Le guide : CHEMINS COMPOSTELLE - CAMINO FRANCES : Arts et culture

Guide
+LE CAMINO FRANCES
Étape 1 - Saint-Jean-Pied-de-Port / Roncevaux (26 km)Étape 2 - Roncevaux / Larrasoaña (27 km)Étape 3 - Larrasoaña / Pampelune (16,5 km)Étape 4 - Pampelune / Puente de la Reina (24 km)Étape 5 - Puente la Reina / Estella (22 km)Étape 6 - Estella / Los Arcos (22 km)Étape 7 – Los Arcos / Logroño (28 km)Étape 8 - Logroño – Nájera (31 km)Étape 9 - Nájera / Santo Domingo de la Calzada (21 km)Étape 10 - Santo Domingo de la Calzada / Belorado (23 km)Étape 11 - Belorado / San Juan de Ortega (24 km)Étape 12 - San Juan de Ortega / Burgos (27 km)Étape 13 - Burgos / Hontanas (31 km)Étape 14 - Hontanas / Boadilla del Camino (28 km)Étape 15 - Boadilla del Camino / Carrión de los Condes (25 km)Étape 16 - Carrión de los Condes / Terradillos de los Templarios (27 km)Étape 17 - Terradillos de los Templarios / El Burgo Ranero (30 km)Étape 18 - El Burgo Ranero / León (37 km)Étape 19 - León / Villadangos del Paramo (22 km)Étape 20 - Villadangos del Paramo / Astorga (28 km)Étape 21 - Astorga / Rabanal del Camino (20 km)Étape 22 - Rabanal del Camino / Ponferrada (32 km)Étape 23 - Ponferrada / Villafranca del Bierzo (23 km)Étape 24 - Villafranca del Bierzo / O Cebreiro (28 km)Étape 25 – O Cebreiro – Triacastela (21 km)Étape 26 – Triacastela – Sarria (21 km)Étape 27 – Sarria / Portomarin (22,5 km)Étape 28 – Portomarin / Palas de Rei (25 km)Étape 29 – Palais de Rei / Arzua (26 km)Étape 30 – Arzúa / O Pedrouzo (19 km)Étape 31 – O Pedrouzo / Saint-Jacques de Compostelle (20 KM)

Arts et culture

ArchitectureHaut de page

De la préhistoire à l'invasion arabe. Du paléolithique jusqu'en 711, différentes civilisations ont laissé dans le nord de l'Espagne des témoignages artistiques d'une valeur exceptionnelle. Ainsi, la Cantabrie et les Asturies abondent en sites paléolithiques et en peintures rupestres. Les Romains ont donné au pays des voies de communication, des aqueducs et quelques villes. L'époque wisigothique a laissé peu de traces, car l'invasion arabe a empêché trop tôt son développement dans cette partie du pays. Cependant, les Wisigoths ont introduit les arcades en forme de fer à cheval à l'intérieur des églises. L'islam interdisant toute représentation humaine ou animale, la peinture comme la sculpture ne se sont pas distinguées durant tout le Moyen Age.

Art roman. C'est après la victoire du roi Pelayo que se développe dans les Asturies une architecture spécifique : arcs en demi-pointe, fresques, plan basilical à trois nefs... Les plus beaux spécimens de cet héritage se trouvent à Oviedo, sur le mont Naranco. Plus tardifs, les ouvrages des cisterciens sont notamment visibles en Galice. A cette époque du début de l'art roman, le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle va redessiner le paysage de la région, où de nombreux édifices religieux (églises et hôpitaux) sortent de terre.

Sous le règne de Sanche le Grand (1004-1035), l'hégémonie navarraise se traduit par une floraison artistique tout au long du chemin de Saint-Jacques en Navarre, avec la construction de nombreuses églises, monastères, chapelles, etc. Le style roman s'épanouit jusqu'au XIIe siècle, présentant à cette époque des influences musulmanes qui donneront naissance à l'architecture mudéjare. La Rioja, sous domination Navarre à cette époque, bénéficie également de ce rayonnement architectural. En témoigne le monastère de San Millán de Suso, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, dont Sanche le Grand ordonna l'ampliation et la restauration en 1030, dans le pur style roman.

Art gothique. A partir du XIIIe siècle, le gothique pénètre en Espagne par la Navarre, sous l'influence française. Il s'exprime dans l'architecture religieuse, mais aussi dans la peinture, la sculpture et l'orfèvrerie. La cathédrale Santa María de Pampelune et les principaux monuments d'Olite datent de cette époque, tandis que la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle en reçoit les influences.

Renaissance et plateresque. Au XVIe siècle, les richesses issues de la découverte des Amériques permettent la construction ou la restauration de nombreux édifices. Le style Renaissance se développe à cette époque dans le nord de l'Espagne et s'accompagne d'influences plateresques, style d'ornementation qui rappelle le travail d'orfèvre (du mot platero, " orfèvre travaillant l'argent "). On trouve un magnifique exemple au Pays basque dans l'université d'Oñati.

Baroque. De la fin du XVIe siècle au milieu du XVIIIe siècle, le style baroque impose sa profusion ornementale aux codes de l'époque. Il trouve son apogée au Pays basque avec la construction du sanctuaire de Loyola (XVIIIe), chef-d'oeuvre du baroque " churrigueresque " (nom donné à l'interprétation du baroque en Espagne, qui se caractérise par une surabondance dans l'ornementation). En Galice, la façade de l'Obradoiro (1750) est une autre référence du genre.

Architecture moderne. De grands architectes contemporains ont laissé leur signature au Pays basque, tels que Norman Foster, Santiago Calatrava, et bien sûr Frank O. Gehry, auteur d'un spectaculaire bâtiment en titane qui a transformé la vieille cité industrielle de Bilbao en ville cosmopolite et touristique : le musée Guggenheim. Les bodegas de vin rioja opèrent également une petite révolution en investissant des sommes colossales dans la construction de bâtiments avant-gardistes. Ainsi les bodegas Ysios sont signées Calatrava, tandis que Frank O. Gehry a imaginé une véritable cité du vin pour les bodegas Marqués de Riscal.

ArtisanatHaut de page

En regagnant le Nord, les forêts se font de plus en plus fréquentes, aussi c'est en Galice, plus que partout ailleurs dans la péninsule, que les utilisations traditionnelles du bois résistent le mieux. Pour preuve, la tonnellerie et les sabots de bois n'ont rien perdu de leur lustre d'antan.

Dans les terres du Pays basque, l'artisanat local produit un véritable trésor : le makila. Ce bâton de marche cache à l'intérieur de son pommeau une pointe en acier. C'est un objet unique, dont le nom et la devise du propriétaire sont gravés sur le pommeau, généralement offert de père en fils ou à titre honorifique (Jean-Paul II, de Gaulle, Pompidou et Mitterrand, entre autres, s'étaient vu offrir un makila). Enfin, la Navarre est réputée pour sa production d'outres à vin artisanales, accessoire indispensable pendant les fêtes de Pampelune !

La txapela est un autre incontournable de l'artisanat basque. Ce béret de couleur noire est chargé de symbolique, puisqu'on le reçoit comme signe de distinction lors de championnats sportifs et autres compétitions en tous genres. C'est le cas par exemple des tournois de bertsolaris, où les vainqueurs sont couronnés d'une txapela.

Le cinéma espagnol est une résonnance évidente de l'évolution historique de la société espagnole. Un des premiers réalisateurs à s'être fait connaître internationalement a été Luis Buñuel : ses productions les plus célèbres sont Un chien andalou en 1927, Las Hurdes en 1932, Viridiana en 1961. Si ce génie a réussi à influencer l'Europe et l'Amérique latine (il s'est exilé au Mexique) durant une période trouble de l'histoire espagnole, d'autres réalisateurs ont eu une petite notoriété durant la dictature franquiste ; Francisco Franco n'a pas pu museler totalement le cinéma espagnol, en particulier des oeuvres comme Los Golfos de Carlos Saura, Muerte de un ciclista de Juan Antonio Bardem, qui se sont fait remarquer, ou des réalisateurs comme Luis García Berlanga ou Mario Camus.

Après la mort de Franco en 1975, la libération sexuelle et la politique se révèlent être les principaux sujets des tournages... tout ce qui était interdit pendant la dictature éclate au grand jour ; les films de la transition sont un miroir de cette époque. Alfredo Landa est l'un des acteurs phares de cette époque, avec plus de 120 films à son actif, La Vaquilla (de Berlanga), Los Santos inocentes (Camus) ou La Próxima estación (Mercero) sont un petit échantillon de sa carrière.

Dans les années 1980 se profile un cinéma plus comique, plus excessif, développé principalement par Pedro Almodóvar. Almodóvar fait preuve d'une imagination débordante et délirante, il montre l'Espagne comme un pays d'excès ; Madrid sera sa principale source d'inspiration avec le mouvement des années 1980, la " movida madrileña ". Il crée un langage différent, exagéré et chargé d'humour. Avec Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier (1980), le réalisateur montre sa marque de fabrication, son goût pour les marginaux et les relations sexuelles. Il remporte un grand succès des deux côtés des Pyrénées. Il obtient la notoriété internationale grâce au film Femmes au bord de la crise de nerfs, récompensé par cinq Goya (les César espagnols) en 1989.

Almodóvar continue aujourd'hui à être l'ambassadeur du cinéma espagnol avec des chefs-d'oeuvre comme Tout sur ma mère, Parle avec elle et surtout Volver qui a fait de Penelope Cruz une star. D'autres voix commencent à se faire entendre outre-Atlantique comme Alejandro Amenábar avec un Oscar en 2005 pour le film Mar adentro, interprété par des comédiens internationaux ; Javier Bardem qui a reçu l'Oscar en 2008 pour le film des frères Coen No Country for Old Men. D'autres comédiens, comme Antonio Banderas, Victoria Abril, Carmen Maura, Maribel Verdú ou Paz Vega, ont su trouver leur place sur le marché cinématographique international.

Le nord de l'Espagne est porteur de nombreux talents dans le domaine du cinéma, puisque les cinéastes Álex de la Iglesia et Julio Medem sont originaires de ces vertes contrées. Et n'oublions pas que La Mecque du cinéma espagnol se trouve à Saint-Sébastien, qui accueille chaque année au mois de septembre son prestigieux festival de cinéma.

Les danses traditionnelles basques font partie intégrante de la culture locale. Leur répertoire est aussi varié qu'il existe de villages et de vallées au Pays basque et en Navarre. Parmi les plus connues, on citera le dantzari dantza, exécuté au son du txistu (flûte à bec) et originaire de Durango ; le Kaxarranka, originaire de Lekeitio, où le danseur réalise sa chorégraphie perché sur une caisse ; et les danses réalisées à l'occasion du carnaval des communes navarraises de Luzaide et Zubieta.

LittératureHaut de page
Grands noms de la littérature espagnoleHaut de page

Miguel de Cervantes (1547-1616). La vie du génie du " siècle d'or " espagnol, né à Alcalá de Henares, comporte quelques zones d'ombre. Issu d'une famille nombreuse, il fait des études universitaires auprès d'un maître, disciple d'Érasme, avant de partir à Rome avec le cardinal Acquaviva. Il devient soldat des troupes pontificales et participe à la bataille de Lépante (1571) où il perd un bras. Alors qu'il regagne son pays, il est fait prisonnier par les Turcs en 1575 et passe cinq ans au bagne d'Alger. De retour en Espagne, il se marie et se consacre aux lettres, un moyen d'exorciser ses mauvais souvenirs de bagnard. En 1585, il publie La Galatée, un roman pastoral. Il accepte par la suite le poste de gouverneur d'Andalousie ; durant son mandat, il trempe dans des affaires de corruption, ce qui lui vaut encore un séjour en prison. En 1605, El Ingenioso Hidalgo don Quijote de la Mancha est publié ; le public accueille avec un grand enthousiasme les aventures de ce chevalier candide. En 1613, nouveau succès avec les Nouvelles exemplaires dédiées au vice-roi de Naples, son protecteur, le comte de Lemos. Ce texte est émaillé de références à sa vie amoureuse et de considérations plus profondes sur la société espagnole. Deux ans plus tard, Cervantes écrit la suite et fin de Don Quichotte. Il meurt le 23 avril 1616, le même jour qu'un autre génie de la littérature, William Shakespeare.

Federico García Lorca (1898-1936). Ce poète et dramaturge, né en 1898 à Fuente Vaqueros (près de Grenade), a étudié la philosophie et les lettres à l'université de Grenade ainsi que le droit. Durant ses études, il se lie d'amitié avec le compositeur Manuel de Falla, qui lui transmet son amour du folklore et des traditions populaires. En 1919, il s'installe à Madrid et rencontre les auteurs de sa génération comme Juan Ramón Jiménez. Sa première pièce de théâtre, El maleficio de la mariposa (Le Maléfice du papillon), est un échec, mais il ne perd pas espoir et atteint son heure de gloire avec Maríana Pineda, un drame patriotique, rédigé en 1927. En 1928, il publie le Romancero gitano, son oeuvre majeure dans laquelle se mêlent le côté populaire et la culture pour décrire le monde des gitans mal-aimés. Sa dernière oeuvre, La Casa de Bernarda Alba, de 1936, est la pièce la plus représentée. À l'époque de la guerre civile, il est arrêté par l'armée franquiste et fusillé dix jours plus tard, ayant été accusé d'être un fauteur de troubles et un agitateur de l'ordre social.

Antonio Machado (1875-1939). Ce poète et dramaturge, né à Séville en 1875, est l'un des grands écrivains de la génération de 1898. Dans ses écrits, il s'attache surtout à l'intériorité des personnages. Après un voyage à Paris en 1899, il publie ses premiers poèmes dans la revue Electra ; en 1903, il édite son livre Soledades (Solitudes). On y trouve une lyrique intimiste avec un vers simple, mais très expressif. De 1926 à 1932, il présente avec son frère Manuel différentes comédies dramatiques. En 1939, face au triomphe des troupes franquistes, il s'exile en France, mais meurt peu de temps après, fatigué et atteint d'une maladie.

La génération de 1927, quant à elle, est composée d'un groupe de poètes qui renoncent à une poésie surréaliste en faveur d'un humanisme profond.

Leopoldo Panero (1909-1962). Poète qui a exalté sa terre natale, Astorga. À sa mort, sa femme Felicidad et ses trois fils ont accepté de participer à un court-métrage devant la caméra de Jaime Chávarri. Mais ce qui était prévu comme une sorte d'éloge funèbre conventionnel devint un long-métrage de cinéma-vérité corrosif et dérangeant, très caractéristique de l'Espagne des années 1970 : " J'aurai à combattre et supporter les attaques d'une société qui passe mes actes, j'ignore pourquoi, se sentant insultée. " La famille Panero refusa les faux-fuyants avec courage et honnêteté. Ce fut El Desencanto (Le Désenchantement) en 1976. Un livre de mémoires de Felicidad Blanc suivrait en 1977 : Espejo de sombras (Miroir d'ombres), qu'on lit comme une confidence. " Je connaîtrai enfin la maison d'Astorga. Comme la maison est jolie : le jardin avec ses vieux arbres, et le lierre, ce lierre qui apparaît si souvent dans la poésie de Leopoldo, et qui envahit tout, grimpant aux grilles, aux arbres. "

La littérature dans le nord de l'EspagneHaut de page

Littérature en euskera. C'est en 1545 que parait le premier livre imprimé en langue basque, Linguae Vasconum Primitiae, un recueil de poésie du prêtre navarrais Bernat Etxepare. En 1643, la parution de Gero, oeuvre du navarrais Pedro de Aguerre, dit Axular, marque l'apogée des lettres classiques basques. Le XVIIIe siècle est une période d'importants travaux linguistiques sur l'euskera, en particulier grâce au jésuite Manuel Larramendi (1690-1766), originaire du Guipúzcoa et auteur d'un dictionnaire trilingue castillan, basque et latin. La littérature contemporaine a produit de grands auteurs basques, en particulier Bernardo Atxaga, prix national de littérature en 1989 pour son roman Obabakoak, dont les oeuvres sont traduites dans de nombreuses langues. Autre grand nom de la littérature basque contemporaine, Kirmen Uribe (Ondárroa, 1970) est considéré comme l'un des auteurs les plus prometteurs de sa génération. Son roman Bilbao-New York-Bilbao, écrit en euskera, a reçu le Prix national de littérature espagnole et le prix de la Critique en 2008.

La génération de 98. La fin du XIXe siècle est une période de grande production littéraire mais aussi de désillusion collective. Dans le contexte de la décadence de l'Espagne, avec la perte progressive de ses colonies, émerge une génération d'auteurs influencés par les courants philosophiques européens, qui ont pour point commun la rupture avec les formes classiques, le rejet de l'esthétique du réalisme et une certaine vision pessimiste de l'Espagne. Parmi les auteurs les plus représentatifs de cette génération d'écrivains, deux sont d'origine basque : le philosophe et écrivain Miguel de Unamuno, né à Bilbao en 1864, et le romancier Pío Baroja, né à Saint-Sébastien en 1872. Leurs oeuvres font aujourd'hui partie des classiques de la littérature espagnole.

Grands classiques du XIXe siècle

Parmi les grands auteurs du nord-ouest de l'Espagne, il faut citer José María de Pereda (1833-1906), originaire de Cantabrie, dont le roman Sotileza (1884) est considéré comme un chef-d'oeuvre de la littérature espagnole. Le roman raconte le destin de Silda, jeune orpheline recueillie par un couple de pêcheurs, sur fond d'ambiance marine dans le Santander du début du XIXe siècle. Autre grand nom de l'époque, Armando Palacio Valdés (1853-1938) s'est inspiré de sa région natale, les Asturies, pour produire une oeuvre ancrée dans le réalisme du XIXe siècle. Enfin, Emilia Pardo Bazán (1851-1921), originaire de La Corogne, s'est distinguée dans le domaine du roman naturaliste, laissant une oeuvre considérable de romans, contes et récits de voyages.

Littérature contemporaine. L'écrivaine basque Espido Freire, de son vrai nom María Laura Espido Freire, est originaire de Bilbao. Son premier roman publié en 1998, Irlanda, qui mélange avec brio la beauté des paysages et la cruauté des sentiments humains, lui assure un succès certain en librairie. Avec son deuxième roman Melocotones helados (Pêches glacées), elle gagne le prestigieux prix Planeta. Connus du grand public, ses romans ont été traduits en une dizaine de langues. Elle est aussi célèbre pour son essai Mileuristas (2006) qui brosse un portrait féroce de l'Espagne moderne en pointant du doigt les inégalités sociales dont sont victimes les jeunes diplômés espagnols.

Médias locauxHaut de page
Presse nationaleHaut de page

El País, quotidien national de gauche est le quotidien généraliste payant ayant la plus grande diffusion en Espagne avec une diffusion moyenne de 320 000 exemplaires. Il est suivi de El Mundo, quotidien de centre-droit dont la diffusion se situe actuellement à 250 000 exemplaires. Le quotidien conservateur ABC arrive en troisième position avec une diffusion de 240 000 exemplaires.

Presse régionaleHaut de page

Le quotidien Berria, diffusé au Pays basque et en Navarre, est entièrement rédigé en euskera. Le quotidien El Correo, avec une diffusion de 115 000 exemplaires, est vendu au Pays basque (principalement lu en Biscaye et Alava) et dans La Rioja. Dans le Guipúzcoa, le quotidien de centre-droit Diario Vasco a une diffusion de 90 000 exemplaires. En Navarre, les principaux quotidiens régionaux sont le Diario de Navarra (50 000 exemplaires), de ligne éditoriale conservatrice et régionaliste, et Diario de Noticias (20 000 exemplaires), quotidien de gauche et sympathisant du nationalisme basque. Dans La Rioja, le Diario La Rioja (17 000 exemplaires), fondé en 1889, est le principal quotidien. Avec une diffusion d'environ 85 000 exemplaires, La Voz de Galicia est le quotidien régional le plus lu en Galice. Dans les Asturies, c'est le quotidien libéral La Nueva España qui arrive en tête, avec une diffusion de 55 000 exemplaires. Enfin, El Diario Montañés, quotidien de centre-droit, présente une diffusion de plus de 40 000 exemplaires principalement en Cantabrie, mais aussi dans certaines zones du nord de Burgos et Palencia.

TélévisionHaut de page

L'Espagne compte 6 chaînes nationales : les chaînes publiques TVE 1 et TVE 2 et les chaînes privées Antena 3, Quatro, Telecinco et La Sexta. Il existe aussi de nombreuses chaînes régionales, dont la télévision basque ETB, qui regroupe plusieurs chaînes en basque ou en castillan diffusées au Pays basque et en Navarre. Parmi les grandes chaînes régionales, il faut également citer TVG, une chaîne galicienne.

Dans le nord de l'Espagne, la musique traditionnelle fait loi. Héritée des Celtes, la cornemuse, ou la gaïta, est pratiquée dans les Asturies, la Cantabrie et la Galice.

La musique et les chants basques viennent d'une longue tradition orale, dont certaines mélodies désormais répertoriées remontent au XVIIe siècle. Les chants traditionnels s'accompagnent du txistu, une flûte à trois trous aux origines ancestrales, puisque des flûtes en os datant du paléolithique supérieur ont été découvertes dans les grottes d'Isturitz en Basse Navarre.

En Navarre et en Rioja, il existe une grande tradition de la jota, connue comme la " jota de l'Ebre ". Les paroles des chansons sont des poèmes populaires qui font référence aux thèmes du quotidien, comme les vendanges ou le travail dans les champs.

Le rock basque, des années 1980, dans un genre complètement différent, marque une étape importante de la musique en Espagne. Né dans un contexte de crise économique, il s'inspire du punk pour produire des textes engagés, chantés en euskera, qui auront une forte projection dans tout le pays.

Peinture et arts graphiquesHaut de page

Les manuscrits enluminés par des moines mozarabes au Xe siècle sont les premières manifestations connues de la peinture espagnole. Aux XIe et XIIe siècles, les peintures murales se répandent dans les églises : elles sont sans perspective, les attitudes des personnages sont raides, mais des détails réalistes font d'elles une création typiquement espagnole. Les XIVe et XVe siècles sont ceux de la période gothique. Les artistes travaillent sur les retables des églises et des cathédrales, en leur imprimant des influences italienne, française et flamande.

Le Siècle d'orHaut de page

Natif de l'île de Crète et formé à l'école vénitienne, Domínikos Theotokópoulos, dit le Greco, arrive en Espagne en 1570. Son oeuvre devient aux environs de l'an 1600 un point culminant de l'art européen. Il n'a guère fait école, exception faite de quelques-uns de ses élèves, comme Luis Tristán (1586-1640). Le Greco, largement influencé par le Titien et le Tintoret, maîtrise parfaitement l'art des formes et des couleurs, techniques grâce auxquelles il donne à ces tableaux une expressivité teintée de spiritualité. Quatre peintres donnent à la peinture espagnole du Siècle d'or sa physionomie.

Par ses portraits de saints, Francisco de Zurbarán s'est surtout distingué comme peintre de la vie monacale, tandis que Bartolomé Esteban Murillo exprime l'âme andalouse à travers ses compositions religieuses, de ses Immaculées à ses Saintes familles sans oublier ses scènes réalistes comme Le Jeune Mendiant, vers 1650. C'est cependant Diego de Velázquez qui incarne le mieux ce Siècle d'or espagnol. Peintre officiel de la cour de Philippe IV, Velázquez fait preuve d'un talent inédit. Las Meninas, l'une de ses toiles les plus connues, est une oeuvre complexe où les éléments d'interprétation se cachent derrière l'apparence d'une scène ordinaire de la vie du palais. Velázquez effectue deux voyages en Italie. À cette époque les liens entre les peintres des différentes écoles européennes se resserrent et les échanges se multiplient.

L'ère GoyaHaut de page

Le XVIIIe siècle espagnol est peu prolifique en maîtres. Les forces créatrices du XVIIIe siècle se tassent et seul un peintre domine : Francisco de Goya y Lucientes (1746-1828). Il peint aussi bien des portraits officiels, Charles IV et sa famille, La Marquise d'Albe, que des drames historiques : El dos de mayo et El tres de mayo (1814), devenus les symboles de la résistance des Espagnols contre les Français lors de la guerre d'Indépendance. Sa vision du monde, crue et ténébreuse, se révèle dans ses oeuvres de la maturité. À travers ses peintures, suintent les cauchemars de l'existence et la souffrance de l'homme. Son talent grandiose a montré le chemin à tout l'art pictural et graphique des temps modernes.

L'époque moderneHaut de page

Au début du XXe siècle, nombre d'artistes espagnols se déplacent à Paris, capitale réputée pour son romantisme, sa bohème et son souffle de liberté. Ces artistes venus de Madrid, de Barcelone ou du Pays basque vont jouer un rôle de premier ordre dans l'émergence et le développement de l'art à Paris. La figure de proue est Pablo Picasso, installé à Paris dès 1904. Il bouleverse la peinture par ses incessantes remises en question, par sa capacité à métamorphoser et à sublimer la réalité. Toujours en recherche, il transforme, remodèle, réinvestit la réalité. Son oeuvre est vivante et évolutive : époque bleue, époque rose, cubisme, néoclassicisme suivi d'une brève échappée surréaliste, puis abstraite, jusqu'à l'expressionnisme tragique de Guernica (1937). En pleine effervescence, Picasso, explore de nouveaux moyens d'expression, avec des oeuvres diverses et toujours surprenantes.

Parmi les grands noms espagnols de l'époque moderne notons le peintre Juan Gris, cubiste, installé à Paris dès 1907 ; Julio González, sculpteur ; ainsi que deux surréalistes très différents l'un de l'autre : Juan Miró, peintre sculpteur créateur d'audacieuses fantaisies, et Salvador Dalí, maître de la provocation et de la mise en scène.

Les années 1950 et 1960 voient l'avènement d'une nouvelle génération d'artistes dont la vitalité et le dynamisme ne seront reconnus en Espagne qu'après la mort de Franco. Ces artistes s'expriment dans de nombreux domaines : de la critique sociale au pop art en passant par le néoréalisme.

Antoni Tàpies, utilisant des techniques de collage, grattage et assemblage, se présente aux côtés du sculpteur Eduardo Chillida et du peintre Arroyo comme l'une des plus fortes personnalités artistiques de sa génération. Dans les années 1950, le groupe " El Paso ", formé à Madrid, renouvelle les techniques picturales. Ses représentants (Antonio Saura, Manuel Millares et Manuel Rivera, entre autres) introduisent des matériaux nouveaux, tissus ou toiles métalliques, dans leurs tableaux. Dans les années 1960, les peintres Juan Genovés ou Rafael Canogar revendiquent un langage pop qui s'engage dans la critique du régime franquiste.

Aujourd'hui, des artistes comme Ana Múgica utilisent les nouvelles technologies comme Internet pour créer des images abstraites sur écrans d'ordinateur. Antoní Abad est connu mondialement pour ses montages vidéo et ses installations.

La peinture au Pays basqueHaut de page

Elle trouve son ambassadeur le plus renommé en la personne de Ignacio Zuloaga (1870-1945), peintre d'une Espagne folklorique avant de rejoindre les idéaux de la Génération de 98, se tournant vers un réalisme emprunt de tragédie. Un musée lui est dédié à Zumaia, dans le Guipúzcoa, où le peintre passa la fin de sa vie. Parmi les grands artistes basques, il faut également citer Menchu Gal (1919-2008), originaire d'Irún, première femme à avoir reçu le prix national de Peinture en 1959. La salle d'expositions Menchu Gal, à Irún, présente une quarantaine de ses oeuvres. Enfin, notez que le musée des Beaux-Arts de Bilbao, inauguré en 1914, présente la plus riche collection d'artistes originaires du Pays basque et de Navarre.

SculptureHaut de page

Eduardo Chillida. Sur les terres basques, la sculpture est indissociable du nom d'Eduardo Chillida (1924-2002), artiste prolifique dont les oeuvres ornent une multitude d'espaces publics au Pays basque, et en particulier à Saint-Sébastien, sa ville natale, où l'on peut admirer son oeuvre la plus célèbre, le Peigne du Vent, installé à l'extrémité de la baie de La Concha. Il faudra cependant vous contenter d'admirer ses oeuvres exposées dans le domaine public, puisque le musée Chillida-Leku est fermé depuis 2011 en raison de l'absence d'un accord de financement entre la famille de l'artiste et le gouvernement basque.

Jorge Oteiza. Autre grand sculpteur contemporain, Jorge Oteiza (1908-2003) est un artiste d'origine basque qui a fait don de ses oeuvres à la communauté forale de Navarre, où la fondation Jorge Oteiza a été inaugurée en 2003 à Alzuza. Considéré comme le pionnier de la sculpture abstraite en Pays basque, Jorge Oteiza est aussi un important théoricien de l'espace. Parmi ses oeuvres emblématiques, il faut citer la façade principale du sanctuaire d'Arantzazu, dans le Guipúzcoa, ornée de quatorze apôtres alignés sur 12 m.

Francisco Leiro. Né à Cambados en Galice en 1957, Leiro est célèbre en Espagne et aux Etats-Unis pour ses figures en bois dont l'humour est fait de burlesque et de non-sens. " Je suis sculpteur de naissance ", affirme-t-il, et c'est presque vrai puisque c'est son grand-père Paco, ébéniste et sculpteur imagier, qui lui a passé le virus. En 1978, grâce à une bourse Fullbright, il part pour New York. " J'étais venu pour dix mois, j'y suis resté douze ans ", dit-il. Il a conservé son atelier de Cambados et passe six mois de l'année de chaque côté de l'océan. Pour une exposition au printemps à New York, les gigantesques statues de granit de prophètes ont voyagé en bateau depuis Cambados jusqu'au coeur du Manhattan. " J'essaie de raconter mes affaires à travers la sculpture. Avec les mots, je m'exprime mal. " Il parle le galicien du Sud et emploie volontairement le castrapo, ce mélange populaire de galicien et castillan, avec des jeux de mots dans les titres de ses oeuvres.

TraditionsHaut de page
Le bertsolarismeHaut de page

La langue basque a connu une importante tradition orale qui se poursuit encore aujourd'hui avec la pratique du bertsolarisme, une improvisation chantée, versifiée et rimée en langue basque. Les bertsolaris reçoivent un thème imposé sur lequel ils doivent improviser en suivant des règles strictes de versification. Ils s'affrontent lors de grands tournois ou concours qui attirent un public de plus en plus large.

Légendes asturiennesHaut de page

Pour comprendre les Asturies, il faut se familiariser avec leurs contes et légendes, dont les personnages sont représentatifs des us et coutumes du monde rural. Ainsi, le Sumicius est un lutin minuscule, pratiquement invisible, vivant dans les fermes, et qui a le pouvoir de faire disparaître les choses dont on a un besoin urgent, ou de les faire changer de place. C'est le personnage le plus connu de la mythologie asturienne, et vous l'avez peut-être déjà rencontré... Le Culebre est le gardien des trésors ; le Pataricu et l'Hombre del Sacu dévorent les enfants, surtout quand ils sont cuits à feu doux ; le Nuberu est maître et seigneur du tonnerre et des nuages. Ils sont accompagnés du faucheur, du joueur de boules, de la vendeuse de châtaignes et de bien d'autres encore...

La tauromachieHaut de page

D'abord destinée aux aristocrates, la tauromachie est devenue au XVIIIe siècle une fête du peuple. Codifié une première fois en 1796 par le matador Pepe-Hillo, le jeu prend sa forme actuelle quelques années plus tard vers 1830. Cependant, au cours du temps, le spectacle a changé. Il a basculé d'une forme d'affrontement violent avec des bêtes énormes, au XIXe siècle, à un spectacle dominé par la recherche de l'émotion esthétique, à partir des années 1950. Juan Belmonte a initié ce nouveau chemin en développant le travail à la cape. Son grand rival, Joselito, a également excellé dans cet art. Les toreros, parmi lesquels Manolete, Luis Miguel Dominguín, Antonio Ordóñez et El Cordobés, ont joui d'une grande popularité... et fascinent toujours. Pour preuve, ces artistes et écrivains (Montherlant, García Lorca, Hemingway) qui leur consacrèrent des oeuvres entières.

A l'heure actuelle, la corrida ponctue la plupart des évènements importants, locaux ou nationaux. Au nord de l'Espagne, c'est en Navarre que la culture de la corrida demeure la plus vive grâce aux fêtes de la San Fermin à Pampelune, où s'enchaînent encierros en matinée et corridas l'après-midi.

Avant l'entrée dans l'arène, c'est un véritable rituel qui se déroule dans les vestiaires. Le torero revêt le traje de luces (habit de lumière) avec l'aide de son assistant, suivant tout un méticuleux protocole. Ces habits sont cousus à la main et sont traités comme des oeuvres d'art, des milliers de paillettes brodées illuminent le torero au milieu de l'arène et attirent l'attention du taureau. La matière et la confection du traje contribuent à une meilleure performance du torero et une meilleure aisance de ses mouvements.

La sortie du torero dans l'arène suit également un rituel, après avoir eu l'accord de la présidence de la plaza de toros, le torero fait un tour de piste pour se montrer à son public. Son équipe vient ensuite pour être aussi présentée au public. Puis le taureau entre en scène pour le combat à mort avec le torero. Chaque combat dure environ 15 minutes et chaque torero affronte en moyenne deux taureaux.

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