3,7 millions d’année

Le peuplement originel, les koïsan dans la vallée d’Olduvaï

C’est dans la vallée du Rift, de l’Ethiopie à la Tanzanie, que seraient apparus les premiers Hommes. Ici ont été découvertes entre autres les empreintes fossiles de pas de Laetoli (3,7 millions d’année), à Olduvaï, mais aussi le crâne de l’Australopithecus zinjanthropus (1,8 million d’années) – de Zinj, le nom arabe de la côte d’Afrique de l’Est –, toujours à Olduvaï. Le National Museum, à Dar es Salaam, rassemble l’essentiel des vestiges archéologiques. La région de Kondoa est renommée pour ses peintures rupestres de l’âge de pierre. Actuellement vivent toujours ceux qui sont considérés comme les descendants directs de l’homo habilis. Ce sont les Khoisan, cousins des Bushmens du Kalahari, avec qui ils partagent leur langage à clics. Deux groupes coexistent : les Sandawe au sud, près de Kondoa, et les Watindiga, ou Hadzabe, sur la rive du lac Eyasi, dans des habitations troglodytiques. Les Sandawe vivent de l’élevage, alors que les Watindiga de la chasse à l’arc et la cueillette (racines, tubercules, baies et miel…). Ils sont petits, ont le teint plutôt clair, les traits fins et le visage très rond.

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3000 ans av. J.C

Le peuplement couchite par le nord-ouest

Un deuxième peuplement se réalise à partir de 3 000 ans avant notre ère, celui des Couchites. Ce peuple de pasteurs, mentionné par la Bible (Kush est l'un des quatre fils de Cham, fils de Noé), introduit l’élevage bovin en Afrique de l’Est et la culture du millet. Ils se sédentarisent rapidement, notamment dans la région de Karatu. Organisés en classes d’âge, ils pratiquent la circoncision. Ils ne travaillent pas le fer, mais la pierre polie. Ces peuples noirs, les Iraqw et les Burungi d’aujourd’hui, sont proches des Somalis et de certaines ethnies couchitiques du sud de l’Éthiopie, du Soudan (Barabra et Galla) et aussi du sud de l’Égypte et de l’Arabie. Les anciens Couchites l’occupèrent sans doute à un moment de leur histoire, avant de devoir la quitter sous la pression de nouveaux arrivants (Maasaï ou Tatog).

1000 ans av. J.C

Le peuplement massif des Bantous par l’ouest

Il dure deux siècles jusqu’à l’an 1 000 ap. J.-C.. Les Bantous, à la peau plus foncée, sont arrivés massivement par les actuels Burundi et Rwanda, en passant entre les lacs Tanganyika et Victoria. Ils étaient agriculteurs et connaissaient assez bien la métallurgie, qu’ils introduisent alors dans l’actuelle Tanzanie. Les montagnes offraient des versants fertiles, propices aux cultures. Les Bantous apportent céréales, vêtements, bijoux de perles et outils en métal. Ils fondent quelques royaumes rassemblant une centaine de tribus et assimilent les Khoisans et Couchites (les Bantous représentant 90 % de la population), chacune avec un chef à sa tête. La cité d’Engaruka, en ruine depuis 300 ans, entre Natron et Manyara, date de l’âge de fer. Seules les montagnes permirent la survivance de petits groupes isolés autochtones, notamment les Hadzabe.

500 ans av. J.-c

Les comptoirs côtiers des marchands arabes et orientaux

Dès l’Antiquité, les premiers visiteurs arabes débarquent sur la côte swahilie pour faire du commerce par troc. Cette dernière était baptisée par les géographes arabes médiévaux Zinj, ou Zanj (« le pays des Noirs »). Le nom de Zanzibar en a gardé l’étymologie. Des marchands de la péninsule arabique, notamment du Yémen et d’Oman, de Phénicie, d’Inde, du golfe persique et d’Égypte achètent alors ivoire, bois précieux, copal, gomme, or, peaux d’animaux, parfums et esclaves. Ptolémée, géographe grec d’Alexandrie (IIe siècle ap. J.-C.), décrit ces habitants comme grands et de peau foncée. A la même époque, un manuel destiné aux navigateurs de commerce, Le Périple de la mer Erythrée, mentionne la présence de commerçants arabes installés sur la côte et mariés à des femmes africaines. L’influence musulmane prend un caractère de plus en plus dominant, en particulier au IXe siècle. Le métissage avec les Bantous donne naissance au peuple et à la culture swahilis. 

XIIe siècle

La colonisation perse du Zanj

Au Moyen Age, les Perses shirazi s’installent massivement sur la côte et font du commerce avec l’intérieur du continent, faisant remonter leurs caravanes jusqu’au-delà des Grands Lacs. Ils construisent en particulier Kilwa au sud du pays, mais des ruines sont visibles sur toute la côte, en particulier à Zanzibar et Pemba. Les Perses shirazi ne s’attendent, à cette époque, pas du tout à l’arrivée d’une puissance étrangère concurrente et, a fortiori, venue d’aussi loin. En outre, s’étant eux-mêmes facilement imposés aux tribus africaines, leurs constructions étaient bien davantage des palais que des forteresses.

XVe siècle

L’invasion Ngoni par le sud, à portée limitée

Les Ngoni, guerriers féroces, d’origine bantoue, venus d’Afrique australe à travers l’actuelle Zambie, et apparentés aux Zoulous et Xhosas d’Afrique du Sud, envahissent brutalement le sud de l’actuelle Tanzanie. Ils ont le temps d’écraser quelques tribus bantoues, avant d’être arrêtés à l’est par les Yao et au nord par les Hehe, ethnies beaucoup plus fortes en nombre et tout aussi grégaires. Ils sont installés aujourd’hui sur des terres fertiles, dans la région de Songea, près de la frontière avec le Mozambique, où ils s’adonnent principalement à la culture du thé.

1498

L’explorateur portugais Vasco de Gama accoste en Tanzanie

Sur la côte, à Zanzibar, Pemba et Kilwa, les Portugais s’imposent sans difficulté. Les navigateurs portugais décrivent la côte et les îles comme impressionnantes de fertilité et d’opulence. En 1587, les Portugais, trop peu nombreux et trop éloignés de leurs bases, sont massacrés par les habitants de Pemba. Vers 1690, Fatuma (métisse d’ascendance shirazi-africaine) devient reine de Zanzibar, mais reste loyale aux Portugais. Ceux-ci seront finalement battus huit années plus tard, par une flotte de 3 000 hommes envoyée par l’imam de Mascate (Oman), et devront se replier jusqu’au Mozambique.

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XVIe siècle ap. JC

Le peuplement nilotique par le nord

Le peuplement le plus tardif est dû à l’arrivée assez belliqueuse de pasteurs et de guerriers en provenance du haut Nil (actuel Soudan), de langue nilo-sahariennes : les Tatogs et les Maasaïs. Leurs armes se composent d’un casse-tête fabriqué avec une racine d’acacia, d’une lance et d’un long couteau ressemblant aux glaives romains (qui ont colonisé la vallée du Nil), complété d’un bouclier en peau de buffle. Ils sont grands, ont les traits fins, et le regard fier. Leurs adversaires les appellent Barabaig ou Wamangati (les hommes courageux). Après avoir assez facilement repoussé les populations pacifiques, les Tatogs et les Maasaïs s’affrontent férocement, pour la domination de Ngorongoro et Serengeti. Les Tatogs sont finalement repoussés au sud, au mont Hanang (3 417 m) entre Arusha et Dodoma. Les Wa-Arusha, qui habitaient la ville éponyme, sont apparentés aux Maasaïs, bien qu’ils soient sédentarisés et soient devenus cultivateurs, métissés avec les bantous Meru de cette région.

XVIIIe siècle

Le sultanat omanais et l'esclavagisme

Cette nouvelle colonisation vient de l’Arabie méridionale, spécialement d’Oman. L’esclavage prend alors son ampleur maximale. De cette époque, jusqu’à son abolition officielle en 1873, on estime à plus de 1,5 million (dont 600 000 entre 1830 et 1873) le nombre d’esclaves emmenés de l’intérieur des terres ou capturés sur la côte, sans compter ceux qui meurent en chemin. Les besoins des Omanais dans la péninsule arabique, à Zanzibar et Pemba, des îles colonisées par les Européens dans l’océan Indien (Moluques, Seychelles, Maurice et Réunion), sont immenses. Un grand marché officiel est même ouvert en 1811 à Zanzibar. Deux routes caravanières arrivent de l’intérieur du continent : l’une du bassin du Zambèze, en passant par les rives nord du lac Nyasa (ou lac Malawi), jusqu’à Kilwa ; l’autre du lac Victoria, par Tabora, jusqu’à Bagamoyo (au nord de Dar es Salaam). Au XIXe siècle, les premiers explorateurs et missionnaires attirent l’attention des États européens sur les proportions prises par la traite des esclaves en Afrique de l’Est, et les sultans doivent peu à peu céder aux Occidentaux. Mais, malgré son abolition officielle, l’esclavage continue jusqu’au début du XXe siècle illégalement, orchestré par les Omanais qui, malgré l’acceptation un peu forcée des règles britanniques, continuent d’envoyer clandestinement des esclaves sur la Péninsule. 

1886

La conférence de Berlin, début de la colonisation allemande

Des sociétés de commerce allemandes commencent à s’établir dans le pays, en signant des accords avec les chefs de certaines tribus locales (il s’agit bien souvent de traités d’amitié signés en allemand avec des chefs illettrés...). Les accords germano-anglais de la conférence de Berlin, en 1886, donnent naissance à l’Afrique orientale allemande (Deutsch Ostafrika), qui englobe le Tanganyika (y compris le Kilimandjaro cédé par la reine Victoria à son neveu le kaiser Guillaume), ainsi que le Rwanda et le Burundi. Zanzibar et Pemba, sous protectorat britannique, restent aux mains des sultans.

1894

La première révolte menée par le chef Mkwawa

Les nouveaux arrivants se heurtent à une forte résistance de plusieurs ethnies, en particulier les Hehes de la région d’Iringa et les Nyamwezis vers Tabora. En 1894, ils s’allient avec un Arabe puissant, Rumaliza, qui a été battu au Congo par les Belges et s’est installé à Ujiji (sur le lac Tanganyika) avant d’en être chassé par les Allemands. En 1894, plusieurs milliers de soldats sous le commandement de von Prince assiègent la place forte de Kalenga. Le chef Mkwawa peut cependant s’échapper, et mène alors une guérilla pendant quatre ans. Les affrontements se poursuivent, jusqu’à ce que, traqué, affamé, et sentant la cause de son peuple perdue, Mkwawa se suicide, en juillet 1898, dans le Ruaha. Sa tête, mise à prix, est tranchée par un Allemand et emportée en Allemagne au musée ethnologique de Brême, où elle reste conservée avec 200 autres, dont 53 de la Deutsch Ostafrika, jusqu’à sa restitution, en juin 1954, grâce aux efforts du gouverneur britannique Twining. Von Prince, lui, meurt à Tanga en 1914.

En 1897 commence la grande épidémie de peste bovine, qui décime les troupeaux de la plupart des ethnies pastorales, notamment des Maasaïs, en provoquant de très graves famines. De 1905 à 1906 a lieu une autre grande révolte, au sud de Dar es Salaam, connue sous le nom de maji maji, à laquelle prennent part les tribus du sud du Tanganyika, armées seulement d’arcs et de lances. Elle est très violemment réprimée : 75 000 personnes meurent, dont un grand nombre de famine, suite à la politique de terre brûlée menée par les Allemands qui incendient champs et greniers. Tous les chefs sont exécutés. La tête de Songea, le chef Ngoni qui donna son nom à la ville, est expédiée en Allemagne comme celle de Mkwawa, mais n’a pas été retrouvée. Les Allemands construisent deux lignes de chemins de fer : la ligne joignant Tanga (dans le nord de la côte) à Moshi (au pied du Kilimandjaro), achevée en 1911, et la ligne centrale, de Dar es Salaam à Kigoma, sur le lac Tanganyika, qui atteint d’abord Tabora en 1914. Pendant la Première Guerre mondiale, en 1916, les Alliés reprennent Tabora, jusque-là capitale de guerre des Allemands.

1919

Traité de Versailles, début de la colonisation britannique

La période de 1919 à 1961 est celle d’un relativement important développement économique. On procède à la mise en place des infrastructures (ponts, route, écoles hôpitaux,…), mises en culture en vue de mieux nourrir la population (maïs, céréales) et exporter (café, coton, sisal). La société traditionnelle africaine se trouve alors bouleversée par l’irruption du christianisme et du capitalisme qui, en monétarisant les échanges, change également les relations intertribales. Certains, dont les Maasaïs, resteront résolument à l’écart de cette évolution. Des familles de colons s’installent et investissent dans de grandes plantations, de très nombreux Grecs, dès le début des années 1920, des Indo-Pakistanais bâtisseurs. De plus, en faisant administrer le pays par des gens venus de l’extérieur, on limite le risque d’apparition de velléités d’indépendance de la part d’une élite créée localement, ou celui de domination d’une ethnie sur les autres. A la fin de l’administration britannique, beaucoup se reconvertissent dans des activités commerciales.

1961

L’indépendance du Tanganyika

En 1953, Julius Nyerere, enseignant né en 1922, ayant effectué ses études supérieures à Edimbourg, converti au catholicisme et rallié aux idées indépendantistes et socialistes, prend, à 31 ans, la direction de la TAA, qu’il transforme en Tanganyika African National Union,  au slogan de « Uhuru na Umoja » (Liberté et Union). Après avoir remporté les élections haut la main, il obtient de la Grande-Bretagne l’indépendance du Tanganyika, le 9 décembre 1961, sans que soit versée une goutte de sang. En 1962, il devient le premier président de la République. Le 10 décembre 1963, Zanzibar obtient son indépendance, mais reste contrôlé par deux partis initiés par les Britanniques, le tout au sein d’une monarchie constitutionnelle à la tête de laquelle siège le sultan arabe d’Oman. Créé en 1957, l’Afro Shirazi Party, qui représente la majorité des habitants de l’archipel, dont les descendants d’esclaves et les ouvriers des champs et des docks, recueille à chaque élection le plus grand nombre de votes, sans jamais arriver au pouvoir. En janvier 1964, son leader Karume, assez radical, déclenche une sanglante révolution, qui fera environ 10 000 morts  à Zanzibar, principalement chez les conservateurs arabes et indiens. Trois mois plus tard, le 26 avril 1964, le Tanganyika et Zanzibar fusionnent en un Etat unique et souverain, qui portera le nom de République unie de Tanzanie.

Le 5 février 1967

Déclaration d’Arusha et arrivée du socialisme

Nyerere proclame la doctrine du socialisme à l’africaine jusque dans les années 1980. Il nationalise les banques, les compagnies d’assurance, les industries, de grandes fermes et décentralise l’administration. La déclaration d’Arusha est fondée sur le principe de l’Ujamaa, mélange de solidarité traditionnelle africaine d’affirmation de la propriété commune des biens, du respect des décisions communautaires et de l’obligation morale de chacun de travailler. Le Human Resource Deployment, en 1974, impose à tous les hommes inactifs des villes de partir travailler à la campagne en leur accordant des terres. Sur le modèle chinois, 800 villages collectifs sont créés. De 1973 à 1976, 9 millions de personnes sont déplacées en famille. Résultat : la production agricole plonge, et la production manufacturière ne décolle pas.

En 1967, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie s’unissent au sein de la East African Community. Mais, peu à peu, des divergences apparaissent entre la Tanzanie socialiste et liée à la Chine, et le Kenya, lié aux Occidentaux. Les tensions sont si fortes pendant la guerre froide que la frontière est fermée de 1977 à 1983. La crise frontalière avec l’Ouganda (le dictateur Amin Dada avait alors envahi une bande de terre tanzanienne déclenchant une guerre vers Bukoba), le choc pétrolier et la baisse du cours du café entraînent une pénurie des biens de consommation dramatique. Le pays souffre d’un déficit commercial catastrophique. En avril 1972, le cheikh Abeid Karume, président de Zanzibar, est assassiné. En 1977, dans un climat de volonté séparatiste, de corruption croissante et d’asphyxie économique, l’Afro Shirazi Party (Zanzibar) et le TANU fusionnent en formant le Chama Cha Mapinduzi (CCM), ou Parti de la révolution, consolidant ainsi l’union de la République. Le parti tient les rênes du pouvoir, tant national que local, et son appareil est impressionnant : un délégué pour dix foyers. Ce contrôle et cette répression, lors de laquelle le pays a compté quelques prisonniers politiques, ont sans doute été la cause de l’échec de la politique généreuse de Nyerere. 

Les années 1980

Changement de cap économique

La collaboration politique avec la Chine comporte également un volet économique qui se traduit par la construction en 1975 de la ligne de chemin de fer Tazara (Tanzania Zambia Railway) de Dar es Salaam, jusqu’à la Zambie. Son PNB par habitant place la Tanzanie parmi les huit pays les plus pauvres du monde. Mis à part le secteur du tourisme et quelques programmes d’aide internationale, il y a eu très peu d’investissements directs occidentaux. Prenant conscience du manque d’effet de sa politique économique, Nyerere infléchit les mesures dirigistes impliquées par l’Ujamaa dès les années 1980. En 1985, après avoir quand même gardé le pouvoir pendant 24 ans, Nyerere ne se représente pas à l’élection présidentielle.

Julius Nyerere, père de la nation

Avec le Sénégalais Senghor, c’est l'un des rares chefs d’État africains à avoir choisi de se retirer, et à ne pas s’être enrichi en profitant de ses pouvoirs. Jusqu’à sa mort, il était appelé affectueusement mwalimu (« le maître ») par beaucoup de Tanzaniens et reconnu pour sa grande simplicité. Favorable tardivement au capitalisme social, défendant à la fin de sa carrière d’abord la paix, la santé, l’éducation et la cohésion nationale, la difficulté avait été pour lui de trouver un modèle économique valable pour une économie traditionnelle, qui n’avait pour elle, dans les années soixante, que le sisal, et seulement 120 diplômés d’université lors de l’indépendance. En matière de politique extérieure, Nyerere a pris parti pour des positions fondées sur l’unité, la liberté et l’indépendance des pays africains, qui ont donné à la Tanzanie une dimension diplomatique en Afrique de l’Est. Reconnu pour son pacifisme, Nyerere eut le grand mérite d’avoir su établir et maintenir la paix dans le pays. La Tanzanie est probablement l’un des pays les plus stables d’Afrique.

Octobre 1995

Les premières élections multipartites

Sans doute sous la pression des bailleurs de fonds internationaux ont eu lieu les premières élections multipartites en 1995. L’ancien parti unique les remporte haut la main. Benjamin Mkapa est élu président. 

2000-2020

L’élection présidentielle de 2000 sera très tourmentée : alors que Benjamin Mkapa est réélu à l’échelle nationale, le fils de l’ancien président assassiné et leader du CCM (Millennium Challenge Corporation), Amani Abeid Karume, est élu dans le même temps président de Zanzibar. Les dernières élections générales, qui se sont tenues en octobre 2015 et 2020, n’ont pas échappé au candidat du CCM, John Magufuli, né en 1959, ancien ministre des Travaux publics sous Kikwete. Surnommé tingatinga, le bulldozer en swahili, le président Magufuli multiplie les mesures contre la corruption et le gaspillage de l’argent public, annulant par exemple les festivités de l’Indépendance en 2015 ou renvoyant en 2017, 10 000 fonctionnaires nommés avec de faux diplômes. Autre mesure : la traçabilité de l’argent généré par les parcs nationaux. Ses opposants préfèrent pointer certaines dérives autoritaires comme le détournement de la loi contre la cybercriminalité pour museler les réseaux sociaux ou la législation sur les médias, jugée liberticide. 

2020

Mort de Magufuli, sa vice-présidente Samia Suluhu Hassan le remplace

Sa négation très médiatique du Covid-19 a attiré l’attention internationale juste avant sa mort brutale en 2020, officiellement d’une attaque cardiaque, mais du Covid-19 selon l’opposition. Sa vice-présidente Samia Suluhu Hassan est actuellement chef du gouvernement, dans un climat de stabilité du pays.

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