Guide du Tarn : Patrimoine et traditions

Le Tarn... une véritable parenthèse enchantée dont le patrimoine évoque pêle-mêle vignoble gaillacois, spécialités culinaires et bonnes tables, bastides albigeoises, cathédrale Sainte-Cécile, viaduc du Viaur, Lautrec, Lacune, ses salaisons et ses monts si mystérieux, les innombrables ponts tarnais, les moulins, les parcs, le pays de Cocagne... Le Tarn ne manque pas de charme et de richesses. Vestiges des époques passées, il offre des trésors architecturaux hors du commun, dont les lavoirs et pigeonniers sont de parfaits exemples. On en retrouve dans de nombreuses communes, ils ont pour la plupart été conservés et parfois même rénovés. L'artisanat est aussi reconnu dans le Tarn ; le travail du cuir à Graulhet ou la fabrication des sabots à Lautrec sont un héritage de ce savoir-faire ancestral. Les travaux du peintre Toulouse-Lautrec forment une riche collection de peintures et de lithographies qui constituent une partie importante du patrimoine artistique local. Outre ces caractéristiques matérielles et artistiques, la tradition tarnaise se traduit en langue d'Oc, langue presque morte aujourd'hui. Nombreux sont pourtant ceux qui préservent ce dialecte que l'on parle encore dans les campagnes. Mais le Tarn, c'est aussi et surtout le Sud-Ouest, et qui parle de Sud-Ouest parle ovalie. Il serait en effet presque blasphématoire de parler du Tarn sans parler du rugby, pratiqué et suivi par de nombreux adeptes qui soutiennent et font vivre les clubs du département.

Patrimoine culturel
L'armorial tarnais

" D'or au chef-pal de gueules chargé d'une croix clêchée, vidée et pommetée de douze pièces d'or ". Proposées par l'héraldiste Robert Louis, les armoiries du Tarn se dotent d'un magnifique blason qui reprend les couleurs rouge et or et le symbole de la croix occitane, marquant l'ancrage certain du département au sein de sa région, l'Occitanie, et de sa culture. Le drapeau du département reprend les mêmes armes.

Littérature

Outre Lucien Fabre, auteur carmausin du XXe siècle récompensé par le prix Goncourt, le Tarn a un pôle littéraire attractif avec plusieurs petites maisons d'édition, et un certain nombre d'auteurs locaux et frontaliers, comme Daniel Crozes et Roger Béteille. Tout au long de l'année ont lieu de nombreux salons tels que le Salon jeunesse d'Albi, début avril (où l'on retrouve entre autres Brigitte Coppin), les salons du livre de Gaillac, Mazamet ou Castelnau de Lévis, ou encore le Salon du livre et de la gourmandise de Pampelonne, où vous pourrez retrouver Simon Brändli et Jordi Blanc.

Peinture

Né à Albi à l'Hôtel du Bosc le 24 novembre 1864, l'illustre petit comte qu'était le peintre Henri de Toulouse-Lautrec est bien connu pour ses lithographies et son style post-impressionniste. Souffrant depuis son plus jeune âge de la pycnodysostose, due à la consanguinité de ses parents, ses nombreuses fractures aux jambes lui valurent bien des soucis, notamment sa petite taille (à peine 1,52 m). Commençant à peindre dès sa plus tendre enfance, dessinant des chevaux, il s'intéresse d'abord à l'art japonais. Après avoir convaincu sa mère qu'il pourrait vivre de son art, il s'installe à Paris du côté de Montmartre, et commence à peindre des nus inspiré par Edgar Degas et la vie des cabarets et théâtres parisiens, et tout particulièrement l'univers du Moulin-Rouge. On en vient à la surnommer " l'âme de Montmartre ", et nombre de ses contemporains l'ont décrit comme un personnage observateur, capable de peindre avec beaucoup d'humanité. Ses peintures décrivent la vie et la réalité des prostituées comme celles des médécins, des écrivains ou des sportifs. Il meurt à Malmoré dans l'une des propriétés de sa mère, le 9 septembre 1901, de la syphillis et des suites de son alcoolisme. A sa mort, l'un des ses amis, Maurice Joyant, demanda la création du musée Toulouse-Lautrec à Albi. Ses plus célébres oeuvres sont peut-être Salon rue des Moulins ou bien encore Moulin-Rouge, La Goulue.

Cinéma

Le Tarn est l'un des départements dans lesquels le réalisateur Alain Guiraudie aime tourner. En effet, trois de ses films (Le roi de l'évasion, Pas de repos pour les braves et Ce vieux rêve qui bouge) furent réalisés dans le Tarn. Le dernier d'entre eux fut présenté au Festival de Cannes et fut qualifié par Jean-Luc Godard de meilleur film cette année-là. Un autre long-métrage, Le fils à Jo, réalisé par Philippe Guillard, ancien joueur de rugby, a aussi utilisé la ville de Gaillac comme cadre de tournage. Un des acteurs, Vincent Moscato, avait commencé sa carrière sportive dans le Tarn et a embrassé par la suite une carrière internationale de rugbyman. Récemment, Steven Spielberg lui-même a tourné une partie de son dernier film, The Hundred-foot journey, à Carlus, non loin d'Albi !

Patrimoine architectural

L'architecture occitane, née au XIIIe siècle sous influence à la fois de l'art musulman espagnol et du gothique français, a permis l'érection de bâtiments conçus avec ce mélange culturel à l'esprit. On l'appelle aussi " architecture méridionale " et son exemple le plus représentatif est certainement la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi. Admirez les briques, le façonnage des édifices, et l'influence de l'art mudéjar, c'est une invitation à l'évasion.

Villes et villages
<p>Clocher de l'église de Soual</p>

Clocher de l'église de Soual

Dolmens et statues-menhirs. Le Tarn compte une centaine de dolmens et une trentaine de statues-menhirs. Au Chalcolithique, de nombreuses pierres furent érigées et parfois sculptées. Si les yeux et le nez sont nettement visibles, la bouche n'est jamais représentée. Le dolmen était une chambre sépulcrale faite de grosses pierres recouvertes de dalles horizontales, bâtie sur un tumulus et destinée à recevoir plusieurs inhumations. Le menhir, quant à lui, est une grande pierre plantée verticalement. 3500 ans plus tard, difficile d'interpréter clairement la motivation des hommes de ce temps-là et la signification symbolique ou rituelle de ces témoins de pierre. Les statues conservent leur mystère et exercent une étrange fascination sur tous ceux qui s'en approchent. Le menhir le plus important du département est le Peyrelevade de Sainte-Carissime. Les dolmens les plus remarquables sont La Peyra Levada (à 2 km de Verdier), celui de Saint-Paul (un hameau à Sainte-Cécile-du-Cayrou) et Peyrolebado (à 3 km de la sortie de Vaour, sur la route de Saint-Antonin).

Lavoirs. De nombreuses communes ont fait l'effort de restaurer ces constructions un peu oubliées : Damiatte, Cambounet-sur-Sor, Ferrières, Lacabarède, Sainte-Cécile-d'Avès, Aussillon, Hautpoul, Lautrec, Les Cammazes, et tous les hameaux de la commune d'Aiguefonde (La Roubinaré, La Seignairié, Lacalm, Calmon, Le Cabanat, etc.). Ils sont les témoins d'un temps où la cendre faisait office de savon. Baptisé " le parlement des femmes ", le lavoir mettait tout le monde sur le même pied d'égalité car il donnait un accès gratuit à l'eau. Après la Seconde Guerre mondiale, les premières machines à laver font leur apparition, mettant fin à l'utilisation des lavoirs.

Pigeonniers. Ils attirent tout naturellement le regard des promeneurs et l'oeil des peintres et photographes. Environ 2000 d'entre eux ont été répertoriés dans le département, de différentes formes et construits en divers matériaux : on distingue le type gaillacois (une tour carrée avec un toit à deux angles de pente), le type toulousain (deux toits successifs décalés), le pigeonnier à arcades (souvent en briques, on le trouve surtout dans les vallées du Tarn et du Dadou) et le pigeonnier castrais (en grès, avec une toiture d'ardoise et un clocheton qui ressemble à une flèche). La plupart ont été construits à l'ouest de la ligne Carmaux-Réalmont-Castres. Leurs dimensions devaient être proportionnées à la taille des propriétés sur lesquelles ils étaient construits. Du Moyen Age jusqu'au XIXe siècle, la fiente de pigeon, appelée colombine, servait d'engrais pour les terres cultivées. Objet de toutes les convoitises, ils font alors partie intégrante des dots des grandes familles de l'Occitanie ; on évaluait la richesse des familles au nombre d'anfractuosités de chaque pigeonnier, correspondant normalement à l'importance des nids. Des petits malins multiplièrent alors le nombre de ces niches pour paraître plus riches, afin de pouvoir " roucouler " avec leur promise... De là vient le terme " pigeonner " dont le sens est bien connu de nos jours ! Les pigeonniers sont une source d'inspiration pour de nombreux artistes, et l'objet de circuits de découverte touristique.

Traditions et modes de vie
La légende du géant de Peyremaux

La légende du géant de Peyremaux est la suivante : il était une fois dans la montagne Noire tarnaise, près de Mazamet, un pic naturel formé de roches métamorphiques. L'érosion donna à ces pierres des formes torturées, et de l'imagination aux anciens qui confièrent au roc de Peyremaux et à ses alentours une importance toute particulière. " A Peyremaux et à Montalet vivaient deux géants. Ils furent d'abord bons amis, et, par les journées claires, ils s'envoyaient de loin des signaux d'amitié. Mais un jour, nul n'en sut la cause, la discorde éclata. Des insultes, on en vint aux menaces, puis enfin aux coups : ramassant tout ce qui leur tombait sous la main en fait de projectiles, réciproquement ils se lapidèrent. Et, chose étrange, tous ces rochers qu'ils se lançaient avec adresse, tombant les uns sur les autres, formèrent deux monceaux sous lesquels les deux géants vivent ensevelis. " (d'après Simone Brissaut).

Découvrez d'autres histoires sur le Tarn sur : www.tarncoeuroccitanie.com/comprendre/sports-et-jeux-traditionnels

Langue

Langue d'Oc ou occitan. Cette langue que l'on parlait jadis dans la région est encore pratiquée par certains, notamment les anciens, qui la considèrent comme un patrimoine culturel à préserver absolument. Historiquement, l'occitan est considéré comme la langue du Midi, c'est-à-dire du sud de la France. Depuis la croisade albigeoise et l'annexion du Midi au royaume de France en 1271, l'occitan fut progressivement supplanté par le français (ou langue d'oïl), notamment par l'entremise des hussards noirs de la IIIe République. Malgré cela, cette langue des troubadours est parvenue jusqu'à nous. Langue romane à part entière, elle dérive du latin. Bien que possédant plusieurs dialectes, elle couvre, encore aujourd'hui, une aire géographique de trente-deux départements. Les médias locaux, aidés par de nouvelles lois européennes, la remettent à l'honneur, et ses sonorités portées par le vent agitent de nouveau le drapeau rouge frappé du Baussant. L'Institut d'études occitanes se consacre aujourd'hui à sa promotion par le biais de cours et d'animations. Du temps des troubadours à celui d'Internet, l'occitan garde trace des émotions de l'amour courtois comme des révoltes contre le nivellement culturel, des contes et légendes transmis oralement lors des veillées comme des témoignages historiques. Il est la mémoire d'un peuple resté fier et insoumis.

Artisanat

Le cuir. Située au coeur du pays de Cocagne, Graulhet est la ville aux cuirs éternels. Dès le XVIIe siècle, la ville, qui avait une vocation essentiellement agricole, se tourne vers l'artisanat du cuir sous toutes ses formes : filatures de ratine, chapelleries, cordonneries, tanneries, mégisseries. C'est à partir de cette époque que se dessine la destinée de celle qui demeure la cité des métiers du cuir. Vers 1850, avec les cuirots, la mégisserie prend son essor. En approvisionnant l'industrie du vêtement, Graulhet s'impose très vite comme capitale du cuir. Les mégisseries s'implantent les unes à côté des autres sur les rives du Dadou. La maroquinerie, elle, se développe à la fin de la Première Guerre mondiale. Les ateliers se multiplient et évoluent rapidement vers la qualité, en fournissant les plus prestigieux créateurs de Paris.

Le sabot. Cette chaussure en bois a été inventée par les Gaulois, mais la ville de Lautrec s'en est fait une spécialité. Comme les forestiers travaillaient loin des centres d'habitation, ils devaient trouver sur place de quoi se chausser. Armés de haches, coupant le bois parfois sans autorisation, les forestiers qui refusaient de respecter l'autorité du seigneur donnèrent leur nom au terme " saboter ", qui signifie à l'origine couper le bois sans autorisation et de manière non méthodique. Un atelier, recréé à l'identique, a réellement existé jusque dans les années 1960 à Lautrec. Il appartenait au dernier sabotier en activité dans le village de Lautrec, M. Bonhoure. Au début, on creusait les sabots entièrement à la main, ce qui permettait de réaliser jusqu'à trois paires par jour. L'arrivée de l'électricité et l'achat de machines vers 1935 ont permis de décupler la production.

Sur la route de l'artisanat et des métiers d'art, le Tarn présente une richesse impressionnante d'hommes et de femmes qui travaillent le bois, le cuir, le métal, la terre, le textile, le verre... Poterie et céramique, maroquinerie, souffleurs de verre, sculpteurs, ferronniers d'art et autres créateurs de textiles et d'accessoires abondent. Vous trouverez entre autres à Graulhet le cuir, à Carmaux le verre, à Labastide-Rouairoux le textile... Vous pourrez découvrir quelques adresses via le lien suivant : www.lart-et-la-matiere.org 

Musique – Danses

" Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique ", disait Platon. La musique est partout présente dans le Tarn. Rock, traditionnelle, chorale, celtique, folk, reggae... Les groupes de musique locaux transmettent des rythmes d'ici et d'ailleurs qui se marient aux sonorités occitanes, associées à des instruments anciens de tradition occitane tels que le graile, le fifre, la vielle à roue, ou la cabra. Un véritable voyage musical dans les méandres de la vieille Occitanie dont le Conservatoire de musique et de danse de Castres est l'un des principaux acteurs. Il organise en effet de nombreuses manifestations et festivals, notamment le fameux Festival de guitare d'Albi qui regroupe de nombreux artistes nationaux et internationaux, connus et moins connus. Un panel intéressant pour le plaisir de tous.

www.leguidedesfestivals.com/index.php5?page=festivals-departement&departement=Tarn 

Sports et jeux traditionnels

Le rugby

Bien que provenant d'outre-Manche, une forme de rugby était déjà pratiquée dans le Sud, appelée la soule. Grâce, peut-être, au commerce du vin, Bordeaux, Toulouse puis Mazamet (première ville du Tarn en 1898) adoptent ce sport, avant que Castres (1900) et Albi (1901) ne suivent le mouvement. Entre 1901 et 1914, les premiers clubs apparaissent dans le département. Il semble que le rugby soit adopté par les hommes de la région ; exacerbés par les compétitions sportives entre villages, les clubs ouvriers sont créés pour souder et " contrôler " les ouvriers (les mécènes sont souvent des industriels), ainsi que les garnisons militaires du Tarn. Le Tarn compte aujourd'hui 45 clubs dont sont originaires des joueurs et entraîneurs de talent de la région, et de la France entière. A l'inverse du football, le rugby s'est attaché dès le départ au respect de certaines valeurs et participe à un art de vivre propre au Sud : gastronomie, virilité mêlée de fair-play, respect des valeurs initiales du sport, avec un rapport à l'argent moins prononcé, mais qui hélas croît de plus en plus. En 2013, le titre de champion de France obtenu par le Castres Olympique a fait la fierté de tout le département.
Côté traditions, le Tarn n'est pas en reste. Si certains jeux du sud de la France restent connus et pratiqués, tel que la pétanque, d'autres, issus de la culture occitane, ont été oubliés. C'est notamment le cas du tambornet, un jeu très ancien qui a su traverser les époques, ou encore du jeu de quille de 9.

Adresses Futées du Tarn

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