Guide de l'Ontario : Survol de l'Ontario

A l'est du Canada, un socle de roches cristallines part de l'Arctique et forme un véritable bouclier (Bouclier canadien) qui s'arrête à l'océan Atlantique, longeant au passage les riches " Basses-Terres " et les " Appalaches " de la côte est. La fonte des glaces a transformé cette région en une des plus grandes réserves mondiales d'eau douce. Avec ses 1 076 395 km², l'Ontario est la deuxième province du Canada en terme de superficie, après le Québec, soit plus grande que la France et l'Espagne réunies.

Géographie
<p>Les Mille-Îles (Thousand Islands).</p>

Les Mille-Îles (Thousand Islands).

Le mot iroquois Skanadario, qui signifie " beau lac ", décrit bien la province étant donné que l'Ontario compte quelque 250 000 lacs et que l'eau recouvre environ 1/6e de sa superficie totale. L'Ontario, la plus peuplée des provinces canadiennes, est bordé à l'est par le Québec, à l'ouest par le Manitoba, au nord par la baie James et la baie d'Hudson, et au sud par le fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs. Le Bouclier canadien recouvre près des deux tiers de la province. C'est un vaste plateau rocheux riche en minéraux, forêts et lacs. Le sol y est peu propice à l'agriculture. Le nord occupe 90 % de la superficie totale de la province, mais n'abrite que 10 % de la population. L'Ontario bénéficie de la présence sur son territoire de quatre Grands Lacs : les lacs Supérieur, Erié, Ontario et Huron. Le lac Supérieur est le plus grand lac d'eau douce au monde tandis que l'île Manitoulin, lieu sacré pour les autochtones, est la plus grande île en eau douce au monde avec une superficie de 2 766 km2. En empruntant les cours des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent, les rivières du sud de l'Ontario se déversent dans l'Atlantique, tandis que celles du nord de la province se jettent dans la baie James et la baie d'Hudson. A la croisée des chemins de trois grandes rivières de l'Ontario (Gatineau, Rideau et des Outaouais) se trouve Ottawa, la capitale nationale du Canada, tandis que la capitale de la province de l'Ontario, Toronto, se situe face au magnifique lac Ontario.

Le système des Grands Lacs

Toronto est située sur les rives du lac Ontario, au coeur de la région des Grands Lacs. Considérés comme l'une des plus grandes réserves d'eau douce du monde, les Grands Lacs couvrent environ 246 050 km2, c'est-à-dire une surface presque égale à la moitié de celle de la France. Les cinq Grands Lacs (Supérieur, Michigan, Huron, Érié et Ontario) sont implantés à la frontière des États-Unis et du Canada (à l'exception du lac Michigan, situé entièrement aux États-Unis).
Entouré de milliers de lacs plus petits et d'un réseau complexe de canaux, cet ensemble est considéré comme le berceau historique et économique du pays. Les échanges commerciaux sont facilités vers l'est, grâce à la voie maritime du fleuve Saint-Laurent, mais aussi vers le sud des États-Unis grâce aux fleuves affluents des Grands Lacs. Les lacs sont aussi une importante source d'hydroélectricité et des lieux favorables au développement de l'agriculture. Profitant d'un climat unique, offert par " l'effet de lac " qui tempère les températures saisonnières, les espaces situés à proximité des lacs jouissent de terres agricoles fertiles, de vergers et de vastes vignobles.

Climat

La présence de masses d'eau au nord et au sud offre à l'Ontario un climat tempéré dans le sud et subarctique dans le nord. Les écarts de température entre le jour et la nuit y sont réduits. Les hivers sont moins froids que dans le reste du pays (hormis le sud-ouest de la Colombie-Britannique, notamment sur la côte Pacifique, avec ses hivers quasi inexistants), et l'été est chaud. On observe les températures les plus basses en janvier et février et les plus hautes en juillet et août. A la frontière québécoise, la température moyenne au coeur de l'hiver est de -10 °C, tandis qu'elle gagne quelques degrés dans le sud-ouest de la province. En été, le thermomètre indique régulièrement plus de 20 °C, voire au-delà de 30 °C dans le sud-ouest. Toutefois, les écarts de température sont très marqués dans le nord de la province.
Tout au long de l'année, la rencontre d'air froid venant du nord et d'air chaud et humide en provenance du sud provoque des périodes de précipitations sous forme de pluie ou de neige. La quantité annuelle de précipitations varie selon les régions. Les chutes de neige les plus abondantes surviennent dans un corridor à l'intérieur des terres, qui s'étend de la baie Géorgienne à la rivière des Outaouais.

Environnement – écologie

De nos jours, compte tenu de la multiplication et de l'internationalisation des atteintes, les effets de la pollution sont durables, la reconstitution des milieux et des équilibres naturels est difficile, et les bonnes volontés doivent affronter les pouvoirs politico-économiques. Le gouvernement qui fut au pouvoir de 2006 à 2015, le Parti conservateur du Canada, se détachait d'ailleurs des objectifs de Kyoto et la protection de l'environnement ne faisait absolument pas partie de ses priorités. A Copenhague, en décembre 2009, son inaction lui a d'ailleurs valu le " Prix fossile de l'année ", mention décernée par un regroupement d'organisations non gouvernementales réunies à l'occasion de cette conférence internationale. Valorisation de l'industrie des sables bitumineux, retrait du protocole de Kyoto, projets de loi allant à l'encontre de la sauvegarde des différentes milieux, etc., et ce n'est qu'un bref aperçu de ce mandat conservateur.
Mais le Parti conservateur a perdu les élections fédérales d'octobre 2015 au profit d'un gouvernement libéral majoritaire, dirigé par Justin Trudeau. On s'attendait donc à des bonnes nouvelles en matière de protection de l'environnement au cours de son mandat. Un de ses premiers gestes en la matière fut de participer à la COP21, la Conférence de Paris sur le climat, qui s'est déroulée du 30 novembre au 12 décembre 2015. Lors de son allocution, Justin Trudeau s'est même exclamé " Canada is back, my friends ! " (" Le Canada est de retour chers amis ! "). Tous les participants, incluant le Canada, ont signé un accord international sur le climat, applicable à tous les pays et fixant comme objectif une limitation du réchauffement mondial entre 1,5 °C et 2 °C d'ici 2100.
Le gouvernement Trudeau s'est fixé plusieurs objectifs lors de la campagne électorale. Certaines de ses promesses se sont déjà concrétisées telles le réinvestissement de 40 millions de dollars aux programmes de recherche océanographique et de surveillance des océans menés par le gouvernement fédéral, et le rétablissement du financement annuel de 1,5 million de dollars accordé à la recherche sur l'eau douce. Plusieurs autres engagements sont également en cours. Toutefois, il a rompu sa promesse concernant l'élimination des subventions accordées à la production de combustibles fossiles. Cela nous ramène directement au fameux pétrole des sables bitumineux de l'Alberta, soit la production de bitume brut qui entraîne un impact des plus néfastes sur l'environnement et les écosystèmes. Depuis plusieurs années, l'industrie pétrolière cherche à exporter ce type de pétrole avec divers projets de pipelines : Keystone XL (reliant l'Alberta au sud des États-Unis ; projet rejeté définitivement le 6 novembre 2015 par Barack Obama mais approuvé par les administrations Trump et Trudeau en 2017), Trans Moutain (reliant l'Alberta à l'État de Washington ; refus formel de la part du gouvernement provincial de la Colombie-Britannique, mais malheureusement approuvé par le gouvernement Trudeau en novembre 2016), Northern Gateway (reliant l'Alberta à Kitimat en Colombie-Britannique ; projet rejeté par la Cour fédérale en juin 2016, soulignant le manque de consultations des Premières Nations de la côte Ouest), et Énergie Est (reliant l'Alberta au Nouveau-Brunswick sur 4 500 km ; projet finalement abandonné par l'entreprise TransCanada). Et c'est sans compter le prolongement de la canalisation 3 d'Enbridge entre l'Alberta et le Wisconsin. La partie n'est donc pas gagnée et espérons que Justin Trudeau respectera les ententes de la COP21 et mettra un frein à cette exploitation parmi les plus polluantes de la planète.

Parcs nationaux
Parcs provinciaux de l'Ontario
<p>Couleurs d'automne dans le parc provincial Algonquin.</p>

Couleurs d'automne dans le parc provincial Algonquin.

Parcs nationaux du Canada
Faune et flore
<p>Bernache du Canada sur la rivière des Outaouais.</p>

Bernache du Canada sur la rivière des Outaouais.

Dans le sud de l'Ontario, région la plus peuplée de la province, s'étend la forêt nordique de feuillus. Ce milieu naturel assez rare constitue une étroite frontière entre la forêt tempérée et la forêt de conifères, mais sa composition est cependant variée et hétérogène. Sur les sols pauvres poussent le pin blanc et le chêne. Sur les sols riches des hautes terres, qui sont souvent devenus agricoles, poussent des bois durs, l'érable à sucre, le hêtre à grandes feuilles, le bouleau, ainsi qu'un bois mou, la pruche. Sur les basses terres humides poussent l'orme, le frêne, l'érable rouge et le thuya. Plus on monte en latitude, plus les conifères se mélangent aux feuillus, et déjà dans la forêt nordique abondent le sapin baumier et l'épinette. C'est la forêt de feuillus qui, en automne, s'embrase : les feuilles prennent avant leur chute des couleurs enchanteresses. Le cerisier de Pennsylvanie, l'érable rouge, le chêne rouge, la vigne vierge, le cornouiller stolonifère et le sumac se parent d'un rouge flamboyant. Le caryer cordiforme, le bouleau, le tremble, le tilleul d'Amérique, l'orme et le mélèze choisissent un jaune d'or lumineux. Partout l'érable à sucre brille, oscillant entre le rouge le plus ardent et le jaune le plus ensoleillé. Le hêtre à grandes feuilles et le chêne à gros fruits ajoutent à cette symphonie de couleurs leurs tons dorés ou cuivrés. Cette féerie atteint son apogée durant l'été indien, ce bref réchauffement de l'automne nord-américain. La forêt de feuillus abrite de nombreux écureuils. L'écureuil gris de l'Est, au pelage gris ou noir, à la grosse queue touffue qu'il utilise pour sauter d'arbre en arbre, est commun dans le sud de l'Ontario. L'écureuil roux, au pelage roux ou fauve, est plus petit et se rencontre aussi dans les conifères. Le suisse, petit écureuil rayé de noir et de blanc, habite les sous-bois broussailleux.

Au nord des Grands Lacs, la forêt de feuillus disparaît bien vite au profit d'une forêt mixte, puis les derniers érables font place à la taïga, la forêt boréale de conifères, qui recouvre la majeure partie de l'intérieur du Canada. En raison du froid, les arbres y poussent lentement, mais atteignent souvent de grands âges et de grandes tailles. Cette forêt est extrêmement touffue et difficilement pénétrable. L'eau ruisselle sur la roche imperméable du socle rocheux, si bien que le sol est spongieux et couvert de mousses épaisses. Le sous-bois y est pauvre, en raison de l'enneigement durant le long hiver, de la mauvaise qualité du sol, du peu de lumière que laissent passer les arbres, et, surtout, de l'appauvrissement naturel des sols à conifères. Ce milieu très humide abrite cependant des plantes à baies, comme la clintonie boréale, grande plante aux baies bleu vif, le quatre-temps aux baies rouges, dont les quatre feuilles rougissent en automne, la pimbina aux baies rouges et le thé des bois ou anisette, dont les petites baies blanches brillent au milieu d'épais tapis de mousses. On voit aussi dans le sous-bois de nombreux arbustes, souvent très broussailleux : framboisier, kalmias, rhododendron, bouleau nain. Des champignons poussent sur le sol et sur les arbres. Ces derniers sont presque uniquement des conifères : l'épinette noire, l'odorant sapin baumier, le mélèze laricin qui vit souvent en solitaire en marge de la grande forêt de sapins et d'épinettes et dont les aiguilles deviennent jaune d'or en automne. On trouve aussi les rares feuillus qui parviennent à pousser dans les régions nordiques, de moins en moins nombreux plus on monte vers le nord, souvent à l'état nain ou rampant : le bouleau dont le jaune d'or automnal orne la dominante vert sombre, le sorbier qui devient rouge flamboyant, l'aulne et le saule.

Dans le nord de la province, la taïga est le territoire de nombreux animaux. Un habitant caractéristique en est l'orignal, reconnaissable à ses larges andouillers. Le plus grand des cervidés se nourrit de brindilles, d'arbrisseaux, de feuilles et même d'écorce. Il s'abreuve dans les multiples lacs de la forêt, où il consomme aussi des plantes aquatiques comme les nénuphars. La forêt abrite d'autres cervidés, notamment le cerf de Virginie. Dans ces grands espaces, les prédateurs sont très dispersés. Le loup chasse l'orignal, mais aussi de nombreux petits mammifères et oiseaux, et régule utilement les populations de ces animaux. Le lynx du Canada, grand félin réputé pour sa vue mais aussi son ouïe, est étroitement lié aux populations de lièvres. Le renard roux est au contraire très répandu et a un régime alimentaire varié. La martre, de la famille des mustélidés, dont la fourrure varie du fauve au noir, est elle aussi omnivore et donc moins vulnérable que les prédateurs spécialisés. Il en est de même de l'ours noir, particulièrement friand de baies, et assez familier pour fouiller les poubelles et venir voler votre pique-nique sous votre nez ! Outre l'humidité omniprésente dans le sol, la taïga est sillonnée d'une infinité de plans d'eau, les uns un peu plus hauts que les autres, qui communiquent : c'est un jeu de lacs dont l'eau se déverse par niveaux de l'un à l'autre pour aboutir à des rivières, puis à la mer. Les innombrables rivières, souvent longues et larges, fonctionnent aussi comme des escaliers : de grandes étendues d'eau entrecoupées de rapides et de chutes. Lacs et rivières permettent l'existence de très nombreux milieux humides, étendues d'eau peu profondes liées au sol qui les accueille : étangs entourés de végétation, tourbières, marécages et marais d'eau douce ou salée. Ces milieux aquatiques accueillent, excepté les tourbières, une vie importante : poissons (truites, saumons, brochets, etc.), batraciens, insectes, innombrables oiseaux d'eau. L'animal le plus caractéristique en est le castor, qui se nourrit de brindilles, d'écorces, de bouts de bois, avec une prédilection pour le bouleau, ainsi que de plantes et de baies. Il nage remarquablement au moyen de sa large queue plate qu'il utilise comme un gouvernail. Ses longues incisives lui permettent de construire des barrages ou des digues, des canaux pour le transport du bois, et une hutte qu'il habite. Deux autres mammifères à fourrure, la loutre et le vison, sont eux aussi d'excellents nageurs.

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