Le guide touristique JURA du Petit Futé : Économie

Économie

Deux entrepreneurs du JuraHaut de page

Louis Vuitton (1821-1892). Le créateur de la marque de bagages est né en 1821 au moulin d'Anchay, à Lavans-sur-Valouse, près d'Arinthod. A 14 ans, à la suite d'une mésentente avec sa belle-mère, il monte à Paris où il invente la malle à couvercle. En 1854, il crée à Asnière un atelier qui emploie rapidement 200 ouvriers. C'est le début de la saga d'une grande marque. Du moulin d'Anchay, il ne reste que quelques ruines...

Henri Maire (1917-2003). En 1939, Henri Maire hérite à 22 ans de quelques arpents de vigne d'Arbois. Passionné par les vins, il l'est tout autant par le commerce. Il accroît ses domaines, devient avec 300 hectares le plus important propriétaire du Jura. Il modernise sa production et sa gestion, et développe la vente directe. Son " vin fou " s'affiche partout. Les producteurs locaux, attachés avant tout à la personnalité de leurs vins, ne se reconnaissent pas toujours dans son marketing. Mais beaucoup lui concèdent d'avoir largement fait connaître le Jura.

Ressources naturellesHaut de page
Stère de bois
Stère de bois
Le passé du selHaut de page

Précieux pour la santé de l'homme, son alimentation et la conservation de sa nourriture, le sel a marqué profondément la vie des Jurassiens et l'histoire de leur territoire.

Il était certainement recherché depuis les temps les plus anciens : on a retrouvé des traces d'habitat néolithique à proximité de plusieurs sources d'eau salée à Lons-le-Saunier et Salins-les-Bains. On pense aujourd'hui qu'il était utilisé 4 000 ans avant J.-C. Les Gaulois ont poursuivi l'exploitation de ces sources qui a fortement diminué à l'époque romaine, peut-être parce que les Romains apportent du sel de Méditerranée. Au IVe siècle de notre ère, l'intérêt pour le sel local s'éveille à nouveau.

Au début du Moyen Age, l'exploitation se développe, on construit alors des salines. Les seigneurs de Salins régissent la Grande Saunerie qui organise la production et la commercialisation du sel. À Lons-le-Saunier, le sel est moins présent qu'à Salins mais son exploitation est plus aisée. Le puits-salé est exploité jusqu'en 1317 puis abandonné. L'industrie saunière ne reprend qu'au XVIIIe siècle. C'est à cette époque qu'est créée la saline royale d'Arc-et-Senans (Doubs) pour traiter la saumure de Salins, acheminée par un conduit souterrain de 21 km.

La commercialisation du sel a contribué à la structuration des paysages jurassiens : des voies du sel sont créées dès le Moyen Âge pour acheminer le précieux matériau. Comme les taxes diffèrent d'une région à l'autre, on construit des routes distinctes. Pour échapper à l'impôt, la contrebande s'organise. Et le sel, un bien très précieux, est extrêmement convoité. Il faut donc surveiller les routes qu'il emprunte. On construit donc des points de contrôle et d'observation comme les forts qui surplombent la sortie de Salins.

Aujourd'hui, le sel participe encore à l'économie du Jura grâce au thermalisme à Lons-le-Saunier et Salins-les-Bains.

Département forestier, le Jura a naturellement développé une filière bois. Bois d'oeuvre, utilisé traditionnellement pour la fabrication d'objets et d'ustensiles, de mobilier et de jouets. Ce secteur fait encore vivre des entreprises de différentes tailles.

Un lycée professionnel spécialisé, héritier d'une " école nationale ", ainsi qu'un centre de formation de Compagnons forment aux métiers du bois à Mouchard.

La métallurgie a joué un rôle très important dans l'économie locale et y est encore présente. Minerai de fer dans le sol, bois pour fournir le combustible et obtenir la fonte, énergie hydraulique des rivières, cascades et torrents pour actionner les forges... Toutes les conditions étaient réunies pour que les Jurassiens fabriquent très tôt des objets de fer et de fonte.

Au Moyen Age, martinets et petites forges pullulent déjà. Au XVIe siècle, Marguerite d'Autriche entreprend d'encourager le développement de cette industrie dans la Comté de Bourgogne. Elle fait nommer des maîtres de forges en plusieurs lieux notamment à Fraisans, dans le pays dolois. Ces techniciens sont au service des seigneurs et souverains, propriétaires des installations. Ils deviennent, après la Révolution, propriétaires des hauts fourneaux, fonderies et forges qu'ils dirigent.

Au XIXe siècle, se développe une organisation particulière autour des forges, sous l'impulsion de maîtres de forges influencés par les utopies du fouriérisme ou du christianisme social. Habitat, éducation, approvisionnement, loisirs... La vie des ouvriers est entièrement prise en charge par l'entreprise. Les abords des forges deviennent des petites communautés à part comme à Baudin, dans le Revermont.

A la fin du XIXe siècle, avec le formidable développement industriel de l'époque, des établissements se regroupent et des sociétés de forges apparaissent. C'est alors que le Jura produit des outils et équipements métalliques pour la France entière et même au-delà : du clou au chemin de fer en passant par les charpentes et ossatures de bâtiments et ouvrages d'art parfois prestigieux (gares, ponts...). Plusieurs localités du Jura se plaisent à raconter qu'elles ont été le lieu de fabrication des pièces de la Tour Eiffel...

AgricultureHaut de page
Vignoble près d'Arbois
Vignoble près d'Arbois

Il n'y a pas que des vignes et des prairies dans le Jura, même si l'élevage laitier est la principale activité agricole du département, essentiellement pour la production du comté.

D'autres formes d'agricultures sont également pratiquées dans le Jura : cultures céréalières en Bresse, horticulture, par exemple à la ferme-CAT horticole les Glycines à Cramans, élevage d'animaux de toutes sortes dans tout le département.

Elevages de toutes sortes ? Des vaches montbéliardes, bien sûr majoritaires, pour le fameux comté, des chèvres, des volailles... Le Jura compte plusieurs fermes équestres, mais aussi des élevages de chiens de traîneaux dans le Haut Jura, et d'autres plus insolites : de bisons, d'aurochs, de chiens dalmatiens, de lamas, de rennes... N'oublions pas les fermes piscicoles au bord des étangs et des rivières, et les héliciculteurs qui font paître... les escargots !

Plusieurs exploitations agricoles du réseau Bienvenue à la Ferme ouvrent leurs portes aux amoureux de la nature et de la vie rurale.

IndustriesHaut de page

Les savoir-faire avant tout. Le Jura est un pays de " fabricants ". Des tout premiers ateliers installés dans les fermes, qui confectionnaient outils et équipements pour la viticulture et l'élevage laitier aux entreprises innovantes d'aujourd'hui, en passant par les périodes de crise comme l'industrie en a connu dans la deuxième moitié du XXe siècle, la vie des Jurassiens est marquée par un esprit artisanal et, au bon sens du terme, " industriel ". Entrepreneurs dans l'âme, ils ont su prendre des virages parfois audacieux et évoluer. Par exemple, la tournerie a laissé sa place à la plasturgie pour maintenir l'industrie du jouet sur leur territoire. Aujourd'hui, certains lunettiers moréziens ont fait le choix de rapatrier la production un temps délocalisée. Une raison majeure à cela ? L'attachement à la qualité des produits, qui passe par la fierté des savoir-faire. Un signe ? Le réseau Made in Jura qui fédère collectivités et entreprises de toutes tailles et de tous secteurs. Un point commun ? Fabriquer leurs produits dans le Jura, en être fiers et le faire savoir.

Coopérer. L'attachement aux savoir-faire, au travail bien fait et à la qualité des produits made in Jura est donc une composante de l'esprit jurassien. Fiers à juste titre de leurs productions, les Jurassiens n'en font pourtant pas une fierté personnelle, ni individuelle. Dans le Jura, point d'arrogance, de mépris ou de fausse modestie. Si un Jurassien prétend qu'il fait un peu de ski ou de vélo, ne vous avisez pas de suivre son rythme ! Car ici la modestie est profondément ancrée et authentique ! Naturellement rudes, comme leur climat, les Jurassiens  ? Sans doute mais rudesse n'est pas dureté, et elle n'empêche pas la générosité et la solidarité face à des conditions de vie parfois difficiles. N'oublions pas que c'est dans le Jura que sont nées les premières coopératives européennes, dès le début du XIVe siècle ! Leur but ? Regrouper la production de lait. Et six siècles plus tard, lorsqu'un vaste mouvement coopératif s'étend dans la France entière, d'où vient-il ? Eh oui ! Ce sont les Jurassiens qui ont mis sur pied les premières coopératives vinicoles françaises, baptisées " fruitières vinicoles ", tandis que se modernisaient les fruitières à comté, pour valoriser le fruit de la terre et le travail des hommes. Ce même esprit de solidarité se retrouve dans l'organisation de la vie sociale ouvrière. La Maison du Peuple de Saint-Claude et son association la Fraternelle illustrent magnifiquement cette tendance.

Des métiers et des hommes. Rien d'étonnant donc, si le patrimoine culturel du Jura tient autant à la valorisation des initiatives et savoir-faire locaux qu'à la valeur des propriétés bâties. Le réseau Juramusées, animé par le Conseil Général, l'a bien compris et développe, à côté des sites consacrés à l'histoire naturelle, l'archéologie, l'histoire ou les beaux-arts, un volet intitulé " Des Métiers et des Hommes " dans lequel on trouve la maison de Louis Pasteur à Dole et à Arbois, celle de Rouget de Lisle à Lons-le-Saunier, le centre polaire de Paul-Émile Victor à Prémanon dans le Haut-Jura. Mais ce réseau rend aussi hommage aux Jurassiens plus ou moins anonymes  : baraques des bûcherons - charbonniers dans la forêt de Chaux, salines à Salins, musée de la vigne et du vin à Arbois, de la boissellerie à Bois d'Amont, écomusée du carton à Mesnay, chalet à comté à Fort-du-Plasne, forges à Sellières et Fraisans... N'oublions pas enfin un bâtiment hors du commun : le château de Syam, une villa palladienne édifiée au début du XIXe siècle par Claude Jobez, maître des forges voisines et amoureux de l'architecture des villas italiennes construites à la Renaissance par Andrea Palladio. Cette construction néo-palladienne, étonnante dans une région comme le Jura, mérite la visite.

TourismeHaut de page

Visites en tous genres. Des musées des Beaux-Arts, des châteaux patiemment restaurés, des sites archéologiques, des maisons où ont vécu les grands hommes du département, des bâtiments admirables ou insolites qui racontent des morceaux d'Histoire ou des écomusées qui mettent en scène la vie quotidienne des hommes et leurs activités professionnelles d'hier et d'aujourd'hui... Du nord au sud du Jura, des sites d'une grande diversité sont regroupés au sein du réseau Juramusées. Certains, parfois dotés de l'agrément " Musée de France ", appartiennent à des collectivités territoriales, d'autres sont gérés par des associations de bénévoles.

Explorer tous ces sites s'avère être un vaste programme de découverte du Jura dans toutes ses dimensions : des pistes à dinosaures de Coisia et Loulle au site du château et des forges de Syam ; des abbayes de Gigny et de Baume-les-Messieurs aux sites archéologiques de notoriété internationale que sont les habitats lacustres de Chalain et de Clairvaux ou le sanctuaire gallo-romain de Villards d'Héria ; des grottes des Moidons ou des Planches-près-Arbois à la Maison de la Vache qui Rit à Lons... Ce réseau est divisé en cinq thématiques : " Des métiers et des hommes ", " Des dinosaures, des paysages ", " Les chemins de l'archéologie ", " Beaux-Arts " et " Chemins monastiques ". Juramusées est rattaché à la Conservation départementale du patrimoine du Conseil Général du Jura, qui a pour mission de sauvegarder, d'étudier et de mettre en valeur le patrimoine jurassien. Pour transmettre et faire comprendre ce que nous avons été hier, ce que nous sommes aujourd'hui, et ce que nous pourrions être demain.

Renseignements : Juramusées - 17, rue Rouget-de-Lisle - 39000 Lons-le-Saunier ✆ 03 84 87 34 85 - www.juramusees.fr - juramusees@cg39.fr

Musées futés

Grâce au Passeport Juramusées, vous pouvez découvrir plus d'une cinquantaine de musées et de sites à tarif préférentiel. Juramusées vous permet par ailleurs de bénéficier d'une information complète sur les différents musées, les animations et les expositions qui y sont organisées. Et le réseau est désormais accessible sur l'application du Petit Futé : tous les sites y sont géolocalisés sur une carte Google, avec l'avis des experts du Petit Futé et des visiteurs. Chacun peut même faire suivre par e-mail un bon plan, l'ajouter à ses favoris ou bien encore rédiger un avis et le faire partager à la communauté Petit Futé.

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