Guide du Sénégal : Le Sénégal en 30 mots-clés

Arachide

Elle est partout : grillée et salée en apéritif, caramélisée en en-cas dans l'après-midi, en sauce avec du boeuf ou du mouton. Elle sert à tout, de l'huile au savon jusqu'au tourteau servant d'aliment-bétail. Cette petite graine appelée ici guerté - tiga dans les zones à dominance mandingue - ne compte pas pour des cacahuètes dans la vie sénégalaise. Du côté de Kaolack, son odeur révèle sa présence bien avant les seccos (pyramides d'arachides) servant de points de collecte. Pour ceux qui apprécient le mafé (sauce à base de pâte d'arachide), le midi, mieux vaut prévoir une sieste pour sa digestion.

Bana-bana

Le bana-bana vend au détail et à domicile, il est donc un marchand ambulant. Un Sénégalais se souvient avec nostalgie d'un bana-bana venu de la région de Diourbel, qui faisait du porte à porte à la Médina pour proposer ses articles, à crédit, et qui passait quotidiennement prendre 25 FCFA auprès de ses débiteurs jusqu'à ce qu'il récupère tout son argent. Cela se passait dans la convivialité et l'hospitalité puisque, aux heures de repas, le vendeur était invité à prendre place autour du " bol " (plat) familial. Malheureusement, beaucoup de touristes expérimentent un autre visage des bana-banas à Dakar : au bord de la route lorsqu'ils passent des heures à attendre les clients ou en ville près des marchés, lorsqu'ils sont " collants ", comme ils le reconnaissent eux-mêmes.

Baobab
<p>Baobab dans la région de Darou Mousty.</p>

Baobab dans la région de Darou Mousty.

Un des emblèmes du Sénégal (avec le lion) est cet arbre massif et mystérieux connu pour sa silhouette unique. Appelé " arbre-bouteille ", ce pachyderme végétal semble avoir été arraché, retourné et planté les racines en l'air. Il possède un tronc très large, constitué de bois spongieux, véritable réserve d'eau lui permettant de traverser de longues périodes de sécheresse. Arbre sacré, le baobab a une symbolique forte dans les rituels animistes puisque certains marabouts l'utilisent pour soigner l'infertilité féminine ou invoquer la pluie. Son tronc creux a longtemps été le tombeau des griots en pays Sérère dans le Sine-Saloum, dont le peuple aux croyances animistes ne voulait pas enterrer de griot car cela pouvait rendre le sol infertile. Appelé gouye (qui se prononce " gouy "), il peut servir pour de multiples usages : on fait des cordes avec son écorce ; ses feuilles sont utilisées dans la cuisine et dans la pharmacopée pour la préparation de tisanes. Ses fruits, appelés " pains de singe " ou bouye, sont utilisés pour la fabrication de jus au goût acidulé, tandis que ses graines servent à faire de l'huile. Les forêts de baobabs du Sénégal, comme celle de Nianing sur la Petite Côte, sont parmi les plus vastes au monde.

Baye Fall

Les Baye Fall sont des disciples au service exclusif d'un marabout mouride. Ils constituent en effet une branche de cette confrérie fondée par cheikh Ibrahima Fall (ou cheikh Ibra Fall ou encore Lamp Fall), un des talibés (disciples) de cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme. Ils sont reconnaissables à leur accoutrement : vêtement coupé dans un tissu patchwork (diakhass) de couleurs vives ou fait d'un amoncellement de tissus, colliers en ébène, dreadlocks, pieds nus pour certains et calebasses en main ou gourdins accrochés à la ceinture pour quelques-uns.

" Etre Baye Fall, c'est avant tout avoir un grand coeur et n'être rancunier envers personne ", décrit Paco le Villageois, Baye Fall à Saint-Louis au service d'un marabout de Touba. Ils doivent consacrer entièrement leur vie et le produit de leurs activités (mendicité et travaux agricoles notamment) à leur marabout qui, en contrepartie, prie pour eux, les soustrayant ainsi à toute obligation de prière et de rituel religieux. Ils sont formés dans des écoles appelées daara où ils apprennent à devenir fort mentalement. Une dérivation plaisante a donné naissance à " baye faux ", expression appliquée aux faux Baye Fall, souvent vrais escrocs et responsables de la stigmatisation des vrais disciples.

Bissap

Le bissap (Hibiscus sabdariffa, famille des malvacées), également connu comme " oseille de Guinée " (carcadet, en Egypte), est une plante dont les fruits et les feuilles sont utilisés dans la cuisine et la médecine traditionnelle. Ses feuilles, sortes d'épinards acides, atténuent le goût prononcé de l'arachide et relèvent la sauce lorsqu'elles s'adjoignent au mafé. Il en existe deux types, qu'on distingue par la couleur de leurs fibres : le rouge et le vert (ou blanc).

Le bissap rouge, qualifié par certains de " vin sénégalais ", est consommé à travers le pays principalement en jus, au goût acidulé couleur de vin, mais aussi en sirop ou en thé.

Frais ou " glacé ", il est très rafraîchissant (mais souvent trop sucré car coupé avec des sodas). Chaud, il facilite la digestion et fait baisser la pression sanguine, selon les spécialistes.

Le bissap vert, ses calices accompagnent généralement le plat de tiep bou dien (riz au poisson) ou de caldou, riz blanc avec poisson et sauce blanche très prisée des Casamançais.

Bolong

Inutile de vous précipiter sur un dictionnaire de géographie, vous n'y trouverez aucune définition. Le bolong est propre à l'écosystème de certaines zones côtières du Sénégal et de la Gambie, particulièrement du côté du Sine-Saloum et de la Casamance. Il ne s'agit ni d'un delta, ni d'un estuaire de fleuve comme on pourrait le penser, mais d'un bras de mer où celui-ci, creusé par le lit d'une ancienne rivière, est très plat. Une " ria ", constituée exclusivement d'eau salée, qui va très loin à l'intérieur des terres, jusqu'à Kaolack pour le Saloum, Fatick pour le Siné et jusqu'à Diana Malari en Casamance à 217 km des côtes ! L'eau monte et descend deux fois par jour suivant les marées de l'océan. De février à mai, la salinité des bolongs est supérieure à celle de la mer, car l'eau s'évapore augmentant la concentration en sel (les moustiques sont inexistants). La région de Kaolack est l'épicentre de l'exploitation des salines naturelles qui alimentent en sel tout le pays. De septembre à décembre, l'eau est plus ou moins dessalée par les pluies qui représentent le seul apport d'eau douce. Bordé de mangroves et de palétuviers, constellé d'îles sablonneuses, le bolong est riche en poissons, huîtres, coques et accueille généralement de nombreux oiseaux locaux et migrateurs, à observer en pirogue lors de balades inoubliables.

Case
<p>Petit village aux alentours de Diakhao.</p>

Petit village aux alentours de Diakhao.

Circulaires, carrées ou rectangulaires, de plain-pied ou à étage, les cases constituent l'habitat traditionnel au Sénégal. Construites la plupart du temps en briques de latérite, en paille et en bois de rônier (une variété de palmier). En fonction du climat, des techniques adoptées et des choix esthétiques de ses habitants, elles ont un style bien distinct en pays peul, sérère, bassari, diola ou bambara. Un excellent exercice d'observation et de découvertes culturelles.

Clandos

Dites aussi " taxis clandos ", ces voitures personnelles, à la différence des taxis traditionnels, exercent sans licence, en toute clandestinité. Ils desservent généralement les banlieues de Dakar et relient les villages dans les autres parties du pays. Elles sont souvent en mauvais état, mais très pratiques pour se déplacer en brousse, où on trouve souvent des " garages de clandos ", bien moins chers que la location de voiture avec chauffeur pour touristes.

Confrérie

Après l'ethnie, l'appartenance à une confession religieuse dicte l'identité d'une personne. Les confréries représentent en quelque sorte le clergé de l'islam, chacune ayant ses priorités dans leur interprétation du Coran. Les tidjanes ont tendance à " emphaser " un mode de vie très saint et les mourides mettent en avant l'importance du travail. La confrérie mouride est une grande puissance économique dans le pays. Elle est la seule à suivre une voie ouverte par un Sénégalais (cheikh Ahmadou Bamba). Dans la hiérarchie, les marabouts (puissance locale) s'effacent devant les " cheikhs " ou " khalifes " (puissance nationale). Il est dit que dans l'organisation des décideurs du pays, les confréries ont plus de pouvoir que la classe politique. Jusqu'à récemment, les hommes politiques faisaient les yeux doux aux cheikhs et aux marabouts qui appelaient à voter pour l'un ou l'autre des partis par des ndigeul (consignes). Depuis la fin des années 1990, avec une accélération du phénomène lors de l'élection présidentielle de 2012, l'heure est à la neutralité affichée ou à des consignes moins clairement exprimées. Pour voter, l'électeur reste tout de même seul dans l'isoloir...

Dibiterie

La dibiterie désigne le lieu où s'achète du dibi, de la viande grillée généralement du mouton, mais qui se décline aussi selon les zones et les disponibilités : du boeuf, du poulet, du porc, voire même du crocodile (oui, oui, à Djibelor, près de Ziguinchor !).

A Dakar, les dibiteries foisonnent surtout dans les quartiers populaires. On peut choisir ses morceaux de viande ou d'abats, bien assaisonnés, accompagnés d'oignons, de pain ou de frites selon l'endroit, à emporter ou déguster sur place. La dibiterie se trouve sous toutes les formes : du simple tonneau transformé en gril au coin de la rue au restaurant huppé (certains proposent du dibi à la carte) en passant par des petites échoppes avec une table. De quoi se sustenter à prix moyen, voire bon marché, sans faire attention au cadre et au tablier gras du maître des fourneaux. Attention toutefois à la tourista qui vous guette, après un passage dans ces établissements aux normes d'hygiène et de conservation de la viande éloignées des exigences européennes.

Drianké

La drianké, mot wolof, désigne une femme ronde mais aussi d'âge mur, qui sait détourner les regards et faire tourner les têtes rien que par sa démarche. " Il faudrait traduire à la fois par princesse, courtisane, grande dame. Ces statues de Dédale ont un port de reine, une arrogance muette [... ]. Elles ont la rondeur agréable des majas vestidas, l'air courroucé de princesses offensées, et le geste ample ", écrit d'elles l'auteur franco-sénégalaise Catherine Ndiaye (dans Gens de sable, 1984). Une drianké sait donc mettre en valeur son " opulence " par une fausse indolence. Le secret de son succès ne se limite pas qu'à sa manière de marcher. Elle sait faire des tas d'autres choses, ce qui fait sa réputation d'experte en sensualité et en érotisme.
A l'inverse, la " disquette " correspond à une fille sculptée selon les canons de la beauté occidentale. Elle s'habille souvent comme les danseuses lascives dans les clips musicaux américains qui polluent les chaînes de télévision sénégalaises.

Gazelle

Gazelle est le nom de la bière sénégalaise servie en grand volume dans tout le pays. Légère et titrant à 4,2°, elle est brassée à Dakar depuis 1928. Vendue à l'origine en bouteille de 63 cl, elle est depuis peu proposée en format 50 cl et 33 cl. On lui préfère souvent la Flag (Front de libération des alcooliques de gauche, interprètent certains habitués), au goût jugé plus fin et plus fruité. Plus familièrement, une " gazelle ", désigne une fille ou jeune femme, un compliment synonyme de " beauté ".

Hivernage

L'hivernage (saison des pluies) vient au Sénégal comme une palette de couleurs sur une toile. Un vert franc particulièrement impressionnant dans les parties arides, comme à Saint-Louis, ou dans la savane en pays bédik, dans le Sénégal oriental. Les arbres se couvrent de feuilles et contrastent avec le rouge des pistes de latérite. Les lumières sont incroyablement belles et les couleurs sublimées créent une ambiance tout à fait étrange. Une impression de surnaturel se dégage de ces moments de calme avant l'orage.

La pluie (de juillet à octobre) est souvent forte, mais les averses sont brèves dans la majorité des cas. En 1998, l'eau du fleuve Sénégal est venue flirter avec le niveau des quais lors d'une crue exceptionnelle. L'air est lourd et les températures élevées, les soirées à Gorée, à Ngor ou ailleurs sur les côtes ne nécessitent plus le pull, de rigueur le reste de l'année. La chaleur survit à l'arrêt de la pluie (octobre) souvent jusqu'en novembre.

Karité

Le karité (Vitellaria paradoxa, famille des sapotaceae) est un arbre commun des savanes ouest-africaines signifiant " l'arbre à beurre " en wolof et qui pousse dans le Sénégal oriental vers Kédougou. Ces noix sont récoltées pour fabriquer un beurre très gras utilisé par les femmes pour hydrater leur peau et leurs cheveux, mais aussi par les pêcheurs et les ramasseurs de sel du Lac Rose pour protéger leur peau de la sécheresse.

Kora

Ce petit instrument à corde, dont la forme rappelle celle d'un luth ou d'une petite harpe, est l'instrument qui accompagne le chant des griots. Il est généralement fabriqué à l'aide d'une demi-calebasse tendue d'une peau de chèvre et d'un manche à vingt-et-une cordes.

Lutte

Loin devant le football, pourtant très populaire au Sénégal, la lutte sénégalaise (et plus particulièrement la lutte avec frappe à Dakar) rassemble les foules, au-delà des clivages sociaux, économiques ou culturels. Mélange de différentes techniques de combat, entre boxe, arts martiaux et lutte traditionnelle, un match de lutte dure plusieurs heures, depuis les cérémonies visant à éloigner les mauvais esprits, les danses pour intimider l'adversaire, le baccou, pour finalement se terminer par une attaque de quelques minutes, voire quelques secondes ! Regroupés en écurie, les lutteurs sont de véritables stars, les plus célèbres touchant d'énormes cachets, grâce notamment aux contrats publicitaires. Parmi les grands noms que compte la discipline : Yékini, Balla Gaye 2, Bombardier ou encore Tyson. La lutte traditionnelle dans les villages est aussi très populaire.

Magal

En wolof, magal signifie " rendre hommage ", " célébrer ", " magnifier ". Plus couramment, ce terme sous-entend " magal de Touba ", grand pèlerinage annuel des mourides. Ce rassemblement, jour férié au Sénégal, pour lequel des dizaines de milliers de pèlerins - y compris du monde entier - convergent vers Touba, commémore le départ en exil au Gabon du fondateur de la confrérie mouride, cheikh Ahmadou Bamba, le 12 août 1895 (sur la base du calendrier lunaire).

Mbalax

Le mbalax (ou mbalack) incarne incontestablement l'identité musicale sénégalaise sur la scène nationale et internationale. Cette musique, très singulière et facilement reconnaissable, mélange rythmes et instruments traditionnels et modernes. Elle s'accompagne d'une danse assez spectaculaire, tout autant identifiable. Popularisé dans les années 1980 avec le musicien Youssou N'Dour, s'inscrivant en continuité avec les créations musicales de l'époque, le mbalax a aussi pour particularité d'avoir créé une passerelle identitaire entre le Sénégal et la Gambie. Ces deux pays dansent en effet avec autant de ferveur au son du sabar et de la guitare, de la kora et du djembé. Diffusé en live, écouté dans les night-clubs, sorti d'un vieux transistor ou proposé en CD par des marchands ambulants, vous pourrez en consommer sans modération !

Palabre

La palabre est un art de vivre. C'est le remède (médical) à tous les problèmes et une bonne façon de faire passer le temps sous un grand arbre lorsque le soleil tape fort au milieu de la journée.

La palabre devient " tchatche " lorsqu'il est question de marchander, de négocier... ou d'embrouiller. Les Sénégalais sont connus partout dans l'ouest de l'Afrique pour être des " embrouilleurs " de première.

Un Ivoirien disait en riant : " Quand un Sénégalais a fini de parler, tu ne sais plus ce que tu pensais avant, tu sais juste qu'il faut que tu l'aides et tu en es convaincu. "

Palétuvier

Au bord du fleuve Sénégal, du delta du Sine-Saloum et du fleuve Casamance, les zones marécageuses sont dominées par la mangrove. Ici, le palétuvier est roi. Arbre tropical tolérant les eaux saumâtres, il est reconnaissable à ses racines émergentes qui viennent capter l'oxygène au-dessus de la couche de vase. Le delta du Sine-Saloum, classé Réserve mondiale de la biosphère par l'Unesco, abrite de nombreuses mangroves où le palétuvier s'épanouit au milieu des eaux et des îles, dessinant les contours de ce paysage labyrinthique. Depuis plusieurs années, il fait l'objet de plusieurs campagnes de reboisement dans la région. Les écosystèmes de palétuviers sont en effet d'une importance fondamentale, tant pour le milieu naturel que pour les populations locales. Constituant une " zone tampon ", il protège le littoral sensible à l'érosion du vent et des vagues. Ses fleurs mellifères attirent les abeilles qui en produisent un excellent miel, connu et récolté à Toubacouta sous l'appellation d' " or du Saloum ".

Pirogue
<p>Détail d'une pirogue du port de pêche de Mbour.</p>

Détail d'une pirogue du port de pêche de Mbour.

Le Sénégal a un lien fort avec cette embarcation à laquelle certains attribuent l'origine de son nom. C'est discuté, mais voici ce que disent les tenants de cette version : Sénégal vient de sunu gal, " notre pirogue ", en wolof.

Dans les principaux ports jalonnant les côtes du pays, les pirogues sont au centre d'une activité économique et sociale majeure : la pêche. A Kayar, à Mboro-sur-Mer ou à Kafountine, les rangées de ces embarcations aux flancs bariolés et à l'éperon fier font un joli instantané et la fièvre des départs en mer ou des retours de pêche, un spectacle qui ne s'emprisonne pas.

Mais les pirogues sont également au centre d'une autre réalité : les départs de candidats à l'émigration clandestine vers l'Europe dans une périlleuse traversée qui se termine souvent avec des morts en mer ou un rapatriement honteux. Campagnes de sensibilisation auprès des jeunes, films chocs (à l'instar de La Pirogue du réalisateur sénégalais Moussa Touré présenté au Festival de Cannes en 2012), tout est fait pour essayer d'endiguer ce phénomène malheureux.

Sabar

Ce grand tam-tam à long fût a donné son nom aux séances de danse qu'il rythme, trônant souvent en roi au milieu d'autres percussions traditionnelles. Enfin, jusqu'à ce que des danseuses déchaînées viennent l'éclipser. Les danseuses expérimentées " commencent lentement, laissant voluptueusement traîner le pas qu'elles n'accélèrent qu'à la chute de tension [... ] et seulement quelques sublimes instants, jetant comme une merveilleuse panique chez les batteurs [... ] ". Cheikh Charles Sow, Tam-tam et danses nocturnes.

Salutations

Les salutations ont une importance primordiale au Sénégal. S'adresser à quelqu'un sans l'avoir salué constitue un véritable affront. On commence généralement par un " Bonjour ", suivi inévitablement d'un " Comment ça va ? ", et ce, même lorsqu'on n'a jamais rencontré la personne en face - une pratique qui s'applique donc au téléphone... Suivent des réponses : " Ça va. Et vous, ça va ? ", réponses qui s'enchaînent et on croit les salutations terminées lorsqu'on entend un aléatoire " Bien, merci ". Eh non, ce n'est pas fini !

Les nouvelles sont une curiosité qui peut porter sur la famille (" Et la famille, ça va ? Et les parents ? Et le petit dernier ? "), les affaires (" Et les affaires ? Et le travail, ça va ? "), la santé (" Et la santé, ça va ? ") et l'inévitable mouton à l'approche de la fête musulmane de l'Aïd el-Kebir ou Tabaski. Au moment où il semble qu'on ait fait le tour de tout ce dont on pouvait faire le tour, parfois ça s'arrête, parfois un inattendu " Et sinon alors, ça va ? " relance le débat... Petit tuyau : si on veut abréger, on peut glisser en souriant : " Bon, on fait comme ça ", même si on ne sait absolument pas quoi ni comment...

Tabaski

La Tabaski, c'est la fête du mouton, l'Aïd el-Kebir (ou Aïd el-Adha). Un moment fort de l'année, un jour particulier dont les préparatifs commencent bien des semaines avant la date fixée.

On sent que la fête approche lorsqu'on voit les moutons se multiplier dans les rues, d'abord promenés au bout d'une corde, puis en petit troupeau et pour finir parqués dans des enclos de fortune dressés sur le moindre bout de terrain vague. Ils motivent tous les déplacements pour aller faire du commerce (un mouton en brousse vaut moins qu'un mouton en ville). On les voit à l'arrière des taxis-brousse, sur les toits des cars rapides...

On parle de la Tabaski comme d'une grande fête, mais c'est avant tout une fête familiale. Il est de bon ton de rentrer chez les siens pour égorger le mouton. Après le sacrifice du mouton commence la distribution de viande aux parents et alliés, occasion de longues salutations et palabres. Si vous vous trouvez au Sénégal pour la Tabaski, vous serez sûrement invité(e) plusieurs fois par des amis de rencontre pour partager ce grand moment. A ne manquer sous aucun prétexte, sauf si on est végétarien ! Mais même les végétariens ont de quoi être rassasiés, si le coeur leur en dit, puisqu'il y a toujours à boire et des bricoles (beignets, bouillie de mil au lait caillé...) à se mettre sous la dent.

Taxi-brousse

Le taxi-brousse est certainement le moyen de transport le plus intéressant, autant pour découvrir le pays et échanger avec la population que pour son rapport qualité-prix. Ces vieux breaks Peugeot qui disposent de deux banquettes arrière peuvent accueillir jusqu'à sept passagers. Le départ se fait des gares routières dès que le taxi est rempli. Il faut généralement s'acquitter d'un forfait pour les bagages.

Téranga

Téranga, " hospitalité " en wolof. Un des maîtres mots et une des valeurs les plus importantes du pays.

Qu'un touriste arrive à l'improviste dans une famille ou qu'un membre de la famille débarque de la brousse dans une maison à Dakar, cette hospitalité est un devoir moral. Elle commence par le thé, cérémonial de partage de la part de l'hôte, et peut se poursuivre jusqu'au gîte et au couvert.

Il y a toujours une place réservée pour l'imprévu.

Cela dit, l'hospitalité n'a rien à voir avec les souhaits de bienvenue des arnaqueurs de bas étage qui abordent les touristes à la place de l'Indépendance ou sur l'avenue Georges-Pompidou (ex-Ponty) à Dakar ou dans les lieux d'affluence touristique...

Thé

C'est aussi l'ataya (ou zumb) ou " les trois normaux " parce qu'il se boit en trois fois. Trois verres de thé façon maure, idéalement à la menthe (remplaçable par du sucre vanillé pour ceux qui ne parviennent pas à trouver cette plante aromatique) dont la préparation et la dégustation s'accompagnent de longues discussions et font l'un des charmes du pays.

C'est un bon moyen d'apprécier l'hospitalité ou de nouer contact avec de futurs amis. Le geste est désintéressé dans la large majorité des cas. Pour certains Sénégalais, l'un des moments les plus importants de la journée. Il faut savoir prendre le temps de s'asseoir sous l'arbre à palabres pour y passer un moment paisible. Dire d'accord pour un ataya, c'est accepter les trois verres, " le premier, amer comme la vie ; le deuxième, fort comme l'amour ; et le troisième, suave comme la mort ". Pour saluer le faiseur de thé, qui excelle dans l'art de faire mousser le breuvage, rien de mieux que de l'aspirer bruyamment. C'est signe qu'on a apprécié !

Thiep bou dienne

Se prononce " tiéboudjeun ". Littéralement : " riz au poisson ". C'est le plat national du Sénégal et si vous êtes invité(e) dans une famille sénégalaise, vous l'aurez probablement au menu. A base de riz cuit dans une sauce tomate, il est servi avec du poisson garni d'une petite farce relevée et avec de légumes comme du chou blanc et des patates douces. Présenté dans un grand plat, il se déguste en famille ou entre amis. Un vrai délice !

Thiouraye

Encens. Mixture d'écorces, de résine et d'essences aux effluves musqués, capiteux ou envoûtants.

Il n'y a pas une, mais des recettes, chaque femme a la sienne. Une arme secrète dans son arsenal de séduction, comprenant également ceintures de perles (bine-bine) et autres petits pagnes (béthio). Le thiouraye embaume la maison, celle qui s'y expose laisse sur son passage une délicieuse senteur. Il paraît qu'elle permet de retenir son homme à la maison... ou de vérifier, par son odeur, qu'il n'est pas passé dans une autre maison, aux senteurs différentes !

Tontine

Institution ancestrale qui consiste à verser régulièrement une somme d'argent à un fonds de solidarité, que chaque membre peut utiliser à tour de rôle. La somme est généralement débloquée pour financer une fête (mariage, Tabaski, baptême) ou lors de coups durs (maladie).

Faire – Ne pas faire

Salutations

Si elles peuvent paraître contraignantes pour l'Européen, il n'est pas surprenant de voir les Sénégalais y consacrer de longues minutes et ce, même au téléphone. Se saluer consiste, entre autres, à s'enquérir de la santé de toute la famille : mari, femme, parents et enfants, mais également de tout ce qui a trait à la vie de chacun : travail, voisinage. En arrivant dans un endroit où il y a du monde, mieux vaut, en signe d'intégration, s'adonner au même rituel que ses habitants. Evidemment, vous pouvez toujours lancer un bonjour collectif, sans forcément aller serrer toutes les mains.

Tenue vestimentaire

Hors des plages, des hôtels et des endroits réservés aux touristes, mesdames, si vous tenez absolument à montrer votre bronzage, aussi séduisante vous rend-il, attendez plutôt d'être rentrée en France pour le faire. Si vraiment, chez vous, la notion de paraître prend le pas sur la notion d'être, sachez qu'il vaut mieux montrer une épaule, voire un décolleté plongeant, plutôt qu'une cuisse ou un sein (sauf pour celle qui allaite son enfant, cela ne pose aucun problème). Quant aux shorts, les Sénégalais conviennent sagement qu'ils sont réservés aux enfants  !

A faire

Apprendre quelques mots de wolof vous sera toujours utile. Que ça soit pour négocier le prix d'un taxi ou pour tout autre achat, s'exprimer dans la langue du pays vous différenciera bien souvent du touriste lambda.

N'hésitez pas à faire des photocopies de vos documents (pièces d'identité, billet, numéro de série du portable, etc.). Cela facilitera les choses en cas de perte ou de vol (ce qui peut arriver partout dans le monde).

Faites preuve du même respect envers les " grandes " et les " petites gens ", du directeur de l'hôtel au vendeur ambulant de journaux en passant par le guide. La courtoisie est la moindre des choses, quand on va à la découverte de l'autre.

Avant les sorties en boîte de nuit ou au restaurant, faites attention à qui " invite "... Cela lèvera toute équivoque en fin de soirée. Et avec un guide ou un chauffeur appelé à vous accompagner toute une journée ou plus, mieux vaut négocier auparavant  !

Ne pas faire

Ne prenez pas ou ne donnez pas les choses de la main gauche. Lorsque vous mangez avec la main, c'est toujours la droite qui va dans le " bol " (plat).

Ne dites pas que l'enfant qu'on vous présente ressemble plus à sa mère qu'à son père. C'est embarrassant, surtout parce que cela prête à croire qu'il n'est pas de son père. Pour ne pas mentir dans ce genre de situation, il vaut mieux éviter les commentaires.

Des baisers langoureux dans la rue, c'est un manque de pudeur. Mais des bises sur les joues ne choquent pas en principe, puisqu'on se dit aussi bonjour à la parisienne dans les principales villes.

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