Guide d'Albanie : Les personnalités célèbres : Albanie

Ismail Kadaré

Poète, nouvelliste et romancier, Ismail Kadaré est considéré depuis quelques années comme l'un des plus grands écrivains contemporains. Né en 1936 à Gjirokastra, dans le sud de l'Albanie, il étudie les lettres à l'université de Tirana, puis à l'institut Gorki de Moscou, alors pépinière d'auteurs et de critiques. De retour dans son pays après la rupture avec l'Union soviétique (en 1960), il entame une carrière de journaliste et publie simultanément ses premiers poèmes. Son premier roman, Le Général de l'armée morte (1963), qu'il travaille et retravaille pendant plus de cinq ans, lui apporte la consécration internationale. Publié en France en 1970, il sera traduit dans une trentaine de langues. Devenu écrivain " à temps complet ", il dirige parallèlement la revue littéraire Les Lettres albanaises. Député à l'Assemblée populaire de 1970 à 1982 et membre de l'Union des écrivains albanais, il est l'un des rares Albanais qui réussit à voyager à l'étranger. Grâce à lui, l'Occident découvre un pays enfermé et isolé. Malgré les risques, il parvient à transposer la réalité politique de son pays dans des récits épiques ou antiques et à se jouer des lois de la censure. Trois de ses ouvrages, Avril brisé, Le Pont aux trois arches et Qui a ramené Doruntine ? seront néanmoins interdits de publication jusqu'en 1978. En 1985, de nouveau, il ne peut publier. Ayant rompu avec le régime de Tirana, il obtient finalement l'asile politique en France, où il vivra de 1990 jusqu'au début des années 2000. Membre de l'Académie des sciences morales et politiques depuis 1996 et officier de la Légion d'honneur depuis peu, Ismail Kadaré vit aujourd'hui entre Tirana et Durrës. Il s'est vu décerner, en juin 2005, le prestigieux Man Booker International Prize, parmi une sélection d'écrivains mondialement connus comme Milan Kundera, Saul Bellow ou Gabriel García Márquez.

Mère Teresa

Cette personnalité, revendiquée aussi par la République de Macédoine voisine, est une enfant du pays. Si elle est bien née et a bien passé toute son enfance à Skopje, elle-même se disait de nationalité albanaise. Fille de commerçants du Kosovo appartenant à la toute petite minorité albanaise catholique, elle envisage dès l'âge de 12 ans de s'engager dans les ordres. En 1927, lors d'une retraite à Notre-Dame-de-Letnice, au Kosovo, elle entend l'appel de Dieu. Dès l'année suivante, alors qu'elle vient d'avoir 18 ans, elle part pour l'Irlande rejoindre la congrégation des soeurs de Notre-Dame-de-Lorette. À partir de 1929, elle est envoyée en mission en Inde. Enseignante, elle est choquée par l'extrême pauvreté qu'elle côtoie, et consacre son temps libre à aider les nécessiteux des bidonvilles. En 1937, elle prononce ses voeux définitifs à Calcutta et se choisit le nouveau nom de Thérèse (Teresa en albanais) en l'honneur de Thérèse de Lisieux. Après avoir reçu un appel de Dieu lui ordonnant de s'occuper des pauvres, elle fonde en 1950 son propre ordre, les Missionnaires de la charité. Après sa mort, elle est béatifiée dès 2003. En Albanie, un jour férié lui est consacré et plusieurs bâtiments, dont l'aéroport de Tirana, portent son nom.

Elina Duni

Née à Tirana en 1981 et résidant en Suisse depuis 1992, Elina Duni est la plus grande chanteuse de jazz albanaise. Fille d'intellectuels dissidents, elle fait ses premiers pas dans les radio-crochets de la télévision d'Etat communiste avant de partir poursuivre ses études artistiques au conservatoire de musique de Genève, puis à l'Université des arts de Berne. C'est là, en 2008, qu'elle crée le Elina Duni Quartet avec son compagnon Colin Vallon au piano, Patrice Moret à la contrebasse et Norbert Pfammatter à la batterie. Sur son premier album, Baresha (" La bergère ", Meta Records, 2008), elle reprend des grands classiques du jazz américain, des artistes internationaux comme Gainsbourg, Léo Ferré et Nick Cave (géniale version de Riverman), mais choisit aussi de revisiter les chansons du répertoire albanais. Ce sera désormais sa marque de fabrique, un véritable travail d'ethnologue. " Dans ma musique, dit-elle, les albanophones retrouvent leur passé et leur futur. " En 2011, elle participe au disque Melanchology d'André Manoukian et signe son deuxième album Lume, Lume (Meta Records). Son dernier disque en date, Matanë Malit (" Au-delà des montagnes ", ECM/Universal, 2012), est un véritable hommage à l'Albanie, où l'on retrouve de vieilles chansons du folklore national, des titres populaires comme Ere pranverire de Vaçe Zela, ainsi que des créations comme Kristal, coécrite avec Ismail Kadaré. Encensé par la critique internationale, il permet à Elina Duni d'être enfin reconnue dans son pays natal. En 2012, la chanteuse sera ainsi invitée à participer aux célébrations du centenaire de l'Albanie.

Maks Velo

Né à Paris en 1935, Maks Velo est l'une des grandes figures intellectuelles de l'Albanie d'aujourd'hui. Architecte de formation, il est à la fois peintre et écrivain, auteur de récits et de poèmes. Il a été condamné en 1978 à dix ans de camp pour avoir " exécuté des oeuvres inspirées de Modigliani, de Braque et de Picasso, contrevenant ainsi à la méthode du réalisme socialiste " et véritablement interné. Très engagé dans les questions culturelles et éditorialiste percutant, il a écrit et illustré de nombreux ouvrages dont Commerce des Jours, qui a été publié en France. Dans ce recueil réunissant 54 nouvelles et quelques encres de Chine réalisées à sa sortie du camp de détention de Spaç, il raconte avec des mots simples et émouvants sa terrible expérience en milieu carcéral dans l'Albanie communiste.

Angelin Preljocaj

Il est considéré comme l'un des plus brillants chefs de file de la danse contemporaine française. Né en 1957, de parents albanais émigrés en région parisienne, il étudie d'abord la danse classique puis aborde la danse contemporaine avec Karin Waehner, l'une des pionnières de la danse moderne en France. Après un séjour à New York, où il suit les cours du célèbre chorégraphe et danseur américain Merce Cunningham, il est engagé en 1982 dans la compagnie de Dominique Bagouet, installée au Centre chorégraphique de Montpellier. C'est au contact de Dominique Bagouet qu'il saute le pas et décide de se lancer dans la création. Marché Noir, sa première composition, obtient le prix du ministère français de la Culture au concours international de la chorégraphie. Aujourd'hui à la tête du Ballet Preljocaj, compagnie qu'il a fondée en 1984, Angelin Preljocaj a créé pas moins de trente chorégraphies, interprétées pour la plupart par les plus grands ballets d'opéra internationaux. En 2008, il produit Blanche-Neige, un ballet romantique dont les costumes ont été dessinés par Jean-Paul Gaultier, sur une musique de Gustave Mahler.

Vaçe Zela

La plus grande chanteuse populaire du pays (1939-2014) est affublée qu'une quantité de surnoms élogieux (" voix d'or albanaise ", " reine de la chanson albanaise ", " étoile polaire qui gravite seule dans la galaxie de la chanson légère albanaise " ou encore " Joan Baez albanaise "). Elle participera à chaque édition du Festival de la chanson organisé par la dictature communiste, remportant le Premier prix à onze reprises. Celle que l'on décrit comme " le seul rayon de lumière dans les années sombres " créé le scandale en 1962. La presse officielle accuse alors Vaçe Zela d'apologie des valeurs réactionnaires en chantant Ere pranverire (" Brise de printemps "). La chanson est interdite, mais Vaçe Zela est trop adulée pour que le régime prenne le risque de la voir s'exiler. Elle reçoit même le prix du Mérite artistique en 1973, puis celui d'Artiste du peuple en 1977. À la chute du régime communiste en 1991, elle donne son dernier récital à Genève et se retire dans sa résidence de Bâle. En 2002, les nouvelles autorités la décorent du prix de l'Honneur de la nation, la plus haute distinction du pays.

Anri Sala

Plasticien vidéaste né à Tirana en 1974, Anri Sala connaît depuis quelques années une notoriété croissante sur la scène internationale. Installé à Paris depuis 1996, cet ancien étudiant de l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs s'est fait connaître par Intervista, un film dans lequel il confrontait sa mère à son passé de jeune militante communiste. Réalisé en 1997, ce projet a reçu de nombreux prix internationaux et, depuis, Anri Sala expose régulièrement ses travaux dans les galeries du monde entier. Il est représenté à Paris par la galerie Chantal Crousel. Dans une autre de ses vidéos intitulée Byrek, il confectionne ce plat albanais si courant, à partir d'une recette envoyée par sa grand-mère. Il a été sélectionné comme artiste pour le Pavillon français de la Biennale internationale d'art contemporain de Venise en 2013.

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