Le guide : PECHE : BOURGOGNE – La Seille (71)

BOURGOGNE – La Seille (71)

Entre Chalon-sur-Saône et Mâcon, on quitte l'autoroute A6 au niveau de Tournus pour rejoindre, à 8,5 km, Cuisery et longer la Seille en direction de Lons-le-Saunier jusqu'à Louhans (à 21 km). De Louhans, si l'on veut continuer à remonter la Seille pour chercher des spots à truites, on doit quitter la route de Lons-le-Saunier en direction de Montagny-preès-Louhans et Frangy-sur-Bresse. Cuisery et Louhans sont desservis par le train.

LES DIFFÉRENTS SPOTSHaut de page

Fort d'un potentiel piscicole riche et diversifié, la Sâone-et-Loire offre une multiple de possibilités de pêche. Le département abrite plus de 4 000 kilomètres de rivières et de canaux pêchables, auxquels s'ajoutent 1 500 hectares de plans d'eau. Voici donc un département très pêche ! Les eaux calmes et poissonneuses de la Saône, de la Seille ou encore du Doubs font le bonheur des pêcheurs de friture, de carpes ou de carnassiers alors que les adeptes de sensations peuvent aller chercher le silure dans les profondeurs de ces mêmes cours d'eau. Les amateurs de pêche à la truite, préfèreront quant à eux, les rivières morvandelles (Méchet, Ternin) et du Brionnais (Botoret, Sornin) qui abritent toujours de belles truites fario, mais aussi la haute Seille. Le tableau ne serait pas complet sans parler de la Loire, dernier fleuve sauvage d'Europe, de l'Arroux, rivière à migrateurs où s'ébattent saumons, aloses, lamproies et anguilles, du canal du Centre avec ses réservoirs d'alimentation et, bien entendu, des étangs de la Bresse bourguignonne.
Affluent de la Saône, rive gauche, la Seille, née dans le Jura aux confluences de trois rivières de premières catégorie, est une rivière d'origine marécageuse. Au Moyen Age, elle se nommait d'ailleurs la Sallia, de sala, le marais. Cette rivière appréciée des pêcheurs prend sa source dans le Jura, au fond de la reculée de Ladoye-sur-Seille puis traverse le vignoble jurassien en arrosant Nevy-sur-Seille, Voiteur, Arlay avant d'atteindre la plaine agricole de Bletterans puis Louhans et la Bresse, en Saône-et-Loire, pour rejoindre enfin la Saône à La Truchère, à quelques enclabures de Cuisery, charmant village et village du livre, au sud de Tournus. Quelques kilomètres avant son embouchure, la basse Seille forme un réseau d'étangs, de dunes et de tourbières de plus de 3 000 hectares abritant un grand nombre d'oiseaux migrateurs, dont des espèces menacées et une flore riche d'espèces rares. D'une longueur de 110 km, la Seille est dans sa partie supérieure une tranquille rivière à truites qui déborde parfois de son lit au printemps. Son cours inférieur, soumis lui aussi à d'importantes crues, est navigable sur 39 kilomètres de Louhans à la Truchère. C'est dans cette partie que l'on peut rencontrer des silures, poissons qui colonisent la rivière depuis les années soixante et qui atteignent parfois une taille impressionnante. La rivière est réputée avoir offert les premières captures de gros silures en France, dans les années 80 (record : 2,20 m de long et 66 kg !).
Le bassin versant de la Seille est de 2 620 km² et concerne quelques 600 km de cours d'eau qui coulent dans trois départements : le Jura, la Saône-et-Loire et l'Ain. Un contrat de rivière du bassin de la Seille porté par le syndicat mixte Saône et Doubs a été mis en oeuvre, en 2002, conjointement par les conseils régionaux et généraux, l'agence de l'eau et l'Etat. Il s'agit de préserver la qualité de l'eau, mais aussi de protéger des inondations les lieux habités lors des crues. Ce qui concerne tout de même une trentaine de communes, les trois secteurs les plus touchés étant l'agglomération louhannaise, Bletterans et Voiteur. De récentes analyses de poissons dans la Vallière (affluent du Solnan, lui même affluent de la Seille) ont révélé une pollution aux PCB (polychlorobiphényles). Si la pêche aux lignes reste autorisée, la consommation du poisson est restreinte. Sont interdites la consommation humaine et animale ainsi que la cession en vue de la consommation humaine et animale de poissons benthiques, c'est-à-dire les anguilles, barbeaux, brèmes, carpes, tanches et silures, pêchés sur la Vallière entre la limite première et deuxième catégorie à Lons-le-Saunier (Jura) et la confluence avec la rivière Solnan (Saône-et-Loire). En dehors de cette portion, les poissons restent fort heureusement comestibles.

Deux étangs privés

Parmi la petite douzaine d'étangs dits " des pêcheurs ", étangs privés gérés par la fédération de Saone-et-Loire (les pêcheurs locaux connaissent bien celui Beauchamp, le paradis des carpistes, qui s'étend sur 13 ha), deux sont situés à proximité de la Seille :

L'étang de la Ciblière, sur la commune de Dommartin-les-Cuiseaux, est un plan d'eau de 2,76 ha ouvert à tout détenteur d'une carte de pêche. Profond de 1 à 3 m maximum, il accueille une population de brochets, de carpes et de gardons dans un environnement agréable dont on peut jouir seul ou en famille.

L'étang de la Bardière entre les communes de Frontenaud et Le Miroir, qui couvre 5,3 ha est ouvert à tout détenteur d'une carte de pêche. Avec une profondeur comprise entre 1 à 4 m maximum, il abrite une population de brochets, de carpes et de gardons. C'est un plan d'eau facile à pêcher, apprécié pour les intitiations.

La truite dans le Sornin

Le Sornin prend sa source dans le haut Beaujolais, dans le département du Rhône, avant de sinuer à travers les vallons sur 53 kilomètres jusqu'à sa confluence avec la Loire. Il parcourt environ 23 kilomètres en Saône-et-Loire. Sur son cours inférieur, cette jolie rivière ne dépasse guère une quinzaine de mètre de large. Son caractère montagneux lui confère un faciès torrentiel sur la majeure partie de son cours. Le Sornin et ses affluents offrent un parcours attrayant pour les amoureux de la nature, des paysages et bien sûr des truites pour la pêche. Dans ce type de cours d'eau, relativement étroit et tumultueux, la technique reine est la pêche au toc, au ver ou à la teigne. Pour réussir de belles pêches, profitez des coups d'eau et des pluies d'orages des mois de mai, juin, juillet. Les inconditionnels de la pêche au vairon sauront tirer leur épingle du jeu. Sur la partie basse des cours d'eaux, employez des montures appropriées (type aulne ou godille). Sur les portions peu larges des zones amont préférez une monture toc classique : remplacez simplement le ver ou la teigne par un vairon vivant. La pêche à l'ultra-léger (cuillers, poissons nageurs) donne également de bons résultats. Avec cette technique on peut pêcher en eau claire, mais il faut rester très discret. Profitez des heures d'activité de la truite. Pêchez le coup du soir. Et par une belle soirée d'été, pourquoi ne pas prospecter avec l'incontournable sauterelle, en surface ou noyée ? Prendre un beau poisson avec la sauterelle attrapée dans le pré d'à côté... rien que du local !

Petite mise au point sur le silure

C'est presque comme le retour du loup dans les alpages ! Voici un poisson dont l'extension à la quasi-totalité du réseau hydrographique français a suscité et suscite toujours des réactions exacerbées de passion ou de rejet. Le silure glane présent en France est l'un des deux représentants en Europe occidentale de la famille des Siluridés (l'autre étant le poisson chat). C'est un gros ! Il mesure entre 1 et 2 m de long, pour un poids de 30 à 40 kg. Dans le Danube, certains spécimens particulièrement costauds peuvent atteindre 3 mètres de long et peser de 150 à 250 kg. Le record reste de 5 m et 306 kg pour un silure pêché dans le Dniepr. C'est parce que le silure est la plus grande espèce d'eau douce au monde que sa présence dans nos eaux suscite crainte et rumeurs. Le retour du silure glane est récente en France. Son aire de répartition a commencé à s'étendre progressivement dès les années 1970, à partir des poissons " échappés d'étangs et de pisciculture " et d'introductions délibérés.
Le silure est un coriace qui vit en moyenne 20 ans et dont la femelle peut pondre jusqu'à 500 000 oeufs. Contrairement à de nombreux poissons introduits (sandre, black-bass, carpe à l'Ere Romaine...), le silure glane était présent dans nos eaux aux temps anciens. Il s'agit tout au plus d'une réintroduction, pas d'une espèce perturbant l'écosystème. Carnivore, le silure fait une grande consommation de gardons, brèmes, poissons chats, rotengles, mais aussi d'écrevisses. Mais on ne doit pas pour autant le rendre responsable de la raréfaction de certaines espèces piscicoles dans nos cours d'eau. D'autres facteurs plus déterminents nous incombent : pollution des cours d'eau, artificialisation, destruction d'habitat et de frayères. Il est à déplorer que certains détracteurs maltraitent le silure (on a vu des dépouilles éventrés laissés sur les berges) comme d'autres le font, à terre, pour le renard... Le silure, de part sa puissance, offre les sensations de la pêche exotique. Ni venimeux, ni ogre des rivières, le silure vous offre l'occasion de prendre le plus gros poisson de votre vie.

La Seille en Saône-et-LoireHaut de page

Dans son parcours en Saône-et-Loire, la Seille est large d'une vingtaine de mètres, profonde de 1,5 à 4 mètres, et présente le profil type des rivières de plaine. Au fur et à mesure de son parcours, le cours d'eau voit son courant ralentir, ses largeurs et profondeurs augmenter, pour atteindre près de 100 mètres de large à sa confluence avec la Saône à la Truchère. La Seille, sur ce beau parcours entre Louhans et Cuisery méandre lentement à travers des paysages de bocage et des champs de maïs, renforcée au passage par de multiples affluents de taille variable, les plus conséquents étant la Brenne, la Vallière, le Solnan et la Sane. Sa profondeur moyenne est d'environ 7 mètres avec des fosses qui peuvent atteindre 15 mètres. Surplombant parfois la rivière, les berges sont souvent envahies de végétation, voir même de roselière sur la partie aval, ne facilitant guère la pêche. Il en va de même pour les quelques propriétés privées ponctuant le cours de la rivière. Un chemin de halage, rive gauche, permet cependant de longer la rivière à partir de Louhans (interdit aux véhicules). Classée domaine public sur sa partie navigable de la Truchère jusqu'à Louhans, la Seille est un des hauts lieux du tourisme fluvial bourguignon, et, en été, la navigation est parfois génante pour la pêche.

Pêche du silure : c'est ici que les premiers silures français ont été capturés et, pour certains pêcheurs, les noms de Ratenelle ou du Creux de l'enfer restent synonymes de combat mémorables ! Si la pression de pêche a pu être forte au milieu des années 1990, il n'en est plus rien désormais, la plupart des mordus de silures préférant opérer dans la Sâone.

Pêche de la carpe : c'est surtout à partir de Louhans, sur la partie canalisée de la Seille, que les carpistes peuvent exercer leur passion au mieux. Les carpes grossissent bien dans ce secteur large et profond. Les prises depassant 15 kilos sont fréquentes. Les secteurs de pêche à la carpe de nuit pour l'année sont publiés sur ce lien de la préfecture (voir le site de la fédération de pêche 71).

Pêche des poissons blanc : très poissonneuse, la Seille peut se pêcher dans toutes les techniques, que ce soit au moulinet ou à la grande canne. Si les gardons et brèmes refusent de se rapprocher du bord, amorcez une coulée un peu plus loin et optez pour la pêche à la bolognaise.

Pêche en barque : on peut pêcher avantageusement en barque sur la Seille en se conformant à la réglementation spécifique liée à la navigation fluviale.

SE RESTAURERHaut de page
Recette : poularde aux écrevisses façon Bocuse

Louhans a vu naître l'un de nos grands chefs Fernand Point, pionnier de la gastronomie française, l'un des pères de la nouvelle cuisine, et fondateur du célèbre restaurant toujours étoilé de la Pyramide à Vienne, plus au sud dans la vallée du Rhône. Si Louhans est plutôt connue pour ses poulets ou poulardes de Bresse ou sa tête de veau, d'autres recettes traditionnelles mettent en valeur les poissons locaux et d'autres mets de choix d'origine aquatique dont les écrevisses ou les cuisses de grenouilles. On prépare le sandre avec des échalotes et du vin rouge mais aussi la poularde aux écrevisses façon Paul Bocuse, l'incontournable !

Ingrédients pour 6 : une poularde de Bresse coupée en morceaux, 24 écrevisses pattes rouges, 60 g de beurre, 2 dl de vin blanc sec (Mâcon), 2 dl de bouillon de volaille, 2 échalotes, 2 tomates, 2 cuillerées à soupe d'huile, sel, poivre.

Préparation : Éplucher les échalotes, les hacher et les faire fondre à l'huile dans une cocotte, retirer et réserver. Mettre les morceaux de poularde en plusieurs fois dans la cocotte et les faire dorer de tous les côtés. Remettre les échalotes, saler, poivrer et laisser cuire 10 minutes. Retirer les morceaux de poularde, les réserver au chaud. Jeter les écrevisses dans la cocotte à feu vif en les remuant avec une cuillère en bois. Couvrir et les laisser cuire 5 minutes. Les retirer et mettre les morceaux de poularde, mouiller avec le vin blanc, donner un bouillon. Ajouter les tomates pelées et épépinées. Réduire légèrement puis mouiller avec le bouillon bouillant et continuer la cuisson à feu moyen 25 minutes. Retirer les morceaux de poularde, les réserver au chaud. Séparer les têtes des queues des écrevisses. Vider les coffres dans la cocotte. Poser sur feu moyen 3 minutes. Passer cette sauce au chinois et incorporer le beurre en morceaux en fouettant. Décortiquer les queues d'écrevisses. Mettre les morceaux de poularde dans un plat de service creux et chaud, avec les queues d'écrevisses. Napper avec la sauce.

Recette : la Pôchouse

Plat de poissons à la bourguignonne, la pôchouse est une espèce de matelote de poissons de rivière préparée au vin blanc. La matelote voisine du Val de Loire nivernais est, pour sa part, cuisinée au vin rouge. La Bourgogne propose d'autres recettes de poissons : la carpe farcie de pâte à gougère, cuite au vin blanc sur un lit d'échalotes, ou encore braisée au vin rouge ; l'anguille cuite au court-bouillon, puis tronçonnée, frite et servie avec une mayonnaise à la moutarde ; le brochet rôti, braisé ou entrant dans la composition de quenelles.

La pôchouse, ou pauchouse, est cuisinée à partir d'un assemblage de quatre poissons. Deux poissons à chair maigre : le brochet et la perche ; et deux poissons à chair grasse : l'anguille et la tanche.
La Confrérie des Chevaliers de la Pôchouse, à Verdun-sur-le-Doubs, célèbre cette spécialité gourmande lors de ses chapitres d'octobre, depuis 1949.

La recette : préparer et couper en morceaux les 4 sortes de poisson (brochet, perche, anguille et tanche). Tapisser le fond d'une sauteuse de gousses d'ail écrasées, assaisonner de gros sel, poivre du moulin et thym en branche. Disposer les poissons sur l'ail, mouiller de vin blanc sec, couvrir la sauteuse et porter à ébullition, flamber, puis lier la sauce avec un beurre manié, avant de laisser mijoter durant une vingtaine de minutes. Dresser les morceaux dans un plat et napper de la sauce passée au chinois. Accompagner de croutons frits au beurre et frottés a l'ail.

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