" Allah, le clément, le miséricordieux, c'est lui qui les guiderait par delà les épreuves. Et, elles ne manquaient pas. Les barques qui se retournaient et les hommes qui mouraient noyés. Les tempêtes de sable qui les isolaient de leur famille. " Gabriel Malika, Les Meilleures Intentions du monde, éd. Intervalle

Attention, symbole national précieux à hisser le plus haut possible. Voici la " Lorraine " du Qatar, sa première et dernière frontière, la scène de l'épopée perlière et l'image même de la souveraineté d'un État. En 2001, la Cour internationale de justice a noué le deal : Bahreïn conserve les îles Hawar bien qu'elles soient à cinquante brasses de Zekreet, mais jamais, Ô plus jamais, Bahreïn ne prétendra poser un orteil à Zubarah. Sujet globalement urticant, prière de ne pas trop entrer dans les détails. Et pied de nez aux voisins bahreïnis, avec qui toute relation est coupée depuis que l'embargo a débuté en juin 2017.

Histoire. L'ouverture du site de la cité de Zubarah au public permet au pays de souligner qu'une activité humaine et commerciale a existé avant l'installation-colonisation des Bahreïnis Al Khalifa vers 1760. Il est intéressant de prendre connaissance du dossier établi par les autorités pour soumettre le " paysage culturel d'Al Zubarah " aux experts du Patrimoine mondial de l'Unesco :

La ville originelle, de plus de 2 km de long et de 600 mètres de large, était entourée d'un long mur d'enceinte et de tours de garde. Un quartier séparé et un mur extérieur plus large fut ajouté au cours de la deuxième phase de développement urbain et finalement, durant une troisième période, des maisons furent bâties à l'extérieur des murs. Il y a encore une incertitude sur la date à laquelle remonte cette implantation. A ce jour moins de 5 % du site ont été mis au jour. Des recherches ont montré que la ville existait déjà lorsque l'Islam s'est implanté au VIIe siècle. De plus, on trouve une indication intéressante dans l'ouvrage rédigé au Ier siècle par le géographe Ptolémée. Il a noté l'existence dans la zone d'une ville nommée Qadra ou Cadara. Cependant, bien que cela soit très probable, il n'existe pas encore de preuve suffisante permettant de conclure que cette ville pourrait avoir été Al-Zubarah. Un rapport écrit par Hamad bin Nayem bin Sultan Al-Muraikhi Al-Zubari Al-Qatari en avril 1638 décrit Al-Zubarah comme un port de 150 maisons et 700 habitants, qui possédaient plusieurs bateaux et du bétail. Ensuite, vers 1765, les groupes Al-Khalifa et Al-Jalahima, tous deux de la tribu Al-Utubi, quittèrent leur patrie au Koweit pour aller à Bahrein à la recherche de perles. A cette époque, les Perses occupaient déjà Bahrain, aussi les Al-Utubi allèrent dans la ville d'Al-Zubarah, qui existait déjà. Le cheikh local accepta de laisser la tribu s'établir à l'intérieur de la ville en échange du paiement des taxes habituelles pour pouvoir faire du commerce. Mais la tribu refusa et décida de bâtir son propre fort, Al-Murair, à environ 2 km au sud de la ville d'Al-Zubarah. Plus tard, les Al-Utubi ajoutèrent des murs supplémentaires et bâtirent un canal maritime, utilisé comme port et reliant Al-Murair et la ville d'Al-Zubarah avec la mer.

A la fin du XVIIIe siècle, la ville d'Al-Zubarah et Al-Murair devinrent toutes deux des centres florissants de commerce et d'activité perlière. Cette puissance et cette domination firent que ces villes devinrent la cible d'invasions venues de Bahrain, qui était encore sous contrôle perse. En réponse, les Al-Khalifa envahirent Bahrain en 1783 et revendiquèrent la souveraineté sur l'île. Ensuite, petit à petit, les Al-Khalifa émigrèrent à Bahrain où ils se trouvent toujours. Malheureusement, cette migration entraina le déclin graduel à la fois de la ville d'Al-Zubarah et d'Al-Murair, jusqu'à leur abandon total.

Site archéologique. Al Zubarah est la mieux conservée et la plus complète parmi les villes marchandes et perlières des XVIIIe et XIXe siècles et fut l'un des ports les plus actifs de la région. Entourée et protégée par une enceinte longue de 2,5 km, elle occupe une surface de 61 ha. Suite à son abandon au début du XXe siècle, l'ensemble du plan urbain est préservé dans les moindres détails et offre un aperçu archéologique et anthropologique unique des relations économiques, sociales et culturelles des résidents de la ville. Mais aussi des pratiques traditionnelles liées à la pêche des perles. Aujourd'hui, le site représente une forme traditionnelle d'utilisation des ressources terrestres et maritimes, d'implantation urbaine et de gestion de l'eau. Il se présente sous forme de monticules de terre qui cachent les vestiges enfouis de l'architecture vernaculaire et religieuse. A présent, seulement une petite partie a été fouillée et restaurée. Al Zubarah est l'un des derniers sites qui matérialise les trajectoires historiques qui ont façonné le paysage économique, social et géopolitique du Golfe dans la phase de transition vers la modernité. La ville symbolise l'apogée du développement du réseau commercial mondial basé sur les perles, une phase historique dans laquelle les trajectoires marquantes de l'histoire récente de la région du Golfe se sont établies, avant que l'introduction de la perle cultivée ne marque la fin abrupte de cette tradition séculière.

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