Arica est une destination atypique au Chili : l'atmosphère évoque déjà le Pérou, les visages présentent des traits latinos plus prononcés, et l'ambiance tropicale qui se dégage de cette station balnéaire appréciée des Boliviens (la mer est relativement agréable toute l'année) peut retenir votre attention quelques jours. Au moins assez de temps pour découvrir la cordillère, ses petits villages coloniaux magnifiques, ses géoglyphes et ses superbes parcs naturels qui comptent parmi les plus impressionnants du pays. Comme l'écrit Subercaseaux, " si l'on vient du nord, [Arica] nous paraît une ville débordante de chilénité ; si l'on vient du sud, elle respire la terre étrangère : c'est pour cela qu'Arica possède quelque chose d'un mythe, et que les visiteurs ne savent jamais où se situe sa réalité ". Car Arica est une ville " où tout le monde passe et reste ". La situation géographique d'Arica, à l'embouchure du fleuve Azapa - une situation qui lui permet un approvisionnement en eau et une végétation assez luxuriante en comparaison avec le reste du Grand Nord - lui a très tôt conféré un rôle de foyer de peuplement. La culture Chinchorro y prospèrera environ 12 000 ans avant notre ère : les fameuses momies les plus vieilles au monde témoignent de ce passé lointain. Une autre culture indigène est celle des Camanchacos, passés maîtres dans l'art des géoglyphes.

La colonisation espagnole ne put ignorer cette " oasis du Grand Nord ", dès les premières incursions dans la région en 1536. Le 25 avril 1541, Lucas Martínez Vegaso crée la ville d'Arica. Dès 1565, le vice-royaume du Pérou créa le Corregiment d'Arica (dont le nom signifierait peut-être " porte étroite vers l'altiplano " en aymara, même si certains évoquent le nom du cacique local Ariyaka), puis fit d'Arica une ville officielle en 1570. A l'époque, la ville est tournée vers le nord (Pérou et Bolivie), et le Chili actuel a forcément moins d'importance à ses yeux. Et c'est justement de ce Nord que vont venir les causes de son développement avec la découverte de la Potosí mythique et de ses richesses argentées. Arica va jouer le rôle de port commercial ainsi que de fournisseur de Potosí. Malheureusement, une épidémie de malaria va ralentir cet essor et faire fuir les Espagnols dans des lieux plus sûrs comme Tacna (dans l'actuel Pérou), Putre ou Belén. La malaria passée, Arica reprend son rôle qui se double de la fourniture de luzerne pour le fourrage. Même après le déclin de Potosí, Arica reste un port prospère qui a fait ses preuves. Au XVIIIe siècle, les changements administratifs qui secouent l'Amérique espagnole annoncent le déclin temporaire de la ville. En effet, le Haut-Pérou passe sous la juridiction du vice-royaume de La Plata (comprenant entre autres l'Argentine actuelle) en 1776, et le trafic maritime est maintenant dominé par Buenos Aires, plus pratique. La création de l'intendance d'Arequipa, en 1782, accélère ce mouvement puisque toute l'administration y est transférée.

Il faut attendre l'époque post-révolutionnaire pour voir Arica récupérer son rôle de grand port. Elle fait désormais partie de la jeune République du Pérou qui y construit un chemin de fer la reliant à Tacna, en 1855. La ville accueille les bureaux du gouvernement et de la douane et la prospérité revient. Pour peu de temps. En 1868, un terrible tremblement de terre détruit une bonne partie de la ville. Puis Arica, qui se trouve propulsée au coeur de la guerre du Pacifique, est occupée par l'armée chilienne le 7 juin 1880. A la fin de la guerre, la ville est devenue chilienne. Mais elle ne peut oublier ses origines et les accords de compensation de 1904 entre les protagonistes de la terrible guerre lui permettent d'être également le port attitré de la Bolivie qui a perdu son accès à la mer (pendant ce temps, un référendum populaire plébiscitera la présence chilienne à Arica au détriment du Pérou). Pour entériner cette compensation, le gouvernement chilien décide de construire à ses frais, toujours en 1904, une voie de chemin de fer reliant Arica à La Paz et qui verra le jour en 1913. Le port conserve donc son caractère cosmopolite et une identité beaucoup plus régionale que totalement chilienne.

Puis Arica entre dans l'ère moderne grâce à la création d'un port libre, en 1953, sous la présidence d'Ibañez. En 1958, le président Alessandri crée La Junta de Adelanto qui confère à la ville une grande autonomie dans ses décisions administratives. Son développement s'accompagne d'une politique d'urbanisation dynamique : en 1964, une zone industrielle est créée (matériel électronique et automobile) et, d'année en année, de grands ouvrages publics voient le jour (hôpitaux, aéroport...). Actuellement, son statut de port libre ne lui confère plus d'avantages du fait des accords de libre-échange, mais elle a su garder son dynamisme économique grâce au commerce, à la pêche et au tourisme. Arica (environ 185 000 habitants) est en effet devenue le lieu de villégiature privilégié des Boliviens nostalgiques de leur Grande Bleue mais aussi des Péruviens voisins, des touristes étrangers et des Chiliens. Ses plages de sable, ses palmiers et une zone piétonne assez animée lui confèrent un charme bien à elle. Si Iquique semble plus intéressante par son architecture et ses maisons géorgiennes, Arica est sans doute plus à même de jouer un rôle de station balnéaire. La mise en oeuvre d'une politique dynamique pourrait lui permettre de devenir un second Viña del Mar. N'est-elle déjà pas surnommée " la ville de l'éternel printemps " ? Le 8 octobre 2007, Arica est devenue la nouvelle capitale de la Région XV, ou région d'Arica et Parinacota.

C'est aussi le point de départ idéal pour découvrir le circuit connu sous le nom de Ruta de las Misiones. Inauguré en janvier 2012 pour promouvoir le tourisme et préserver l'héritage religieux et historique des régions du nord du pays, le circuit vous emmène de village en village, dans de petites localités du secteur montagneux, à la découverte des joyaux du nord. Les églises sont notamment un incontournable de la région. Dans n'importe quel village des régions d'Arica et de Parinacota, elles ont toutes des caractéristiques en commun : elles sont petites, faites d'adobe, peintes en blanc et ont un autel décoré selon les codes traditionnels. Cette immersion dans la culture andine est aussi une parfaite occasion de découvrir la surprenante fusion des cultures aymara et catholique.

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