Le guide : Chasse : Histoire de la chasse

Histoire de la chasse

La chasse a toujours occupé une place importante en France, et a toujours déchaîné les passions (en bien comme en mal). Aujourd'hui encore, elle est décriée par les uns et plébiscitée par les autres, et ce pour des raisons radicalement opposées : les uns louant son côté traditionnel et en accord avec la nature et l'environnement, les autres pointant du doigt son côté barbare et immoral.

Aujourd'hui, si elle s'étiole année après année avec le vieillissement de ses pratiquants, cette tradition cynégétique perdure et se transmet d'une génération à l'autre. Il est toujours passionnant de s'intéresser aux différentes coutumes de chasse et ses pratiques, qui diffèrent selon les régions.

UNE HISTOIRE DE PLUSIEURS SIÈCLESHaut de page

Dès le Moyen Age, la chasse nourrissait les passions et les rancoeurs. Alors que la noblesse s'octroyait les plus beaux terrains de chasse, riches en gibier, le peuple devait se contenter des petits gibiers qu'il parvenait à subtiliser souvent crapuleusement.

Cette chasse de " coquins ", qui faisait la part belle aux pièges, collets et filets en tout genre, ne plaisait pas aux nobles qui optèrent pour la vénerie et la chasse au vol. La vénerie se pratiquait à cheval, et des meutes de plus de cent chiens dressés et lancés à la poursuite du gibier à forte dose de courage et d'endurance. Du côté des hommes, une hiérarchie s'installait : les plus jeunes étaient valets, et les plus expérimentés veneurs.

La chasse au vol aurait été importée de coutumes asiatiques, où l'on utilisait et entraînait des rapaces de haut vol et de bas vol comme le gerfaut, l'épervier ou le faucon pèlerin, à chasser les perdrix et autres faisans. Dès cette époque, il existe un droit de chasse tout comme un délit de chasse pour les braconniers souvent châtiés.

C'est grâce à Gaston III, comte de Foix, dit Gaston Phébus que l'on en sait un peu plus sur la chasse de cette époque. Grand chasseur de la seconde partie du XIVe siècle, on lui doit un formidable ouvrage référent sur la chasse (Livre de Chasse), dans lequel il décrit toute l'organisation de ce loisir et le récit de scènes mémorables parfaitement illustrées. Une chasse à l'ours lui coûta la vie. A partir du XVe siècle, la chasse du cerf est considérée comme une chasse royale. La chasse fait à ce moment-là partie des prérogatives de la noblesse, mais également de ses obligations avec un rang à tenir.

Un peu plus tard, François Ier fait de la pratique de la chasse, un apprentissage de la guerre. Le château et le parc de Chambord ont gardé ces empreintes cynégétiques du passé. Quand vint le règne d'Henri IV, la forêt de Rambouillet devient un terrain de chasse incontournable et riche en gibier. C'est ce dernier qui décida même d'un réseau de coupes de bois, afin de faciliter l'exercice de la chasse à courre.

C'est avec la Révolution française de la fin du XVIIIe siècle que la liberté de chasser voit réellement le jour. A compter de 1789, la chasse s'est malheureusement démocratisée à-tout-va et sans règles, jusqu'à voir de nombreuses espèces décimées sans ménagement. Cette situation durera jusqu'à ce que Napoléon Ier décide de réglementer la chasse.

DES RÈGLES DE CHASSEHaut de page

Il convient de penser que Napoléon n'était pas un grand chasseur : s'il participait aux chasses dans les forêts de Compiègne, de Rambouillet, de Saint-Germain-en-Laye ou de Fontainebleau, c'est plus par obligation due à son grade qu'à une quelconque affection pour ce loisir. En effet, il était même beaucoup plus proche des chiens que de la chasse. Par un décret impérial de 1810, il prend des mesures en direction de la pratique de la chasse qui nécessite un passeport et un permis de port d'armes de chasse. Si cette mesure a pour vocation d'encadrer les pratiques en taxant et recensant ceux qui l'exercent, elle crée immanquablement aussi des hors-la-loi que sont les braconniers, et qui continuent à chasser dans la plus grand confidentialité. Le mythe du braconnier est bien réel et nourrit l'imaginaire comme avec le personnage de Raboliot, chasseur voyou de Sologne, mis en lumière dans le roman de Maurice Genevoix au début du siècle dernier, prix Goncourt 1925.

En 1884, une loi vient apporter des précisions quant au cadre donné à la liberté de chasse sur son territoire, et qui estime que le droit de chasser sur un terrain appartenant à autrui ne peut s'appliquer sans le consentement du principal intéressé.

C'est aussi à cette époque qu'entre en application une loi locale spécifique, et toujours en vigueur en Alsace-Moselle. Cette loi du 7 février 1881, retire le droit de chasse aux propriétaires fonciers de moins vingt-cinq hectares, pour le bien de la communauté.

Le droit de chasse a incontestablement été connu son cadre définitif en 1964 avec la loi dite Verdeille, qui remet en cause le droit de chasse avec la création des ACCA (associations communales de chasse agréées). Cette loi oblige (lorsque les départements ont opté pour des ACCA obligatoires) les propriétaires fonciers de moins de vingt hectares d'un seul tenant à mettre leur terrain à disposition de la chasse communale.

Dès 1975, la pratique de la chasse en France n'est possible qu'après la délivrance d'un permis de chasser obtenu après examen.

L’organisation de la chasse en 2016

Pour se rendre compte de la place de la chasse et de son ampleur en France, il faut tout d'abord se tourner vers ses chiffres. Populaire, cette activité rassemble chaque année plus de 1 200 000 pratiquants, ce qui en fait le premier pays cynégétique d'Europe. Elle s'organise en France autour d'un réseau fédéral d'une part et d'un réseau associatif d'autre part qui assurent la promotion, la défense et fixent les règles de cette activité traditionnelle. Ainsi, on compte près de 70 000 associations de chasse : les chasseurs de bécasse, les chasseurs à l'arc, les chasseurs de grand gibier, les chasseurs aux chiens courants... Côté fédéral, l'organisation est la suivante : une fédération nationale, 22 fédérations régionales et 95 fédérations départementales, qui assurent la défense de la chasse au niveau des instances nationales, organisent la chasse avec un personnel scientifique et technique, informent et forment les pratiquants, et mettent en place des outils de gestion de la faune sauvage et ses habitats. La chasse est plus que jamais importante en France et génère une réelle économie : 23 000 emplois et 2,3 milliards d'euros de flux financiers (source : Fédération Nationale des Chasseurs).
De plus, le tourisme cynégétique se porte bien et se développe dans presque tous les pays stables du monde, où chacun à ses spécificités, que ce soit en matière de faune sauvage, qu'en matière de mode de chasse et d'éthique.

Rejoignez la communauté Petit Futé en 1 clic
Suivez-nous sur
Participez
à la communauté
Avis