Guide de la République centrafricaine : Histoire

L’âge de pierre, l’âge du fer

Voilà plus d'un million d'années, la région était habitée par des hominidés dits " erectus ", établis de façon disparate, puis par leurs successeurs qui sont aussi nos ancêtres, les " sapiens ". Au paléolithique (- 40 000 à - 3000 av. J.-C.), le travail de la pierre a donné naissance aux outils tranchants, qui ont permis de pérenniser l'économie de chasse et de cueillette prévalant parmi les habitants de la région, dont le mode de vie ressemblait étrangement à celui des Pygmées. L'utilisation de petites pierres taillées était alors très répandue en Afrique centrale. Des vestiges ont été découverts aux environs des villes de Mbaïki (Sud-Ouest) et de Bouar (Nord-Ouest), mais également au Cameroun et dans le sud Congo. De la période néolithique (de - 3000 av. J.-C. à l'an 0) demeurent surtout les impressionnants et étranges mégalithes, ces pierres dressées éparpillées dans la région de Bouar sur plus de 7 500 km², mais aussi les peintures rupestres qui ornent de nombreuses grottes du pays. A cette époque, le Centrafrique était dominé par la culture Tazunu : une population d'agriculteurs, en voie de sédentarisation, dont les origines se trouvent probablement réparties entre le Nigeria, le Cameroun et la RDC (pour plus d'informations sur cette période, nous conseillons la lecture de Pierre Vidal, notamment son ouvrage de référence intitulé Tazunu, Nana-Mode, Toala, ou : de l'archéologie des cultures centrafricaines et de leur histoire ancienne). La population aurait été alors de quelque 500 000 âmes sur tout le territoire centrafricain.

Cependant, le nombre de mégalithes tend à décroître à mesure que les locaux commencent à travailler le métal, en particulier le fer et, dans une moindre mesure, le cuivre. Du Ier au XVIIe siècle, l'âge du fer voit certaines ethnies s'imposer grâce à leur maîtrise de la fonte des minerais. Ainsi, les Gbaya, les Bofi, les Monzombo Banda savent fabriquer les lingots, qui deviennent une monnaie d'échange importante (" ginza ", en sängö, désigne l'argent monnaie) et permettent aussi de fabriquer des armes. Chaque ethnie se doit alors de posséder sa propre collection de couteaux de jet, revêtant autant de formes et d'utilisations : pour les cérémonials, la chasse ou la guerre. Les outils agraires évoluant rapidement avec ces nouvelles techniques, la population s'étend progressivement à l'ensemble du territoire : selon les estimations, le pays compte alors près de 6 millions d'habitants, soit une densité double par rapport à celle d'aujourd'hui.

Fait étrange, le Centrafrique n'a pas été fondé à partir d'un royaume vaste et influent, comme c'est le cas de nombreux pays africains. Au XVe siècle, la partie sud du Centrafrique dépend du royaume d'Anzica, basé au Congo, tandis que la région du nord/nord-est appartient au royaume de Gaoga, en relations étroites avec les pays du Nil. Le Gaoga, dont les frontières débutent dans la région de Birao pour finir aux portes du désert libyen, se compose d'une population assez pauvre, mais qui possède de nombreux troupeaux. L'existence de ce royaume a notamment été relatée par Léon l'Africain, un diplomate marocain qui a raconté son voyage à travers la région dans son célèbre ouvrage, Description de l'Afrique. Pendant ce temps, au sud, les commerçants et les explorateurs portugais rencontrent les sujets du royaume d'Anzica : un peuple de guerriers, alors en lutte avec les Nubiens, qui vivent surtout du trafic d'esclaves, contre lesquels ils échangent cauris, sel et tissus. Ces récits prouvent que la Sangha, l'Oubangui et le Congo étaient déjà des voies fluviales de communication connues et utilisées avant que les premiers colonisateurs français et belges ne débarquent.

Suite à la destruction du royaume chrétien d'Aloa (1504), de nombreuses populations s'exilent en RCA, notamment les " gens du fleuve ". Jusqu'alors, les Bantous se cantonnaient à la zone de Batalimo (Lobaye). Mais la fin de l'âge du fer marque le début de leur expansion vers l'est, et notamment le long du 4e parallèle. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le sud se peuple de petites entités territoriales composées de commerçants, qui ont fui les razzias des sultanats musulmans du nord qui voulaient les réduire en l'esclavage. C'est sur eux que la colonisation va se baser. Cette époque voit aussi l'établissement des Banda, qui poussent d'autres peuples, s'unissent parfois ou prennent leur place (Kara).

Genève attire les richissimes familles

Le canton de Genève fait partie des destinations favorites des ultra-riches, et ce ne serait pas trop s'avancer de dire qu'il s'agit même de la première d'entre elles. Raison n°1 : la fiscalité, bien sûr. Mais c'est aussi la beauté du paysage qui est invoquée, des villas au bord du lac plus accessibles qu'à Monaco, la tranquillité et la discrétion. La vie est agréable et on se sent en sécurité sur les rives du Léman. A lire les témoignages des people installés dans la région, il semblerait qu'ils aiment aussi quitter leur yacht de temps en temps pour se sédentariser et que les rives du Léman sont les plus appropriées, avec notamment de bonnes écoles et universités pour leurs enfants. De plus, la population suisse, bien trop réservée, n'aborde pas sauvagement les célébrités lorsqu'elles se baladent en ville, comme tout le monde. Le nombre de contribuables helvétiques possédant plus de 10 millions de francs ne cesse d'augmenter et se regroupent dans 5 cantons suisses, dont Genève (923 personnes) pour par exemple 94 dans le canton de Neuchâtel.

Une traite esclavagiste dévastatrice

Début 1800, Ngoura, chef des Kogobili, fonde la nation Zandé au sud-est de Bangassou (Mbomou). Tandis que, vers 1820, les Gbaya, pourchassés dans le nord-ouest par les Fulbé de l'Adamaoua, s'établissent plus massivement dans l'ouest centrafricain. Selon les découvertes effectuées lors des fouilles archéologiques, ils étaient déjà vaguement présents dans les environs de Bouar. Enfin, vers 1825, les Manja s'installent au nord de l'Oubangui. La colonie de l'Oubangui-Chari sera fondée dans une zone tampon, conjonction entre plusieurs royaumes.

Au cours du XVIIIe et du XIXe siècle, le Centrafrique subit une grave période de crise : à la suite d'une baisse brutale de la population, la partie est du territoire se vide littéralement. La première explication est à chercher dans les grandes épidémies de variole, de fièvre jaune et de trypanosomiase qui déciment les habitants. Facteur aggravant, la traite des esclaves n'arrange en rien cette misère sanitaire, notamment la politique d'enlèvement très active pratiquée par les Etats musulmans du nord et de l'est sur les populations animistes. A cette époque, les quatre Etats tekrouriens (convertis à l'islam) - Bornu, Baguirmi, Ouaddaï, Darfour - pratiquent de véritables razzias dans les zones " d'exploitation " qu'ils se sont attribuées, entre le Yadé et le Dar Fertit. Cette traite négrière connaît son paroxysme après 1830 et la fondation par le Ouaddaï d'un Etat esclavagiste autour de Châ, le Dar el-Kouti.

Au XIXe siècle, le nord-ouest du pays subit le même terrible trafic et se voit vidé par les souverains voisins. D'après la plupart des historiens, ces raids esclavagistes cessent avec l'arrivée des premiers colons et la traite s'éteindra vers 1910. Malheureusement trop tard pour certains groupes, qui disparaîtront.

Taux de chômage

Au niveau de la Confédération, le canton de Genève n'est pas le meilleur élève en matière de chômage ! En effet, son taux de chômage est le plus élevé du pays avec 5,2% en août 2017. Son voisin le canton de Vaud affiche lui un taux de 4,4 %, Neuchâtel 5,3 %... la moyenne nationale est de 3,3 %, un des taux les plus bas au monde. La France, quant à elle, affiche un triste taux de 9,7 % ! Il est important de savoir, qu'un frontalier (personne résident en France et travaillant en Suisse) dépendra du chômage dans son pays de résidence. Même si Genève est l'un des dernier de sa classe dans son pays, son taux reste bien inférieur à ceux des pays membres de l'Union européenne.

La colonisation

Les premiers voyageurs. A la fin du XIXe siècle, la France, la Belgique, l'Angleterre, l'Allemagne et le Portugal se livrent une compétition féroce dans la course à la colonisation. Certes, ils ne sont pas les premiers à atteindre le territoire centrafricain, précédés par des explorateurs, des voyageurs, des commerçants, des chefs de guerre et des diplomates... Le Centrafrique accueille l'une de ces premières expéditions dignes d'intérêt à l'occasion de la mission du cheik tunisien El-Tounsy, qui a parcouru la région du Darfour et du Ouaddaï entre 1806 et 1809. En 1870, l'Allemand Georg Schweinfurth rallie l'Oubangui. Le Mbomou est " découvert " en 1876-1877 par Potagos. Ensuite, un médecin russe vient séjourner longuement en Centrafrique à de maintes reprises, entre 1875 et 1886, notamment chez le sultan Zémio. Puis des révoltes internes au Soudan bloquent les voies de communication avec le Nil, et donc avec l'Europe par l'Egypte. La pénétration va alors s'opérer par le sud.

Les Français remontent l'Oubangui et la Sangha, en rencontrant de nombreuses résistances. En 1894, les frontières sont fixées, après des tractations soutenues avec les Léopoldiens (Belges) de l'Etat indépendant du Congo, puis avec les Allemands du Kamerun, cette dernière frontière ayant été modifiée en 1911 puis en 1919. Mais s'il est une date-clé à retenir, ce doit être celle du 26 juin 1889 : elle marque la fondation de Bangui par Dolisie et Uzac, sur un coude de l'Oubangui. Une base de départ idéale pour la course au Tchad et au Nil. La veille, le 25 juin 1889, les Léopoldiens fondent le poste de Zongo, sur la rive gauche de l'Oubangui. (Nous ne saurions trop recommander la lecture de l'excellent ouvrage d'Yves Boulvert, Bangui 1889-1989, recueil d'anecdotes et de lettres d'époque.)
A partir de 1890, les premiers explorateurs français arrivent de Brazzaville (Congo) pour rejoindre le lac Tchad. Ils remontent le fleuve Congo, puis l'Oubangui jusqu'à Bangui et Possel, d'où ils partent vers le nord en suivant la Tomi, puis le Gribingui, avant d'atteindre le Chari. Ils voyagent essentiellement à pied, avec des porteurs, et progressent lentement. Selon leurs récits, les populations habitant les environs de Bangui craignent des " nains, guerriers redoutables, qui vivent au milieu d'une grande forêt. Très agiles et courageux, ils viendraient jusqu'entre les jambes de l'éléphant pour lui planter des sagaies dans la poitrine ". Crampel caresse le projet de rallier la Méditerranée pour unifier les colonies françaises. Mais il sera assassiné par un chef de tribu dans la région de Bangassou : alors en guerre avec le funeste Rabah, le sultan Senoussi a besoin de ses armes.
La conquête, longue et difficile, est terrible : les Français rencontrent des populations parfois hostiles car déjà persécutées par des chefs de tribu, notamment musulmans, se font assassiner, succombent aux maladies...

Le système concessionnaire. A une époque où lever des fonds publics pour développer les territoires des colonies était difficile, les Français ont imité le modèle belge en distribuant des concessions. Ainsi, des terres prétendument " vacantes " - mais en fait occupées par différentes ethnies - ont été réquisitionnées comme " biens de l'Etat ". Attribuées pour une trentaine d'années à des sociétés ou à des compagnies, ces concessions pouvaient être exploitées de toutes les façons, agricoles, forestières ou industrielles, exception faite des potentielles richesses minières. Outre le versement d'une taxe (50 000 francs annuels et 15 % des bénéfices), les concessionnaires doivent aider à l'implantation de postes douaniers, de lignes télégraphiques, assurer la plantation d'hévéas (le caoutchouc était très recherché, tout comme l'ivoire : acheté 1 ou 2 francs le kilo, il est revendu 15 francs en Europe, moyennant 2 ou 3 francs de transport)... Un système mis en place au Congo, au Gabon et en Oubangui-Chari, où dix-sept sociétés se partagent une superficie égale à la moitié du pays.

Toutefois, les agents des concessions françaises implantées au Centrafrique, peu surveillés du fait de l'éloignement avec l'Hexagone, commettent de graves exactions. Ainsi, les femmes et les enfants de villages récalcitrants à payer leurs impôts à la France sont enlevés et emprisonnés jusqu'à ce que mort s'ensuive. De nombreuses régions vont alors se soulever : une partie du pays zandé, la Haute-Kotto ainsi que les régions montagneuses du nord-ouest libérées des Allemands. Seule l'arrivée de Savorgnan de Brazza permet de rétablir l'ordre, ponctuellement et sur un terrain délimité. La population française n'est que très rarement informée des actes de barbarie que ses administrés commettent au nom de la France. Même si les abus commis par ces entrepreneurs, ainsi que les excès du portage, ont varié selon les chefs, les tribus et les administrateurs.
Avec la construction d'un réseau de pistes terminé en 1925, tous les postes administratifs sont reliés à Bangui par des voies praticables pour les automobiles : c'est la fin du portage commercial. Mais ses conséquences auront été terribles, de nombreuses Centrafricaines étant allées jusqu'à se faire avorter afin de ne pas donner naissance à un futur esclave.

La sanglante révolte du Kongo-Wara. Les Belges ayant construit un chemin de fer, achevé en 1900, pour relier la rive gauche du fleuve Congo à Léopoldville (actuel Kinshasa), les Français décident d'en faire autant. Pour relier Pointe-Noire à Brazzaville (Congo), près de 120 000 hommes sont réquisitionnés sur les chantiers, dont environ 40 000 Centrafricains. Mais le taux de mortalité est tellement élevé que les colons doivent recourir aux méthodes musclées pour l'enrôlement. Ces brimades, véritable esclavagisme à domicile, touchent essentiellement l'ethnie des Gbaya. C'est pourquoi, parmi toutes les insurrections qui ont secoué les anciennes colonies dans l'entre-deux-guerres, celle du Kongo-Wara a été la plus virulente. La révolte prend ses racines à Bouar, en 1928, sous l'égide d'un prêcheur natif de la ville et répondant au pseudonyme de Karnou, de son vrai nom Barka Ngaïnombey. Très vite, la " guerre de libération " va rassembler les ethnies à l'ouest d'une ligne Boda-Bossembélé, puis déborder largement au Tchad, au Cameroun et au Congo voisins. Près de 50 000 guerriers prennent part aux combats, mais les arcs et les flèches ne font pas le poids face aux fusils et aux canons. Tous ceux qui commettent des exactions au Centrafrique sont visés, les Blancs comme les Noirs. Le sentiment de révolte est tel que même la mort de Karnou, disparu suite à une violente répression de l'armée française venue lui régler son compte, n'y change rien. Alors que la quasi-totalité du pays est gagnée par une fièvre libératrice, les soldats colons y mettent fin dans un bain de feu et de sang : c'est l'épisode de la guerre des Pana, du nom des grottes proches de Bocaranga. Réfugiés dans des cavernes, près de 10 000 hommes vont être pris en tenaille, enfumés et mitraillés. Mais le lourd tribut payé par les colons marquera ces derniers, et jouera un rôle décisif dans le mouvement qui conduira le pays à l'autodétermination lors des indépendances.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Dès le 30 août 1940, soit le début des hostilités, les différents capitaines des contingents français basés en Centrafrique, dont De Roux à Bouar et Amiel à Berbérati, annoncent leur ralliement à la France libre. Cet engagement implique donc l'entrée en guerre des colonies aux côtés des Alliés britanniques. Nommé commandant, De Roux forme le 2e bataillon de marche (BM2) de l'Afrique équatoriale française, composé de tirailleurs centrafricains et européens. Ainsi, plus d'un millier de soldats quittent Bangui, en 1941, pour la Palestine et la Syrie, où ils combattent notamment lors de la prise de Damas. Ils s'illustrent à la célèbre bataille de Bir-Hakeim, qui a lieu en Libye en 1942. En 1943, le BM2 participe à la libération de Madagascar et combat en France en 1944. Le régiment est alors promu Compagnon de la Libération. Après la fin de la guerre, le statut géopolitique des colonies françaises va vite évoluer. En 1946, l'Oubangui-Chari est reconnu comme un Territoire d'outre-mer (TOM) français. Puis, en 1956, la loi Deferre instaure l'autonomie du territoire, avant que la république ne soit proclamée en 1958, sous l'impulsion du père fondateur du Centrafrique, Barthélemy Boganda.

La Suisse et l'Union européenne

A la suite du refus de la Suisse de ratifier par référendum l'accord sur l'Espace économique européen, ou EEE, en 1992, le Conseil fédéral suisse entreprend une série de négociations bilatérales avec l'Union européenne. Celles-ci aboutissent à la signature, en 1999, des Accords bilatéraux. Ces accords portent essentiellement sur l'ouverture réciproque des marchés. Ils concernent sept domaines particuliers : la libre circulation des personnes, les obstacles techniques au commerce, les marchés publics, l'agriculture, le transport aérien et les transports terrestres ainsi qu'une participation de la Suisse aux programmes de recherche de l'UE. L'ensemble de ces accords, approuvé par 67,2 % des électeurs suisses en 2000, est entré en vigueur en 2002. En 2001, la Suisse et l'Union européenne décident d'ouvrir de nouvelles négociations bilatérales sur 10 thèmes. Les thèmes de la fiscalité de l'épargne et de la lutte contre la fraude correspondent à des demandes de l'UE, le thème des conventions de Schengen et de Dublin à une demande de la Suisse. Les Accords bilatéraux II sont signés en 2004. De manière générale, les Suisses préfèrent la coopération actuelle sous forme d'accords bilatéraux avec l'UE plutôt qu'une adhésion véritable, pour des raisons économiques essentiellement.

Quelques expressions à connaître !

A Genève, on parle français et " gen'vois " (comprenez genevois). L'expression ou bien, qui, contrairement à ce que l'on pourrait penser, vise rarement à unir deux parties d'un discours mais plutôt à se glisser malencontreusement après un comment ça va, en est un parfait exemple. Il pourrait résumer le " oui ou bien non " que l'on se pose intérieurement en exprimant une question. Ne vous étonnez donc pas si un étudiant vous salue en vous disant : " Adieu (bonjour), ça va ou bien ? ", avant de vous inviter pour le souper (le dîner) chez des amis. Ne soyez pas surpris lorsqu'au restaurant, ou dans la rue après une demande quelconque, on réponde à votre " Merci " en vous disant " Service ". Vous n'oublierez pas votre caleçon de bain pour profiter de leur piscine, ni votre lavette (gant de toilette) pour vous rafraîchir. Si le nettoyage est nécessaire, il faudra panosser (récurer) le plancher et, quand vous éternuerez, on vous dira cordialement santé ! Et si vous avez besoin d'un téléphone portable, demander un natel ! En voiture, activer votre " signofile " avant de tourner. Et si vous cherchez le maire... demandez le " syndic ". Si votre chambre d'hôtel est en bazar, alors il sera temps de ranger ce " chui ". Et pour finir, si quelque chose est incroyable, peu ordinaire... l'expression de rigueur sera de Dieu de Dieu !

L'indépendance

Barthélemy Boganda, premier président de la République. Né en 1910 à Bobangui, village de la Lobaye, le père de la nation suit un enseignement catholique chez les missionnaires dès son plus jeune âge, avant d'intégrer le grand séminaire et d'être ordonné prêtre en 1938. Il officie ensuite dans les paroisses de Bangui, de Bambari, de Grimari et de Bangalore. Il remporte les élections législatives de 1946, alors que colons et Centrafricains choisissent chacun leurs députés. Ganda élu, il siège désormais à l'Assemblée nationale française. Visionnaire quant à l'avenir des Africains, il fonde, en 1949, le Mouvement de l'évolution sociale de l'Afrique noire (MESAN). A cette époque, le pays est divisé : d'un côté les Européens, qui ne veulent pas être traités à égalité avec les nationaux, de l'autre les Centrafricains, qui, poussés par une volonté farouche d'autodétermination, revendiquent droits et reconnaissance en raison de leur participation à l'effort de guerre français. Certes, Ganda souhaite la liberté du Centrafrique, mais il estime que sa pérennité ne peut se baser que sur les valeurs morales venant de l'Europe chrétienne. Ainsi, il s'oppose à certaines traditions africaines comme le mariage forcé ou la polygamie, tout en essayant d'éveiller les consciences de ses compatriotes quant aux abus des colons. Il revendique notamment la fin du travail forcé, en particulier celui des femmes et des enfants. Les Européens ont bien besoin de son charisme et de son appui populaire. Car, si la fin de la guerre s'accompagne d'un boom économique, avec le doublement des exportations de coton ou le triplement de la production de café, les tensions raciales se cristallisent et les colons doivent souvent faire appel à Ganda pour ramener le calme, spectre du Kongo-Wara oblige.

Contre toute attente, fort de son mandat de député toujours reconduit par les urnes et favorable à une indépendance totale, Boganda appelle à voter " oui " au référendum organisé par le président de Gaulle en 1958, portant sur l'avenir des relations entre la France et les anciennes colonies d'Afrique, au sein de la communauté des Etats autonomes. En fait, il ne conçoit l'indépendance de l'Oubangui-Chari qu'au terme d'un long processus de normalisation, et pas dans une rupture soudaine avec le pays colonisateur, maître de l'économie. Le 1er décembre 1958, Boganda proclame la République centrafricaine, comme un Etat autonome au sein de la Communauté française. Mais, le 29 mars 1959, son avion s'écrase dans la région de Boda, dans des circonstances restées inexpliquées.

L'ère Dacko. Après la mort accidentelle de Barthélemy Boganda, son médecin et fidèle compagnon de lutte, Abel Goumba, assure l'intérim de la présidence.

Dès le 5 avril 1959, David Dacko le remplace après avoir remporté les élections présidentielles. Dans la foulée des indépendances, le Centrafrique obtient la sienne par les Accords signés le 13 août 1960, à Bangui, par André Malraux, au nom de l'Etat français. Goumba fonde son propre parti, mais ce dernier est vite dissous par Dacko, et son initiateur emprisonné.
En même temps, l'économie traverse une mauvaise passe, les cours mondiaux du coton et du café étant en chute libre. A cette époque comme aujourd'hui, les financiers rechignent à investir dans le pays, en raison de l'éloignement et de l'enclavement, de la faiblesse du pouvoir d'achat et du sous-peuplement. Du côté de l'éducation, rien n'a été entrepris pendant la colonisation pour former des élites centrafricaines capables de diriger le pays. A l'indépendance, on y compte moins de 1 000 titulaires du certificat d'études et quasiment aucun élève dans le secondaire. En 1964, David Dacko est élu à la présidence pour 7 ans : il est le seul candidat en lice. Le MESAN s'impose comme le parti unique, chaque Centrafricain devant y adhérer et payer sa cotisation. Dacko fait alors preuve d'une politique de modernisation et de développement volontariste. Instituteur lui-même, il initie la construction d'établissements scolaires un peu partout, tandis qu'une Ecole nationale d'administration voit le jour à Bangui, pour former les futurs cadres de la République. Mais il ne copie pas ici la France, et affiche même sa volonté d'affranchir l'économie centrafricaine de la tutelle hexagonale. Ainsi, si Boganda avait lancé les premières coopératives agricoles avec plus ou moins de succès, Dacko instaure l'Union cotonnière centrafricaine, qui se charge de toute la filière de la production du coton, tandis que des services administratifs sont créés pour contrôler les bureaux d'achat. Un audit est également commandé sur le potentiel sylvicole. Un service vétérinaire soigne les élevages des Peuhl Mbororo, tandis que le nouvel aéroport de Bangui Mpoko commence à sortir de terre.
Mais les effets de cette politique ne se feront sentir que sous le régime suivant. En attendant, les cadres du MESAN mènent un train de vie qui contraste avec les privations et les efforts financiers exigés des Centrafricains. D'autant que ces derniers commencent à préférer l'armée et son chef d'état-major, Jean Bédel Bokassa, à la gendarmerie. Le coup d'État ne tardera pas : le 1er janvier 1966, les Centrafricains entament la nouvelle année avec un nouvel homme fort à la tête du pays, qui va indéniablement marquer l'histoire du Centrafrique.

Jean Bédel Bokassa, premier et dernier empereur. À l'instar de Barthélemy Boganda, Bokassa est né à Bobangui, dans la Lobaye, le 22 février 1921. Comme ses prédécesseurs, il appartient à l'ethnie des Gbaka. Il s'engage dans l'armée française à la veille de la seconde guerre mondiale et combat en Indochine. À cette époque, la France trouve urgent de former des officiers africains. Bokassa monte donc rapidement en grade, pour être nommé commandant en 1962 et prendre la tête de l'armée centrafricaine. L'année suivante, il est promu chef d'état-major. Après avoir renversé Dacko, il s'autoproclame président de la République et chef du gouvernement.

Très vite, il réunit tous les pouvoirs entre ses mains et cumule également, au fil des ans, de nombreuses fonctions ministérielles, comme la Justice, la Défense, la Communication, l'Agriculture... Bokassa applique sa conception africaine de l'autorité à sa manière de gouverner. En 1976, une nouvelle Constitution est adoptée, sacrant Bokassa premier empereur du Centrafrique. La cour impériale s'installe à Bérengo, tandis que le siège du gouvernement demeure à Bangui. Mais, en réalité, Bokassa signe lui-même tous les textes et décrets, ne laissant rien lui échapper : si le rendu d'un jugement ne lui convient pas, il ordonne un nouveau procès qui condamnera souvent ensemble magistrats et accusés ; ou bien il rend lui-même la justice à la radio ou à la télévision, en en profitant pour réprimander l'un de ses fils, trop récalcitrant à son goût ! Un dirigeant omnipotent, qui appelle les Centrafricains ses " fils ", qui ne supporte pas la controverse ni la moindre question, et qui est très enclin à écouter les ragots de tout poil... En somme, le règne de Bokassa aura été celui de l'arbitraire. Mais l'élan économique et les infrastructures promis ne suivent pas, si ce n'est la poudre aux yeux jetée par l'inauguration du nouvel aéroport et le développement rapide de la Lobaye. Très vite, le Centrafrique se limite à un axe Bangui-Bérengo. Les autres provinces, et notamment l'Est, sont complètement délaissées, tandis que l'économie change de visage : les entreprises, souvent françaises, désirant exploiter les richesses centrafricaines, doivent verser de substantiels pots-de-vin à Bokassa. Les autres sont écartées et jamais remplacées. Ainsi, les hommes d'affaires libanais prennent la place des Grecs et Portugais, investissant pour une rentabilité rapide sans réel impact sur la société. Les dons faits au Centrafrique sont considérés comme des cadeaux personnels. Ainsi Bokassa loue-t-il au pays des avions offerts par la France. Les paysans sont sommés de suivre le rythme des machines qui labourent la terre. A eux de se débrouiller pour planter le coton. En matière de politique étrangère, l'empereur souffle sans cesse le chaud et le froid, affirmant sa volonté de laisser le Centrafrique dans le giron de l'Hexagone et de ses entrepreneurs quand il a besoin de crédit, affichant ensuite sa volonté d'autonomie quand il expulse les coopérants de l'agriculture et envisage même de frapper sa propre monnaie. Il se rapproche de la Libye, jusqu'à se convertir brièvement à l'islam, et fait les yeux doux à l'URSS. En pleine guerre froide, la France s'en montre d'autant plus généreuse. Mais les méthodes musclées de Bokassa inquiètent, d'autant que son enrichissement personnel commence à faire vraiment tache dans une démocratie naissante. En 1979, l'opinion publique est aussi fatiguée que terrorisée. Beaucoup de Centrafricains ont fui les grandes villes pour retourner en brousse, parfois profondément, afin de retrouver une certaine sécurité. Certes, leur chef reste digne et tient tête à l'Europe. Mais, à l'intérieur du pays, les contrôles policiers et les vengeances aveugles sur les familles de pseudo - rebelles - souvent militaires - finissent par anéantir les espoirs placés en Bokassa.
L'agitation sociale atteint son point culminant en 1979, avec la révolte des étudiants. La répression de la jeunesse est extrêmement brutale et arbitraire, d'autant que la contestation a gagné tout le pays et tous les corps de métier. Des centaines d'enfants sont alors internés à la prison de Ngaragba (Bangui), où 150 d'entre eux vont périr. Impossible d'ignorer la gravité des exactions commises, surtout pour Amnesty International qui publie un rapport alertant l'opinion mondiale. Ce massacre fait définitivement perdre à Bokassa son aura et son appui auprès de la population. D'autant que son prestige se trouve également compromis par ses simagrées d'empereur confinant parfois au ridicule. Après qu'une Mission africaine d'information eut déclaré Bokassa personnellement responsable de ces massacres, ce dernier rejette la faute sur ses proches, qui prennent peur et demandent l'aide de la France. Tandis que Bokassa est en Libye, pour négocier une aide financière contre la base militaire de Bouar (ce qui aurait permis à Kadhafi de prendre le Tchad en tenaille, pays où se trouvaient déjà des militaires français), la France finit par se débarrasser de lui lors du coup d'Etat du 20 septembre 1979. Dans la nuit, près de 130 parachutistes, basés à N'Djaména (Tchad), prennent calmement la ville et réinstallent Dacko à la tête de l'Etat.

Du retour de Dacko à l'ascension de Kolingba. Dès le lendemain de son retour au pouvoir, Dacko, conseillé par des envoyés spéciaux français, réinstaure la République, dissout le MESAN, mais fonde l'Union démocratique centrafricaine (UDC), qui deviendra à son tour parti unique. Pressé par les anciens colons, il organise des élections présidentielles, où son seul adversaire de poids se nomme Ange Félix Patassé, un Sara. Dacko étant Gbaka, le pays court droit vers un affrontement ethnique. Le multipartisme est alors réintroduit, n'empê­chant pourtant pas les nouveaux partis de se créer selon des affinités culturelles. Dacko remporte les élections avec plus de la moitié des voix.

Pourtant, à cet apparent processus démocratique succède l'un des coups d'Etat les plus mystérieux et pacifistes qui soient.
Le 1er septembre 1981, le coup d'Etat du général Kolingba installe au pouvoir une junte militaire et un parti unique, le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), qui remplace le MESAN. Rapidement, le général André Kolingba offre aux Yakoma, son ethnie, ainsi qu'à sa famille, l'énorme manne financière que représentent le pouvoir et les sociétés d'Etat. La transition démocratique est laborieuse dans un pays en quasi-faillite, où le non-paiement des salaires entraîne des grèves de plusieurs mois dans la fonction publique.
En mars 1982, Ange Félix Patassé, ministre sous Bokassa, tente un putsch en compagnie de Bozizé et de Mbaïkoua. Son coup d'Etat manqué, Patassé est obligé de s'exiler au Togo, avec l'aide de la France.
Entre 1980 et 1990, une série de grèves, quasi ininterrompue, s'enchaîne, notamment dans le milieu estudiantin. Durant cette période, les Français et autres Blancs sont de plus en plus mal acceptés dans le pays, leurs véhicules sont souvent la cible de jets de pierre par exemple.
Si Kolingba n'utilise pas les mêmes méthodes musclées que Bokassa, il s'estime être l'homme providentiel pour le Centrafrique, au destin choisi par Dieu. Le culte de la personnalité sera la marque de son gouvernement - tout comme pour Bokassa - et ses proches conseillers sont tous affiliés au mouvement religieux catholique. Entre-temps, Bokassa revient discrètement en Centrafrique via Abidjan (Côte-d'Ivoire). Mais il est arrêté et emprisonné dès son arrivée à l'aéroport de Bangui-Mpoko. D'abord condamné à mort, sa peine est commuée en prison à vie. Il meurt à Bangui en 1996.
Kolingba se méfie de tout le monde et, paranoïa ou pas, les arrestations arbitraires de religieux ou d'hommes politiques se succèdent. Mais, comme pour Bokassa, c'est de l'enseignement que viendront les premiers affrontements sérieux, au cours de l'année 1990. Sous la pression de l'opposition et de l'Union des syndicats des travailleurs centrafricains (UTC), Kolingba est obligé de réinstaurer le multipartisme en avril 1991.
Les prisonniers politiques sont libérés et l'opposition se rassemble au sein de la Concertation des forces démocratiques (CFD), sous la houlette du professeur Abel Goumba. Mais le pouvoir ne cesse de retarder le processus de démocratisation.
En rupture de financement, l'Etat décide de supprimer certains avantages salariaux accordés aux professeurs, avantages pourtant minimes comparés à ceux de leurs confrères expatriés. Tout le corps enseignant se met alors en grève. Sur le plan politique, à défaut de bénéficier d'une vraie conférence nationale sur les agissements des dirigeants africains depuis les indépendances, le pays pouvant à tout moment basculer dans une violence incontrôlable, un grand débat national a lieu en août 1992. Kolingba est obligé d'organiser des élections en 1993, sous la stricte surveillance des militaires français. Ange Félix Patassé, ancien Premier ministre de Bokassa, en sort vainqueur avec plus de la moitié des voix données à son parti, le Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MLPC). Mais très rapidement la situation va se crisper, Patassé attisant les clivages régionalistes et se révélant être un affairiste.

Patassé ou la revanche des Sara. Ingénieur agronome, né en 1937 à Paoua (Ouham-Pendé), Ange-Félix Patassé accède au fauteuil de président, poste pour l'obtention duquel il a tout tenté : coups d'Etat manqués, différents postes de ministre, élections perdues... Patassé étant d'ethnie sara, son élection marque la revanche des gens de la savane, des provinces de l'intérieur. Dans les premiers temps, les signes positifs envoyés par la présidence sont encourageants : les établissements scolaires rouvrent leurs portes après deux années blanches, un effort est fait pour tenter de régler une partie des salaires impayés dans la fonction publique... Mais le mois de janvier 1994 va porter un coup fatal au dynamisme économique et au moral de toute la zone franc : le franc CFA est dévalué. Les prix grimpent en flèche, notamment pour les produits de première nécessité.

Selon les observateurs, les années 1996 et 1997 marquent un tournant dans la relative prospérité centrafricaine. On assiste à une succession d'affrontements, d'accords de paix et de ruptures de trêve.
Le départ massif des étrangers, en quête de sécurité et de stabilité, entraîne une vague de chômage qui ne s'est toujours pas résorbée. Trois mutineries successives ébranlent fortement le pays. A l'origine de l'insurrection, on trouve les militaires, qui réclament leurs arriérés de salaire et s'insurgent contre la réorganisation des Forces armées centrafricaines (FACA) : les soldats de l'ancienne armée de Kolingba, d'ethnie yakoma, n'ont pas supporté d'être intégrés aux FACA, alors que des éléments originaires de l'Ouham-Pendé ont été directement intégrés à la très élitiste garde présidentielle. Ils réclament le départ de Patassé. Gens " du fleuve " et gens " de la savane " s'affrontent donc violemment, des cas de purification ethnique étant constatés dans certains quartiers.
Dès la troisième mutinerie, Bangui est coupée en deux : au nord, les quartiers fidèles à Patassé, les révoltés s'étant repliés au sud, le long du fleuve. Fidèle à sa nouvelle doctrine d'intervention, Paris favorise une médiation africaine. Le Tchad, le Gabon, le Mali et le Togo parviennent donc à faire signer les Accords de Bangui en janvier 1997, qui aboutissent à la création de la Mission interafricaine de surveillance des Accords de Bangui (Misab). Ses soldats tentent tant bien que mal de débloquer la situation, en faisant exploser par exemple les barrages des mutins. L'ambassade de France et l'archevêché de Bangui s'imposent comme les dernières plates-formes de discussions, où les émissaires étrangers négocient la fin des hostilités. Le 3 novembre de la même année, Jean-Bédel Bokassa décède.
En 1998, le départ de l'armée française, voulu par Patassé, aurait fait chuter d'un tiers le PNB du Centrafrique. Les bailleurs de fonds, découragés par l'enrichissement personnel des dirigeants sur les sommes versées pour le développement, hésitent à investir. Les fonctionnaires, dont les salaires ne sont plus versés depuis longtemps, se mettent en grève. Le cumul de ces facteurs favorise une insécurité croissante, la jeunesse, inactive et peu cultivée, basculant dans la violence pour obtenir de quoi survivre. Afin d'endiguer cette désastreuse situation qui, chaque jour, plonge un peu plus le pays dans l'abîme, un Pacte de réconciliation nationale est adopté en mars 1998. L'ONU prend donc le relais de la Misab, avec la Mission des Nations unies en République centrafricaine (Minurca), notamment chargée de récupérer les armes en circulation, de former et de restructurer les forces de police. Elle assure le maintien de l'ordre jusqu'en février 2000, date à laquelle l'ONU met fin à son mandat et le remplace par le Bureau d'observation des Nations unies au Centrafrique (BONUCA), chargé de l'appui et de la consolidation des efforts de paix.

La dérive sécuritaire. Les élections présidentielles du 19 septembre 1999, organisées dans un contexte de tension politique et de déliquescence de l'Etat, sont remportées par le président sortant, Ange Félix Patassé, avec 51,63 % des voix. Mais la fin du cycle électoral n'a pas pour autant mis un terme aux incertitudes politiques et institutionnelles. Les partis d'opposition, qui ont déplacé le combat politique dans la rue, demandent le départ du chef de l'Etat. Facteur aggravant, la crise financière qui secoue le pays depuis plusieurs années retarde le versement des salaires. Le régime tente vainement de mettre en oeuvre des réformes, avec l'aide du FMI, pour obtenir une aide financière, réduire la dette et stimuler l'investissement. Mais la baisse des prix du coton et du café, ainsi que les perturbations sur les voies de communication dues au conflit en République démocratique du Congo (RDC) ne permettent pas d'obtenir les résultats escomptés. C'est dans ce contexte qu'a lieu une nouvelle tentative de coup d'Etat, le 28 septembre 2001, imputée à l'ancien président Kolingba. Les rebelles parviennent à prendre le contrôle de la zone sud de Bangui pendant une dizaine de jours, avant que les loyalistes ne reprennent la situation en main. La Libye se porte alors au secours d'un Patassé très affaibli, de même que le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba. En septembre 2001, plus de 100 personnes sont mises en arrestation en relation avec le coup d'Etat. Le ministre de la Défense, Jean-Jacques Démafouth, est limogé puis placé en détention. Le ministre de l'Intérieur, Théodore Bikoo, ainsi que le chef d'état-major, le général Bozizé, sont écartés.

Ce dernier, d'origine gbaya, se réfugie au Tchad, d'où il anime un mouvement armé très actif dans le nord du Centrafrique. En octobre 2002, ses forces parviennent jusqu'à la capitale. Mais, après cinq jours de combats, les rebelles sont obligés de se replier, repoussés par les FACA toujours aidées des Libyens et du MLC. Les conséquences sont terribles pour la population : des centaines de Centrafricains sont tués, tandis que 10 000 personnes sont déplacées à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. Impuissante, l'armée n'en peut plus, et les tensions ethniques sont exacerbées.

Bozizé prend le pouvoir. le 15 mars 2003, profitant d'un voyage de Patassé en Libye, le pasteur François Bozizé, militaire de carrière, opère un coup d'Etat réussi avec des éléments de l'armée nationale et des Tchadiens, pays à partir duquel il a fomenté sa rébellion. Bien qu'il soit condamné par la communauté internationale pour sa prise du pouvoir par les armes et le renversement d'un président démocratiquement élu, Bozizé instaure immédiatement un gouvernement d'unité nationale qui suscite beaucoup d'espoir parmi la population et les observateurs internationaux. Il prône la réconciliation et arrête un calendrier électoral. L'Assemblée nationale est dissoute, la Constitution suspendue. En avril, un Conseil national de transition (CNT) est mis en place. L'ancien opposant, Abel Goumba, accède au fauteuil de Premier ministre. Il forme un gouvernement de transition, chargé de mettre en oeuvre un programme d'urgence de redressement du pays.

Le gouvernement de Célestin Gaombalet, qui remplace Abel Goumba à partir de décembre 2003, est chargé de mener à bien les réformes. La nouvelle Constitution est adoptée par référendum le 5 décembre 2004.
Des élections présidentielles et législatives sont échelonnées et se déroulent dans une relative transparence, sans trop de heurts ni de fraudes. En mars 2005, Bozizé est élu au deuxième tour avec près de 60 % des voix. Ce vote doit surtout être interprété comme la volonté du peuple centrafricain de retrouver la stabilité et la paix. Les observateurs ne peuvent dénier à Bozizé une réelle volonté d'amorcer un tournant dans la politique centrafricaine, pour un vrai changement. Est-ce pour plaire aux bailleurs de fonds qui perfusent le Centrafrique que le nouveau président entreprend des mesures courageuses ?
Il ne faudrait pas non plus lui dénier le souci de tout intérêt national : des technocrates efficaces et compétents sont nommés à des postes stratégiques, et de hauts dignitaires, notamment militaires, sont limogés, au risque pour Bozizé de s'attirer les foudres de l'armée. Toutefois ces mesures positives et courageuses sont contrebalancées par des prises de position partisanes. L'Etat centrafricain doit faire face à une crise économique persistante, considérée comme l'une des nombreuses causes des violences dont le pays est victime, notamment dans le nord.
En novembre 2006, les rebelles de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) exigent l'ouverture de négociations avec le gouvernement, pour partager le pouvoir en RCA. Ils s'emparent de cinq villes situées aux abords de la frontière nord, dont Birao, la capitale de la région. En décembre, les Forces armées centrafricaines (FACA) reprennent le contrôle de ces villes, avec l'appui massif et déterminant de troupes françaises, venues en renfort.
Mais les affrontements n'ont jamais vraiment cessé depuis, connaissant des soubresauts d'autant plus imprévisibles et violents que la région, limitrophe du Tchad et du Soudan (Darfour), est extrêmement instable. Selon les Nations unies, le nombre de déplacés internes enregistré dans plusieurs régions de la RCA a triplé en 2006. On dénombre quelque 280 000 déplacés, dont 20 000 réfugiés au Cameroun, 50 000 au Tchad et près de 212 000 déplacés en RCA. Au total, 1 million de personnes, soit le quart de la population du pays, a été affecté par l'insécurité générale qui règne dans le nord.

Les dernières années. Après plusieurs mois d'attente, et alors qu'elles étaient sans cesse repoussées, les présidentielles se tiennent enfin en janvier 2011. François Bozizé les remporte haut la main avec 66 % des voix, devant l'ancien président Patassé, crédité de 20 %. Bozizé repart donc pour un second et dernier mandat de cinq ans, comme l'indique la Constitution.

Le 5 avril 2011 voit la mort de l'ancien président Ange-Félix Patassé à Douala au Cameroun, à l'âge de 74 ans. Une polémique entoure son décès. Il a, selon son plus proche entourage, été retenu volontairement au pays par les autorités centrafricaines afin de ne pas recevoir les traitements vitaux pour soigner sa fièvre typhoïde. Il devait pour cela rejoindre Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale. Parti le 2 avril, il manqua la correspondance pour Malabo à Douala, où il meurt quelques jours après. A Bangui, le gouvernement de François Bozizé reconnaît des " problèmes administratifs " dans le retard pris pour le transfert de Patassé à Malabo.
En mars 2012, le Centrafrique annonce le déploiement de milliers de soldats pour mettre fin aux exactions commises par l'Armée de résistance du seigneur (LRA), dans le sud-est de la RCA. Ce mouvement rebelle, dirigé par Joseph Kony, kidnappe, tue et massacre parmi les populations rurales depuis 1986. Parti d'Ouganda, il ne cesse depuis de terroriser les populations de la RDC, du Sud-Soudan, et de la RCA au nom des Dix commandements. La Cour pénale internationale a lancé de nombreux mandats d'arrêts contre la LRA, qui se cache et vit dans les fôrêts denses d'Afrique centrale depuis plus de 25 ans.

Le jeûne genevois : un jour férié spécifique à Genève.

Le jeûne genevois est un jour férié spécifique au canton de Genève, fixé le jeudi qui suit le 1er dimanche de septembre. Dès le XVe siècle, la pratique du jeûne est en vigueur dans les cantons suisses. L'origine du jeûne genevois remonterait au premier jeûne connu à Genève, au début du mois d'octobre 1567, à l'occasion d'une répression contre les protestants lyonnais. Dès 1640, le jeûne est perçu comme un acte moral et religieux et devient pratiquement annuel à l'initiative des cantons réformés. Il s'agit d'un acte d'humilité et de solidarité face aux plus démunis. A Genève, traditionnellement, des tartes aux pruneaux sont préparées ce jour-là. Elles constituaient initialement le seul repas de la journée.

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