Situation -Gjirokastra (Αργυρόκαστρο/Argyrókastro en grec), 20 000 habitants, chef-lieu de la préfecture de Gjirokastra (72 000 hab.), 36 km au nord de la Grèce (poste-frontière de Kakavia-Ktismata/Κτίσματα), 61 km au nord-ouest de Saranda, 90 km au nord de Ioannina (Ιωάννινα en grec, Janinë en albanais), 128 km au sud de Berat (via Fier), 230 km au sud de Tirana. Elle s'étend des pentes du massif Mali i Gjerë (" la Grande Montagne ") culminant à 1 800 m d'altitude pour la partie ancienne jusqu'aux rives du Drino (ou Drinos) pour les quartiers modernes.

Description -Vue de loin, la plus belle ville d'Albanie semble quelque peu sévère. Un camaïeu de tons gris composé de pierres des maisons qui s'empilent en gravissant les hauteurs et de pierres des toits et des rues qui se marient avec celles de la montagne. Cette impression est renforcée par la citadelle qui domine la vallée du Drino et par l'aspect de certaines maisons, les kulle, encadrées de tours défensives : pas de fenêtres au rez-de-chaussée, des meurtrières au premier étage et des balcons en encorbellement, ainsi qu'une utilisation de l'enduit blanc plutôt parcimonieuse. Cependant, lorsqu'on pénètre dans la ville, l'impression d'austérité est balayée par le charme des maisons biscornues, des ruelles qui se révèlent pavées en motifs noirs, blancs et roses, ainsi que par l'aspect aimable des habitants. Gjirokastra constitue un exemple rare de ville ottomane bien préservée.

Renommée -Gjirokastra doit sa renommée actuelle à deux des personnages les plus célèbres du pays, tous deux natifs de la ville : le dictateur communiste Enver Hoxha et l'écrivain francophile Ismail Kadaré. Le premier a fait de la ville un véritable musée à ciel ouvert, protégeant l'habitat traditionnel (tout en détruisant au passage la plupart des édifices religieux). Le second chantant les louanges de Gjirokastra dans nombre de ses romans. La ville et la région sont connus des Anglo-Saxons grâce au poète Lord Byron qui séjourna à Ioannina et dans le sud de l'Albanie en 1809.

Unesco -Depuis 2005, la vieille ville fait partie des " Centres historiques de Berat et de Gjirokastra " classés au Patrimoine de l'humanité. Cette association des deux villes apparaît un peu contre-nature. Car, à l'exception de leur héritage ottoman, les deux cités rivales n'ont pas grand-chose en commun. Berat " la blanche " s'est considérablement développée au point que son petit centre historico-touristique classé - splendide au demeurant - s'est vidé de ses habitants, ceux-ci résidant dans les deux grandes parties modernes de l'agglomération. Au contraire, à Gjirokastra " la grise ", la population réside toujours dans la vieille ville (la partie moderne n'occupe que la moitié de la superficie de la commune). Et c'est ce qui fait tout le charme de Gjirokastra : ses vieux attablés aux terrasses des cafés, ses enfants courant dans les rues pavées à la sortie de l'école, ses restaurants fréquentés aussi bien par les locaux que par les touristes. Malgré les contraintes imposées par un tel classement (une cinquantaine de maisons sont répertoriées comme ne pouvant être l'objet d'aucune modification extérieure et quelque 300 sont répertoriées comme ne pouvant subir sur leur façade que des modifications mineures), Gjirokastra ne s'est pas " muséifiée " et reste vivante. Mais les choses pourraient hélas changer. L'Unesco veut en effet rendre la zone entièrement piétonne. Car sous prétexte de sanctuariser la vieille ville, cette mesure risque de faire fuir les habitants qui ont besoin au quotidien de leurs véhicules pour arpenter le relief très accidenté (et les pavés glissants) de cette cité deux fois millénaire.

Les lieux incontournables de GJIROKASTRA (GJIROKASTËR)

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15.95 €
2018-05-02
288 pages
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