Le guide : GUIDE DE L'EXPATRIATION : Commencer par un stage

Commencer par un stage

Le stage est un excellent moyen d'intégrer une entreprise à l'étranger. Réalisé au cours de ses études ou en fin de cycle, il ajoute un atout incontestable à un CV d'étudiant : on valide une expérience professionnelle tout en vivant une expérience humaine.

Justine, graphiste à New York

"A la fin de mes études d'Arts déco à Strasbourg, j'ai cherché un stage de plusieurs mois à New York. J'avais sélectionné des entreprises que j'aimais et qui étaient connues pour prendre des étrangers. Elles m'ont répondu très vite. Cette réactivité m'a encouragée et je me suis rendue sur place pour les rencontrer. Certaines m'ont refusé le stage à cause des démarches administratives, mais la plupart avaient l'habitude."

Trouver du soutien dans son entreprise et son réseau personnel

"Quand j'ai décroché mon stage, ma boîte m'a aidée à obtenir un visa de travail de stage, de courte durée. Après six mois, ils ont proposé de m'embaucher et ont entamé les démarches pour mon visa de travail (à durée limitée, renouvelable). Ce visa était rattaché à mon entreprise, si je changeais, j'avais un mois pour retrouver du travail avant d'être expulsée du pays. Finalement, tout s'est enchaîné et je suis restée neuf ans. Ma compagnie m'a payé la green card au bout de six ans car j'avais épuisé les possibilités de visa.

Côté logement, j'ai d'abord atterri chez une copine de stage. J'étais payée chaque semaine, donc j'avais toujours un peu d'argent. Pour prétendre à un logement à New York, il faut un ou deux mois de loyer de côté. Les loyers étant très chers, mes parents m'ont aidée. Mon véritable appartement, je l'ai trouvé via le milieu des expats français, notamment des VIE. Le réseau est capital. C'est l'un de mes conseils : il est utile d'avoir quelques contacts sur place, avant d'arriver, pour se lancer un peu et ouvrir les portes."

Profiter de son expatriation

"J'avais un anglais très scolaire en arrivant. J'ai appris le vocabulaire du graphisme sur place, grâce à un livre spécialisé. Je n'ai pas souvenir d'avoir eu beaucoup de difficultés sur ce point, d'autant que les Américains font des efforts pour comprendre et se faire comprendre. New York est assez facile d'accès, les gens y sont plutôt avenants et aidants.

En plus de mon travail de graphiste, je faisais de la voile et cette activité extra-professionnelle m'a permis de rencontrer pas mal de monde. C'est vraiment important de rencontrer les locaux, sinon tu peux passer complètement à côté du pays, et ne traîner qu'entre expatriés. J'ai aussi pas mal voyagé dans tout le pays et donc bien profité de ma vie là-bas. New York est une ville géniale, quand tu es jeune, bien portant et que tu gagnes bien ta vie. C'est l'un de mes conseils d'ailleurs. Quand on prépare son expatriation, mieux vaut avoir un peu d'argent de côté. Il faut penser au coût de la vie en amont, sans que ce soit un frein, mais assurer ses arrières, pour pouvoir payer une caution d'appart, par exemple."

Rentrer

"Au bout de sept ans, j'ai commencé à avoir envie de rentrer en France, de me rapprocher de ma famille, d'en fonder une moi-même. Je n'avais pas d'attaches profondes à New York. Parmi les gens que je rencontrais, il y avait quand même beaucoup d'étrangers, qui finissaient toujours par repartir. Je devais me reconstruire un cercle régulièrement. La plupart des VIE que je connaissais avaient la vingtaine, donc progressivement, je me suis retrouvée en décalage d'âge. Cela m'a pris deux années de plus pour me décider. Quand j'ai quitté New York, j'ai versé une petite larme, car c'est tout un pan de ma vie que j'ai laissé derrière moi.

Et puis, je ne voulais pas rentrer et me retrouver à déprimer dans le RER. J'ai attendu un peu, une fois rentrée, pour chercher du travail et un appart. J'ai d'ailleurs dû refaire tout mon réseau professionnel, comme à la sortie des études. Et puis la manière de travailler est différente, le vocabulaire aussi. Bref, il a fallu un temps d'adaptation. En tant qu'expat, tu vis dans une bulle, en communauté. Quand il faut revenir à la vie normale, l'atterrissage peut être très dur. Finalement, on m'a proposé un boulot complètement différent et cela m'a assuré une transition en douceur. J'étais plutôt contente de partir sur une nouvelle aventure. Mon expatriation m'a donné confiance en moi. Je crois que quand on débarque dans un pays dont on ne connaît pas les codes, on a moins de freins, moins de barrières. L'expatriation te pousse à oser, à te libérer de tes a priori."

Comment trouver un stageHaut de page

C'est là toute la difficulté de l'entreprise ! Il va falloir jouer de votre réseau personnel et étudiant. Le bureau de stages de votre école ou de votre université peut éventuellement vous aiguiller - certaines écoles possèdent même leur réseau propre - mais il faudra avant tout compter sur vous-même. Chaque établissement de formation supérieure détient en principe la liste, triée par pays et par secteur, des entreprises qui ont déjà accueilli des étudiants en stage.

Sites Internet. L'idéal est bien sûr d'être déjà sur place pour chercher et de démarcher en direct les entreprises qui vous intéressent. Mais il n'est pas toujours possible d'y parvenir, l'autre option reste donc Internet. Des sites Internet de qualité variable reprennent les offres de stage en continu. A vous d'opérer une veille active et de viser les stages qui vous correspondent, en adaptant à chaque fois votre CV et votre lettre de motivation, en VO bien sûr, avec l'aide d'Europass. Evidemment, votre niveau de langue, vos diplômes et votre expérience professionnelle en France vont jouer. Voici déjà quelques pistes de recherche. Egalement, prenez contact avec d'anciens étudiants ou stagiaires sur les forums pour bénéficier de leur expérience (le forum ESN Erasmus Student Network).

Organismes institutionnels. Sachez aussi que certaines destinations sont plus accessibles que d'autres, la Chine et le Brésil sont par exemple réputés pour leur complexité administrative. Rares sont les visas de stages délivrés aux Français. A l'inverse, le Québec (avec l'Office franco-québécois, OFQJ) et l'Allemagne (avec l'office franco-allemand, OFAJ) diffusent régulièrement des offres de stages à destination des jeunes étrangers. Autre bon plan, contactez les organismes français, comme les chambres de commerces et les missions économiques, qui relaient ce type d'information.

Agences de placement. A l'instar des agences de placement universitaires, les compagnies qui proposent de vous trouver un stage moyennant rémunération sont à étudier d'un oeil averti. Choisissez prudemment votre agence, pour éviter les escroqueries. Les sites qui exigent un paiement en avance sans garantie de résultat sont à fuir. Normalement, les frais sont déboursés à la fin du processus de recherche, lorsque l'agence est en mesure de garantir un stage bien précis. Contactez des plateformes comme My Internship Abroad ou IES Consulting. Autre piste à suivre, la mission bénévole à l'étranger, moyennant finances. Avec Projects Abroad, par exemple, on peut s'engager dans une mission pour plusieurs semaines et en retirer une expérience humaine et professionnelle très enrichissante. Il faut compter au minimum 1 500 € pour 2 semaines (tout inclus sauf le vol).

Patinoire sur la place du Marché Bonsecours.
Patinoire sur la place du Marché Bonsecours.
RémunérationHaut de page

Contrairement aux idées reçues, il n'est pas impensable de trouver un stage rémunéré à l'étranger. Toutefois, sachez que ces stages s'adressent presque uniquement aux étudiants de second cycle, en Master, ou issus d'écoles de commerce ou d'ingénieurs. Si vous n'avez qu'un Bac+3 ou moins, vous risquez de ne pas pouvoir accéder à ce type de poste, sauf si vous postulez dans de très grosses entreprises (plus de 500 salariés), qui disposent alors de grilles de salaires. A titre d'information, on peut alors viser 700 € par mois pour un Bac+3 et 1 250 € par mois pour un Bac+5.

En France, un stage au-delà de 7 semaines doit obligatoirement donner lieu à une indemnité de 436 € par mois. A vous de vérifier si le pays que vous visez dispose d'une législation garantissant une indemnité minimum. Souvent, les pays en développement comme la Chine ou la Russie proposent des salaires intéressants pour les stagiaires. Notez toutefois que si vous êtes payé, on attendra bien plus de vous qu'à l'occasion d'un stage non payé. Les possibilités de prendre quelques jours pour visiter les environs risquent d'être plus rares...

En cas de stage non rémunéré, il convient de vous poser la question de l'intérêt de votre démarche. Si l'emploi proposé et le pays d'accueil vous passionnent, foncez ! Vous en ressortirez avec une nouvelle expérience toujours intéressante. Notez également que certains milieux comme la culture, la communication, la presse ou les arts ne délivrent que très rarement des stages rémunérés, restrictions budgétaires obligent. Les stages d'été, généralement longs de 1 à 3 mois, sont une excellente manière d'aborder la vie à l'étranger. S'ils ne sont presque jamais rémunérés, ils permettent quand même de tester cette vie d'expatrié, afin de s'assurer que l'on est bien fait pour ça !

Les bourses spécialisées

Que vous soyez rémunéré ou non, une bourse peut grandement améliorer votre confort sur place. Plusieurs organismes privés ou publics délivrent des bourses en fonction des destinations. Voici la liste :

Les bourses accordées en fonction de la formation

Bourse Fondation Ledoux. Près de 200 étudiants en IUT ont été soutenus financièrement dans la réalisation d'un stage à l'étranger d'une durée de 3 à 6 mois durant leur année post-DUT. Le montant total de la bourse sera fonction de vos ressources financières et des frais occasionnés par le séjour à l'étranger. Les sommes attribuées peuvent aller jusqu'à 2 000-2 500 €.

Bourse Leonardo. Elle permet aux personnes disponibles sur le marché du travail mais aussi au public en formation professionnelle initiale de partir en stage en Europe avec un séjour financé à 100 %.

Les bourses par pays

Bourse OFQJ. Si vous n'êtes plus étudiant, vous pouvez faire appel à l'Office franco-québecois pour la jeunesse pour partir faire un stage au Québec d'une durée de trois mois. Vous êtes assuré d'être rémunéré à hauteur de 700 CA$ par mois.

Bourses OFAJ. Il existe 3 bourses de stage au sein de l'Office franco-allemand pour la jeunesse. La bourse OFAJ pour un stage pratique, la bourse OFAJ pour jeunes en formation professionnelle et technologique, et la bourse OFAJ " Job dans la ville jumelée " qui peut être offerte dans le cadre d'un stage volontaire.

Erasmus Stage. C'est une variante du programme initial permettant aux étudiants de financer un stage en Europe.

Executive Award. Il permet au salarié d'une entreprise de partir " en stage " dans une structure en Australie pour une période de 1 à 4 mois. Le montant de la bourse peut aller jusqu'à 18 500 AU$.

Bourse CIERA. Une aide à la mobilité qui s'adresse aux étudiants de niveau Master 1 souhaitant réaliser un stage en Allemagne, en Autriche ou en Suisse.

Bourse AUF. Les bourses de stages professionnels du Bureau Europe de l'Ouest et Maghreb de l'AUF sont destinées aux étudiants en fin de deuxième cycle universitaire (niveau Master 2 ou équivalent), inscrits dans les établissements membres de l'AUF qui se situent dans la zone couverte par le Bureau Europe de l'Ouest et Maghreb.

Les bourses accordées en fonction du lieu de résidence du demandeur

Bourse Eurodyssée. A l'image de la bourse Leonardo, la bourse Eurodyssée permet aux demandeurs d'emploi de se voir financer un stage en Europe. Cette bourse est disponible pour les habitants des régions Bourgogne, Champagne-Ardenne, Corse, Franche-Comté, Ile-de-France, Limousin, Midi-Pyrénées, Picardie, Poitou-Charentes et Rhône-Alpes.

Visa vacances-travailHaut de page
Cours de cuisine.
Cours de cuisine.

Le VVT est le sésame pour vivre un an dans un pays étranger, hors Europe, tout en ayant la possibilité de faire un stage ou de travailler directement. Attention, le stage ne peut être que de 4 mois maximum et l'emploi (pour la même entreprise) de 6 mois maximum.

Ce programme d'accords bilatéraux permet ainsi aux jeunes Français entre 18 et 30 ans de venir séjourner pendant une année complète dans ces pays : Japon, Nouvelle-Zélande, Australie, Canada, Corée du Sud, Russie, Argentine, Hong Kong, Chili, Colombie, Taïwan, Uruguay, Mexique et Brésil. Toutes les informations sont à retrouver sur diplomatie.gouv.fr

Conditions d'obtentionHaut de page

Voici les conditions d'obtention générales (certaines destinations exigent des spécificités, à retrouver sur le site de l'ambassade concernée) :

Ne pas avoir déjà bénéficié de ce programme dans le pays en question.

Etre âgé de 18 à 30 ans révolus à la date du dépôt de la demande de visa (35 ans pour le Canada).

Ne pas être accompagné d'enfants à charge.

Etre titulaire d'un passeport français en cours de validité.

Etre en possession d'un billet de retour ou de ressources suffisantes pour acheter un billet de retour.

Disposer de ressources financières nécessaires pour subvenir aux besoins au début du séjour. Le montant minimal des ressources est fixé chaque année par les Etats signataires.

Le cas échéant, fournir une lettre de motivation, voire un curriculum vitae.

Le cas échéant, présenter un certificat médical et un casier judiciaire vierge.

Justifier de la possession d'une assurance privée couvrant tous les risques liés à la maladie, à la maternité, à l'invalidité, à l'hospitalisation et au rapatriement pour la durée du séjour.

Dans certains pays, comme l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, il est possible de renouveler son VVT une fois. Il faut pour cela avoir travaillé dans un certain secteur (souvent l'agriculture et la construction).

Métiers de VVtistesHaut de page

Certains secteurs sont particulièrement friands de VVtistes.

Fruit-picking et autres tâches agricoles sont très pratiqués en Océanie, au Canada ou en Amérique du Sud. La récolte des fruits et légumes (picking) et le tri et l'empaquetage (packing) sont limités à certaines régions et dépendent de la saison. La plupart du temps, le picking est payé au rendement et le packing est payé à l'heure. C'est un travail assez difficile nécessitant une bonne condition physique. Stable hand ou farm hand (employé d'écurie, de ferme) peuvent intéresser ceux qui aiment les animaux, la vie au grand air et les tracteurs.

La restauration, partout dans le monde, recherche toujours de nouveaux employés. Waiter, kitchen hand, cook (serveur, plongeur, cuisinier) sont les emplois les plus courants.

L'industrie de la propreté, notamment les personnels de ménage dans les hôtels, bureaux et centres commerciaux, ainsi que les laveurs de voitures sont en recrutement permanent. La pénibilité de ces métiers implique un très fort turn-over des salariés. Notez que c'est généralement assez mal payé.

Vendeurs et autres spécialistes de l'inventaire, enfin, complètent ce panorama des jobs courants pour VVtistes.

Trouver un petit jobHaut de page

Voici quelques conseils futés pour sortir du lot des VVtistes.

Inscrivez-vous dans une agence d'intérim, cela peut grandement accélérer vos recherches.

Consultez les nombreux sites Internet mis à votre disposition.

Prenez le téléphone. N'hésitez pas à appeler aux différents numéros que vous trouverez sur les offres d'emploi. L'inconvénient, c'est que le travail ne vous sera vraiment donné que si vous vous présentez le premier sur le poste. Regardez bien les distances avant de vous déplacer pour rien.

Parcourez les petites annonces. Faites le tour des panneaux d'affichage des Backpackers et des auberges de jeunesse. Achetez les journaux locaux ou visitez leurs sites Web. Rendez-vous également dans les centres d'information.

Faites du porte-à-porte. Ne négligez aucun commerce. Ce type de démarche est courant et ne choquera pas. Prévoyez d'avoir avec vous quelques exemplaires de votre CV en anglais. Recherchez les panonceaux " Job applications welcome " ou " Staff wanted ". A la campagne, présentez-vous dans les fermes au " Packing shed ", de préférence tôt le matin.

Renseignez-vous sur les grandes manifestations annuelles, on y recherche souvent de la main-d'oeuvre.

Dans tous les cas, renseignez-vous sur le salaire des week-ends et des jours fériés qui peut être sensiblement différent.

Travaux agricoles.
Travaux agricoles.
Aides financières de l’EtatHaut de page

Il peut être intéressant de vous rapprocher de différentes entités administratives afin de vous renseigner sur d'éventuelles aides. A consulter donc, les missions locales, le Pôle emploi international, votre conseil département et votre conseil régional. Rendez-vous sur le Portail européen de la Jeunesse et sur Découvrir le monde.

Notez que le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche délivre une "Aide à la mobilité internationale" via le CROUS, dédiée aux étudiants d'un établissement français partant à l'étranger dans le cadre d'un stage ou d'un diplôme. Elle est de 400 € mensuels et se délivre uniquement sur critères sociaux.

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