouvent. Ce moyen exceptionnel s'impose lorsque le lapin provoque de trop grands dégâts sur un territoire donné ou lorsqu'on décide de repeupler une autre garenne. Posséder un furet, qu'il soit blanc ou grisâtre (putoisés) peu importe, implique tout de même de l'apprivoiser et de se familiariser avec lui. A l'abri du mauvais temps, il devra être nourri chaque jour, mais pas besoin de le familiariser pour autant en amont avec le lapin, son instinct jouera pour lui le jour de son emploi dans une garenne.

La prise peut se faire de deux façons. Lorsqu'il s'agit d'une reprise, sans fusil, on positionne à divers lieu de la garenne des bourses en filet afin le lapin poussé en dehors par le furet, s'y emmaille. Sans douleur pour le lapin, le furetage au filet permet de récupérer sans mal l'animal. Il est aussi possible de chasser à plusieurs fusils autour de la garenne. On place le furet dans l'un des trous du terrier et chaque chasseur, placé à bon vent, doit contrôler une ou plusieurs sorties et tirer dans la même destination que ses collègue afin de prévenir tout accident. Cette chasse induit des tirs rapides à courte distance.

Les tenderies de grivesHaut de page

Exclusivement relative à la région Ardennes, la tradition de la tenderie aux grives se transmet de génération en génération. Ce mode de chasse, qui consiste à capturer la grive au moyen de lacets en crin de cheval, se pratique de deux manières : à la branche ou à terre.

La tenderie à la branche se pratique à l'aide d'un perchoir sur lequel une baie est disposée et où la grive attirée par sa gourmandise se laisse prendre par le noeud coulant qui s'y trouve. La pliette est la jeune pousse du corps d'un arbre, que l'on utilise comme perchoir pour mettre en place tout le stratagème. D'une grande diversité (ovales, rectangulaires...), la pliette est fendue pour pouvoir y enfiler le " lacs ". Constituant l'assemblage de deux crins de cheval, le " lacs " est attaché à la pliette et disposé en noeud coulant pour intercepter la grive au moment de son envol, après qu'elle s'est nourrie de la baie disposée sur le perchoir. Toutes les espèces de grives sont concernées par ce mode de chasse traditionnel ainsi que le merle noir.

La grive est un oiseau que l'on chasse également dans de nombreuses autres régions de France avec des techniques un peu différentes. On peut citer les gluaux à grives en Provence où des baquettes enduites de glu sont installées entre les arbres pendant les passages migratoires. Attirées par des appelants vivants ou par un appeau, les grives viennent alors se poser sur la tige collante et sont prises au piège. Les oiseaux pris vivants peuvent alors servir comme appelants à leur tour.

Dans le massif Central, on utilise des tendelles à grives. Rudimentaire, le principe consiste à disposer un appât naturel comme des baies, à même le sol et d'utiliser un mécanisme de pierre plate tenue sur sa tranche et qui tombe dès que l'oiseau touche les branchettes qui la retiennent. Chaque tendeur doit déclarer ses pièges.

Rejoignez la communauté Petit Futé en 1 clic
Suivez-nous sur
Participez
à la communauté
Avis