Guide du Sénégal : Les personnalités célèbres : Sénégal

Mamadou Sakho

Ce joueur emblématique du PSG, désormais défenseur central du club anglais Crystal Palace, est un français d'origine sénégalaise qui s'est illustré pendant la coupe du Monde en 2014 au Brésil. Né le 13 février 1990 dans le quartier de la Goutte d'or à Paris, c'est le 5e d'une fratrie de six enfants. Il vit dans différents quartiers de Paris, dans des immeubles insalubres, subit une expulsion et finit même sous une tente avec sa famille sur les pelouses de Reuilly, avant d'être relogé en urgence par les services sociaux dans un hôtel... De la misère à la gloire, Mamadou a parcouru un chemin de croix impressionnant, et dans l'adversité, il s'est battu pour se faire une place au soleil. En parallèle de cette vie rude, il est repéré par le Paris Saint-Germain, et intègre l'équipe junior à 12 ans en 2002. Il est déjà une graine de leader en devenir, et restera 6 ans au camp des Loges, le centre d'entraînement des jeunes espoirs, pour intégrer le PSG à 17 ans. En 2011, il se voit confier le brassard de capitaine de l'équipe après le départ à la retraite de Claude Makelele, mais l'arrivée sur l'échiquier sportif de l'entraîneur Carlo Ancelotti va changer la donne sur le terrain, car celui-ci va recruter d'autres défenseurs centraux brésiliens plus réputés. Sakho réalise néanmoins de bonnes performances et signera finalement avec le club de Liverpool son transfert pour 19 millions d'euros et 4 millions de bonus en septembre 2013. En équipe de France, Mamadou Sakho retrouve une place de choix au sein de l'équipe avec l'arrivée de Didier Deschamps sur le banc des entraîneurs, et est nommé pour la première fois capitaine de l'équipe lors d'un match amical contre la Norvège en 2014. Il a inauguré en juillet 2014 le nouveau complexe sportif de Tambacounda à l'occasion de la finale d'un tournoi de football dont il est le parrain, et a posé la première pierre d'un autre centre sportif à Dar Salam.

Haïdar El-Ali

C'est Jacques-Yves Cousteau version sénégalaise. Si le plongeur français était irrémédiablement associé au navire océanographique La Calypso dont il était le commandant, le nom de El-Ali évoque L'Océanium, un centre de plongée qu'il a longtemps dirigé mais surtout la défense et la protection de l'environnement. Lorsque ses parents quittent leur Liban natal à bord d'un bateau, ils croient se rendre en Amérique via Marseille. A la suite d'une méprise, les deux jeunes " qui ne comprenaient pas un mot de français " se retrouvent au port de Dakar et s'étonnent " de voir que tous les Américains sont noirs ". Les années passent, le couple reste, un petit Haïdar naît en 1953 dans leur foyer à Louga (centre). L'homme n'a pas sa langue dans la poche et en 2000, il fait campagne avec des groupes citoyens et obtient le départ d'un bateau européen transportant des déchets à risque dans les eaux sénégalaises. En 2002, alors que les secours tardent à s'organiser après l'annonce du naufrage du ferry sénégalais Le Joola au large de la Gambie (près de 1 900 morts, selon le bilan gouvernemental), il conduit spontanément une équipe de plongeurs sur les lieux de la catastrophe pour retrouver des rescapés. La lutte contre la pollution marine est au coeur de son action mais Haïdar El-Ali ne limite pas son champ au grand bleu. Il dénonce aussi la " poubellisation " de la terre, la déforestation, le trafic de bois interdit, le braconnage, en formalisant ce militantisme au sein d'un parti écologiste. Et pour mieux porter ses messages, il réalise des films depuis 1991, emportant des prix dans des festivals internationaux. Conscient qu'un engagement politique est nécessaire, il fonde un mouvement écologiste, premier du genre dans le pays. Homme d'influence, classé parmi les cent écologistes influant au monde par le journal Le Monde, il était ministre de l'Ecologie et de la Protection de la nature jusqu'en 2013 et ensuite ministre de la Pêche et des Affaires maritimes, jusqu'à sa démission en 2014. Une première en terme de ministère mais également un signe fort de rassemblement et d'unités : il devient le premier Sénégalo-Libanais à accéder à de si hautes fonctions. Il a été fait chevalier de l'ordre national du Lion par le Sénégal en 1995 et chevalier de l'ordre national du Mérite par la France en 1998.

Pierre Goudiaby Atepa

Né en 1947 à Baïla en Casamance, il a grandi à la médina de Dakar. Il dirige aujourd'hui un des plus grands cabinets d'architecture du Sénégal, voire de la région. Coïncidence ? Son deuxième prénom Atepa signifie " le bâtisseur " en diola, son ethnie d'origine. Les Diolas sont d'ailleurs parmi les meilleurs architectes d'Afrique. Un baccalauréat scientifique en poche, décroché au lycée Blaise Diagne de Dakar, il part pour New-York, où il obtient successivement un diplôme d'ingénieur en sciences de la construction et un diplôme d'architecture. Le sujet de sa thèse est pour le moins évocateur : " La ville idéale africaine ! " " Pour moi, déclare-t-il, l'architecture est un métier de dialogue, et c'est très sénégalais de dialoguer. " Il commence par la construction du siège de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), en 1975, une oeuvre en forme de baobab, l'une des plus majestueuses de Dakar. En 1977, il ouvre son propre cabinet et intervient très vite sur toute l'étendue du continent africain : il réalise notamment un centre de conférence de six cents places et seize villas présidentielles à l'occasion du sommet des chefs d'Etat d'Afrique centrale en juin 1999 à Malabo, en Guinée équatoriale. Membre de l'Académie internationale d'architecture, il a été président de l'ordre des Architectes du Sénégal.

Aïssa Maïga

Fruit d'une double culture, la sculpturale Aïssa Maïga est née à Dakar en 1975, d'une mère sénégalaise et d'un père malien. Arrivée en France à l'âge de cinq ans, elle fait ses premières armes de comédienne dans un conte musical, La Nuit la plus longue, alors qu'elle n'est encore qu'une collégienne parisienne. En 1996, elle obtient son premier rôle dans le film de Denis Amar Saraka Bô avec Richard Bohringer et Yvan Attal. Elle a 20 ans. Mais elle est confrontée à la " réalité crue de ce que peut être la discrimination dans le cinéma français ". Malgré les difficultés, la jeune femme persévère, et ses efforts sont enfin récompensés. Septembre 2004 : on retrouve Aïssa Maïga au théâtre dans Brooklyn Boy, et quelques mois plus tard, elle est à l'affiche de L'un reste, l'autre part de Claude Berri, puis dans Les Poupées russes de Cédric Klapisch, film dans lequel elle interprète une vendeuse qui flirte avec Romain Duris. Depuis elle a enchaîné les rôles dans Paris, je t'aime, Je vais bien, ne t'en fais pas ou encore Prête-moi ta main. Avec Bamako, d'Abderrhamane Cissako (2006), elle reçoit le césar du meilleur espoir féminin. On la voit dans les Insoumis (2008), pendant qu'elle réalise son premier long métrage : il faut quitter Bamako. Puis on la retrouve sur les écrans en février 2010 dans Ensemble c'est trop, de Léa Fazer et quelques mois plus tard dans Le temps de la kermesse est terminé, de Frédéric Chignac. Elle retrouve Alain Chabat en 2012 dans le Marsupilami. Aïssa Maïga apparaît aussi dans l'adaptation du roman de Boris Vian, L'écume des jours, aux côtés de Romain Duris, Audrey Tautou et d'un autre Sénégalais non moins célèbre, Omar Sy ! En 2016, elle joue le rôle de la mère du rappeur Kamini dans la comédie Bienvenue à Marly-Gomont de Julien Rambaldi. Puis on la retrouve, en 2017, à l'affiche de deux autres films, Il a déjà tes yeux de Lucien Jean-Baptiste et Corniche Kennedy de Dominique Cabrera.

Youssou N'Dour

La star toutes catégories confondues de la musique sénégalaise a surtout été lancée par sa collaboration avec des stars internationales. Jacques Higelin d'abord, puis Peter Gabriel et Neneh Cherry. La consécration universelle est récente : en 1998, il est choisi pour chanter le Mondial de football à la planète. Au Sénégal, montez dans un taxi et vous l'entendrez sortir de l'autoradio. Youssou N'Dour est une idole. Ayant débuté la scène du temps des Etoiles de Dakar, il fonde ensuite Le Super Etoile, groupe dont il est le leader et avec lequel il continue de jouer. L'intelligence de " You " - comme on le surnomme dans le pays - est d'avoir su gérer à la fois sa musique et sa carrière. Il est aujourd'hui à la tête d'un véritable empire. Maison de production, lancement des jeunes talents sénégalais, le studio le plus performant du pays, il possède un portfolio d'actions dans tout ce qui est musical, y compris un groupe de presse (radio, presse écrite et une chaîne de télévision culturelle). Il a reçu le 11 décembre 2002 le prix Prince Claus à La Haye (Pays-Bas) des mains de Son Altesse royale, le prince d'Orange. Cette distinction récompense tous les ans, et ce depuis 1966, une personnalité issue d'un pays émergent ayant oeuvré dans le domaine artistique ou intellectuel. C'est le deuxième Sénégalais à recevoir ce prix (la styliste-costumière Oumou Sy est une autre récipiendaire). En 2010, il sort un nouvel album : Dakar-Kingston, en partie enregistré en Jamaïque. Soucieux de l'avenir de son pays, il s'est investi dans la politique : candidat débouté par le Conseil constitutionnel à la présidentielle de 2012, il s'est rallié à Macky Sall. Il a d'ailleurs été ministre de la Culture et du Tourisme du gouvernement d'Abdoul Mbaye d'avril 2012 à septembre 2013. Depuis, il sort des albums régulièrement, dont en 2017, Raxas Bercy et en 2019, History.

MC Solaar

Claude M'Barali, de son vrai nom, est né à Dakar le 5 mars 1969 de parents tchadiens. A six mois, il quitte le sol sénégalais pour la banlieue parisienne. Il devient MC Solaar en se lançant dans le rap tout en poursuivant ses études universitaires. En 1990, il sort son premier single Bouge de là. Malgré un contexte peu favorable au rap, le succès est au rendez-vous : la chanson se place dans le Top 50 français et lui permet de remporter une Victoire de la musique. Sa réussite se confirme cinq ans plus tard en recevant la Victoire du meilleur interprète masculin. Ses textes toujours finement ciselés, poétiques et truffés de jeux de mots sont souvent comparés à ceux de Serge Gainsbourg. Caroline, Nouveau Western ou Solaar pleure... En près de vingt ans de carrière, Claude M'Barali est devenu un ambassadeur important de la francophonie. En 2007, il sort son septième opus, Chapitre 7, puis produit une compilation de ses titres les plus célèbres en 2010 appelée Magnum 567. Après dix ans d'absence, MC Solaar fait son grand retour fin 2017 avec l'album Géopoétique, sacré meilleur album de l'année 2018 aux Victoires de la musique. Un prix qui vient s'ajouter aux 4 autres récompenses reçues depuis le début de sa carrière.

Viviane Chidid (ou N'Dour)

Elle porte le même nom que le chanteur-vedette Youssou N'Dour. Pour cause : elle est sa belle-soeur. La belle chanteuse et Boubacar N'Dour - frère cadet de Youssou N'Dour, donc - ont renoué après leur première rupture (en 2007, après douze années de mariage) sans jamais cesser de collaborer (Bouba N'Dour reste son manager). Mi-wolof, mi-libanaise par son père, mi-maure, mi-bambara par sa mère, Viviane Chidid est née à Mbour, station balnéaire connue pour ses hôtels et ses plages de sable fin sur la Petite Côte. Son amour de la musique l'amène très tôt à organiser de petits shows avec une bande d'amis dans les hôtels de cette zone constituant, avec Saly, la première destination du tourisme au Sénégal. La belle métisse plantureuse se fait remarquer encore plus lorsqu'elle devient choriste au sein du groupe de Youssou N'Dour & Le Super Etoile, en 1993. Elle continue à travailler sa voix et à l'adapter à la musique de ce groupe avant de sortir quatre ans plus tard sa première cassette, qui devient album en 1999 : Ci sunu biir, traduction " Entre nous ". Le produit fait un tabac et un de ses morceaux, Sama nènè (Mon bébé), s'installe comme hit sur les antennes des radios locales durant plusieurs semaines. Du mbalakh mâtiné de soul, rythm'n'blues sauce percussions, Viviane N'Dour (" Vivi " pour ses fans) récidive avec d'autres albums. Surnommée " diva de la soul-mbalakh ", elle trône désormais au sein de son propre groupe, le Djolof Band. Son album Wooy Yaay Yooy sorti en 2010 fait autant parler d'elle que ses nombreuses apparitions publiques ! Après le succès de son album Rètaane en 2014, elle sort un nouveau disque Wuyuma en 2017 et entame une tournée nationale. Elle reçoit, en février 2019, le disque d'or avec l'album Masque Blanc, avec lequel elle est en featuring avec le rappeur français Spri Noir. L'album s'est vendu à plus de 50 000 exemplaires, rien qu'en France.

Omar Sy

Bien qu'il soit né en France, Omar Sy entretient des liens forts avec le Sénégal, son pays d'origine. Son père, dont la famille est originaire de Bakel, dans le nord du pays, est né à Korokoro en Mauritanie, tout comme sa mère. Installés à Dakar la moitié de l'année, ils reçoivent régulièrement leur fils, avec femme et enfants. L'acteur vient souvent au Sénégal et quand il ne visite pas sa famille à Dakar, à Keur Massar ou en Mauritanie, il se rend également chez ses amis de Saly, Mbodiene ou de la Somone. Il aime manger les bons plats de ses tantes, parler avec " les anciens " des histoires du village et voyager dans le pays. Il affectionne tout particulièrement le désert de Lompoul où il va toujours bivouaquer en famille. Un lien " fort, important " qui lui rappelle " d'où je viens et d'où viennent mes enfants ". Il confesse que c'est important pour lui " qu'ils connaissent la culture africaine de leurs origines ". Omar Sy est un humoriste, comédien, humaniste, révélé par le SAV d'Omar et Fred. Il a reçu le César du meilleur acteur en 2012 pour son rôle dans Intouchables devenant ainsi le premier acteur de couleur oscarisé du cinéma français, et il est élu personnalité préférée des Français. Il vit désormais aux Etats-Unis et a tourné dans X-Men et Jurassic World, blockbusters à l'américaine. Dans le film Yao, sorti en janvier 2019, il incarne un célèbre acteur français, Seydou Tall, qui se rend pour la première fois dans son pays d'origine, le Sénégal. Il y rencontre un jeune garçon de 13 ans, en fugue pour rencontrer son héros. L'acteur décide alors de le raccompagner jusque chez lui, oubliant ses priorités et découvrant au fur et à mesure ses racines.

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