Ne pas faire le crochet vers Fadiouth relèverait de l'erreur d'appréciation. Fadiouth est une île artificielle formée par l'amoncellement de coquillages au fil des siècles par ses habitants, dont l'origine reste mystérieuse. D'autant que, chose rare au Sénégal, le touriste individuel n'est pas laissé à l'abandon. Joal-Fadiouth s'est doté d'un véritable syndicat d'initiative, avec des guides formés et compétents à prix fixe, c'est appréciable.
Une des premières choses qui saute aux yeux en arrivant sur l'île, c'est la blancheur des coques qui tapissent le sol, et les arbres qui se sont nourris du calcaire de ces dernières pour pousser, comme ce baobab vieux de 800 ans au milieu du village. Autre caractéristique frappante : son église, dont les habitants sont fiers. L'île est catholique à 90 %, pour seulement 10 % de musulmans : exactement le contraire du reste du pays. Ce village se targue de n'avoir aucun problème inter-religion et de célébrer fréquemment des mariages mixtes. Le cimetière est d'ailleurs, lui aussi, mixte. Croix et coquillages rythment les visions au fur et à mesure que l'on déambule dans ce minuscule village de 8 000 âmes construit sur un amas de coques et de coquilles d'huîtres. On remarquera aussi le nombre élevé de cochons d'élevage qui se baladent entre les cases et les amas de coquilles vides en bordure de l'île, un animal peu commun dans un pays majoritairement musulman, mais qui finit dans de nombreuses assiettes en terre catholique.

L'île est divisée en six quartiers, chacun ayant son organisation propre. Sous les places à palabres couvertes, les jeunes jouent aux dames, les anciens aux cartes et certains d'entre eux discuteront facilement de leurs années de jeunesse... Tout le monde écoute le rythme du tam-tam, le " Ngë ", un sabar qui annonce une naissance, un mariage ou un décès selon la tradition sérère. On se penserait dans un village de pêcheurs, le poisson sèche même parfois au soleil, et pourtant Fadiouth est bel et bien peuplé en majorité d'agriculteurs. Allez donc faire un tour du côté opposé au pont et vous y verrez de nombreux greniers à mil. Prendre une pirogue à perche n'est pas une mauvaise idée pour aller les voir de plus près. Calme assuré et jolie balade.

Histoire. L'origine des premiers habitants de la mystérieuse Fadiouth est encore controversée, mais l'hypothèse la plus répandue est qu'ils seraient à l'origine un peuple mandingue, les Guelwar originaires du Gabou, en Guinée-Bissau, un empire qui s'est disloqué par de nombreuses guerres. Arrivés par la mer, ils auraient érigé tous les villages qui commencent par la syllabe " Fa ", comme Fadiar, Faoye, Falia... Une seconde vague de peuplement serait due au repli des Sérères du Sine venus de la rive gauche du fleuve Sénégal, ayant refusé de se soumettre aux conquérants musulmans Almoravides.
Pendant la période coloniale, des peuples catholiques se succèdent sur ces terres (Portugais, Hollandais, Français et Anglais) et le développement du commerce triangulaire emmène de nombreux missionnaires dès 1636. Après des siècles de résistance, c'est au XIXe siècle que le christianisme s'enracine sous l'impulsion des Français. De nombreux Sérères sont d'ailleurs aussi animistes, les traditions ancestrales étant encore assez conservées dans la région. A la fin du XIXe siècle, une mosquée est construite en l'honneur de El Hadj Oumar Tall, le fondateur de l'empire toucouleur.

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11.95 €
2018-09-26
432 pages
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