Guide du Qatar : Survol du Qatar

Géographie
<p>Côte nord du Qatar.</p>

Côte nord du Qatar.

La péninsule qatarienne, orientée dans le golfe arabique suivant un axe Sud-Nord, représente un des points avancés de la plaque arabique qui s'enfonce lentement sous la rive iranienne du Golfe. C'est un plat pays désertique (à peine 70 mm de pluie par an) de 11 437 km², soit la taille de l'Ile de France, du Vanuatu ou du Banc d'Arguin, soit deux fois le Cantal. Hormis l'anticlinal Dukhan-Umm-Bab dont la partie sud " culmine " à 103 m, nulle part l'altitude des reliefs ne dépasse 50 m et les dépressions sont souvent à quelques mètres au-dessous du niveau de la mer. Presqu'île sur la rive sud du golfe arabo-persique, frontalière de l'Arabie saoudite au sud, s'étirant sur 160 km de longueur, elle compte 80 km dans sa partie la plus large. Ses 563 km de côtes lui ont permis durant une longue période d'avoir pour principales ressources la pêche et les huîtres perlières. Le relief est uniformément plat, à l'exception d'une chaîne de collines en bord de mer à l'ouest (gisements pétroliers de Dukhan), de dunes de sables au sud et de falaises peu élevées au nord-est. Très sinueuses, les côtes sont composées d'une alternance de vastes baies appelés " Khor " en arabe et de paysages lunaires de roches érodées (" Ras " en arabe) ayant formé par endroits de petites criques. Les terres arables occupent 1,64% de la surface totale.

Sans les dunes de sable blanc du sud-est (autour de la mer intérieure), les formations rocheuses de l'ouest (mont Dukhan) et les falaises du nord (Fuwairit), le pays serait plat. Dans le centre de la péninsule, la mer s'est retirée de certains espaces, laissant derrière elle de vastes bassins naturels appelés " Riyadh ". Les plus fertiles sont ceux d'Al-Majidah, Al-Shahaniyah et Al-Sulimi. L'absence de relief se retrouve aussi dans les fonds marins, peu profonds. Il n'est pas rare de trouver d'immenses récifs ou des bancs de sable qui s'étendent sur plus de 50 km au large des côtes. En raison des dépressions créées par le retrait de la mer dans certaines parties de la péninsule, le Qatar est entouré de cuvettes salines, les Sabkha. Là poussent seulement des plantes aquatiques capables de résister, dans ce milieu particulièrement salé (mangrove, palétuvier). C'est principalement dans le sud, autour de la mer intérieure, que l'on trouve ces bassins peu profonds, entourés de terres surélevées. La mer y pénètre lors des grandes marées, puis s'évapore formant les marais salants. La chaleur très élevée finit par assécher ces étendues, laissant le sel se déposer sur les rochers et le sable imperméable.


Climat

Doté du climat subtropical aride, on distingue deux saisons majeures au Qatar : l'hiver, tempéré, de novembre à mars, avec des températures tournant autour de 24 °C le jour et pouvant chuter jusqu'à 13 °C la nuit en ville, 8°C dans le désert. Mois les plus " frais " : janvier et février, où il fait en moyenne 15 °C le soir. Et l'été, chaud et humide, avec un mercure flirtant avec les 41 °C le jour et 29 °C la nuit. La température de la mer monte alors à 37 °C (contre 21 °C en hiver) et perd toute vertu rafraîchissante.

Les intersaisons, octobre-novembre et mars-avril, sont des périodes agréables, beaucoup moins étouffantes que l'été et très douces en soirée (autour de 26 °C en moyenne). Ces données varient quelque peu dans les zones désertiques où le différentiel jour-nuit est plus marqué. Une bonne polaire est essentielle pour les bivouacs en plein mois de janvier dans les dunes près de la mer intérieure ! Côté pluies, de très rares averses s'abattant de décembre à mars sans jamais dépasser les 18 mm par mois ! Des tempêtes de sable peuvent aussi survenir de façon sporadique entre mars et avril et destabiliser partiellement la vie quotidienne.

Environnement – écologie
Une mangrove antipollution

Le Qatar étudie un projet de mangrove pour l'élimination du CO2. Il s'agirait de lancer un processus d'élimination du carbone par des mangroves flottantes, une idée novatrice proposée par le bureau de l'Unesco de Doha. Dans un premier temps, l'opération consiste à développer des prototypes de mangroves flottantes pour mesurer leur capacité écologique à absorber le carbone, les polluants marins, ainsi que sa faisabilité économique. Les mangroves, qui peuvent stocker cinquante fois plus de carbone que les arbres des forêts tropicales et dix fois plus que ceux des forêts tempérées, absorbent 1,5 tonne de carbone par hectare et par an.

Parcs nationaux

Les nécessités marketing du pays poussent à la déclaration officielle de quelques réserves naturelles, ornithologiques notamment. Celles-ci sont interdites d'accès aux visiteurs. Avec l'inclusion prochaine de certaines régions dans la liste du patrimoine mondial, on pourra considérer que la sanctuarisation territoriale est en marche. Seule " aire protégée " véritablement accessible, la péninsule de Ras Abrouq que nous explorons dans le chapitre " Zekreet - La route de l'ouest ".

Umm Tais National Park. Sur l'île d'Umm Tais, un parc national a été créé et aucune habitation n'y existe. Seuls s'y trouvent la forêt de mangrove, des plages, des roches aux formes géologiques intéressantes et un écosystème riche pour la faune aviaire et marine. C'est aussi une importante plage pour la nidation des tortues marines qui migrent dans ces eaux à la saison des amours.

Faune et flore
<p>L'espace des chameaux à Doha.</p>

L'espace des chameaux à Doha.

Faune

Dans les zones désertiques, en particulier si l'on bivouaque du côté de la mer intérieure, on pourra, avec beaucoup de chance, apercevoir de petits mammifères comme le lièvre d'Arabie, le renard de Rüppell, le chat du général Margueritte (spahi à Laghouat), le hérisson d'Ethiopie dit " lion-du-désert ", la gerboise, la gerbille, le daman. Moins timides, les chèvres et les dromadaires !
Pami les serpents, sur 57 espèces, on note la vipère des sables (Psammophis schokari), la vipère des pyramides et la vipère tapis. Chez les lézards, le plus grand est le varan du désert (Varanus griseus) qui peut atteindre 1 m de long ! On peut aussi apercevoir des agames à tête bleue ainsi que des " sand shrinks " qui ont pour caractéristique de s'enfouir dans le sable à la moindre vibration. Le Qatar compte également plusieurs variétés de geckos, ces adorables lézards dont les pattes pourvues de grosses ventouses leur permettent de grimper à la verticale sur des surfaces planes. Au chapitre des arachnides, le solifuge se déplace à 16 km/h en vous suivant sous le soleil, non pas pour vous dévorer mais parce qu'il aime l'ombre. Sa taille peut dépasser largement celle d'une main.

L'oryx. La plus grande des antilopes arabes est considérée par l'UICN comme une espèce en danger, placée en liste rouge : sur une population mondiale estimée à 8 000 têtes, le Qatar en abrite plus de 1 300 dans les sanctuaires de Shahaniyah, Ushaijrij et Mazhabyah. Sa fourrure blanche, qui la protège contre le soleil, est ponctuée de zones plus sombres et presque noires au niveau des pattes, du thorax, de la queue et de plusieurs endroits de la tête. Mâles et femelles possèdent de longues cornes pouvant mesurer jusqu'à 90 cm de long ! Sa température corporelle peut atteindre les 45 °C, tandis qu'un système de " réfrigération " sophistiqué permet de refroidir le sang au niveau des cornes, avant qu'il n'alimente l'organe le plus fragile, le cerveau. Les reins de cette antilope sont capables de concentrer les urines, dont la consistance ressemble à celle du miel ! Omniprésent par le passé, l'oryx arabe n'existe malheureusement plus à l'état sauvage, mais évolue dans des espaces protégés. Les autorités qatariennes en ont fait un emblème national : son profil orne les jets de Qatar Airways et la radio francophone de Doha porte son nom. On pourra les approcher, dans le cadre d'une excursion organisée, au centre Al Maha d'As Shahaniyah.

Les oiseaux (250 espèces), migrateurs ou non, sont nombreux près des côtes, en particulier dans le secteur d'Al Khor : aigrettes, pluviers, spatules, ibis, grèbes, hérons, cormorans, canards, aigles tachetés, chevaliers bargettes, gravelots mongols. Le désert est moins prolifique, mais compte quelques variétés intéressantes, comme la paruline à gorge jaune, le sirli du désert, la courvite isabelle, la moinelette à front blanc.

En mer, autour des récifs de corail de la côte, on peut voir un grand nombre de poissons (240 espèces), des plus minuscules aux grands marlins, raies manta et même requins-baleines ou encore des tortues. Attention aux méduses et aux poissons-pierre, très venimeux. On y trouve également de nombreux mammifères marins, dauphins, baleines, dugongs.

Flore

On trouve dans la région une flore indigène dominée par des espèces communes, comme l'Acacia arabica (l'acacia), l'Halopeplis perfoliata, l'Anabasis setifera et la Salsola baryosma. De nombreuses plantes résistantes au sel, que les botanistes appellent halophytes, viennent rompre la monotonie apparente du désert. Elles incluent la Salsola imbricate, le Zygophyllum mandavillei et le tamaris. Plusieurs herbes, comme le Panicum turgidum, le Pennisetum divisum et le Haloxylon salicornicum, poussent également dans certaines étendues.

Le palmier dattier. Phoenix dactylifera est indissociable des régions arides. Pendant des décennies, il a contribué à l'alimentation des peuples du désert, mais aussi à de multiples usages pratiques : son bois servait à la construction des bateaux, tandis que ses feuilles étaient transformées en paniers, matelas, jouets, et étaient employées également à l'édification des maisons. De nos jours, la production du palmier dattier est une véritable industrie et son fruit est l'un des seuls produits agricoles qatariens exportés : avec 3 millions de tonnes, le pays est le 20e producteur mondial. La datte, bien meilleure dégustée fraîche et moelleuse (tamar) que séchée, est d'ailleurs connue pour ses vertus nutritives, riche en protéines, vitamines et minéraux (3 000 kilocalories par kilo). Assez peu exigeant, le palmier dattier supporte tout type de sol (même sablonneux et salin). Mais il met plusieurs années à donner des fruits et nécessite une pollinisation manuelle. Par ailleurs, il a besoin d'un arrosage minimal mais régulier pour s'épanouir.

Dugong, qui es-tu ?

Le dugong est le seul membre de la famille des siréniens à fréquenter les zones marines. Il occupe notamment les eaux côtières de l'Indo-Pacifique d'au moins 37 pays et territoires de la zone tropicale et subtropicale, de l'Afrique de l'Est aux Vanuatus, entre 26 et 27° nord et sud de l'équateur. Au Qatar, il navigue en père peinard dans les eaux entre Zekreet et les îles Hawar. Le dugong a un corps fuselé, beaucoup plus que chez les lamantins. Le critère morphologique qui le distingue surtout est la présence d'une queue très proche de celle d'un cétacé. Elle contient deux lobes distincts et une encoche médiane nette. Par ailleurs, la partie postérieure est compressée latéralement formant un pédoncule également proche de celui des cétacés. L'espèce se caractérise par une pigmentation grisâtre, plus prononcée sur la partie supérieure de l'animal et blanchâtre sur la partie ventrale. De plus, le corps est parcouru par des poils de manière assez éparse. Le dugong a une tête massive, latéralement compressée et pourvue de lèvres très développées. Les narines, doubles en l'occurrence, sont situées à l'avant supérieur de la tête. La taille moyenne des adultes est de 3 mètres, pour un poids de 400 kg. A la naissance, les jeunes mesurent entre 1 et 1,5 mètres et pèsent environ 20 kg. L'espèce se nourrit principalement de phanérogames, notamment des genres Halodule et Halophila. La consommation d'algues marines est plus rare et serait corrélée avec des périodes de rareté des phanérogames. Le comportement du dugong est typiquement individualiste. L'étude des mouvements de cette espèce suggère que sa distribution à fine échelle est fortement liée aux marées et à leur amplitude. Dans les zones de son aire de répartition où la température de l'eau est plus faible, des mouvements saisonniers à quotidiens peuvent s'effectuer. Question pour un champion, quel est son cri ? Le barbarouffement.

Par Gasparine Garrigues, avec l'Observatoire des mammifères marins, Mamoudzou

Sidr : les épines du Christ

" Alors Pilate prit Jésus, et le fit battre de verges. Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre. " Evangile de Jean.


Du logo de la Qatar Foundation aux paysages qatariens en passant par le somptueux design extérieur du National Convention Centre, l'incontournable Sidr fait figure d'arbre national. Connu depuis des temps immémoriaux, utilisé dans l'Egypte pharaonique, mentionné dans le Livre des trois grandes religions monothéistes, le Ziziphus spina christi est ce jujubier qui aurait fourni les épines de la couronne du Christ. Considéré comme un arbrisseau à feuillage caduc, son port est érigé, à la ramure grêle en zig-zag, pourvue d'épines acérées. Composés de trois noyaux soudés, ses fruits sont jaunes. Nicolas Mésaritès, garde des trésors des chapelles du Sacré Palais de Constantinople vers 1200, pouvait l'observer quotidiennement : " Elle n'est pas rude d'aspect, ni blessante ou pénible au contrat et, si l'on obtient de la toucher, elle n'est que souplesse et douceur. Ses efflorescences ne ressemblent pas à celles des haies clôturant les vignes qui, comme les voleurs le font par leur rapines, tirent à elles le bord de la tunique et sa frange, ou parfois même écorchent et blessent la cheville du promeneur qu'elles accrochent et ensanglantent de leurs piquants féroces : non, certes, nullement, mais elles sont comme les fleurs de l'arbre à encens, qui ont à leur naissance l'aspect de pousses minuscules, comme les chatons de l'osier, comme des bourgeons qui paraissent. "

En 1238, Byzance est gouvernée par Baudouin de Courtenay, un empereur latin. En grande difficulté financière, il décide de mettre les reliques en gage auprès de banquiers vénitiens pour en obtenir des crédits. Saint Louis, roi de France, intervient alors et dédommage les Vénitiens. Le 10 août 1239, le roi, suivi d'un brillant cortège, accueille vingt-deux reliques à Villeneuve-l'Archevêque. Le 19 août 1239, la procession arrive à Paris ; le roi délaisse alors ses atours royaux, endosse une simple tunique et, pieds nus, aidé de son frère, porte la Sainte Couronne jusqu'à Notre-Dame de Paris avant de déposer l'ensemble des reliques dans la chapelle du palais. Pour les conserver, il édifie un reliquaire à leur mesure : la Sainte Chapelle.

Durant la révolution française, les reliques seront déposées à la Bibliothèque nationale. Suite au Concordat de 1801, elles seront remises à l'archevêque de Paris qui les affectera au trésor de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 10 août 1806 où elles se trouvent toujours aujourd'hui. Précieusement conservée, la sainte Couronne d'épines (ainsi qu'un morceau de la Croix et un clou de la Passion) est présentée aux fidèles chaque premier vendredi du mois à 15h, chaque vendredi de Carême à 15h et le vendredi saint de 10h à 17h.

Adresses Futées du Qatar

Où ?
Quoi ?
Avis