Guide de Tanzanie : La Tanzanie en 40 mots-clés

Accueil

Les Tanzaniens sont extrêmement souriants et accueillent très gentiment les étrangers. De ce point de vue-là, ils auraient de grandes leçons à nous donner. Les habitants du Sud et des Grands Lacs sont particulièrement accueillants. Il vous arrivera fréquemment d'être invité à manger. Heureux de ces moments de partage, ils vous demanderont votre avis sur la Tanzanie, et ce sera le départ d'une série de questions sur votre pays. Les Tanzaniens sont curieux, et embarquent leurs hôtes dans d'interminables discussions.

Aventure

La tendance est aux safaris sous tente. Ceci s'explique par le fait que les lodges deviennent de plus en plus inabordables, en pratiquant des prix très élevés. Camper ne veut pas dire vivre dans la boue : les camps de base ont tous l'électricité, et des sanitaires. Les autres dits de luxe sont souvent plus chers que les lodges. Qu'importe, puisque vous êtes là pour le grand frisson, pour retrouver les grands espaces sauvages et vous endormir aux feulements des fauves. Vous entendrez sûrement des agences vous narrer avec délectation les nuits avec des animaux venant brouter et chasser tout proche du camp. Il n'est absolument pas question de sortir de sa tente ou de son véhicule sans l'autorisation d'un ranger armé.

Baignade

Incontestablement, les plus belles plages du pays se trouvent à Zanzibar et sur les bords du lac Tanganyika. A Zanzibar, des palmiers, une eau pure, chaude et transparente magnifiée par le soleil donnent l'impression d'être dans un décor de carte postale. Peu de dangers si vous restez derrière la barrière de corail. A marée basse, pour une partie de pêche à pied improvisée, attention toutefois aux oursins. Autant prévoir des sandalettes pour ne pas finir avec des épines dans la plante des pieds.

Les rivières sont habitées par des crocodiles, des hippopotames, et le courant est généralement assez fort. Quant aux lacs, ceux de l'intérieur sont salins et parfois bouillants et n'ont pas plus d'un mètre de profondeur. Les deltas des rivières sont souvent habités par de grands crocodiles. Le lac Victoria n'est pas fréquentable partout en raison de la pollution, ce qui est tout à fait regrettable. Néanmoins, certains coins à baignade sont accessibles. Au final, seuls les lacs Tanganyika et Nyasa ne posent pas de problème particulier. Quant aux piscines, seuls les hôtels de luxe en possèdent (comptez de 10 000 à plus de 20 000 TSH pour en profiter).

Big Five
<p>Lion et gazelles.</p>

Lion et gazelles.

Le Big Five (les " cinq plus grands ") est le cercle des animaux les plus respectés par les chasseurs d'autrefois : le lion, le léopard (le plus difficile de tous à observer), le buffle, l'éléphant et le rhinocéros. Si l'on rencontre ces cinq-là lors du safari, alors celui-ci sera réussi. Si l'on dit que ce sont les cinq animaux les plus dangereux, il faut y apporter une nuance car celui qui se montre le plus agressif et le plus meurtrier sur une année sur le continent africain n'est autre que l'hippopotame !

Campsites

Il existe deux sortes de campings d'Etat à l'intérieur des parcs nationaux tanzaniens, qui sont le plus souvent gérés par Tanapa (Tanzania National Parks). Les campings publics (public campsites) sont sommaires, avec des tables, des tentes, et des sanitaires (toilettes et douches). Ils coûtent 35 US$ la nuit par adulte et 5 US$ par enfant de plus de 5 ans. Autant vous dire tout de suite que ce n'est pas le grand luxe... La Tanzanie, si elle veut continuer son boom touristique, devra soigner ces sites. Les campings spéciaux (special campsites) sont un peu mieux équipés ; il vous en coûtera 60 US$ par adulte et 10 US$ par enfant. Pour un safari low cost, il n'y a pas le choix : ce sera la tente. Si on ajoute quelques dizaines de dollars, il y aura toutefois la possibilité de trouver un lodge, et c'est franchement mieux question confort ! Mais il faut savoir ce que l'on vient chercher : l'authentique nuit sous la tente ou le séjour en lodge, nettement moins aventureux...

Capitales

Dodoma, la capitale constitutionnelle, ne présente guère d'intérêt, ne possède aucune ambassade et finalement assez peu d'administrations, avec seulement le Parlement. Dar es-Salaam, plus richement dotée, est la véritable capitale. Grouillante, étouffante, sale, bruyante et dangereuse : elle a tout d'une mégalopole. On dit qu'elle est plus grosse que Nairobi, la capitale kenyane. Difficile de savoir le nombre exact d'habitants.

Il reste Zanzibar Town, autre capitale de l'archipel éponyme qui comprend également l'île de Pemba. C'est de loin la plus intéressante et la plus agréable. Pourquoi tant de capitales ? Le pays est l'union de deux états distincts, le Tanganyika et Zanzibar, dont la contraction des noms a donné Tan-Zan-ie. Cette union date du 26 avril 1964.

Clou de girofle

L'archipel de Zanzibar est l'un des premiers producteurs mondiaux de clou de girofle. Et pour être précis, les trois-quarts de cette production viennent de l'île de Pemba, pourtant plus petite que sa voisine Zanzibar. Fierté nationale donc, d'autant que si vous suivez la route des épices, on vous expliquera comment celle-ci est apparue sur l'île, et a traversé les siècles pour en devenir la principale richesse agroalimentaire. L'Histoire à travers celle du clou de girofle : il fallait y penser, et c'est très intéressant. Aujourd'hui, cependant, le clou de girofle a été supplanté par le tourisme en tant que première source de revenus de l'archipel.

Daladala

C'est le moyen de transport collectif le moins cher et le plus populaire. Même si l'on y est serré comme des sardines, n'hésitez pas à monter dans ces minibus incontournables dans le pays qui s'arrêtent à la demande ou selon un itinéraire invisible aux yeux des profanes. Attention à votre portefeuille et ayez le coeur bien accroché... En ville, les accrochages et les accidents sont rares. Sur les routes, en revanche, vitesse excessive, conduite déraisonnable et excès d'alcool sont davantage source d'accidents. Outre le taxi, les deux autres solutions de transport les plus prisés par les Tanzaniens sont le bajaj, un tricycle à moteur, et le picky-picky (ou boda-boda), plus communément appelé chez nous... moto-taxi.

Drogues

De l'herbe en provenance des campagnes ou de l'étranger (Ethiopie - Kenya), des drogues locales plus dures et assez terrifiantes... Les dealers attendent leur heure, même en pleine journée. Dites seulement que vous n'êtes pas intéressés, insistez au besoin et ils chercheront une autre cible. Les Tanzaniens n'ont heureusement pas tous les moyens de s'offrir ce luxe décadent de la société occidentale. On les voit cependant mâcher du khat, dans le Nord notamment. Ce qui peut leur faire perdre leurs dents.

Les tribus non bantou ont recours aux drogues à base de végétaux divers, de macération d'écorces, et dont le rôle est principalement curatif. La possession et la consommation de toute drogue illégale est sévèrement réprimée en Tanzanie, par des peines de prison et par de lourdes amendes. Nous vous laissons imaginer ce que peuvent être les prisons de Tanzanie, comme toutes celles d'ailleurs des pays d'un niveau économique équivalent. On y pratique en tout cas des travaux d'intérêt public...

Écotourisme

Ce mot prend tout son sens en Tanzanie. Des conférences en la matière sont régulièrement organisées dans le pays. Habitations non polluantes entièrement en matériaux naturels, activités touristiques organisées avec le souci de la protection de l'environnement : certaines compagnies et ONG ont toutes les raisons de privilégier cette forme de tourisme.

Leur implication ne concerne d'ailleurs pas que le tourisme puisqu'elles s'impliquent également au niveau de l'éducation des enfants en reversant un pourcentage de leurs bénéfices pour des constructions d'écoles. Elles tentent de faire comprendre le besoin de préserver toutes ces richesses naturelles.

La Tanzanie offre un tourisme cher et haut de gamme. Entre les billets d'avion et le safari, cette destination n'est pas à la portée de toutes les bourses. Le tourisme tanzanien est d'ailleurs " géré " en majorité par des Sud-Africains, des Indiens et des Occidentaux (Américains, Britanniques, Allemands, Italiens et Français surtout).

Épices

Tout pousse dans ces contrées, notamment sur l'archipel de Zanzibar, comme sur les îles voisines de l'océan Indien (Comores, Mayotte, Madagascar, Réunion, Maurice). L'aloe vera ou aloès est une vague cousine du cactus dont la sève très amère est appliquée par les autochtones pour stopper l'allaitement des nourrissons ; on s'en sert aussi en purgatif ou en teinturerie. La cardamome est une épice à la saveur poivrée utilisée sous sa forme mâle pour aromatiser le café ou le thé et sous sa forme femelle pour accompagner le riz pilaf. Les Zanzibaris la nomment la reine des épices car c'est celle dont ils usent le plus pour cuisiner.

Girafe et guépard
<p>Le guépard adulte vit environ 12 ans.</p>

Le guépard adulte vit environ 12 ans.

La girafe est le symbole du pays, et les Tanzaniens en sont fiers. Animal sociable, majestueux, élégant, pacifique, il est réellement intéressant d'en rencontrer une lors d'un safari à pied : on se sent tout petit ! Le guépard, lui, est l'animal terrestre le plus rapide du monde (120 km/h de vitesse de pointe). Taillé pour la course mais très peu endurant, il a de nombreux rivaux en Tanzanie comme les lions, plus forts, les léopards, plus vifs et agressifs, et les hyènes, plus nombreuses... Il est très difficile d'en observer durant la saison des pluies car contrairement au lion ou au léopard, il ne grimpe pas dans les arbres, mais disparaît dans les hautes herbes. Si vous pouvez l'apercevoir en juillet, vous avez des chances de le découvrir en famille avec une portée nouvelle : spectacle attendrissant garanti. Ces deux animaux sont souvent les deux préférés de bien des guides locaux, mais étonnamment, ils n'appartiennent ni l'un ni l'autre au Big Five.

Glaciers

Prenons de l'altitude et parlons de ces montagnes africaines. On sait que vingt sommets dépassent les 4 000 m en Afrique, et quatre seulement atteignent les 5 000 m. Du haut de ses 5 895 m, le Kilimandjaro possède le plus élevé des sommets continentaux (Uhuru Peak), mais aussi le troisième d'entre eux (Mawenzi Peak) à 5 148 m. Entre les deux se glisse le mont Kenya avec ses 5 199 m, qui a quasiment perdu toutes ses neiges éternelles. Ce qui ne saurait tarder pour le Kili, comme on le surnomme avec affection.

Le Kili est situé à l'intersection de la branche orientale du Rift et de la zone de fracturation qui la relie à la branche occidentale du Rift. Avec 4 566 m, le mont Meru, qui surplombe Arusha et est parfois enneigé, est le 3e de Tanzanie. Cette merveilleuse profusion de sommets se poursuit avec le 4e plus haut sommet du pays, le mont Hanang (4 317 m), dans les environs de Katesh.

Gorille

Non, il n'y en a pas en Tanzanie ! Il y a des babouins, des colobes rouges, des blue monkeys, des vervets appelés encore green monkeys et des chimpanzés (tout particulièrement dans les parcs des Mahale Mountains et du Gombe Stream), mais pas de gorilles. Il est toutefois possible d'aller les observer au Rwanda, en Ouganda ou en RDC.

Si certains d'entre vous veulent compléter leur safari-photo avec la rencontre d'animaux à fort charisme, il faut frayer dans les eaux de l'océan Indien où il est possible de nager avec des dauphins, des tortues géantes, et de rencontrer des raies manta...

Grands Lacs

Victoria, Tanganyika, Nyasa, Manyara, Rukwa, Natron, Eyasi... Autant de lac naturels remarquables par leurs caractéristiques. Le lac Victoria est le plus grand lac du continent africain et le deuxième au monde ; le Tanganyika est le plus long au monde et le second plus profond. Avec le lac Nyasa, ils forment les trois plus grands lacs d'Afrique, avec le fait de se jeter dans trois mers différentes (respectivement la Méditerranée, l'Atlantique et l'océan Indien). Seule la Tanzanie a accès à ces trois lacs. Les autres pays riverains (Kenya, Ouganda, Burundi, République démocratique du Congo, Zambie, Mozambique et Malawi) ne bordent qu'un seul des trois. Si vous cherchez le lac Nyasa sur une carte, vous risquez de ne pas le trouver car seuls les Tanzaniens l'appellent ainsi : le reste du monde le nomme lac Malawi.

Hatari

Hatari, qui signifie danger en kiswahili, est le titre du film le plus connu célébrant la Tanzanie. Réalisé en 1962 par l'Américain Howard Hawks, l'auteur de Rio Bravo, il a été tourné sur les pentes du Mont Meru, dans le Parc national d'Arusha. John Wayne en était la vedette. Il raconte l'histoire d'aventuriers des années 1950 qui capturent des animaux sauvages dans les environs d'Arusha pour des zoos occidentaux. L'acteur Harry Kruger, le rival allemand dans le film, trouva la région si belle qu'il acheta une magnifique demeure sur les pentes du Kilimandjaro. Il la fréquenta régulièrement entre chacun de ses tournages jusqu'à sa mort. Mais pour le grand public, le film qui représente le mieux la savane sauvage, c'est évidemment Out of Africa (1986), le film de Sidney Pollack tiré de l'oeuvre de Karen Blixen, La Ferme africaine, avec Robert Redford et Meryl Streep dans les premiers rôles.

Jambo, poa !

Dès votre arrivée, les Tanzaniens ne vous louperont pas... Vous aurez droit à des " Jambo, vipi ? " à tous les coins de rue. Autant savoir dès à présent ce que cela signifie : " Bonjour, comment allez-vous ? " C'est la marque de l'hospitalité nationale. Même si vous utilisez l'anglais pour vous exprimer, il est bon de parler un tant soit peu kiswahili, la langue nationale tanzanienne. A ce Jambo, il faut répondre " Nzuri (ou Poa), asante sana ! ", un " ça va bien, merci ". On a connu plus dur ! Et c'est vraiment agréable de nouer un lien, aussi petit soit-il, avec un interlocuteur souriant qui ne veut rien d'autre qu'échanger quelques mots avec les touristes.

Jeunesse

En Tanzanie, les enfants sont partout. Et contrairement à ceux des pays les plus avancés, ils ne restent pas enfermés à regarder la télévision ! On les voit surtout dans les campagnes, ou en périphérie des villes quand ils reviennent l'après-midi de l'école. Malgré des conditions de vie parfois difficiles, ils sont en général souriants. La déception survient parfois quand, après un courtois " Jambo ", ils réclament de l'argent (" Mzungu, give me my money "). Nous vous recommandons de poursuivre votre route.

Kanga, kanzu et shuka

Le kanga est le paréo local, ce grand tissu imprimé de forme rectangulaire et très coloré, au bas duquel est inscrit un proverbe en swahili. Il est utilisé par les femmes qui s'habillent avec, portent leur enfant dans le dos, s'étendent sur le sol, font un baluchon pour transporter fruits et légumes, etc. Un petit livret à l'adresse des étrangères explique les 100 façons de l'employer. On retrouve trace de ce tissu dans tout le reste de l'océan Indien. Le kanzu est l'habit traditionnel des hommes musulmans de la côte et des îles et prend la forme d'une robe blanche. Il est surtout porté pour la prière (jusqu'à cinq fois par jour). Le shuka est la fameuse couverture à carreaux rouges et bleus que portent les éleveurs Maasaï.

Kilimandjaro
<p>Randonneurs sur la route Marangu, à l'ascenscion du Kilimandjaro</p>

Randonneurs sur la route Marangu, à l'ascenscion du Kilimandjaro

Le Toit de l'Afrique (5 895 m) rayonne des dizaines de kilomètres à la ronde. Du sud du Kenya au nord de la Tanzanie, vous apercevrez son sommet plat et enneigé. A Moshi, c'est de là qu'on le voit le mieux. Avec un bon zoom, les photos sont une merveille. Attendre la dissipation des nuages matinaux pour observer le géant d'Afrique. Le Kili, comme on l'appelle ici, vous donnera peut-être des fourmis dans les jambes. Mais attention, l'ascension ne se fait pas en claquant des doigts. Tous les ans, environ la moitié des tentatives échoue. La difficulté est avant tout physique.

Si vous tentez l'ascension, prévoyez impérativement des vêtements chauds. Les nuits sont glaciales. De toute façon, que vous l'ayez vaincu comme Zinedine Zidane il y a quelques années, ou tout simplement pas tenté, vous ramènerez certainement dans vos bagages le tee-shirt " Just done it ", qui copie le slogan d'une célèbre marque de sport...

Livre de la jungle

Des centaines d'espèces de poissons, d'oiseaux, d'insectes, de mammifères terrestres ou marins... La Tanzanie est le royaume des animaux. C'est l'occasion d'ouvrir Le Livre de la jungle. Conscient qu'il tient là sa principale attraction touristique, le pays fait tout pour préserver cette faune fragile. Il y a plusieurs dizaines d'années déjà, les hommes qui vivaient au contact de ces animaux ont été priés par le gouvernement d'aller s'installer ailleurs. Ainsi, le cratère du Ngorongoro est interdit à toute occupation humaine, seuls les Maasaï ont le droit d'y pénétrer, mais seulement durant la journée, pour y faire paître leurs troupeaux. Eléphants, girafes, lions, léopards, guépards, singes, antilopes de toutes sortes, rhinocéros, hippopotames, crocodiles peuvent évoluer en toute sérénité à travers les quelque 250 000 km2 de zones protégées que compte le pays (25 % de sa superficie totale !). L'océan Indien accueille dauphins, baleines, requins, coraux, tortues et autres poissons multicolores qu'il est un vrai bonheur de pouvoir observer lors de plongées inoubliables. La faune marine est encore plus fragile que la faune terrestre (et moins contrôlable) et il est vivement recommandé de suivre à la lettre les instructions de vos guides lors d'une excursion sous-marine, pour ne pas l'abîmer.

Maasaï

Si, dans votre esprit, les Maasaï sont encore des gardiens de troupeaux, vous allez être surpris. En découvrant leur nouvelle vie, on en prend plein les yeux. Ils ont quitté les plaines du Kenya et de Tanzanie pour rejoindre les villes. Les plus riches sont habillés comme vous et moi. En les croisant dans la rue en tenue traditionnelle, vous ne savez pas que certains sont à la tête d'immenses cheptels. Nombre d'entre eux peuvent posséder des dizaines de vaches ; certains des centaines !

Vous les trouverez certainement la nuit gardiens de résidence ou de parking de restaurants. Ils ne gardent quasiment rien de leur salaire puisqu'ils envoient tout à leur famille, restée au village. C'est leur infaillible solidarité : ils forment un tout. Et chacun se met au service de la communauté. De plus, ils ont trouvé avec le commerce de la tanzanite - une pierre précieuse que l'on ne trouve qu'en Tanzanie - un moyen considérable d'enrichissement.

Marché

Dans toutes les villes et gros bourgs, il existe chaque semaine des marchés, débordants de vie et de couleurs. Vous y trouverez, en abondance, fruits, légumes variés, viandes sur lesquelles les mouches ont tendance à s'aventurer, poissons frits, épices, objets de vannerie, outils, kangas (l'habit traditionnel des femmes bantoues) et vêtements d'occasion. Les Maasaï organisent au moins une fois par mois des grands marchés régionaux, des sortes de foires avec ventes de bestiaux aux enchères, ventes d'habits Maasaï, de perles et d'armes. Sur la côte, allez voir au moins un marché aux poissons.

Mont Meru

C'est le troisième plus haut sommet de Tanzanie avec ses 4 566 m. La vue de son sommet est magnifique, et donne véritablement de l'ampleur à la ville d'Arusha, dans le Nord. Il y a parfois de la neige au sommet, notamment quand les nuits sont froides en mars-avril. Montagne sacrée du peuple Maasaï, le Meru s'appellait autrefois Socialist Peak. Son ascension est plus courte que celle du Kilimandjaro (3 jours en moyenne), et beaucoup moins chère. En revanche, l'accoutumance à l'altitude est brève, et la pente plus difficile.

Mouches tsé-tsé

C'est une mouche africaine, du genre glossine, qui ressemble avant tout à un taon et à laquelle on impute la transmission de la maladie du sommeil. D'une part, toutes les espèces tsé-tsé ne véhiculent heureusement pas la maladie et, d'autre part, leur piqûre est si violente que nous réagissons bien avant que la mouche n'ait eu le temps d'inoculer quoi que ce soit. Il convient donc de se protéger surtout contre la douleur en portant des tissus épais (elles piquent à travers les vêtements) à manches longues et de couleurs claires. Elles sont surtout attirées par le bleu et le noir. En Tanzanie, on les trouve essentiellement dans les parcs nationaux du Tarangire, du Serengeti, du lac Manyara, de Mikumi, de Ruaha, et du Gombe Stream. Elles surviennent surtout avant les grosses chaleurs saisonnières (janvier, février), mais aussi juste avant les gros orages de la saison de pluies (novembre, et mars, avril).

Mzungu

C'est comme cela qu'on appelle l'homme blanc en kiswahili. Personne n'y échappe, même les Blancs les plus anciens du pays. Les enfants vous lanceront des " Mzungu ". Si au début c'est parfois gênant, on finit par s'y faire. Souriez, ce n'est pas méchant. C'est juste que dans certains endroits de Tanzanie, reculés qui plus est, des Mzungus, il n'en passe pas tous les quatre matins...

Ngorongoro

C'est le nom qu'on donne à la zone de conservation jouxtant le Serengeti et s'étendant sur près de 6 500 km2. C'est aussi celui qu'on attribue plus précisément à ce grand cratère aux flancs escarpés qui sert de sanctuaire naturel pour quantité d'espèces animales. Avec 20 km de diamètre, le cratère du Ngorongoro est la plus grande caldera encore intacte au monde. Appelé Likorongoro par les peuples qui y habitaient à l'origine, le mot fut transformé phonétiquement par les colons allemands en Ngorongoro, mot qui resta inscrit dans les registres par la suite. C'est devenu un nom magique qui fait rêver la planète au même titre que Kilimandjaro ou Zanzibar. Le site figure depuis 1979 au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Patrimoine mondial

Océan, lacs, savane, plaines et vallées, montagnes... On trouve absolument tous les paysages naturels en Tanzanie. Le pays, au coeur de l'Afrique, est particulièrement gâté par la nature. La somme des espaces protégés (terrestres ou marins) est colossale et représente le quart de la superfice nationale. On compte plus de 600 réserves forestières. Sept sites tanzaniens sont classés au Patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco. Quatre figurent au patrimoine naturel (la zone de conservation du Ngorongoro, le parc du Serengeti, le parc du Kilimandjaro, et la réserve de Selous) et trois sont d'ordre culturel (la vieille ville de Zanzibar Town, les ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara, et le site d'art rupestre de Kondoa).

Perche du Nil

Poisson introduit dans les années 1950 dans le lac Victoria, dans le but de nourrir les populations riveraines du lac, il a fini par causer un désastre écologique. Vorace, la perche du Nil a fini par remplacer la plupart des quelque 200 espèces existantes, entraînant la fin de toute une biodiversité. En revanche, son commerce, devenu florissant, alimente depuis près de vingt ans, les tables et les restaurants des pays riches. Victime de son succès, la perche tend à disparaître du lac, comme l'indique le volume des prises depuis le début des années 2000. Il y a aussi le problème de la surpêche avec des exploitants qui ne respectent pas la taille minimum des prises et qui ne remettent pas à l'eau les poissons les plus petits. La reproduction est donc en chute libre. La perche est préparée sur place dans des usines de conditionnement avant de partir vers l'Europe (25% des exportations environ) et de plus en plus en Asie.

Région des Grands Lacs

A l'origine, l'expression a été employée par des explorateurs du XIXe comme Burton et Stanley, à la recherche des sources du Nil, et désignait la région constituée des six grands lacs (Albert, Edouard, Kivu, Kyoga, Tanganyika, et Victoria). Composée de la Tanzanie, de l'Ouganda, du Congo, du Rwanda et du Burundi, la région représente aujourd'hui une entité géographique caractérisée par un relief accidenté - agrémenté de grands lacs, une densité humaine élevée, une grande proximité culturelle - notamment linguistique (langues bantoues), et une expérience politique commune, articulée autour de petits royaumes centralisés.

Réserves marines

Le safari n'est pas forcément la raison première pour laquelle on vient en Tanzanie. Beaucoup de plongeurs du monde entier viennent ici avant tout pour se baigner dans des eaux cristallines, oscillant entre l'émeraude et le turquoise, réputées pour posséder parmi les plus beaux récifs coralliens de la planète : des centaines d'espèces différentes habitées par autant de poissons exotiques et multicolores. La Tanzanie a la chance d'entretenir et de protéger deux parcs marins de renommée mondiale sur la côte sud (celui de l'île de Mafia et celui de Mnazi Bay, à la frontière du Mozambique), deux réserves exceptionnelles sur la côte nord (l'une à proximité de Dar et l'autre autour de l'île de Maziwe, près de Pangani), un sanctuaire privé multi-primé internationalement (l'île de Chumbe au large de Zanzibar) et, enfin trois zones de conservation véritablement magnifiques (la baie de Menai et l'île de Mnemba à Zanzibar, l'île de Misali à Pemba).

Respect des lois

La Tanzanie est un Etat assez policier. Qu'ils soient en blanc (circulation), en beige et armés d'AK 47 (sécurité et lutte contre la délinquance) ou en civil, les policiers sont bien visibles. Leur salaire est faible ; ils n'hésitent donc pas à infliger des amendes pour la moindre infraction, réelle ou supposée. En cas d'accident également, ils attendent un bakchich pour laisser repartir le véhicule. Si les locaux sont souvent stoppés par les policiers, les Occidentaux le sont rarement. Les risques de finir en prison sont assez faibles. Dans les parcs nationaux, les règles sont très strictes. Une des raisons de cette rigueur est la formation à l'allemande des gardes des parcs et l'implication, très positive, d'organismes allemands dans la définition des régulations, nécessaires à la conservation des parcs.

Safari
<p>Observation des éléphants dans les plaines du Serengeti</p>

Observation des éléphants dans les plaines du Serengeti

Safari n'a pas la signification occidentale en kiswahili, au sens d'aller dans la savane. Ce mot signifie voyage, c'est-à-dire se déplacer d'un endroit à un autre, sans connotation touristique. Dans l'esprit des Occidentaux, safari signifie grands espaces, paysages magnifiques et animaux sauvages. La Tanzanie, sanctuaire des grands mammifères les plus fascinants de notre planète, ne cesse de faire rêver tout amoureux de la nature. Pour les observer dans des conditions idéales, il faut se lever tôt, être patient et discret, se rendre parfois dans des endroits difficiles d'accès et, surtout, partir avec un guide professionnel qui aura le coup d'oeil nécessaire pour débusquer l'animal caché dans le paysage, parfois sous votre nez et cependant invisible ! Respectez les horaires indiqués par votre chauffeur-guide. C'est dans votre intérêt, afin de bien vous entendre avec lui et de mieux profiter de la journée qu'il vous propose. En tant que professionnel, il connaît les distances et le temps qu'il faut pour les couvrir.

La qualité d'un safari tient avant tout aux prestations de l'agence engagée, mais relève aussi de la chance et des hasards des rencontres animalières. La majeure partie du temps, elles sont très agréablement surprenantes. Partir en safari, c'est comme se rendre dans un stade de football : il y a ceux qui viennent pour l'ambiance, s'en imprégner et se laisser porter, et il y a ceux qui trouvent qu'on voit moins bien qu'à la télévision. Et, comme pour toute compétition sportive, personne ne peut vous garantir la qualité du spectacle. Il se peut que vous ne rencontriez qu'un lion en état de léthargie, dépassant à peine une tête de l'herbe haute, à plus de 100 mètres du véhicule. Et contrairement aux documentaires animaliers, il y a peu de chance que vous aperceviez un fauve chasser.

Salutations

Les salutations sont un art national qu'il convient de respecter. Si vous laissez traîner l'oreille, vous entendrez sûrement des personnes se répondre mécaniquement par un échange d'une dizaine de phrases avant de s'adresser des paroles plus personnelles. Personne n'en attend autant de vous. Cependant, si vous faites l'effort de connaître quelques réponses élémentaires en swahili, vous vous exposerez à bien des sourires et les portes s'ouvriront davantage. Une poignée de main franche dans laquelle les deux paumes claquent latéralement le coude vers le bas est aussi une bonne entrée en matière.

Sasa, Sawa-sawa

Avec jambo (" bonjour " en swahili), sasa est sans doute l'expression la plus répandue du pays ; vous ne pourrez y échapper. C'est une véritable ponctuation qui rythme la discussion. Sasa permet d'enchaîner les phrases, de les conclure ou d'interrompre avec douceur son interlocuteur. Sasa sous-entend un acquiescement qui demande à être modulé et peut se traduire par " oui, si tu le dis ". Sawa-sawa, qui termine les conversations, est employé beaucoup plus simplement pour dire " d'accord " ou " okay ".

Serengeti

Vous avez certainement en tête ces images de gnous se jetant dans la gueule des crocodiles à l'époque de la migration, du Maasaï Mara au Serengeti. C'est le spectacle proposé tous les ans, dans le Serengeti. Mais pas le seul. A travers plusieurs jours de safari, vous apprécierez ces grandes étendues vertes.

Taarab

C'est un style musical traditionnel propre à Zanzibar qui mélange diverses influences orientales. Il est né au XIXe siècle dans l'entourage du sultan et fut composé au départ à l'aide d'instruments égyptiens, notamment des violons. Par la suite vont s'associer le sud et le nay qui complète l'harmonie par des inspirations indiennes. Puis l'ensemble est soutenu par des percussions et un choeur féminin (la touche swahilie) qui entourent le chanteur et le qanum d'origine arabe. Sauti Za Busara est un grand festival de la culture swahilie qui a lieu à Zanzibar chaque année en février. C'est le meilleur endroit pour découvrir des groupes de Taarab qui ne s'adressent pas qu'aux touristes. En 2013, le Taarab a perdu Bi Kidude, décédée à plus de 100 ans à Zanzibar : elle incarnait à elle seule ce style musical particulier, et en était la mémoire et la légende vivante. Un hommage national lui a été rendu.

Tanzanite

Les Tanzaniens ont le monopole de la tanzanite : on ne la trouve que sur leur territoire à l'echelle du monde. Et encore, pas partout. Seulement dans l'extrême Nord, près du Kilimandjaro (5 895 m), dans la région d'Arusha. On a découvert pour la première fois cette pierre précieuse de couleur bleue aux reflets mauves en 1967 par un berger maasaï. On raconte qu'il avait remarqué des pierres qui brillaient à la surface du sol, sous l'effet des rayons du soleil. Mille fois plus rare que le diamant, elle a immédiatement séduit le marché américain où se concentrent 85 % des exportations à destination des joailliers de luxe. Les Maasaïs détiennent à 95 % le commerce de la tanzanite car les mines sont situées sur leurs terres, à Mererani, à une trentaine de kilomètres à l'est d'Arusha.

Dans les mines, les conditions de travail sont très pénibles. Tout d'abord parce que la descente dans les galeries est particulièrement dangereuse : les 40 à 50 mètres à la verticale se font par une échelle aux barreaux glissants. Si une sirène prévient des explosions, des accidents surviennent. Chaque jour, ce sont plusieurs centaines de personnes, en plus des mineurs, qui sont employées pour travailler à l'extérieur et vider les gravats qui obstruent la mine.

Vallée du Rift

C'est une grande cassure apparue il y a une bonne trentaine de millions d'années à la Corne de l'Afrique qui continue de croître considérablement (1 cm par an), s'ouvrant sur 40 km à 60 km de largeur et parfois plusieurs kilomètres de profondeur. Elle s'étend sur 6 000 km de l'Ethiopie et le sud de la mer Rouge jusqu'au Zambèze et au Mozambique. Cette vallée est aussi considérée comme le berceau de l'humanité puisqu'on y a découvert les ossements humains les plus anciens, notamment du côté des gorges d'Olduvaï. La théorie qui prime pour expliquer la naissance des hommes serait l'insuffisance d'arbres fruitiers : des singes auraient migré sous d'autres cieux et d'autres seraient restés, apprenant à se lever puis à chasser pour subsister.

Zanzibar

C'est une île mythique de l'océan Indien. Avec le Kilimandjaro et le Serengeti, elle forme le triangle d'or du tourisme tanzanien. Ne pas y aller, c'est passé à côté d'une merveille. Le séjour ne sera pas le même, avec ou sans Zanzibar. Il faut prendre le bateau, voir la baie de Dar es-Salaam et s'approcher de l'île aux fonds sous-marins transparents et aux somptueux massifs de coraux. Cette île tropicale de l'océan Indien était le point de rencontre des guerriers de l'Afrique noire et des marins arabes et perses. Un carrefour mythique du négoce qui hébergea les riches sultans du temps où les esclaves du continent s'échangeaient contre les étoffes du lointain Orient. Visiter Zanzibar, c'est parcourir les ruelles sinueuses et ombragées de la capitale insulaire, qui a pu maintenir son caractère historique et son charme désuet. C'est se laisser bercer par le parfum des épices en visitant des plantations traditionnelles. C'est profiter de plages paradisiaques aux grèves de sable blanc. C'est nager dans des lagons de rêve, à la rencontre de dauphins qui viennent s'ébrouer à vos côtés. C'est la suite idéale au safari terrestre qui a précédé...

Faire / Ne pas faire

Faire

Partout où vous irez en Tanzanie, vous serez bien accueilli : le tourisme étant une des principales ressources économiques du pays, le personnel des hôtels et restaurants est en général professionnel et expérimenté. Si vous ne parlez pas anglais (et même si vous le pratiquez), il est de bon ton d'apprendre quelques expressions élémentaires en kiswahili, qui feront toujours plaisir à vos interlocuteurs : " Jambo " signifie " Bonjour " ; " Thafadali ", " S'il vous plaît " ; " Asante ", " Merci ". Au " Karibu " (" Bienvenue "), il vous sera aussitôt demandé " Habari ? " (" Comment allez-vous ? "), auquel vous répondrez, si bien sûr tout va bien, " Nzuri ". Les Tanzaniens sont très gentils, et plus encore si les touristes connaissent quelques mots de kiswahili.

Dans la rue tout est négociable : bijoux, vêtements, étoffes, souvenirs... N'hésitez pas à discuter le prix quand un article vous intéresse, en vous montrant courtois mais ferme. N'oubliez pas que ces objets ont été fabriqués par des artistes locaux, dont il ne s'agit pas non plus de dévaloriser le travail. Comparez également les prix dans les grandes boutiques de souvenirs, ceux-ci varient parfois du simple au double pour le même article ! Dans ces boutiques, la négociation est de mise. Sachez aussi qu'en safari avec un guide, ce dernier vous laissera automatiquement dans des commerces de souvenirs où il touche une commission sur les achats de ses touristes (environ 10 %).

Ne pas faire

Alcool : à Zanzibar comme à Pemba, on ne vend a priori pas d'alcool. Accédant à la demande des touristes, les hôtels-résidences de la côte, puis ceux de Stone Town, ont mis à mal cette pratique. On trouve donc des boissons alcoolisées dans quasiment tous les hôtels et restaurants. Il n'est pas question de sortir de l'établissement avec son alcool.

Habillement : à Zanzibar et plus encore à Pemba, où la population est presque entièrement musulmane, il est conseillé aux femmes de ne pas porter de vêtements trop provocants. Bien que les Zanzibaris soient habitués au tourisme et loin d'être intégristes, c'est une question de respect vis-à-vis des moeurs et de la religion locales. Attention aussi pour les femmes voyageant seules, une tenue trop " chaude " pourrait leur attirer des problèmes (agressions, violences...).

Photos : si vous souhaitez prendre des personnes en photo, par exemple les élégants Maasaï, demandez-leur toujours la permission auparavant. Ils vous l'accorderont en général sans difficulté et sans aucune contrepartie, mais n'aiment pas, et c'est normal, être surpris et photographiés comme des bêtes curieuses.

Prostitution : comme dans de nombreux pays en voie de développement, elle fait partie du décor. Surtout remarquable dans les bars des grandes villes. La prostitution infantile progresse également. C'est un des fléaux de l'Afrique, vecteur d'une diffusion énorme du sida dans toutes les villes et tous les villages du continent. Les routiers, en particulier, ont propagé le virus en remontant les grands axes routiers à destination de la région des Grands Lacs, foyer d'origine de la maladie, où la population de certains villages est contaminée à plus de 20 %. Il y a de grands risques de contamination chez les prostituées, y compris celles qui errent parfois dans les grands hôtels. Ne soyez donc pas surpris si de charmantes jeunes femmes tombent facilement dans vos bras. Elles viennent avant tout pour de l'argent. Mais ce n'est pas systématique.

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