Le site de Rocamadour est grandiose. Le canyon de l'Alzou, petite rivière intermittente, a entaillé une immense faille dans le plateau calcaire formant le Causse de Gramat. L'homme a trouvé refuge en ces lieux dès le Paléolithique supérieur. La beauté sauvage du site, propice à la contemplation, favorisa probablement la présence d'un ermitage autour d'un modeste oratoire à la Vierge protégé par l'abri sous roche formé par la falaise et mentionné pour la première fois dans les textes au tout début du XIe siècle. Un siècle plus tard, savamment orchestré par les vicomtes de Turenne et leurs protégés, les abbés de Tulle, un pèlerinage à la Vierge prenait un essor exceptionnel...

Le petit oratoire avait été donné par l'évêque de Cahors Déodat à l'abbaye de Marcilhac-sur-Célé et un moine était chargé d'entretenir le site. Agé, lassé par les distances à parcourir, il commit l'imprudence de confier la besogne à un moine de Mayrinhac-le-Francal*, prieuré tout proche de Rocamadour mais dépendant de l'abbaye Saint-Martin de Tulle en Corrèze. Le lieu convoité était enfin à la portée des abbés de Tulle ! Rien ne pouvait plus les arrêter, pas même le long procès avec les moines de Marcilhac, pas même le pape qui, au contraire, abonda dans le sens de l'abbaye limousine en leur confirmant par deux fois en 1105 et 1115 la possession de " l'église de la bienheureuse Vierge Marie ". On doit aux abbés de Tulle, et particulièrement à l'abbé Géraud d'Escorailles, le développement et l'organisation du pèlerinage mentionné pour la première fois en 1112. Pressentant un pèlerinage d'envergure internationale, il fit construire dans la seconde moitié du XIIe siècle une véritable cité religieuse. Il s'appuya sur l'abbaye cistercienne d'Obazine pour fonder des " granges " nécessaires à l'approvisionnement alimentaire de la cité et ses successeurs suscitèrent la fondation d'hôpitaux pour l'accueil et les soins des pèlerins. La " Providence " leur donna un sérieux coup de main à plusieurs reprises, en 1159 lorsqu' Henri II Plantagenêt se rendit en pèlerinage à Rocamadour, puis en 1166 lors de la découverte d'un cadavre intact sous le seuil de la chapelle de la Vierge... le corps d'Amadour dont on fera au fil des siècles le serviteur de la Vierge, le serviteur du Christ ou Zachée ! Enfin en 1172, parut le Livre des Miracles de Notre-Dame, 126 miracles rédigés par un moine anonyme dont le récit se répandit dans toute la chrétienté. Les pèlerins affluèrent, non seulement de France, mais aussi d'Angleterre, des Flandres, d'Allemagne, d'Espagne, d'Italie et même des pays du Proche-Orient. Expiatoire, le pèlerinage est aussi royal ; y viendront Henri II Plantagenêt, Saint-Louis, Philippe IV le Bel et bien d'autres têtes couronnées apportant, à n'en pas douter, les dons nécessaires à la construction ou à l'embellissement des sanctuaires.

*Le village de Mayrinhac le Francal est à 5 km au nord de Rocamadour. Village paisible et préservé, il possède une extraordinaire église dont les bases remontent au milieu du XIe siècle et quelques maisons médiévales remarquables.

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