Guide de la Jamaïque : La Jamaïque en 20 mots-clés

Ackee
<p>Vente d'ackees (le légume national) sur le marché de Kingston.</p>

Vente d'ackees (le légume national) sur le marché de Kingston.

Le ackee, dont l'apparence rappelle un fruit, est en fait un légume. Ce légume national est servi en accompagnement de nombreux plats, mais tout particulièrement avec la morue salée qu'il adoucit. Sa consommation est interdite dans les autres pays des Caraïbes car, mangé cru, le ackee se révèle toxique. Ce légume se mange donc uniquement cuit ! Visuellement, ça ressemble un peu à des oeufs brouillés. Symbole de l'île, il pousse sur l'akesia, arbre pouvant atteindre une quinzaine de mètres qui fut introduit sur l'île à la fin du XVIIIe siècle par des esclaves d'Afrique de l'Ouest. Ce fruit jaune et brun entouré d'une coquille, qui s'ouvre à maturité, se cueille à l'aide d'une longue perche crochetée à son embout. Il suffit d'effleurer le fruit mûr pour qu'il tombe. Il est bien sûr à la base du ackee and saltfish (ou colfish), petit déjeuner par excellence des Jamaïcains.

Bomboclaat

C'est l'insulte par excellence en Jamaïque ! Insulte qui n'a pas vraiment de traduction française. Cette expression est très très péjorative, très grossière et très répandue. Si vous voulez vraiment un équivalent, elle s'apparentait à " fils de chien " pour ne pas dire autre chose. Elle exprime aussi l'étonnement, dans ses connotations les moins négatives. Si elle s'écrit et se lit de manière compliquée, cette expression se prononce bomboclot et se décline également en bloodclot, bloodclit ou rasclat. Cette expression, loin d'être élégante, est censée faire référence au cycle menstruel des femmes.

Dominos

En Jamaïque, les dominos ne sont pas seulement un jeu, mais un véritable " sport national ". Ils se pratiquent généralement sur une table de bois autour de laquelle quatre joueurs rivalisent d'ardeur verbale pour impressionner ses adversaires, déjà tenus en respect par la force avec laquelle les pièces sont " frappées " sur la table. C'est aussi un rituel des dimanches en famille.

Églises

La Jamaïque héberge de nombreuses églises, principalement protestantes, méthodistes, anglicanes, orthodoxes, baptistes, presbytériennes et adventistes du 7e jour pour ne citer que les principales. La Jamaïque, pays au monde qui compte le plus de meurtres par habitant, serait également celui qui compte le plus d'églises par habitant !

Forêt
<p>Jardin tropical à Montego Bay.</p>

Jardin tropical à Montego Bay.

La forêt est omniprésente dans le pays, vous ne manquerez pas d'admirer les contreforts des montagnes du pays couverte de cette végétation luxuriante tropicale et sauvage. Elle couvre près d'un tiers de la surface de l'île soit près de 340 000 hectares, dont 88 000 hectares de forêt primaire toujours intacte. La partie côtière du sud de l'île est caractérisée par une forêt sèche endémique à l'île, qui ne reçoit que peu de précipitations.

Ganja

La Marijuana, herbe aux noms multiples - weed, collie, lambsbread, kingsbread, sensi, bush herb, I-grade, sativa -, fait partie intégrante de la société jamaïcaine quoique sa culture, sa vente et sa consommation soient interdites et sévèrement réprimées par la loi. La Jamaïque s'est décidée à le faire en 2015, autorisant sa consommation et sa possession en petites quantités, 56 g exactement. Si les rastas sont les premiers associés à la consommation de ganja, une bonne partie de la population masculine de l'île consomme de l'herbe plus ou moins régulièrement, notamment dans les milieux ruraux où les paysans travaillent avec un spliff à la main, et une machette dans l'autre. Ne soyez donc pas étonnés par les douces effluves dispersées sur le bord des routes de campagne, les trottoirs de Kingston et les plages de Negril. On vous proposera régulièrement de l'herbe, véritable business complètement assumé.

Ginger

Ce condiment est omniprésent. La plupart des boissons et jus de fruits, outre les mixtures directement à base de gingembre, en contiennent. Dans la nourriture, vous reconnaîtrez aussi ce goût piquant caractéristique. Essayez la Ginger Beer, boisson gazeuse aux extraits de gingembre ou encore le Ginger wine, issu de la fermentation de cette épice. En pâtisserie, le ginger bread ravira vos papilles. Si vous n'appréciez pas le gingembre, soyez vigilant, souvent il se cache là où on ne l'attend pas !

Hustler

Une profession à part entière. C'est ainsi que sont présentés et se présentent eux-mêmes des milliers de Jamaïcains qui vivent d'une économie - principalement touristique - informelle, basée sur la vente de tout et de rien, à la recherche d'une occasion pour récolter un peu d'argent. Ces hustlers sévissent tout particulièrement dans les zones très touristiques de Ocho Rios à Negril. Du lavage de voiture à la vente de drogue en passant par une visite de ville ou de quartier ou simplement le racket d'une pièce ou d'une cigarette, la liste des services qu'ils offrent et des activités qu'ils pratiquent est illimitée. La plupart sont respectueux du touriste et un simple " non " suffit à les faire renoncer, mais il arrive que certains se montrent agressifs ou exagérément insistants. Dans ce cas, repoussez-les poliment mais fermement.

John Crow

C'est le nom d'un légendaire pirate jamaïcain qui a appliqué sa loi en Jamaïque à la fin du XVIIe siècle. Il a même été un temps " roi des pirates des Caraïbes ". Son nom a été donné à un oiseau noir qui, vu d'en bas, rappelle le corbeau, et de plus près ressemble à un vautour. Il y a toujours un John Crow qui tournoie dans le ciel, pour nous rappeler que le pirate guette.

Mariage

Paradis des lunes de miel, la Jamaïque est aussi spécialiste du mariage express. Attention ! S'il est facile de se marier, il est par contre très difficile de divorcer. 24 heures de présence sur le territoire et vous pouvez prétendre convoler, sous réserve de fournir les documents nécessaires (carte d'identité, plus acte de naissance). Sachez que nombre d'hôtels proposent des formules mariage tout-compris, fournissant de la bénédiction nuptiale au bouquet de la mariée jusqu'aux témoins, sans oublier la coupe de champagne et l'album photos.

Parish

Paroisse, en français. Comme de nombreuses îles des Caraïbes très ancrées dans la religion, la Jamaïque est divisée administrativement en paroisses, qui jouent le rôle de nos départements. Elles sont au nombre de 14 et permettent d'appréhender l'île par secteur ; chacune d'elles correspond à un point cardinal puisque aucune n'est isolée de la côte.

Apprenez leurs noms et leurs capitales, cela vous rendra bien des services. De Kingston à Kingston, d'est en ouest, cela donne : Kingston (Kingston), Saint Andrew (Half Way Tree), Saint Thomas (Morant Bay), Portland (Port Antonio), Saint Mary (Port Maria), Saint Ann (St. Ann's Bay), Trelawny (Falmouth), Saint James (Montego Bay), Hanover (Lucea), Westmoreland (Savanna-la-Mar), Saint Elisabeth (Black River), Manchester (Mandeville), Clarendon (May Pen), et Saint Catherine (Spanish Town).

Proud to be Jamaican

Les Jamaïcains sont un peuple fier, et ils l'affichent : " Proud to be Jamaican ", " Proudly produced in Jamaica "... Les déclinaisons de ce mot dans les slogans ou autre discours attestent de la conscience qu'a la Jamaïque d'être un bout de terre à part, avec une culture singulière, berceau du rastafarisme et de la musique reggae, producteur de l'un des meilleurs cafés du monde, mais aussi la patrie de l'homme et la femme les plus rapides du monde !

Reggae

C'est la musique qui a fait découvrir la Jamaïque aux yeux du monde. Né d'un contexte musical exceptionnel, par le croisement du mento local, de la soul, du rock et des percussions traditionnelles africaines, ce style traverse les époques en s'imposant dans le monde entier comme l'un des plus universels et unificateurs. Les grandes stars des années 1970 et 1980 (Jimmy Cliff, Bob Marley, Dennis Brown, Gregory Isaacs, Black Uhuru, The Gladiators...) ont tracé une voie que suivent des adeptes tout autour de la planète. Une musique que les Jamaïcains jouent avec une telle facilité... c'est le pays qui compte le plus de disques produits par habitant, loin, très loin devant le reste du monde !

Red Stripe

Plus qu'une bière, c'est une véritable icône nationale. La Red Stripe brassée en Jamaïque a été rendue célèbre par son apparition dans le film Cocktail avec Tom Cruise. Si vous la voulez fraîche, précisez-le, parce qu'elle est aussi servie à température ambiante, donc chaude. Attention cependant : une bière très fraîche, bue trop vite dans un pays chaud, peut donner un hoquet difficile à chasser ! La Red Stripe existe aussi en version light et bold, plus goûtue et chiffrant 6 % par volume d'alcool.

Roots wine

Au pays du reggae et des dance-sessions, il faut pouvoir suivre le rythme. Des tonics, ou roots wine, décoctions à base d'essences et d'herbes diverses, fruit de recettes ancestrales, sont en vente dans les supermarchés, échoppes et autres étals de vendeurs ambulants. Ces potions sont particulièrement appréciées par la population masculine soucieuse de performance.

Soon come

Expression jamaïcaine à prendre en compte très sérieusement parce qu'il faut se résoudre à l'accepter. Elle signifie mot à mot " bientôt viens " et pourrait se traduire par " j'arrive tout de suite ". Mais, dans la réalité, elle veut dire " j'arrive au plus tôt dans une minute, au plus tard... va savoir. " Elle est souvent précédée du mot " mi " et suivie du mot " mon ", ce qui donne " mi soon come mon ".

Sound systems

Les soundsystems sont nés dans les années 1950 dans les ghettos de Kingston. Le concept est simple : un groupe électrogène, un camion chargé d'enceintes, des hauts parleurs et des DJs aux platines suffisent à organiser une street party. Si au départ la mode était au R'n'B américain, ils se sont très vite mis au ska, rocksteady et reggae roots made in Kingston, qui ont fait leur succès national. Aujourd'hui, les soundsystems sont davantage orienté Dancehall et dub, et se distinguent par le succès de leur soirées respectives, les kilos de sons disposés en murs d'enceintes qui donnent tant de puissance aux basses et par leurs victoires lors des soundclashes, des battles entre les crews de DJs et " toasters " (aussi appelés MCs) qui les composent. Vous n'avez qu'à tendre l'oreille le soir venu pour entendre les basses résonner de très loin !

Wine

Ce n'est pas seulement la traduction anglaise du vin, c'est une forme de danse des reines du dancehall jamaïcain. Comme la musique, la danse fait partie intégrante de la culture jamaïcaine. Chaque hit s'accompagne de son mouvement inséparable des lyrics (" paroles "). A chaque session, dancehall queens et groupes de danseurs rivalisent d'inventivité et d'originalité pour gagner le seul plaisir d'être admiré. Le wine, mouvement caractéristique du bassin, est la base de la majorité des danses jamaïcaines liées au dancehall. Ces variantes, qu'elles soient dutty wine (accompagnée d'une rotation de la tête) ou Beyonce wine (enchaînements spectaculaires de balancements du bassin), rencontrent un succès phénoménal auprès des jeunes.

Yah Mon

Pas familier avec le patois ? Si vous ne retenez qu'une phrase ce sera sans doute celle-là. " Yah mon " (indistinctement adressé à une femme ou à un homme) signifie tout simplement " oui ", mais elle exprime bien plus : à elle seule, elle manifeste l'enthousiasme et l'exubérance qui caractérisent le peuple jamaïcain. Avec " no problem ", cette phrase s'est imposée comme un véritable emblème du pays, imprimée sur de nombreux supports destinés aux touristes.

Zion

Autre version du Paradis, le mont Zion ou Zion est l'équivalent de l'Eden pour les adeptes du rastafarisme qui le célèbrent dans leurs chansons ou autres textes. Pour exemple, le tube de Damian Marley, Road to Zion, invitant à rester sur la route qui mène à ce monde idéal où l'homme et la nature se retrouvent " we got to keep on walking (Yeah) on the road to Zion land ". Ce paradis mythique rejoint souvent dans le discours une autre terre fantasmée, l'Ethiopie pensée comme terre de salut de la race noire.

Faire – Ne pas faire

La Jamaïque s'appréhende avec douceur, patience, tact et humour. Il est nécessaire de se débrouiller en anglais - ou mieux encore en patois - puisque personne ou presque ne parle le français.

Rappelez-vous que vous êtes en vacances, donc pas pressés, et faites preuve de patience ; vous gagnerez du temps. La vie s'écoule paisiblement sur cette terre tropicale.

Demander le prix d'un produit ou d'un service, si celui-ci n'est pas indiqué. Et le négocier. Si vous connaissez les prix, faites-le savoir. Autrement, vous risquez de vous retrouver dans des situations difficiles. Ainsi, si vous connaissez le prix d'un trajet en taxi dont la valeur est de 300 JMD, n'omettez pas de le dire avant de partir. Ce réflexe vous évitera des situations fâcheuses à l'arrivée.

Il est impératif de demander la permission avant de prendre en photo des personnes ou des objets.

La Jamaïque a dépénalisé la consommation et la possession de ganja en février 2015. Néanmoins si vous devez vous essayer à cette fumeuse spécialité nationale, allumez votre spliff dans un lieu privé, et non dans la rue ou sur les plages.

Adresses Futées de la Jamaïque

Où ?
Quoi ?
Avis