Guide de la République centrafricaine : Mode de vie

Vie sociale

Naissance et âge. La population centrafricaine est estimée à environ 5 millions d'habitants. Toutefois ces données sont peu fiables, compte tenu des difficultés de comptage dans un pays vaste et difficile d'accès, où la densité n'excède pas 6,5 hab km². Très élevée à Bangui - en raison de l'exode rural -, elle est d'une manière générale soutenue dans le sud (Lobaye, Basse-Kotto, Ombella-Mpoko et Nana-Mambéré) avec 12 hab./km². En revanche, toute la partie nord-est/est, frontalière avec le Soudan (Vakaga, Haute-Kotto, Bamingui-Bangoran, Haut-Mbomou), dépasse rarement 1 hab./km².

Un sous-peuplement dû en partie à l'histoire (la traite des esclaves puis le colonialisme ont décimé la population), mais aussi à de mauvaises conditions sanitaires.
Se nourrissant à 90 % de manioc, les Centrafricains souffrent de graves carences alimentaires. Avec une prévalence de 17 % du VIH chez les jeunes enfants (2010) et de plus de 10 % chez les adultes (2006, Onusida), le Centrafrique détient de tristes records. Une situation d'autant plus alarmante que ces données devraient être revues largement à la hausse : un pourcentage élevé des femmes qui accouchent étant séropositives.
La zone à l'est d'une ligne reliant Bangassou au Tchad n'abrite que 20 % de la population, alors qu'elle représente plus de la moitié du territoire ! La densité n'y excède pas 1 ou 2 hab./km². Les distances considérables entre les villes et le manque d'entretien des pistes n'encouragent pas le repeuplement de l'intérieur du pays, bien au contraire. Le pays continue de se vider, inexorablement. Certes, plus de 60 % des Centrafricains vivent dans les zones rurales. Mais les trois quarts d'entre eux se concentrent dans le sud, le long de l'Oubangui, et dans l'ouest, zone de forêt dense où la production vivrière ainsi que l'exploitation des ressources naturelles (bois, diamant, pêche, chasse) restent plus faciles que sur les terres arides du nord.
En outre, la zone sud est actuellement plus sécurisée que le nord, où pullulent les groupes armés qui pillent les villages, l'ouest où les zaraguinas - coupeurs de route - barrent les routes de façon intempestive, et l'est, où les braconniers soudanais peuvent se montrer très violents.
Mais ce n'est pas assez pour contrebalancer le taux de mortalité de 97,7 enfants sur 1 000 qui meurent avant l'âge de 5 ans et, surtout, le taux de mortalité des femmes à l'accouchement (1 sur 4 environ), parmi les plus élevés du monde. Les chiffres sont redevenus similaires à ceux du début des années 1980, alors que les deux décennies suivantes avaient connu une nette amélioration de la situation.
En moyenne, une femme centrafricaine donne naissance à son premier enfant à l'âge de 26 ans. Un chiffre probablement sous-estimé, étant donné le nombre très important de jeunes filles mères âgées de 15 à 20 ans, alors qu'environ 40 % de la population a moins de 15 ans. La majorité est fixée à 18 ans.
De manière générale, les femmes vivent deux ans de plus que les hommes. Mais n'allez pas croire que vous rencontrerez beaucoup de vieux et de grand-mères : en Centrafrique, l'espérance de vie moyenne n'excède pas 50 ans.

Education. En principe, la scolarité est obligatoire de 6 à 14 ans. Mais la déliquescence du système éducatif centrafricain, due principalement au manque de moyens alloués à l'Education nationale, notamment pour payer des professeurs, se traduit par des conséquences désastreuses : les classes comportent en moyenne une centaine d'élèves pour un seul enseignant (à titre de comparaison, l'école privée française de Bangui compte 12 élèves en moyenne par classe), près de 58 % de la population âgée de plus de 10 ans est analphabète et 45 % des Centrafricains n'ont jamais reçu aucune instruction. Le taux de scolarisation dans le primaire est de 38 % environ, pour tomber à 15 % dans le secondaire et à peine à 1 % dans le supérieur. Enfin, les enfants des rues, les godobé, souffrant du manque de structures d'accueil et d'éducation, sont de plus en plus nombreux : ils seraient environ 5 000, âgés de 5 à 18 ans, à hanter les rues de Bangui. Ne soyez pas étonné si un enfant de 14 ans affirme être en CM2 : ce retard a été provoqué par les nombreuses années blanches causées par les mutineries et les salaires impayés. Le système éducatif est également gagné par la corruption. Pour preuve, les examens du baccalauréat où de nombreux candidats achètent de faux sujets à des enseignants peu scrupuleux. Pour pallier ce désastre, dans de nombreux villages, les parents se cotisent pour payer l'un d'entre eux, le plus instruit, et lui donner la charge de l'enseignement. C'est une solution intelligente, mais là encore très insuffisante, étant donné le niveau d'instruction des adultes. Des ONG, comme la Caritas ou Batali, s'appuient sur ces associations de parents d'élèves et tentent de leur apporter un complément de formation intellectuelle et pédagogique.

Mœurs et faits de société

Place de la femme. Si l'excision et l'infibulation ont été officiellement interdites en 1996, près de la moitié des petites filles subiraient encore ces graves mutilations, tant dans les zones rurales qu'à Bangui même. Certaines femmes et adolescentes se prostituent, un phénomène en hausse, favorisé par la présence de forces de maintien de la paix.

La polygamie est légale, autorisée théoriquement jusqu'à 4 épouses. Mais il n'est pas rare que des travailleurs, cadres et autres membres des professions supérieures entretiennent davantage de concubines légales. Essentiellement pratiquée dans les zones rurales, la polygamie rencontre toutefois de plus en plus de résistance de la part des femmes. Si les mariages forcés sont interdits par la loi, on estime que près de 39 % des jeunes filles âgées de 15 à 19 ans sont mariées. Les violences domestiques sont communes : il suffit de lire les journaux locaux. Force est de constater l'indifférence de la population envers ce phénomène grave, caché et donc difficile à quantifier. Cependant, le divorce peut être légalement demandé par les deux parties. Et si le Code de la famille donne les mêmes droits aux hommes qu'aux femmes en matière d'héritage, les pratiques coutumières font souvent office de loi supérieure.
Selon le rapport publié par Amnesty International et intitulé " 5 mois de guerre contre les femmes ", le nombre de viols (aujourd'hui très important à Bangui) a augmenté de façon drastique au moment de la présence des milices congolaises de Jean-Pierre Bemba, arrivées à la demande du président Patassé pour assurer sa sécurité et l'aider à lutter contre les troupes rebelles du général Bozizé. Les femmes banguissoises n'ont pas été les seules à souffrir (une ministre a même été victime d'abus sexuels), mais également celles de Damara, de Sibut, de Kaga-Bandoro et de Bossangoa. Selon le Code pénal centrafricain, le coupable d'un viol est condamné aux travaux forcés sans qu'une période minimale de détention soit déterminée. Bien que le taux de scolarisation des femmes soit bien meilleur en ville que dans les campagnes, les universités de Bangui ne comptent pas plus de 20 % d'étudiantes. Un taux faible qui se retrouve dans les postes de décision.

Le regretté Michel Simon

Michel Simon naît en 1895 à Genève. Très tôt, il partira pour Paris, mais il sera vite rappelé en Suisse au moment de la Première Guerre mondiale. Lors d'une permission, il tombera sous le charme de la performance du comédien Georges Pitoëff dans la pièce Heda Gabler d'Henrik Ibsen. Il rejoint sa troupe, qui s'établira en 1922 à Paris. Là, il commence une brillante carrière d'acteur. Mais c'est le cinéma qui l'a surtout rendu célèbre auprès du public, et notamment ses rôles dans La Chienne (1931) et Boudu sauvé des Eaux (1932) de Jean Renoir, dans Drôle de drame (1937) de Marcel Carné ou encore dans Le Vieil homme et l'enfant de Claude Berri (1966). Il s'éteint à Bry-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, en 1975.

Religion

Officiellement, les chrétiens sont majoritaires, avec 51,4 % de protestants et 28,9 % de catholiques. Puis viennent les musulmans, 10,1 % (bien que cette dernière estimation devrait être revue à la hausse). L'animisme est la religion traditionnelle pratiquée encore par 35 % des Centrafricains toutes religions confondues. Enfin, bon nombre de sectes, notamment chrétiennes, ont envahi le pays, comme presque partout en Afrique. Ce qui est surtout dû au fait que le prosélytisme se porte bien en Centrafrique, autorisé pour les Eglises, missions et organisations confessionnelles. Les groupes confessionnels, à l'exception des animistes, sont tenus de se déclarer auprès du ministère de l'Intérieur, pour obtenir non seulement une reconnaissance officielle, mais aussi des avantages fiscaux (notamment au niveau des douanes). Certaines communautés, dont l'esprit ou l'action sont jugés contraires aux bonnes moeurs, peuvent être interdites ou suspendues par le ministère de l'Intérieur. La reconnaissance juridique d'une Eglise dépend de critères précis : elle doit avoir plus de 1 000 adhérents, être implantée dans trois préfectures au minimum, et son pasteur doit être titulaire d'un diplôme de théologie et posséder une expérience professionnelle. Ce qui n'empêche pas les Eglises, notamment protestantes et évangéliques, de se multiplier.

Des cinéastes genevois de renom !

Michel Soutter

Michel Soutter est né à Genève en 1932. En 1961, il entre à la Télévision Suisse Romande où il travaille comme assistant réalisateur, avant de devenir lui-même réalisateur, en 1966, avec son premier film, La Lune avec les dents. Suivront Les Arpenteurs (1971), L'Escapade (1972), mettant à l'honneur Marie Dubois et Jean-Louis Trintignant, puis Repérages (1977). Notons que Michel Soutter fut aussi l'initiateur du Groupe 5, une structure composée de cinéastes suisses s'appuyant sur le pré-achat par la Télévision suisse d'un film de format cinéma. Ce procédé eut non seulement l'avantage de lui permettre de réunir les fonds nécessaires à la réalisation de ses projets, mais aussi celui de favoriser la diffusion du cinéma suisse. Michel Soutter est décédé en 1991 à Genève.

Alain Tanner

Né à Genève en 1929, Alain Tanner fonda en 1951, avec le célèbre réalisateur suisse Claude Goretta, le ciné-club universitaire de Genève. Toujours avec Claude Goretta, il réalisa en 1957 son premier film, Nice time (Piccadilly la nuit). La décennie suivante, il fonde l'Association suisse des réalisateurs et élabore plusieurs courts-métrages. Les films les plus reconnus par le grand public seront ceux des années 1970, à l'image de La Salamandre et de Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000, immergeant tous deux le spectateur dans les combats de prolétaires en proie aux désillusions inspirées par la société capitaliste. Les années lumières a reçu en 1981 le Gand Prix Spécial du Jury au festival de Cannes.

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