Guide de Tanzanie : Survol de la Tanzanie

GÉOGRAPHIE
<p>La vue depuis le sommet du Kilimandjaro.</p>

La vue depuis le sommet du Kilimandjaro.

On peut distinguer cinq grandes régions tanzaniennes :

Les plaines côtières, d'une largeur moyenne de 16 km sur une longueur de 800 km, très sauvages, bordées de plages et de palmiers, et interrompues seulement par quelques deltas fluviaux et quelques criques, dont celles des ports en eaux profondes de Tanga, Dar es-Salaam et Mtwara. Formées d'une plate-forme corallienne, ces plaines sont essentiellement occupées par des forêts de palétuviers.

A partir de là s'élèvent les plateaux de l'Est, qui atteignent jusqu'à 300 m de hauteur, et où pousse tout d'abord une végétation dense, alimentée par les pluies abondantes que retiennent ces premiers reliefs. La végétation se raréfie au fur et à mesure qu'on s'éloigne vers l'ouest et laisse place à une vaste région aride : la steppe maasaï.

La branche orientale de la vallée du Rift, dans le prolongement du lac Turkana (au Kenya), est celle des lacs Natron, Manyara et Eyasi, non loin desquels s'élèvent tous les massifs montagneux volcaniques importants du pays. C'est là que se trouvent les parcs nationaux du Nord. Ces massifs montagneux nourrissent de relativement nombreux cours d'eau qui vont se jeter dans l'océan Indien.

Le plateau central semi-aride. Situé entre 900 m et 1 200 m d'altitude, 300 m et 1 000 m dans le sud, il est fait de savanes, de bois clairsemés et d'arbustes. Au sud-ouest de la rivière Rufiji, c'est un plateau parcouru de cours d'eau qui le découpent en plusieurs bassins distincts.

Enfin, la vallée du Rift occidental est celle du lac Tanganyika et du lac Nyasa. Le lac Tanganyika draine les eaux des hautes terres du Nord-Ouest, eaux qui iront se jeter dans l'océan Atlantique ; le lac Nyasa draine celles des hautes terres du Sud situées à environ 2 800 m d'altitude.

CLIMAT
<p>Maasaïs sur une plage de Zanzibar</p>

Maasaïs sur une plage de Zanzibar

La Tanzanie peut se visiter toute l'année, même pendant la saison des pluies. Dans l'intérieur du pays, les températures sont toujours douces, entre 15 °C et 21 °C. La frontière Nord se trouve en effet à 2 degrés de latitude Sud, et l'altitude des hauts plateaux (plus de 1 000 m), où se trouvent la plupart des parcs nationaux, préserve des fortes chaleurs. Seules certaines régions isolées enregistrent des températures extrêmes : près du lac Natron, le thermomètre dépasse fréquemment les 40 °C, tandis que le Mont Meru et le Kilimandjaro connaissent des températures vraiment basses : parfois jusqu'à -25 °C au sommet de ce dernier.

La côte de l'océan Indien, en revanche, a un climat chaud toute l'année, et un taux d'humidité assez élevé : idéal pour les séjours balnéaires. Attention ! Il pleut, par intermittence, en principe de mars à début juin ; et d'octobre à février, il fait vraiment très, très chaud (souvent plus de 35 °C, avec un fort taux d'humidité, notamment de décembre à mars).

Située dans l'hémisphère Sud, la Tanzanie a des saisons inversées par rapport aux saisons européennes. Noël s'y fête en été, juillet et août correspondent à l'hiver. Cependant ces saisons sont peu contrastées, ce qui s'explique par la proximité de l'équateur. En revanche, les paysages, eux, changent beaucoup et, au fil des saisons, les plaines font véritablement le tour de toute la palette des couleurs pastel. La petite saison des pluies arrive début novembre et s'en va à la mi-décembre, tandis que la grande saison des pluies est là de début mars à début mai. Ceci ne doit cependant pas trop vous influencer : il ne pleut, en règle générale, que la nuit, et ce temps un peu perturbé, non seulement ne vous privera pas de soleil mais, de plus, vous fera admirer par intermittence des cieux noirs du plus bel effet. Ces pluies, venues de l'océan Indien changeront surtout l'état des pistes, très poussiéreuses ou, au contraire, plutôt boueuses. Sachez enfin que, d'une année à l'autre, la quantité des précipitations peut beaucoup varier.

Ce qui change davantage selon les mois, c'est, d'une part, le nombre des véhicules dans les parcs nationaux, car les amateurs de safari, essentiellement en provenance de l'hémisphère Nord, sont bien plus nombreux en périodes de vacances (nous vous recommandons d'éviter Noël puis juillet et août : les dizaines de véhicules dans le cratère du Ngorongoro rappellent vraiment trop le Kenya ; en revanche, en janvier, septembre et octobre par exemple, sauf groupes exceptionnels, vous serez très tranquilles).

Et c'est, d'autre part, la présence des animaux, qui se déplacent en permanence à la recherche de l'eau. La grande migration des gnous en particulier peut être observée en Tanzanie de novembre à juin. Le parc du Tarangire est plus intéressant pendant l'hiver et le printemps tanzaniens (l'été et l'automne européens). Sur les deux grands volcans tanzaniens, la grande saison des pluies est un peu décalée. En janvier et février, des chutes de neige nocturnes rafraîchissent l'atmosphère des sommets, mais rendent leur aspect superbe. Il y fait très, très froid en juillet et août, notamment sur les versants allant de l'est au sud. Pour la plongée et la pêche au gros, la meilleure saison s'étend d'août et septembre à mars et avril, mais on peut quand même pratiquer son loisir favori toute l'année. Enfin pour la chasse, sachez qu'elle n'est ouverte que du 1er juillet au 31 décembre, avec des permis de 21 jours uniquement pour certains types d'animaux.

ÉCOLOGIE ET ENVIRONNEMENT
<p>Ile de Mnemba</p>

Ile de Mnemba

Fondant l'essentiel de son économie sur le développement du tourisme, ses matières premières et son agriculture, la Tanzanie sait qu'elle doit aborder sérieusement le problème de l'écologie et la protection de l'environnement. Ses forêts, lacs, montagnes et parcs naturels sont sa principale source de revenus touristiques. Ainsi, dans les années 1950 et 1960, furent délimitées les frontières des principaux parcs du pays : l'appellation Zone de conservation du Ngorongoro fut décrétée après que le gouvernement de l'époque eut exclu toute habitation humaine de la zone à cause du braconnage. Les Maasaï furent priés d'aller s'installer ailleurs (on raconte d'ailleurs que les braconniers se déguisaient en Maasaï pour pénétrer dans les terres et tirer les animaux). Même la chasse intensive aux mouches tsé-tsé fut stoppée dans certaines régions car les forêts étaient touchées par l'emploi des pesticides et insecticides utilisés. Aujourd'hui, le gouvernement aide financièrement au développement de l'écotourisme, par des exemptions de taxes par exemple.

La Tanzanie, pays encore pauvre ayant recours à un libéralisme effréné pour l'exploitation de ses ressources, accueille volontiers les compagnies étrangères dans de nombreux secteurs de son économie. Celles-ci pourraient aider le pays à acquérir une réelle conscience écologique et construire les infrastructures permettant de résoudre ces problèmes environnementaux. Mais dans un pays où la corruption règne dans l'administration, certains, bien que motivés pour collaborer, ont depuis longtemps tourné les talons...

La situation, on le sait, ne tend pas vers le mieux. Certaines plages de Zanzibar ne sont pas épargnées puisque des sacs plastiques et déchets en tout genre, jetés par les bateaux et même les insulaires, ternissent ce paysage de carte postale. Bien sûr, les plages à proximité des hôtels sont scrupuleusement et régulièrement nettoyées, mais si vous vous baladez près des villages de l'île principale, vous aurez parfois droit à une toute autre vision. A qui la faute ? Au gouvernement tanzanien, qui ne cherche pas vraiment à aider celui de Zanzibar qui lui-même ne s'intéresse pas suffisamment à ce problème ? A la population locale, peu soucieuse de l'impact que cette pollution peut avoir sur l'économie de l'île ? Peut-être un peu des deux...

Parcs nationaux

Le premier parc national du pays, le parc du Serengeti, a été créé par l'administration coloniale britannique en 1951. Le but des parcs est de permettre une conservation optimale de la faune, de la flore et de tous les écosystèmes. Le recul de la faune africaine est en effet dû autant au braconnage qu'à la pression d'une agriculture extensive. Maîtrisant mal les techniques modernes et, surtout n'ayant pas toujours les moyens d'y accéder, les cultivateurs africains compensent leur faible rendement en exploitant toujours de nouvelles terres, même pour de simples cultures vivrières. La pratique du brûlis appauvrit le sol, favorise l'érosion à moyen et long terme, et endommage ou détruit l'habitat de la faune sauvage quand ces incendies non contrôlés se propagent à l'intérieur des parcs nationaux. La création et l'extension du territoire et de la réglementation de zones protégées semblent donc indispensables.

A travers les taxes de conservation élevées qui ont été instaurées, le tourisme doit permettre de financer une partie du budget du pays, notamment des dépenses nécessaires à la gestion de ces espaces naturels (la charge salariale des personnes qui les gèrent, et des rangers, ces gardes armés qui sont chargés de leur surveillance permanente). Il semble assez normal qu'en compensation des nuisances causées inévitablement par les véhicules de safari, le tourisme paie la construction et l'entretien des pistes qui lui sont réservées. Il faut reconnaître que ceci s'est souvent fait au détriment des populations environnantes, à qui l'on a imposé de nombreuses contraintes, ne serait-ce que l'interdiction de chasser là où elles le faisaient depuis des siècles. Les Maasaï, par exemple, se sont battus pour pouvoir vivre et faire paître leurs bêtes dans la partie orientale des grandes plaines du Serengeti. Le phénomène typiquement kényan des colonnes de minibus touristiques, proche d'un fonctionnement industriel à la chaîne, a apporté certaines perversions, contre lesquelles les autorités tanzaniennes essaient de lutter par différents moyens (hausse des taxes, protection de certains villages...).

De même, tout autour des parcs, si les enfants ne vous accueillent plus en vous saluant joyeusement de la main, mais en les tendant pour vous demander des crayons ou de l'argent, c'est qu'il y a là aussi un problème. En tant que touriste, on contribue à le renforcer autant que les autres. La solution est sans doute d'adopter une démarche responsable, en vous montrant discret lorsque vous passez dans un village, sans exhiber votre matériel photographique, et sans distribuer argent ou petits cadeaux, satisfaisants pour l'esprit mais complètement inutiles, et même nocifs. Si vous vous sentez une âme prodigue, demandez plutôt conseil, pour offrir des cadeaux qui soient vraiment utiles à une communauté et qui ne risquent pas d'être récupérés, ou, encore, contribuez au financement des organismes chargés de la conservation.

Les 16 parcs nationaux tanzaniens vous sont présentés plus en détail dans les différentes zones régionales. Par ordre alphabétique, on retrouve les parcs d'Arusha, du fleuve Gombe, de Katavi, du Kilimandjaro, de Kitulo, du lac Manyara, de Mkomazi, de Mikumi, des monts Mahale, de Ruaha, de l'île de Rubondo, de Saadani, de l'île de Saanane (le petit dernier), du Seregenti, du Tarangire et enfin des monts Udzungwa. S'y ajoutent la zone de conservation du Ngorongoro, qui a un statut à part, afin que les Maasaï puissent y habiter (à l'exception du cratère lui-même) et 17 réserves de gibier (game reserve), dont la plus connue est celle de Selous, destinées au tourisme et à la chasse. Les safaris se font généralement en véhicule : on appelle cela un game drive (game : " gibier " en français). Les safaris à pied, ou game walk, ne sont autorisés qu'à l'extérieur des parcs, ou dans les parcs auxquels les véhicules n'accèdent pas (monts Udzungwa, monts Mahale, fleuve Gombe et Kitulo). Il est alors obligatoire de recourir aux services d'un ranger (garde des parcs, armé), le danger étant là aussi réel. Dans les game reserves, on peut se contenter d'un game scout gouvernemental.

En safari, apprenez à reconnaître l'environnement propice à la présence des animaux : fourche des arbres pour les léopards, hautes herbes pour les lions, buttes pour les guépards ou les bubales... Il est aussi intéressant d'apprendre à reconnaître et distinguer deux individus d'une même espèce, aussi différents l'un de l'autre que deux humains. La première distinction est bien entendu le sexe, puis les taches du pelage ou la forme des cornes et des oreilles. On peut aussi s'intéresser aux relations qui existent d'un individu à un autre (position de leur corps, souffle, inclinaison de la tête, partage de la nourriture, domination, etc.).

Règlement

Tout véhicule, ou à défaut toute personne, entrant dans un parc national doit au préalable acquitter des droits d'entrée, d'éventuelles taxes de camp, et se trouver en possession d'un permis émis par les représentants du parc, qui devra être présenté à toute requête.

La conduite n'est autorisée qu'entre 6h et 19h à l'exception des parcs de Katava, Ruaha, Mikumi, Tarangire et le lac Manyara où les safaris nocturnes en voiture (night drive) sont autorisés.

La vitesse maximale autorisée est de 50 km/h, et de 25 km/h dans le cratère du Ngorongoro.

Il est interdit de sortir des pistes, sauf dans la zone de conservation du Ngorongoro (mais surtout pas dans le cratère lui-même !) et sauf au-delà d'un rayon de 14 km autour de Seronera (au Serengeti), la zone des Moru Kopjes exceptée (en clair, vous ne devez pas non plus sortir des pistes autour de ces kopjes). Contrairement à ce qui se passe au Kenya, la priorité est ici donnée à la protection des végétaux et de la faune, qui pourrait se trouver cachée à quelque distance de la piste.

Le klaxon et les appareils sonores (radios...) sont interdits dans les parcs.

Le camping n'est autorisé que sur les Public et Special Campsites prévus à cet effet.

Aucun déchet ne doit être laissé par terre, même sur les lieux de pique-nique (mégots, paquets de cigarettes, résidus de pique-nique, mouchoirs...).

Il n'est pas permis de nourrir les animaux : cela nuit à leurs instincts alimentaires naturels. (Tout le contraire de certaines pratiques irresponsables observées au Kenya, où l'on dispose parfois des quartiers de viande pour attirer les fauves et permettre aux foules de touristes de s'ébahir : autant aller au zoo chez soi.)

Il est strictement interdit de descendre du véhicule, sauf dans les lieux de pique-nique ou de camp autorisés, et de s'éloigner à plus de 100 m du véhicule. Mais même là, si une bête sauvage peut se trouver à moins de 200 m, il est obligatoire de rester dans son véhicule.

En safari, il est interdit de s'asseoir sur le toit ou sur le rebord de la fenêtre du véhicule et, a fortiori, de se tenir debout sur le toit ou sur le capot.

Le véhicule ne doit jamais s'approcher à moins de 25 m d'un fauve, d'un éléphant, d'un buffle, d'un hippopotame ou d'un rhinocéros. Vous risquez, le cas échéant, de faire perdre à un prédateur sa proie chèrement acquise et vitale pour la famille qu'il nourrit, ou de vous faire charger par un herbivore. Le chauffeur devrait en fait toujours être prêt à dégager le véhicule (par exemple, avec sa marche arrière enclenchée). Des voitures trop bruyantes ou allant trop vite ont déjà été attaquées et endommagées par des éléphants, et le chauffeur légèrement blessé, après que le pare-brise avait été défoncé à coups de défenses et d'épaules. Une distance trop rapprochée avec les animaux peut éloigner définitivement un petit de ses parents et causer ainsi sa mort, ou empêcher la reproduction.

Aucun objet, fleur, plante, morceau de bois, plume, oeuf, écaille, coquillage, carapace, os, insecte, reptile, trophée, fossile, vestige archéologique ou minéral ne doit être ramassé.

Les feux ne sont autorisés que dans les lieux de camp, et doivent être soigneusement éteints avant de les quitter.

Le cratère du Ngorongoro ne doit être visité que par des chauffeurs pourvus d'une licence spéciale délivrée par la Zone de conservation.

Tout animal domestique, même enfermé dans un véhicule, est strictement interdit dans un parc.

FAUNE ET FLORE
Faune

Le principe de la classification des espèces animales, fondée au XVIIIe siècle par le Suédois Carl von Linné (1707-1778) sur des critères anatomiques, est toujours utilisé actuellement, bien qu'il soit sérieusement remis en cause par les généticiens, qui auront pourtant encore une somme colossale de travail avant de pouvoir décrypter des milliers de génomes.

On distingue donc classiquement, du général au particulier, par exemple pour une hirondelle : le règne (animal), le phylum ou embranchement (vertébrés), la classe (oiseau), l'ordre (passériformes), la famille (hirondelle), puis le genre (premier nom latin), et l'espèce (deuxième nom latin pour préciser), ainsi qu'une éventuelle sous-espèce.

Les mammifères

Les mammifères sont les moins nombreux des animaux. Ils sont généralement terrestres, quadrupèdes et poilus, leur température est élevée et constante, leur reproduction placentaire, et les femelles sont dotées de glandes mammaires. Jusqu'aux futurs progrès de la science génétique, on classera les mammifères selon des critères de ressemblance anatomiques : la forme de leur ongle et leur type de dentition, en rapport avec leur régime alimentaire.

La partie continentale de la Tanzanie comporte environ 300 espèces de mammifères, contre une centaine par exemple en Grande-Bretagne. Les naissances des herbivores, tous en même temps chaque année à la même période, ont lieu en saison des pluies, lorsque l'herbe grasse permet aux mères de bien allaiter les jeunes, et à ces derniers de bien se nourrir après le sevrage. De plus, ces naissances groupées permettent à chaque espèce de survivre, car l'effectif des naissances est très supérieur aux besoins des prédateurs.

Eléphants : des risques d'extinction définitive

Le braconnage est aujourd'hui une menace réelle d'extinction pour les éléphants en Tanzanie, l'un des pays d'Afrique où ils étaient le plus nombreux. Avec 30 animaux tués par jour en moyenne dans le pays, l'avenir de ce grand mammifère est des plus noirs, d'autant que le phénomène, porté notamment par la demande chinoise, a tendance à s'amplifier malgré la récente prise de conscience des pouvoirs publics tanzaniens. La population locale d'éléphants a ainsi chuté de 60 % depuis 2009. Les saisies d'ivoire en Europe ou en Asie du Sud-Est - des cargaisons parties de Tanzanie - ont été fréquentes ces dernières années. En mai 2014, lors d'une conférence à Dar es Salaam, la Société protectrice des éléphants de Tanzanie (TEPS) avait même évoqué une échéance proche (2020) à laquelle les pachydermes pourraient avoir complètement disparu. Pour l'ONG, la lutte du gouvernement tanzanien serait vaine en raison de la corruption endémique en son sein : les officiels, au lieu de combattre le braconnage, seraient au contraire partie prenante du trafic, en cheville avec les plus hautes autorités chinoises qui viendraient se servir lors des voyages officiels...

Les reptiles

Les reptiles sont des vertébrés rampants, à respiration pulmonaire et température variable, recouverts d'écailles kératinisées ; ce sont les plus proches parents des dinosaures avant les oiseaux. On distingue les ophidiens (serpents), les sauriens (crocodiles, lézards, dont les caméléons) et les chéloniens (tortues). Ils sont dépourvus d'oreilles internes. Les oeufs ne sont pas couvés mais enterrés, sauf ceux des pythons, autour desquels la mère se love. On n'observe chez les reptiles aucun comportement parental : les petits sont indépendants dès l'éclosion. Tous consomment du calcaire sous une forme ou une autre pour l'ossification. Les serpents ont des yeux dépourvus de paupières, une langue bifide exploratrice, de petites dents crochues aptes à retenir les proies, et en plus, dans certaines espèces, deux crochets reliés à une glande venimeuse par un canal ouvert ou clos, qu'ils utilisent pour se défendre ou pour capturer une proie. Ils sont capables d'ingérer des proies énormes qu'ils ne peuvent pas mâcher, et la digestion peut alors être une véritable épreuve physiologique durant plusieurs semaines. Leur peau est renouvelée d'un seul coup lors de la mue ; ils laissent alors de belles exuvies. Ils progressent par reptation, natation ou saut. Comme dans les oeufs d'oiseaux, les embryons se nourrissent en absorbant tout le blanc de l'oeuf, une grande partie du jaune, et un peu du calcaire intérieur de la coquille pour l'ostéogenèse. A l'éclosion, ils brisent la coquille au moyen d'un diamant, protubérance cornée sur la mandibule supérieure, qui disparaît en 48 heures.

Les oiseaux

Les oiseaux constituent une richesse inouïe, encore très méconnue dans les pays de culture francophone. Ils descendent d'un reptile volant, le ptérosaure qui vivait il y a 200 millions d'années. Leurs poumons sont prolongés à plusieurs endroits du corps. Les pattes ont un revêtement écailleux semblable à la peau des reptiles. Les longues pattes nues des échassiers évitent à ces derniers de se mouiller les plumes lorsqu'ils cherchent larves, insectes, poissons ou amphibiens dans les rivières et marais. Les plumes servent à les isoler de l'humidité, du vent et du froid, à camoufler à la fois le prédateur et la proie potentielle, à communiquer en tirant parti par exemple de leur gonflement, notamment lors des manoeuvres d'intimidation ou des parades bien visibles surtout chez les gros oiseaux (autruches, serpentaires, rapaces en vol), et, bien sûr, à voler, avec une technique et une efficacité que les ingénieurs ont encore du mal à reproduire.

L'aile d'un oiseau fonctionne à la fois comme l'aile et l'hélice d'un avion. L'usure de leur extrémité donne une bonne idée de l'âge du volatile, par exemple chez les vautours. On distingue aussi les plumes de la queue, essentielles pour le contrôle de la stabilité de profondeur, les plumes de couverture, les plus nombreuses, et le duvet. Parmi les différents types de vol, citons le vol vibré, le vol battu, le vol à voile et le vol plané. Les poils à la base du bec sont aussi une forme primaire de plume.

Chez la majorité des espèces, on assiste à deux mues : l'une, plutôt partielle, avant la période de reproduction, l'autre, parfois complète, après. Chez certaines espèces, cette mue ne se déroule pas progressivement mais, au contraire, sur un court laps de temps, pendant lequel ils sont incapables de voler (comme chez les oies égyptiennes). Une glande, située près de la queue, sécrète une substance huileuse dont l'oiseau se sert pour enduire, au moyen de son bec, ses plumes afin de les rendre imperméables. Cette glande est très développée chez les oiseaux aquatiques, mais fait défaut chez l'autruche par exemple. Les couleurs parfois très vives des plumes sont dues à des pigments tels que la mélanine et les caroténoïdes lors de la croissance. Les oiseaux ont de 11 à 25 vertèbres cervicales contre 7 chez les mammifères. Leurs os creux, dépourvus de moelle permettent une légèreté propice au vol. Les oiseaux sont capables de bloquer les puissants muscles de leurs pattes même en dormant, ce qui leur permet, entre autres exploits, de rester sur une branche sans tomber.

Leur vue, qui est leur sens principal, est en général excellente. Leurs yeux sont disposés latéralement (sauf chez les rapaces nocturnes), les axes optiques formant un angle de 90 degrés chez certains prédateurs, ce qui permet une vision binoculaire et le repérage de très loin des proies. Compensant la faible dimension du champ (à 145 degrés chez certains columbiformes), la mobilité du cou permet aux oiseaux de voir venir un agresseur par-derrière.

Parmi les émissions vocales, on peut distinguer les cris et appels de contact (avec d'autres individus, pour signaler sa position, donner l'alarme...) et de cour (parade) ; le chant, surtout utilisé pour clamer ses prétentions sur un territoire ou pour faire la cour ; enfin, les gazouillements élémentaires des jeunes oiseaux en perfectionnement. L'étude des chants a montré qu'il existait des sortes de " dialectes régionaux ", puisque les mêmes espèces n'émettent pas partout les mêmes types de chants.

Les oiseaux se nourrissent sans aucune mastication. Ils ne coupent pas, mais déchirent, même chez les rapaces. Cela provoque une usure du bec progressive qui est compensée par une croissance continue. La diversité des formes de bec est considérable ; elle conditionne, bien entendu, le type d'alimentation. Plus une forme de bec est rare, plus l'habitude alimentaire est spécialisée, et donc plus la survie de l'espèce est fragile. Malheureusement, moins une espèce est étroitement liée à un milieu, plus son apparence est commune, et plus elle a tendance à accaparer les ressources alimentaires des espèces moins adaptables. Plus elle est donc nombreuse. C'est, par exemple, le cas des corbeaux du littoral, que l'on trouve surtout à Dar-es-Salaam et Tanga, qui furent importés d'Inde par l'administration coloniale allemande pour nettoyer les rues. On n'est désormais obligé de les éliminer au moyen de coûteux pièges collectifs.

La reproduction est en générale annuelle, mais à des périodes différentes selon les espèces et leur type d'alimentation. Si toute une couvée échoue, une tentative consécutive est faite. A la fin de l'incubation, l'oisillon brise sa coquille grâce à une petite dent en excroissance sur la mandibule (mâchoire) supérieure, qui disparaît ensuite. A la naissance, on peut distinguer les oiseaux nidicoles (pélican, martin-pêcheur, pic, rollier et passériformes), naissant à peu près nus et complètement dépendants, les oiseaux semi-inaptes, couverts de duvet mais incapables de quitter leurs nids (rapaces, naissant les yeux fermés, et hérons, ibis, cigognes, procellariiformes), et les oiseaux nidifuges (oies, grues), naissant avec leur duvet, et pouvant, dans certains cas, picorer eux-mêmes leur nourriture. L'élevage peut durer de deux semaines chez des passériformes à de nombreux mois chez de grands oiseaux.

Quant aux migrations, elles remontent sans doute à l'ère tertiaire (65 millions d'années à 2 millions d'années avant notre ère), lorsque les modifications saisonnières de climat purent provoquer sur les continents nouvellement formés des mouvements analogues des volatiles de l'époque. Les glaciations de l'époque quaternaire eurent sans doute des conséquences similaires. Si certaines espèces pratiquent l'itinérance, la plupart des migrateurs passent selon un rythme annuel, avec une grande régularité, d'un territoire de nidification à un territoire de repos, allant parfois choisir exactement le même arbre que l'année précédente.

Mammifères, reptiles et principaux oiseaux (nom en français – anglais – kiswahili)
Aigle – Eagle Koho – Tai

On en distingue 6 espèces en Tanzanie : l'aigle martial marron dessus, blanc dessous, l'aigle ravisseur (tawny eagle, en anglais) tout brun, pattes et bec jaunes, connu pour son habitude de s'emparer des proies déjà tuées par d'autres oiseaux, l'aigle bateleur plumage marron, noir et blanc, bec rouge, au moins à la base, l'aigle pêcheur dessous blanc, ailes marron et noires, pattes et bec jaunes à ne pas confondre avec la buse augure : l'aigle pêcheur vit, comme son nom l'indique, près de l'eau, il est plus grand - 75 cm - et a toute la tête blanche, l'aigle couronné assez rare, dessous tacheté blanc et noir, dessus brun, serres blanc sale, tête couverte d'une double huppe foncée, yeux jaunes : il vit dans les milieux forestiers, chasse essentiellement des jeunes singes, antilopes et damans ; les petits sont nourris pendant quasiment une année, ce qui fait que la reproduction n'a lieu que tous les deux ans, et l'aigle de Verreaux assez rare, noir avec de petites parties blanches : vit souvent en couple, dans des régions plutôt arides. Les aigles adultes mesurent tous plus de 60 cm, avec environ 2 m d'envergure, pour un poids pouvant atteindre 6 kg. La femelle est environ 10 % plus grande. Ils sont capables de voler jusqu'à 160 km/h, et parfois sur le dos ou en looping pour échapper ou parader. Ils ne tuent pas avec leur bec mais avec leurs serres. Une chasse seulement sur cinq aboutit à une prise. Ils nichent dans un ou plusieurs nids volumineux, construits, selon les espèces, sur de grands arbres ou dans des parois rocheuses. Ils émettent des pelotes de réjection avec les os et les peaux qu'ils ne digèrent pas, et des fientes liquides. Ils pondent environ deux oeufs à chaque période annuelle de reproduction, incubent pendant environ 45 jours, volent à partir de 2 ou 3 mois, sont adultes à 4 ans, et vivent en moyenne 25 ans, mais peuvent dépasser les 50 ans, Selon la densité des ressources alimentaires, il leur faut quelques milliers d'hectares de territoire par couple.

Autruche – Ostrich – Buni
<p>Autruche dans le Parc National du Serengeti</p>

Autruche dans le Parc National du Serengeti

Le plus grand oiseau vivant ne vole pas, mais peut courir à une vitesse de 50 km/h lorsqu'il se sent menacé et ceci sur de très longues distances. La femelle, brune, mesure 2 m, tandis que le mâle, noir et blanc au cou rose, mesure 2,50 m de haut. Le mâle peut peser jusqu'à 150 kg. L'autruche n'a que deux doigts à chaque pied, comme la plupart des mammifères ruminants. Ses ailes lui servent notamment de balancier pendant la course, et d'accessoires pour la parade : elle fait partie des ratites, c'est-à-dire d'une catégorie d'oiseaux dépourvus de bréchet, l'os du sternum sur lequel s'insèrent normalement les muscles des ailes ; leur milieu n'exige plus qu'ils volent. L'autruche mange de tout, mais est un animal spécialement peu intelligent pour sa taille. Vers janvier et février, les femelles d'un groupe pondent toutes au même endroit choisi par une femelle principale, sans doute afin de dépasser ainsi les besoins des prédateurs. Le groupe pond souvent plus de 20 oeufs à la fois, mais seuls une dizaine, légèrement enterrés au centre du nid pourront éclore : la femelle principale écarte ceux qui sont en excès, tout en reconnaissant et privilégiant les siens. Les oeufs, chacun d'un volume équivalent à 12 oeufs de poule pour une hauteur de 16 cm à 20 cm et un poids de 1,2 kg à 2 kg, sont couvés la nuit par les mâles. A l'éclosion, les jeunes mesurent environ 30 cm. Sachez que c'est interdit, mais pour obtenir un oeuf dur, il faudrait 40 minutes de cuisson. L'autruche peut vivre environ 35 ans, Son bec peut asséner des coups mortels à l'homme. Les courses d'autruche n'ont pas lieu en Afrique de l'Est. Contrairement à ce que l'on raconte, l'autruche ne se cache pas la tête dans le sable, mais simplement parfois le creuse afin d'y enfouir ses oeufs.

Babouin – Baboon – Nyani

Singe essentiellement terrestre, les babouins vivent en troupe de 40 à 80 individus, sur un domaine d'environ 25 km2. Ils mangent le matin et en fin d'après-midi, en se nourrissant d'herbes, de graines, de fruits (de figuiers et de baobabs), de tubercules, d'insectes, et plus rarement d'oiseaux ou de petits mammifères. Le mâle est beaucoup plus gros que la femelle (35 kg contre 20 kg). En période de rut (le cycle ovarien est de 32 jours), les fesses des femelles, dépourvues de poils, sont enflées et rose vif. La queue des babouins est dite cassée (elle est d'abord dressée, puis se replie vers le bas). Le pelage du babouin est brun olive, mais dans le sud de la Tanzanie on observe des babouins jaunes, habitant davantage les bois que la savane. Le jeune babouin s'agrippe sous le ventre de sa mère en se retenant à sa fourrure, puis, après 5 semaines environ, se tient à califourchon sur son dos. Le babouin peut vivre plus de 25 ans. La toilette mutuelle est un élément fondamental du lien social, indispensable à l'entretien des relations interpersonnelles et à la cohésion de la bande. Le babouin est une proie très appréciée du léopard. Une troupe peut cependant se défendre férocement, notamment grâce à leurs mâchoires puissantes et à leurs canines redoutables.

Bubale – Hartebeest – Kongoni

Antilope d'environ 150 kg, au garrot beaucoup plus haut que la croupe, le bubale est beige ou fauve, et plus clair sur l'arrière-train. Il vit en petits troupeaux et s'associe parfois aux zèbres. Des éclaireurs s'établissent souvent sur un petit relief pour surveiller les environs pendant que les autres paissent. Il est une proie appréciée des lions.

Buffle – Buffalo – Mbogo

Bovin sauvage et très massif (il pèse jusqu'à 800 kilos), vivant en troupeaux sédentaires de plusieurs centaines de têtes parfois, le buffle du Cap est un animal très dangereux. Herbivore chassé par le lion et par l'homme, il se sent facilement menacé et a pour système de défense la contre-attaque, bien souvent à plusieurs. Le danger est encore plus grand en forêt ou dans un bush épais, dans lesquels il peut être surpris. Le troupeau est très solidaire ; seuls les vieux mâles s'en écartent parfois. Les extrémités des cornes, en particulier chez le mâle, viennent se recourber sur le dessus, tandis que les deux bases sont quasiment jointives, ce qui forme un véritable casque. Comme les autres bovidés, c'est un ruminant. La période de gestation chez le buffle est presque d'un an. La peste bovine qui avait décimé les troupeaux des pasteurs, particulièrement maasaïs, et notamment au Serengeti alors encore habité, avait également sévèrement touché les buffles. Leurs troupeaux furent aussi le réservoir à viande de l'armée tanzanienne pendant la guerre avec l'Ouganda. Mais aujourd'hui, cet animal prolifère à nouveau, même si les chasseurs ont tendance à tuer les plus gros spécimens.

Buse – Augure – Augur Buzzard

Oiseau de proie assez répandu, blanc dessous et noir dessus, y compris au niveau de la tête, et queue rousse. Bec et serres jaunes et noires. 55 cm de haut. Se nourrit presque exclusivement de rongeurs. Elle apprécie les terrains avec du relief. On l'observe, entre autres lieux, jusqu'à plus de 3 500 m d'altitude au Kilimandjaro. Elle capture des rongeurs, des damans, des lièvres, des serpents. Elle niche de préférence sur des arbres, parfois sur des rochers.

Caméléon – Chameleon

Reptile appartenant aux lézards. Chaque patte a cinq doigts en forme de pinces, trois à l'intérieur et deux à l'extérieur, ce qui lui permet de s'accrocher à n'importe quelle branche. Sa queue est préhensile. C'est un animal territorial, au déplacement spécialement lent. Ses yeux sont absolument indépendants, et du fait de leur proéminence, ils permettent une vision stéréoscopique. On dit qu'il est homochromique ; mais sa couleur dépend davantage de son état émotionnel que du milieu où il se trouve. Pour se nourrir, il projette sa langue protractile, d'une longueur équivalente à celle de son corps, en 1/25e de seconde, sur ses proies, généralement des insectes, qui y adhèrent grâce à une salive visqueuse particulièrement collante.

En Tanzanie, on rencontre surtout le gros caméléon de Jackson, qui habite dans les forêts humides de montagne jusqu'à 3 000 m et peut mesurer jusqu'à 40 cm. Les cornes que porte seulement le mâle, également plus mince, évoquent un peu le dinosaure tricératops : deux au-dessus des yeux, une au bout du museau. Son régime peut inclure de petits oiseaux, en plus des insectes. Son espérance de vie est inférieure à un an. On le trouve notamment dans les parcs nationaux d'Arusha et du Kilimandjaro.

Caracal – Caracal ou African Lynx – Simba mangu

Cette espèce nocturne, de taille moyenne mais robuste (une cinquantaine de centimètres de haut pour un poids d'une quinzaine de kilos) habite la savane, généralement dans les rochers. Il grimpe aussi aux arbres. Il est assez exceptionnel de l'apercevoir. Le caracal est un lynx et, à ce titre, ne devrait pas être confondu avec aucun autre : ses oreilles pointues sont prolongées d'un pinceau noir, et son pelage est d'un fauve assez uniforme, sans tache noire (parfois de légères taches plus claires ou plus rousses). Ce prédateur qui attaque jusqu'à l'outarde (il saute sur ses ailes) et jusqu'aux petites gazelles, se nourrit également de serpents très venimeux. C'est un animal solitaire.

Céphalophe – Duicker – Nsya

Petite antilope de moins de 14 kg pour moins de 60 cm au garrot, le céphalophe habite les forêts broussailleuses. Il vit seul ou en couple. Il a le dos arqué et tient sa tête courbée vers le sol. Ses cornes, de section triangulaire, sont petites et droites. Il se nourrit de feuilles, de jeunes pousses, d'écorces et de certains fruits. Les petits sont cachés sous des herbes. C'est un animal difficile à observer.

Chacal – Jackal – Bweha

Carnivore à allure de renard, le chacal appartient à la famille des canidés et vit généralement en couple. Il pèse jusqu'à 12 kilos pour une hauteur au garrot de 40 cm. Il se nourrit d'insectes, de rongeurs, d'oiseaux, d'oeufs, de reptiles, parfois de petites antilopes, et souvent de charognes. Il est principalement nocturne. Les petits sont nourris par régurgitation. On distingue trois types de chacals : le chacal commun (doré), le chacal à flancs rayés (plus gris et plus timide) et le chacal à chabraque (dont le dos est noir argenté). Le renard fauve en est un proche parent.

Chat doré – Golden Cat

Félin très rare, à ne pas confondre avec le caracal et le serval : sa couleur est plus proche du roux, sa queue est beaucoup plus longue. Il pèse environ 12 kilos, pour une taille de 40 cm. Il semble avoir à peu près le même mode de vie que le caracal et le serval. Quelques rares spécimens habitent du côté des kopjes du Serengeti.

Chimpanzé – Chimp Soko

Singe à la fois terrestre et arboricole, marchant debout sur de courtes distances, le chimpanzé vit sur un territoire, en bandes irrégulières, de 2 à 50 individus, qui peuvent se scinder à tout moment. Seule la relation mère-enfant est stable. Le mâle pèse en moyenne 50 kilos et la femelle 40 kilos. Leur espérance de vie est de 40 ans. Plus bruyants et bavards que les gorilles, ils communiquent par un grand nombre de sons, de mimiques et de gestes très variés. Diurnes, ils sont surtout actifs le matin, se reposent en général l'après-midi, et mangent à nouveau le soir. Omnivores, ils se nourrissent de fruits, de différentes sortes de noix, de feuilles, de pousses, d'insectes, et tuent même parfois des oiseaux, des singes d'autres espèces, et de jeunes antilopes. Il arrive que de vieux mâles se livrent à des actes de cannibalisme sur des petits. Le chimpanzé mastique et avale parfois des espèces végétales au goût très amer, qui seront excrétées sans dégradation, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas une fonction alimentaire de fourniture d'énergie mais ont pour effet de lutter contre certains parasites. La fabrication sommaire d'outils et leur utilisation, les luttes régulières pour le pouvoir et la reconnaissance d'autorité, les manoeuvres d'anticipation du projet d'un autre spécimen et de dissimulation de nourriture sont des comportements fréquemment observés. Sachez que nous partageons tout de même 98 % de notre patrimoine génétique avec ce singe. La période de gestation est de 7 mois, le nouveau-né pèse moins de 2 kilos. A 10 ans, il pèse plus de 35 kilos. Le chimpanzé peut vivre jusqu'à plus de 35 ans. On peut les observer dans les parcs nationaux de Gombe Stream et des Mahale Mountains, le long du lac Tanganyika. En février 1996, 8 d'entre eux sont morts d'une mystérieuse épidémie ressemblant à une grippe. Le virus n'a pas été identifié.

Civette – African Civet – Fungo

Carnivore proche de la mangouste, au corps élancé, haute de 40 cm environ, la civette pèse une quinzaine de kilos, a un pelage blanc abondamment tacheté de noir, un museau pointu, et une queue présentant environ quatre rayures. Solitaire et essentiellement nocturne, elle attaque toutes sortes de petits gibiers. Les sécrétions huileuses abondantes de ses glandes anales, qui lui servent à marquer son territoire, sont soigneusement collectées sur des animaux capturés (en Ethiopie et à Zanzibar) pour servir de base de parfum. Les civettes peuvent être parfois observées tôt le matin.

Cobe – Waterbuck – Kubu

Antilope très robuste d'environ 220 kilos, aux cornes présentes seulement chez le mâle, fortement annelées et allant d'avant en arrière. Le cobe vit de préférence près de l'eau, ce qui lui permet non seulement de s'abreuver, mais aussi d'échapper parfois aux attaques de lions. Il lui arrive aussi de rester 3 jours sans boire. Il est grégaire (troupeaux atteignant 20 têtes) et sédentaire. On distingue deux espèces principales : le cobe à croissant, un peu plus petit, plus foncé et présentant un anneau blanc autour de la croupe (cet anneau passe au-dessus de la queue), et le cobe Defassa, dont la croupe (sous la queue) est blanche, et qui est aussi appelé cobe onctueux en raison des sécrétions grasses de sa peau, qui rendent sa viande peu appétissante.

Cobra – Cobra – Koboko

Serpent noir à tête étroite, de la famille des élapidés (comme les mambas), le cobra cracheur est un naja qui peut atteindre les 2 m, pour une largeur maximale de 5 à 6 cm. En cas de menace, il peut dresser sa tête en la levant aux deux tiers de la longueur de son corps et, grâce à ses crochets, ou bien en mettant ses lèvres en forme de canal, cracher à plus de deux mètres, de manière extrêmement précise, dans les yeux de son adversaire, ce qui aveugle ce dernier instantanément (il est impératif de se rincer abondamment et immédiatement les yeux sous peine de cécité définitive). La morsure de cobra injecte un venin neurotoxique. Le cobra sort surtout la nuit et se nourrit essentiellement de rongeurs. Il est ovipare, c'est-à-dire que ses oeufs sont couvés et n'éclosent pas dans l'utérus ou juste après la ponte comme chez les vipères. De 15 à 20 oeufs peuvent être pondus à la fois, généralement à la fin de l'été. Les oeufs, de forme ovale, mesurent quelques centimètres de long, et les petits font environ 10 cm de longueur à l'éclosion. L'espérance de vie du cobra est supérieure à 20 ans. Il est présent en de nombreux pays d'Afrique.

Colobe – Colobus – Mbega

Singe arboricole de grande taille, le colobe a une longue queue non préhensile qui, grâce à ses longs poils blancs, sert en quelque sorte de parachute pour ralentir sa chute. Il a aussi la particularité de n'avoir que 4 doigts à la main, le pouce étant inexistant ou rudimentaire. Le colobe mesure environ 75 cm sans sa queue, pèse 10 kilos, et aboie. Il se nourrit de feuilles et vit en troupe de 5 à 20 individus. On distingue le colobe guéréza, au pelage noir et blanc touffu (au Kilimandjaro et au mont Meru), le colobe d'Angola, aux favoris assez développés et aux longs poils blancs sur les épaules (plus au sud du pays) et le colobe bai de Zanzibar, menacé par la réduction de la surface de son habitat mais encore présent dans la forêt de Jozani : jambes et ventre blancs, bras noirs, dos marron rougeâtre. Tous ont longtemps été intensivement chassés.

Crocodile du Nil – Crocodile – Mamba

En bon reptile, le crocodile se repose en se réchauffant au soleil tout en ouvrant longuement la bouche pour évacuer parfois un éventuel excès de chaleur par transpiration, et se cache sur les berges, ou se met dans l'eau en embuscade. Il apprécie les cours d'eau lents, les embouchures et les marais. Il s'attaque à tous les types de proies, notamment à toutes sortes de gros poissons, qu'il chasse sous la surface grâce à une troisième paupière brillante qui lui permet de voir sous l'eau, d'herbivores et de grands oiseaux autour des points d'eau, et aux gnous et zèbres qui traversent fréquemment les rivières Grumeti et Mara dans le Serengeti, lors de leur migration. Il prend environ un repas par semaine car ses prises sont importantes et longues à digérer. Il est capable, sur la terre ferme, d'effectuer des bonds prodigieux ou de rattraper un homme, et, dans l'eau, de faire des accélérations fulgurantes. Il brise tous les membres de sa proie par de grands coups de mâchoires, afin de pouvoir l'avaler. Il a 36 dents en haut, et 28 en bas, qui elles-mêmes ne sont pas faites pour broyer mais pour happer. En général, il stocke pendant quelques jours sa viande sous l'eau, où elle reste accrochée à des racines ou à des branches immergées à l'abri des charognards, et afin de la faire faisander : la décomposition permet aussi de détacher des fragments. Il avale des pierres qui le lestent et aident son tube digestif à broyer ses aliments. Il a une longévité de 60 ans, en moyenne. Les hommes le chassent pour la belle peau souple de son ventre. Les larmes de crocodile ne sont que le résultat de la compression de glandes lorsqu'il ouvre la bouche. Il vagit. Les accouplements ont lieu sous l'eau. C'est un ovipare : après 4 mois, la femelle pond ses oeufs dans un trou de 1 m de profondeur, jusqu'à plus de 100 m du rivage, et les recouvre de terre ou de sable pour une incubation de 3 mois environ. Ce nid sert de protection contre les prédateurs et de régulateur thermique : la température ambiante va influencer le sexe. Entre 30 °C et 34 °C, la proportion de mâles sera très supérieure. Les jeunes sont une proie appréciée des échassiers, mais les adultes le leur rendent bien. Sa queue, qui représente environ d'un tiers à une moitié de toute sa longueur, est un battoir large et musculeux couvert de protubérances cornées formant deux carènes convergeant en une seule à l'extrémité ; elle est un prodigieux organe de propulsion. A l'avant, les plaques osseuses de sa carapace fusionnent avec les os du crâne. Sa croissance est continue tout au long de sa vie, environ 30 cm par an : il peut donc dépasser les 5 m, les records étant autour de 7 m. Son ouïe est très supérieure à sa vue.

Damalisque – Topi Topi

Antilope d'environ 120 kg, le damalisque ressemble au bubale, mais est légèrement plus petit, a des cornes moins rabattues en arrière, est de couleur brune plus foncée, et a du noir sur la face et le haut des quatre pattes. Le garrot est, là aussi, bien plus haut que la croupe. Les damalisques vivent en troupeaux de plusieurs dizaines de têtes. Ils migrent avec les gnous, les zèbres et les bubales. Ils peuvent se passer d'eau pendant de longues périodes, pourvu que l'herbe soit abondante. Le lion est leur principal prédateur.

Daman – Hyrax – Pimbi

Petit mammifère de 3 à 4 kilos, ressemblant à une marmotte sans queue, le daman est un proche parent de l'éléphant, aussi étonnant que cela puisse paraître. Les damans vivent en colonies de plusieurs dizaines. On distingue deux sous-espèces : le daman d'arbre, qui vit haut perché dans des branches et ne descend que la nuit pour aller chercher fruits et feuilles, et le daman des rochers qui fait, lui, des bonds prodigieux sur les blocs rocheux où il habite, et auxquels il adhère grâce aux coussinets élastiques qu'il a sous les pattes. C'est une proie appréciée des léopards, des aigles et des pythons.

Dik-dik – Dik-dik – Digidigi

Très petite antilope au museau allongé, le dik-dik vit en couple, et reste d'ailleurs fidèle toute sa vie, ce qui est suffisamment rare dans le règne animal pour mériter d'être signalé. Le dik-dik pèse moins de 4 kilos. Il habite en particulier le bush à acacias, où les épais buissons lui permettent de se réfugier lorsqu'il s'enfuit en zigzaguant. Les dik-diks ont l'habitude de déposer leurs excréments tous au même endroit, en tas. Leur nom vient sans doute du son qu'ils émettent en cas d'alerte.

Éland – Eland – Pofu

L'éland du Cap, la plus grosse des antilopes, a l'apparence d'un bovin et pèse environ 800 kilos, pour une hauteur au garrot de 1,75 m. Il est doté de longues cornes rectilignes torsadées. Les élands sont très craintifs, et donc difficiles à approcher. Ils vivent en troupeaux de plusieurs dizaines de têtes avec un mâle dominant, les autres mâles vivant en groupes à l'écart ; seuls les vieux mâles deviennent solitaires. L'éland est capable de faire des bonds prodigieux (on dit qu'un éland peut sauter par-dessus un autre à partir d'une position arrêtée). Il marque son territoire en frottant le toupet de son front dans son urine, puis contre des buissons et des arbres. Il broute avant de paître, déterre parfois des tubercules avec ses sabots, et se sert de ses cornes pour arracher de petites branches par un rapide mouvement du cou. Les élans sont présents au Kilimandjaro jusqu'à plus de 4 600 m d'altitude.

Éléphant – Elephant – Tembo

L'éléphant d'Afrique est plus grand que son cousin asiatique, a des oreilles plus larges, une peau plus ridée, un front plus pointu (et donc moins plat), des défenses plus longues, une trompe de 2 m dont l'extrémité, très sensible, est terminée par deux appendices ou lèvres symétriques faisant office de doigts, et un dos sans bosse, voire même creux. Il ne se monte pas, bien que les Carthaginois l'aient fait à une époque. Il mesure jusqu'à 4 m au garrot, et pèse plus de 6 tonnes à la fin de sa vie. L'éléphant de forêt, plus à l'ouest de l'Afrique, est moins gros.

Longtemps intensivement chassés, les éléphants de Tanzanie ne sont plus aujourd'hui une espèce menacée. La chasse cependant continuant à éliminer les plus beaux spécimens, il est devenu rare de voir de très longues défenses, alors qu'en 1898, à Tsavo, un chasseur en ramena une paire dont chacune pesait 98 et 103 kilos, et mesurait plus de 3 m. Ce matériau aux multiples qualités est intensément convoité depuis des millénaires, que ce soit pour les palanquins de Chine, les poignées de dague et les pièces de jeux du Moyen-Orient, les bijoux et les objets décoratifs ou religieux de l'Occident... Il nourrit encore aujourd'hui de nombreux trafics. Le commerce de l'ivoire a beau être interdit dans la plupart des pays depuis la conférence de Lausanne de 1979, organisée sous l'égide de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées), un peu de braconnage subsiste à cause de la résiliation de cet accord par le Japon, la Namibie, le Zimbabwe et le Botswana en juin 1997. Ce commerce passe en particulier par les pays voisins à la situation politique instable, et dont les trafics variés financent les conflits. De plus, même les chasseurs légaux sont toujours autorisés à garder leurs trophées. Les défenses, plus grandes chez le mâle sont les incisives supérieures, qui poussent pendant toute sa vie. Elles servent en particulier à creuser le sol pour trouver des sels minéraux, et à arracher branches ou écorces pour se nourrir. Elles sont assez souvent abîmées ou asymétriques. L'éléphant vit en troupeaux de 10 à 20 têtes en moyenne, conduit par une vieille femelle et comprenant un mâle dominant. Pendant les périodes de sécheresse, ils peuvent se rassembler en groupes de plusieurs centaines de bêtes. Parmi ces animaux très sociables, autant que le lion ou le babouin, seuls les vieux mâles deviennent parfois solitaires. Ils communiquent par des sons très variés, allant de l'ultrason portant à une dizaine de kilomètres au barrissement émis à la fois par la trompe et la bouche, en signe d'intimidation. Les différentes positions des oreilles et de la trompe expriment également leur humeur : la trompe dressée et les oreilles déployées annoncent, par exemple, la charge. Un battement régulier et paisible des oreilles est le signe d'une sensation excessive de chaleur : leur grande capillarité permet, par un brassage de l'air, de rafraîchir l'animal en régulant la température de son sang. On trouve des éléphants dans la savane et la forêt de montagne, jusqu'à près de 3 000 m, au nord et à l'ouest du Kilimandjaro. A l'époque romaine, on signalait leur présence jusqu'en Afrique du Nord.

A partir de 12 ans, les femelles éléphants, un des rares mammifères aux mamelles situées entre les membres antérieurs, peuvent concevoir un petit. La période de gestation est de 22 mois. Elle accouche à l'écart du troupeau en compagnie de quelques autres femelles, et l'éléphanteau pèse à la naissance environ 130 kg, pour une hauteur de moins d'un mètre. L'éléphant peut dépasser les 70 ans, et peser jusqu'à 7 tonnes. Il se déplace à environ 7 km/h, mais peut atteindre les 40 km/h sur une courte distance. Se nourrissant d'herbes, de fruits de palmier, de branchages et d'écorces, il est capable d'avaler jusqu'à 300 kg de nourriture par jour, ce qui peut l'occuper plus de 15 heures durant. Dans les régions où leur densité est importante (au parc du Tarangire notamment), la végétation est dévastée ; des arbres d'un mètre de diamètre peuvent être arrachés pour quelques feuillages, et d'autres, ayant perdu leur écorce sont plus sensibles aux maladies et vulnérables aux termites. L'éléphant habite volontiers les rivières et marécages le jour, les zones boisées la nuit. Dans la journée, il puise souvent l'eau fraîche en creusant avec sa trompe à des endroits où l'eau, non apparente, n'a pas été réchauffée par le soleil : il peut ainsi pomper et absorber plus de 200 litres d'un coup. Il aime aussi à s'asperger, et prend des bains de boue : en séchant, la terre se craquelle sur la peau et entraîne avec elle les parasites qui aiment à s'y loger ; pour aider, il se gratte les côtés et le dos sur de gros arbres. L'éléphant jouit d'un bon odorat et d'une bonne ouïe. Chaque éléphant peut être reconnu à la forme de ses défenses et aux petites déchirures du pourtour de ses oreilles. Les mâles ont des testicules internes. Les glandes à musc sur le côté de la tête n'ont pas de rapport avec le rut. La plupart des combats non plus, ils ont plutôt pour objet la domination du troupeau. Les cimetières d'éléphants sont aussi un mythe ; on observe simplement un regret évident de ses congénères à abandonner le corps du défunt. Seuls les jeunes sont parfois attaqués, et uniquement par les lions. S'ils sont là, tous les adultes font bloc autour des petits, et les prédateurs n'ont plus qu'à renoncer. Les éléphants meurent parfois d'anthrax, une maladie infectieuse extrêmement contagieuse qui pousse les rangers à brûler leurs corps sur place, une fois décédés.

Flamant rose – Flamingo
<p>Flamants roses</p>

Flamants roses

Echassier du même groupe que les cigognes et les hérons (ciconiiformes), vivant en groupes nombreux sur les lacs alcalins d'Afrique de l'Est, en particulier en Tanzanie, au lac Natron où ils se reproduisent, au lac Manyara, aux lacs Ndutu et Masek, dans le sud du Serengeti (lac Lagarja, près de Ndutu), et dans les lacs des cratères Ngorongoro (lac Magadi) et Empakai (40 km au nord du Ngorongoro). On distingue le flamant rose, mesurant 1,40 m, de couleur pâle, et qui mange aussi bien des algues que des micro-organismes animaux, de petits insectes et de petits poissons, et le flamant nain, mesurant 1 m, au plumage et au bec rose, d'un rose bien plus foncé que chez le grand flamant, et qui se nourrit surtout d'algues spirogyres (bleu vert, en filaments torsadés) et de phytoplancton. Chez les deux espèces, le dessous des ailes est plus foncé. Pour se nourrir, il penche sa tête à l'envers, son bec doté de deux mandibules en position renversée, afin de filtrer l'eau et la vase des lacs : il aspire par l'extrémité et rejette latéralement en retenant les aliments. Comme les cigognes, les flamants se reposent souvent sur une seule patte, l'autre étant repliée ; l'articulation en supination, aux deux tiers de la hauteur des pattes, est l'équivalent de notre talon : le genou est sous les plumes. Ils sont capables de lover leur cou en huit, afin de lisser leurs plumes. Les flamants migrent fréquemment d'un lac à l'autre, en fonction de la salinité des eaux (donc des pluies), qui modifient la quantité de nourriture qui est disponible. Ils se fabriquent sommairement des nids en boue sur les berges, en forme de cône tronqué, au sommet concave garni de quelques plumes et de débris végétaux. La femelle ne pond qu'un oeuf à la fois, et la mortalité est assez importante à cause de la prédation des marabouts, de la compétition avec le pélican blanc, et des variations de niveau d'eau qui assèchent tout ou envahissent les nids.

Galago – Bushbaby

Primate primitif nocturne, proche des lémuriens de Madagascar, le galago appartient à la famille des prosimiens.

De quelques centaines de grammes à 1,5 kilo, il a la face poilue, de grands yeux et une queue plus longue que le corps. Il marque son territoire en étalant de l'urine avec ses mains. Il est connu pour ses cris stridents la nuit en forêt, qui peuvent faire penser à des hurlements de bébé, d'où son nom anglais. Il se nourrit de graines, de fruits, de sève, de fleurs, d'oeufs, d'oisillons, d'insectes. Ses prédateurs sont surtout l'aigle, la genette et le serpent.

Des groupes matrilinéaires occupent des territoires. On le trouve dans la réserve forestière de Pugu, près de Dar es-Salaam, et sur le plateau de Rondo, dans la région de Lindi.

Gazelle de Grant – Grant’s Gazelle – Swala granti

Antilope de taille moyenne (60 kilos en moyenne et 80 cm au garrot), la gazelle de Grant a un pelage fauve beige assez pâle et de longues cornes annelées qui vont en s'écartant. Elle vit en troupeaux avec un mâle dominant pour environ une dizaine de femelles, et suit, en général, la grande migration, avec les gnous, les zèbres et les gazelles de Thompson. Comme ces dernières, les gazelles de Grant ont hérité leur nom d'explorateurs européens en Afrique subsaharienne, au cours du XIXe siècle.

Gazelle Thompson – Thomson’s Gazelle – Swala tomi

Petite antilope d'une vingtaine de kilogrammes pour 65 cm de hauteur au garrot, la gazelle de Thompson se distingue aussi de la Grant par ses cornes incurvées en arrière puis recourbées vers l'avant, par sa queue entièrement noire et par ses larges bandes latérales noires. Le ton général est également d'un brun roux plus soutenu. Elle se nourrit surtout d'herbes courtes. Cette gazelle très commune vit en troupeaux de 5 à 60 têtes, qui suivent souvent la grande migration. Les vieux mâles vivent souvent solitaires. En cas d'alerte légère, leur queue minuscule tourne vigoureusement, leurs flancs se mettent à trembler et leurs têtes se dressent vers l'endroit où une menace a été perçue ; leur ouïe est fine. Les lions, léopards, guépards, hyènes, lycaons, et parfois chacals sont leurs prédateurs.

Genette – Genet

Animal nocturne ressemblant à un chat. Sa queue est rayée de 9 à 10 branches (contre 4 chez la civette, plus trapue). Il vit en solitaire ou en paire, en logeant dans des anfractuosités rocheuses, dans des arbres creux ou sur de hautes branches. Il chasse à l'affût des rongeurs, oiseaux, reptiles et insectes, mais se nourrit aussi de fruits. Il est connu pour être un gaspilleur qui ne mange pas une bonne partie de ses prises.

Girafe – Giraffe – Twiga
<p>La girafe est le symbole du pays, et les Tanzaniens en sont fiers.</p>

La girafe est le symbole du pays, et les Tanzaniens en sont fiers.

Mammifère de l'ordre des ongulés (elle a des sabots à 2 doigts), la girafe a 7 vertèbres cervicales comme nous, mais les siennes, très allongées, peuvent lui faire atteindre une hauteur totale de plus de 5 m, pour 3 m au garrot. Elle peut peser jusqu'à 1 700 kg, dont presque 60 kilos pour la tête, et plus de 25 kilos pour le coeur, afin de pouvoir propulser le sang tout là-haut. La girafe a deux cornes recouvertes de poils entre les oreilles, et une autre bosse entre les yeux, qui, étant bien plus développée chez le mâle, permet souvent de distinguer les deux sexes. La girafe vit en troupeaux de quelques dizaines de têtes, en savane sèche. Des peintures rupestres en Algérie et au Tchad attestent leur présence autrefois jusqu'au Sahara central. Les vieux mâles vivent souvent en solitaires. Comme le dromadaire, la girafe marche l'amble : les deux pattes d'un même côté sont envoyées en avant en même temps. En fuite, la girafe atteint les 40 km/h, mais semble courir au ralenti, car le cou et la tête sont balancés d'avant en arrière, tandis que les deux pattes postérieures sont lancées de l'arrière vers l'avant, à l'extérieur des pattes antérieures. En même temps, la queue se tient enroulée au-dessus du dos. D'autres particularités l'apparentent encore au dromadaire : les sept vertèbres du cou, la longueur des jambes et la forme générale de la tête. La girafe mange presque exclusivement en hauteur : sa langue, d'une trentaine de centimètres de long, très maniable mais très dure, lui permet d'arracher les feuilles mais aussi les épines, notamment les épines d'acacia qu'elle mâche et avale aisément, bien que ces dernières puissent dépasser 5 cm de long. C'est un ruminant. Pour boire, elle est obligée d'écarter largement ses pattes avant, et même parfois de s'agenouiller sur ses pattes arrière (l'articulation du milieu de la jambe est le talon) : cette manoeuvre délicate la rend très vulnérable car elle n'est alors plus du tout mobile. Les mâles se battent fréquemment, au moyen de violents coups de tête et de dents. Ils ont l'habitude de récolter un peu d'urine de la femelle avec leur langue, ce qui détermine leur excitation sexuelle. Après une période de gestation de 14 mois à 15 mois, les petits naissent en général entre décembre et février, en tombant au sol de la hauteur des jambes de leur mère. Ils pèsent environ 70 kilos à la naissance : jeunes, leur poil est de couleur gris pâle. La girafe peut vivre environ 30 ans. Son ouïe et sa vue sont fort développées. Afin de se défendre et de défendre leurs petits contre les lions, les girafes sont capables de donner des coups de sabots très violents avec les pattes avant. On distingue la girafe masai, assez commune, et la girafe réticulée, aux taches en étoiles, de couleur plus foncée. La girafe constitue, avec le Kilimandjaro, l'emblème de la Tanzanie.

Gnou – Wildebeest – Gnu Nyumbu

Antilope de 1,30 m au garrot et de plus de 200 kilos, le gnou à queue noire semble avoir le front écrasé. Les gnous sont deux millions, à tourner en quasi permanence dans l'écosystème du Serengeti, et forment ce que l'on appelle la grande migration, en association avec les zèbres et les gazelles de Thompson notamment. Ils peuvent parcourir 50 km par jour. Leur mouvement précède les pluies, et reste pour cette raison mal expliqué. Ils remontent vers le Maasaï Mara en juin, et reviennent en Tanzanie en août et septembre. A chaque passage des rivières Mara (en grande partie en Tanzanie, dans le nord du Serengeti) et Grumeti, la migration paye un tribut spectaculaire aux flots et aux crocodiles. Le gnou émet un beuglement grave. Son odorat est assez développé. Après 8 mois de gestation, plusieurs centaines de milliers de petits naissent, aux mois de janvier et de février. Les hyènes et les lions se servent abondamment dans cet immense réservoir de viande itinérant. La seule défense du gnou est la fuite : en faisant de soudains bonds de côté parfois accompagnés d'une ruade, le gnou semble en somme espérer qu'un autre que lui se fasse attraper. Quand il ne meurt pas dévoré ou noyé, le gnou vit en général un peu plus de 15 ans.

Grue couronnée – Crowned Crane

Superbe oiseau d'environ 1 m du bec à l'extrémité de la queue, la grue couronnée vit en plaines et le long des marais et rivières. Elle se nourrit essentiellement d'insectes et de graines, et vit en couple, sinon en groupe. Elle est à la fois blanche, marron, noire, rouge sur les côtés de la face, grise et dorée sur sa grande crête. Elle est du même groupe que les outardes. L'Ouganda en a fait son emblème.

Guépard – Cheetah – Duma
<p>Guépard au sein du Serengeti National Park</p>

Guépard au sein du Serengeti National Park

Grand félin élancé, au dos incurvé et à la taille fine, le guépard se distingue du léopard par ses taches noires pleines, des anneaux de couleur noire sur le pelage du bout de sa queue, et une raie noire allant, un peu comme une larme, de chaque oeil vers la bouche. Le guépard vit au sol dans les plaines, et se place souvent sur de petits promontoires ou des termitières pour observer les environs ; sa vue est excellente. Ses griffes ne sont pas rétractiles, ce qui est inhabituel pour un félin et fait parfois confondre ses traces avec celles des hyènes. Le guépard adulte pèse 60 kilos en moyenne, et vit environ 12 ans, La période de gestation est de 3 mois et demi, et les portées sont de 2 à 4 petits, qui restent gris argenté pendant environ 3 mois. Mais plus de 92 % des petits meurent avant d'atteindre la maturité, notamment à cause des lions qui tuent parfois les jeunes guépards, lorsque la mère est partie à la recherche de nourriture. Le guépard vit en solitaire ou en petits groupes de moins de 6 individus ; les mâles ne rejoignent en général les femelles que pour s'accoupler. Le guépard ne chasse pas à l'affût, mais s'approche doucement de sa proie et la poursuit à toute vitesse : c'est l'animal terrestre le plus rapide, il peut atteindre 115 km/h sur une distance inférieure à 500 m. Sa queue lui sert de balancier pendant sa course. S'il échoue malgré tout, il lui faudra alors plusieurs heures pour récupérer. N'étant pas capable de manger ses prises tout de suite, il se fait assez souvent dérober son repas par d'autres prédateurs. Avec son anatomie particulièrement élancée, il est plus fait pour la vitesse que pour le combat. Il attaque de petites antilopes, des phacochères, des lièvres, des pintades, des francolins, des outardes. La capture de plus grosses proies nécessite une chasse à plusieurs. Dans certains pays arabes ou asiatiques, le guépard a été apprivoisé sans problème. Mais dans aucun zoo, la reproduction en captivité n'a réussi, ce qui fait que ces institutions doivent acheter des animaux capturés dans la nature, contribuant ainsi à dépeupler les réserves.

Guérénouk ou gazelle de Waller, ou gazelle girafe – Gerenuk – Swala twiga

Antilope d'un peu moins de 1 m au garrot, la gazelle de Waller a pourtant un cou très long qui lui permet d'atteindre les feuilles tendres et les jeunes pousses qui se trouvent assez haut, sur les jeunes arbres et les buissons, hors de portée des autres. Elle se dresse même souvent sur ses pattes arrière, ce qui augmente encore sa hauteur, ou se tient debout en équilibre, ou bien encore s'appuie à un tronc d'une patte avant, tout en se servant de son autre patte pour amener les branches à portée de sa bouche. La gazelle de Waller ne pèse que 45 kilos en moyenne. Seul le mâle a des cornes (comme chez l'impala et le cobe). Elle vit seule ou en très petits groupes, dans des régions assez sèches et même quasi désertiques, avec un peu de bush épineux. Lorsqu'elle court, son cou s'allonge dans le prolongement de son corps.

Guib Harnache – Bushbuck – Mbawala

Antilope au pelage fauve rayé de blanc (d'où le nom), le guib harnaché vit en petits groupes familiaux ou en solitaire, sur des territoires clairement marqués, dans les taillis et les forêts épaisses. Il broute des feuilles et de jeunes pousses, et déterre parfois des tubercules. Il pèse jusqu'à 75 kilos, et mesure plus de 80 cm au garrot. C'est une antilope assez batailleuse. Comme le sitatunga, ou guib d'eau, elle aboie.

Gypaète barbu – Lammergeyer

Très grand oiseau de proie, avec 3 m d'envergure, cousin des vautours et proche parent de l'espèce réintroduite dans le Mercantour (Alpes du Sud françaises), le gypaète barbu a pour particularité comportementale de ramasser des os puis de les lâcher de très haut sur des pierres, afin de pouvoir en déguster la moelle. Son régime consiste à éliminer en fait les restes des autres charognards : adulte, il digère un kilo de peau, de cartilages et d'os par jour, aliments parfois encombrants qu'il est le seul à avoir la place d'ingérer, car son bec s'ouvre loin en arrière, jusque sous l'oeil, et le seul à pouvoir digérer, car ses sucs digestifs sont particulièrement puissants. Les Anglais et les Allemands l'appellent injustement lammergeyer, alors que, par sa taille, il est absolument incapable d'enlever le moindre agneau. Il peut voler à une vitesse de 30 km/h à 130 km/h. La femelle pond deux oeufs par an, chacun pesant 140 g (contre 60 g chez la poule), pour une durée d'incubation de 57 jours : après 4 semaines de couvaison, la femelle en abandonne généralement un, sachant que le couple ne serait pas capable de faire vivre deux jeunes. Le mâle s'occupe d'aller chercher la nourriture. Après l'éclosion, le petit est nourri par régurgitation pendant 3 mois, et peut s'envoler environ 1 mois plus tard.

Héron cendré – Grey Heron

Mesurant un peu plus de 1 m, mais plus petit que le héron goliath, le héron cendré est assez répandu en Tanzanie. Grégaire, il vit en colonies, en compagnie d'autres oiseaux, près des rivières et des étangs. En vol, on le reconnaît à son cou replié sur lui-même, avec la tête ramenée en arrière des épaules. Comme l'outarde et le guêpier, il vit souvent avec de grands herbivores (antilopes, zèbres...) pour bénéficier des insectes levés par ces derniers, mais apprécie aussi les cours d'eau et marais où il trouve poissons, batraciens, mollusques, crustacés, petits oiseaux et quelques végétaux. Le héron se gratte parfois avec ses pattes, qui sont dotées d'un ongle un peu en forme de peigne. Il pond de 3 à 6 oeufs à environ 2 jours d'intervalle ; les deux parents couvent pendant environ 26 jours, et les petits restent au nid pendant presque 2 mois. Il niche en colonies, en général en hauteur sur les arbres.

Hippopotame – Hippopotamus – Kiboko
<p>Hippopotames dans le Parc National du Serengeti</p>

Hippopotames dans le Parc National du Serengeti

L'hippopotame est un mammifère semi-aquatique, de la famille des porcins, non ruminant malgré les 3 poches de son estomac. Ses pattes courtes se terminent par un sabot de quatre orteils sans griffes. Il mesure 1,50 m au garrot, plus de 4 m de long, pèse parfois plus de 3 tonnes. Ses défenses sont ses canines inférieures, en ivoire plus dur que celui de l'éléphant et mesurant parfois jusqu'à 60 cm. La période de gestation est de 8 mois, le petit pèse 50 kilos à la naissance. L'espérance de vie des hippopotames est supérieure à 40 ans. Le jour, ils se reposent dans l'eau, en se rafraîchissant en permanence, y compris le dos qu'ils s'aspergent avec leur queue ou en effectuant un tour complet sur eux-mêmes. Ils peuvent rester sous l'eau environ 2 minutes et parfois jusqu'à 6 minutes. Ils sont très sédentaires et vivent en bandes de 5 à 30 têtes. La nuit, ils sortent de l'eau par des chemins réguliers, et s'éloignent quelquefois de plusieurs kilomètres de leur mare ou de leur rivière habituelle. Lorsqu'un hippopotame se perd en rentrant, ou lorsqu'il n'y a plus assez d'eau pour qu'il puisse s'immerger, sa peau, qui peut avoir 3 cm d'épaisseur, exposée sans protection au soleil et à l'air libre, se craquelle : de grosses crevasses se forment, qui s'infectent et mènent souvent à la mort.

Les hippopotames sont herbivores (ils avalent jusqu'à 60 kilos de végétaux par jour), mais profitent également d'un cycle naturel intéressant : ils défèquent dans l'eau en pulvérisant leurs excréments par une rotation rapide de la queue. L'eau ainsi fertilisée profite aux algues et aux planctons, qui prolifèrent et nourrissent l'hippopotame tandis qu'il boit. Rose à la naissance, l'hippopotame devient gris brun, notamment en raison des nombreuses sécrétions huileuses de sa peau. C'est un animal dangereux : il nage très bien, court très vite sur terre, en particulier pour charger lorsqu'un intrus se met entre lui et l'eau, et s'appuie parfois sur le fond sableux pour renverser des embarcations. Ses canines inférieures peuvent mesurer 1 m de long. Il est souvent accompagné de cormorans et d'aigrettes. Les lions et les crocodiles menacent en particulier les jeunes. Mais entre, eux aussi, les mâles s'infligent de sévères blessures avec leurs dents, blessures dont les cicatrices restent souvent visibles sur leur dos. Ils ouvrent la bouche pour bâiller, ou crient pour impressionner un autre hippopotame.

Hippotrague ou antilope rouanne, et hippotrague noir – Roan Antelope – Sable Antelope

Antilope de 1,50 m au garrot, pesant 250 kilos (la plus grande après l'élan et le grand koudou), la rouanne est de couleur brun fauve souvent clair, et a des cornes annelées recourbées vers l'arrière. L'hippotrague noir est légèrement plus petit : 1,20 m au garrot pour 220 kg en moyenne. Il ressemble à l'antilope rouanne, mais sa couleur est beaucoup plus sombre et ses cornes plus grandes, puisqu'elles atteignent plus de 1 m, avec 40 à 60 annelures. Comme son nom l'indique, l'hippotrague ressemble un peu au cheval par ses proportions. Les mâles se battent férocement, en s'agenouillant sur les pattes avant pendant les chocs pour pouvoir attraper par en dessous les cornes de l'adversaire. Ils habitent la savane légèrement boisée, et vivent en troupes de 3 à 15 individus sous la conduite d'une vieille femelle. Le territoire a une grande importance pour l'hippotrague ; il le marque en cassant des branches avec ses cornes et en le défendant vigoureusement. Le mâle dominant évince ses congénères de plus de 18 mois environ, allant même jusqu'à les tuer. Se nourrissant essentiellement d'herbes, les hippotragues peuvent se déplacer fréquemment. Leur espérance de vie est d'une quinzaine d'années. Ils sont chassés par les lions, léopards, hyènes, lycaons, et par l'homme. On ne les trouve pas dans le nord de la Tanzanie.

Hyène – Hyena – Fisi

Proche des canidés, la hyène a une croupe nettement plus basse que le garrot, haut de 80 cm. Elle pèse environ 60 kilos. Ses griffes ne sont bien entendu pas rétractiles. Elle vit en meutes de 10 à 30 bêtes, dans la savane ; elle apprécie les bains de boue. Elle se déplace de manière erratique, en légers zigzags, en couvrant environ 3 km à 4 km par heure, à la recherche de viande, mais peut atteindre les 60 km/h pour attaquer une proie. C'est d'abord un prédateur, caractérisé par sa mâchoire extrêmement puissante, et son organisation en meutes. Elle peut, avec succès, disputer sa proie à un ou plusieurs guépards, à plusieurs lycaons, à un lion ou à un léopard. C'est en effet aussi un charognard, qui suit en particulier les lions en chasse, et sait repérer le vol des vautours, qu'il dominera en général, de même que les chacals, pour le contrôle d'une charogne. Sa mâchoire lui permet d'arracher et de broyer des morceaux énormes, et de trouver ainsi la moelle des os. Les hyènes habitent des terriers : une grande cavité qu'elles creusent à 80 cm sous le sol. Leur cri caractéristique est un hurlement lugubre qui commence sur un ton bas et rauque, et s'achève brusquement sur un ton aigu. Le rire s'entend plus rarement. Chaque meute a un territoire bien délimité par ses excréments (que l'on reconnaît à leur couleur verte, puis blanche lorsqu'ils ont séché), par ses urines (évacuées comme chez les chiens), par des traces creusées avec les pattes avant, et par les sécrétions de glandes situées autour de l'anus et que l'animal frotte sur le sol. La femelle est souvent confondue avec le mâle car ses organes génitaux, assez volumineux, peuvent ressembler à un pénis. La hyène ne peut être tuée par les lions et les lycaons que lorsqu'il lui arrive de trop s'approcher d'une proie convoitée. On distingue la hyène tachetée, assez agressive et assez commune, la hyène rayée et la hyène brune, légèrement plus petites.

Ibis – Ibis
<p>Tantales Ibis du Manyara National Park</p>

Tantales Ibis du Manyara National Park

L'ibis sacré, 70 cm de haut, noir et blanc, et l'ibis terrestre, plus grand (1 m) et noir, avec des parties rouges sous le bec, ont pour particularité la forme convexe de leur bec. Le premier était représenté sur les hiéroglyphes égyptiens. Tous deux fréquentent les marais et les zones humides, dont ils apprécient les habitants : insectes, mollusques, vers... Ils sont grégaires et nichent en colonies.

Impala – (idem) – Swala pala

Antilope très gracieuse, de 1,40 m au garrot et de 70 kilos, l'impala est très grégaire : un mâle dominant a pour lui jusqu'à 40 femelles et leurs petits. Les autres mâles vivent groupés à part, mais des combats opposent régulièrement le dominant à un contestataire. La maturité sexuelle est atteinte à un an et demi, pour une durée de vie de 12 ans, (période de gestation de 6 mois et demi). Les cornes, présentes seulement chez le mâle, sont très grandes et en forme de lyre. En cas de grand danger (c'est une proie très appréciée du léopard et des lions), l'impala s'enfuit en faisant des bonds prodigieux, jusqu'à 9 m de long et 3 m de haut.

Jabiru – Saddle-bill Stork

Ce très grand échassier (1,70 m !) est une cigogne au plumage noir et blanc, au bec rouge surmonté à sa base d'une selle jaune. Il vit le long des étangs, des marais et des rivières, souvent seul. Il est surtout piscivore, mais apprécie aussi les invertébrés. Assez solitaire, il se reproduit en saison sèche, sans parade remarquable. Les petits sont nourris par régurgitation.

Koudou – Kudu – Tandala

Antilopes élégantes avec leurs cornes en spirale divergentes et les rayures blanches verticales de leur pelage fauve, le grand koudou mesure 1,50 m au garrot pour un poids de 280 kilos (1,30 m pour 200 kilos chez la femelle), et le petit koudou, espèce distincte, 1 m pour 100 kilos en moyenne. Le koudou est apparenté à l'antilope cervicapre présente en Inde. Les femelles n'ont pas de cornes ; chez le mâle, les spirales apparaissent vers 2 ans, et les cornes atteignent leur plein développement (c'est-à-dire deux rotations et demie sur plus d'un mètre de long) vers 6 ans, Les koudous aiment les broussailles épaisses et vivent en couple ou en harde de moins de 8 têtes, les mâles se regroupant généralement à part. La période de gestation est de 7 mois (un petit par portée). Les koudous sont capables de sauter des obstacles très hauts. Ils mangent toutes les plantes, mais rarement de l'herbe. Le petit koudou a des rayures blanches plus nombreuses et plus contrastées que le grand. Le koudou est la proie de la plupart des grands prédateurs, y compris de l'homme qui recherche les mâles pour trophées. Dans le nord de la Tanzanie, on trouve le koudou au sud du Tarangire, et entre Longido et le lac Natron.

Léopard ou panthère d’Afrique – Leopard – Chui

Félin musclé mais très souple, le léopard pèse jusqu'à 85 kilos pour 70 cm de hauteur au garrot. Son pelage est fauve et marqué de nombreuses taches noires en forme de rosette. Les jeunes ont des taches plus indistinctes. Dans les régions montagneuses ou humides, le léopard est beaucoup plus foncé, parfois brun noir. Le léopard adulte vit solitaire, sauf pendant la saison de reproduction. Il chasse à l'affût, près des points d'eau, dans les rochers, où il cherche parfois à débusquer damans ou babouins, ou du haut d'un arbre : il saute d'un coup sur sa proie, la terrasse avec ses pattes puissantes, et lui casse le cou ou l'égorge. Il hisse alors sa proie sur une haute branche, à l'abri des charognards (le léopard grimpe facilement des troncs verticaux, même avec une proie suspendue à la gueule), et se nourrit à son rythme, souvent en plusieurs fois. C'est un animal extrêmement puissant et rapide. Il mange francolins, pintades et, surtout, toutes sortes de mammifères, en particulier les chacals, les gazelles, les jeunes zèbres et les babouins. Son territoire est marqué par des traces de griffes et par son urine. Il a été décimé par la chasse.

Lion – Lion – Simba

Le lion est le plus gros félin d'Afrique. Il pèse jusqu'à 200 kilos pour 2,20 m de longueur sans la queue et 1 m au garrot. La lionne, sans crinière, est plus petite. Il arrive que l'on confonde un jeune mâle avec une femelle : la crinière n'est en effet complète qu'au bout de 4 ans et demi environ. Le lion était présent autrefois dans toute l'Afrique, en dehors de la ceinture de forêt équatoriale, jusqu'au Sinaï, la Palestine (la Bible en parle souvent), l'Asie Mineure, la Grèce même, l'Iran, le Balouchistan, l'Inde septentrionale et centrale et, aux temps préhistoriques, l'Europe de l'Ouest, l'Amérique du Sud. En dehors de certains pays d'Afrique, il n'en reste plus que deux centaines à Kathiawar, dans le nord-ouest de l'Inde. Aujourd'hui, le lion habite la savane ; on le trouve même sur la face ouest du Kilimandjaro, jusque vers 4 500 m.

C'est un animal assez territorial, bien que ce territoire soit en déplacement quasi permanent : 1 à 3 mâles, avec leurs femelles et leurs petits, occupent une zone mouvante pouvant mesurer jusqu'à plusieurs centaines de km2. Dans le Serengeti, par exemple, ils suivent la grande migration (gnous, zèbres et gazelles). Son rugissement, un grand cri rauque et descendant, suivi de 3 ou 4 coups brefs, s'entend à presque 10 km à la ronde : il l'émet en général pour éloigner les intrus de son territoire. Bien qu'il ait ses préférences (zèbres, phacochères...), le lion mange toutes les proies, telles que jeunes éléphants, hippopotames, crocodiles, et même parfois les jeunes de ses rivaux. Ce sont généralement les femelles qui chassent (rapportant environ 80 % de la nourriture), et de préférence en groupe, en utilisant parfois des tactiques de diversion. Après l'approche, la charge se fait à 60 km/h sur une courte distance (les poursuites sont rares). La lutte avec les buffles notamment est souvent violente : une femelle se jette sur son dos, s'agrippe en y plantant toutes ses griffes sorties au maximum, et le mord au cou, tandis que les autres l'attaquent aux cuisses et aux épaules. Le buffle se défend longtemps et férocement, en donnant de gros coups de cornes qui blessent parfois mortellement un assaillant. Les proies terrassées sont tuées par étouffement : soit une pression de la mâchoire sur la trachée-artère, soit carrément le baiser de la mort, c'est-à-dire le museau dans la gueule. Les lions peuvent chasser à toute heure de la journée, même si on les voit souvent se reposer à l'ombre l'après-midi. Faisant au moins un repas tous les 3 jours, ils ne représentent pas de danger particulier lorsqu'ils sont repus, et les herbivores peuvent alors parfois paître à proximité. Pendant la période de reproduction, le lion, polygame, reste avec une femelle pendant plus d'une semaine, et l'accouplement a lieu tous les quarts d'heure : la femelle se présente habituellement au mâle de dos, s'allonge à 1 m de lui ; le mâle s'accouple alors en position assise, derrière et au-dessus de la femelle ; puis la femelle va se rouler les 4 pattes en l'air pour se détendre. On attribue la fréquence des accouplements à la faible fécondité du mâle. La période de gestation dure 3 mois et demi, pour une portée de 2 ou 3 petits en général, qui pèsent moins de 2 kg. Les yeux s'ouvrent au bout d'une semaine, les dents apparaissent au bout d'un mois, et le lionceau est sevré vers 3 mois. Il pèse 20 kilos à 6 mois, et environ 90 kilos à 20 mois. Il atteint son développement physique maximal à 5 ans, et vit en moyenne presque 15 ans. Le lion n'a pas de prédateur à part l'homme, et lui-même pour les petits. Dans la région de Lindi (côte sud de l'océan Indien) vivent actuellement des lions mangeurs d'hommes. Les lions du Sud, en particulier ceux du Selous, ont la réputation d'être plus féroces que les autres.

Lycaon ou cynhyène – African Hunting Dog – Mbwa mwitu

Carnivore ressemblant à un chien sauvage haut sur pattes, le lycaon pèse 25 kilos pour 70 cm au garrot. Son pelage porte de larges marbrures noires, marron, jaunes et blanches. Ses oreilles, tenues dressées, sont grandes et arrondies. Il présente une particularité intéressante, signe de grande primitivité : il a 42 dents, soit trois rangées de 14, dont deux à la mâchoire supérieure. Le lycaon vit et chasse en meutes de 5 à 30 individus. La meute nomadise dans un milieu naturel riche en gibier. Elle chasse à vue, commence par poursuivre une proie (notamment parmi les antilopes) à petite vitesse, puis accélère jusqu'à 50 km/h. A tour de rôle les lycaons se relaient alors à la tête de la meute pour harceler la victime choisie, tandis que les autres soutiennent et rabattent éventuellement sur les côtés. La proie est saisie par les membres postérieurs, puis par la gueule, mais elle ne meurt en général que par hémorragie, après que la meute l'a bien entamée. Le dépeçage est alors assez sanglant, car les lycaons enfouissent toute la tête dans le corps de la victime, laquelle disparaît très rapidement. Les lycaons figurent parmi les rares animaux qui se partagent la nourriture à peu près équitablement. Les petits ont aussi droit à leur part, par régurgitation. Chaque animal a besoin d'environ 5 kilos de viande par jour. Il n'y a pas de formation de couples réguliers. La période de gestation dure 70 jours, et les portées sont en moyenne de 7 petits, dont deux fois plus de mâles que de femelles. Les petits ouvrent les yeux à 2 semaines, tètent pendant deux mois et demi, et apprennent à chasser vers 6 mois. Le lycaon vit une dizaine d'années, et n'a pas de prédateur particulier. Il a été longtemps chassé par les Africains comme animal nuisible alors qu'il touche rarement au bétail domestique. Il a été également décimé par la rage, sans doute transmise par les chiens domestiques maasaïs. Au nord de la Tanzanie, seules subsistent quelques rares meutes au Tarangire et au Serengeti.

Mamaba – Mamba – Hongo

Serpent de plus de 3 m à l'âge adulte, le mamba noir est de la même famille que les cobras : les élapidés, au venin neurotoxique très dangereux. Il est de section à peu près circulaire, d'un diamètre de 2 cm à 3 cm, ce qui est fin pour sa taille. Il habite des trous de termitière ou de troncs morts. Le plus rapide des serpents terrestres (15 km/h), il devient très agressif dès qu'il se sent menacé, c'est-à-dire, en fait, approché. Il se déplace la tête relevée au-dessus du sol, mais peut également se dresser d'un tiers de son corps en cas de menace. Il se nourrit généralement d'oiseaux et de rongeurs. Un mamba adulte peut mordre et injecter du venin une vingtaine de fois, mais pour l'homme, deux coups seraient mortels en quelques minutes. En safari toutefois, il n'y a absolument aucun risque. Les crocs mesurent plus de 6 mm. Une proie est souvent dissoute par les sucs digestifs en moins de 10 heures. Les oeufs sont pondus par douzaine ; ils mesurent chacun 7 cm sur 3 cm. C'est un serpent ovipare. A l'éclosion, les petits mesurent environ 40 cm. Le mamba vert est plus petit. Il vit dans les arbres et mesure au plus 1,80 m. Il est aussi beaucoup moins agressif, et beaucoup plus craintif. Il se nourrit surtout d'oiseaux et de leurs oeufs.

Mangouste – Mongoose – Nguchiro

La mangouste se nourrit d'oiseaux, d'insectes (notamment de termites), de rongeurs, d'oeufs (de reptiles ou d'oiseaux), de lézards et de serpents. Sa vivacité lui permet de sortir la plupart du temps victorieuse d'un combat avec ces derniers. Elle mesure de 25 cm à 50 cm et pèse de 700 g à 4 kilos, selon les espèces. Egalement selon les espèces, les mangoustes vivent soit en couple ou groupe familial d'environ 4 têtes, soit en petites colonies d'une quinzaine d'animaux, dans de vieilles termitières abandonnées par leurs insectes et qui prennent alors des formes érodées arrondies.

Marabout – Marabou Stork – Korongo

Cet échassier très grand (1,50 m) a la plus grande envergure en vol qui soit : 3 m environ. Contrairement aux hérons, et comme chez tous les oiseaux de la famille des cigognes (jabiru, tantale africain), il ne rentre pas son cou en volant. Le marabout a le crâne déplumé (un peu de duvet de naissance uniquement), un collier de plumes blanches, et le dessus du corps et des ailes noires. Il dispose sur le devant du cou d'un grand jabot de peau rose qui pend en vol, et se remplit de viande après les repas : le marabout est en effet un charognard. Ne se déplaçant jamais en groupes aussi importants que ceux des vautours, il n'a généralement droit à la charogne qu'après eux, malgré sa plus grande taille et son grand bec. Comme le vautour, le marabout a le crâne et le cou dégarnis, ce qui lui permet de ne pas salir ses plumes en plongeant profondément le bec dans les charognes. Il laisse aussi tomber ses fientes sur ses pattes. Il niche sur les arbres et dans les rochers, parfois en colonies. Vers le mois de mai, il pond 2 à 3 oeufs qui sont couvés pendant 1 mois. Plus de 3 mois plus tard seulement, les petits peuvent voler.

Milan – Black Kite

Cousin du milan européen, le milan africain a le bec jaune et la tête de la même couleur marron que tout le reste du plumage (en Europe : bec noir et tête blanche ou brun pâle). Mesurant entre 40 cm et 55 cm de long, c'est un animal carnivore, peu craintif, qui n'hésite pas à piquer sur les humains, ou tout près d'eux, pour s'emparer avec ses serres de restes de nourriture. A cette occasion, il peut blesser involontairement de ses griffes coupantes. Il se nourrit d'abord de petits mammifères, d'autres oiseaux, de charognes, de batraciens, de poissons et d'insectes. Il niche dans les arbres, utilisant souvent l'ancien nid d'un autre rapace ou de certains corvidés. Il pond de 2 à 4 oeufs chaque année à quelques jours d'intervalle, que la femelle couve pendant presque un mois. A 48 jours en moyenne, les petits effectuent leur premier vol, mais restent au nid pendant encore 15 jours.

Oréotrague – Klipspringer – Mbuzi mawe

Petite antilope (moins de 20 kilos pour 55 cm de hauteur au garrot), ressemblant très légèrement aux chamois de nos Alpes, le klipspringer habite les pentes rocheuses. Il se tient sur la pointe de ses sabots, qui laissent à chaque pas de fines traces doubles caractéristiques. La grande dureté de ses sabots lui permet de tenir sur des rochers fortement inclinés, et de faire des bonds très aériens, tout en équilibre. L'intérieur de ses oreilles, larges et arrondies, semble rayé de blanc et de noir. Très craintifs, les oréotragues vivent généralement en petits groupes (moins de 5 individus), et mangent toutes sortes de plantes et d'arbustes. Dans certains groupes, les femelles n'ont pas de cornes.

Oryx – Oryx – Shoroa

Grande antilope aux longues cornes droites (plus de 1 m), l'oryx pèse 200 kilos pour une hauteur de 1,30 m au garrot. Il vit dans des régions arides. Il était autrefois présent jusqu'en Afrique du Nord, en Egypte, au Sinaï et dans la péninsule Arabique. Il vit en couple ou en troupeau, rarement en solitaire. Cet animal se défend férocement en cherchant à empaler tout agresseur, mais l'espèce a été majoritairement décimée. On le voit encore parfois au Tarangire, et entre le lac Natron et Longido.

Outarde de Kori – Kori Bustard

Appartenant au groupe des gruiformes, le plus gros oiseau volant arpente la savane en permanence, à la recherche de serpents. Il mesure 1,10 m et pèse jusqu'à 30 kilos. Son vol est lent et puissant, mais il lui faut entre 5 m et 10 m de course pour s'envoler. Pendant la parade, le mâle gonfle les plumes blanc gris de son cou et crie.

Pélican – Pelikan

Oiseau migrateur d'une dizaine de kilos, d'une longueur de 1,25 m incluant un bec pouvant mesurer plus de 40 cm, le pélican peut voler à 60 km/h. Il se nourrit essentiellement de poissons (il est ichtyophage). Les pélicans pêchent habituellement en formation, en plongeant à vue sur des bancs de poissons. Son bec crochu (extrémité de la mâchoire supérieure) lui permet de bien attraper et retenir sa proie lors d'un plongeon. Il stocke alors ses proies, grâce à la membrane souple de son bec, dans une poche qui peut dépasser les 12 litres, avant de les avaler, et peut alors nourrir ses petits par régurgitation. Il appartient aux totipalmes, avec le cormoran, le fou et la frégate, en présentant la particularité d'avoir son doigt postérieur relié à la palme. Il vit en colonies, en nichant dans de gros nids faits de branches et de brindilles. Il apprécie les lacs, marais, lagunes et estuaires. Pendant l'été de l'hémisphère Nord, le pélican nidifie et pond, bien souvent en Roumanie, sur les rives du Danube : deux oeufs par an sont incubés pendant 1 mois. Les petits ne sont indépendants qu'à deux mois et demi. Le pélican peut atteindre parfois les 50 ans.

Phacochère – Warthog – Ngiri

Appartenant à la famille des porcins, et ressemblant un peu à nos sangliers, le phacochère vit en famille et loge dans des terriers. Il pèse jusqu'à 140 kilos pour le mâle et 75 kilos pour la femelle, pour 60 cm à 80 cm de hauteur. Le phacochère présente deux grosses verrues de chaque côté de la face, l'une sous l'oeil, l'autre un peu en arrière des défenses. Verrues et défenses sont moins proéminentes chez la femelle. Les défenses sont les canines de la mâchoire supérieure ; elles sont en forme de demi-cercle pointé vers le haut et atteignant parfois une longueur de plus de 50 cm. Le phacochère mange des herbes, et déterre aussi des bulbes et des tubercules. Il se baigne dans la boue pour se laver, et accepte la présence de pique-boeufs qui le débarrassent de ses tiques et autres parasites. La période de gestation est de presque 6 mois, et les portées comptent 3 ou 4 petits. Le phacochère, assez craintif, est une proie très appréciée du léopard et du lion.

Pintade et francolin – Guineafowl et Spurfowl – Kanga

Oiseau grégaire d'une cinquantaine de centimètres du bec à l'extrémité de la queue, la pintade noire à pois blancs est un proche parent du bruyant francolin, beige et long de moins de 30 cm, et du non moins sonore francolin, beige à col jaune et rouge (35 cm de long). Ces gallinacés (comme la perdrix et le faisan) habitent tous la savane légèrement boisée, se nourrissent grâce à leurs doigts et à leurs becs vigoureux, aptes à gratter la terre pour y trouver, entre autres, graines et pousses, et sont une viande appréciée de nombreux prédateurs, dont l'homme.

Python

Très gros serpent ovipare, mesurant jusqu'à plus de 5 m pour parfois 70 cm de circonférence par endroits, et pesant jusqu'à 50 kilos, le python n'a pas de venin, mais étouffe sa proie avec sa mâchoire ou en l'écrasant après s'être enroulé autour d'elle. Sa mâchoire peut atteindre un angle d'ouverture de 130 degrés, contre 30 degrés chez l'homme. Il a longtemps été chassé à outrance pour sa peau. Il n'attaque pas l'homme (mais peut se défendre) ; il se nourrit de rongeurs, de lièvres et autres petits mammifères. Il a donc une action bénéfique en éliminant les animaux nuisibles aux cultures. Dans les rares cas où il s'attaque à la volaille domestique, les Africains le chassent parfois avec une technique assez particulière : un homme plonge sa jambe dans le terrier du python ; celui-ci essaie de l'avaler, et l'engloutit jusqu'au-dessus du genou ; on tire alors l'homme hors du trou, en entraînant avec lui le serpent que l'on tue. Mais la jambe de l'homme-appât est déjà attaquée par les sucs digestifs du python, et souvent en mauvais état. Le python a un reste de pattes atrophiées, qui lui sert surtout pendant l'accouplement. Le python pond environ 40 oeufs à la fois, de près de 10 cm de diamètre et de 150 g chacun. La femelle les couve pendant presque 2 mois ; les petits mesurent plus de 50 cm à l'éclosion.

Rédunca et Grand Rédunca ou cobe des roseaux – Bohor Reedbuck et Common Reedbuck Tohe

Petite antilope assez rare et gracieuse (60 kilos pour 75 cm au garrot), le rédunca est un herbivore qui vit sur un territoire, à proximité de l'eau, en petits groupes familiaux. Ses cornes, bien particulières, forment des crochets vers l'avant. Le grand rédunca pèse 85 kilos pour 1 m de hauteur et a des cornes beaucoup plus grandes et divergentes. Il a à peu près les mêmes comportements que le rédunca.

Rhinocéros noir – Black Rhinoceros – Kifaru

Faisant partie des ongulés, ayant 3 doigts par patte (de l'ordre des périssodactyles comme le zèbre), le rhinocéros porte sur le nez deux cornes pleines disposées longitudinalement, la plus en avant étant la plus grande. Ces cornes, développées à partir de la peau et sans lien avec le squelette, mesurant jusqu'à 1,20 m pour la grande, 60 cm pour la petite, sont la cause de son massacre : encore 30 000 à la fin des années 1960, ils sont aujourd'hui menacés de disparition (il y aurait un peu plus de 4 200 rhinocéros vivants pour l'ensemble du pays). A cause de l'inhabituelle durée (plus d'une heure) de l'accouplement de ces animaux, certains Chinois, de Hong Kong ou Taïwan notamment, et certains Japonais, s'imaginent que la poudre de leurs cornes a des propriétés aphrodisiaques, ce qui a pourtant été scientifiquement démenti. Après avoir donc décimé les rhinocéros asiatiques (notamment ceux de la péninsule Indochi-noise), ils se sont attaqués à ceux d'Afrique. Les riches Yéménites sont également de grands amateurs de manches en corne de rhinocéros pour leurs poignards traditionnels. Les mercenaires utilisés sont souvent des Somaliens, démobilisés par la guerre civile de leur pays, et qui sont des guerriers professionnels et sans scrupule ; Nilotes comme les Maasaïs, ils ont les mêmes traits fins et se déguisent en Maasaï, la kalachnikov sous la toge. Ils mènent une guerre violente avec les rangers, fait que les touristes ignorent complètement. Les Occidentaux ont cependant une responsabilité au moins aussi lourde que les Asiatiques car la chasse inconsidérée, notamment jusqu'au début des années 1970, a très largement contribué à la disparition de ces animaux, avant que, paradoxalement, son interdiction (et la fermeture, pendant quelques années, des frontières au tourisme) ne parachève le massacre en permettant une prolifération massive et incontrôlée du braconnage. La circulation étant interdite dans le cratère de 7h du matin à 6h du soir, toute personne qui s'y aventurerait s'expose à l'action des rangers : ils ont désormais ordre de tirer sans sommation. Il reste aujourd'hui très peu de rhinocéros. On estime à environ 50 le nombre encore en vie en Tanzanie, dont la moitié dans le seul cratère Ngorongoro. Même s'ils se reproduisent, le risque de dégénérescence est élevé en raison de la consanguinité, désormais inévitable. Le rhinocéros noir, plus grand que le rhinocéros asiatique (qui n'a aussi parfois qu'une seule corne), mais plus petit que le rhinocéros blanc d'Afrique, se distingue de ce dernier non pas par sa couleur (qui n'est chez l'un comme chez l'autre ni noire ni blanche mais dépend de la terre dans laquelle il se roule), mais par la forme de sa gueule : le rhinocéros noir broute toutes sortes de plantes (plus de 150), tandis que le rhinocéros blanc paît (il mange presque exclusivement de l'herbe). La bouche du rhinocéros noir est donc plus pointue, avec une lèvre supérieure préhensile en V, tandis que le rhinocéros blanc (présent plus au sud et plus au nord, mais pas en Tanzanie), a une bouche plate et large, et des lèvres horizontales. Le rhinocéros noir se distingue encore de son compère par un comportement très agressif. Il pèse jusqu'à 1 500 kilos pour une hauteur au garrot de 1,80 m. Le mâle vit en solitaire. La femelle vit avec son petit, et marche devant lui (contrairement au rhinocéros blanc). Le rhinocéros sort en général de la forêt le matin, mange, se repose, souvent couché, tout l'après-midi, et mange à nouveau le soir, où il vient se mettre à l'abri sous les arbres. Il marque son territoire de ses excréments qu'il étale avec ses pattes postérieures. Dans les régions où il a été beaucoup chassé, c'est un animal assez agressif, et très vif malgré sa lourdeur apparente : il peut faire demi-tour sur place et charger à 50 km/h. Sa vue est très mauvaise, contrairement à son odorat et à son ouïe ; voyant très mal, il perçoit surtout les intrus en mouvement, et charge alors tout droit. Lorsqu'on est surpris par un rhinocéros, on est perçu comme un agresseur potentiel, et le mieux est alors de rester complètement immobile. Les mâles se battent pour s'approprier une femelle, et s'accoupler avec elle pendant parfois plus d'une heure, en éjaculant à plusieurs reprises. La période de gestation est de 15 mois ; le petit pèse environ 40 kilos et mesure 45 cm. A cinq mois, le rhinocéros pèse déjà 200 kilos et mesure près de 1 m. L'absorption d'eau, les comportements territoriaux et le développement de la corne commencent à l'âge de quelques mois seulement. Complètement sevré à 1 an, il est adulte vers 5 ans, et a une longévité potentielle de 40 ans, Les femelles donnent naissance avec régularité tous les 2 à 4 ans.

Scorpion – Scorpion

Animal invertébré apparenté aux arachnides, le scorpion existait déjà bien avant les dinosaures, avec des spécimens marins longs de 90 cm remontant à 400 millions d'années. Très peu sociable, il pratique fréquemment l'évitement ou la fuite, bien qu'il soit territorial. Son corps est composé d'une queue de 5 anneaux, le dernier portant une vésicule au venin hémolytique parfois mortel, d'un abdomen et d'un céphalothorax, c'est-à-dire d'un ensemble tête-thorax recouvert d'un bouclier formé par la fusion de plaques, résultant en une solide carapace. Il porte plusieurs paires d'yeux, des pinces, et 4 paires de pattes comme les araignées. C'est une véritable bête de survie : il peut résister à une sécheresse quasi infinie, grâce à ses lipides et à l'absorption de l'humidité résiduelle du sol. Il peut également résister 150 fois mieux que l'homme aux radiations, grâce à la faible quantité d'ADN de ses cellules et à une haute teneur en cuivre. Il vit sans problème jusqu'à plus de 45 °C, et supporte de fortes amplitudes thermiques. Il peut même jeûner pendant plus de trois ans, s'il est hydraté. En temps normal, il est carnivore : il se nourrit d'insectes, voire pratique le cannibalisme. Il se cache de jour sous des pierres ou dans des souches, et a une vie surtout nocturne, ou crépusculaire. Il apprécie les sols sableux, et sort surtout par temps de pluie.

Serpentaire – Secretary Bird

Oiseau de la famille des falconidés, d'un peu moins de 1 m du bec à la queue, ressemblant légèrement à l'outarde de Kori, et vivant de serpents et d'autres reptiles, qu'il tue au moyen de ses puissantes griffes. En attaque, il se protège souvent avec les plumes de ses ailes qui ne risquent pas une injection de venin. Il doit son nom anglais à son apparence : pantalon noir, chemise blanche et crayons dans les oreilles. oeil rouge et base du bec jaune.

Serval – Serval Cat – Mondo

Félin de taille moyenne (12 kilos pour 50 cm de haut) mais élancé, le serval a des oreilles grandes et ovales, une queue courte ornée d'anneaux noirs, et un pelage fauve clair parsemé de larges taches noires, alignées à peu près horizontalement. C'est un animal très agile mais craintif. Il chasse des insectes, de petits reptiles, des oiseaux (jusqu'à la pintade) et des petits mammifères (y compris de petites gazelles). Sa technique de chasse consiste à s'en approcher très doucement, puis à faire un haut bond pour capturer sa proie ; il joue alors volontiers avec elle avant de l'étouffer dans sa gueule. Il habite des trous dans la terre ou des anfractuosités rocheuses, en savane ouverte. La période de gestation dure 70 jours, et les portées sont de 2 à 4 jeunes. Le serval est adulte à 2 ans, et vit une douzaine d'années.

Sitatunga, ou guib d’eau Sitatunga – Nzohe

Rare antilope de marais, ressemblant assez au guib harnaché, pesant une centaine de kilos, et présentant la particularité d'avoir des sabots très longs et légèrement palmés entre les onglons, ce qui lui permet de se déplacer aisément sur les sols mous, vaseux, sableux et boueux. Le sitatunga est plus grand que le guib harnaché, a des cornes plus longues, présentes seulement chez le mâle, des rayures moins marquées, et une couleur plus grise. Il a l'arrière-train surélevé, ce qui lui donne une allure voûtée. Il sait nager, en particulier lorsqu'il se sent menacé, en ne laissant dépasser que ses narines. Mature à 2 ans, il vit une quinzaine d'années.

Tortue – Tortoise – Kobe

Reptile existant depuis 300 millions d'années, sans doute le plus ancien vertébré terrestre. En brousse, on le rencontre sous trois espèces : une petite vert foncé et végétarienne, peu connue ; une grande mais plate, avec une carapace de brun roux à gris (tortue de Tornier, ou pancake tortoise), qui s'abrite des chaleurs excessives et se protège des prédateurs dans des anfractuosités rocheuses où elle peut aisément se faufiler. Elle est également herbivore, et cependant assez agressive. En raison de son anatomie peu épaisse, elle ne pond qu'un oeuf à la fois. Enfin, une troisième, plus grosse encore (50 cm de long), carnivore, appelée tortue léopard en raison de sa couleur. Elle pond de 4 à 8 oeufs sphériques d'un diamètre de 5 cm, posés en pyramide dans un trou creusé, proies très appréciées de nombreux petits carnivores. Ses ongles courts et ses pattes arrière plates ne l'aident pas à creuser. D'abord carnivore, elle mange des rongeurs, et est entre autres friande d'ossements et d'excréments de hyène ou de lycaon : elle trouve dans les os des proies avalées par les prédateurs le calcium nécessaire à sa propre carapace et aux coquilles de ses oeufs. Elle avale aussi des insectes, des escargots, des fruits et des végétaux sauvages. Par temps froid, elle se cache dans des obstacles naturels, termitières, trous, rochers situés sur son territoire. Proie facile malgré sa carapace et la puissance de ses muscles, ses prédateurs sont le varan, la chauve-souris, les serpents, quelques félins, et l'homme. Les tortues de mer ont de grandes pattes palmées ou des nageoires, ne peuvent pas rentrer leurs membres extérieurs dans leurs carapaces, mais ont une vision meilleure que celle des tortues terrestres et pondent des oeufs beaucoup plus nombreux. En général, les tortues se dirigent avec le soleil, en fonction de l'orientation de la chaleur induite sur la carapace. Les plus grandes peuvent vivre 70 ans, Elles sont aussi capables de jeûner pendant plusieurs semaines, et leurs besoins en eau sont réduits car leurs écailles les protègent de la transpiration et leurs excréments sont très secs. La température qui leur convient le mieux est de 28 °C ; on parle alors de posture d'insolation. A 15 °C, leur coeur ne bat plus qu'à une pulsation par minute, et à 40 °C, il atteint 30 pulsations par minute. Leurs sens perçoivent surtout la chaleur et les vibrations, mais elles ont aussi un odorat assez développé, même sous l'eau, et une vue assez bonne, percevant surtout le rouge orange et les mouvements. Elles ne perçoivent en revanche que les sons graves : leurs oreilles sont en arrière de l'oeil, sans pavillons extérieurs, ce qui fait qu'elles ont le tympan au niveau de la peau. Leur carapace est une matière vivante, formée par épaississement du derme par accumulation de kératine, composée d'une dossière de 13 plaques au centre entourées de 25 autres plaques, et d'un plastron relié à la dossière par un pont sur chaque flanc. Elles se distinguent des autres reptiles par leur absence de dents, remplacées par un étui corné tranchant semblable à un bec. Le mâle se sert de ses griffes pour s'agripper lors de l'accouplement (seul moment où l'on peut entendre sa voix), après avoir fait sa cour en cognant sa carapace sur sa compagne, en lui mordant les pattes avant et en décrivant des cercles autour d'elle. Le mâle a une queue plus longue que la femelle. Les ovules sont mûrs au printemps, mais le mâle ne les féconde qu'en été, saison où il produit ses semences. Chez les tortues d'eau, la cour a lieu à terre mais l'accouplement sous l'eau. Les oeufs sont enfouis dans le sol et éclosent sur le côté. Bien que toutes soient protégées par la CITES de Washington (Convention de 1973 pour la protection des espèces naturelles menacées), certains pays les chassent pour leur viande blanche et leurs écailles.

Varan – Monitor Lizard

Gros lézard carnivore, d'allure préhistorique et mesurant jusqu'à 1,5 m de long, le varan ne s'attaque qu'à de très petites proies. Il se nourrit d'oiseaux, de rongeurs, de batraciens et d'oeufs. Il peut se déplacer très rapidement. C'est un ovipare. On distingue le varan du Nil, semi-aquatique, plus long et plus fin, et le varan de savane, plus trapu, qui fréquente les rochers et les brousses sèches. Ce dernier est gris avec des taches jaunes, habite des terriers sous des pierres, dans des termitières, ou dans des cavités de rochers ou de troncs d'arbre creux. Il aime prendre des bains de soleil, et se nourrit d'insectes (bousiers, sauterelles, criquets...), de jeunes tortues, d'escargots et de charognes. Ses prédateurs sont les rapaces, et la mangouste qui dévore ses oeufs. Il diffère des iguanes d'Amérique, qui sont végétariens. On le trouve notamment dans la zone de conservation du Ngorongoro et au Serengeti.

Vautour – Vulture – Tai

Oiseaux de proie charognards, les vautours ont un rôle fondamental dans l'équilibre des écosystèmes est-africains. Leur efficacité dans l'élimination des charognes, y compris des restes d'animaux atteints d'une maladie grave et contagieuse, vaut la suppression des foyers d'infection aux autres animaux vivants. Les vautours sont en effet nombreux, et vont là où les charognards terrestres ne vont pas. Ils appartiennent à la famille des falconidés, avec une adaptation frappante : leurs pattes sont moins fortes, leurs proies étant inertes. On distingue le vautour percnoptère d'Egypte (le plus petit, qui passe l'été en Europe, qui est blanc avec un bec jaune adapté pour passer en dernier et gratter les lambeaux de chair sur les os). Il se nourrit de végétaux, d'excréments, de reptiles, d'insectes et de rongeurs, et se sert de pierres qu'il saisit dans son bec et laisse tomber de haut afin de briser les oeufs d'autruche pour les manger. Doté d'un jabot, il nourrit ses jeunes par régurgitation, le vautour oricou (ou nubian vulture, plumes noires et bec rouge) et le vautour de Rupell (au plumage brun légèrement en dégradé vers le bas, le plus répandu, proche parent du vautour fauve des Pyrénées. Un ou deux oeufs pondus vers mars sont couvés alternativement par les deux parents pendant une cinquantaine de jours. Le petit est alors nourri par régurgitation, et accomplit son premier vol à partir de 110 jours). Le vautour peut vivre plus de 35 ans, il habite par colonies de plusieurs centaines d'individus des falaises rocheuses. Le matin, lorsque le soleil frappe leur rocher, et que l'air commence à se réchauffer (entre 7h30 et 9h selon les endroits), toute la colonie s'élance soudainement, et profite du courant d'air chaud pour s'élever en formant de grands cercles. Ce phénomène peut s'observer par exemple dans la gorge d'Olkarien (zone de conservation du Ngorongoro). Les vautours peuvent faire plusieurs centaines de kilomètres par jour, par exemple pour suivre la grande migration du Serengeti et profiter des mises à mort de la fin de la nuit. Le repas est alors l'occasion de combats incessants car les vautours sont nombreux et certains doivent attendre leur tour. Ils passent en général à table après les hyènes mais avant les chacals et les marabouts. Ils reviennent chaque soir chez eux. Les accouplements, accompagnés de hurlements plutôt évocateurs, ont lieu vers le début de l'année (février et mars), et les petits naissent vers avril, mai et juin. En général, seul un jeune survit par nid. Les parents lui apportent régulièrement de la viande stockée dans leur bec.

Vervet, ou grivet – Vervet Monkey ou Green Monkey – Tumbili

Singe d'une cinquantaine de centimètres de haut pour un poids d'environ 5 kilos, le vervet a la queue raide, la face noire entourée d'une couronne et de favoris blancs, et le pelage gris brun clair, avec parfois des reflets un peu verts. Ses testicules sont d'un bleu fluorescent étonnant. Le vervet johnstoni, ou vervet de Moshi, fut observé pour la première fois par un certain Pocock, en 1907. Il est assez répandu, dans les savanes un peu boisées et à la lisière des forêts pas trop humides. Il vit en bandes de 20 à 30 individus, dort dans les arbres mais mange surtout au sol des fruits, des graines, des fleurs, des insectes, des oeufs, des oiseaux et des lézards. Il se déplace très rapidement. Il est une proie appréciée des léopards, d'autres félins plus petits et de gros rapaces. La période de gestation est de 6 mois ; le jeune pèse 400 g environ à la naissance ; la mère lèche son nouveau-né, mange le placenta et coupe le cordon ombilical en le mordant. Le vervet vit jusqu'à 20 ans.

Vipère commune d’Afrique et vipère du Gabon – Puff Adder et Gaboon Adder

La vipère d'Afrique, de la famille des vipéridés, est un serpent d'environ 1 m de longueur et assez large. Sa tête plate est encore plus large que son corps. Sa peau est verte ou orange, rayée d'écailles jaunes en chevrons pointés vers l'arrière. Elle se déplace en général lentement, plus à la manière d'une chenille qu'en serpentant, mais est capable d'attaques très rapides, même à partir d'une position enroulée. Lorsqu'elle est dérangée, la vipère émet un sifflement, ou même un souffle, comme son nom anglais l'indique ; il faut alors ou bien déguerpir vivement s'il en est encore temps, ou bien s'immobiliser complètement. Les crocs de la vipère d'Afrique sont courbes et très longs (jusqu'à 1,8 cm), et pénètrent très profondément dans la chair de la victime (la morsure est d'autant plus grave). Après avoir mordu, et contrairement aux serpents élapidés (cobras...), elle retire ses crocs rapidement pour être prête à attaquer une deuxième fois. Au repos, elle replie ses crocs contre son palais. Contrairement encore à la plupart des autres serpents, elle ne fuit quasiment jamais mais, pour se défendre, prévient les intrus et les mord si elle en sent la nécessité. C'est pourquoi, dans le bush et aussi près de l'eau, et dans l'eau, il faut toujours faire très attention où l'on marche. La vipère est à l'origine du plus grand nombre d'accidents dus aux morsures de serpent en Afrique. Comme beaucoup de serpents, c'est un animal essentiellement nocturne. La vipère étant vivipare, une trentaine de petits sortent de leurs oeufs quelques minutes seulement après la ponte. Egalement présente en Tanzanie, quoique moins répandue, la vipère du Gabon a les mêmes comportements, sauf qu'elle privilégie les forêts humides ou leur proximité. Elle est encore plus grande, puisqu'elle peut atteindre 1,80 m de longueur, sa tête 12 cm de largeur, et ses crocs jusqu'à 5 cm ! Ses écailles forment des taches vertes, bleues, brunes et jaunes qui la camouflent remarquablement bien, d'où le risque de la surprendre. Les jeunes mesurent 30 cm à l'éclosion.

Zèbre – Zebra – Punda milia
<p>Zèbre dans l'aire de conservation du Ngorongoro</p>

Zèbre dans l'aire de conservation du Ngorongoro

Seul animal rayé dans la famille des équidés, le zèbre est propre à l'Afrique. Il pèse jusqu'à 330 kilos et mesure jusqu'à 1,40 m au garrot. Comme chez la girafe, les poils de la crinière sont toujours relativement courts, et dressés. On distingue le zèbre de Grévy, plus gros, aux rayures plus nombreuses, plus fines et moins distinctes, et le zèbre de Burchell, proche parent du Quagga (rayé sur la tête et la nuque uniquement), qui a été exterminé au XIXe siècle (le dernier spécimen est mort en captivité à Amsterdam en 1883). Avec le rhinocéros ou le cheval, il est de l'ordre des périssodactyles (mammifère ongulé herbivore présentant une réduction importante des canines et molaires, un intestin très long, et dont l'axe des 4 membres passe par le troisième doigt, très développé), et se distingue par là des ruminants, notamment de tous les bovidés, les giraffidés et les antilopes. Malgré son comportement apparemment peu craintif, c'est un animal extrêmement sauvage, qu'il est presque impossible d'apprivoiser. Le zèbre de Burchell présente plusieurs variations intraspécifiques : celui de Tanzanie est appelé zèbre de Grant. On dit que plus les bandes noires sont larges, plus le zèbre est âgé ; cependant on distingue deux individus principalement par la forme des taches au milieu du dos.

Les zèbres sont nomades et grégaires : leurs troupeaux sont des regroupements familiaux, de 5 à 20 têtes, vivant en savane herbeuse. Ils paissent, mais broutent aussi plantes et arbustes, et déterrent des racines. Ils se déplacent en file indienne, et émettent une sorte de hennissement saccadé et répétitif en " i-a ". Les étalons se battent fréquemment à gros coups de dents et de ruades pour gagner le droit de s'accoupler avec une femelle. Les accouplements ont lieu toutes les une à deux heures, pendant un ou deux jours. La période de gestation est d'environ un an, et les petits naissent en général entre janvier et mars. Les jeunes zèbres sont une proie très vulnérable, mais de manière générale, tous, même les adultes, sont un mets très apprécié des lions en particulier, et des crocodiles, contre lesquels ils se défendent mieux que les gnous, en tentant de les mordre aux yeux pour les aveugler.

Autres oiseaux

Les moeurs des autres oiseaux sont moins connues : en général, plus un oiseau est petit, moins on en sait. Afin de vous permettre cependant de les identifier à partir d'ouvrages spécialisés ou des propos (principalement en anglais) de votre chauffeur-guide, voici un lexique de premier secours et une petite introduction. Les rapaces ont, entre autres particularités, celle de passer la deuxième ou troisième année de leur vie en errance.

Astrild - Waxbill. Ordre des passériformes. Ce petit oiseau s'accomode de la chaleur. Il se nourrit par terre, le sol doit donc être sec.

Alouette - Lark. De l'ordre des passériformes (cet ordre regroupe les deux tiers de la faune aviaire), l'alouette est fameuse pour le chant du mâle en période nuptiale.

Bec-en-sabot. Grand oiseau des marais, très rare, brun, dont le bec légèrement denté permet de saisir en particulier des grenouilles.

Bergeronnette - Wagtail. Ordre des passériformes. Elle vit au bord des eaux douces et saumâtres.

Calao - Hornbill. De l'ordre des coraciadiformes, au bec volumineux, à ne pas confondre pour cela avec le toucan. Son cri très sonore fait penser à une voix humaine. Il se nourrit d'insectes, de rongeurs, de serpents et de scorpions.

Ganga - Sandgrouse. De l'ordre des columbiformes des régions désertiques, dont le plumage va du fauve au jaunâtre, aux pattes courtes et à longue queue. Pour boire, il rejoint régulièrement des abreuvoirs situés à plus de 20 km de son lieu de reproduction.

Gobe-mouches - Flycatcher. De l'ordre des passériformes, de petite taille, à moustaches, son bec large est adapté à la chasse des insectes en vol.

Grand duc africain - Spotted Eagle Owl. Du même ordre (strigiformes) que les hiboux. Comme l'homme, il a les deux yeux sur un même plan facial et peut baisser les paupières supérieures (alors que les autres oiseaux lèvent les paupières inférieures).

Guêpier - Bee-eater. De l'ordre des coraciadiformes (comme le martin-pêcheur, le calao et le rollier), à la silhouette fine, aux pattes courtes, chassant les insectes en vol.

Hibou du Cap - African Marsh Owl. Il aime surtout les zones marécageuses et les prairies humides à hautes herbes. Il y trouve les petits insectes et les rongeurs qu'il affectionne.

Hirondelle - Swallow. De l'ordre des passériformes, insectivore à la queue bifide, elle construit des nids maçonnés. Plus grande que le martinet, comme son collègue, elle marche peu et mal. Elle migre vers l'Europe chaque année, pèse une vingtaine de grammes, pond 2 fois 4 à 5 oeufs par année et vit 15 ans, en moyenne. Son ventre est blanc.

Huppe - Hoopoe. De l'ordre des coliformes, donc pas du tout du même ordre que les huppes européennes. C'est un migrateur. Doté d'une glande nauséabonde près du croupion, il repousse ainsi les prédateurs, par l'odeur de son nid. La huppe fait 27 cm de long et pèse 60 g.

Indicateur - Honeyguide. Du même ordre (pisciformes) que les barbus, les toucans et les pics, dont il parasite les nids. A l'éclosion, les petits percent aussi les oeufs de ces derniers pour se nourrir et les éliminer. Il doit son nom à l'indice qu'il donne par ses cris aux animaux (notamment le ratel) ou aux hommes de la brousse qui recherchent le miel sauvage : après le passage de ces derniers, il se nourrit des larves et des débris restants, étant capable de digérer même la cire d'abeille. Il est de couleur un peu terne.

Martinet - Swift (apus apus, du grec sans pied). Comme l'oiseau-mouche du continent américain, c'est un apodiforme, c'est-à-dire que ses pattes et son bec sont atrophiés, puisqu'il passe la plus grande partie de sa vie en vol. Tous ses 4 doigts sont aussi à l'avant, et il ne se pose, sur des falaises, qu'en période de reproduction. Ses ailes sont en forme de faux, comme deux de l'hirondelle. Il construit un nid dur comme le roc peu avant la période de reproduction, au moyen de salive dont la sécrétion alors augmente. Son ventre est noir.

Martin-pêcheur - Kingfisher. Cet oiseau (ordre des coraciadiformes comme le guêpier, le rollier et le calao), très coloré, est grand amateur de poisson qu'il pêche au plongeon, mais se nourrit aussi d'insectes, de vers et de mollusques. On distingue plusieurs sous-espèces. Il présente la particularité d'avoir des pattes syndactyles, c'est-à-dire que ses 4 doigts sont soudés, et très courtes, ce qui fait qu'il se pose sur des branches et très rarement sur le sol. Il fait toutefois son terrier dans les berges, y pond entre 4 et 8 oeufs qu'il couve pendant une vingtaine de jours. Les petits quittent le nid à l'âge de 20 à 30 jours.

Oie égyptienne - Egyptian Goose. Son bec large permet d'arracher des végétaux aquatiques.

Oiseau de la famille des cigognes - Stork. On distingue, entre autres : le yellow-billed stork, ou tantale africain ; et le european stork, ou cigogne d'Alsace ou d'Europe de l'Est, qui migre chaque année en longeant à vue la côte méditerranéenne du Moyen-Orient et arrive en Tanzanie par nuages entiers vers le mois d'avril. Ils se nourrissent notamment d'insectes et de batraciens. On peut fréquemment les entendre claquer leur bec, ce qui est un geste de séduction. La ponte de 2 à 6 oeufs, l'incubation de 1 mois et l'élevage de 2 mois ont lieu en Europe pendant l'été. Les cigognes sont un des exemples du règne animal où les couples peuvent rester fidèles jusqu'à la mort. Elles vivent une vingtaine d'années en moyenne.

Ombrette - Hamerkop. De l'ordre des ciconiiformes des marais, d'environ 50 cm de long.

Outarde du Sénégal - White bellied Bustard. En savane. Se nourrit d'invertébrés et de graines.

Perroquet - Parrot. De l'ordre des psittaciformes, arboricole, frugivore et granivore, à la silhouette trapue, à la grosse tête munie d'un bec fort, dur et crochu, dont la mâchoire supérieure est mobile car articulée à l'os frontal. Ses pattes sont zygodactyles (deux doigts vers l'avant, deux vers l'arrière).

Petit serpentaire - Harrier Hawk. Ce grand oiseau d'un mètre de long, carnivore et aux longues pattes, se nourrit de lézards, serpents et d'insectes.

Pic - Woodpecker. Oiseau présentant des pattes zygodactyles (deux doigts vers l'avant et deux vers l'arrière). Il n'a pas de duvet à l'éclosion, et dépose ses oeufs blancs dans un nid construit au fond d'une cavité.

Pie - Shrike. De l'ordre des passériformes corvidés, comme le corbeau et la corneille.

Pique-boeuf ou buphaga - Oxpecker. De l'ordre des passériformes, de la même famille que les étourneaux, brun au bec jaune ou rouge. Il a des griffes fortes qui lui permettent d'adhérer sur le dos ou les cornes de gros herbivores habitués, comme l'impala ou le buffle ou il se nourrit de tiques, de mouches et de peaux mortes. Il niche dans les cavités des arbres.

Pluvier - Plover. Comme la mouette, le vanneau ou l'avocette, le pluvier est de l'ordre des charadriiformes (petit échassier) ; oiseau des rivages au cri strident, dont les longues pattes permettent d'aller à la recherche de larves aquatiques sans se mouiller trop les plumes.

Puffin - Puffin. De l'ordre des procellariiformes, brun noir, migrateur, pélagique (qui passe par la haute mer), dont les narines, comme chez l'albatros ou le pétrel, se terminent par une sorte de tubes. C'est un voilier aux ailes longues et fines.

Rollier - Roller. De l'ordre des coraciadiformes : ses deux doigts postérieurs sont soudés. Il mesure environ 30 cm, et son plumage est coloré. Il habite les milieux buissonneux. Le plus commun est le rollier à long cou brun, avec gorge rouge rose, dos brun et le reste bleu. Il est territorial et bruyant.

Souï-manga - Sunbird. Ordre des passériformes, famille des nectariniidés. De petite taille, il est capable de voler sur place pour récolter sa nourriture dans les corolles des fleurs.

Spréo, ou merle métallique - Starling (superb starling : spréo superbe).

Tisserin - Weaver. Ordre des passériformes. A dominante jaune, il vit en colonies nombreuses. Il tisse des nids en forme de balle de foin suspendus aux acacias, ce qui leur permet d'échapper aux prédateurs, mammifères ou serpents.

Touraco à ventre blanc - Go-away Bird. Appartenant aux cuculiiformes, comme le coucou ; sans être du même ordre, il a une forte proximité anatomique avec le perroquet bien que ses plumes ne le laissent guère deviner ; sa queue est longue, et il présente la particularité d'avoir des pattes zygodactyles : deux doigts vers l'avant et deux doigts vers l'arrière.

Tourterelle du Cap Dove. De l'ordre des columbiformes comme le pigeon ; au lieu de redresser la tête et de faire couler l'eau dans son gésier, elle boit par aspiration.

Vanneau couronné - Crowned Plover. De l'ordre des charadriiformes, marron, noir et blanc, pattes et bec orange.

Vanneau forgeron - Blacksmith Plover. De l'ordre des charadriiformes (petit échassier) noir et blanc ; son cri ressemble au bruit d'un marteau contre une enclume.

Vautour - Goshawk. Ce rapace se nourrit principalement de carcasses d'animaux.

Veuve - Widowbird. Ordre des passéri-formes. Belle, avec de longues rectrices, la veuve est granivore, sauf lorsqu'elle a été élevée par des parents adoptifs insectivores, puisque l'espèce pratique le parasitisme. Elle apprécie les savanes.

Poissons et animaux aquatiques de la côte de l’océan Indien

Les poissons sont des vertébrés généralement ovipares, à respiration branchiale, munis de nageoires impaires (dorsale, caudale et anale) et paires (pectorales, et pelviennes entre les nageoires pectorales et anales), seuls organes saillants. On connaît plus de 20 000 espèces de poissons. Leur densité est proche de celle de l'eau, et leur propulsion assurée essentiellement par une ondulation de l'arrière du corps et de la nageoire caudale, les autres servant surtout de stabilisateurs, ainsi que de dérives et de propulseur dans les mouvements verticaux ou brusques. Une couche de mucus enduit les écailles, permettant une excellente fluidité. Les modifications de pressions sont compensées en général par une variation du gonflement d'une vessie natatoire gazeuse, afin de conserver une densité égale à celle de l'eau (s'il se laissait comprimer en descendant, il deviendrait plus dense et coulerait). Leur odorat siège dans les barbillons et est en général très fin, percevant en particulier les variations d'oxygénation, de salinité et de température. Les espèces pélagiques sont en général migratrices, afin de maximiser les chances de reproduction et les sources d'approvisionnement en planctons (rarement phytoplanctons et algues), ou autres espèces de poissons. La fécondation a lieu avant ou après la ponte selon les espèces. On distingue deux sous-classes : les sélaciens (requins, raies, espadons...), poissons cartilagineux, parfois vivipares, carnassiers, bons nageurs, dont l'ouverture de la bouche est ventrale, et les écailles faites de plaques plutôt dures ; et les téléostéens (thons, perches, et la grande majorité des espèces), poissons osseux dont la bouche est à l'avant, et les écailles faites de peau.

Les crustacés (crevettes, crabes, langoustes...) sont des arthropodes (invertébrés à squelette externe et à corps segmenté), dotés d'une carapace plus ou moins dure à base de calcaire.

Les mollusques sont des invertébrés à corps mou, souvent doté d'un pied ventral et d'une coquille. Ils incluent les gastéropodes (escargots), les lamellibranches (moules) et les céphalopodes (pieuvres).

Espèces pélagiques

Barracuda (famille des sphyrénidés), vit en bancs.

Bonite. Cousin du thon, ce poisson migrateur nage proche de la surface. Il se nourrit principalement de sardines et de mulets.

Carangue trevally et d'autres sous-espèces encore (percidés), atteignant parfois 50 kg. Reconnaissable par l'extrémité blanche de ses nageoires. Rarement observé à faible profondeur, il évolue habituellement entre 30 et 800 mètres de profondeur.

Cobia. Ce poisson ressemble fortement au requin. On l'appelle aussi saumon noir ou mangeur de crabes.

Coryphène (percidés). Poisson pouvant atteindre la taille de 2 m et le poids de 40 kilos. Vit en couple.

Espadon (poisson-épée, xiphias gladius), et espadon voilier d'août à décembre.

Marlin rayé, marlin noir et marlin bleu, dont certains de plus de 1 250 livres, de novembre à mars.

Requin-marteau (carcharhinidés), sur la côte ouest de Pemba en particulier.

Requin blanc (lamnidés). Il mesure en moyenne de 3,50 m à 5 m de long.

Requin pointe-blanche (carcharhinidés). Il évolue habituellement entre 30 et 800 m de profondeur. Les femelles peuvent atteindre une taille maximale estimée à 3 m pour une masse de 160 kg, les mâles ne dépasseraient pas 2,5 m.

Requin-tigre, requin mako (carcharhinidés). Il mesure généralement de 4 à 5 m, pour un poids moyen de 750 kg.

Requin-baleine (orectolobiforme), mangeur de plancton, souvent escorté de bancs de poissons ; de janvier à mars.

Wahoo. Poisson rapide (50 km/h en vitesse de pointe) et puissant aux rayures bleues. Sa grande gueule et son museau pointu le caractérise. Mesure en moyenne 2,50 m pour 75 kilos.

En plus des poissons, on observe aussi, entre février et avril, des baleines à bosse, aussi appelées mégaptères ou jubartes. A la différence des cachalots ou des orques, ces cétacés de 15 m de long possèdent quelques centaines de fanons cornés au lieu de dents, formant ensemble un filtre leur permettant de retenir le plancton des eaux (notamment de minuscules crustacés), leur unique nourriture. Les narines de la baleine à bosse se trouvent au sommet de sa tête, et ses petits yeux, aux commissures des lèvres. Ses seules nageoires sont sa queue et ses membres antérieurs. Le jeune pèse 6 tonnes à la naissance, et peut dépasser les 100 tonnes. Sa respiration est atmosphérique, mais l'animal peut rester 20 minutes en plongée. En faisant surface, la baleine expulse un jet d'air saturé de vapeur d'eau. Lorsqu'elle s'échoue, elle meurt sous son propre poids avant de périr de déshydratation. Une convention internationale signée à Washington en 1946 était censée limiter la chasse aux mâles (on pouvait parfois tirer 30 tonnes d'huile d'un seul animal), mais depuis 1987, elles sont en principe totalement protégées.

Poissons coralliens

Murène blanche ou grise, murène géante et murène à taches noires (anguillidés).

Perche de mer, ou serran, voisin du mérou.

Poisson chauve-souris, avec de longs ailerons.

Poisson-lune argenté (ordre des tétradontiformes), faux scatophages.

Poisson napoléon, atteignant parfois les 2 m de long.

Poisson-perroquet ou scare (famille des labridés), de grande taille.

Poisson porc-épic ou diodon (ordre des tétradontiformes), qui peut dresser de fortes épines en se gonflant d'eau.

Raie manta (rajiformes), mesure jusqu'à 3 m de long, possède un dard derrière les yeux, et peut sauter hors de l'eau.

Rascasse volante (famille des scorpénidés), ou poisson-scorpion, très venimeux.

Snapper (percidés), de couleur rouge, à la chair très appréciée.

On peut également observer des escargots, tortues de mer, et des calmars. Mais aussi des langoustes, un crustacé marcheur, surtout nocturne, doté de longues antennes tactiles mais dépourvu de pinces (à la différence du homard), et qui est pourvu de plaques acérées sur le bord inférieur de l'abdomen.

Flore
Arbres
<p>Parc National du Serengeti</p>

Parc National du Serengeti

Principaux arbres rencontrés dans les parcs nationaux.

Acacia parasol (Acacia tortilis). Celui qu'on trouve dans toutes les savanes.

Acacia jaune - Yellow Fever Tree (Acacia xanthophloea). Pousse dans des zones bien arrosées.

Acacia à épines sifflantes (Acacia drepanolobium). Les fourmis forment des nids creux dans des boules à la base des épines ; ainsi l'arbre semble siffler lorsque le vent souffle fort.

Arbre à saucisse (Kigalia africana). Le fruit, en forme de saucisson pendant, n'est pas comestible.

Baobab (Adamonia digitata). Dans les régions de savane. Son gros fruit sec et acidulé, appelé parfois pain de singe, est très bon.

Euphorbe candelabre (Euphorbia candelabrum). Au Serengeti. Il n'a pas de feuilles à proprement parler et, après sa mort, il s'écroule en un seul tenant. Le latex blanc qu'il contient est un poison.

Figuier sauvage, ou arbre à palabres (Ficus sycomorus). Son tronc ressemble à un enchevêtrement de racines. Il porte son autre nom car il procure souvent de l'ombre aux sages sur les places des villages. Les Maasaïs y voient un arbre sacré, au pied duquel ils accomplissent leurs sacrifices à dieu (Ngaï). De la même famille que l'hévéa ou arbre à caoutchouc.

Palmier du Sénégal (Phoenix rechinata). Notamment au Serengeti.

Séneçon. Plantes en forme de pilier ou de chandelier à quelques branches, en touffes vertes à allure d'artichauts géants. D'une hauteur d'environ 4 m, il pousse entre 3 000 m et 4 000 m d'altitude, il fleurit en des myriades de fleurs jaunes, et s'ouvre et se ferme chaque jour avec le soleil.

Sisal sauvage, ou agave mexicain (Sansevieria ehrenbergiana). A Olduvai.

Agrumes. Citron vert, citron, orange verte, pamplemousse.

Avocatier. Arbre à feuilles persistantes importé d'Amérique centrale, de la même famille que le laurier, le camphrier et le cannelier.

Bananier. A pour particularité de ne se reproduire que par reprise des pieds existants. On en trouve de très nombreuses variétés.

Corossolier. Produit le corossol, ou anone.

Manguier. Arbre très large, au feuillage dense vert foncé, de la même famille que l'anacardier.

Papayer. A pour particularité d'exister en version mâle ou femelle. Seules ces dernières produisent des fruits, mais il faut environ un pied mâle pour 10 femelles.

Palmier doum. De petite taille. On en tire le crin végétal, et on peut en boire le jus.

Palmier à huile, palmier dattier et cocotier (le plus haut, de 25 m). Ses fibres sont utilisées pour la fabrication du raphia (mais c'est une variété malaise qui donne le rotin, plus épais).

Passiflore Arbrisseau dont les organes évoquent les instruments de la Passion du Christ, d'où le nom du fruit de la passion qu'il nous donne.

Ronier ou borassus. Palmier dont on mange le coeur ou palmite, et dont on utilise le fruit pour faire le vin de palme.

Arbre du voyageur. Ses palmes, naturellement disposées en éventail, collectent l'eau qui est recueillie dans le tronc et peut être ainsi bue par d'éventuels voyageurs.

Arbres à fleurs

Bougainvillier. Arbuste aux longues tiges couvertes de fleurs rouge violacé. Originaire d'Amérique, son nom vient de celui du navigateur et écrivain français Bougainville, qui fit le tour du monde dans les années 1760.

Cassier. Acacia aux petites fleurs jaunes ou roses très parfumées, de la famille des mimosacées.

Flamboyant. Arbre typiquement africain, aux belles fleurs rouges, de la famille des césalpiniacées légumineuses (fruits sous forme de gousses), comme l'arbre de Judée ou le caroubier.

Frangipanier. Arbuste aux fleurs blanches à coeur jaune, très odoriférantes.

Hibiscus. Arbuste à fleurs mauves.

Jacaranda. Grand arbre aux nombreuses fleurs mauves, dont le bois, appelé palissandre, est très apprécié en ébénisterie.

La mangrove

La mangrove est un milieu spécifique des régions côtières intertropicales : des zones difficilement pénétrables d'arbres palétuviers, avec leurs racines en formes d'arcades et pneumatophores (c'est-à-dire qu'elles regerment hors du sol pour respirer lorsque l'arbre est envasé), et leurs graines qui germent sur l'arbre même en donnant une plantule en forme de flèche.

Ces palétuviers poussent dans le sable et le limon des marées, et de nombreux organismes s'y développent : larves, insectes, jeunes poissons, oursins, vers, mollusques, crabes et autres crustacés, ainsi que des oiseaux en quantité, des serpents et des singes. La mangrove constitue un écosystème assez protégé, et une néanmoins bonne source de bois et de nourriture pour les habitants des environs.

Autres arbres
<p>Parc National du Serengeti</p>

Parc National du Serengeti

Acajou, cacaoyer, calebassier, karité (dont les graines produisent une matière grasse d'usage culinaire et cosmétique), eucalyptus (arbre importé d'Australie en Afrique de l'Est, connu pour son odeur agréable et utilisé en construction pour sa haute taille et sa facilité à pousser), néré (mimosacier dont la médecine traditionnelle utilise les graines et les racines), gommier (en brousse), teck, badamier (arbre ornemental dont on utilise aussi le bois en menuiserie), arbre à pain (ou artocarpe, jaquier, originaire d'Asie tropicale, dont l'énorme fruit composé d'amidon doit être cuit pour être mangé), arbre à farine (au fruit rouge).

Adresses Futées de Tanzanie

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