Guide du Qatar : Le Qatar en 25 mots-clés

Faire / Ne pas faire

Vous êtes dans un pays musulman, votre attitude de visiteur doit en tenir compte sous peine de gros ennuis... Soyez particulièrement vigilant durant le Ramadan. Il est bienséant de souhaiter bon carême à tous les autochtones que vous avez l'occasion de croiser, cela fait toujours plaisir et montre que vous êtes respectueux des traditions locales. À l'inverse, il serait malvenu de manger ou boire dans la rue durant le jour, avant la rupture du jeûne.

Les classes sociales sont rigides. Les relations entre classes sont très codifiées. Difficile de comprendre d'emblée les règles sociales. Le mieux est, en tout cas, de gardez vos distances avec les employés. Pensez à gratifier les serveurs, chauffeurs de taxi, guides et autres personnes à votre service d'un pourboire, leurs conditions de vie sont souvent difficiles. Mais il serait souvent incompris par tous (en haut comme en bas) de sympathiser avec le petit personnel ou d'avoir une attitude trop amicale si vous êtes invité dans une famille qatarie, de même dans les établissements les plus luxueux.

Les Qataris sont fiers, éduqués et conscients de leur valeur, ne pas les prendre pour des " Bédouins sans éducation ". Leur adresser la parole ne anglais (ou en arabe bien sûr !), leur parler d'égal à égal, avec considération, voire humilité. En revanche, il est recommandé de ne pas prendre de photos des hommes en blanc et surtout des femmes en noir sans demander l'autorisation au préalable. Les hommes ne doivent pas s'adresser à des femmes qataries directement dans la rue, c'est mal élevé. Ne pas s'offenser si un musulman refuse de serrer la main à une personne du sexe opposé.

Respecter les lieux de culte, l'islam en général, les imams en particulier, les fidèles toujours. Pensez à vous déchausser avant d'entrer dans une mosquée et ne pas prendre des photos durant la prière, même lorsque les fidèles prient dans la rue.

Ne pas s'énerver ou s'impatienter si une personne est (très) en retard, c'est très courant au Qatar !

Jeter des ordures ou cracher coûte 25 000 QAR au porcin qui oserait souiller les trottoirs.

Dans l'eau, se méfier des poissons cailloux (stone fish) dans l'eau car leur piqure nécessite une hospitalisation. Préférez une zone sablonneuse pour faire trempette. Se méfier des méduses très nombreuses en été (baignade interdite à certains endroits à certaines périodes). Toujours porter des vêtements longs pour se baigner sur les plages publiques familiales. Sur les plages privées, le bikini est anodin.

Tabous. Faciles à imaginer, pas besoin de faire un dessin ! Il peut paraître délicat suivant vos interlocuteurs d'aborder certains thèmes récurrents, comme l'embargo économique contre le Qatar mené par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, le Barhein et l'Égypte, la crise qui en découle, le budget des achats d'armes, " l'homosensualité " (l'homosexualité est quant à elle clairement prohibée), les ouvriers décédés sur les chantiers de la Coupe du Monde FIFA 2022, les accusation de financement du terrorisme...

4x4

Ils rivalisent en taille et en puissance de moteurs, les 4x4 sont légion au Qatar. Dans votre petite berline, vous vous sentez souvent minuscule au feu rouge. Les Qatari et les immigrés qui peuvent se l'offrir ne lésinent pas sur la qualité de leur monture, avec laquelle il vont régulièrement dans les dunes pendant les vacances d'hiver. Le must est d'avoir l'un des derniers modèles rutilants, qui dispose d'un mini frigo à l'intérieur pour garder des boissons fraîches et qui affiche un moteur des plus puissants et robustes.

Abaya

Voici la longue robe noire, généralement sobre, que les femmes enfilent par-dessus leurs vêtements avant de sortir dans les lieux publics de Doha. Parfois discrètement ornée de fils d'or, d'argent ou brodée de perles comme le veut la tradition, l'abaya laisse entrevoir, au gré de la marche, des vêtements plus bariolés ou plus modernes. L'abaya est recouvert sur le haut du corps par le niqab, le voile noir traditionnel qui ne laisse voir que les yeux et qui est le plus usuel au Qatar.

Boutre

Embarcations traditionnelles en bois, ces anciens navires de commerce ou dhows acheminaient biens et denrées de la partie orientale de l'océan Indien jusqu'aux pays du Golfe et même jusqu'à Zanzibar en suivant le vent de la mousson. Les historiens rappellent qu'ils furent essentiels aux activités des pirates, mais aussi de commerçants indiens sur la route des épices. Si les cargos à moteur les remplacent désormais, ils sont toujours fabriqués pour l'attraction, participant au charme oriental des dîners-croisières ou des petits tours en bateau musique à fond dans la baie de Doha proposés pour admirer la skyline de West Bay.

Café

On vous proposera le fameux café arabe dans de nombreux hôtels dès votre arrivée, accompagné de dattes. Servi dans le dallah, une cafetière à long bec, il est élaboré avec très peu de café (2 cuillères/litre) auquel on ajoute de la cardamome et parfois de l'eau de rose. Sa teinte est celle d'un thé clair. Son goût n'a rien à voir avec le café que l'on connaît. En geste de bienvenue, il est versé dans un gobelet sans jamais que celui-ci ne soit rempli.

Canicule

Trip hyperthermique de juin à septembre. Pour les expatriés, passer son premier été à Doha relève de l'épreuve initiatique, tant la chaleur est difficilement supportable (proche des 50 °C !) et s'accompagne de taux d'humidité importants, ce qui rend les balades à pied ou les repas en terrasse simplement impossibles. Durant cette période, le sable est brûlant, l'air extérieur se transforme en fournaise et les hôtels rafraîchissent leurs piscines car la température de l'eau dépasse les 35 °C !

Chantiers

Innombrables, incontournables, quasi perpétuels, ils ponctuent le paysage urbain et frappent le visiteur dès son arrivée. Aux abords des routes comme de tous les quartiers, ils dressent leurs montagnes de grues et des colonnes infinies d'échafaudages et fonctionnent jour et nuit. Omniprésents, ils offrent aux touristes un très curieux panorama : celui d'un pays en gestation, à l'oeuvre, prêt à sortir des sables et imposer sa démesure au monde ! Les routes sont aussi en perpétuelle construction, comme on peut le voir sur les cartes GPS qui ne sont pas actualisées et se perdent dès la sortie du centre.

Chicha

Ses volutes embaument l'air du Souq Waqif. Fumer la chicha à la terrasse d'un restaurant ou d'un café est un véritable passe-temps auxquels s'adonnent les Qataris, hommes principalement, mais aussi les femmes. L'occasion de bavarder, se retrouver après le travail entre amis ou en famille le week-end.

Chocolats

Les Qatariens sont dingues de cacao. Sous un climat propice à la fonte accélérée, l'exercice serait périlleux s'il n'était totalement maîtrisé. On achète dans les malls, chez les plus grands artisans, des pâtes et des truffes importées de Suisse, de Belgique et de France, on les place dans la boîte à gants climatisée de sa limousine, et le tour est joué.

Culture

L'immense Qatar National Museum ouvrira en décembre 2018, dans un édifice exceptionnel en forme de rose des sables achevé par l'architecte français Jean Nouvel. Tout comme les nouveaux musées de Mushreib city et l'ex-caserne de pompier aujourd'hui dédiée à l'art contemporain, Fire Station Artist, il vient étoffer l'offre culturelle de Doha (le musée d'Art islamique, le musée d'Art moderne arabe Mathaf et le musée privé Sheikh Faisal). Patronne des musées, dotée d'un goût très sûr et d'une cassette familiale sans limites connues, la soeur de l'Émir, Al-Mayassa bint Hamad bin Khalifa Al-Thani, est une cheikha chic et choc, une princesse surnommée la culture Queen. Qui peut contredire une demoiselle qui achète un Gauguin pour 300 millions d'euros ?

Dattes

Fard, safawi, sukkary, mabroom, segai, khenaizi... ces noms exotiques sont des dizaines de variétés de dattes, mais il en existe beaucoup d'autres. Les deux plus populaires au Qatar sont les Ajwa, petites, sombres et fruitées et la reine des dattes, la medjool. Les dattes sont connues dans le monde musulman depuis toujours. Le Qatar qui a considérablement augmenté sa production locale, de 31 200 tonnes en 2017, ce qui assure 88 % de sa consommation locale. Source de fibres, sucre, potassium, magnésium, elles sont consommées en grande quantité pendant la période de Ramadan, surtout au moment de l'Iftar, la rupture du jeûne. En journée, elles sont souvent proposées pour accompagner son thé ou son café.

Désert

Si le Qatar est un pays désertique par nature, pour ne pas dire une péninsule recouverte de cailloux et de poussière, il compte des déserts de dunes de sable merveilleux, dont le plus vaste se trouve au sud-ouest de Doha. Il est bordé par une mer intérieure et la mer du Golfe, et fait l'objet d'une expédition touristique à la journée pour en admirer ses paysages ou en camp pour le découvrir à la belle étoile. Il s'anime particulièrement pendant en hiver, quand les Qataris installent leurs caravanes et camps mobiles pour la saison au bord de la mer, et s'adonnent à des courses de 4x4 dans les dunes tous les vendredis.

Dromadaire

L'animal chéri des Qatariens, une évidence puisqu'il les a accompagnés dans les rudes années, quand personne ne s'intéressait vraiment à eux. Au marché aux animaux de Salwa Rd, on achète un bébé pour environ 5 000 QAR et un grand modèle à partir de 10 000 QAR. Les Qataris se massent au camelodrome Al Shahaniya pour voir les champions concourir après une saison d'entraînement intensive à l'aide de jokers-robots artificiels (qui ont remplacé des enfants jockey depuis une loi anti-esclavage ordonnée en 2005).

Éducation

Le Qatar dépense un budget conséquent pour l'éducation de 20,6 milliards de QAR (10,4 % du budget total), qui ont été injectés en 2017 dans la construction de 17 nouvelles écoles et la rénovation de 28 autres. Emblématique de l'élan du pays vers l'éducation, Sheikha Mozah (la mère de l'Émir), diplômée en sociologie, est la tête de la fameuse Qatar Fondation (Fondation pour l'éducation, les sciences et le développement communautaire), une ONG qui a créé le fameux campus Education City. Un laboratoire sur l'enseignement international à grande échelle fascinant, et un pari sur l'avenir pour attirer la matière grise au Qatar. Le pays compte près 330 écoles internationales, dont de réputées universités privées américaines et anglaises, mais aussi européennes dont la prestigieuse HEC Paris dans un gratte-ciel de West bay. Sheikha Mozah est aussi à l'origine du programme mondial Educate a Child (AEC) qui sponsorise le projet mondial de l'ONU Educate a Child qui par une levée de fonds par le mécénat vise à scolariser 10 millions d'enfants dans le monde.

Élégance

Matin et soir, ils et elles sont parfumés, cirés, manucurés, repassés, lumineux comme des sous neufs, n'élèvent jamais la voix, marchent lentement et semblent perpétuellement zen. En regard, nous sommes criards, la tête hirsute et à l'air, le jean douteux. Cette élégance qatarienne est facilitée par le bataillon de serviteurs qui accompagnent les familles locales : les mains ne font jamais la vaisselle. Sheikha Mozah, la mère de l'Émir actuelle, est une véritable égérie de la mode qatarie, toujours extrêmement bien habillée, d'une beauté resplendissante, elle incarne l'élégance moderne (mais libérée de l'abaya) avec des tailleurs ou robes de créateurs ou de grandes marques qui soulignent la taille de guêpe de cette mère de 8 enfants. Son indéfectible foulard, plus décoratif que couvrant, est lui aussi prétexte à des créativités colorées.

Fauconnerie

Vous découvrirez avec stupéfaction l'hôpital pour faucons en plein Souq Waqif à Doha. Ouvert jour et nuit, cette clinique privée high-tech pour les précieux compagnons de chasse des Qataris se trouve à côté des magasins qui vendent accessoires et même jeunes faucons prêts à être dressés par leur futur maître ! Si la pratique de la chasse au faucon (inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco) est un sport national traditionnel et culturel qui se pratique en toute intimité par les 3 000 Qataris propriétaires de faucons, un festival se tient en septembre avec de nombreuses démonstrations et des compétitions (faucon le plus beau, le plus rapide...).

Francophilie

Une francophonie galopante grâce aux nombreux cadres libanais, égyptiens et maghrébins qui affluent ici chaque année. On trouvera un interlocuteur francophone dans tous les hôtels ou presque. Oryx FM qui émet à Doha est la seule radio locale en français du Golfe. Les Qatariens n'ignorent pas que l'Émir est particulièrement francophile, et même francophone, qu'il entretient des relations très étroites avec la France, notamment dans le domaine de la diplomatie culturelle et commerciale d'influence (pas seulement le PSG !) et que le Qatar a investi massivement dans des entreprises et du patrimoine immobilier dans l'Hexagone. Les Français sont très bien reçus par les Qataris qui viennent souvent s'adonner au shopping de grandes marques dans les rues de Paris.

Futurisme

Un sentiment de culbute historique anime la société locale. Le passé perlier, douloureux, trimeur, s'efface des mémoires pour faire place à un présent conjugué au seul avenir, moderne, architectural et même futuriste. Tout est en devenir, en transformation, en records à battre. De nouveaux gratte-ciel viennent tutoyer les cieux du downtown de West Bay ou de l'île artificielle de The Pearl. Des villes dans la ville sortent de terre au coeur de Doha : il s'agit en réalité de pôles de compétences tournés vers l'enseignement supérieur et la recherche (Qatar Fondation et Education City), le sport (Aspire Zone), les hautes technologies (Lusail Smart City), la médecine (Hamad Medical city)...

Gaz

Premier pays producteur-exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, avec près de 30 % de part de marché, 3e réserve mondiale derrière la Russie et l'Iran. Et Qatar Petroleum a annoncé en juillet 2017 son intention d'augmenter sa production de gaz de 30 % en plein embargo économique. Côté pétrole en revanche, c'est le plus petit producteur de l'OPEP avec 1,1 million de barils par jour. L'or noir a largement contribué au développement de la richesse du pays depuis la création de la compagnie nationale en 1974 mais sa production s'est stabilisée dans les années 1980.

Henné

Quoi de plus joli sur la peau cannelle que ces arabesques teintes ? Les dames se font volontiers décorer les mains, les bras et les pieds, surtout en vue de mariages et autres fêtes familiales où chacun se parent de ses plus beaux atours. Ce tatouage éphémère réalisé par des femmes au Souq Waqif ou dans les salons de beauté, suivant des motifs géométriques arabes très fins qui suivent les courbes de la main. Très esthétique et artistique.

Hospitalité

Un trait culturel fort et vivant. Les Qatariens, s'ils fuient la promiscuité, souhaitent toujours la bienvenue à l'étranger. Ils veulent que vous vous sentiez bien, que vous aimiez leur pays. Ils sont fiers du développement accéléré de ces vingt dernières années. Mesurez cette attente, et ne la moquez jamais.

Immigrés

Ils représentent environ 90 % de la population, ce qui rend les Qatariens ultra-minoritaires chez eux, et se subdivisent en trois groupes : Indiens, Pakistanais, Sri Lankais, Philippins et Chinois forment la main-d'oeuvre (bâtiment, voirie, entretien, restauration, hôtellerie...) ; les Arabes, venus d'Égypte, de Jordanie, de Syrie, du Liban, de Palestine, du Maghreb constituent la classe moyenne des cadres commerciaux et les catégories supérieures émergentes des médecins et des ingénieurs. Les Occidentaux, en contrat d'expatriation, occupent le haut de la pyramide sociale. Très en vue, les Européens d'origine arabe titulaires d'un passeport français ou britannique, sont à l'aise à tous les niveaux.

Main

La droite, uniquement, pour manger quand on est au majlis assis au ras du sol. On se sert dans le premier plat à droite de son assiette, sans changer de plat ensuite. Ainsi coupait-on la main droite des voleurs, qui devaient subir l'humiliation publique de se nourrir avec la gauche, réservée à la toilette intime.

Mall

Même les plus réticents aux centres commerciaux se doivent d'entrer dans l'un des malls démesurés de Doha, ne serait-ce que pour constater la folie des grandeurs dont sont habités les architectes qui ont conçu ces espaces. Ils fleurissent partout, toujours plus grands et plus spectaculaires. Les derniers en date : Tawar Mall, Festival City Mall, The Gate Mall... Certains sont dédiés au grand luxe, d'autres aux classes moyennes, combinant grandes marques et boutiques locales, tandis que les nouveaux sont dotés d'attractions sportives ou familiales.

Perle

Si aujourd'hui les huîtres fabriquent leurs perles tranquillement au fond de la mer du Golfe, fut un temps où elles étaient la richesse et seule ressource des modestes pêcheurs autochtones qataris. Pendant des millénaires, et ce jusqu'à l'introduction des perles de culture artificielles japonaises dans les années 1930, qui a fait péricliter son commerce juste avant que le boom pétrolier des années 1940 qui a redonné des couleurs à l'économie qatarie. Aujourd'hui, on trouve encore des perles chez des spécialistes du Souq Waqif qui en exposent des spécimens du monde entier en vitrine. Sa pêche en apnée à bord des traditionnels dhows, avec les risques d'accident qu'elle comprend à l'époque et la vie rude en bord de mer, est racontée aujourd'hui dans l'histoire du pays, qui paraît bien loin de l'activité économique du pays de ces dernières décades.

Souq

On écrit souk en français, ici le Souq Waqif est le centre névralgique de Doha. Rénové dans des murs anciens, divisés en zones de commerçants (les habits et étoffes, les épices, l'or, l'animalerie, la parfumerie orientale, les fauconneries, les restaurants, les boutiques touristiques...). Il est animé le matin, mais surtout le soir à la sortie du travail et le week-end. Les familles, les groupes d'amis déambulent dans les rues piétonnes, fument la chicha en bavardant en terrasse ou font du shopping, suivis des porteurs à brouettes traditionnels. Des souks similaires à ceux de Doha sont actuellement en cours d'achèvement à Al Wakra au sud et Al Khor au nord, et devraient créer d'ici peu une vraie dynamique de centre-ville à l'orientale.

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