Le guide touristique CHARENTE MARITIME du Petit Futé : Économie

Économie

Marais salants de l'île de Ré
Marais salants de l'île de Ré

La Charente-Maritime devient progressivement un département attractif particulièrement grâce à son littoral. Si le tourisme joue un rôle moteur - la Charente-Maritime est la deuxième destination touristique de la France métropolitaine -, l'économie du département dépend également des activités maritimes diversifiées à l'image des huîtres de Marennes-Oléron (estuaire de la Seudre, de L'Eguille à Marennes et La Tremblade, et l'île d'Oléron) et de l'île de Ré mais aussi des moules de la Baie de l'Aiguillon. A cela s'ajoute la culture du sel qui assura la prospérité de la région jusqu'au XIXe siècle mais aussi des produits de la terre : asperges, pommes de terre. Les espaces agricoles occupent 64 % du territoire et l'agriculture regroupe près de 7 400 exploitations qui restent familiales. A l'instar de ce qui se passe au niveau national, leur nombre s'est réduit en l'espace d'une décennie. Les principales productions sont des céréales et des oléagineux tandis que la vigne, qui s'étend sur 40 000 hectares, permet de produire la moitié des vins blancs destinés à l'élaboration du cognac. En tout, l'activité agricole ne représente que 6 % de l'emploi total du département, mais elle génère de nombreux emplois, en particulier dans l'agroalimentaire. Si la pêche a subi des évolutions (modernisation des techniques et diversifications des métiers), elle garde une place importante et se concentre sur trois ports dont celui de la Cotinière, premier port de pêche artisanal de Charente-Maritime et 6e au niveau national. Le secteur industriel, également marqué par la crise, représente 13 % de l'emploi salarié. Il compte d'ailleurs quelques fleurons dans le domaine nautique (usines Dufour, Amel, Fountaine-Pajot...), dans le ferroviaire (Alstom), liés aux possibilités d'import-export qu'offrent les ports de La Pallice et de Rochefort. L'artisanat tient quant à lui une place importante avec trois secteurs d'importance : le bâtiment, les transports et l'alimentation. Le taux de chômage du département (10,9 %) est en augmentation depuis 2013 et il est légèrement au-dessus de la moyenne nationale. Enfin, la Charente-Maritime est un des pôles de recherche et d'innovation de la région avec la présence d'organismes de recherche publique nationaux comme le CNRS et l'INRA.

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Marais salant de l'île de Ré
Marais salant de l'île de Ré

La viticulture. Elle occupe une place très importante dans la partie saintongeaise de la Charente-Maritime, avec le célèbre cognac et le pineau des Charentes, avec près de 5 % de la superficie du vignoble français. Le vin de pays charentais est produit essentiellement sur les terres de bois ordinaires et de bons bois (Oléron, Ré, l'Aunis et le sud du département). La viticulture charentaise produit également des vinaigres et des vins mousseux, mais aussi des cocktails au cognac, des liqueurs et d'autres apéritifs afin de diversifier la vente des produits de la vigne.

L'ostréiculture. La Charente-Maritime est le premier producteur national d'huîtres, écoulant en moyenne 40 % de la production nationale. L'ostréiculture est pratiquée en plusieurs zones géographiques dont les trois principales sont le bassin de Marennes-Oléron, le bassin de la Seudre et de la presqu'île d'Arvert, l'île de Ré et la frange côtière qui va de Châtelaillon-Plage jusqu'à l'estuaire de la Charente. Mais le plus important centre de production ostréicole, qui a largement contribué à la renommée du département, est le bassin de Marennes-Oléron. De nombreux producteurs élèvent également des gambas ou d'autres coquillages, pour diversifier leurs ventes.

La mytiliculture. Les moules constituent également une très importante source de richesse qui classe également la Charente-Maritime en tant que premier producteur national. La mytiliculture est pratiquée dans la baie de l'Aiguillon, autour de Charron, située à l'embouchure de la Sèvre niortaise, au nord de la Rochelle, entre l'Houmeau et Esnandes, ainsi que dans les presqu'îles de Fouras et dans les îles (Oléron et Ré).

La pêche. La pêche professionnelle est pratiquée principalement dans trois ports de pêche qui sont, par ordre d'importance, le Chef-de-Baie à la Rochelle, les ports de la Côtinière et de Royan. Le port de la Cotinière se classe désormais au huitième rang des ports de pêche français. Port artisanal, il est loin des plus grands ports français, en témoignent les chalutiers et les bateaux polyvalents de petite taille qui ramènent dans leurs filets des espèces nobles : seiche, maigre, langoustine, sole.

AgricultureHaut de page
Marais salant
Marais salant

Le secteur primaire qui regroupe environ 6 % de l'emploi départemental est encore élevé par rapport à la moyenne nationale et même régionale, ceci en raison d'une agriculture encore active et des activités maritimes diversifiées dans l'ostréiculture, la mytiliculture, l'aquaculture et la pêche (davantage artisanale qu'industrielle). L'ostréiculture fait de la Charente-Maritime le premier producteur national d'huîtres. Les prairies qui couvrent 20 % de la surface agricole sont valorisées par un élevage multiple : bovins, caprins, ovins, volailles qui sont en majorité associées aux grandes cultures. Le bois récolté en Charente-Maritime provient pour moitié de feuillus et de résineux et il est majoritairement utilisé en tant que bois d'industrie et d'énergie. La plupart des entreprises d'exploitation forestière se situent dans la Double saintongeaise (au sud du département). Le secteur agricole a perdu un grand nombre d'effectifs depuis la Seconde Guerre mondiale. Depuis dix ans, le nombre d'exploitations agricoles s'est nettement réduit, suivant le même rythme qu'au niveau national, mais leur surface moyenne n'a cessé de s'élever et atteint aujourd'hui 58 hectares. Ce secteur économique est marqué par le vieillissement accéléré de la population agricole et celle des ostréiculteurs et des mytiliculteurs. De plus, le remplacement par les nouvelles générations est assez lent et insuffisant malgré des formations en place (lycées agricoles, lycées maritimes, CFPPA) et des débouchés assurés dans ces professions.

Les activités maritimes

La Charente-Maritime doit tout à l'océan. Au XIXe siècle, la mode des bains de mer arrive d'Angleterre. Pas question seulement de se baigner, on redécouvre à cette époque les bienfaits de l'eau et de l'air. Au fil des années et grâce au développement du chemin de fer, les villes littorales attirent de plus en plus de monde. Mais pas question d'enfiler son costume sur la plage ! Les premières cabines de bain font leur apparition à Royan, bien avant les fameuses villas qui fleurissent durant les Années folles. Durant des siècles, l'océan a d'abord été le domaine réservé des pêcheurs. Poissons, crustacés et coquillages remplissaient les paniers. La pêche est variée, hauturière au large, côtière dans les pertuis charentais et fluviale le long de la Charente. Aujourd'hui encore, lorsque l'océan se retire nombreux sont ceux qui enfilent des bottes et se munissent d'un panier. Mais attention, si cette activité est millénaire, elle n'en demeure pas moins réglementée. Pensez à limiter votre pêche, à remettre à sa place chaque pierre retournée, à respecter les tailles minimales et évidemment à vérifier les horaires de marée ! Avant de quitter l'estran, ayez un regard pour les carrelets : ces grands échassiers constituent l'un des emblèmes de la Charente-Maritime. Durement éprouvés à chaque tempête, ils sont reconstruits et forment un lien précieux avec cet océan nourricier qu'ils prennent dans leurs filets. Les écluses à poisson sont aussi une part de l'identité départementale. Moins visibles que les carrelets, elles se situent sur les côtes oléronaises et rétaises. Témoignage d'un art de bâtir millénaire, ces murs de pierre retiennent une eau calme où s'attardent les poissons (bars, dorades, maquereaux...) mais servaient aussi de brise-lames, atténuant l'érosion marine. Des centaines d'écluses bâties au Moyen Age, il n'en reste que quelques rares exemplaires, une dizaine tout au plus. Une autre technique de pêche traditionnelle attire à elle bien des regards : la pêche à la pibale. Oubliez les chalutiers, place ici à des navires pourvus de grandes ailes, des filets qui retiennent les alevins. Cette pêche, particulièrement réglementée, ne dure que quelques jours et se déroule dans les estuaires de la Charente et de la Gironde.
Mais comment évoquer la Charente-Maritime sans parler de la conchyliculture, comprenez l'élevage des coquillages ? Et pas n'importe lesquels ! L'huître est depuis toujours la star des bassins. L'affinage en claire (des bassins creusés par l'homme ou d'anciens marais salants) lui donne un goût unique, à l'image de la Pousse-en-Claire, l'huître la plus typée de la gamme Marennes-Oléron. Plus au nord, c'est un autre coquillage qui attire bien des gourmets, les moules ! La mytiliculture est symbolisée dans le paysage par les bouchots. Très présents dans la baie de l'Aiguillon, ces pieux de bois plantés dans le sable et la vase sont visibles à marée basse. Les moules viennent se fixer sur eux, et sont récoltées au bout d'un an. Cette technique est très ancienne mais est devenue régulière surtout à partir du XVIIe siècle. Si le sel a longtemps constitué une denrée précieuse, du Moyen Age au XIXe siècle, sa culture se fait plus rare. Seuls quelques sauniers perpétuent cette activité sur l'île de Ré et un écomusée (situé à Loix) retrace l'histoire de cet or blanc qui a fait la richesse de l'île. Vous trouverez de la fleur de sel mais aussi du gros sel dans de nombreuses boutiques, de quoi parfumer votre voyage !

IndustriesHaut de page

L'industrie en Charente-Maritime est plutôt composée de petites et moyennes entreprises, notamment main-d'oeuvre et sous-traitance. Les principales filières sont celles du bois (ameublement), les éco-industries, les emballages et le conditionnement, l'industrie agroalimentaire avec le cognac, la viande, la filière caprine et le lait, l'industrie du transport et des véhicules propres et l'industrie nautique (de plaisance et chantiers navals). De grandes entreprises sont ancrées localement comme Fountaine-Pajot, Ocqueteau et Yacht Dufour qui ont profité de l'essor de la construction de bateaux de plaisance. Et quelques grandes entreprises nationales sont également implantées comme Alstom, EADS Sogerma, etc.

TertiaireHaut de page

Le tertiaire est un secteur prédominant en Charente-Maritime ; occupant près des trois quarts de l'emploi total soit environ 73 %. Le tourisme étant le plus gros employeur du département, les domaines d'activités qui recrutent le plus sont les commerces, le transport et les services. Le département bénéficie de plusieurs atouts pour attirer les voyageurs : son taux d'ensoleillement, son patrimoine architectural ainsi qu'une offre variée d'établissements (campings, hôtels, chambres d'hôtes...). Depuis plusieurs années, la Charente-Maritime se dispute la première place de département le plus touristique de France avec le Vars, générant plus de 1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaire. Ce secteur économique a connu un essor rapide dès les années 1970 et s'est accéléré avec le renforcement des économies urbaines dans les principales villes du département et dans les villes secondaires. Cependant, la part occupée par les administrations publiques, l'enseignement, la santé et l'action sociale est en constante augmentation.

TourismeHaut de page

Depuis 2014, la Charente-Maritime pointe désormais en première position des départements les plus visités de France, avec le Var, en terme de nuitées comme de durée de fréquentation (d'avril à octobre) accueillant chaque année plus de 3 millions de visiteurs. L'activité touristique du département est diverse et inclut notamment le tourisme balnéaire, le tourisme culturel, le tourisme vert, le tourisme de santé ou le tourisme événementiel. Si l'on note une majorité de visiteurs originaires de l'hexagone, la clientèle étrangère (Néerlandais et Britanniques pour un tiers) constitue une part non négligeable des nuitées enregistrées en Charente-Maritime, avec depuis peu, un retour des Allemands, des Belges et des Espagnols. Chaque année, durant les deux mois d'été, le département accueille un surplus de population avide de découvrir une région reconnue pour sa façade atlantique (460 km de côtes, 150 km de littoral), ses nombreuses plages (91) et surtout un climat océanique qui lui confère un ensoleillement ô combien important : plus de 2 000 heures !
Inévitablement, c'est la Côte de Beauté qui attire de nombreux vacanciers ; il faut dire qu'elle compte sur son territoire des stations balnéaires de renommée comme Royan, Saint-Palais-sur-Mer, Ronce-les-Bains ou Châtelaillon. Station huppée au XIXe siècle, Royan accueille désormais un grand nombre de touristes avides de découvertes architecturales et de bains de mer notamment la plage de Pontaillac. Du sud au nord de la rive droite de la Gironde se déroule un tapis de sable qui ne demande qu'à être foulé : Meschers-sur-Gironde, Saint-Georges-de-Didonne, Royan et son quartier chic de Pontaillac, Vaux-sur-Mer, Saint-Palais-sur-Mer. Pour plus d'évasion, embarquez pour les îles ! Les deux plus grandes sont aussi les plus accessibles grâce à leur viaduc. Oléron la sauvage abrite en son coeur des petits villages, des cabanes colorées et des kilomètres de côte sur lequel veille le phare de Chassiron. Côté ouest, face à l'océan, l'île propose de nombreuses plages de sable fin, ligne de vie pour de nombreux vacanciers qui s'offrent un bain de mer vivifiant (Grand-Village-Plage, Saint-Troyan-les-Bains). L'île de Ré se joue des marées et du vent pour proposer de jolies plages : Rivedoux pour les plus pressés, Saint-Martin-de-Ré pour les familles, Les Portes pour les promeneurs et bien sûr Le Bois Plage et La Couarde pour les baigneurs.
Sur les deux rives de l'embouchure de la Seudre, deux stations se distinguent et participent activement à l'animation balnéaire du littoral charentais : Ronce-les-Bains et Marennes-plage.
Enfin, La Rochelle joue toujours autant un rôle phare avec son vieux port devenu piéton. Cité maritime, la Belle se découvre à travers ses ports, ses rues secrètes bordées d'arcades et séduit par sa douceur de vivre.
Mais la Charente-Maritime ne se réduit pas à son seul littoral. Le département est riche de nombreux atouts à l'image de son arrière-pays. Une escapade vers l'intérieur des terres offre de jolis moments dans des villes historiques baignées de lumière. Saintes est une étape incontournable, tout comme Rochefort, les deux cités sont marquées par l'histoire. La Charente-Maritime ne possède pas uniquement un patrimoine maritime symbolisé par les carrelets et le Fort Boyard mais également des monuments inscrits sur la liste prestigieuse du patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. Eglise Saint-Pierre-de-la-Tour d'Aulnay, hôpital des pèlerins de Pons, basilique Saint-Eutrope de Saintes, abbaye royale de Saint-Jean-d'Angély, citadelle de Saint-Martin-de-Ré.
A ceci s'ajoutent plus d'un millier de monuments classés ou inscrits aux Monuments historiques : les églises romanes, trésors d'architecture liées au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, les châteaux témoins des siècles passés (château de Montendre, donjon de Pons, château de Crazannes ou de la Roche-Courbon), quatre villages labellisés "Plus Beaux Villages de France" (Ars-en-Ré, La Flotte-en-Ré, Mornac-sur-Seudre, Talmont-sur-Gironde) et des " Villes et pays d'art et d'histoire ", Royan (parfaite illustration de l'évolution des bains de mer), Rochefort (un patrimoine architectural qui invite au voyage) et Saintes et ses deux mille ans d'histoire.
Enfin, la Charente-Maritime a su préserver son environnement en créant en 1995 et en étroite collaboration avec les collectivités locales le label " Pôle Nature " qui garantit la qualité de 14 espaces naturels protégés. Le département accueille également une partie du parc interrégional du Marais poitevin, dont 26 % est situé sur le territoire départemental. Les animaux ne se retrouvent pas uniquement dans les marais ! On peut aussi les admirer à l'aquarium de La Rochelle, l'un des plus grands aquariums privés européens et au zoo de la Palmyre qui s'étend sur 18 hectares de pinèdes et regroupe 1 600 animaux de 115 espèces différentes.

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