Guide du Chili : Survol du Chili

Géographie

Evoquer la géographie du Chili peut être un exercice périlleux. Benjamin Subercaseaux parlait d'ailleurs de " coquetterie géographique " (empêchant, dit l'auteur, que les frontières de l'Argentine se mouillent dans l'eau glacée du Pacifique), dans son fameux ouvrage de 1960 (Chile o una Geografia loca). Subercaseaux ajoutait que le nom même du pays est " frais, matinal ", tandis que le nom Brésil évoque des arômes " huileux, épais ", " Pérou " " sent la chose antique, le bois exotique ", Argentine fait penser à une vedette de cinéma, et le mot Chili possède une saveur infantile, irresponsable, comme le premier rayon de soleil qui pose sa caresse sur notre terre en un rapide amour d'aurore, et qui atteint la mer d'un coup d'ailes ".

Le Chili est une bande de terre délimitée à l'est par la cordillère et à l'ouest par l'océan Pacifique. Le pays s'étend sur 4 270 km du nord au sud (l'équivalent de la distance entre le sud de l'Italie et le nord de la Suède) pour une largeur moyenne de 200 km, qui ne dépasse pas 100 km en certains points. Cette configuration est unique au monde. Les Andes (comme l'océan Pacifique, le désert au nord et les glaciers au sud) isolent le Chili et ont contribué à la formation d'une identité nationale très forte. La forme du pays joue dans le sens inverse en étant un facteur de singularisation des différentes régions.

Le relief chilien s'organise selon des axes longitudinaux. La cordillère des Andes constitue la frontière du pays du nord au sud avec la Bolivie et l'Argentine. Certaines zones du sud, où la cordillère est plus proche de la côte, font exception à ce découpage (Aisén au niveau de Coyhaique par exemple). La cordillère des Andes est une barrière naturelle difficilement franchissable en raison de l'orientation de ses vallées, de l'altitude de ses sommets et de son enneigement. Rares sont les passages frontaliers faciles avec l'Argentine et la Bolivie. La cordillère culmine au Chili, à l'est de Copiapó, à Ojos del Salado (6 893 m), le volcan actif le plus haut au monde.

La cordillère des Andes est un relief jeune, jalonné de nombreux volcans dont la plupart sont encore en activité. Ils sont facilement observables dans le Grand Nord (frontière avec la Bolivie) et dans le Sud (région des Lacs). La cordillère naît dans le Sud sur la Terre de Feu (en Argentine, à l'est d'Ushuaia).

Parallèlement à la cordillère des Andes s'étend la cordillère de la Côte (Cordillera de la Costa). Comme son nom l'indique, elle s'étire le long de la côte et délimite la plaine centrale avec la cordillère des Andes. On observera notamment ce relief en voyageant sur la Panaméricaine qui passe entre les deux cordons montagneux, entre Puerto Montt et Santiago. Cette structure, organisée autour des deux cordillères, est quelque peu modifiée dans certaines régions du Chili, comme entre Calama et Copiapó (dédoublement de la cordillère des Andes) ou au sud de Puerto Montt (la cordillère de la Côte se transforme en une multitude d'îles et la cordillère des Andes se déplace vers l'ouest de la frontière).

La côte chilienne présente une grande diversité de paysages. Entre Arica et Puerto Montt alternent les falaises, les plages de sable ou de galets et les côtes rocheuses. Au sud de Puerto Montt, la terre et la mer s'interpénètrent et la côte est très découpée, avec des fjords et de nombreux archipels, des canaux qui permettent de naviguer jusqu'au détroit de Magellan. La Terre de Feu et la région du détroit présentent la même configuration avec de nombreuses îles séparées par des canaux.

Grand Nord (d'Arica à Caldera)

On distingue trois types de relief : la cordillère des Andes, la dépression intermédiaire et la chaîne côtière. Dans cette zone, les Andes se caractérisent par une activité volcanique très importante. La frontière avec la Bolivie est constituée d'une véritable chaîne de volcans (du volcan Parinacota au volcan Licancabur). La dépression intermédiaire est située entre la cordillère des Andes et la cordillère de la Côte. Au nord, elle prend la forme de la Pampa del Tamarugal. Au sud d'Antofagasta, cette dépression est entrecoupée par des cordons montagneux.

La chaîne côtière s'élève à environ 1 500 m au-dessus du niveau de la mer. Elle constitue un véritable mur face à l'océan. Cette structure s'explique par la présence de la faille d'Atacama à l'ouest et de fosses océaniques à l'est.

La région se caractérise par son aridité (désert d'Atacama). Le réseau hydrographique présente une exception : le río Loa, qui parcourt le désert et atteint le Pacifique. Des quebradas (sortes de failles) andines se jettent dans le Pacifique ou dans le salar d'Atacama.

Petit Nord (de Caldera jusqu'à la région de La Serena)

Région intermédiaire entre l'unité du Grand Nord et la région centrale, elle se caractérise par ses vallées transversales et des climats semi-arides.

La structure nord-sud des cordons montagneux du nord laisse place à des vallées transversales orientées est-ouest (vallée del Elquí par exemple, vallée de Copiapó ou vallée de Huasco). La cordillère des Andes peut être divisée en deux ensembles : une cohérence interne massive qui culmine à plus de 3 000 m, et une composition externe beaucoup moins individualisée et d'altitude plus basse. Les vallées transversales permettent la pénétration de l'influence maritime et favorisent la croissance d'une végétation verdoyante qui contraste avec l'aridité des massifs montagneux. On y produit du raisin, du vin et du pisco notamment.

Région centrale (Santiago, Valparaíso, Rancagua, Talca)

Le relief de la région centrale est organisé en grands ensembles relativement homogènes. On distingue, suivant un axe nord-sud, la cordillère des Andes, la dépression intermédiaire, la cordillère de la Côte et les plateaux côtiers. Du nord au sud de la zone, le relief s'abaisse et le sillon central s'élargit.

Au niveau de Santiago, les Andes présentent une configuration impressionnante. Ici, la cordillère atteint ses plus hautes altitudes (l'Aconcagua, situé sur le versant argentin, culmine à 6 962 m : c'est le plus haut sommet des Amériques). Elle présente également des pentes très raides qui lui donnent l'aspect d'une véritable muraille dominant la capitale chilienne.

Des vallées transversales percent la cordillère sur un axe est-ouest. Elles sont parcourues par des torrents violents issus de la fonte des glaciers andins. La vallée du Maipo, située au sud de Santiago, est une de ces vallées transversales qui naissent au pied des pentes abruptes de la cordillère.

Le volcanisme est également très actif dans cette région. Ainsi les volcans s'alignent sur les crêtes de la cordillère (volcan Tupungato 6 550 m, volcan Maipu 5 290 m, volcan Tinguiririca 4 300 m). Comme le montre l'altitude décroissante des cimes volcaniques, la cordillère s'affaisse lorsqu'on se dirige vers le sud. Parallèlement, la chaîne volcanique se rapproche de la dépression centrale et le paysage subit des changements importants.

A l'ouest de la cordillère s'étend la dépression centrale, constituée par une plaine qui s'élargit et qui s'abaisse vers le sud. Dans sa partie septentrionale, cette plaine est barrée par de petits cordons montagneux. A l'ouest de cette zone se dresse la cordillère de la Côte : au niveau de Santiago, elle se présente comme une barrière importante (environ 2 000 m d'altitude) mais elle est transpercée par plusieurs plaines. Comme pour la cordillère des Andes, son relief s'abaisse et s'adoucit vers le sud.

Les plateaux côtiers ont une structure en escalier qui descend vers la mer. La dernière marche a une pente très raide qui tombe dans l'océan (on le remarquera en arrivant à Valparaíso).

La frontière (Concepción et le Bío-Bío)

Cette zone opère la transition entre la zone centrale caractérisée par son climat méditerranéen et la zone sud pluvieuse. La cordillère est relativement basse (environ 2 000 m), avec des sommets volcaniques plus élevés. La plaine centrale présente un paysage vallonné, jalonné de zones alluviales. La cordillère de la Côte est un cordon montagneux massif (altitude moyenne de 1 500 m). Le niveau de précipitations augmente à mesure qu'on va vers le sud de la zone. Les températures, quant à elles, diminuent dans les zones méridionales. La région est traversée par des cours d'eau importants, dont le río Bío-Bío.

Les lacs (du sud du río Tolten jusqu'à Puerto Montt)

Les Andes présentent ici un axe méridien et les crêtes suivent la frontière avec l'Argentine. La chaîne montagneuse se singularise par la présence d'un cordon de volcans dont la cime est recouverte de glaciers. Ces volcans, la plupart en activité, dominent un ensemble de lacs de piémont dont la formation résulte des déplacements d'immenses glaciers durant la glaciation quaternaire. La dépression centrale est séparée en deux zones par ce qu'on appelle le " pont " schisteux de Loncoche. Il s'agit d'alignements rocheux orientés nord-ouest-sud-est qui barrent la zone centrale sur plus de 50 km. Au sud de cette barre, la dépression centrale s'élargit en un ensemble de plaines vallonnées.

Dans cette région, la plaine côtière est d'une altitude moins importante que dans les régions situées plus au nord. Elle ne constitue pas une barre montagneuse sur toute la zone. Elle est traversée par les réseaux hydrographiques des fleuves Calle-Calle et Bueno.

Chiloé et la Patagonie (de l'île de Chiloé au cap Horn)

Dans cette zone, la nature est particulièrement hostile à l'homme. Elle multiplie les témoignages de sa puissance : violence des vents d'ouest, précipitations diluviennes, faibles températures. La ligne de crêtes de la cordillère des Andes ne constitue pas la frontière avec l'Argentine : en effet, la zone montagneuse est située sur l'axe central du territoire chilien. Ainsi, la Patagonie chilienne présente une morphologie montagneuse. Les glaciers sont nombreux et les fjords pénètrent profondément dans les terres.

Les Andes sont désarticulées en un ensemble de massifs montagneux séparés par des fjords et des cours d'eau. Les champs de glace nord et sud sont des héritages de la dernière glaciation. Leur permanence s'explique par la fraîcheur des étés et l'importance de la couverture nuageuse qui empêche la fonte de la neige et de la glace.

La grande île de Chiloé est la plus vaste (après la Terre de Feu) et la plus septentrionale des archipels patagoniens. Ceux-ci constituent le prolongement de la chaîne côtière qui fut submergée après la glaciation quaternaire.

Sur le versant est de la cordillère se situent des plateaux qui se prolongent par la pampa argentine, comme dans la région de Punta Arenas par exemple.

Réveil du Cabulco

Le Chili comptabilise sur son territoire environ 90 volcans actifs. Parmi les plus actifs, il compte le Cabulco, dont les trois éruptions d'avril 2015 firent la une des journaux, enveloppant d'un nuage de cendres menacant le Sud du pays, et une partie de l'Argentine et de l'Uruguay. Endormi depuis 43 ans, le volcan de la région de Los Lagos, situé à environ 1 300 km au sud de Santiago, menacait les villes de Puerto Montt et de Puerto Varas. Dans une moindre mesure, le volcan Villarica, logé à 10 km au-dessus de Pucon, s'éveillait lui aussi un mois plus tôt, provoquant l'alerte rouge, la fermeture de la station de ski installée sur ses pentes et l'inquiétude des personnes vivant du tourisme.

Climat
<p>Plage de Las Docas, près de Valparaiso</p>

Plage de Las Docas, près de Valparaiso

Températures moyennes

Situé sous l'équateur, le Chili connaît des saisons inversées : le printemps bourgeonne entre septembre et décembre, l'été bronze entre décembre et mars, l'automne rougit entre avril et juin, l'hiver frissonne de juin à septembre.

Les nombreuses influences climatiques que subit le pays, comme la forme qu'il présente, expliquent la grande diversité de ses climats. Cette diversité est principalement due aux écarts importants de latitude.

D'autre part, la mer y joue un rôle majeur. Le courant froid de Humboldt qui longe les côtes du nord tempère l'influence tropicale. Sur tout le pays, la mer tempère les diverses influences climatiques mais génère des précipitations importantes sur le Sud du pays (surtout dans la région des Lacs).

La pénétration des nuages sur le territoire est limitée par la barrière naturelle constituée par la cordillère de la Côte ou par l'île de Chiloé (pour la région de Chaitén).

Grand Nord

Le climat des régions tropicales du Chili (entre Arica et Antofagasta) est caractérisé par une relative douceur (températures moyennes n'excédant pas 20 °C) qui s'explique par l'influence maritime et une aridité remarquable (le désert d'Atacama est réputé pour être le plus aride du monde). Le désert intérieur se caractérise par un ensoleillement continu tout au long de l'année et une très faible humidité de l'air. La clarté du ciel est exceptionnelle. Le désert littoral subit un climat brumeux mais l'humidité de l'air ne suffit pas à générer des précipitations. Le climat subit alors l'influence du courant froid de Humboldt qui longe les côtes du nord au sud. Celui-ci adoucit les températures et limite les écarts thermiques.

Plus on descend vers le sud et plus les températures moyennes baissent. Le climat désertique change lorsqu'on atteint la latitude de La Serena et les vallées transversales de la cordillère. Ces vallées se caractérisent par la douceur des températures, un fort ensoleillement en été et un niveau de précipitations encore très faible.

Petit Nord

La région connaît deux climats de type semi-aride. Le climat montagneux se caractérise par de fortes amplitudes de températures, aussi bien journalières qu'annuelles. La luminosité du ciel est telle que la région a vu s'installer plusieurs observatoires astronomiques internationaux. Les températures augmentent à mesure que l'on se dirige vers l'intérieur et les précipitations évoluent dans le sens inverse. Le climat de la zone côtière connaît des amplitudes thermiques plus faibles que la zone montagneuse et des températures plus douces. Il subit l'influence du courant de Humboldt et de l'anticyclone du Pacifique.

Le Centre

Le climat de la région centrale est une combinaison d'un climat méditerranéen typique et d'un climat de façade océanique qui subit les influences du relief andin et de la froideur des eaux du Pacifique (comme à San Francisco ou Adelaïde). Cette région étant située dans la zone méditerranéenne de l'hémisphère sud, elle jouit d'un climat particulièrement propice aux cultures : les hivers sont relativement pluvieux et les étés complètement secs.

En été, le temps est constamment ensoleillé. En hiver, de longues périodes ensoleillées alternent avec des périodes nuageuses et pluvieuses plus courtes. Ce climat s'explique par les influences conjuguées de l'anticyclone du Pacifique Sud oriental, des masses d'air froid issues du courant de Humboldt et de la barrière que constitue la cordillère des Andes. Ces facteurs créent un climat relativement frais pour de telles latitudes.

Ce schéma général varie quelque peu suivant les endroits de la zone. Ainsi, sur la côte, les températures sont plus fraîches et l'amplitude thermique moins importante. Le niveau moyen de précipitations augmente au fur et à mesure que l'on se dirige vers le sud, et atteint des niveaux très élevés dans la région de Puerto Montt et sur les côtes d'Aisén (plus de 2 m par an). Les températures moyennes baissent également avec la latitude.

Araucanie et Lacs

Le climat de la région, à l'influence océanique, est très pluvieux. Il y fait aussi plus frais que dans la Vallée centrale, car la région subit l'influence des vents d'ouest chargés d'humidité, du stationnement permanent du front polaire plus au sud et de la disparition du courant de Humboldt. La combinaison de ces facteurs génère une faible amplitude de températures aussi bien journalières qu'annuelles, une forte pluviosité un peu moins importante en été et un ciel constamment chargé de nuages. Les précipitations les plus importantes tombent sur les versants des reliefs montagneux et sont plus faibles dans les zones de plaines.

On notera que ce climat favorise la croissance d'une végétation exceptionnelle caractérisée par sa luxuriance, l'importance des essences d'arbres de grande taille et l'épaisseur des forêts.

Chiloé et Aysén

La région connaît un climat océanique humide et frais. La température de l'océan et la permanence annuelle de forts vents d'ouest diminuent les amplitudes thermiques. La pluie est de plus en plus abondante au fur et à mesure que l'on descend vers le sud. Parallèlement, les températures baissent.

Dans le Nord et l'Est, les conditions climatiques sont plus clémentes (influence de masses d'air plus chaud et barrière que la cordillère oppose aux vents d'ouest).

Magellan et Terre de Feu

Dans la région la plus australe de Magellan, la température moyenne annuelle est de 6,6 °C. Durant les mois les plus froids, cette moyenne avoisine les 0 °C. Cela se conjugue avec des précipitations importantes et des vents très violents tout au long de l'année (on remarquera l'inclinaison de la végétation en atterrissant sur l'aéroport de Punta Arenas). Cependant, il peut faire chaud au plus fort de l'été, en décembre-janvier. Le vent, par contre, ne faiblit pas toujours, bien au contraire.

Environnement – écologie

La forêt chilienne couvre environ 17,3 millions d'hectares, soit presque 23 % du territoire national, dont 14 millions d'hectares pour les forêts natives et quasiment 3 millions d'hectares qui correspondent aux plantations. Les déserts se partagent environ 33 % de la superficie totale, les champs 27 %. Le secteur forestier, qui utilise une surface exploitable de 2 300 000 ha environ, participe à hauteur de 3,1 % du PIB (en 2010), ce qui constitue la troisième plus importante activité économique du pays après l'industrie minière et le tourisme (3,3 % en 2010). Un livre, publié en 1999, et intitulé La Tragedia del Bosque Chileno (La tragédie de la forêt chilienne) retrace en quelque 200 photos les désastres récurrents qui ravagent la sylve chilienne. L'impact de l'être humain sur les écosystèmes naturels peut être catastrophique (coupe d'arbres sélective, incendies volontaires... tourisme aussi, ne l'oublions jamais). En effet, le Chili a toujours préféré laisser à l'initiative privée le soin de gérer les forêts pour en faire des cultures ou des pâturages : ainsi, même aujourd'hui, il n'est pas rare qu'une réserve nationale soit en partie concédée à une exploitation commerciale du bois d'oeuvre. L'élevage des moutons est en grande partie responsable du " massacre vert " au cours du XXe siècle, notamment dans le Sud patagon. Et s'il persiste de grandes étendues boisées dans les provinces de Chiloé ou d'Aisén, c'est surtout à cause, ou plutôt grâce à la difficulté d'accès et aux conditions climatiques délicates.

A noter qu'en mai 2011, le projet de méga-centrale hydroélectrique HydroAysén (cinq centrales réparties entre le fleuve Baker et le fleuve Pascua) a été confirmé par une Commission, entraînant d'importantes manifestations et un débat houleux. En 2014, le nouveau gouvernement de Michelle Bachelet rejette finalement le projet. Parmi les raisons majeures, le gouvernement souligne la menace sur la faune, la non prise en charge des populations déplacées et la question de l'altération des cours d'eau. Pour plus d'informations à ce sujet, voir le chapitre consacré à Aysén.

Question écologie, le gouvernement de Michelle Bachelet va dans le sens de la protection de l'environnement et de la biodiversité. Lors de l'accord climatique de Paris, en novembre 2016, le Chili s'engage à réduire les émissions de CO2 de 30% par unité de PBI d'ici 2030. Face au changement climatique, le Chili est également considéré comme le pays d'Amérique latine le plus préparé grâce à l'élaboration d'un plan national d'adaptation. Le ministre de l'Environnement, Marcela Mena, aide notamment aux avancées historiques du pays. Véritable écologiste, il s'est d'ores et déjà impliqué dans de nombreux projets de défense de l'environnement depuis sa prise de fonction en mars 2017 : la pollution atmosphérique de Santiago, la création du service de la Biodiversité ou encore le projet minier Dominga, (rejeté en août 2017 par la commission d'évaluation environnementale de la Région de Coquimbo).

Parcs nationaux
Les parcs nationaux
Les parcs nationaux

Les aires protégées du Chili sont administrées par la Conaf. Actuellement, le pays possède 100 aires protégées : 36 parcs nationaux, 49 réserves nationales et 15 monuments naturels (plus 3 " sanctuaires de la nature "). L'ensemble s'étend sur une superficie d'environ 14,5 millions d'hectares, ce qui constitue 20 % du territoire national. La très grande majorité de ces sites d'intérêts écologique, biologique et touristique est décrite dans ce guide.

Nous recensons ici les 5 parcs nationaux qui nous semblent incontournables dans le pays :

Torres del Paine. Situé dans la région de Magallanes, en Patagonie, c'est l'une des Mecque des randonneurs en Amérique latine. Circuits de trois à dix jours pour les plus endurcis. Que les autres ne passent pas leur chemin : l'offre hôtelière y est généreuse, et il est possible de séjourner dans des lodges et visiter des parties du parc en voiture, en bateau, ou faire de petites marches d'une demi-journée ou une journée maximum... Un spectacle de toute beauté, à ne pas rater.

Lauca. Tout au nord du pays, dans la région d'Arica Parinacota, ce superbe parc exhibe ses lagunes altiplaniques (dont le magnifique lac Chungará, à 4 570 m d'altitude), ses volcans enneigés et son ambiance résolument andine (la Bolivie est toute proche !). On y verra une faune abondante (camélidés surtout), des ruines incas, des paysages époustouflants.

Rapa Nui. Sur l'île de Pâques, c'est bien sûr l'un des joyaux du pays ! Au programme : carrières de moai, sites archéologiques à profusion, volcans sacrés, balades à pied, en VTT, en buggy ou en quad, plages paradisiaques... Prendre le temps de s'imprégner de la culture locale, volontiers polynésienne !

Vicente Perez Rosales. Près de Puerto Varas et Puerto Montt s'étend ce parc magnifique, réputé surtout pour son lac Todos los Santos, le volcan Osorno et les superbes cascades de Petrohué. Superbes parcours à faire à pied, en VTT ou en voiture... Mais aussi un bateau (traversée de plusieurs lacs vers Bariloche en Argentine).

Nevado Tres Cruces. Magnifiques paysages andins qui n'ont (presque) rien à envier au Sud Lipez de la Bolivie ! Lagunes multicolores, reliefs tantôt lunaires, tantôt martiens, déserts de sel, thermes sauvages, faune et flore andines... De quoi laisser baba n'importe quel photographe ! Ce parc méconnu se situe à l'est de Copiapó, dans la cordillère des Andes, à la frontière avec l'Argentine. Tous les grimpeurs savent aussi que s'y dresse le majestueux Ojos del Salado, le volcan actif le plus haut au monde (6 868 m). A découvrir d'urgence !

Faune et flore
Faune
Les camélidés

De la faune chilienne, on connaît surtout le célèbre lama, un mammifère andin qui fut l'animal de charge des cultures préhispaniques dans les Andes. Mais le lama n'est pas le seul camélidé présent au Chili. En fait, il en existe quatre espèces : la vigogne, l'alpaca, le lama et le guanaco.

La vigogne est plus petite, plus fine, plus élégante. Impossible à domestiquer, elle vit en groupe d'une douzaine d'individus mené par un seul mâle. Les jeunes mâles quittent le groupe et se rassemblent, paissant en troupeau (manada) ; de temps à autre, l'un d'eux défie le mâle dominant, et s'il remporte le combat, il en prend la tête. On verra paître des vigognes sur les bofedales (sortes de tourbières) du parc national Lauca, ou alors sur les hauteurs andines autour de San Pedro de Atacama. Le commerce de leur laine (presque aussi fine que le fil du ver à soie) réduisit considérablement leur population, mais aujourd'hui le Chili peut fièrement exhiber la réussite de son entreprise de conservation : les vigognes sont légion dans le Nord du pays. En 2003, on comptait presque 40 000 individus (contre seulement un petit millier en 1973).

L'alpaca (ou alpaga) est un peu plus court sur patte que le lama ; par contre, il exhibe fièrement sa grosse fourrure aussi bien blanche que noire ou grise. Sa production de laine (utilisée en général pour les textiles de grande qualité) est beaucoup plus importante que celle de son cousin, la vigogne ; de fait, il est domestiqué, et il existe des élevages (tant pour la laine que pour la viande). Il paisse également sur les bofedales.

Le lama est le plus imposant de tous, et celui qui a rendu le plus de services aux peuples andins préhispaniques. On l'utilisait (et on l'utilise encore) comme animal de charge, mais on mange aussi sa viande. Sa laine est la plus épaisse de toutes, et la plupart des pulls que l'on trouve sur les marchés artisanaux sont conçus avec cette dernière.

Le guanaco, enfin, est sauvage ; à peine plus grand que la vigogne, il arbore son beau pelage ras, couleur café clair, légèrement doré, et il se balade dans les Andes du nord ou tout au sud, dans la région de Magallanes et en Terre de Feu.

Les cervidés et autres mammifères

Les cervidés sont représentés par des espèces très rares qui vivent dans les forêts d'Aisén et de Magellan. Au premier rang de celles-ci, on trouve le huemul (Hippocamelus bisulcus), un cervidé de taille moyenne (1 m de hauteur pour un poids de 70 kg au mieux) en voie de disparition. Cette espèce survit encore dans les parcs nationaux chiliens de Torres del Paine ou ceux de la région d'Aisén (Queulat, laguna San Rafael, Tamarango...), mais on trouve aussi des spécimens dans le parc Lauca, au nord près d'Arica.

Dans ces mêmes zones, on pourra rencontrer le pudú, le plus petit cervidé du monde.

Ces cervidés cohabitent avec les autres espèces protégées que sont les pumas (le plus grand des félins au Chili, où se trouvent quatre sous-espèces ; on peut les observer avec de la chance un peu partout dans le pays, sauf à Chiloé et en Terre de Feu) et les chats sauvages. On rencontrera également plusieurs espèces de renards.

Dans le parc Lauca, notamment, on observera les vizcachas, des rongeurs qui ressemblent à des lapins avec des queues (sortes de lapin-écureuil ou de kangourou miniature, au choix).

La faune marine

La faune marine est d'une grande richesse. Ses spécimens les plus impressionnants sont les baleines qui viennent nager dans les eaux du détroit de Magellan et le long des côtes de la Terre de Feu (mais aussi au nord, dans la région d'Atacama). Les dauphins ainsi que les pingouins, les lions et éléphants de mer habitent les côtes chiliennes sur toute leur longueur (on observe des colonies de dauphins aussi bien en Patagonie qu'au nord de Copiapó).

Baleines : si les baleines franches australes sont les plus connues en Patagonie (car on peut les observer facilement dans la péninsule Valdés en Argentine), ce ne sont pas les seules... et pas les plus nombreuses. En vérité, on ne recenserait qu'une cinquantaine d'exemplaires au maximum au Chili. Dans le parc national Francisco Coloane, notamment autour de l'île Carlos III, au sud-ouest de Punta Arenas, on peut observer une colonie d'une centaine de baleines à bosse (jorobadas en espagnol). On sait depuis peu qu'il existe une colonie d'une centaine de baleines bleues au nord-ouest de Chiloé (ce sont les plus grands mammifères marins à avoir jamais existé, pouvant atteindre 33 m de long pour un poids entre 80 et 160 tonnes !). Enfin, il est possible d'observer sept espèces de baleines en Antarctique : de Minke (Balaenoptera acutorostrata), bleue (Balaenoptera musculus), pygmée (Caperea marginata), rorqual commun (ballena fin ou Balaenoptera physalus), rorqual boréal (ballena sei ou Balaenoptera borealis), à bosse (Megaptera novaeangliae) et franche australe (Eubalaena australis).

Orques : de couleur noire avec le ventre blanc, elles peuvent être observées à n'importe quelle époque de l'année, au large des côtes. Elles se reconnaissent à leur aileron noir qui dépasse de l'eau. Ces prédateurs (ce sont des mammifères qui appartiennent à l'ordre des cétacés, mais ils se distinguent des baleines par leurs dents) se déplacent souvent en petit groupe de dix. Les grands mâles peuvent mesurer plus de 9,50 m et peser plus de 8 tonnes (les femelles atteignent 6 m de longueur et pèsent environ 5 tonnes) ; leur arête dorsale (aileron) peut mesurer 2 m de hauteur. Disparité des sexes : si les mâles vivent entre 30 et 60 ans, les femelles peuvent prétendre à une longévité de 50 à 80 ans. On pourra particulièrement les observer entre février et avril, ou aux mois d'octobre-novembre.

Eléphant de mer : ce mammifère appartient à la famille des phoques. Mâles et femelles ont une apparence bien distincte. Les mâles peuvent mesurer jusqu'à 5 m et peser 4 tonnes (la femelle, environ 3 m pour 1 tonne). Contrairement aux femelles, ils sont dotés d'un nez en forme de trompe. La polygamie est joyeusement mise en pratique : le harem d'un mâle peut compter jusqu'à 38 femelles. La gestation dure un an. Au début de l'hiver, en mars, les mâles arrivent les premiers, précédant les femelles qui mettront bas à cet endroit. Pendant la durée du séjour terrestre, les femelles ne cessent d'être menacées par les mâles célibataires, qui livrent des combats violents contre les " seigneurs du harem " et tentent d'enlever les nouveau-nés. Une fois par an, les éléphants de mer muent. Durant cette phase, ils restent à terre et se protègent des effets desséchants du soleil en se couvrant mutuellement le dos de sable humide.

Phoque de Weddel : il se nourrit exclusivement de poissons. Il a été longtemps chassé pour sa fourrure.

Otarie ou lion de mer : le lion de mer peuple une bonne partie du littoral. C'est un animal pacifique, familier, qui a toujours été chassé et massacré. Les lions de mer s'alimentent et vivent dans la mer, en revanche, ils se reposent et se reproduisent à terre. Janvier et février sont les mois de la période de reproduction. Celle-ci commence avec la constitution de harems autour des mâles (environ 13 femelles) qui défendent par la suite leur territoire. Chaque femelle donne naissance à un petit de couleur noir, d'environ 20 kg. La gestation dure 340 jours.

Manchot de Magellan : ressemble de près au pingouin. C'est un oiseau de mer aux caractéristiques surprenantes. Le mâle est à peine plus grand que la femelle, mais il a un bec légèrement plus long et plus large. Il mesure en moyenne 45 cm et pèse entre 4 et 5 kg. Chaque année, il revient au même nid qui n'est autre qu'un terrier. La femelle pond en moyenne deux oeufs avec une chance de survie d'au moins l'un des deux. A noter... la répartition des tâches est particulièrement égalitaire entre mâles et femelles ! De plus, le pingouin est un animal monogame.

Gorfou : manchot de petite taille, avec des plumes jaunes sur la tête.

Les oiseaux

L'espèce d'oiseau la plus remarquable est le condor (Vultur glyfus), dont l'envergure peut atteindre plus de 3 m en plein vol. Son poids est de 8 à 10 kg. Les mâles sont plus grands et sont ornés d'une crête ; contrairement à leurs parents, qui ont le col blanc autour du cou, les jeunes ont le col de couleur grise. Par chance, il est possible d'en apercevoir dans tout le pays, tout au long de la cordillère des Andes.

Les trois espèces de flamants roses sont un véritable enchantement pour le regard. On peut admirer ces derniers sur les lagunes du salar (lac salé) d'Atacama ou sur les lagunes de la cordillère des Andes, à l'est de San Pedro. Les plumes du flamant sont de couleur rose foncé, et l'on différencie les espèces notamment sur la couleur de leurs pattes : celles du flamant chilien sont grise et rouge, celles du flamant de James sont roses et celles du flamant andin sont dorées.

En Patagonie ou dans l'extrême nord, on fera connaissance avec le plus grand des oiseaux chiliens : le ñandu. Cette espèce d'autruche peut peser entre 15 et 25 kg.

Pas de pingouins en Amérique du Sud !

Attention, nous parlons de pingouins dans le guide, mais il n'existe pas de pingouins dans cette région du monde (ceux-ci vivent dans l'hémisphère Nord et s'observent même en Bretagne) : il s'agit bien de manchots, qui ne peuvent pas voler. En outre, ce sont deux espèces différentes : le manchot appartient à la famille des sphnéniscidés, le pingouin à celle des alcidés. Cependant, tout le monde s'accordant à dire pinguinos (en espagnol) ou penguins (en anglais), nous avons cru bon de garder le ton. Voici en tout cas une bonne occasion de s'instruire !

Où observer les baleines au Chili ?

Chañaral de Aceituno : site pas connu des voyageurs étrangers, dans la région d'Atacama au nord de La Serena et de Punta Choros. Entre novembre et avril, on peut observer les baleines de Minke, les baleines bleues, les rorquals communs, les baleines à bosse et les baleines franches australes, ainsi que des cachalots et des dauphins, notamment le grand dauphin ou dauphin Tursiops (dauphin à nez de bouteille). Les pêcheurs de la caleta (petit port de pêche) proposent la sortie pour environ 80 000 $ le bateau (dix personnes maximum).

Piñihuil et Melinka : depuis une petite dizaine d'années, les baleines bleues peuvent être de nouveau observées sur les côtes nord-ouest de Chiloé et dans le golfe de Corcovado. On a identifié à ce jour environ 160 individus différents, mais la colonie pourrait atteindre environ 300 individus (sur les 8 000 qui peupleraient les eaux du monde). L'association Ecomarine Piñihuil propose une excursion de 3 à 4 heures environ en haute mer (souvent très agitée) pour 95 000 $ par personne, entre décembre et avril. Voir le site www.ballenaschiloe.cl. A Melinka, dans l'archipel des Guaitecas, voyez avec l'agence Archipiélagos de la Patagonia (www.adelapatagonia.cl).

Parc national marin Francisco Coloane : dans le détroit de Magellan, au sud-ouest de Punta Arenas, autour de l'île Carlos III (7 heures de bateau depuis la ville ou 3/4 d'heure en bateau rapide), on peut observer des baleines à bosse. Celles-ci aiment sauter dans tous les sens et sont très photogéniques. On peut dormir dans des dômes sur l'île, afin d'être au plus près de ces géants des mers. Voyez par exemple avec l'agence Whalesound de Punta Arenas (www.whalesound.com).

Antarctique : nombreuses croisières depuis Ushuaia en Argentine. Depuis Punta Arenas au Chili, on peut partir avec Antarctica XXI (www.antarcticaxxi.com), d'abord en petit coucou jusqu'à la base aérienne chilienne Frei sur la péninsule antarctique, puis en bateau dans les superbes canaux.

Flore
<p>La Copihue, fleur emblématique du Chili.</p>

La Copihue, fleur emblématique du Chili.

L'insolite configuration géographique du Chili exerce une influence prépondérante sur l'existence, l'étendue, la répartition et la composition des milieux naturels du pays.

Il est très difficile de dresser un inventaire exhaustif de sa flore. On s'est donc seulement efforcé ici d'en dégager les traits dominants, en soulignant les spécificités du pays.

Au nord, les déserts ne permettent pas la croissance d'une végétation abondante ; les espèces xérophiles sont plutôt localisées. A environ 1 000 m d'altitude apparaît parfois une nappe d'eau souterraine qui favorise la croissance d'une espèce endémique, le tamarugo (Prosopis tamarugo), probablement très étendue autrefois, aujourd'hui beaucoup plus rare à cause de l'exploitation des minerais d'argent à l'époque précolombienne puis des usines de nitrate. Les bosquets que l'on peut actuellement observer, souvent accompagnés de l'algarrobo (Prosopis siliquastrum) importé d'Argentine, ont souvent été reboisés. A partir de 2 000 m, ce sont les cactus qui règnent. Plus haut, vers 4 000 à 5 000 m d'altitude croît un végétal ligneux plutôt étrange, le llareta (Laretia compacta) ; appartenant à la famille des ombellifères, exigeant en lumière, il ressemble à des coussinets de tiges serrées les unes contre les autres afin de mieux résister aux conditions arides de la puna. Les centres miniers l'utilisaient jadis comme combustibles.

Dans le Norte Chico (Petit Nord), qui englobe les régions de Coquimbo et de l'Aconcagua, la végétation ligneuse prend plus d'importance, permettant aux moutons de paître au printemps. Il pleut surtout en hiver (entre 10 et 40 cm annuellement), et les principales espèces sont donc xérophiles, sauf dans l'enclave écologique de Fray Jorge, près d'Ovalle, où le brouillard côtier permanent favorise une végétation hydrophile de type valdivienne. Les espèces dominantes de cette région sont l'espino (Acacia cavenia) sur les plaines, les arbres à feuilles persistantes à l'ombre de collines : quillay (Quillaja saponaria), peumo (Crytocaria rubra), litre (Lithraea caustica), boldo (Boldea boldus). Malheureusement, les nombreuses entreprises qui se sont installées dans la région ont eu besoin de combustibles et cette végétation a été sérieusement menacée ; on l'a bien souvent remplacée par des eucalyptus.

Les régions de Valparaíso et Santiago, jusqu'à celles d'Arauco et Malleco, présentent une végétation de transition. La pluviosité est plus importante et génère des bois et forêts spécifiques. L'espèce symbole est l'espino (Acacia cavena), qui constitue le décor naturel jusqu'à la province de Ñuble près de Chillán. Autrefois, le littoral regorgeait de palmiers du Chili (Jubaea spectabilis), mais ceux-ci ne subsistent que vers Ocoa (parc national La Campana) et Cocalán. Les buissons ligneux xérophiles de la côte comprennent l'espèce Nothofagus à feuilles caduques (roble blanco), puis les espèces Nothofagus glauca, leoni et alessandri.

En altitude commence à apparaître le coigüe (Nothofagus dombeyi), puis le rauli à partir de Talca (Nothofagus procera), le lenga (Nothofagus pumilio) et le ñirre (Nothofagus antartica). Sur les plaines centrales, en allant vers le sud, se découvre le roble (Nothofagus obliqua), une variété de chêne.

Une autre essence apparaît dès le volcan Antuco et s'offre en forêt sur le plateau de Nahuelbuta, près d'Angol : le pin Araucaria (Araucaria araucana) ; parallèlement, le cyprès de la cordillère (Librocedrus chilensis) s'avère le conifère le plus septentrional en apparaissant dès la province de Colchagua.

Le Centre du Chili est essentiellement une région agricole qui accueille 75 % de la population du pays. Ainsi, les forêts naturelles ont été surexploitées. Récemment, cette déforestation a été plus ou moins compensée par de nombreuses plantations de pins (Pinus insignis) et d'eucalyptus (Eucalyptus globulus), notamment dans la province de Concepción.

Le Sud, qui s'étend sur plus de 1 700 km, jouit d'un climat pluvieux : 140 cm annuels à Temuco, 175 cm à Puerto Montt, 245 cm à Valdivia, l'une des villes les plus arrosées du pays. En réalité, les zones d'Aisén et de Magallanes s'avèrent plus sèches, avec seulement de 15 à 40 cm de précipitations annuelles.

Ce vaste territoire accueille 95 % des forêts et bois naturels productifs du Chili. La végétation devient plus verdoyante. On voit apparaître d'épaisses forêts d'essences autochtones ou de plantations destinées à l'exploitation forestière. Les arbres natifs se caractérisent par leur dimension exceptionnelle qui supporte la comparaison avec certaines espèces de la forêt équatoriale africaine. Certains peuplements originaires subsistent encore, évoquant une vraie jungle d'espèces feuillues. Des fossiles trouvés en Patagonie démontrent que des forêts de résineux s'étendaient dans cette région il y a des millions d'années.

L'espèce dominante est sans conteste l'espèce Nothofagus (Fagaceoe), une sorte de hêtre (on sait depuis le XIXe siècle qu'il n'est pas identique au hêtre de l'hémisphère Nord), dont les autres régions de peuplement du genre Nothofagus sont la Nouvelle-Zélande, la Tasmanie, l'Australie et la Nouvelle-Guinée. Au Chili, on ne compte pas moins de huit espèces, dont trois à feuilles persistantes et cinq à feuilles caduques. Le rauli (entre 600 et 1 300 m), le roble (jusqu'à 800 - 1 000 m environ), deux espèces qui ne vont pas plus au sud de Valdivia et Osorno, le lenga, le ñirre (entre 1 300 et 1 700 m environ, mais le ñirre apparaît aussi comme broussailles autour de 800 m) ou le coiguë (40 % des forêts de Valdivia) s'y déclinent à l'infini, et l'on découvre le tepa (Laurelia serrata), le laurier (Laurelia sempervirens, souvent mélangé au roble vers Osorno et le lac Llanquihue), l'ulmo (Eucryphia cordifolia), l'olivillo (Aextoxicon puntactum), le tineo (Weinmannia trichosperma), le lingue (Persea lingue) le canelo (Drimys winteri)... D'autres espèces à feuilles persistantes sont le luma (Myrtus luma), le meli (Myrtus meli), le tepu (Tepulia stipularis), l'arrayan (Myrceugenia apiculata), le trevo (Flotowia dicanthoides), le radal (Lomatia obliqua), l'avellana (Guevina avellana), le notro ou ciruelillo (Embothorium coccineum) ou encore le boldo (Boldea boldus).

Plus au sud, le lenga et le ñirre sont alors prépondérants, avec quelques variantes, comme l'espèce Nothofagus montagnei qui ressemble au ñirre, vers la Terre de Feu. Cette région du bout du monde est dominée par une dense forêt " presque " vierge de coigüe, de roble de Chiloé (Nothofagus nitida) et de roble de Magallanes (Nothofagus betuloides), ainsi que de luma et de canelo.

Les diverses espèces de résineux dans la région contribuent à environ 7 % du total des espèces naturelles. En effet, le mélange entre espèces feuillues et espèces résineuses est une constante au Chili et l'une de ses caractéristiques majeures : dans l'hémisphère Nord, les résineux préfèrent rester entre eux ! Les huit espèces de résineux présentes dans la région Sud sont : l'araucaria (confiné à une zone allant du volcan Antuco au volcan Lanin, et sur le plateau de Nahuelbuta), l'alerce (Fitzroya cupressoides, abondant dans la région de Puerto Montt et du lac Llanquihue), le cyprès de las Guaitecas (Pilgerodendron uviferum, vers la région de Chaitén notamment et plus au sud), le cyprès de cordillère (vers Osorno), le lleuque (Podocarpus andinus, relativement rare), le mañio hembra (Podocarpus nubigenus), le mañio (Podocarpus salignus), le mañio macho (Saxegothaea nubigenus). On peut aussi ajouter l'espèce de résineux nain Dacrydium fonckii que l'on trouve sur les côtes de Valdivia jusqu'à la province de Aisén.

Précisons que le meilleur bois se situe dans les provinces de Valdivia, de Malleco Cautín, puis d'Osorno et de Llanquihue.

Au nord : les cactus

On compte près de 170 variétés de cactus dans tout le pays, presque toutes disséminées dans le Nord. Plus des trois quarts sont endémiques au Chili. Deux types que vous pourrez croiser parmi tant d'autres : le sandillón de los ratones (Eriosyse redentiophila), un cactus tout rond, qui atteint parfois 70 cm de diamètre, et qu'on peut admirer sur la côte sud de Chañaral, par exemple (au nord) ; ou le cactus candélabre (Browningia candelaris), qui croît, comme son nom l'indique, comme un chandelier, entre 1 700 et 3 000 m d'altitude ; il peut atteindre 5 m de hauteur pour 50 cm de diamètre. Son bois, jadis utilisé pour la menuiserie ou la charpenterie, est très prisé aujourd'hui par les artisans.

Au sud : l’alerce (Fitzroya cupressoides)

L'alerce, ou lahuén, est un arbre que l'on trouve dans les parties hautes de la cordillère des Andes et de la côte, depuis la province de Valdivia jusqu'à l'île de Chiloé. Certains de ces conifères atteignaient jusqu'à 50 m de hauteur et 4 m de diamètre, pour un âge allant de 3 000 à 4 000 ans. Le bois d'alerce est de couleur rouge et sa qualité exceptionnelle (léger, dur, imputrescible) lui a valu d'être utilisé dans la fabrication de charpentes et d'embarcations. Cependant, l'espèce est, à l'heure actuelle, protégée et sa coupe interdite (on peut en revanche utiliser le bois mort sur autorisation de la CONAF).

Le "desierto florido"

Le phénomène de la floraison du désert d'Atacama fait à chaque fois le tour du monde. Il se produit lorsque la pluie, pratiquement inconnue dans cette région, fait renaître la végétation sur cette étendue aride. Ces dernières années, on a pu assister à ce fabuleux spectacle en 2015, 2016 et 2017. En 2015, deux floraisons ont eu lieu, la première entre avril et mai et la seconde en septembre.

La zone concernée commence au sud de la région d'Atacama, et les étendues fleuries les plus spectaculaires apparaissent le long des 150 km de route entre Vallenar et Copiapó. Le parc national Llanos de Challe est un endroit particulièrement propice à l'admiration du phénomène.

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