Guide du Tarn : Nature

<p>Le lac de la Raviège</p>

Le lac de la Raviège

La nature tarnaise est une mosaïque riche, composée de décors aussi variés que surprenants. Longeant au nord-ouest du département les falaises des gorges de l'Aveyron et les reliefs vallonnés marqués par la forêt de Grésigne, on découvre des champs de colza, de céréales, de tournesols, et le vignoble gaillacois à perte de vue. Un peu plus loin, en se baladant le long des rives du Tarn, on découvre dans la vallée le fameux pays de Cocagne où l'on cultivait autrefois le pastel si cher aux peintres, puis le pays du Ségala-Viaur, offrant des paysages contrastés entre vallées encaissées, sauvages et boisées, et sommets de plateaux ou domine encore une agriculture axée sur l'élevage bovin. Enfin, se dressent fièrement les monts de Lacaune. Le charme de ses campagnes provient du contraste naturel entre forêts, montagnes, plaines et vallées, influencés par trois climats. Des paysages à couper le souffle à parcourir et à découvrir sans modération...

Présentation des pays

Trois cours d'eau, des reliefs sans cesse changeants : le département peut se targuer d'être composite. Quelle similitude pourrait-il y avoir entre les basses collines du vert Lauraguais et le plateau souvent entaillé du Ségala, entre les sombres couverts de la montagne Noire et les vignobles du Gaillacois, entre la fraîcheur vive des monts de Lacaune et les causses crayeux de la forêt médiévale de Grésigne ? L'empreinte bleue que forme la rivière Tarn parcourt avec fluidité ce paysage exceptionnel. Le cours d'eau prend sa source sur le mont Lozère, à 1550 m d'altitude, et se jette dans la Garonne près de Castelsarrasin. Longue de 375 km, elle a pour affluents la Dourbie, l'Agout, l'Aveyron... Son débit de 140 m3 en moyenne par seconde la fait traverser le département en 5 heures. Le nom " Tarn " vient du latin tarnis, qui signifie " rapide " et " encaissé ". Il était jadis la frontière naturelle entre la Gaule narbonnaise et la Gaule aquitaine.

Vallée du Tarn

Remous et tourbillons, rochers culottés, villages de vignerons ou de seigneurs, le Tarn fait zigzaguer la route, s'offre un saut de l'ange sur l'usine hydroélectrique du Saut-du-Tarn, avant d'offrir à Albi son plus beau miroir. En suivant son cours, on découvrira tous les villages de cette vallée emblématique et aventureuse : Trébas, Villeneuve-sur-Tarn, Ambialet, Marsal, Crespinet, Saint-Juéry, pour arriver à Albi, merveilleuse capitale du département. Ce contact direct avec la nature vous permettra la pratique de nombreuses activités comme la pêche, la baignade, la randonnée, le VTT, le canoë, le kayak, l'équitation, ou simplement le farniente. La découvrir, c'est l'aimer !

Pays des bastides

On les imagine encore au temps où l'on affrontait l'ennemi avec vaillance, ou encore, en des époques moins agitées, en théâtres d'un commerce florissant et d'une animation incessante. Aujourd'hui, les bastides albigeoises ont retrouvé leur quiétude pour nous offrir le témoignage d'une période glorieuse de l'histoire de France, qui se dévoile sous les pieds du passants. Hauts lieux de l'époque médiévale, juchées sur leur colline, conservant des vestiges de leurs remparts, elles furent pour la plupart édifiées au XIIIe siècle par les comtes de Toulouse, pour résister aux désirs d'expansion des seigneurs d'Île-de-France. Vaine tentative, mais qui a le mérite de nous avoir donné Cordes-sur-Ciel, la céleste, fleuron des bastides ; Puycelci et ses élégantes demeures seigneuriales ; Vaour, où les Templiers établirent une de leurs plus importantes commanderies ; ou encore Castelnau-de-Montmiral et sa remarquable place centrale à arcades. Chaque pierre de ces bastides et de ces villages-belvédères est comme une page d'un fabuleux livre d'histoire, que l'on feuillette en s'aventurant sur ces terres...

Segala-Viaur

" De seigle et de mine " : cet adage souligne la vocation agricole et industrielle de ce bassin situé au nord du Tarn. Longtemps reconnue comme un grenier à seigle grâce à son sol acide, la véritable activité qui marqua le site et les hommes pendant des siècles fut l'exploitation des mines dès le XVIIe siècle. Si une difficile mutation est en train de s'effectuer, l'avenir touristique de ce pays peut se dessiner avec plusieurs réalisations, dont Cap'Découverte. Si la voix de Jaurès résonne toujours dans les rues de Carmaux, qui prend peu à peu des allures de quartier résidentiel d'Albi, on découvre aussi, dans ce Ségala-Viaur, des sites à visiter impérativement comme le Musée de la mine, la très jolie cité de Monestiés (avec son musée Bajèn-Vega et sa remarquable Mise au tombeau), ou la verdoyante vallée du Cérou, la plus abrupte vallée du Viaur, et son aqueduc réalisé par un élève albigeois de Gustave Eiffel, Paul Bodin.

Plaine du Tarn

Cours nourricier et voie de circulation, le Tarn divague au milieu de cette plaine, pouvant atteindre 6 km de large et que les alluvions n'ont cessé d'enrichir. Tout au long de son histoire, le Tarn était une importante voie de navigation qui a permis l'ouverture de marchés conséquents pour les richesses locales. Sur ses rives, des activités se sont développées et le commerce du vin, du pastel, du charbon et des poteries a fait la prospérité des villes voisines et de leurs habitants. Bastides, hôtels particuliers et châteaux ont été édifiés au cours des siècles le long de la rivière. De Marssac à Saint-Sulpice-la-Pointe, ils se dressent au coeur de superbes vignobles millénaires et des champs de céréales.

Pays de Cocagne

Haut lieu de la culture du pastel, cette plante tinctoriale qui a forgé les plus importantes fortunes du Toulousain et de l'Albigeois aux XVIe et XVIIe siècles, ce " pays imaginaire où tout est riant et en abondance " est empreint de douceur de vivre. Bien qu'il ait été ravagé par les guerres de religion, il dévoile aujourd'hui un patrimoine luxuriant que l'on ne peut ignorer, au gré des champs multicolores et des riches vallons où se dressent châteaux et moulins à vent. Haltes obligées sur cette terre de commerce ? Au hasard de la campagne environnante : Lavaur, Lautrec, Graulhet ou Puylaurens... Autant de destinations vers lesquelles diriger ses pas sans crainte et avec dynamisme !

Montagne noire

On la dit née d'un formidable coup d'épée de la fée Nore, venue au secours de ses amis, les gnomes Taur, Bug et Arach, qui tentaient de dresser de leurs seules mains un rempart de pierres pour se protéger des vents du Nord. Dernier bastion du Massif central, la montagne Noire atterrit en douceur dans les plaines du Tarn, de l'Hérault et de l'Aude. Entre forêts et pierres façonnées, les vallées et les plateaux se succèdent, parfois à vif, parfois tapis dans l'ombre des forêts. Au plus haut se dresse fièrement le pic de Nore (1214 m), et au plus profond coule l'eau que détourna Pierre-Paul Riquet au XVIIe siècle pour alimenter le canal du Midi. L'eau contribua parallèlement à l'essor de l'industrie dans la vallée du Thoré, qui grâce à l'énergie ainsi transformée a permis de transformer la laine, le bois, la pierre et le cuir. Jadis, on s'installait sur les plateaux, comme en témoignent le village médiéval d'Hautpoul, l'oppidum de Berniquaut ou les forges romaines des Martys, mais ils sont aujourd'hui délaissés au profit des plaines. Les villes se sont donc multipliées au pied de la montagne, toutes foncièrement attachées à leurs différences. Durfort, le bastion des dinandiers, Dourgne et ses monastères, Sorèze et son Abbaye-école dont la réputation a depuis longtemps franchi les frontières, et Labruguière, la patrie d'Arthur Batut, l'inventeur de la photographie aérienne automatique en cerf-volant. La montagne Noire se définit par une forte personnalité où se croisent les influences atlantiques et méditerranéennes. Proche de la mer, elle veille jalousement sur les Pyrénées tout en glissant doucement vers Toulouse et la riche plaine du Lauragais. Ici s'est tissée, au fil de l'histoire, une indiscutable identité culturelle et économique. Le patrimoine est riche, tout autant que les témoignages des premiers artisans qui ont travaillé le verre, forgé le métal, tissé la laine, sculpté le bois, taillé la pierre, dans une tradition qui perdure... Mais la montagne Noire, c'est aussi le présent. Espaces naturels mis à la disposition de chacun, accueil chaleureux, produits de la ferme et artisanat offerts, tout a été mûrement réfléchi pour perpétuer le plaisir des autochtones comme des gens de passage.

Monts de Lacaune

Entre Sidobre et Espinouse, le pic de Montalet domine du haut de ses 1259 m l'ensemble du Parc naturel régional du Haut Languedoc. Terre de refuge et de croyances, ce pays possède un caractère propre et une identité montagnarde plus que jamais affirmée. On en retrouve ses caractéristiques à travers le travail de l'ardoise, la polyculture, l'élevage, la tradition laitière et la salaison. Ce territoire est marqué par la présence de nombreux monuments mégalithiques tels que les statues-menhirs, des invitations à un grand voyage dans les arcanes de l'humanité.

Sidobre
<p>La Peyro Clabado, dans le Sidobre</p>

La Peyro Clabado, dans le Sidobre

Saisissant ! La première impression qui se dégage de la découverte du Sidobre est presque fantasmagorique. Ce plateau granitique de 100 km2, qui se déroule à 650 m d'altitude au-dessus de Castres, offre un paysage saisissant avec ses chaos nombreux, ses rivières de rochers, ses gigantesques boules de granite émergeant de terrains sablonneux et couverts d'une végétation variée, ses pierres tremblantes, parfois d'un poids énorme et de formes étonnantes. Ils s'appellent Peyro Clabado, roc de l'Oie, rocher tremblant de Sept Faux, Chapeau du Curé, Trois-Fromages, Fauteuil du Diable... On se demande de quel ciel imaginaire ces blocs ont pu dégringoler. Il faut remonter 300 millions d'années en arrière pour trouver l'explication géologique de ce paysage surprenant. Un magma liquide de roches en fusion était alors enfoui à plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur sous une énorme montagne - la chaîne hercynienne - dont il ne subsiste aujourd'hui que le Massif central, incluant la montagne Noire et le Sidobre. Le magma s'est peu à peu refroidi pour donner sous terre une roche cristalline composée de mica, de quartz et de feldspath. Le Sidobre est en quelque sorte un bloc de granit de 10 km d'épaisseur dont la surface serait fissurée. Les eaux de pluie, d'écoulement et de ruissellement créent dans le sol une perpétuelle circulation qui, en s'infiltrant dans les fissures, érode la roche et détache des minéraux qui se décomposent en sable et forment des boules. C'est le dégagement de celles-ci par les eaux de ruissellement qui révèle ensuite des formes extraordinaires. On les découvrira autour des villages de Burlats, Lacrouzette, Ferrières, Guior-le-Bez ou Saint-Salvy-de-la-Balme. Site unique, le plateau du Sidobre est aujourd'hui l'un des plus grands centres de transformation de granite du monde.

Géographie
Entre mer Méditerranée et océan Atlantique

Piémont à califourchon entre le Massif central et le bassin d'Aquitaine, le Tarn trace une ligne de partage des eaux. L'humidité atlantique lui confère ce vert inimitable, et l'autan, lui, chante des secrets de cigales et de grillons au coeur des causses et de la garrigue. Le Tarn : une terre d'influence métissée, de mariages végétaux où le châtaignier côtoie le pin parasol méridional, une richesse.

Climat

Températures moyennes. La température moyenne est d'environ 15,3°C vers Albi. Cela varie en fonction des endroits ; il fait par exemple plus froid sur les monts de Lacaune que dans les plaines, environ 9,5°C de moyenne. En hiver, le record de minimal est fixé à -20,4°C (en 1985).

Ensoleillement. Environ 2113 heures par an pour la ville d'Albi. C'est de loin le plus important du département car la ville ne subit pas ou peu l'influence méditerranéenne, qui concerne principalement les communes de Carmaux, Cordes, Gaillac, Graulhet et Réalmont.

Précipitations. Entre 700 et 1000 mm en altitude. La région du Midi toulousain (Castres, Lavaur, Mazamet) est quelque fois touchée par le retour des dépressions venant des Baléares. L'influence du climat méditerranéen se fait sentir et apporte parfois de fortes pluies.

Vent. Le vent d'autan, soufflant du sud vers l'est par rafales, est chaud et sec et peut atteindre 60 km/h. Il est caractéristique d'octobre à janvier, et parfois en mars, dans les régions de Castres, Mazamet et Lavaur.

 

 

Le Tarn subit trois influences majeures :

Océanique sur le nord du département : températures douces et pluies régulières en hiver et au printemps.

Montagnarde à l'est : pluies abondantes et températures plus fraîches.

Méditerranéenne au sud : pluies cévenoles très abondantes en hiver, qui provoquent régulièrement les crues du Tarn et de l'Agout, et des étés chauds et secs, parfois même caniculaires - comme en 2003 - et ce, particulièrement à Albi, véritable cuvette.

Relief

Paysages caractéristiques. Les paysages du Tarn ne sont que contraste. D'un côté, une plaine verdoyante et ensoleillée, de l'autre une montagne boisée et sombre. Les paisibles vallées du Tarn ou du Gijou rivalisent avec le chaos granitique du Sidobre, les gorges du Viaur et les forêts profondes du Grésigne, des monts de Lacaune ou de la montagne Noire.

Cours d'eau et vallées. A ce département haut en couleur, la rivière Tarn a donné son nom. Pourtant, elle n'est pas la seule à se faufiler ici : deux autres cours d'eau, le Dadou et l'Agout, se partagent équitablement le territoire. Leurs vertigineuses gorges se poursuivent en amont du coeur de l'Aveyron, 5 780 km2 qui se déclinent en d'innombrables monts et collines, vallées et montagnes, longues plaines et abîmes écorchés.

Plateaux. Voisin de l'Aveyron, le Tarn porte les prémices du Massif central et des plateaux du Causse. Site archéologique, on a pu observer et trouver de nombreux vestiges de l'époque médiévale. Les plateaux du Ségala, menant jusqu'aux monts de Lacaune, sont tout aussi majestueux.

Sommets et cols. Quelques cols permettent aux cyclistes de visiter le département et de profiter des paysages tarnais. Entre l'Hérault et l'Aveyron, le col de la Croix de Mounis fut habité dès l'époque gallo-romaine. On retrouve des vestiges du camp établi. D'autres cols tout aussi agréables de par leur intérêt historique et/ou sportif sont à essayer : le col de Caunan (commune du Bez), le col de la Prade ou le col de Calmettes (aux frontières de l'Aude).

Grottes et gouffres. Le massif du Causse de Sorèze abrite de nombreuses galeries. Anciennement site minier et métallurgique datant du Moyen Age, de nombreuses cavités y ont été découvertes. Le complexe Jean-Antoine Clos est unique en France : les fouilles réalisées ont permis de trouver de nombreux vestiges. Le point de vue du roc de la Fendeille, à plus de 300 m, offre de son côté un très beau panorama.

La légende du géant de Peyremaux

Il était une fois dans la montagne Noire tarnaise, près de Mazamet, un pic naturel formé de roches métamorphiques. L'érosion donna à ces pierres des formes torturées, et de l'imagination aux anciens qui confièrent au roc de Peyremaux et à ses alentours une importance toute particulière.

A Peyremaux et à Montalet vivaient deux géants. Ils furent d'abord bons amis, et, par les journées claires, ils s'envoyaient de loin des signaux d'amitié. Mais un jour, nul n'en sut la cause, la discorde éclata. Des insultes, on en vint aux menaces, puis enfin aux coups : ramassant tout ce qui leur tombait sous la main en fait de projectiles, réciproquement ils se lapidèrent. Et, chose étrange, tous ces rochers qu'ils se lançaient avec adresse, tombant les uns sur les autres, formèrent deux monceaux sous lesquels les deux géants vivent ensevelis " (Simone Brissaut).

Faune et flore
Flore

Arbres, buissons. La flore tarnaise est le fruit de la diversité des reliefs, des formations géologiques et des influences bioclimatiques du département. Du côté d'Ambialet, à 250 m d'altitude, trois types de végétations se côtoient : une végétation montagnarde (doradille du Forez, oeillet des bois, érine des Alpes), une végétation atlantique (campanule à feuilles de pêcher, saxifrage de l'écluse, potentille des rochers) et une végétation méditerranéenne (polypode austral, digitale jaune, ciste à feuilles de sauge, giroflée, bruyère arborescente). Et la filaire, originaire de Palestine ! La légende raconte qu'un croisé en aurait ramené un plant depuis la Terre Sainte. Du côté de Lacaune, le sommet du Montalet est un véritable îlot de végétation montagnarde, abritant une centaine d'espèces : perce-neige, scille, muguet, sceau de Salomon, jonquille, polypode du chêne, ail des ours, ail des cerfs, cardamine à larges feuilles, lis Martagon, aconit tue-loup, laitue de plumier, doronic d'Autriche, laurier de saint Antoine, alisier blanc, sorbier des oiseleurs, viorne boule de neige, sureau à grappes, bourdaine, érythrone dent-de-chien, pensée des Vosges, crocus à fleurs nues, carline à feuilles d'acanthe, alchémille des Alpes, sedum d'Angleterre, géranium des Pyrénées, drosera à feuilles rondes (une petite plante carnivore), violette des marais...

Plantes rares. Du côté de Labruguière, pas moins de 500 espèces ont été recensées sur le causse de Caucalières : de nombreuses orchidées, mais aussi des plantes comme la cardoncelle, la leuzée porte-cônes, l'ornithogale à petites feuilles et l'inule des montagnes, de petits arbres (chêne-vert, érable de Montpellier, micocoulier), des arbustes (buis, chêne Kermès, pistachier térébinthe, filaire, genêt scorpion) et des herbacées (asperge sauvage, asphodèle, aphyllante de Montpellier, lavande, immortelle), du thym, du romarin, et une fougère rare appelée le capillaire de Montpellier. Ce sont pour la plupart des espèces rares et très fragiles. Chacun se doit de les respecter. Une belle photo sera sans aucun doute le meilleur souvenir que vous pourrez conserver de la flore tarnaise.

Le pastel

L'Isatis tinctoria, de son nom latin, fut baptisée à de nombreuses reprises : guesde, herbe du Lauragais ou de Saint Philippe, ververs, bleu de Perse... Les Égyptiens l'utilisaient comme baume cicatrisant, les Grecs s'en servaient pour soigner la jaunisse et les verrues. Au Moyen Âge, elle servit de colorant pour les vêtements des simples (blouses de paysan) comme pour ceux des grands (manteau azur du souverain). La plante aux cent vertus exigeait un travail long et pénible avant de devenir pastel. Il fallait sécher les feuilles, les réduire en bouillie, recouvrir la pulpe d'ail pilé et fabriquer des cocagnes. Ces petites pelotes gluantes étaient alors mises à sécher, leurs coques étant par la suite brisées puis remouillées à l'eau et à l'urine. Ce liquide devait ensuite macérer pendant quatre mois tout en étant remué régulièrement. Finalement, après séchage et concassage, l'agranat était emballé dans des sacs de toile et expédié, à Toulouse et ailleurs. La plante a fait la fortune d'une région tout entière en teintant d'un bleu unique les étoffes jusqu'au XVIe siècle, terrible date où l'indigo débarqua de l'Orient pour lui faire ombrage. Tombé dans l'oubli jusqu'au XIXe, le pastel fait un retour fulgurant grâce, entre autres, à l'École de chimie de Toulouse. On songe d'ores et déjà à utiliser à nouveau cette plante magique en pharmacie comme en cosmétologie. L'or bleu refleurira-t-il en pays de Cocagne ? L'avenir le dira...

Parcs et réserves naturelles
Réserves naturelles

Le Parc naturel régional du Haut Languedoc. Surplombant les immenses cultures céréalières du Lauragais ainsi que les plaines viticoles du Languedoc, le Parc naturel régional du Haut Languedoc est un territoire de 260 000 ha (47 communes dans le Tarn) qui s'adosse sur les derniers contreforts méridionaux du Massif central. Zone de moyenne montagne, c'est aussi le lieu de rencontre entre les climats océanique et méditerranéen. Cette particularité se traduit par une diversité biologique et paysagère incroyable, ainsi qu'une faune (chevreuils, sangliers, mouflons, renards, fouines, genettes, moules d'eau douce, écrevisses à pattes blanches, loutres et 247 espèces d'oiseaux) et une flore particulièrement riches. Le Parc naturel est aussi un lieu de vie et le meilleur prétexte à l'exploration et la découverte.

Adresses Futées du Tarn

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